Chapitre 26 : La vérité
Tandis que Tsuna et ses frères prenaient le chemin du retour, le garçon gardait une expression neutre sur son visage.
Ils marchèrent tous les trois en silence pendant quelques minutes mais Hayato finit par dire, « Nidaime ? » demanda-t-il.
« Hai ? » répondit le petit brun.
« Comment se fait-il que tu connaisse son nom ? » fit-il d'un ton curieux, et le visage de son petit frère s'assombrit.
Tsuna baissa la tête, laissant ses mèches tomber devant ses yeux. « Parce que c'est ma mère. » avoua-t-il doucement.
En entendant cela, l'expression d'Hayato se durcit et même le sourire de Takeshi se figea.
« Ta mère ? » répéta-t-il d'un ton surpris, comme s'il avait encore du mal à le croire.
Plutôt que de répondre, Tsuna se tourna vers les deux avec un air implorant et dit, « Je suis désolé mais est-ce qu'on pourrait juste rentrer à la maison ? »
« Bien sûr, Nidaime ! » répondit rapidement Hayato, sortant déjà son portable pour que quelqu'un vienne les chercher.
Dix minutes plus tard, une voiture s'arrêta devant et encore un peu plus tard, les trois garçons en ressortaient et rentraient chez eux.
Au moment où ils passaient le seuil de leur maison, Tsuna s'excusa auprès de ses frères et monta s'enfermer dans sa chambre.
Se jetant sur son lit, il se roula en boule en repensant à l'incident qui avait eu lieu presque un an plus tôt lorsqu'il avait enfin compris pourquoi il n'avait pas de mère.
Flashback
« C'est bien vrai. » fit la voix d'une femme de chambre, venant de l'intérieur d'une chambre à coucher. « Les jeunes maîtres sont si bien élevés. J'aurais aimé avoir des fils aussi formidables qu'eux ou une fille comme la jeune maîtresse Chrome. »
« Je vois ce que tu veux dire ! » répondit son amie. « Je les adore ! C'est vraiment un plaisir de venir au travail chaque jour. »
Tsuna rougit en entendant cette conversation et pressa le pas vers sa destination, sa chambre. Mais avant qu'il ne soit parti, certains mots retirent son attention et le clouèrent sur place.
« C'est exactement mon avis ! Je ne sais pas ce leurs mères pensaient quand elles les ont abandonnés ! Particulièrement cette Nana. Qui ne voudrait pas d'un fils aussi adorable que Tsuna, »
Derrière la porte, le garçon ne savait plus quoi penser. Sa mère.. ne voulait pas.. de lui ?
S'approchant doucement, il écouta plus attentivement.
« Je sais ! Enfin, qu'est-ce qui lui est passé par la tête quand elle l'a abandonné sur le pas de la porte à deux semaines ? Et en plein milieu du mois d'octobre ? Elle devait être folle ! »
En entendant cela, le livre de maths que Tsuna tenait lui échappa des mains et tomba par terre avec un bruit mat.
Surprises, les femmes de chambre sursautèrent et se retournèrent vers lui.
« Jeune maître. » fit l'une d'entre elle, une rousse du nom de Gabrielle.
Ne se souciant pas de ramasser son livre, Tsuna recula doucement, son regard encore fixé sur les deux demoiselles. Puis brusquement, il tourna les talons et courut vers le bureau de son père.
Ouvrant la porte à toute volée, il fut déçu de trouver la pièce vide. Faisant demi-tour, il s'apprêtait à partir à la recherche de son père lorsqu'il rentra dans quelqu'un.
« Tsuna ? » fit une voix familière et il leva les yeux pour apercevoir la personne même qu'il cherchait.
« P-papà. » dit-il d'une voix presque gémissante.
Giotto s'inquiéta en entendant cela, Tsuna ne l'appelait presque plus jamais ainsi, sauf quand il n'allait vraiment pas bien. (1)
Posant une main sur son épaule, il l'amena dans son bureau puis verrouilla la porte derrière lui.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il en voyant les yeux humides de son fils.
« Papa. » fit Tsuna d'un ton un peu plus contrôlé.
« Oui ? »
« Dis-moi la vérité. »
« La vérité ? » répéta Giotto, bien qu'il ait déjà une petite idée de ce à quoi il faisait allusion.
« A propos de Nana. » répondit Tsuna. « C'est vrai qu'elle m'a abandonné sur le pas de la porte ? Elle ne voulait pas de moi ? »
Giotto fixa son fils pendant un moment, ne sachant pas quoi dire, puis il baissa la tête. « Je suis désolé… » dit-il doucement.
