Bonjour à tous!

Comme chaque lundi, un chapitre de Memories. Le chapitre 3 est représentatif de la longueur moyenne des chapitres que vous aurez désormais (le 1 et le 2 battaient des records de longueur).

Je remercie Mythesilenne, Nya et DoxiesCurse pour leur correction et leurs conseils.

Merci également à ceux qui ont commenté: Tiickel, Veruschka, Methylenn et Damedecoeur-N ainsi qu'à ceux qui ont ajouté mon histoire en alerte ou en favori.

Bonne lecture!


Chapitre 3 : Ah, les garçons...

Le réveil le lendemain matin est particulièrement difficile. Bien lunée d'abord, ma bonne humeur s'en va vite. Elle fuit à tire-d'aile loin des chamailleries incessantes de Lily et Mary qui ont commencé avant même que le réveil ait fini de sonner. Une histoire de brosse à dents oubliée sur le lavabo, je crois.

Ann et moi descendons plus vite que l'éclair dans la Grande Salle, loin de leurs éclats de voix. Attablée devant un bon bacon, je commence à lui raconter la retenue de la veille lorsque le courrier arrive. Une chouette hulotte se pose devant moi. A sa couleur, je vois que c'est un vol long-courrier et devine l'émetteur avant même d'ouvrir la lettre. Fébrile, j'abandonne mon explication pour me plonger dans ma lecture.

Mille pardons, ô Luth, Gryffondor au grand cœur !

Je m'excuse platement, même si je n'ai aucune excuse et que je suis donc inexcusable. Je compte sur l'amour éternel que tu portes à ma petite personne pour ne pas trop me reprocher ma tardive réponse. C'est que le début d'année a été un peu chargé.

J'ai fait ma rentrée à l'institut sorcier d'ici, Jandamarra. C'est semblable et différent de Poudlard à la fois. Comme notre école, le style est très anglo-saxon et l'établissement est planté au milieu de nulle part. Sauf que là, ce n'est pas un parc que nous avons à l'extérieur, mais une plaine aride qui s'étend à perte de vue. Il doit faire près de quarante degrés à l'ombre et encore faut-il en trouver, de l'ombre. Il n'y a pas de village sorcier à proximité on ne vient pas en train mais par cheminée, ce qui enlève tout son charme au voyage. L'école elle-même est un drôle de village. Il y a un grand bâtiment pour les cours, deux pour les repas et la vie commune et sept autres plus petits qui composent les dortoirs. Là encore, il y a un point commun avec Poudlard, à savoir la répartition. Seulement, il y a sept dortoirs (étant donné que nous sommes quatre fois plus qu'à Poudlard, ce n'est pas de trop !), de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et chaque année nous devons repasser sous l'arche magique qui nous assigne à l'un d'eux. Cette année, je suis à Céléba, mais peut-être changerai-je l'année prochaine. Céléba, c'est le dortoir bleu, comme Serdaigle, ce qui me réconforte un peu.

C'est dur d'arriver en plein milieu de l'année scolaire et qui plus est dans une école où tu ne connais personne. Tout est tellement différent de l'Angleterre ! Je vais commencer ma dernière année début février. Ce sera étrange de fêter Noël en plein été. Heureusement qu'ils m'ont fait « redoubler » ma sixième année sinon, avec les cours à suivre en plus, je ne m'en sortirais pas. Les gens ici sont très accueillants, ce qui me remonte le moral. Mais vous me manquez…

J'espère de tout mon cœur que tout va bien pour toi. Je surveille les nouvelles, j'ai gardé mon abonnement à la Gazette. Fais attention à toi, ma petite Luth et à tous ceux qui te sont chers. Je m'inquiète. J'ai vu que Caroline a perdu son frère et je m'en veux terriblement de ne pas pouvoir être là pour elle, mais Maman refuse de me laisser rentrer. Encore une fois, fais attention Luth. Je sais que tu es à Gryffondor, que ce n'est pas le courage qui te manque. Je sais que tu fréquentes des têtes brûlées comme Black, Potter et Cauldwell, mais ne vas pas te laisser entrainer et faire n'importe quoi. Puisse quelqu'un anéantir Tu-Sais-Qui rapidement.

Pour conclure sur une note plus joyeuse, Maman vous invite, toi et Caroline, à venir passer quelque temps ici cet été… Enfin, pendant vos vacances de Noël. Je pense bien que ce sera difficile pour vous, alors peut-être pourrions-nous être plus raisonnable et organiser quelque chose pour vos vacances d'été et mon hiver australien ?

