Chapitre 30 : Mama !

Lambo regarda avec stupéfaction toute cette fumée qui l'entourait, sans se donner la peine de bouger. Les nuages se dispersèrent lentement.

Lorsqu'il put y voir correctement, il remarqua quelque chose d'étrange. Il ne se trouvait plus dans la chambre de ses parents, mais dans l'escalier qui menait au salon (au moins il était encore dans la maison).

Descendant les dernières marches jusqu'au premier étage, le jeune garçon marcha doucement vers la porte de la salle de réunion où son père et ses oncles se trouvaient sûrement à cette heure de la journée.

Tandis qu'il marchait le long du chemin si familier, Lambo ne put s'empêcher d'observer les alentours. Les couloirs, qui avaient été si animés à peine quelques instants auparavant, étaient maintenant déserts et l'endroit ne brillait plus autant qu'avant. On disait que les sols des Vongola étaient si propres qu'on pouvait manger dessus. Mais en regardant l'état dans lequel ils se trouvaient à présent, le gamin en doutait sérieusement.

Arrivant enfin devant la salle de réunion, Lambo entendit des voix à l'intérieur et soupira de soulagement. Il était probablement en train de s'imaginer des choses. Le manoir était comme d'habitude et son père et ses oncles étaient de l'autre côté de cette porte, en train de discuter autour de leur thé et de planifier le banquet qui aurait lieu dans trois mois. Il allait ouvrir la porte, tout le monde se tournerait vers lui en souriant, il monterait sur les genoux de son père et ils seraient tous gentils avec lui. Ils lui demanderaient comment sa journée s'était passée et il se plaindrait qu'il n'avait rien à faire et ça amuserait tout le monde.

Rempli de ces pensées rassurantes, le petit garçon ouvrait grand la porte et une voix familière s'écria « Lambo, enfin ! On commençait à se demander q- » La personne qui venait de parler, oncle Asari, s'arrêta net et fixa le gamin sans un mot.

Tandis qu'ils l'observaient tous, Lambo sentit son sourire s'effacer petit à petit. Au premier coup d'œil, on aurait pu croire qu'il s'agissait de ses oncles, mais quelque chose clochait sérieusement. Oncle Alaude avait des cheveux blond pâle, pas noirs et Lambo était absolument certain que les yeux de Giotto étaient bleus et pas marrons. Sans parler du fait que ces gens étaient tous trop jeunes pour être ses oncles.

L'homme qu'il avait pensé être Asari ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit.

Après un moment de silence, ses lèvres s'étirèrent en un mince sourire et il reprit, « Ça alors, notre Lambo rajeuni de dix ans ! On dirait que tu es tombé sur le bazooka-de-dix-ans, n'est-ce pas ? »

Ces mots n'étaient en rien menaçants, mais Lambo se sentit soudain terrifié. Tremblant, il recula lentement vers la porte, et avant qu'aucun de ces hommes aux visages familiers n'ait pu dire quoi que ce soit, il fut à nouveau enveloppé d'un nuage de fumée rose.

Lorsqu'il disparut, Lambo se retrouva dans la chambre de ses parents, et ils étaient là, en train de le regarder avec inquiétude.

Laissant échapper un sanglot, Lambo se jeta dans les bras de sa mère en pleurant, « Mama ! »

Contrairement à la croyance commune, Lambo n'était pas stupide et devinait que durant les cinq dernières minutes, il venait de voyager dans le futur (dix ans dans le futur, s'il devait en croire le clone d'Asari), et il savait, intuitivement, que quelque chose de terrible était arrivé à cette époque.

O-o-o-o-o-o-O

Un Lambo âgé de quatorze ans se dirigeait vers la salle de réunion où se trouvaient ses frères et sœurs quand il fut soudainement entouré d'un nuage de fumée rose et ses yeux s'écarquillèrent sous la surprise lorsqu'il comprit ce qu'il se passait.

Lorsque la fumée se dissipa, il se retrouva assis par terre dans la chambre de ses parents. L'adolescent se mit à regarder autour de lui, trop choqué pour bouger.

