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Vous avez aimé la fête organisée à l'improviste pour Tony, apprécierez-vous la suite ? A vous de me le dire.
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Et vous pouvez encore spéculer sur le lieu du transfert de Tony, les indices sont suffisants pour vous permettre d'en avoir une idée.
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A vos claviers, vos coms sont toujours largement appréciés, ils nourrissent mon appétit d'auteur, me font sourire ou revoir parfois mes écrits. Alors n'hésitez pas à envoyer un petit mot.
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Chapitre 27 : Occasion spéciale
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Puis, quelques invités firent une pause pour sortir fumer avant que le clou de la soirée ne soit dévoilé. Tandis qu'une table roulante surmontée d'un gâteau d'anniversaire était acheminée vers la salle et passa à proximité de leur table leur permettant de lire l'inscription, Gibbs et compagnie poussèrent des exclamations. Aucun d'eux ne savait que Tony fêtait son anniversaire ce soir-là.
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« C'est l'anniversaire de Tony ? Je l'ignorais » s'exclama incrédule Abby.
« Ah, ma chère Abigail, il semblerait qu'aucun de nous ne soit au courant » remarqua Ducky devant l'expression de ses compagnons.
« Comment ne connais-tu pas ce détail, Ducky ? Tu as parcouru son dossier médical des dizaines de fois depuis son entrée à l'agence » s'étonna Gibbs.
« Sans doute, mon cher ami mais ce n'était pas ce détail en particulier qui nécessitait mon attention » expliqua le légiste.
« Exact, l'inventaire de ses blessures était le point de concentration primordial dans son cas » nota l'ancien Marine d'une voix sourde.
« Correct et que je sache, depuis son arrivée, il n'a jamais fait mention de son anniversaire » ajouta le médecin. « Et aucun de nous n'a jamais mentionné le fait qu'il ne le fêtait pas non plus que je sache. »
« Comment un mec comme lui qui recherche l'attention de tout le monde peut n'avoir jamais mentionné ce détail ? » demanda Ziva d'un ton incrédule. « Il me semble que ce serait une occasion rêvée pour occuper la première place dans les pensées de chacun ce jour-là en particulier. »
« Ma chère enfant, vous ne semblez pas avoir cerné la personnalité d'Anthony de manière correcte » observa Ducky. « Jamais il n'aurait agi ainsi pour quelque chose d'aussi personnel et privé. Par contre, il est intéressant de voir que si aucun de nous ne connaissait sa date de naissance, il était parfaitement au fait de chacune des nôtres. Et j'ajouterai, sans me tromper, que les mystérieux cadeaux qui apparaissent ce jour-là sur nos bureaux provenaient de notre italien. »
« Qu'est ce qui te faire dire ça, Ducky ? Jamais personne n'a vu qui les déposait sur notre bureau » objecta McGee. « Même après avoir visionné les bandes de surveillance. »
« Lorsque DiNozzo veut vous distraire, il trouve toujours un moyen pour y parvenir, McGee » déclara Gibbs. « Vous n'avez vu que la fumée mais vous n'avez jamais vu le feu, il me semble. »
« Bonne analogie, Jethro » le félicita le légiste. « Pour jeter de la poudre aux yeux, il est très fort et c'est ce qui le rend aussi bon pour certaines missions. »
« Parfaitement exact » approuva Gibbs. « Et que je sache, le cadeau en question était toujours quelque chose que vous aviez envisagé de vous procurer. Qui mieux que lui pouvait le savoir lorsque vous en parliez régulièrement et librement ? DiNozzo a toujours été attentif à ce genre de détails, quoi que vous puissiez en dire, McGee. »
« Jethro a raison, ce garçon n'aime pas recevoir d'attentions personnelles mais il sait parfaitement en procurer aux autres » ajouta Ducky. « Mère apprécie grandement les rares fois où il vient à la maison pour jouer aux cartes avec elle et les membres de son club. Ce sont des jours où elle est totalement heureuse d'avoir vu son 'gigolo' comme elle l'appelle affectueusement. »
« Pff, il cherche certainement à obtenir quelque chose en vous faisant croire qu'il le fait par pure bonté d'âme » railla David.
