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C'est juste une impression personnelle ou l'intérêt des auteurs de fics en français pour la série s'émousse. Il reste très peu de fics publiées sur le site, en fait, actuellement, il n'y en a que 5. Il me semblait que lorsqu'on aimait, on ne comptait pas.
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Et je me pose une question à laquelle j'aimerais avoir réponse : y a-t-il des lecteurs parmi vous ? Je me réfère toujours à des 'lectrices' mais sans doute quelques hommes lisent et écrivent aussi peut-être !
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Chapitre 28 : Confrontation ultime
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Un bon quart d'heure s'écoula avant que l'italien et Balboa ne franchissent la porte. Il vit immédiatement DiNozzo se raidir en constatant sa présence.
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Gibbs jeta un regard significatif à Balboa qui le lui rendit. L'Agent échangea un regard avec l'italien et s'éloigna jusqu'à sa voiture où il monta mais ne démarra pas. Il attendait visiblement de savoir si son assistance serait nécessaire. Gibbs lui décerna mentalement un bon point pour son attitude même s'il aurait préféré son départ. Il tourna son attention vers Tony qui n'avait pas bougé.
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« Alors, tu as décidé de snober l'équipe, DiNozzo ? » lança-t-il en guise de préambule.
« Réconfortant de voir que je suis encore et toujours considéré le fautif même lorsque je ne le suis pas » commenta calmement son second. « Il me semble que l'équipe - excepté Jimmy et moi, bien sûr - était ici avant notre arrivée. Donc, qui a snobé qui ? »
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Gibbs ne put arguer contre cette logique. McGee avait en effet invité une partie de l'équipe à venir boire un verre sans inclure DiNozzo, ni Palmer. Et pas un d'entre eux n'avait émis de commentaire à leur absence jusqu'au moment où la partie improvisée avait débutée. Et là, d'un seul coup, les choses avaient viré. Ce n'était plus eux qui avaient évincé Tony mais l'italien qui les avait ignorés.
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« N'empêche que tu aurais pu nous convier à ta petite sauterie, il me semble » contra Gibbs. « Ce n'est pas en agissant ainsi que les choses vont s'améliorer. »
« Tu veux que je te dise, Gibbs » dit Tony d'une voix coléreuse mais contenue. « Quoi que je fasse, quoi que je dise, ta précieuse équipe sera contre. Alors pourquoi faire des efforts inutiles ? Et surtout, pourquoi devrais-je être le seul à en faire quand toute la situation découle directement de leurs propres attitudes ? »
« Par qu'il est plus simple et plus facile de modifier celle d'un seul individu que celles de plusieurs, sans doute » remarqua l'ancien Marine.
« Va au diable, Gibbs, toi et tes suggestions à quatre balles » cracha Tony. « J'en ai assez d'être celui qui doit toujours plier pour te satisfaire. Quand vas-tu enfin reconnaitre que c'est toi qui as engendré cette problématique ? Prendre la responsabilité de tes actes serait déjà un pas dans la bonne direction. »
« Je ne suis pour rien dans le fait qu'ils ont choisi de dédaigner ton statut après mon départ et même après mon retour » déclara Gibbs.
« Sûr que souffler le chaud et froid aurait dû aplanir les choses, n'est-ce pas ? » railla l'italien. « Un coup, tu es avec moi et l'instant suivant, tu me sermonnes devant tout l'étage. Tu es de mon côté puis soudain, tu es du leur. Tu me fais des éloges et dans le même temps, tu me réprimandes. Jouer les girouettes de cette manière n'engage pas à vouloir changer sans savoir où on se place, Gibbs. »
« Si tu étais resté à ta place, rien de tout ceci ne serait arrivé » annonça Gibbs quelque peu agacé. « Vouloir passer du gamin au meneur d'équipe demande de la pratique et d'être sérieux. Tu ne peux espérer que tes collègues apprécient le changement et t'accordent leur respect lorsque tu ne cesses de te conduire comme un clown. »
« Venant de la part de celui qui a exigé que je ménage mes nouveaux collègues pour éviter de les voir fuir devant ton intransigeance est plus qu'hilarant. Dois-je te rappeler que tu faisais trembler McGee et que Todd a préféré devenir sarcastique pour contrebalancer ton attitude ? Ne parlons pas de Miss Mossad qui menace régulièrement de nous transpercer avec un trombone. »
« Jusqu'à présent, tu n'as jamais remis en question ma façon de mener l'équipe. Pour quelles raisons le faire maintenant ? » questionna Gibbs, curieux.