Enormes câlins,

Audrey

En terminant ma lecture, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Audrey est une de mes amies d'enfance. C'était ma voisine et je crois bien l'avoir connue avant même d'apprendre à marcher. Son père est mort lors d'une attaque de Mangemorts l'année dernière. Sa mère, pour protéger ses enfants, a alors décidé d'émigrer en Australie. Cette décision n'a été facile pour personne et surtout pas pour mon amie, qui a été propulsée dans un monde inconnu à un moment où elle avait désespérément besoin de ses repères. Son départ a laissé un drôle de vide en moi. J'avais l'habitude de la croiser tous les jours, toutes les vacances, tout l'été. Et soudain, plus rien. Juste des lettres. C'est si peu.

J'ai délaissé Ann durant ma lecture, mais elle a vite trouvé de la compagnie en la personne des Maraudeurs. J'essaie de m'intégrer à la conversation en me disant qu'il ne faut pas que sa lettre me chamboule à ce point. Je dois me calmer. Mais… son départ, tout ça me remue, me tire hors des murs protecteurs de Poudlard. Bientôt, dans moins d'un an, je devrai faire des choix. Qui me terrifient.

Au prix d'un grand effort, je repousse ces pensées et fourre la missive dans ma poche. J'y répondrai quand j'aurai l'esprit clair. Je tends l'oreille vers les garçons à la recherche d'un peu de joie de vivre, mais c'est peine perdue. Sirius est d'une humeur de chien. Ann le lui fait remarquer sans délicatesse, ce qui n'améliore pas la chose. Il sursaute lui et James se regardent un instant, l'air bizarre. Puis il aboie une réponse peu aimable à mon amie qui, vexée, quitte la table et va rejoindre Phillip.

Je gémis. Me voilà seule et abandonnée, sans défense face au pire grognon de Gryffondor. Remus, à mes côtés, cache son sourire. Mais Sirius nous adresse un regard noir.

- Oh, fermez-la tous les deux ! Allez roucouler ailleurs !

Zen Luth. Calme, cool, zen.

- Sirius, ta mauvaise humeur pollue l'air. Tu viens, Remus ? Désolée de t'abandonner, James.

Ce dernier me regarde avec l'air de ne pas comprendre. Remus hésite, puis hausse les épaules et se lève à son tour.

- Qu'est-ce que Sirius peut me taper sur les nerfs, parfois, je grogne en marchant vers une salle de cours – laquelle, je n'en ai aucune idée.

- Il est un peu grognon, il faut lui pardonner, dit tranquillement Remus. On a tous nos mauvais jours.

- C'est pas une raison pour plomber les bons jours des autres.

Remus se tait. Un moment.

- Euh, Luth, tu vas où comme ça ?

- Ben en cours…

- On est mardi.

HEIN ?

- QUOI ? je hurle.

Remus sursaute.

- Hey, du calme.

- J'te laisse ! je dis en partant.

Je savais que ça allait être une mauvaise journée. J'aurais pu dormir trois heures de plus !

oOoOo

C'a été une mauvaise journée. Carrément, même. Oublions rien qu'un instant le fait que je me sois levée très tôt pour rien, que Lily, Mary et Sirius s'y soient mis à trois pour me mettre en rogne et qu'Ann m'ait lâchement abandonnée pour aller se réfugier dans les bras de son bien-aimé. S'il n'y avait eu que ça…

Mais non ! Les Maraudeurs ont fait perdre des points à Gryffondor avec une de leurs farces. Hier soir, pendant que nous étions en retenue, James et Sirius ont eu la bonne idée d'aller se balader en douce dans les couloirs. Ils ont croisé Rogue et l'ont pendu au plafond. Ça aurait pu être chouette, mais ils se sont fait prendre par McGonagall qui n'était pas contente du tout. Trente points en moins, pour chacun. Quand Lily a vu les sabliers en descendant, elle a failli faire une attaque et a passé sa journée à hurler sur les pauvres garçons. Résultat : Sirius lui a jeté un Silencio pendant qu'elle répondait à une question de McKinnon, qui l'a vu et a encore enlevé des points à Gryffondor. En sortant du cours, Lily a repris les injures de plus belle à tel point que James (oui, James !) lui a dit « d'aller voir à la bibliothèque s'il y était, parce qu'il n'y avait bien que les livres pour s'intéresser à ses paroles insipides ».

Quand, enfin, j'ai pu m'éloigner un instant de cette joyeuse bande de septièmes années sur les nerfs, j'ai croisé Rosier qui s'est fait un plaisir de m'annoncer que mes « Sang-de-Bourbe de parents n'avaient certainement plus longtemps à vivre » et que moi non plus d'ailleurs, avec le Seigneur des Ténèbres dans les parages. C'a été mon tour de manquer la crise cardiaque de peu : non seulement il menace ma famille, mais en plus, il s'affiche ouvertement comme un de Ses partisans ! Ann m'a attrapée par le bras avant que je réponde. Heureusement, parce que Slughorn arrivait.

oOoOo

Ce soir, je suis donc dans la salle commune à noircir rageusement des kilomètres de parchemin. J'entends Remus et Sirius qui tentent d'expliquer un truc à Peter, James qui marmonne des choses peu aimables à propos de cette « foutue préfète d'Evans », Ann et Mandy qui parlent Quidditch et Mary, silencieuse à côté de moi (donc en fait je ne l'entends pas), qui me supporte dans ma souffrance.