« Jeune fille, à votre place, je ne serais pas aussi catégorique » la coupa Ducky d'un ton sévère. « Depuis votre arrivée dans cette équipe, vous avez cherché à prendre le cher garçon dans vos filets. Vous avez réalisé qu'il était imperméable à votre charme et vous en avez conçu un ressentiment tenace. Vous avez considéré être en échec et vous l'avez tenu pour responsable. D'où votre attitude envers lui. »
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Ziva ouvrit des yeux ronds aux propos du médecin. Jamais elle n'aurait pensé qu'il avait percé à jour ses intentions. Elle avait toujours pensé qu'elle masquait parfaitement ses sentiments, il semblerait que, là aussi, elle était dans son tort de croire avoir berné toute l'équipe.
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« C'est totalement faux » s'indigna l'israélienne. « DiNozzo n'est qu'un bouffon. Comment pourrais-je être attirée par un homme qui ne prend rien au sérieux, qui ne cherche qu'à flirter à tout instant ? Je ne suis pas assez folle pour en tomber amoureuse. »
« Je n'ai jamais dit que vous l'aimiez, Ziva » remarqua doctement le légiste. « Vous estimez être une femme désirable et comme toutes vos consœurs, vous avez voulu tester votre pouvoir de séduction sur notre italien en vous persuadant qu'il ne pourrait y résister. Sa réputation de coureurs de jupons vous a émoustillé et vous avez voulu prouver que vous pouviez le prendre à son propre piège. Malheureusement, il n'a pas mordu à l'hameçon et vous lui avez attribué cet échec. »
« Ces insinuations sont dénuées de toute vérité, Ducky » tenta de contrer l'israélienne.
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Abby ne put s'empêcher de s'immiscer dans la conversation sans se rendre compte qu'elle allait contredire celle qui était son amie.
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« Duckman a raison, Ziva » coupa-t-elle. « Tu m'as dit toi-même que tu comptais mettre ce séducteur à tes pieds, qu'il ne pourrait te résister longtemps. Tous les hommes te mangeaient dans la main, ce sont tes propres paroles. »
« De quel côté es-tu, Abby ? Du sien ou du nôtre ? » gronda McGee pour venir au secours de Ziva.
« Comment peux-tu poser cette question, McGee ? » s'indigna vivement la gothique. « Il me semble que j'ai prouvé depuis un moment que je suis du vôtre. Tu as un culot monstre de vouloir faire croire le contraire. Je vous ai soutenu depuis le moment où Vance a décidé de vous envoyer en formation, j'ai tenté de le faire changer d'avis même si cet idiot a été inflexible. Tu n'as aucun droit de penser que j'ai changé de camp juste parce que je rappelle à Ziva des paroles prononcées bien avant toute cette histoire. »
« Allons les enfants, calmons nous » les admonesta gentiment l'écossais. « Ne gâchons pas le reste de la soirée par une dispute stérile qui ne mènera à rien. »
« Ducky a raison » renchérit Gibbs. « Si nous faisons un esclandre, Murphy ne se privera pas de nous mettre à la porte. Ce serait à coup sûr donner la victoire à DiNozzo, il me semble. Et je pense que c'est la dernière chose que vous souhaitez tous ? »
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La mine contrite d'Abby, la moue de McGee et l'air belliqueux de Ziva lui firent comprendre que le message était passé. Il ne voulait pas tant voir la naissance d'une dispute désamorcée que de faire croire à la véracité de ses paroles.
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S'il voulait lui aussi être honnête, il espérait avoir un tête-à-tête avec son agent avant la fin de cette soirée. Il y avait certains points à éclaircir et il n'envisageait pas de supplier son second pour obtenir des réponses. Il n'était pas du genre à se répéter, il parvenait toujours à ses fins sans avoir à le faire.