« Quelle importance tout ceci peut avoir pour toi désormais, Gibbs. Ils n'ont pas apprécié d'être sermonnés devant tout le personnel quand ils ne se privaient pas de me critiquer devant tout le monde. Un peu d'humilité ne leur fera pas de mal, ça devrait leur remettre les idées en place même si je doute fortement qu'il en ressort quelque chose de positif. »
« Bon sang, DiNozzo, tu pourrais lâcher du lest » gronda son 'patron'. « S'il faut travailler sur la dynamique de groupe pour retrouver mon équipe telle que je l'ai laissée entre tes mains, soit. Je verrais avec le directeur pour obtenir quelques sessions avec un conseiller. »
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Tony le regarda avec étonnement sans que l'ancien Marine en comprenne la raison. Il n'eut pas à attendre longtemps pour obtenir une réponse à son interrogation. DiNozzo la lui fournit aussitôt.
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« Le grand Leroy Jethro Gibbs acceptant volontairement de se soumettre à des sessions de management alors qu'il ne cesse de clamer qu'il dirige son équipe comme il l'entend ! Non, mais c'est trop drôle » ricana Tony.
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Il vit son second tenter ensuite de reprendre contenance et prendre de profondes inspirations pour se calmer.
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« Trêve de plaisanterie et de bavardages inutiles, Gibbs » trancha soudain l'italien. « Je ne souhaite plus m'investir dans ton équipe comme par le passé. Tu as minimisé mon rôle au fil des années jusqu'à me considérer ni plus, ni moins qu'un bleu ou que ton larbin. Il est hors de question que je continue à me voir rabaisser devant deux collègues qui sont mes subordonnés autant que les tiens. Le respect dû à mon statut et celui de la chaine de commandement n'auraient jamais dû être ainsi ignorés par des subordonnés. Il aurait pu en résulter une catastrophe majeure sur le terrain, ce qui pourrait encore se produire n'importe quand. Et je ne risquerais pas ma vie parce qu'ils se pensent supérieurs à moi, ce qu'ils ne sont absolument pas, loin de là. »
« Très bien, je vois que tu refuses de m'aider à remettre sur pied mon équipe » soupira enfin Gibbs conscient qu'il ne réussirait pas à railler l'italien à son point de vue. « Que comptes-tu faire ? »
« Ce que je dois pour être certain de voir les prochaines années » statua Tony.
« Ce qui signifie exactement ? » s'enquit l'ancien Marine.
« Que je désire éviter de me retrouver dans la ligne de mire de Miss Mossad ou de tout autre psycho qui aurait des désirs de vengeance à ton encontre, Gibbs » rétorqua son second. « Il est temps que je pense à ma propre sécurité et non plus à celle de collègues qui cherchent à m'envoyer six pieds sous terre. »
« Bon sang, Tony, je ne laisserais jamais une chose pareille t'arriver » scanda Gibbs d'un ton furieux. « Je ferais tout pour l'éviter si tu m'en laissais la possibilité. »
« Quitte à piétiner les règles ? Tu sais, Gibbs, j'ai toujours pensé que Shepard t'avait laissé un peu trop de liberté » assena l'italien. « Vouloir absolument t'avoir dans son lit l'a obligé à fermer les yeux sur certains de tes actes qu'elle aurait dû sanctionnés. Tu t'es permis de faire des choses que tu n'aurais pas pu faire du temps de Morrow, il ne t'aurait pas lâché la grappe comme elle l'a fait. Tu t'es cru tout puissant, presque invulnérable alors que tu es juste une marionnette entre ses mains. Elle attendait que tu fasses le premier faux pas pour te mettre le grappin dessus. Et comme un idiot, tu l'as laissé te manipuler comme un bleu lorsqu'elle a placé sa propre protégée dans l'équipe. »
« Jenny n'a jamais pu m'imposer quoi que ce soit » grogna l'ancien Marine.
