Chapitre 17: Une invitée
Asari était sur le chemin du retour après avoir passé la plus grande partie de la journée en ville à traiter des affaires, quand une jeune femme le bouscula. Ses courts cheveux noirs encadraient un visage à la peau aussi blanche que la neige.
Toujours gentleman, il la retint de tomber et s'exclama, « Hé là, attention mademoiselle, il faut regarder devant vous. »
La jeune femme eut une exclamation de surprise, et lorsqu'elle leva ses grands yeux bleus pâles vers lui, il la reconnut immédiatement.
« Maître Asari! » s'écria-t-elle, couvrant sa bouche de sa main. « Je suis désolée de vous avoir bousculé! Vous n'avez rien? »
Asari se mit à rire et dit, « Ça va, ça va. Quoi qu'il en soit, tu ne travaille pas en ce moment, alors tu peux juste m'appeler Asari. »
« Oh, je ne pourrai pas faire ça. » répondit-elle en secouant frénétiquement la tête.
Asari eut un petit rire. Il allait lui demander ce qu'elle faisait là quand il aperçu quelque chose qui effaça instantanément son sourire. Posant une main sur la joue de la jeune femme, il ne remarqua pas la rougeur qui lui montait au visage. « Que s'est-il passé? » demanda-t-il en fronçant les sourcils. « Ta joue est enflée. »
Lorsque Bianca comprit ce qu'il voyait, ses yeux s'écarquillèrent, et elle bafouilla, disant « Ce-ce n'est rien! Je vais bien Maître Asari. J'ai juste... trébuché et je suis tombée. »
Le gardien soupira et retira sa main. Il croisa les bras sur sa poitrine, remarquant pour la première fois qu'elle portait toujours son uniforme. « Uh huh. » fit-il d'un ton sceptique. « Je croirai cela quand les poules auront des dents. »
Bianca ne savait pas quoi faire. Elle n'avait vu son maître agir ainsi qu'une fois auparavant, lorsque Takeshi s'était blessé, et elle savait qu'il ne lâcherait pas l'affaire avant d'avoir obtenu toute la vérité. D'un autre côté, elle ne souhaitait pas l'ennuyer avec ses problèmes.
Comme elle ne répondait pas, Asari commença à s'inquiéter. « Bianca, s'il te plaît, tu sais que tu peux m'en parler n'est-ce pas? »
La femme de chambre détourna aussitôt le regard, sachant que si elle continuait à lui faire face, elle se sentirait obligée de tout lui confesser. « Vous n'avez pas à vous inquiéter, maître. »
Un soupir à peine audible lui fit lever la tête vers l'homme japonais, qui semblait maintenant contrarié. « Je sais que cela peux sembler présomptueux de ma part, mais tu devrait savoir que nous te considérons comma faisant partie de la famille. Et les membres d'une famille doivent s'entre-aider, non? »
Bianca rougit légèrement en entendant cela. S'avouant alors vaincue, elle dit à Asari, « Ce n'est rien vraiment. Je me suis juste disputée avec mon fiancé. »
« Et il t'a frappée? » demanda-t-il d'un ton abasourdi.
Bianca hocha la tête, inquiète de voir comment il allait réagir. « Mais ce n'est pas entièrement sa faute! » dit-elle. Malgré tout ce qu'il lui avait fait, elle ressentait quand même le besoin de le défendre. « Je l'ai giflé en premier. »
« Peu importe. » dit Asari, fâché. « Un homme ne devrait pas lever la main contre une femme sans défense. Son devoir est de la protéger, pas de la blesser. »
Bianca était stupéfaite de sa gentillesse, et ce n'était la première qu'elle se demandait pourquoi une femme voudrait le quitter.
Après quelques instants de silence, durant lesquels Bianca se demandait quoi faire, Asari prit finalement la parole. « Alors, je suppose que tu n'a nulle part où aller ce soir ? »
« Eh bien, je ne peux pas rentrer à la maison. » dit-elle doucement. « Mais ça ira! Je vais aller dormir chez des amis, je trouverai bien quelqu'un. »
Asari ne dit rien, scrutant attentivement son visage. Son regard commençait à la gêner un peu, mais alors qu'elle allait lui demander ce qui n'allait pas, il continua, « Je pense que ça ira oui. Tu fais à peu près la même taille qu'elle. »
La jeune femme cligna des yeux, surprise. « Je vous demande pardon. » fit-elle, complètement perdue.