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DiNozzo était certes désormais un électron libre qu'il n'arrivait plus à contrôler. Il pensait même qu'il n'avait jamais eu de contrôle véritable sur son agent, ce dernier lui avait laissé croire qu'il pouvait le manipuler mais il semblait en fait que l'italien l'ait berné en beauté à ce sujet.
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Encore un grief à mettre au compte de celui qui lui était devenu un étranger. Gibbs s'avouait que DiNozzo l'avait plus d'une fois bluffé depuis son retour. Certes, il y avait encore des tas de zones d'ombre qui subsistaient dans ses souvenirs au sujet de son second mais il y avait certaines choses qu'il ne pouvait avoir oublié.
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Il avait attentivement relu son dossier personnel peu après son retour mais n'avait rien découvert susceptible de l'aider à se souvenir plus précisément de l'homme. Il avait ignoré ses capacités au combat avant de le voir affronter Ziva et la mettre au tapis. Et sincèrement, il pensait qu'il n'avait jamais vu l'homme en action de cette manière avant ce jour-là, ce que l'italien avait d'ailleurs confirmé.
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Il avait également oublié quel formidable interviewer il était avoir de le regarder faire parler leur récent tueur en série. Jouer les idiots était une de ses spécialités et même Ziva s'était laissée prendre à ce jeu, elle qui prétendait connaître tout sur ses collègues.
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Elle avait beau clamer à qui voulait l'entendre qu'elle était parfaitement capable de faire parler qui elle voulait, elle s'était heurtée à un mur lorsqu'il s'était agi de soutirer des détails croustillants sur la vie personnelle de l'italien. Elle n'était jamais parvenue à lui faire dire ce qu'il était déterminé à cacher.
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Elle n'avait pas voulu comprendre que forcer DiNozzo à révéler quelque chose équivalait à le rendre muet comme une carpe. Et toutes les menaces dont elle pouvait l'accabler ne le perturbaient en rien, elle devenait alors irritable et le traitait comme la dernière roue du carrosse.
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Gibbs avait beau avoir bien du mal à décrypter l'énigme qu'était devenu son second, il n'avait aucun mal à lire en David comme dans un livre ouvert. L'israélienne déclarait être capable de canaliser ses émotions, lorsqu'elles concernaient DiNozzo, elles étaient parfaitement compréhensibles. Son hostilité, son insubordination, son irrespect et ses sarcasmes démontraient bien qu'elle ne savait pas les retenir aussi bien qu'elle pensait.
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Il sortit de ses réflexions lorsque Ducky entama une conversation légère en racontant une de ses innombrables histoires, ce qui permit d'alléger l'atmosphère et de détendre tout le monde.
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Il était près de minuit lorsque Murphy donna le signal convenu à ses employés ravis de participer à leur manière à un évènement aussi insolite et rare. Aucun n'avait rechigné à faire des heures supplémentaires au pied levé, tous connaissaient Tony et l'appréciaient énormément parce qu'il ne les considérait pas comme de simples larbins.
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Le premier, Murphy remit son cadeau à l'italien puis à tour de rôle, ses invités firent de même. Bientôt, Tony fut submergé par l'amoncellement de présents et eut bien du mal à les ouvrir. Grant lui prêta main forte pour les ouvrir et les lui présenta afin qu'il puisse remercier ses invités sans perdre du temps à déchirer les emballages.
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Parfois, plusieurs personnes s'étaient réunies pour lui offrir un cadeau commun. Son rire retentit à plusieurs reprises devant le choix de certains et malgré la futilité de quelques-uns remis à titre d'humour, il fut surtout touché par le geste. Personne ne réalisa que Grant ne lui avait rien offert mais Tony présumait qu'il lui serait remis plus tard.
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Le cadeau qui l'émut le plus fut celui du SecNav, il lui avait trouvé la partition originale pour piano d'une musique qu'il cherchait désespérément depuis le décès de sa mère. Il avait très peu joué cet air étant enfant même s'il l'adorait mais après sa disparition, il n'avait plus jamais interprété et en avait oublié une partie de la mélodie. Il faillit verser les larmes qui menaçaient mais réussit à les contenir in extremis.