La porte de la salle commune s'ouvre et un groupe d'élèves entre bruyamment. Je soupire et lève la tête, prête à les envoyer balader dans les règles, quitte à passer pour une mégère. Ce sont des quatrièmes années, trois filles et deux garçons. Un détail attire tout de suite mon attention : mon frère est parmi eux. Il a un grand sourire aux lèvres et semble raconter une histoire passionnante à ses amis qui le taquinent. Quelques pas derrière lui, Inge, une petite brune très gentille, fait une tête de six pieds de long.

- Ça sent l'histoire amoureuse, fait Mary en connaisseuse.

J'acquiesce. Il faut dire que mon frère a un certain succès auprès des filles. Il a hérité des cheveux blonds vénitiens de ma mère, a les mêmes yeux bleu vert que moi et la carrure de mon père (c'est-à-dire qu'il est grand et musclé, bref, tout ce que ces demoiselles aiment). Pourtant, à part ça, il n'a rien d'extraordinaire. C'est juste mon frère, quoi.

Qu'Inge en pince pour lui n'est pas une nouveauté pour moi, ni pour Mary. Ils sont toujours fourrés ensemble, ces deux-là et pour tout vous dire, ils formeraient un couple très mignon. La seule fois où j'ai osé faire un petit sous-entendu à propos de ça, Keith a fait celui qui ne comprenait pas.

Aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur à supporter le bruit de sa bande de copains.

- Hey, Keith ! je lance à travers la salle commune. Ferme-la un peu !

Mon frère lève les yeux au ciel et un de ses copains lui murmure un truc. Il hoche la tête avec un air de martyr et vient vers moi en sautillant presque. Je lève un sourcil.

- Tu te sens bien ?

- Oui, pourquoi ?

- J'sais pas, on dirait Sirius quand James vient d'attraper le Vif d'Or, alors…

- On parle de moi ? fait l'intéressé en se levant pour nous rejoindre.

Keith est ravi. Il est fan de Sirius. Je soupire. Y a-t-il un garçon à Gryffondor qui ne soit pas fan de lui ? Ou de James ?

- Nan, Sirius, on n'parle pas de toi. Jamais.

- Jamais ? Ce n'est pas bien de mentir, Luthine.

Keith éclate de rire.

- Oh ça va hein, laissez-moi bosser, virez.

Les deux garçons me regardent d'un air étonné.

- C'est toujours comme ça quand elle est mal lunée, fait mon frère.

- Je confirme, répond Sirius.

Ne. Pas. Réagir.

- Mais toi, tu m'as l'air de bonne humeur, continue-t-il. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Un exploit ? C'est que tu aurais presque la tête d'un Maraudeur qui vient de réussir à passer Rogue par la fenêtre !

Aaaaah, Sirius, tais-toi ! Il ne va pas s'en remettre si tu lui fais des compliments comme ça ! Je vois Mary tenter de camoufler un rire. Elle me jette un coup d'œil hilare, je prends un air malheureux. Cette phrase, je vais en entendre parler pendant des années. Keith, presque comme un Maraudeur ? Non mais ça ne va pas la tête ? Il va se mettre dans le crâne de les imiter, après ! Franchement, on n'a vraiment pas besoin de ça !

- J'ai mis une raclée à Aidan Selwyn.

Sirius émet un sifflement ravi. C'est bien un truc de gars, ça. Se mettre des… HEIN ?

- Tu as QUOI ? je m'exclame, avec certes un temps de retard. Tu t'es encore battu avec lui ? Non mais je rêve ! Ça arrive plus d'une fois par semaine ! Papa et Maman vont être furieux ! Tu ne peux pas te retenir ?

- Hey, calme, sœurette !

(Pourquoi tout le monde m'affuble de surnoms stupides ?)

- Je te signale que tu es très mal placée pour parler ! Tu passes ton temps à te prendre le bec avec Rosier !

- Moi, je ne me fais pas prendre !

- Mais je n'me suis pas fait prendre !

- Bien sûr, raconte ça à quelqu'un d'autre !

- Bon, c'est vrai, j'ai une heure de retenue…

Je pousse un soupir exaspéré. Un coup d'œil vers Sirius et Mary m'énerve encore plus. Ils sont morts de rire !