« Elena. » répondit-il. « Vous êtes toutes les deux de la même taille, et je suis sûr qu'elle sera d'accord pour te prêter quelques vêtements. »
Bianca était abasourdie par la tournure que prenaient les évènements. Vu la façon dont maître Asari parlait, elle avait l'impression…
« Etes-vous en train de m'inviter au manoir ? » demanda-t-elle d'un ton incrédule.
« Bien sûr ! » dit-il, lui offrant son habituel sourire tranquille. Prenant sa main, il tourna les talons et se dirigea vers une voiture garée non loin. Ouvrant la porte du côté passager, il lu ifit signe d'entrer et elle accepta avec réticence.
Asari fit le tour de la voiture et prit place sur le siège du conducteur. Il démarra et se faufila habilement un chemin à travers le trafic de fin d'après-midi. « V- vous êtes sûr que ça ne pose pas de problème ? » demanda-t-elle alors qu'il conduisait. « Je ne veux pas vous gêner, peut-être que les autres ne voudront pas être ennuyés. »
Asari fredonnait joyeusement, insouciant comme à son habitude, puis il se tournant une seconde vers Bianca, il lui sourit puis reporta son attention sur la route. « Ça ne pose aucun problème bien entendu. » répondit-il. « Et comme je l'ai dit, tu fais partie de la famille. Et nous devons nous entre-aider de temps à autre. D'ailleurs, je suis quasiment certain qu'Elena sera ravie d'avoir une compagne à table. »
« A.. à table ? » répéta Bianca, ses yeux ronds comme des soucoupes. Elle serait assise à la table des gardiens ? C'était tout simplement impensable.
Ce n'était pas qu'elle ne serait pas la bienvenue, au contraire. Tous les gardiens et leurs enfants invitaient fréquemment les femmes de chambre (et le reste du personnel) à venir manger avec eux, mais à cause de la différence dans leurs horaires (sans parler du fait qu'ils se sentent tous intimidés à l'idée de manger avec leurs maîtres), leurs invitations étaient toujours poliment déclinées.
Lorsqu'elle fut tirée hors de ses réflexions, elle réalisa qu'ils se trouvaient déjà devant le manoir, et une vague d'anxiété la submergea soudainement. Elle était venue ici des centaines de fois bien sûr, mais c'était la première fois qu'elle venait en tant qu'invitée et non pour le travail et la villa lui sembla étrangement plus grande qu'à l'ordinaire.
Sortant de la voiture, elle suivit le gardien de la pluie, et en marchant derrière lui, le silence qui régnait lui fit une forte impression. Durant la journée, l'endroit était rempli de monde, et tous allaient de droite à gauche, occupés à leur travail. A présent, presque tout le personnel avait quitté la maison et une atmosphère calme et apaisante remplissait l'air.
Passant la porte, il lui fit signe d'entrer et ils montèrent ensemble les escaliers vers la chambre d'Elena. Lorsqu'ils arrivèrent, Asari toqua à la porte et appela, « Elena ! J'ai quelque chose à te demander ! »
Un moment de silence s'en suivit mais personne ne répondit.
« Vous êtes sûr qu'elle est là? » demanda Bianca d'un ton anxieux. Pendant la journée, la jeune femme était pratiquement introuvable, car elle ne restait jamais bien longtemps au même endroit.
« Bien sûr! » répondit Asari de sa voix habituelle. « Elle est toujours là cette heure-ci, elle lit ou elle téléphone à sa famille ou ses amis. »
Alors qu'il disait cela, la porte s'ouvrit doucement et Elena apparut, souriante et toujours aussi belle, même habillée d'une simple paire de short noir et d'un débardeur rouge. Ses jolis cheveux blonds étaient attachés en une queue de cheval et ses superbes yeux bleus se tournèrent aussitôt vers Bianca.
« Que se passe-t-il? Qu'est-il arrivé à Bianca? » demanda-t-elle, faisant visiblement allusion à la marque violette qui s'était formée sur la joue de la jeune femme.
