Chapitre 14: Giacomo Moretti
« Quoi? Tu as un fils et tu ne me l'a jamais dit? » demanda un homme à sa femme.
« Je suis désolée. » répondit-elle. « Je n'avais que dix-huit ans quand il est né, et il est resté avec son père. Je ne l'ai même jamais revu! »
« Ce n'est pas une excuse! » tonna son mari. « Ecoute Asako, ça fait presque deux ans que nous sommes mariés, je t'ai tout dit de mon premier mariage et tu m'as caché ça pendant tout ce temps? Eh bien, je ne l'accepterai pas! »
La femme appelée Asako en eut le souffle coupé. « M-mais que veux tu que je fasse? » sanglota-t-elle.
« Mais c'est pourtant clair! Je veux la garde de ce garçon! Je suis le président d'une très grande compagnie et je dois faire attention à mon image de marque! Si jamais on apprenait que ma femme avait eut un enfant avant son mariage et l'avait abandonné, ma réputation serait ruinée! »
« Personne ne le saura. » protesta sa femme. « De toute façon, je suis sûre que tu ne voudrais pas vivre avec ce garçon. Il ruinerait probablement davantage ta réputation s'il venait avec nous. »
« Je croyais que tu ne l'avais pas revu depuis sa naissance? » demanda l'homme d'un ton soupçonneux. « Comment pourrais-tu le savoir? »
« Je n'en sais rien. » répliqua-t-elle. « Mais il a sûrement dû grandir comme son père, et je t'assure que ce n'est pas un homme agréable. »
« Assez! » s'exclama l'homme. « Je me déciderai quand je le verrai. Nous irons voir ce garçon dès la semaine prochaine, et nous le convaincrons de venir vivre avec nous. »
Asako se put que soupirer, sachant qu'elle ne pourrait pas le faire changer d'avis. « Comme tu voudras, mon chéri. »
A cet instant, une petite fille d'onze ans aux cheveux violets tirants sur le rose, passa la tête à travers la porte. « Père? Mère? De quoi parlez-vous? »
La jeune femme japonaise sourit à sa belle-fille. « De rien en particulier, mon cœur. »
Ne recevant aucune réponse de sa mère, la gamine se tourna vers son père qui lui adressa un sourire indulgent. Déposant un baiser sur son front, il dit, « Bianchi, ma chérie, tu vas bientôt devenir une grande sœur. »
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Une semaine plus tard, la sonnerie du manoir des Vongola retentit, annonçant l'arrivée d'invités inattendus.
Elle prit Ferro par surprise lorsqu'il l'entendit. Etant le majordome de la villa des Vongola, il était au courant de toutes les allées et venues et savait d'avance quels invités étaient attendus. Alors pourquoi n'avait-il pas été prévenu cette fois-ci?
Il savait que personne ne devait venir au manoir aujourd'hui, et l'idée que quelque puisse débarquer sans prévenir chez les Vongola était ridicule. Cela ne se faisait tout simplement pas.
Il se dirigea malgré tout vers l'entrée, retournant ces questions dans sa tête, et lorsqu'il ouvrit la porte, il découvrit une petite famille de trois personnes sur le perron. D'après leurs habits, il devinait qu'il s'agissait de gens aisés, mais encore loin du standing de ses maîtres.
« Toutes mes excuses. » dit le majordome lorsqu'il capta leur attention. « Mais je ne pense pas avoir été prévenu de votre arrivée, chers invités. »
« Inutile de vous excuser, mon brave. C'est entièrement de notre faute. Je suis désolé de ne pas avoir pu vous appeler au préalable. Mon nom est Giacomo Moretti, et voici ma famille. Si cela ne vous dérange pas, j'aimerai m'entretenir avec un homme du nom de G, qui habite ici d'après mes informations. »
Ferro fut étonné d'apprendre qu'ils cherchaient Maître G. Maintenant qu'il y regardait de plus près, il fut surpris de voir que la femme de Moretti ne lui était pas inconnue. Mais elle n'était sûrement pas la bienvenue au manoir.
Giacomo vit l'expression du majordome se durcir et il s'interrogea sur la raison. Normalement, il n'aurait pas hésité à lui demander mais à présent, il se sentait un peu nerveux.
Jusqu'à leur arrivée, il s'était mit en tête de les forcer à lui confier la garde de l'enfant, en usant de son influence s'ils n'y étaient pas disposés. Inutile de le dire, mais c'était impossible maintenant qu'il savait que l'autre partie était plus bien plus aisée.
Le visage dur, et faisant visiblement ça contre son gré, le majordome se détourna et leur fit signe d'entrer, disant, « Si vous vous bien me suivre, je vais vous conduire au salon puis j'irai prévenir Maître G. »
Acquiesçant d'un air tendu, Giacomo s'avança à l'intérieur, suivi de sa femme et de sa fille. Marchant dans les pas du majordome, il tenait de contenir son ébahissement devant toute la luxure qui se s'étalait devant lui.