Tsuna se mit à trembler en entendant cela mais il refusa de pleurer. « Pourquoi ? » demanda-t-il. « Pourquoi est-ce qu'elle ne voulait plus de moi ? Je- J'ai fait quelque chose de mal ? C'est pour ça qu'elle me déteste ? »
« Non ! » s'écria soudainement Giotto, faisant sursauter Tsuna. Puis son visage s'adoucit et il dit d'une voix plus calme. « Tu n'as rien fait de mal, Tsuna. » Prenant le garçon dans ses bras, il le tint pendant une seconde avant de se reculer pour regarder Tsuna dans les yeux. « C'est entièrement la faute de Nana. Elle était égoïste et n'avait pas assez de courage pour élever un enfant elle ne connaissait pas sa chance. La chose la plus importante dont il faut te souvenir, c'est que tu as une famille qui t'aime. Tes oncles, tes tantes, tes frères et sœurs qui se battraient pour te voir heureux. Et moi aussi. Je ne pourrais pas vivre sans toi, tu sais. »
Tsuna lui offrit un sourire hésitant et acquiesça. « Merci, papa. » dit-il en lui faisant un câlin.
« Je suis désolé de ne pas t'avoir dit la vérité plus tôt. » répondit le blond d'une voix coupable.
« C'est pas grave. » fit Tsuna, inclinant sa tête sur le côté avec un sourire. « Je sais que tu essayais juste de me protéger. »
End Flashback
Se remettant debout, Tsuna sortit son téléphone portable et composa le numéro de son père presque inconsciemment.
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Giotto et ses gardiens étaient tranquillement en train de manger leur petit-déjeuner quand le portable du blond se mit à sonner.
Curieux, il vérifia le numéro et son visage s'illumina en voyant qu'il s'agissait de son fils. Les garçons n'était partis que la veille mais les gardiens ressentaient déjà terriblement leur absence et chacun d'entre eux se demandait comment il avait fait pour survivre avant leurs enfants. Le manoir était trop calme sans eux.
Appuyant sur une touche, il dit, « Allô ? »
Il y eu un silence à l'autre bout du fil, puis Tsuna dit d'une petite voix. « Papa… »
Giotto se sentit soudainement mal à l'aise. « Tsuna ? » appela-t-il d'un ton inquiet. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Papa » répéta Tsuna. Il fit à nouveau une pause puis dit, « … elle est là. »
« Elle ? » demanda-t-il, confus. « Qui ça elle ? »
Tsuna hésita un instant avant de répondre, « Nana. »
« QUOI ? » s'écria Giotto en levant si brusquement qu'il fit tomber sa chaise. Le reste des gardiens le regardait d'un air inquiet, devinant que quelque chose de grave était arrivé. « Nana est à Namimori ? » répéta Giotto et en entendant cela, les visages des gardiens pâlirent.
« Oui… » fit Tsuna. « Elle vit là avec son fils, Tsutomu qui a quoi.. dix ans. »
Giotto ne savait pas quoi répondre à cela.
« Papa… qu'est-ce que je dois faire ? » demanda Tsuna, perdu.
Prenant une grande inspiration, Giotto ferma les yeux pendant une seconde et lorsqu'il les rouvrit, un plan avait déjà commencé à se former dans son esprit. Il se rappelait avoir reçu un email quelques jours auparavant à propos de la journée des parents à Nami-chuu et il avait eu l'intention d'y aller de toute façon. Mais peut-être que ce voyage deviendrait plus permanent que ce qu'il avait prévu.
« Ecoute-moi, Tsuna. Oublie-la, d'accord ? Rappelle-toi qu'elle n'a aucun lien avec nous. Elle est peut-être mariée, avec un fils mais ça ne nous concerne plus. Tes frères et ta sœur sont avec toi n'est-ce-pas ? Pense à eux. »
« Ok… » fit doucement Tsuna.
Souriant légèrement, Giotto reprit, « Et j'ai aussi une surprise pour toi. »
« Une surprise ? » demanda Tsuna d'un ton curieux. « Quel genre de surprise ? »
Le sourire de Giotto s'élargit. « C'est une surprise. Elle arrivera au Japon mercredi prochain. Jusque là, tu devras attendre. »
Tsuna répondit en faisant la moue, semblant avoir tout oublié de son désarroi. « Papaaa ! Tu vas garder le suspens pendant plus d'une semaine ? »
Giotto se mit à rire, content d'avoir pu distraire son fils. « Eh bien, ce ne serait pas drôle si je te le disais maintenant hein ? »
« Méchant. » fit Tsuna d'un ton boudeur. « Désolé papa, je vais devoir y aller. Hayato et Takeshi sont sûrement très inquiets pour moi. Je devrais aller m'excuser. »
« Pas de problème, fiston. » répondit Giotto d'une voix douce.
Il y eu une courte pause, puis Tsuna dit, « Et papa ? … Merci.. tu sais, pour m'avoir remonté le moral. »
« Pas de problème. » répéta Giotto de la même voix apaisante. « N'oublie pas, Tsuna. Je t'aime. »
« Moi aussi je t'aime, papa. » répondit le garçon sans hésiter.
Après s'être dit au revoir, ils raccrochèrent.
Rangeant son téléphone, Giotto se tourna vers ses gardiens qui avaient attentivement écouté ce côté de la conversation et leur demanda, « Que diriez-vous d'aller vivre au Japon ? »
O-o-O-o-O-o-O
(1) c'est marqué 'papa' dans la version originale. Je ne voyais pas comment le traduire si ce n'est en mettant un accent, c'est le mot en italien.
