Chapitre 31: N'y pense même pas

Lampo se tenait à quelques pas de sa femme et de son fils, les regardant tour à tour et réfléchissant à ce qu'il venait de se passer.

Lambo du futur avait dit que Sylvana lui manquait… Etait-il arrivé quelque chose à sa femme dans son époque ? Avait-elle été blessée ? Ou pire… tuée ?

Cette pensée le fit frémir de peur et il secoua la tête pour se débarrasser de ces horribles images de sa femme étendue sur le sol, sans vie et couverte de sang.

Au lieu de cela, il reporta son attention sur son fils de quatre ans, qui pleurait à chaudes larmes dans les bras de sa mère. Il semblait plutôt secoué par son aventure dans le passé, bien qu'elle n'ait durée que cinq minutes.

« Lambo. » dit-il en s'avançant vers son fils. Le garçon leva la tête en entendant la voix de son père et se dégagea de l'étreinte de sa mère.

Marchant vers lui, il leva les bras et Lampo le souleva de terre et déposa un baiser sur son front.

Reniflant, Lambo cacha sa tête contre la poitrine de son père.

« Lambo. » fit doucement le gardien. Lorsque le garçon releva la tête, il eut un sourire inquiet et demanda, « Qu'est-ce que tu as vu dans le futur ? »

Détournant le regard, Lambo murmura quelque chose dont Lampo n'entendit qu'à moitié. « … personne… couloirs sales… grand frère… salle.. réunion… »

Lampo fronça les sourcils devant tant de timidité, si inhabituelle pour son fils, et il décida de ne pas l'interroger davantage.

Prenant une grande inspiration, Lampo s'obligea à sourire et demanda « Pourquoi n'oublierais-tu pas tout cela, hm ? J'ai des cadeaux pour toi de la part de ton grand-père ! »

En entendant cela, le visage de Lampo s'illumina d'un coup et toutes les choses du futur se retrouvèrent reléguées au fond de son esprit. Ses petits poings s'agitèrent en l'air et il s'écria, « Des bonbons ! Des bonbons ! Lambo-sama veut ses bonbons ! »

La manière dont son fils s'adressait à lui-même amusa Lampo au plus haut point.

« Lambo-sama ? » répéta-t-il.

Lambo lui répondit d'un grand sourire. « Lambo-sama doit vite apprendre le japonais pour pouvoir aller au Japon avec ses grands frères et sa grande sœur ! »

Le gardien eut un sourire en coin et ébouriffa gentiment ses cheveux noirs. « Je suis impressionné ! » s'exclama-t-il. « Mais tu veux vraiment partir de la maison si vite ? Tes grands frères et ta grande sœur sont plus importants que tes parents ? »

« Bien sûr ! » répliqua le gamin sans aucune hésitation. « Grand frère Tsuna et les autres sont si cool et si forts ! Lambo-sama veut être comme eux quand il sera grand ! »

« Oh ? Mais tu ne le savais pas ? Papa est beaucoup plus fort que tes grands frères! » se vanta Lampo en plaisantant. « Tu ne veux pas devenir comme lui ? »

« Mais papa est plus vieux que grand frère Tsuna et les autres ! » se moqua Lambo. « Quand ils seront grands, il seront cent fois plus forts que papa ! Tu verras ! »

Lampo se mit à bouder. « Alors tu crois que tes grands frères deviendront plus forts que nous ? »

Son fils hocha la tête avec une confiance totale.

Soupirant, le gardien de la foudre sourit à son fils, « Eh bien, je ne peux pas nier ça. Après tout, si nous ne pensions pas que vous pourriez devenir plus forts que nous, tu penses que nous voudrions vous laisser la succession de la famille ? » Puis, sans laisser à Lambo le temps de répondre, il se dirigea vers l'armoire, disant, « Quoi qu'il en soit, allons ouvrir tes cadeaux. »

O-o-o-o-o-o-o-o-O

Giotto était en train de dîner avec quelque uns de ses gardiens lorsqu'il se rendit compte que quelque chose clochait chez son gardien de la foudre. L'homme d'ordinaire si insouciant avait le regard perdu dans le vide, comme plongé dans ses réflexions.

Le dîner se passa tranquillement, comme toujours depuis que Tsuna, Takeshi et Hayato avaient quitté la maison.

Quand il eut terminé, Giotto se leva mais ne bougea pas pendant quelques secondes. Une fois que l'attention de tous se fut tournée vers lui, il s'adressa à son plus jeune gardien.