« Allons, Gibbs, reconnais que tu as été berné comme un débutant. David a bel et bien circonvenu l'irréductible Marine que tu es ou veux faire croire que tu es. Une novice en tous points incapable de servir sur le terrain ou au bureau. Une fille qui t'a embobiné comme personne avant, même pas Abby, en jouant la carte de la petite fille perdue et malaimée. Sur que dans ton cas, elle a mis remarquablement en pratique les informations de ton dossier personnel. Mais tu sais, dis-toi bien une chose : elle ne sera jamais Kelly et elle ne pourra jamais la remplacer. Parce que s'il est une chose dont je suis certain, c'est que ta fille n'aurait jamais tourné comme Ziva David. »
« Ferme-là, DiNozzo » le coupa brutalement Gibbs. « Tu ne sais rien de Kelly, tu n'as pas à parler d'elle comme si tu la connaissais. »
« Oh, c'est vrai que tu as tellement souvent parlé d'elle que je ne peux que spéculer » se moqua Tony. « Et pourtant, l'homme qui m'a engagé il y a quelques années, celui que je respectais et admirais ne pouvait qu'avoir une fille qui lui ressemblait : droite, simple, généreuse et bienveillante. A mon avis, David n'aurait jamais pu se mesurer à elle si Kelly était toujours vivante. »
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Tony regarda Gibbs fulminer et pour une fois, il était sans remords. Lui ouvrir les yeux sur certaines choses était peut-être trop tard mais, pour une fois et sans doute la dernière, Tony avait envie de mettre les pieds dans le plat et de déverser sa frustration sur Gibbs.
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« J'imagine qu'avec des parents comme les siens, ta fille ne serait que compatissante. Une jeune fille honnête, ouverte et pas un brin compliquée. Sans aucune once de dissimulation en elle » continua-t-il inexorablement. « Tout le contraire de Miss Mossad qui doit se faire violence pour ne pas me sauter à la gorge chaque fois qu'elle en a envie. Etre constamment sur ses gardes parce qu'elle ne peut prévoir mes réactions doit être si fatiguant à la longue qu'il lui a semblé plus simple de songer à se débarrasser de moi, une bonne fois pour toutes. »
« Tu ne crois pas que tu exagères un peu, là, DiNozzo ? » l'interrompit Gibbs.
« A peine parce que, à mon avis, comment un expert en armes comme elle se prétend être peut oser tirer une balle dans un conteneur métallique ? Elle ne pouvait ignorer que la balle ne percerait pas le métal mais ferait des ricochets jusqu'à trouver une cible, n'est-ce pas ? C'est le b.a.-ba de toute formation des experts de ce type. Il est inconcevable qu'elle en soit devenue un sans être parfaitement formée surtout par la meilleure agence au monde selon ses propres propos. »
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Le cadet regarda son aîné avec commisération avant d'assener une dernière vérité.
