Chapitre 15: Pas toi

« G... » murmura Asako en apercevant l'homme qui se tenait dans l'entrée.

Le regard fixé sur le petit brun, G l'ignora.

Lorsqu'il entendit ce que dit l'homme, Tsuna jeta un rapide coup d'œil aux invités avant de se détourner et d'accourir aux côtés de son oncle.

Giacomo les observa avec fascination tandis que Tsuna allait vers cet homme nommé G, et glissait sa petite main dans la sienne.

Se tournant vers les invités, Tsuna se demanda qui ils étaient. Si oncle G lui avait dit de s'éloigner d'eux, cela ne voulait-il pas dire qu'ils étaient dangereux?

Serrant doucement sa main, G sourit au petit brun, puis le relâcha et fit sortir les trois garçons de la pièce.

Lorsque Giacomo vit un sourire affectueux se dessiner sur les lèvres de cet homme, il fronça les sourcils. D'après ce qu'Asako lui avait dit, G était supposé être quelqu'un de brutal, au tempérament fougueux. En tout cas, une personne complètement différente de celle qui se tenait devant lui.

Un instant plus tard cependant, il dû revoir son jugement car aussitôt les enfants sortis, G tourna un visage courroucé vers eux et leur parla d'une voix dure. « Vous n'êtes pas les bienvenus ici. »

Giacomo tremblait un peu, et il rassembla tout son courage pour essayer de lui répondre. Mais, avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, sa femme prit la parole.

« J'ai le droit de voir mon fils, G. »

G eut une exclamation dédaigneuse en entendant cela. « Tu as perdu le droit d'être sa mère quand tu l'as abandonné il y a huit ans. »

Giacomo décida qu'il était temps pour lui d'intervenir. « Et nous sommes là pour remédier à cela. » dit-il rapidement. « Asako regrette ce qu'elle a fait, et elle voudrait se faire pardonner auprès de vous et de votre fils. »

« Nous ne voulons rien d'elle. » répliqua G en croisant les bras. « Hayato et moi sommes parfaitement heureux sans elle. »

Asako était réellement abasourdie par la façon dont G agissait. Autrefois, elle l'avait connu mieux que personne, sachant tout de lui et honnêtement, bien qu'elle se soit souvent plainte de son tempérament têtu, il n'avait jamais été dirigé contre elle. Maintenant que ce n'était plus le cas, elle se rendit compte qu'elle ne savait pas comment y faire face. G était toujours l'homme qu'il avait été huit ans auparavant, et en même temps, il était totalement différent.

Comme sa femme se murait dans le silence, Giacomo prit la parole, essayant de calmer tout le monde. Mais étant le pauvre ignorant qu'il était, il dit la seule et unique chose qu'il n'aurait jamais dû laisser G entendre. « Nous pouvons vous débarrasser de lui. »

G se retourna brusquement en entendant ces mots. Sans réfléchir, il s'élança en avant et se jeta sur l'homme, le faisant tomber à terre. Posant un pied sur son torse, G sortit son revolver et le mit en joue. « Essaye de redire ça encore une fois, fils d'enfoiré. »

Choqué, Giacomo ne comprit pas comment en un instant, il s'était retrouvé à terre, face au canon d'un pistolet qui le visait directement.

G eut un sourire en coin lorsqu'il vit l'expression abasourdie de Giacomo. « Vu votre tête, je suppose que vous n'avez pas pris la peine de rechercher quoi que ce soit. Vous n'avez pas la moindre idée de qui nous sommes n'est-ce-pas? » Comme Giacomo ne répondait pas, G continua. « Je crois qu'il est temps que je me présente. Mon nom est G, et je suis le gardien de la tempête de ce qui deviendra la Famiglia la plus puissante d'Italie: les Vongola. »

Lorsqu'il entendit le nom Vongola, Giacomo faillit s'évanouir d'effroi. Il n'avait aucun lien avec la mafia, mais même lui avait entendu parler de la Famiglia, qui en une dizaine d'année, était devenue un des groupes les plus puissants du monde souterrain. Elle était maintenant sur un pied d'égal avec quelques Famiglia parmi les plus anciennes qui avaient été fondées des centaines d'années auparavant. Et elle était bien partie pour les surpasser. Et, chose plus effrayante encore, cette Famiglia semblait même avoir des liens avec le gouvernement.

