Chapitre 28 : Je n'ai pas besoin de toi
« Je me demande ce qui retient ton père. » dit Nana à son fils d'un air un peu inquiet.
« Je ne sais pas. » répondit Tsutomu, les yeux tournés vers l'endroit où son père avait disparu. Ce qu'il vit le prit par surprise. « Tsuna-kun ! »
Nana se figea en entendant ce nom et lorsqu'elle suivit le regard de son fils, elle sentit son sang se glacer en apercevant le pire rassemblement possible. Iemitsu était en train de parler à Giotto et ses gardiens.
« Hm ? Je me demande qui sont les autres? » fit Tsutomu, ne se rendant pas compte de l'angoisse de sa mère. « Les deux là ressemblent à Asari-san et Gokudera-kun, ils doivent être leurs pères. Mais les autres… »
Comme sa mère ne répondait pas, le garçon se tourna vers elle. « Qu'est-ce qu'il y a maman ? » demanda-t-il.
« Non, ce n'est rien. » dit faiblement Nana en se forçant à sourire.
Tsutomu fronça les sourcils en voyant cela mais il n'eut pas le temps de répliquer car à ce moment, la voix de son père l'appela lui et sa mère.
« Allons, ne soiyez pas si timides ! » dit-il d'une voix enjouée. « Je suis sûr qu'ils seront ravis de vous rencontrer ! »
« Je ne pense vraiment que ça soit une bonne idée, Iemitsu. » fit Giotto.
Iemitsu ignora les protestations du blond et l'amena par le bras.
Lorsqu'ils arrivèrent près de la table où étaient assis Tsutomu et Nana, la petite femme faillit s'évanouir devant ces regards assassins qui lui étaient lancés par toutes les personnes présentes présentes sauf cinq, dont un bébé.
« Je vous présente ma jolie femme, Nana et mon adorable fils, Tsutomu ! » fit Iemitsu, ne semblant pas se rendre compte de la tension qui régnait dans l'air.
Lorsqu'ils entendirent ce nom, les Vongola (sauf le gamin de trois ans) eurent une exclamation de surprise et lui jetèrent des regards plus noirs encore.
Laissant échapper un soupir, Giotto dit à Iemitsu, « Je crois que nous ferions mieux de vous laisser, Iemitsu, avant que les choses ne tournent mal. »
« Mal ? » répéta l'homme d'un ton confus. « Pourquoi cela tournerait-il mal? »
« Parce qu'il s'agit de Nana. » cracha G.
Iemitsu semblait encore perdu. « Oui, ma femme se prénomme Nana. Qu'y a-t-il de mal à ça? »
« Non, idiot ! » s'exclama Hayato, incapable de se contenir plus longtemps. « C'est Nana ! »
Pendant quelques secondes encore, Iemitsu les regarda d'un air confus puis il sembla soudain comprendre quelque chose et un air horrifié apparut sur son visage alors qu'il se retournait vers sa femme.
Nana tressaillit en voyant le regard trahi que lui lançait son mari.
« T-tu es cette Nana ? Celle qui a abandonné Tsunnayoshi-sama ? »
« P-pourquoi es-tu au courant de ça ? » demanda Nana, confuse.
« Je suis le leader de CEDEF. Bien sûr que je suis au courant. » répondit Iemitsu.
Les yeux de Nana s'écarquillèrent sous la surprise. « T-tu fais partie des Vongola ? »
Iemitsu commençait à s'énerver à présent. « Là n'est pas la question ! Pourquoi ne m'as-tu rien dit au sujet de Tsuna et Giotto ? Comment as-tu pu leur faire ça ? »
« Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu faisais partie des Vongola ? » contra Nana.
« Parce que je voulais vous protéger de la vérité ! » s'écria Iemitsu. « Mais maintenant je vois que ce n'était pas nécessaire. »
Tsutomu ne pouvait que suivre cet échange avec stupéfaction. « Q-qu'est-ce qu'il se passe ? » fit-il.