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« Et tu sais, si tu avais demandé, j'aurais été trop heureux de t'expliquer la situation entre nous. Mais dans la mesure où tu as préféré choisir de jouer les victimes, je n'ai pas voulu m'investir dans une discussion stérile. Le pire est que tu ne sauras jamais ce qu'il en était à moins de retrouver la mémoire. Comme je doute que tu le souhaites vraiment en ce qui me concerne, je ne vais même pas perdre mon temps à tenter de raviver tes souvenirs. Je sais que tu as recouvré ceux qui concernent tous les autres membres de ta précieuse équipe mais pour ce qui est des nôtres, tu les as tellement enfouis au plus profond de toi qu'il t'est désormais difficile de les faire remonter à la surface. Et il n'y a que pour quelqu'un qu'on veut oublier que le processus est possible. Donc, à quoi bon tenter le diable en essayant de se rappeler, n'est-ce pas ? »
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Il regarda l'italien se passer les mains dans les cheveux, un geste qui signifiait qu'il était incertain de son prochain acte.
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« Ce qui veut dire que tu ne me diras pas ce qu'il en était même si je te le demande maintenant » tenta malgré lui Gibbs.
« J'ai attendu durant des semaines que tu viennes me voir, que tu veuilles savoir mais en vain » soupira Tony. « Lorsque tu as décidé de me rétrograder au même rang que tes agents juniors et même moins que ça à certains moments, j'ai compris qu'il y avait peu d'espoir que tu aies envie de connaître la vérité sur nous. Lorsque tu as jugé bon de défendre l'équipe contre moi quand c'était à ton avantage, il était clair que tu cherchais à me remettre à ma place. Lorsque tu as invité l'équipe pour un repas où, une fois encore, j'étais exclu, il a été évident pour moi que tu ne voulais plus me voir faire partie de ton cercle d'amis. Devant toutes ces preuves indiscutables, j'ai réalisé qu'il serait vain de vouloir poursuivre une chimère. J'ai abandonné toute envie de me battre. »
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Tony fit une pause, il voulait enfoncer un dernier clou mais n'étant pas vindicatif de nature, il hésitait. Gibbs choisit à sa place.
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« Preuve que ce qui pouvait nous lier t'importait peu finalement » nota l'ancien Marine.
« Je crois que je pourrais te retourner ces paroles, Gibbs » rétorqua Tony d'un ton sec.
« Bon sang, DiNozzo » cria brusquement son compagnon. « Ne peux-tu comprendre la douleur que j'ai pu éprouver à revivre l'évènement le plus traumatisant de ma vie ? Savoir également que j'avais oublié 15 ans de ma vie, oublié ceux que j'avais connus n'a pas aidé non plus. Même Ducky ne me disait rien et pourtant, nous sommes amis depuis des années. »
« Dans ces conditions, explique-moi comment une femme que tu connais si peu a réussi à te rendre en partie tes souvenirs alors que d'autres que tu connaissais depuis plus longtemps avaient essayé en vain ? Sans doute parce qu'elle était aussi lié à un drame qui aurait pu te coûter la vie ? La mort d'Haswari et votre silence au sujet de la manière dont il est mort… »
« Comment es-tu au courant… ? » s'étonna Gibbs.
« S'il te plait, reconnais-moi assez d'intelligence pour ne pas avoir avalé votre scénario bancal » s'indigna Tony. « Le rapport officiel que tu as rédigé pour le NCIS indique peut-être que tu l'as tué mais le rapport du FBI et notamment la trajectoire de la balle démontre que c'est impossible. Fornell t'a couvert parce qu'il avait une dette envers toi mais je sais pertinemment que c'est Ziva David qui a tué son frère. »
« Tu fais des suppositions fantaisistes, DiNozzo » le contredit son ancien supérieur.