Après un court moment, ils furent conduits dans un vaste salon, dont deux des murs étaient faits de verre (résistants aux balles bien sûr, mais il ne pouvait pas savoir cela). Derrière le verre, on pouvait apercevoir la forêt au-dehors et les rayons de soleil qui le traversait illuminaient la pièce d'une douce et apaisante lueur verte. Sur l'un des murs de pierre était accroché un tableau représentant six jeunes hommes, d'environ une vingtaine d'années, entourant un autre homme, blond aux yeux bleus et à peu près du même âge que les autres, assis sur une chaise rouge et noire à haut dossier.
Au centre de la pièce, il y avait également une table basse d'un blanc nacré, entourée d'élégants canapés noirs. Le reste du mobilier était tout aussi délicat et luxueux que ce qu'il avait vu jusqu'à présent.
Prenant place sur l'un des sofas, Giacomo prit son mouchoir et s'essuya nerveusement le front où commençaient à parler des gouttes de sueur. Se tournant vers sa femme, il lui dit, « Asako, tu ne m'avais jamais dit que cet homme était riche. »
« En fait, il est- » commença-t-elle, avant d'être interrompue par le bruit d'une porte qui claquait.
Reportant leur attention vers l'entrée, ils aperçurent deux jeunes garçons, d'environ neuf, dix ans qui déboulaient dans la pièce. Ils tombèrent par terre mais se remirent presque instantanément debout et restèrent ainsi face à face, à quelques mètres l'un de l'autre. Ils demeurèrent immobiles pendant une seconde. Puis, en un clin d'œil, le garçon de gauche aux cheveux d'ébène et eux yeux gris acier sortit alors une paire d'armes qui ressemblaient étrangement à des matraques. Il s'élança vers l'autre garçon, semblant prêt à l'attaquer pour de bon, quand un trident apparut soudainement dans les mains de ce dernier, juste avant qu'ils n'entrent en contact et il para l'assaut d'un cheveu.
Giacomo observait la scène avec un grand intérêt.
Avant que les deux garçons n'aient pu engager le combat, un autre enfant fit son apparition. Celui-ci avait des yeux d'un brun profond, de la même couleur que ses cheveux ébouriffés, et il semblait être un peu plus jeune que les deux autres.
« Kyoya! Mukuro! Arrêtez de vous battre! » dit-il d'un ton larmoyant, s'insérant entre les deux enfants. « Vous pourriez vous blesser pour de vrai et oncle Alaude et oncle Daemon vont se fâcher! »
Pendant un moment, il lui sembla que les deux garçons allaient ignorer le petit brun qui s'était interposé, aussi Giacomo fut-il surpris de les voir alors abandonner leurs positions de combat et ranger à nouveau leurs armes.
Celui qui avait tenu le trident adressa un grand sourire au plus jeune garçon, oubliant complètement son précédent adversaire.
« Mon cher Tsunayoshi, as-tu toujours été aussi adorable? » fit-il en lui pinçant la joue.
Repoussant sa main, le garçon nommé Tsunayoshi dit d'une voix boudeuse. « Je t'ai dit d'arrêter ça, grand frère. J'ai seulement deux ans de moins que toi. »
« Kufufu, hors de question petit, tu es trop- »
« Herbivore. » les interrompit l'autre garçon qui était resté silencieux jusqu'ici.
« Oui, Kyoya, » demanda Tsuna d'un air interrogateur.
« Nous n'attendions aucun visiteur aujourd'hui, n'est-ce pas? »
« Je ne crois pas. » répondit Tsuna en suivant le regard de son frère. Il rougit d'embarras en apercevant les trois personnes assises sur le canapé, qui le regardaient curieusement, et il s'avança vers eux. « Bonjour, » dit-il au couple. « Mon nom est Tsunayoshi Taru, et mon père est le maître des lieux. Puis-je savoir à qui je m'adresse? »
Avant que Giacomo n'ait pu répondre, une nouvelle voix s'interposa depuis la porte. « Viens par ici Tsuna, il est inutile que tu t'associes avec ces gens. »
Lorsque Giacomo leva les yeux, il reconnut alors l'un des hommes du tableau accroché au mur. Il avait des cheveux d'un rouge pâle, tirant sur le rose, et un tatouage rouge sur le côté du visage. Son expression renfrognée n'était pas des plus accueillantes.
Une exclamation de surprise échappa à Asako, derrière lui, lorsqu'elle aperçut l'homme à son tour, et elle murmura, « G... »
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TN : Salut tout le monde, chapitre 14, autrement appelé prologue aux règlements de compte, comme vous pouvez vous en douter… En lisant ce chapitre, j'ai eu l'impression que pas mal de têtes allaient tomber^^
Pas eu beaucoup de retour au chap précédent… bon, je vous l'accorde, il ne s'est pas passé grand-chose.
En espérant que celui-là vous intrigue un peu plus )
Ciao
