Chapitre 24 : Namimorichuu
« Onii-san. » pleura Tsuna en se jetant au cou de Kyoya. « Je- je ne veux pas que vous partiez. »
Le jeune garçon soupira et son souffle ébouriffa gentiment les mèches brunes de son frère, il faisait déjà dix centimètres de plus que son cadet. Se détachant un peu de lui, Kyoya lui offrit un de ses rares sourires et essuya les larmes qui commençaient à couler sur son visage. « Ne pleure pas, herbivore. Tu es un homme non ? Ne t'inquiète pas, nous nous reverrons dans deux mois, d'accord ? »
« D'accord. » fit Tsuna en le relâchant sans pour autant lever les yeux.
« Ne sois pas triste Tsunayoshi ! » fit Mukuro en sortant de nulle part pour enlacer son petit frère. « Ce ne sont que deux mois et nous serons de retour à la maison avant même que tu ne t'en rendes compte. Et les quatre autres sont toujours avec toi. »
Tsuna ne put s'empêcher de sourire un peu. « Si. » dit-il doucement.
Chrome s'avança et l'embrassa sur la joue. « Enfin tu souris. J'avais peur que tu ne pleures pour la dernière fois où l'on se verrait avant deux mois. Prends soin de Lambo pour nous, ok ? »
« Bien sûr ! » répondit Tsuna d'un air déterminé.
Riant, Chrome recula avec un petit signe de la main. « Au revoir tout le monde ! »
Un chœur d'au revoir lui vint en retour et la fillette et les deux garçons se détournèrent et montèrent dans l'avion, disparaissant loin d'eux pour les deux prochains mois.
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Nami-chuu, premier jour de la rentrée
« Regardez ! C'est Hibari-san ! »
« Qu'est-ce que Hibari-san fait à Namimori ? »
« Je croyais qu'Hibari-san était parti en Italie ? »
« Peut—être que son père l'a abandonné lui aussi. »
Kyoya fronça les sourcils en s'asseyant sur sa chaise, les bras croisés. Est-ce que ces herbivores le croyaient sourd ?
Il était à deux doigts de leur donner une raclée, mais le professeur fit malheureusement son entrée à ce moment là.
Frappant dans ses mains pour attirer leur attention, l'enseignante les salua en souriant, « Très bien tout le monde ! Mon nom est Minzutani Aoi, et je serais votre professeure cette année ! Comme c'est votre premier jour, je pense que nous devrions tous mieux faire connaissance ! Je veux que vous vous leviez et que vous vous présentiez chacun à votre tour ! Alors, nous commencerons par… » Elle fit une pause le temps de regarder sa liste. « Alaude-kun. » finit-elle par dire.
Lorsqu'ils entendirent le nom Alaude, tous les élèves, surpris, commencèrent à chercher un étranger parmi eux, car ce n'était sûrement pas un nom japonais.
Laissant échapper un grondement sourd, Kyoya se leva. Il réalisait à présent combien il détestait cette coutume japonaise d'appeler les gens par leur nom de famille.
Tous les yeux se tournèrent vers lui, et il dit, « Mon nom est Alaude Kyoya et je viens d'emménager ici avec mon frère Mukuro et ma sœur Chrome qui sont aussi en première année. Yoroshiku. » Sans rien ajouter, il se rassit sur son siège.
Un silence de plomb était tombé sur la classe jusqu'à ce que Mizutani-sensei finisse par dire d'un ton incertain. « Je suis désolée, Alaude-kun, je ne comprends pas bien. Tu viens d'emménager ici avec ton frère et ta sœur ? Qui ont le même âge que toi ? »
Kyoya se contenta de lever les yeux au ciel et soupira. « Ma famille est compliquée. Ce sont les enfants des amis de mon père mais nous avons été élevés comme frères et sœurs. Leurs parents et mon père habitent en Italie. »
« Je vois… » Dit-elle lentement. « Qui s'occupe de vous alors ? »
Kyoya haussa les épaules. « Les femmes de chambre et les majordomes, qui d'autre ? »
Ha. Un gosse de riches. Bien sûr.
Préférant passer à autre chose, Mizutani-sensei dit joyeusement, « Très bien, merci, Alaude-kun à présent-»
Mais avant qu'elle n'ait pu continuer, Kyoya protesta. « Alaude est mon père. Je préfère être appelé Kyoya. »
« H- hai. » fit la sensei, bégayant un peu. « Continuons à présent. »
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Tandis qu'Hibari terrorisait ses nouveaux camarades de classe et professeur, dans un autre bâtiment de l'école, les jumeaux étaient bombardés de questions.