« C'est ce que tu voudrais que je crois mais je sais que j'ai raison » contesta Tony. « J'ai deviné que David et toi partagiez un secret suffisamment important pour qu'elle se permette d'agir en territoire conquis au sein de l'équipe. Et dans la mesure où tu l'as laissé faire, tu devais partager ce point de vue. »
« Il me semble que tu aurais pu objecter à tout moment si tu l'estimais nécessaire » rappela l'ancien Marine. « Si tu as choisi de ne rien dire, c'est que tu approuvais. Et vos constantes piques avaient le mérite de stimuler une certaine rivalité qui entrainait une compétition positive pour les enquêtes. »
« C'est tout ce que tu voyais alors, n'est-ce pas ? » nota Tony d'un ton désabusé. « Tu te souviens de ça sans problème. Des détails sans réelle signification te reviennent mais ce qui existait entre nous te reste inaccessible. »
« J'ignore pour quelle raison, Tony » plaida Gibbs. « Je n'ai pas d'explication et personne ne peut expliquer les mécanismes du cerveau après un tel traumatisme. Dans ces conditions, comment veux-tu que j'en sache plus que les spécialistes eux-mêmes. »
« Il existe des méthodes alternatives pour réveiller la mémoire, Gibbs et nous en avons expérimenté une lors d'une enquête. Ne me dis pas que c'est bidon, tu sais que ça fonctionne mais tu n'as pas tenté le coup. Encore une preuve que tu ne veux pas savoir. »
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L'air buté de Gibbs lui apprit qu'il ne devait pas pousser plus loin. L'homme avait peut-être eu envie de savoir mais il avait passé le cap de le vouloir à tout prix. Tony était suffisamment réaliste pour se dire que leur relation s'était brisée le jour où Gibbs avait mis les voiles pour le Mexique. Il était fatigué d'être toujours celui qui devait plier et il voulait cette fois que les choses soient différentes.
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« Il est tard, rentre chez toi, Gibbs » conseilla-t-il à son supérieur d'une voix lasse. « Repose-toi et réfléchis mais vraiment réfléchir à tout ce qui s'est passé depuis ton retour. Examine la situation dans son ensemble, demande conseil à Ducky au besoin. Analyse tous les aspects du comportement de tes subordonnés sans oublier celui d'Abby et Ducky qui ne sont pas exempts de manquements. Ensuite, en toute connaissance de cause, prends les résolutions qui s'imposent et tente de réparer l'irréparable si tu te sens l'énergie de te battre contre des moulins à vent. C'est tout ce que je peux te conseiller. Sur ce, je te laisse. »
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Et sans autre forme de procès, Tony pivota et s'éloigna vers sa voiture plantant un Gibbs choqué par la sortie de son agent. L'italien plaça la boite de cadeaux sur le siège arrière, prit place à l'avant, démarra puis quitta le parking, Balboa dans son sillage. L'agent avait attendu son ami pour l'escorter présageant une possible altercation entre Gibbs et DiNozzo.
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Tony avait présumé que Grant passerait la nuit avec lui mais il avait préféré rentrer grâce à Palmer, finalement, c'était mieux ainsi car la discussion qu'il venait d'avoir avec Gibbs allait certainement lui gâcher le peu d'heures qu'il lui restait à dormir.
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Maudit soit cet homme pour avoir le don de le mettre dans une position dans laquelle il était toujours le perdant. ''Ne jamais se remettre en question'' devrait être une de ses règles parce que c'était assurément un exercice auquel Gibbs ne savait pas s'adonner.
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L'ancien Marine soupira. Il savait et avait pressenti que Tony ne lui faciliterait pas la tâche mais qu'il se demanderait également pour quelles raisons il oscillait entre soutenir son second un jour et le désapprouver le suivant. Il y avait encore tellement de trous qu'il ne parvenait pas à boucher le concernant qu'il doutait de tout ce qu'il constatait et ce qu'il se rappelait.
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L'italien avait toujours eu le don de le faire réagir sans le montrer lorsque c'était positif mais en l'exposant publiquement lorsque c'était négatif. Il ignorait pourquoi il réagissait ainsi uniquement avec DiNozzo, il avait pensé que c'était pour l'obliger à se concentrer mais l'homme n'avait définitivement pas besoin de ça la majeure partie du temps. Alors pourquoi continuer ? Par habitude ?