« Lampo, je veux que tu vienne me voir dans mon bureau lorsque tu auras terminé. » dit-il avant de quitter la pièce.

Dix minutes plus tard, alors qu'il était assis à son bureau, occupé à trier ses papiers, il entendit quelqu'un frapper à la porte et l'ouvrir doucement.

Levant les yeux, il vit Lampo qui se tenait à quelques pas de son bureau, l'air nerveux.

Laissant échapper un soupir, Giotto eut un sourire fatigué et lui fit signe de s'asseoir.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il d'un ton inquiet. « Tu as l'air soucieux depuis tout à l'heure. Que s'est-il passé ? »

Lampo le regarda d'un air frustré puis soupira et finit par lui raconter ce qui était arrivé plus tôt dans la soirée avec le bazooka.

Giotto ne dit pas un mot durant toute son histoire et l'écouta attentivement, acquiesça de temps à autre pour montrer qu'il suivait.

« Je ne sais pas quoi faire. » termina Lampo. « Je suis vraiment inquiet, mais…"

Giotto hocha la tête, se grattant l'arrière de la tête comme il le faisait toujours lorsqu'il réfléchissait profondément. Après une ou deux minutes, Lampo vit qu'il semblait avoir tiré sa conclusion.

Soupirant, le blond se tourna vers son ami et dit, « Tu ne devrais pas trop te préoccuper de tout cela, Lampo. Pour ce que tu en sais, le Lambo du futur pourrait s'être inscrit à Nami-chuu comme ses frères et il n'aurait pas vu sa mère pendant des mois. Tu sais que nous ne laisserions rien arriver à Sylvana, ou à personne d'autre de la famille d'ailleurs. »

« Je suppose… » fit doucement Lampo. Mais alors… notre Lambo? Pourquoi pleurait-il?"

Giotto fixa son gardien de la foudre avec incrédulité. « Tu parles bien de Lambo, n'est-ce pas ? Tu sais que je l'adore mais… c'est plutôt normal pour lui de pleurer, non ? »

Lampo cligna des yeux d'un air surpris. Plus il y pensait, plus il commençait à se demander pourquoi il s'inquiétait tant. Giotto avait probablement raison. Non, il avait parfaitement raison.

Laissant échapper un petit rire soulagé, il sourit à son boss. « … merci, Giotto. » dit-il. « Tu sais toujours trouver les mots qu'il faut. »

Giotto sourit d'un air fier. « Bien entendu. Depuis le temps qu'on se connaît, je devine tout ce qui te passe par la tête. »

Venant de n'importe qui d'autre, ces mots auraient parus plus qu'étrange, mais venant de Giotto c'était uniquement rassurant.

Inclinant la tête en signe de remerciement, Lampo tourna les talons mais Giotto le retint.

« Oh, tu pourrais amener le bazooka dans mon bureau si ça ne te dérange pas ? »

Lampo lui jeta un regard interrogateur.

« Au cas où Lambo déciderait de piller ta chambre à nouveau. » expliqua Giotto.

Lambo acquiesça en souriant, et quitta la pièce, se sentant déchargé du terrible poids qui pesait sur ses épaules.

Une fois son gardien parti, Giotto laissa son sourire retomber et son expression devint plus sérieuse.

« J'espère que mon futur moi n'est pas en train de faire quelque chose d'important. »

O-o-o-o-o-o-o-o-O

"Qu'est-ce que tu prépares ? » demanda un homme de vingt-cinq ans aux cheveux noirs et aux yeux gris acier.

« Hein ? De quoi tu parles, Kyoya-nii ? » fit son petit frère, un jeune homme dont les cheveux bruns encadraient deux yeux de la même couleur.

« Ne joues pas à ça avec moi, Tsuna. » s'écria Kyoya, frappant du poing sur la table.

Tsuna tressaillit lorsque son grand frère éleva la voix. Aucun de ses frères n'avait jamais crié contre lui. Ça le déstabilisait.

Kyoya sembla s'en rendre compte et il baissa d'un ton.

« Je sais que tu manigances quelque chose, omnivore. Et je veux savoir quoi. »

Tsuna le regarda droit dans les yeux et compris qu'il ne servait à rien de lui mentir.

Prenant une grand inspiration, il leva à nouveau les yeux et dit, « D'accord, mais tu dois me promettre de ne rien dire à personne. »