Toutes les têtes se tournèrent alors vers lui et Daemon eut un sourire dédaigneux. « Tu veux vraiment savoir ce qu'il se passe, gamin ? Il se passe que ta mère est une salope qui t'a menti toute ta vie. »
Il aurait été mal venu de dire que Tsutomu était juste surpris par le langage vulgaire de cet homme. La seule chose qui lui traversa l'esprit fut « Quoi ? »
Cette foix, Knuckle se dévoua. « Pour faire simple, ta mère est aussi la mère de notre cher Tsunayoshi, qu'elle a abandonné quand il avait deux semaines. »
Tsutomu se tourna vers le petit brun qui l'avait aidé la semaine passé, ce même garçon dont on lui disait maintenant qu'il était son demi-frère.
Curieusement, celui-ci ne semblait guère dérangé par toute cette affaire et se tenait debout aux côtés de son père comme s'il n'avait rien à voir avec tout cela.
Se retournant, Tsutomu lança un regard implorant vers sa mère, comme s'il la suppliait en silence de réfuter tout ce qu'ils venaient de dire.
Nana ne put que détourner le regard, évitant de faire face à son fils, et le cœur de Tsutomu se brisa.
Soudainement, les épaules de la jeune femme se mirent à trembler et ils furent tous surpris de voir qu'elle pleurait.
Levant des yeux remplis de larmes vers sa famille, elle dit, « J-je suis désolée de vous avoir caché ça, mais q-que vouliez-vous que je dise ? Que j'avais été forcée d'abandonner mon fils pour son propre bien ? Que j'ai dû m'éloigner de ceux qui m'étaient le plus cher pour leur propre bien ? » A ce moment, Nana tourna son regard vers son fils aîné, prenant chaque détail de son apparence, de ses mèches brunes jusqu'au bout de ses doigts fins. Tout cela lui semblait familier, et en même temps si nouveau.
« Tsuna, mon cher fils, tu ne peux pas t'imaginer à quel point j'étais heureuse quand j'ai appris que j'étais enceinte. Ou à quel point je me suis sentie désespérée quand j'ai compris que je ne pouvais pas te garder. Depuis l'instant où j'ai posé les yeux sur toi, tu étais le centre de mon univers, et pendant un certain temps, j'ai rêvé de ce que serait ma vie, avec toi et ton père, de quel beau jeune homme tu deviendrais plus tard. Mais en fin de compte, ce n'était pas possible. Je n'avais pas ce qu'il fallait pour faire partie de la mafia, et peu importe mes efforts, je n'aurais jamais été capable de t'élever sachant que tu devrais un jour devenir le boss des Vongola. Je savais que je ne pouvais t'enlever à ton père, alors j'ai fait la seule chose que je pouvais faire, je suis partie. Mais même après t'avoir laissé, je n'ai jamais cessé de penser à toi, chaque jour tu occupais mes pensées. Quand je t'ai revu la semaine dernière, je ne savais plus quoi penser. Je sais que c'est égoïste de ma part, mais j'ai besoin de toi dans ma vie, Tsuna ! »
Giotto et ses gardiens, ainsi qu'Iemitsu et Tsutomu fixèrent Nana d'un air abasourdi. Cependant, après quelques secondes, Giotto se tourna vers son fils il avait beau être magnanime, il n'arrivait pas à trouver le courage de la pardonner, mais cela ne le concernait pas. Si Tsuna acceptait les excuses de sa mère et décidait d'aller vivre avec elle, rien de ce que Giotto pourrait dire n'y changerait quoi que ce soit.