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Il ne parvenait pas à démêler le réel de l'irréel en ce qui concernait son bras droit. Et son changement d'attitude le déroutait encore plus. Jamais il n'avait agi ainsi, abandonner la gestion de l'équipe entre les mains de son supérieur à partir du moment où Todd les avait rejoints. Alors pourquoi le proposer maintenant ? Il y avait définitivement là un mystère qu'il allait devoir résoudre et il se dit que sans doute les derniers propos de DiNozzo pouvaient le lui permettre.
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Mais même s'il reconnaissait intérieurement que le conseil était judicieux, il n'allait pas laisser DiNozzo croire qu'il avait gagné ne serait que la manche et encore moins le match. Il allait devoir le travailler au corps pour le convaincre de l'épauler dans la reconstruction de SON équipe.
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Sur cette RESOLUTION, il gagna lui aussi sa voiture et reprit le chemin de son domicile. La tension qui l'habitait ne semblait pas prête à céder et une bonne séance de ponçage ne serait sans doute pas suffisante pour la faire disparaitre.
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Tony regagna son domicile sans encombre et il en était étonné. Son esprit était encore tout occupé par les propos échangés avec Gibbs et il n'avait pas vraiment prêté attention à la route. C'est du moins ce qui lui avait semblé mais il avait réussi l'exploit de rentrer sans le moindre incident, signe que son esprit était quand même parvenu à séparer les deux actions.
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Il avait bien suspecté que Gibbs tenterait une dernière confrontation lorsqu'il avait constaté sa présence chez Murphy quelques heures plus tôt. Il ne pouvait prétendre que la discussion était inévitable mais il avait espéré qu'il pourrait esquiver l'affrontement.
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Pourtant, il aurait dû savoir que Gibbs, obstiné comme il l'était, ne manquerait pas l'opportunité offerte ce soir de le coincer avec autant de facilité. Il restait néanmoins frustré et blessé de voir que son ancien patron lui faisait porter encore et toujours la responsabilité des difficultés que rencontraient son équipe et par voie de conséquence, la rupture qu'elles entrainaient dans leur relation.
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Comment l'homme pouvait-il le blâmer alors qu'il n'avait jamais véritablement réfléchi aux conséquences de ses propres actions ? Laisser l'équipe entre ses mains avec un simple « Tu y arriveras » avait assurément persuadé ses subordonnés qu'il était le nouvel homme de la situation, n'est-ce pas ? Il avait tout faux mais il n'entendait pas le reconnaitre non plus.
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McGee et David étaient déjà insubordonnés et irrespectueux avant l'accident, la manière dont Gibbs les avait momentanément quittés n'avait pas arrangé les choses. Les deux agents n'avaient pas montré de meilleures dispositions sous la direction de Shepard avant qu'elle ne soit remplacé et encore moins sous celle de Léon Vance.
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Le fait que le nouveau directeur avait laissé les choses tourner un moment après sa prise de fonctions pour tâter le terrain leur avait fait croire qu'ils pouvaient continuer dans leur attitude précédente. Et lorsqu'ils avaient été confronté à leur mauvaise conduite, qui avaient-ils blâmé ? Certainement pas eux-mêmes, non, c'eut été trop facile.
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C'était si simple de trouver un bouc émissaire en la personne de l'italien. Le rendre responsable pour leur irrespect, leur désobéissance et leur insubordination sous prétexte qu'il n'était pas fait pour être chef d'équipe… leur chef d'équipe était la solution par excellence. Aucun besoin de s'auto-flageller mais la nécessité de trouver un coupable idéal.
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Comment avait-il réussi à tenir durant l'absence de Gibbs sans craquer était un mystère ? Encore qu'il avait pu compter sur quelques personnes pour lui remonter le moral et l'aider à passer le cap. Car, il n'avait eu aucune illusion, il savait que Gibbs reviendrait. L'homme était un bourreau de travail et l'oisiveté le ramènerait rapidement à l'agence.
