Chapitre 16: Bianca

« Jeune maître Hayato! Quelque chose ne va pas? »

Se tournant vers la personne qui venait de parler, Hayato eut un léger sourire en voyant de qui il s'agissait. « Bianca... » dit-il en apercevant le visage inquiet de la jeune femme de chambre. « Je vais bien. »

Accourant vers son jeune maître, elle s'agenouilla et plaça ses mains de chaque côté de son visage. « Est-ce que vous vous êtes fait mal? » demanda-t-elle en voyant ses yeux rougis.

Reculant un peu, Hayato se mit à rire. « Je te l'ai dit Bianca, je vais bien! Nous avons juste eut quelques invités, et ils m'ont ennuyés. Mais papa était là pour moi, alors tu n'as pas à t'inquiéter. »

La jeune femme de vingt quatre ans fronça les sourcils. « Des invités? » fit-elle, se demandant qui avait fait pleurer son jeune maître, et s'ils étaient ressortis vivants de cette maison. « Je ne savais pas que nous attendions quelqu'un aujourd'hui. »

« Parce que nous n'attendions personne. » répondit Hayato, la colère luisant dans ses yeux. « Mais cette garce est venue quand même. »

Bianca était horrifiée. « Jeune maître! Surveillez votre langage. » le réprimanda-t-elle d'un ton strict. Elle devrait rappeler à maître G de ne pas jurer en face des enfants.

« Et alors, c'est la vérité. » fit le jeune garçon, détournant le regard d'un air indigné. « Qu'est-ce qu'il lui faisait croire qu'elle pouvait s'excuser et que tout irait comme elle voulait? Elle a un sérieux problème si elle pense que je quitterai mon père et toute ma famille pour vivre avec elle. »

Bianca était réellement étonnée à présent. « De quoi parlez-vous? » demanda-t-elle d'un ton confus. « Qui voulait vous emmener? »

« Asako. » dit-il d'une voix méprisante.

Pendant un instant, Bianca ne dit rien, se demandant pourquoi ce nom lui semblait familier. Puis elle se rappela soudainement. Asako était une des quatre femmes les plus détestées par le personnel des Vongola. Les autres étant Nana, Gisella, et Hibari Kyoko (Sasagawa Kyoko, elle, était presque aussi aimée que les jeunes maîtres). « Votre mère est venue ici. » laissa-t-elle échapper.

« Cette femme n'est pas ma mère! » siffla Hayato. Rougissant un peu, il détourna le regard et dit, « Comme je lui ai dit, tante Elena, toi et les autres femmes de chambres êtes plus des mères pour moi qu'elle ne le sera jamais. »

Lorsqu'elle entendit ces mots, Bianca dût résister à l'envie de le prendre dans ses bras et de le serrer à l'étouffer. Au lieu de cela, elle se contenta d'une caresse sur la tête et souriant, elle dit, « Vous ne savez tout ce que cela veut dire pour moi. »

Souriant d'un air timide, Hayato se jeta à son cou et l'enlaça brièvement. Puis il se détourna et partit en courant pour retrouver ses frères.

Bianca ne bougea pas jusqu'à ce qu'il fut hors de vue puis elle se releva et reprit son travail, un sourire béat aux lèvres. Elle était entrée au service des Vongola il y avait six ans de cela, et comme les autres femmes de chambre, elle s'était prise d'affection pour chacun de ses maîtres et jeunes maîtres. C'était pour cette raison qu'elle ne pourrait jamais pardonner ces mères indignes qui les avaient abandonnés.

Bianca savait la chance qu'elle avait d'avoir ce travail, et elle aurait tout donné pour avoir un fils comme ses jeunes maîtres, ou une fille comme Chrome. Elle avait entendu les histoires des femmes de chambres les plus anciennes, qui avaient été surprises en commençant à travailler pour maître Giotto et ses gardiens. La plupart des employeurs ne prenaient pas la peine d'apprendre le nom de leurs domestiques, mais non seulement les occupants de ce manoir les connaissaient tous, mais ils ne les mélangeaient jamais, ce qui était proche de l'exploit car près de cent personnes travaillaient pour les Vongola. Sans compter le personnel de leurs autres propriétés dans des pays étrangers.

Tout le reste de la journée, Bianca garda sa bonne humeur et tandis qu'elle repartait chez elle après son travail, elle se sentait toujours aussi gaie.

Mais cela disparut au moment même où elle entra dans sa maison.

Le sol était jonché de bouteilles de bières et son mobilier était sens dessus dessous. Les chaises étaient renversées, les tapis plissés et même les rideaux avaient été déchirés. Que s'était-il donc passé ici?

Au milieu de tout cela, son fiancé était affalé de tout son long sur le canapé, sa bouche entrouverte laissant échapper un petit filet de salive sur sa joue. Bianca soupira et retira sa veste, faisant doucement le tour de la pièce en ramassant les bouteilles ici et là. Elle faisait de son mieux pour ne pas trop laisser éclater sa frustration contre cet homme. La semaine dernière, il avait été licencié de la compagnie où il avait travaillé pendant cinq ans, et cela avait été un réel choc pour lui, le conduisant à l'alcool. Elle savait que ce n'était pas sa faute, et qu'il s'en remettrait bientôt. En attendant, elle devrait être patiente et l'aider dans ce moment de détresse.