« Comment c'est l'Italie ? »
« Est-ce que vous êtes jumeaux ? »
« Pourquoi tu as un œil rouge ? »
« Pourquoi est-ce que ta sœur porte un cache ? »
« Pourquoi est-ce que vous êtes venus au Japon ? »
Mukuro semblait plutôt satisfait de toute l'attention qu'il recevait. Riant, il répondit, « L'Italie est un pays bien plus beau que le Japon. Oui, nous sommes jumeaux. Mes yeux sont bleus mais je préfère juste porter une lentille rouge. Ma chère Chrome porte un cache car elle est née avec un œil presque aveugle et c'est plus pratique pour elle. Nous sommes venus ici parce que nous sommes en partie japonais et que cela serait une bonne chose pour nous d'apprendre votre culture. »
Les autres élèves semblaient fascinés par ses réponses et étaient sur le point de lui demander encore autre chose quand le professeur entra et leur demanda de retourner à leurs places.
Mais lors de la pause déjeuner, ils furent à nouveau entourés d'une flopée d'élèves.
Les jumeaux, semblait-il, étaient rapidement devenus populaires. Mais connaissant Mukuro, toute l'école serait bientôt terrifiée par la tête d'ananas sadique.
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Encore un an plus tard – Le premier jour de la rentrée
Ryohei leva les yeux sur le collège devant lequel il se tenait avec un grand sourire. Il n'était descendu de l'avion venant d'Italie qu'heure plus tôt, mais il ne voulait en rien manquer le premier jour de classe.
« C'est trop EXTREME d'être de retour à Namimori ! » s'écria-t-il à tout bout de champ, ignorant complètement les regards choqués de ses camarades.
Un peu plus tard, nous retrouvons notre jeune boxeur dans sa nouvelle salle de classe, entouré de ses camarades.
« Sasagawa-san ! Quand est-ce que tu es revenu au Japon ? » demanda un garçon.
« Je suis EXTREMEMENT revenu il y a une heure ! »
« Je pensais que tu vivais en Italie avec ton oncle ? »
« Exact ! Mais trois de mes frères et sœurs sont venus à au collège ici, alors mon oncle m'a laissé être transféré aussi ! »
« Frères et sœurs ? »
« Les enfants EXTREMES des amis de mon oncle ! » s'exclama-t-il.
« Comment s'appellent-ils ? » demanda un curieux.
« Leurs noms EXTREMES sont Spade Mukuro, Spade Chrome et Alaude Kyoya ! » lança-t-il.
Un silence de mort s'abattit alors sur la salle de classe.
« QUOI ? » s'écrièrent-ils tous ensemble.
Ryohei ne sembla pas remarquer leur étonnement et s'exclama, « J'espère que nous allons EXTREMEMENT bien nous entendre ! »
A cet instant, le professeur rentra à nouveau et les élèves durent se rasseoir, mais non sans jeter des regards en coin à leur nouveau camarade tout en discutant à voix basse. Bien entendu, Ryohei ne vit rien de tout cela et écouta tranquillement leur professeur.
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Et encore un an plus tard – Troisième jour d'école
« Ecoutez-moi tous. Je sais que l'année vient juste de commencer mais j'aimerais vous présenter de nouveaux élèves. Ils viennent juste d'arriver d'Italie et seront probablement un peu perdus. Je compte sur vous pour être très accueillants, ok ? »
« Hai, Mizutani-sensei ! » furent en chœur les élèves.
Puis ils se calmèrent et la porte s'ouvrit, laissant le passage à trois beaux garçons qui s'avancèrent devant tout le monde.
Celui de droite, un adolescent joyeux aux cheveux noirs et au sourire contagieux dit d'une voix débonnaire, « Bonjour ! Mon nom est Asari Takeshi, et je suis l'aîné ! J'aime jouer au baseball et je suis très protecteur de mon petit frère. »
Après Takeshi vint le garçon aux cheveux argentés, qui affichait une mine agacée. « Mon nom est Gokudera Hayato, et je suis le deuxième plus âgé. Mon hobby, c'est les explosifs et je protège toujours mon petit frère alors vous n'avez pas intérêt à l'embêter. »
Quand Hayato eut terminé, Tsuna s'avança, « Salut ! Je m'appelle Taru Tsunayoshi, et le suis le benjamin. J'aime jouer aux jeux vidéo et traîner avec mes frères et sœurs ! Ravi de vous rencontrer ! »
A partir de ce moment, des plans de futurs fan-club des garçons se formaient déjà dans les esprits de la gente féminine de la classe.
« Bien, merci. » dit le professeur. « Maintenant, si vous- »
Elle fut interrompue lorsque la porte s'ouvrit, dévoilant deux filles qui entrèrent dans la salle.
« Excusez-nous pour le retard, sensei ! Il y a eu un problème à la maison ! » fit l'une d'entre elles.