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Tony avait toujours su que l'ancien Marine ne resterait pas longtemps avec Franks. Certes, il appréciait son ancien chef mais boire des bières toute la journée, paresser sur la plage et courtiser les femmes n'étaient pas des occupations habituelles pour Gibbs et elles auraient l'effet escompté par une partie de l'équipe, à savoir précipiter le retour de l'homme.
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Il n'avait cependant pas compté sur l'attitude ouvertement hostile d'Abby envers lui et à moindre degré, celle de Ducky. Il avait véritablement pensé pouvoir compter au moins sur le soutien du légiste durant cette période. Voir le médecin lui dénier tout support avait été dur à accepter. Voir Abby lui tourner le dos et s'allier à McGee et David avait été encore plus difficile.
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Sans Palmer et Fornell, Tony aurait assurément déjà donné sa démission ou aurait demandé un transfert depuis longtemps. Mais les deux hommes s'étaient alliés pour l'aider à relativiser même si l'exercice était indéniablement pénible. Non seulement Tony avait laissé partir son chef sans pouvoir y faire quelque chose mais il avait dû voir son amant le quitter sans un mot.
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Gibbs avait beau ne pas se souvenir de leur relation, Tony avait réalisé dès sa visite à l'hôpital que l'ancien Marine ne se souvenait pas de lui… d'eux.
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Il avait ravalé sa déconvenue et avait espéré, trop sans doute, que Gibbs se rappellerait de ce qu'ils étaient avant de quitter l'hôpital. Cependant, la conversation avec le Dr Galfan lui avait laissé peu d'espoir à ce sujet. Lorsque Gibbs avait retrouvé une partie de sa mémoire récente grâce à… David et confronté Shepard et assisté à la destruction du navire, il avait pensé que tout rentrerait dans l'ordre.
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Entendre l'homme faire ses adieux à l'équipe, venir lui remettre son badge en l'appelant par le nom de McGee lui avait ôté tout doute sur l'importance qu'il avait dans la vie de Gibbs. Il avait beau se répéter que l'homme avait perdu 15 ans de sa vie, il avait malgré tout espéré avoir une petite place dans sa mémoire. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que tout était fini entre eux.
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Il avait lutté durant des semaines pour finalement renoncer à tout espoir. Il avait commencé le long processus consistant à remonter la pente et à reprendre sa vie en main. Le retour de Gibbs l'avait conforté dans le fait que son amant avait effacé de sa mémoire toute trace de leur relation et il avait décidé de ne pas l'aider à se souvenir de leur relation.
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Gibbs ne semblait pas vouloir se rappeler ce qu'ils étaient et il n'avait aucune intention de lui expliquer ce qu'il en était s'il ne demandait pas lui-même. Il avait également très vite compris que la fierté de l'ancien Marine le retiendrait de demander et il avait alors respecté la volonté de son ancien amant de ne pas en discuter.
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Sans doute avait-il creusé un peu plus le fossé qui les séparait mais Gibbs aurait dû prendre l'initiative de poser les questions qui le tourmentaient. Grant avait très vite réalisé ce qu'ils avaient été. Pourquoi Gibbs n'avait-il pas fait de même ? Sans doute parce qu'il ne voulait pas savoir ou ne pouvait faire face à la réalité de ce qu'ils avaient été. L'une ou l'autre des raisons avait conduit à leur séparation irrémédiable.
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Il était désormais impossible pour Tony de revenir en arrière, de supplier l'homme de le reprendre. Le comportement de Gibbs à son égard avait été bien trop difficile à supporter, il ne voulait en aucun cas se montrer faible en le suppliant de lui revenir. Il avait d'ailleurs commis un acte qui ne lui permettait pas de reprendre leur relation, il avait en quelque sorte tromper Gibbs.