Bianca avait presque rendu un aspect présentable à la pièce quand elle entendit un grognement derrière elle et vit alors qu'il s'était réveillé. Forçant un sourire, elle dit, « Flavio, tu es réveillé. Ça va mieux? Tu n'es pas malade? »

Le jeune homme l'ignora, ses yeux perdus dans le vague. « Où est-ce que t'étais? » demanda-t-il... en tout cas elle avait l'impression que c'était ce qu'il demandait. Il parlait d'une voix pâteuse et elle devait deviner ce qu'il voulait dire.

« Au travail. » répondit-elle.

Il laissa échapper un rire méprisant, et marmonna, « Au travail? Quel travail? Tout ce que tu fais c'est de satisfaire les caprices de ces mecs riches et de leurs sales gamins. Et t'appelles ça un travail? C'est la belle vie ça, gagner de l'argent juste en faisant le ménage. »

Bianca se figea en entendant ces mots. « Ne dis pas ça. » dit-elle d'un ton sec. « Tu ne les connais même pas, comment peux-tu les juger? »

Cela fit rire Flavio, et il continua sur sa lancée, « Alors tu préfères les défendre eux, plutôt que toi? » demanda-t-il, retrouvant sa sobriété. « Je me demande bien pourquoi. Normalement, une femme devrait être du côté de son mec, pas de son boss, non? » Il s'interrompit un instant, et un air de compréhension apparut sur son visage, vite remplacé par un sombre regard. « Aha! Je sais pourquoi t'es comme ça! T'as couché avec eux, c'est ça hein? »

Flavio était d'ordinaire un bel homme, avec de doux cheveux couleur sable et des yeux gris clairs, mais ce moment son visage déformé par la colère le rendait plus hideux que jamais.

« Quoi? » fit Bianca d'un ton outré. « Comment oses-tu dire ça! On est ensemble depuis des années Flavio, et tu sais que je ne ferais jamais ça! »

« Et qu'est-ce que je suis censé penser? » s'écria-t-il. « Tu sors de la maison avant que je sois réveillé, et je n'ai plus aucune nouvelle de toi jusqu'à ce que tu rentres en fin d'après-midi! Qu'est-ce que tu fous toute la journée? »

« Je nettoie la maison, je fais la lessive, je m'occupe des enfants! »

« Ça prend combien de temps de nettoyer une maison? D'après ce que j'ai entendu dire, il y a plein d'autres femmes de chambre là-bas, pourquoi est-ce qu'elles ne t'aideraient pas? »

« Elles le font! Mais tu ne sais pas à quel point leur manoir est grand! Et on a plein d'autres choses à faire! Maître Giotto et les autres sont des gens très importants et très occupés et en tant qu'employées, nous devons faire de notre mieux pour rendre leur travail plus facile! »

Un mauvais sourire apparut sur son visage et il dit, « Oh oui, je peux bien m'imaginer comment tu rends leur travail plus facile. »

Frustrée et perdant toute patience, Bianca se mit à hurler, « Je bosse toute la journée pour subvenir à tes besoins, et c'est comme ça que tu me remercie? J'en ai assez! »

« Haha, mais on dirait que t'es devenue insolente. » dit Flavio, et il s'approcha de Bianca en la regardant de haut. « Tu crois peut-être que tu comptes pour eux, non? Eh bien, je vais te dire princessa. A leurs yeux, tu n'es qu'une- »

Avant qu'il ne puisse continuer, Bianca le gifla violemment. « Tais-toi! » dit-elle, les yeux remplis de larmes. « Je t'interdis de parler d'eux comme ça! »

Son fiancé la fixa avec des yeux ronds, comme s'il était surpris qu'elle ait eut l'audace de le gifler. Serrant le poing, il frappa brusquement Bianca au visage, la forçant à reculer. « Dégage d'ici, salope! »

Sa fureur dépassant toutes ses limites, Bianca qui jusqu'à présent tenait son visage où un bleu allait sûrement se former, lui lança un coup de pied dans l'entrejambe et tourna les talons, en s'écriant, « Pauvre crétin alcoolique! Je ne veux plus jamais te voir! »

Remettant ses chaussures, elle attrapa son manteau et s'enfuit de chez elle en claquant la porte.

Une fois hors de vue de la maison, elle se mit à courir, de grosses larmes coulant sur ses joues.

La jeune femme ne regardait pas où elle allait, et il ne fut pas longtemps avant qu'elle ne se cogne contre quelque chose, ou plutôt quelqu'un.

« Hé là, attention mademoiselle, il faut regarder devant vous. » dit alors une douce voix familière, et les yeux de Bianca s'écarquillèrent sous la surprise.

« Maître Asari! » s'exclama-t-elle en levant le regard vers le gardien japonais.

O-o-O-o-O-o-O-o-O

TN : Nous avions Hibari Kyoko, la famille Dragone, Asako et Giacomo.. veuillez maintenant accueillir Flavio! Il semble très bien parti pour la première place du classement des personnages OC les plus abjects et les plus détestables. On applaudit bien fort!

Non sérieusement, ce mec est une vraie tête à claque... et visiblement, on aura bientôt droit à Nana ou Gisella.. ça promet.

Bon, au moins y'en a d'autres qui sont un peu plus mignons, comme Bianca.^^ Merci pour vos reviews,

A+