« Ah, je vous que vous avez entendu parler de nous. » dit G d'un ton suffisant, en le regardant de haut. « Ça va rendre les choses plus faciles. Je ne vais pas me répéter, alors vous allez m'écouter une fois pour toutes. Si vous voulez me prendre Hayato, il faudra d'abord me passer sur le corps. Est-ce que c'est clair? »

Mais avant qu'il ne puisse aller plus loin, une nouvelle voix les interrompit.

« Enlève ton pied de ce pauvre homme, G. »

Tous les occupants de la pièce se retournèrent vers ce nouvel arrivant, et Asako poussa un soupir de soulagement en voyant Giotto. Elle avait réellement eu peur pour la vie de son mari, car connaissant G, il l'aurait sûrement abattu. A présent que Giotto était là, il serait (avec un peu de chance) capable de retenir son bras-droit.

« Et pourquoi je ferais ça bordel? »

« Parce que cet homme a l'air d'avoir si peur qu'il pourrait vomir, et que ce serait pénible à nettoyer. » répondit Giotto avec un petit sourire. G ne trouvait visiblement pas ça drôle mais il retira tout de même son pied. Lorsque Giacomo se remit debout, Giotto lui sourit d'un air contrit et dit, « J'espère que vous n'êtes pas blessé, M. Moretti. »

« Pas du tout. » répondit Giacomo d'une voix tendue. « Vous devez être le père du jeune Tsunayoshi. »

A la mention de son fils, Giotto plissa légèrement les yeux. « Et puis-je vous demander comment vous connaissez le nom de mon fils? » Sa voix était passée un ton plus dur, et Giacomo redoutait d'avoir fait une autre erreur.

« J'ai eu le plaisir de le rencontrer, lui et deux autres, Mukuro et Kyoya je crois, avant que M. G n'arrive. »

Giotto acquiesça, rassuré. Si Kyoya et Mukuro étaient avec lui, alors il n'y avait aucun souci à se faire. Reportant alors son attention sur des affaires plus pressantes, il offrit à ses invités son plus beau sourire qui étrangement, semblait plus effrayant que les regards assassins de G (et ceux-ci étaient déjà bien assez menaçants comme ça). Faisant un geste vers la porte qui menait au salon, Giotto dit d'une voix terriblement douce « Eh bien, j'espère que vous avez apprécié votre visite ici, mais je crois qu'il est temps pour vous de partir. Oh et s'il vous plaît n'oubliez pas; la prochaine fois que vous entrerez ici sans permission écrite, je n'hésiterai pas à vous faire arrêter. C'est une propriété privée après tout. »

« Bien sûr. » répondit Giacomo en riant nerveusement. « J'essayerai de m'en souvenir. »

Durant toute la visite, Bianchi les avaient observés et écoutés en silence. Et malgré les menaces de mort faites contre son père, la seule chose à laquelle elle pensait était: quand est-ce que je vais rencontrer mon petit frère?

Alors qu'elle suivait docilement ses parents hors du salon de cette grande villa (qui était d'ailleurs bine plus grande que la leur), elle se sentait plus que déçue.

Asako, qui était en réalité assez contente de partir, caressa la tête de sa file et lui adressa un sourire d'excuse. Bianchi lui sourit en retour pour lui montrer qu'elle ne lui en voulait pas.

Mais la bonne humeur de la jeune femme japonaise disparut vite lorsqu'en sortant du salon, elle vit les quatre enfants qui attendaient dehors.

« Papa! » s'écria Tsuna, accourant vers son père quand celui-ci sortit de la pièce avec les autres adultes.

Deux des autres enfants restèrent là où ils étaient, mais le troisième suivit docilement Tsuna. Ce garçon avait des cheveux argentés qui lui arrivaient aux épaules, et ressemblait trait pour trait à son père. Quand elle le vit, Asako ne put s'empêcher de s'arrêter. Malgré toutes ses fautes passées, elle ressentait soudainement le besoin d'aller vers lui et de le prendre dans ses bras. Un étrange sentiment l'envahissait, à la fois nouveau et familier. Celui de faire partie de la vie de son garçon.