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« C'est… j'ignore comment vous avez pu la trouver, Monsieur mais je ne peux vous dire à quel point je l'apprécie » le remercia Tony.
« Ah, lorsque l'on a des connaissances internationales, ça aide » sourit Myriam. « Nous avons mis plusieurs mois pour la dénicher, elle vient d'un vieux couple de musiciens hongrois qui l'ont joué durant plus de trois décennies dans les salles de spectacles du monde où ils se sont produits. Ils ont eu la bonne idée de la protéger, elle est presque en parfait état. »
« Comment avez-vous su que je la cherchais ? » s'étonna encore Tony.
« Je crois bien que Jackie et Kayla sont fautives, Tony » avoua Léon qui se trouvait juste à ses côtés. « Elles en ont discuté à plusieurs reprises et même chercher sur Internet si elles pouvaient en trouver une copie mais sans succès. »
« C'est lors d'un diner ensemble que nous en avons entendu parler » avoua Myriam. « J'ai décidé de relever le défi et de réussir là où elles avaient échoué. C'est pur hasard si ces musiciens ont mis en vente les partitions qu'ils détenaient depuis des décennies. Voilà toute l'histoire. »
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Tony ouvrit de grands yeux en réalisant sa valeur.
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« Vous voulez dire que c'est une édition originale, Madame ? » s'exclama-t-il. « C'est vraiment trop pour moi, je ne… »
« Attention, DiNozzo, je ne veux entendre aucune protestation » le coupa Davenport. « C'est le seul exemplaire que nous avons pu trouver et n'ayez crainte, nous l'avons acquis pour un prix très raisonnable… en dollars, j'entends » précisa-t-il en souriant.
« Il n'empêche que je vous remercie infiniment, Monsieur » conclut Tony en rangeant le parchemin dans son étui. « Et c'est trop d'honneur de vous être donné autant de mal juste pour… »
« C'est bien peu de chose en comparaison de ce que vous avez consenti à faire pour l'agence, Agent DiNozzo » le coupa promptement le grand homme. « Je sais que nos relations personnelles ne sont pas des plus amicales mais elles ont toujours été cordiales. C'est une façon pour moi de tenter de me faire… n'ayons pas peur du mot, je dirais pardonner pour mon ultimatum. Je voulais faire plus et renvoyer David dans ses foyers mais le SecDef avait des motifs plus impératifs pour surseoir à cette décision. »
« Je suis parfaitement conscient que ma déception n'est rien en comparaison des intérêts du pays, Monsieur » affirma Tony. « Je ne pensais même pas que le directeur ferait autre chose que de les admonester. »
« J'admets que Gibbs est un dinosaure dans certains domaines mais dans d'autres, il vaut la peine de le préserver » avoua Davenport. « Ses compétences de sniper nous seront utiles, il reste encore à ce jour le meilleur dans ce domaine même s'il est talonné par de jeunes loups aux dents longues qui rêvent de pulvériser son record. Les impératifs nationaux et même internationaux nous obligent parfois à aller envers nos convictions et nos souhaits. C'est dommage et pour un Policier et un Agent qui a voué sa vie au bien de ses concitoyens, je conçois que ce soit difficile à accepter. »
« Ce n'est pas la première fois, ni la dernière non plus, que je suis obligé de m'incliner pour des causes plus importantes » souligna l'italien.
« Votre promotion et votre nouvelle destination vous conviennent parfaitement, j'espère ? » demanda son interlocuteur pour alléger la conversation.
« Absolument, Monsieur » dit Tony en émettant un petit rire. « Je n'aurais pas espéré meilleur transfert, je suis enchanté de m'y installer. Et il me tarde de le faire, à vrai dire » ajouta-t-il sincèrement.