Mais de l'autre côté, Tsuna était en train de réfléchir à ce qu'il pourrait dire. Lorsqu'il eut enfin trouvé les mots justes pour exprimer ses sentiments, il laissa échapper un petit rire. « Tu sais ce qui est drôle ? Quand j'étais plus petit, j'imaginais souvent que quelque chose dans le genre arriverait, que ma mère viendrait, s'excuserait et que papa et moi la pardonnerions pour vivre ensemble tous les trois. » dit-il. Lorsque Giotto entendit cela, il eut l'impression que son cœur chavirait. Tsuna ne lui avait donc pas pardonné… Le reste de la famille fixait le garçon avec effarement, peut-être qu'ils ne le connaissaient pas aussi bien qu'ils ne le pensaient. Allait-il réellement partir avec sa mère ? Mais avant qu'aucun d'entre eux n'ait pu parler, Tsuna reprit. « Mais maintenant je me suis rendu compte de quelque chose. Je ne veux pas que tu reviennes. »
Alors qu'elle avait commence à apercevoir une lueur d'espoir, Nana sentit son espérance être réduite à néant.
Giotto et les autres fixèrent leur petit Tsunayoshi avec surprise et soulagment tandis que celui-ci continuait. « J'en ai eu assez d'attendre, Nana-san. Tu vois, j'ai commencé à me demander ce que c'était vraiment, une mère? C'est quelqu'un qui te nourrit quand tu as faim, qui ne s'énerve pas quand tu te réveilles en pleurant en plein de milieu de la nuit. Elle t'apprend tes manières et elle est là pour te rattraper quand tu tombes. Elle est là pour te guider dans la vie, et t'aimes sans conditions. Alors quand j'ai compris ça, je me suis rendu compte d'autre chose. Pourquoi est-ce que je continuerai à attendre quelqu'un comme ça alors que mon père avait déjà fait tou ça pour moi, et plus encore. Papa a pris non seulement ses responsabilités, mais aussi les tiennes. Tu dis que tu as besoin de moi, Nana-san, mais ça fait douze ans que je n'ai plus besoin de toi. »
Lorsque Tsuna eut terminé son discours, ses oncles et frères se mirent à l'acclamer.
« Prends ça ! » lança Hayato à Nana, et on se garda bien de lui faire la moindre remarque.
Giotto se contenta d'observer son fils avec fierté. Puis, voyant que les choses s'étaient calmées, il se tourna vers Nana qui était effondrée à terre.
« Nana, il ne faut pas te mentir à toi-même. La raison pour laquelle tu ne pouvais cesser de penser à Tsuna après nous avoir quitté n'était pas parce que tu t'inquiétais pour lui, c'était parce que tu te sentais coupable. C'est cette culpabilité qui t'a fait dire tout cela. Mais tu sais, peu importe combien tu couvres tes propos de faux repentirs, il n'en reste pas moins que tu nous as abandonné, Tsuna et moi, et rien ne changera jamais ça. »
Et sur ces mots d'adieux, Giotto et sa famille quittèrent le restaurant où régnait à présent un silence de mort, au milieu d'une foule de curieux qui avait suivit le drame familial avec passion.
Iemitsu rappela Giotto juste avant que celui-ci ne parte.
« Je suis désolé, Giotto-sama, mais je dois démissioner de mon poste à la tête de CEDEF. » dit Iemitsu, voulant rester du côté de sa femme.
« Bien sûr. » fit Giotto sans se retourner. « Je comprends tout à fait, Sawada Iemitsu-san. Travailler avec vous aura été un plaisir. Je m'excuse pour les tourments que nous avons causés à votre famille. Adieu. »
O-o-o-o-o-o-o-O
Pendant ce temps, quelque part en Italie, la silhouette d'un homme assis à son bureau fixait la photo d'un certain petit brun de douze ans.
Un sourire amusé se forma sur ses lévres tandis qu'il inclinait son fedora à plume sur le côté. « Eh bien, Leon. » fit-il. « On dirait qu'il est temps d'entamer notre voayge tant attendu à Giaponne. »
TBC..
O-o-o-o-o-o-o-O
Hey, salut tout le monde,
Désolé pour le retard, un peu de travail en plus ces jours (semaines) ci. Quoiqu'il en soit, j'espère que la suite vous plaira (ou du moins la trad), même si la qualité a probablement dû baisser depuis la dernière fois.. -_-
Merci pour vos reviews en tout cas,
ciao