« Hé le vieux. » fit le gamin, marchant vers son père. « Qui sont ces gens? »

G était déchiré, il ne savait pas quoi faire. Il voulait protéger Hayato de la dure vérité, mais il savait qu'il ne pouvait mentir au garçon. Après une seconde d'hésitation, il prit la main de son fils et le tint plus près de lui. « Hayato. » commença-t-il. « Voici la famille Moretti. Ils sont venus te demander d'aller vivre avec eux. »

La confusion se lisait sur le visage du jeune garçon. « Pourquoi est-ce que j'irai vivre avec eux? »

« Parce que Mme Moretti, Asako, est ta mère. » répondit G, se demandant comment Hayato allait réagir.

« Ma... mère? » répéta-t-il d'un ton incertain, ce mot lui semblant étranger.

« C'est exact. » fit G.

« Pourquoi est-ce que je ne l'ai jamais vue? »

Ne sachant pas comment lui annoncer cela, G répondit franchement. « Parce qu'elle nous a quittés. »

« Alors elle n'est pas ma mère. » dit Hayato d'un ton étonnamment calme. « Elle a perdu le droit d'être ma mère il y a huit ans. Elle est juste celle qui m'a mis au monde, rien de plus. »

Lorsqu'elle entendit les mots qui sortaient de la bouche de son fils, Asako sentit les larmes lui monter aux yeux. Il était vraiment comme son père.

Ne lui accordant même pas un regard, Hayato se détourna et vint auprès des autres enfants. « Celles que je pourrais considérer comme ma mère sont Tante Elena et les femmes de chambre qui m'ont élevé. » dit-il par-dessus son épaule. Arrivé aux côtés de ses frères, Hayato se retourna pour regarder Asako droit dans les yeux. « Ce sont elles qui ont pris soin de moi quand mon père et mes oncles étaient occupés. Ce sont elles qui m'ont tenu dans leurs bras quand je pleurai. Ce sont elles qui m'ont chanté des berceuses jusqu'à ce que je m'endorme. Elles étaient là pour moi. Pas toi. »

Tandis qu'Asako fixait Hayato d'un air choqué, G sourit fièrement à son fils et lorsque Giotto fit partir les trois invités (gênants), il resta derrière.

Une fois qu'ils furent partis, G s'approcha de son garçon et le prit dans ses bras, disant, « Tu sais, c'était vraiment cool ce que tu viens de dire. »

Hayato acquiesça en silence, cachant sa tête contre la chemise de son père.

Se tournant vers les autres enfants, G leur fit signe de partir, puis il amena son fils vers l'une des chaises.

S'asseyant dessus, il prit le gamin aux cheveux argentés sur ses genoux.

Sa tête posée sur l'épaule de son père, Hayato sentit quelques larmes couler le long de ses joues. Il eu quelques secondes de silence avant qu'il se dise d'une voix tremblante. « Je la déteste. Je la déteste pour ce qu'elle nous a fait. Je la déteste parce qu'elle croit qu'elle peut juste débarquer et tout arranger... Je déteste qu'elle soit ma mère. »

Tandis qu'Hayato laissait éclater sa colère, G l'écouta en silence, lui caressant doucement le dos.

Peu après, les paroles de l'enfant se transformèrent en sanglots. Mais G resta silencieux malgré tout.

Lorsqu'il se calma enfin, G lui sourit et dit d'une voix presque nostalgique, « Je me souviens quand tu étais encore un bébé. Tu pleurais pour tout et rien. »

Hayato eut un petit rire larmoyant. « Je ne m'en rappelle pas du tout. »

O-o-O-o-O-o-O-o-O

TN : Aw.. ils sont trop mignons..^^

Salut tout le monde, désolé pour le retard, j'ai eu quelques empêchements. Rassurez-vous, le prochain chapitre ne mettra pas autant de temps à venir… normalement..

Sinon, encore un grand merci pour toutes vos reviews, XxXSpOOn-SpOOnXxX, inukag9, Audragon, Eysetadeysta, Reboyama, fanais et tous les autres que je n'ai pas mentionné !

Et bien sûr, Rebornx3 qui update fidèlement les chapitres. Elle ne m'embête même pas quand j'oublie de lui répondre pendant une semaine, c'est pas génial ça ? p

Si tu lis ça, Rebornx3, je plaisante hein^^

Allez, a+