« Pas de regret ? » s'enquit Davenport pour se rassurer. « Devoir tout abandonner alors que vous n'avez rien à vous reprocher doit vous sembler injuste ? Le coupable est peu sanctionné mais l'innocent perd tout ce qu'il avait ! »
« N'ayez crainte, pas un seul regret, Monsieur » confirma Tony. « Je ne crois pas que j'aurais pu rester ici de toute façon. Je pensais demander un transfert depuis un moment. Et ma promotion est plus que ce que j'avais espéré obtenir. »
« Tant mieux dans ce cas, je suis rassuré de voir que vous êtes aussi compréhensif » soupira le SecNav. « Je vous rends à vos invités, Myriam et moi allons prendre congé. Je vous souhaite de réussir dans vos nouvelles fonctions autant que dans celles que vous avez occupées ici. »
« Merci, Monsieur » répondit simplement Tony. « J'espère pouvoir vous donner autant satisfaction que vous l'attendez. »
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Les deux hommes se serrèrent la main, Tony baisa galamment celle de son épouse et le couple fit le tour de la salle pour saluer les invités avant de sortir. Tony et Vance échangèrent un regard et Tony lui adressa un sourire rassurant. Vance inclina la tête en signe de remerciement avant de reprendre sa conversation.
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Tony accompagna les Davenport à la sortie sous le regard scrutateur de l'équipe de Gibbs. Myriam Davenport ne se priva pas de l'enlacer et de lui déposer deux baisers sur les joues, ce qui souffla David et faillit faire s'étrangler McGee. Abby et Ducky ouvrirent de grands yeux étonnés et Gibbs serra les dents. Personne ne savait qu'il était aussi intime avec le couple.
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Ils entendirent également la dernière recommandation du SecNav qui leur fit grincer des dents de jalousie.
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« Et n'oubliez pas, Agent DiNozzo, un souci, un besoin, vous pouvez me joindre directement ou par l'intermédiaire du directeur Vance quand vous le voulez. Et que je n'entende pas que vous avez hésité parce que, dans ce cas, je vous envoie ma femme et vous savez comment elle peut être » menaça-t-il en souriant à son épouse.
« Philip a raison, je n'aurai de cesse de vous rappeler jusqu'à ce que vous vous rendiez » ajouta Mme Davenport. « Bon vent et bonne chance, mon garçon. »
« Merci, Madame. Je prends note, Monsieur et merci encore d'être venu et pour le cadeau. »
« Pas de quoi et c'est l'intention qui compte, non la valeur du cadeau. Bonne nuit. A bientôt sans doute, Agent DiNozzo lors de mon prochain passage. »
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Le couple et l'italien se saluèrent une dernière fois avant que les Davenport ne prennent définitivement congé. Tony attendit de les voir gagner leur véhicule avant de refermer la porte. Il resta un instant immobile avant de repartir vers la salle suivi des yeux par toute la tablée.
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Finalement, la traditionnelle musique des anniversaires retentit accompagnée de celles des invités qui encouragèrent l'italien à souffler ses bougies.
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« Eh, les enfants, j'aurai besoin de votre aide pour les souffler » les pria Tony afin de les faire participer jusqu'au bout à sa fête.
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Les gamins s'empressèrent de venir le rejoindre et de se placer à ses côtés et tous se mirent à souffler sur le premier gâteau couronné des bougies. Le nombre d'invités avait obligé les organisateurs à recourir à l'achat de plusieurs pâtisseries et Tony aidé de Jackie Vance et de Pénélope Garcia, la technicienne informatique du BAU, s'employèrent à couper et offrir des parts selon le souhait de chacun.
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Une douce musique s'éleva ensuite et bientôt, Jackie invita Tony à danser. Il y avait peu de femmes mais les quelques-unes présentes n'hésitèrent pas à solliciter un partenaire pour faire un tour de piste. Le champagne était divin et la compagnie infiniment agréable et l'un dans l'autre, Tony passait une très bonne soirée.