Asari lança un regard à Bianca, comme pour lui demander la permission et quand elle acquiesça, il dit à Elena, « Elle s'est disputée avec son fiancé, et elle ne sait pas où dormir ce soir. »
En entendant cela, Elena se retourna aussitôt vers Bianca. « Oh, ma pauvre chérie. » dit-elle, posant une main rassurante sur son autre joue. « Viens avec moi, je vais te trouver quelque chose de plus confortable à mettre. »
Bien qu'il soit encore un peu inquiet, Asari décida de laisser les deux femmes ensembles et partit à la recherche de son fils.
Après une seconde de réflexion, il se souvint qu'ils avaient tous prévus de se rassembler dans la chambre de Ryohei aujourd'hui et il partit dans cette direction.
Arrivé là-bas, il ouvrit légèrement la porte et passant sa tête dans l'entrebâillement, il demanda, « Est-ce que je peux entrer? »
Les enfants arrêtèrent ce qu'ils étaient en train de faire et Takeshi se leva de sa place sur le lit pour aller vers lui. « Salut papa! » fit-il, enlaçant son père et lui embrassant les deux joues en guise de bienvenue.
« Bonjour oncle Asari, » firent en cœur les enfants depuis leurs siège. Asari s'avança dans la pièce, et leur dit, « Bonjour vous tous! Comment allez-vous? »
« On a un test en histoire demain, moi, Tsuna et Hayato, alors les autres nous aident à réviser. » répondit Takeshi d'un ton guilleret.
« Vraiment? Et comment se passent vos révisions alors? » demanda le gardien de la pluie en regardant leurs cahiers.
« Ça va super bien! » fit Tsuna. « Quand les invités sont partis tout à l'heure, oncle G nous a appris des techniques pour mieux se souvenir des choses. »
« Je vois. » répondit Asari, remarquant quelque chose dans ce que venait de dire le petit brun. « Je ne savais pas que nous attendions des invités aujourd'hui. »
« Je sais. » lui dit Takeshi. « Ils sont venus sans prévenir. »
« Vraiment? » fit Asari d'un ton surpris. « Et que sont-ils venus faire? »
« Emmener Hayato avec eux. » répondit Tsuna d'un ton boudeur. « Mais après, Hayato a dit qu'il ne voulait pas y aller, alors papa les a fait partir et tout est rentré dans l'ordre! »
« Je vois. » dit le gardien de la pluie, qui commençait à être un peu inquiet. « Mais qui voudrait emmener Hayato et pourquoi? »
« C'était Asako et son mari. » répondit Hayato, prenant la parole pour la première fois depuis le début de leur conversation.
Asari se figea en entendant ce nom redouté. « Asako? » répéta-t-il et vu l'éclat dangereux qui brillait dans ses yeux, il sur que le garçon était au courant de la situation.
« Tu sais qu'ils devraient d'abord nous passer sur le corps s'ils voulaient t'emmener? » lui demanda Asari, et le garçon hocha la tête et sourit timidement.
Personne n'aurait remarqué qu'il était déjà temps de dîner, si l'estomac de Ryohei ne s'était pas mis à gargouiller. Jetant un œil à l'horloge, le garçon s'écria, « C'est l'heure de dîner à l'EXTREME! »
Asari se releva en riant, et ensemble, ils se dirigèrent vers la salle à manger.
Lorsqu'ils arrivèrent, Asari s'arrêta net en apercevant Bianca qui portait un léger pantalon de pyjama en cotton rose avec des lapins, qu'Elena portait rarement, et un débardeur noir, similaire à celui que portait actuellement l'autre jeune femme.
C'était la première fois qu'il la voyait habillée dans une tenue autre que son uniforme, et pour raison inconnue, il sentit son estomac faire des soubresauts.
O-o-O-o-O-o-O-o-O
TN : quelle fin classique de shojo manga... Si vous ne voyez pas où ça mène, je vous conseille vivement d'aller en lire ou en relire.^^
Et désolé pour le retard,
A+
Ps: Salut, c'est Rebornx3: je me permets de mettre un petit message en fin de chapitre pour vous prévenir que m'a envoyé 5 chapitres d'un coup donc je pense que j'updaterai ces chapitres tout les deux, trois jours ^^