Puis, il se releva lentement et continua à scruter la pièce, prêtant attention à chaque petit détail. Il lui fallut un moment pour réaliser qu'une larme coulait le long de sa joue.

Soudainement, la poignée de la porte se tourna et Lambo essuya rapidement ses larmes.

Faisant volte-face, il se retrouva alors devant deux personnes qu'il n'avait pas vues depuis très longtemps. Mais cette fois, plus d'une larme coula de ses yeux. « Mama. »

Quand Lampo avait ouvert la porte de sa chambre, il ne s'était pas attendu à y trouver un intrus. Laissant son instinct prendre le dessus, il se plaça devant sa femme pour la protéger d'un éventuel espion ou assassin.

Mais lorsque l'adolescent se retourna, le couple eut une exclamation de surprise. 'L'intrus' avait le visage de Lampo.

« Mama… » dit-il doucement, et les yeux de Sylvana s'écarquillèrent quand elle le reconnut.

S'avançant vers lui, la jeune femme le prit dans ses bras et caressa doucement ses cheveux. « Oh Lambo, mon bébé, que t'es-t-il arrivé ? Pourquoi pleures-tu ? »

« Mama, t-tu m'as tellement manqué. » fit le garçon en la serrant contre lui.

Avant que Sylvana ait pu dire quoi que ce soit, Lambo sembla réaliser quelque chose et il se détacha de sa mère. Il n'était pas censé révéler ce qu'il se passerait dans le futur.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » intervint alors Lampo, qui devinait ce qu'il s'était passé. « Pourquoi est-ce qu'elle t'a manqué, Lambo ? Qu'est-ce qui est arrivé dans ton époque ? »

Lambo se contenta de secouer la tête, reculant pas à pas.

Avant que Lampo ait pu l'interroger, l'adolescent fut à nouveau enveloppé d'un nuage de fumée et une fois celui-ci dissipé, ils retrouvèrent à nouveau leur fils de quatre ans.

« Mama ! » s'écria le gamin, se jetant au cou d'une Sylvana plus qu'inquiète.

O-o-o-o-o-o-O

Lorsque le Lambo de quatorze ans retourna dans sa propre époque, il se retrouva dans l'entrée de la salle de réunion, sous les regards de ses frères et sœurs.

« Tu es revenu. » fit Tsuna d'un ton surpris.

Lambo sentit alors les larmes lui piquer les yeux et il s'effondra à terre, pleurant.

« Lambo ! » s'écria Takeshi en accourant à ses côtés.

« J-Je les ai vus, » dit-il en se laissant aller dans son étreinte. « J'ai vu mes parents. »

Si l'adolescent avait levait la tête, il aurait vu l'envie qui brillait dans les yeux de ses frères et sœurs. Mais comme il ne regardait pas, il manqua ces regards.

« Il faut qu'on les sauve ! » s'exclama-t-il alors. « Il faut qu'on sauve maman, papa et les autres des Millefiore ! Il le faut ! »

« Bien entendu. » dit Takeshi d'une voix rassurante.

« Pourquoi est-ce que tu crois qu'on est là ? » répliqua Hayato en fronçant les sourcils. « On va y réfléchir ensemble et trouver un plan pour vaincre Byakuran ! Pas vrai, nidaime ? »

« Huh ? » fit Tsuna, d'un air surpris comme s'il venait de se réveiller. « U-uh, c'est vrai ! On va définitivement trouver le moyen de sauver papa et tous les autres ! »

Soulagé de voir que personne ne se doutait de quelque chose. Tsuna se mit à réfléchir au plan qu'il avait commencé à élaborer. L'arrivée d'un Lambo de quatre ans lui en avait donné l'idée et plus il y pensait, plus il le trouvait réalisable. Mais c'était un plan dangereux, et il aurait probablement besoin d'aide. Ça devrait être quelqu'un (autre que ses gardiens) dont il soit absolument sûr, et il avait déjà une petite idée de qui il pourrait choisir.

Tandis que le petit brun continuait à réfléchir, il ne remarqua pas les deux yeux gris acier qui le fixaient sans ciller. Des yeux qui pouvaient voir à travers lui et qui savaient qu'il manigançait quelque chose.