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Mark avait voulu la rendre mémorable et il avait parfaitement gagné son pari. Le seul hic était la présence de son équipe dans l'un des boxs de la salle principale. Tony les avait repérés un peu plus tôt lorsqu'il avait accueilli le groupe à la porte, il avait fait mine de ne pas les voir mais il était conscient de leur jalousie et leur déception de n'être pas invités et c'était tout ce qui comptait.
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Pour une fois, c'était lui qui leur rendait la monnaie de leur pièce même si ce n'était pas lui qui avait lancé les invitations. C'était sa fête et il avait le droit et le privilège d'y inviter qui il voulait. Et la tablée de ses soi-disant amis n'était pas de celle qu'il avait envie de croiser chaque fois qu'il faisait un pas.
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Tony fit le tour de la salle du regard et constata que, malgré l'heure tardive, les enfants étaient encore éveillés. Il sourit à Emily qui lui fit un signe de la main déclenchant une réaction similaire de la part des trois autres. Il prit une flûte de champagne et s'employa à passer de groupe en groupe, remerciant encore ceux qui avaient décidé de lui faire cette surprise.
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Fornell discutait avec les membres du BAU et Tony se joignit à eux. C'était par l'intermédiaire de l'Agent du FBI qu'il avait fait leur connaissance lorsqu'il l'avait sollicité pour les aider dans une enquête. Tobias avait proposé à Hotch de faire appel à un outsider exceptionnel pour tenter de découvrir une piste qui les mettrait sur la trace de leur suspect.
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Il avait obtenu l'accord du chef d'équipe presque immédiatement car les agents tournaient en rond et la prochaine cible pouvait devenir victime à tout moment. Tony avait reçu l'appel un samedi de relâche pour l'équipe mais il avait accepté de venir au bureau pour lire les rapports. Il avait passé le week-end à Quantico avec les membres du BAU, ils avaient discuté durant des heures pour résumer les faits avant que Tony ne relise tranquillement les dossiers.
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Le détail qui les mena droit à leur suspect était si insignifiant qu'aucun des agents ne l'avait déniché. L'intense réflexion de Tony sur les motivations de leur tueur et ses contradictions surprenantes sur son mode opératoire changeant l'amenèrent à penser qu'il y avait plus d'un meurtrier. Et lorsqu'il suggéra qu'un couple était coupable, les agents le prirent pour un fou. Selon eux, un tueur en série opérait rarement avec un complice.
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Tobias leur conseilla de ne pas écarter son hypothèse et d'y songer sans a priori. Recoupant différents mobiles plausibles, ils mirent à jour l'incroyable vérité que Tony avait émise. La traque qui s'en était suivie avait été intense et épuisante puisqu'il leur avait fallu poursuivre leurs suspects qui avaient décidé de se séparer pour tenter de brouiller les pistes. La persévérance des agents et un extraordinaire coup de chance les récompensa lorsque, à tour de rôle, les coupables furent cueillis par la police.
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C'est ainsi qu'avait débuté une collaboration occasionnelle entre Tony et le BAU avec Tobias comme liaison. La consultation que l'italien leur accordait était toujours inconnue de sa propre équipe qui ignorait ses liens avec cette branche du FBI. Semblerait qu'à compter de ce soir, cette ignorance allait voler en éclats. Mais désormais, Tony n'en avait cure, il ne devait plus travailler avec eux, du moins dans l'immédiat.
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Personne ne pouvait prévoir si, un jour, les deux équipes ne seraient pas amenées à collaborer. Après tout, Gibbs avait tendance à voyager aussi hors du pays pour des enquêtes et leur chemin pouvait donc se croiser à n'importe quel moment. Il serait donc toujours temps de se préoccuper de cette possibilité lorsqu'elle se présenterait.
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L'heure tardive, il était presque deux heures du matin, incita certains à prendre congé et comme précédemment, Tony les raccompagna à la porte en les remerciant. Tout d'abord, des collègues de travail et leurs épouses, puis des policiers et des agents du FBI pour la plupart. Les embrassades et les congratulations amicales firent comprendre à Gibbs et Consort que Tony les connaissait tous.