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Certes, l'homme l'avait laissé durant plusieurs mois sans nouvelles mais il n'avait pas rompu au propre sens du terme dans la mesure où sa mémoire défaillante ne lui permettait pas de se souvenir de leur relation. Mais Tony avait cette désagréable impression de l'avoir fait cocu malgré tout, tout en reconnaissant que l'absence de l'ancien Marine était en quelque sorte une intention de rupture déguisée.
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Sa relation avec Grant avait beau avoir été définie comme une relation libre de toute attache, il avait apprécié le temps passé avec son nouveau 'bleu'. Grant était si différent de Gibbs qu'il n'avait jamais eu à les comparer à proprement parler. Certes, il n'avait pu s'empêcher de le faire à quelques occasions mais il avait bien vite repoussé le désir de le faire en partie parce cet exercice ne donnait pas toujours l'avantage à Grant.
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Si au départ, le motif de nouer leurs deux destinées était celui de combler leur solitude et de passer quelques moments ensemble sans avoir à se préoccuper de leurs sentiments, il avait bien noté que ceux de Grant s'étaient modifiés assez rapidement. Il n'avait pas voulu aborder le sujet avec lui pour ne pas avoir à affronter une nouvelle rupture aussi prématurément. Heureusement, Grant était resté dans les limites qu'ils s'étaient fixés dès le départ.
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Maintenant, il savait que sa mutation serait un autre poids sur sa conscience, celui de faire souffrir un autre être qui ne le méritait pas. Pourtant, il ne pouvait avouer des sentiments qu'il ne ressentait pas, ce serait être encore plus irrespectueux de l'amour que Grant semblait lui porter. Mieux valait laisser les choses en l'état et le temps faire son effet.
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Maintenant, tout ce qui lui restait à faire était de laisser le passé reposer en paix et d'affronter l'avenir avec sérénité même si c'était plus facile à dire qu'à faire. Il avait bien l'intention de repartir du bon pied.
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Il avait un challenge à accomplir et Léon comptait sur lui pour mener à bien la mission qu'il lui confiait. Une équipe avait besoin d'un nouveau chef et surtout d'un chef en pleine possession de ses moyens. Aussi, il devait se reprendre rapidement en mains et ne plus se lamenter sur ce qui aurait dû être.
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Il avait quelques semaines devant lui pour organiser sa nouvelle vie dans sa nouvelle affectation, un transfert qui le comblait malgré tout. Et comme il l'avait dit ce soir-là, il ne pouvait prétendre pouvoir continuer à travailler dans les conditions présentes. Il était reconnaissant à Léon de lui avoir proposer une échappatoire honorable et justifiable.
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Conserver son poste de chef d'équipe était déjà un bon point, avoir sa propre équipe en était un autre mais exercer son métier dans un lieu différent était définitivement un bonus qu'il acceptait avec gratitude. Tout ce qui pouvait lui permettre de prendre un nouveau départ dans de bonnes conditions était bon à prendre.
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Il devrait faire honneur à ceux qui avaient cru en lui et lui avaient permis de ne pas sombrer dans la dépression. Fornell, Palmer et Grant ainsi que la famille Vance… tous avaient joué leur rôle durant ces derniers mois pour l'aider et il leur devait de ne pas faillir.
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Il allait mettre toutes ses forces dans l'accomplissement de cette promesse qu'il se faisait. Il voulait réussir et surtout ne pas décevoir ceux qui croyaient en lui, en ses capacités à accomplir de grandes choses.
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Ici et maintenant, Tony prit la ferme RESOLUTION de continuer à avancer et de ne pas laisser le passé piétiner son futur.
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Avant dernier chapitre puis l'épilogue, on s'achemine vers la fin du premier volet de cette trilogie.
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Passez un bon week-end d'ascension et rendez-vous la semaine prochaine.
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A bientôt
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Chtimi