Mais avant que la sensei ait pu dire quoi que ce soit, trois voix s'exclamèrent en même temps. « Kyoko ! Hana ! »
Les deux filles semblèrent remarquer le trio pour la première fois. « Tsuna-kun, Takeshi-kun et Hayato-kun ! » s'écrira Kyoko, surprise. « Qu'est-ce que vous faites là ? »
« Salut. » fit Hana d'un ton nonchalant. Après avoir vus les trois aînés de la fratrie être transférés ici, elle se doutait que le reste suivrait.
« Eh bien, comme onii-san tachi et onee-san (1) sont venus en cours ici, on a réussi à convaincre papa, oncle Asari et oncle G de nous laisser venir aussi. »
Hana ne put s'empêcher de rire en entendant cela. Elle ne connaissait pas vraiment leurs pères mais elle savait qu'ils étaient tous très protecteurs. « Ça n'a pas dû être facile. »
« Tu peux le dire. » soupira Hayato. « Les vieux sont pires que des mères poules. »
Takeshi rit comme à son habitude, disant « Mais au bout du compte, nous avons quand même réussi. »
Kyoko allait lui répondre mais elle fut interrompue par leur professeur. « Excusez-moi, mais j'aimerais commencer mon cours maintenant. »
Tsuna rougit légèrement et dit d'une voix embarrassée. « Hai, désolé sensei. »
Se tournant vers les filles, elle continua, « Sasagawa-san, Kurokawa-san, vous êtes excusées aujourd'hui, asseyez vous s'il-vous-plaît. Taru-san, Asari-san, Gokudera-san, il y a trois places vides, vous pouvez choisir vous-même. »
« Hai. » répondirent les cinq enfants.
Juste avant de s'asseoir, Takeshi se tourna vers elle et dit en souriant, « Au fait, j'aimerais mieux que vous m'appeliez par mon prénom si ça ne vous dérange pas. Asari c'est mon père. »
Le professeur se figea en entendant ces mots. Pourquoi cela lui semblait-il si familier ? Puis, elle se rappela avec étonnement que c'était Alaude Kyoya, un de ses élèves deux ans plus tôt, qui avait dit la même chose.
Au cours de l'année, il avait souvent entendu le garçon parler de ses cinq frères et sœurs. Peut-être s'agissait-il de ces élèves ?
Secouant la tête pour se débarrasser de ces effrayantes pensées, elle commença son cours.
Mais quelques heures plus tard, les soupçons de Mizutani-sensei furent confirmés quand après avoir annoncé la fin des leçons du matin, elle vit le responsable du comité disciplinaire entrer dans sa classe.
Lorsque les élèves virent le préfet, ils se fixèrent tous d'un air terrifié. Tous sauf trois.
Sautant hors de son siège, Tsuna accourut vers l'adolescent et se jeta à son cou. « Kyoya ! »
Tout le monde s'attendait à ce qu'il soit brutalement assassiné mais le regard de Kyoya s'adoucit et un miracle se produisit alors devant leurs yeux : le préfet sanguinaire sourit. « Ça faisait longtemps, herbivore. Comment s'est passé ton voyage ? »
« Bien ! » répondit Tsuna avec un grand sourire. « Je suis trop content qu'on puisse vivre ensemble à nouveau ! Tu m'as tellement manqué onii-san ! »
« Oui, tu devrais revenir plus souvent à la maison, Kyoya-nii. » ajouta Takeshi, s'avançant vers les deux pour prendre brièvement son frère dans ses bras.
« Hn. » fit Kyoya. « Je voudrais bien, mais je suis le président du comité disciplinaire. J'ai beaucoup de travail. »
« Depuis quand le travail est-il plus important que la famille, stupide aniki ? » fit Hayato, marchant vers eux mais ne se donnant pas la peine de l'enlacer comme ses frères l'avaient fait.
Kyoya ne répondit pas, se contentant de lui jeter un regard furieux, dénué malgré tout de réelle méchanceté. Puis il tourna vers Tsuna et dit, « Qu'est-ce que vous faites ici d'ailleurs ? Votre avion a atterri il y a deux heures non ? Vous devriez être en train de dormir. »
« En fait, quand on est arrivés à la maison, vous étiez déjà partis à l'école et on voulait vraiment vous voir ! »
« Hn. » fit à nouveau Kyoya, et Tsuna sourit, content d'être pardonné. « Quoi qu'il en soit. » continua le préfet, « Partons, les autres doivent nous attendre. »
Sur ce, les quatre frères sortirent de la classe.
Un fois qu'ils furent partis, les élèves qui avaient écouté leur étrange conversation se mirent à discuter haut et fort de ce qu'ils venaient juste de voir.
Mizutani-sensei, quant à elle, ne put s'empêcher de pousser un long soupir. Si ses frères étaient aussi terribles que Kyoya lui-même, cela promettait d'être une très longue année.
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(1) onii-san tachi, onee-san : littéralement c'est 'les grands frères et la grande sœur'. SkyGem avait écrit 'onii-sans' avec un s, mais je trouvais ça bizarre.
A+