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Il était désormais évident que le réseau de contacts que l'italien avait n'était pas un mythe si autant de personnes étaient venues ce soir tout en étant prévenu aussi peu à l'avance. Personne ne laissait tomber ce qu'il avait prévu pour venir aussi rapidement si le bénéficiaire n'était pas quelqu'un qui était apprécié !
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Et un patron de bar ne se mettait pas en quatre en un temps record juste pour satisfaire un client, aussi bon soit-il. Donc l'algarade de Murphy plus tôt dans la soirée était véridique et l'aurait conduit à les mettre dehors en cas de problème. Et le fait que les invités étaient pour la plupart des membres des forces de police qui auraient procédé aux arrestations n'était pas une menace en l'air.
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Durant la demi-heure qui suivit, le manège se répéta à intervalles réguliers. Désormais, non seulement DiNozzo les escortait mais il avait toujours un autre agent avec lui. Balboa et son équipe prêtèrent main forte au personnel du bar pour nettoyer la salle, Jacky et Léon réunirent les cadeaux dans une boite pour faciliter le transport.
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Enfin, ne resta que l'équipe du BAU, celle de Fornell et de Balboa, le personnel et Murphy, Giordano, Palmer et Breena, la famille Vance et DiNozzo. La soirée se terminait et il était temps de songer à quitter l'établissement. Gibbs donna le signal du départ en se levant et s'empara de l'addition qu'il alla payer au comptoir. La serveuse lui dédia un sourire forcé en lui rendant sa monnaie. L'agent retourna à la table et fit signe à ses amis de se lever et les enjoignit de sortir.
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« Gibbs, je voudrais aller voir cet… » commença la gothique pour s'interrompre ne trouvant pas de mot pour qualifier celui qui la déroutait par son attitude.
« Abby, il est très tard, nous sommes tous énervés et il me semble qu'il serait plus judicieux de partir sans faire d'histoire » nota Ducky, la voix de la raison. « Nous avons créé cette situation d'une certaine manière et il serait malvenu de notre part de lui en tenir rigueur. »
« Comment peux-tu le soutenir ainsi, Duckman ? » s'indigna-t-elle en tapant du pied rageusement.
« Parce que chacun de nous ici présent est responsable de la fracture qui s'est produite avec Anthony et il est parfaitement inutile de le nier, ma chère. Nous avons mis le cher garçon dans une situation où il n'a pu compter que sur lui, sans aucun soutien de notre part. Nous l'avons isolé, rejeté même sans le moindre égard pour les efforts qu'il a faits pour garder l'équipe soudée. Nous payons aujourd'hui le prix de notre manque de discernement » conclut le légiste en prenant son manteau et en l'enfilant.
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Il jeta un regard à l'ancien Marine et constata que son petit discours avait eu un effet sur lui. L'homme semblait abattu, triste et quelque peu irrité sans qu'il ne comprenne pourquoi. N'avait-il pas réalisé ce que sa propre attitude envers Anthony avait engendré ? S'il s'était montré plus juste, l'italien ne serait pas devenu aussi peu concerné par leur bien-être.
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Gibbs pressa l'équipe de quitter le bar et les dirigea fermement vers le parking où il les regarda monter chacun dans leur véhicule. Abby tenta de résister mais il l'accompagna jusqu'à sa voiture où il la fit monter. Il la regarda ensuite quitter l'endroit et attendit quelques instants avant de retourner vers le bar. Il s'adossa au mur extérieur et patienta.
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Une demi-heure plus tard, l'équipe du BAU sortit, se salua et quitta également les lieux. Fornell, Palmer et Breena puis Giordano suivirent peu après suivis par la famille Vance. Il ne restait donc plus grand monde et il savait que DiNozzo ne tarderait donc pas à faire également sa sortie.
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Il serait alors temps de confondre son second.
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Alors Gibbs va-t-il avoir « la » discussion avec Tony ? Vous le saurez en lisant le prochain chapitre.
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A bientôt
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Chtimi