- Et pourquoi tu t'es battu, cette fois-ci ?

- Oh oui, raconte ! trépigne Sirius, tout excité.

Quel gamin, celui-là. Je cherche une aide extérieure. Je vois Remus et Peter, à la table d'à côté, qui regardent « discrètement » la scène. Ils rigolent aussi. Bon, l'un ne vaut pas mieux que les autres. Un mythe vient de se briser.

- Il a envoyé un sort à Judith Carmichael et il l'a traitée de Sang-de-Bourbe !

Tout le monde pousse une exclamation outrée, même moi. Sang-de-Bourbe est en passe de devenir une insulte courante, cette année. C'est… écœurant.

- Alors je lui ai lancé un sort de Bloque-Jambe, mais il l'a évité et m'a renvoyé un Expelliarmus. Comme je n'avais plus de baguette, j'ai cogné !

Et il mime le geste. Sirius est à deux doigts d'applaudir. Je regarde les deux autres Maraudeurs. Ils sont dans le même état, on dirait qu'ils vont entrer en transe ! Remus un petit peu moins, peut-être. Mais je lui cherche une excuse, ce n'est pas du jeu. Mary, par contre, hausse les épaules. Combat masculin pour prouver sa virilité, voilà son analyse. Je suis complètement d'accord.

- Et Judith, elle t'a remercié, au moins ? dit le brun en riant, avec un regard sous-entendu.

- Black !

- Quoi, c'est la moindre des choses ! répond-il sur le ton de l'évidence. Alors ?

- Ben oui, on sort ensemble maintenant !

Ah, je comprends mieux la tête d'Inge. Je grogne.

- Quoi ? m'interrogent les deux garçons.

- Comme c'est romantique ! Le preux chevalier venu sauver la damoiselle en détresse…

- Tu as quelque chose contre ?

- Oui. C'est d'un ridicule…

- Et si tu avais été à la place de Judith, hein ? grimace Keith, vexé que je ne sois pas plus impressionnée que ça.

- Déjà, je ne serai pas sortie avec toi.

- Merci, Luth, ça fait plaisir. Mais je n'aurai pas voulu de toi non plus. Le jour où tu trouveras un garçon capable de te supporter, épouse-le vite avant de le faire fuir !

Et mon frère rejoint ses amis à grandes enjambées. Je me mords les lèvres pour ne pas rire. Quelle susceptibilité !

- Charmant, Luth, vraiment, commente Sirius.

- Tu ne vas pas me dire que tu t'entends mieux avec ton frère.

- Regulus est à Serpentard.

Comme si ça expliquait tout.

- Et sous prétexte que Keith est à Gryffondor, je ne peux pas lui lancer une petite vanne ?

- Tu devrais profiter d'avoir une famille fréquentable, au lieu de l'envoyer balader tout le temps.

Et il quitte la table.

- Quelle bande de rabat-joie, je soupire, énervée.

Je n'envoie pas balader Keith tout le temps. Seulement quand il fait l'idiot. Et quand je suis de mauvaise humeur. Et quand il me contrarie. À part ça, on s'entend bien.

À ma droite, Remus est toujours écroulé de rire. Ça me console. Ou pas.

oOoOo

Mon Audrey préférée,

Merlin, mais il fallait m'annoncer ça doucement, j'en suis presque tombée de ma chaise ! Venir te voir à Sydney cet été ? Mais c'est la plus belle chose que tu aies pu me proposer ! Je fais mes bagages et je transplane immédiatement ! Oui, je sais, si ça se passait comme ça, ce serait vraiment fantastique. Mais il va falloir convaincre mes parents. Quoique, ça ne devrait pas être trop dur. Ils seront ravis de m'envoyer dans un endroit sûr. Je te tiens au courant ! Et puisque tu m'as fait cette merveilleuse proposition, oui, je te pardonne, même si tu n'as aucune excuse et que tu es inexcusable ! Que veux-tu, ma bonté me perdra.

Je suis contente de voir que, même si tout n'est pas rose, tu sembles bien t'en tirer. Si ça peut te consoler, sache que la canicule australienne est sans doute préférable à l'automne anglais. Qu'est-ce qu'on se gèle ! Alors que tu vas pouvoir bronzer tranquillement, on va tous perdre nos maigres couleurs et ressembler à Binns. Et sinon, est-ce que tu as des matières bizarres à travailler ? Genre communion avec la nature ? Il paraît que ça existe dans certains pays. Je t'imagine bien en train d'essayer de parler à un kangourou !

Ici, nous sommes rentrés depuis déjà un mois. Ça passe vite, le temps ! Surtout quand on travaille. Les profs sont des malades. Ils croient qu'on a des retourneurs de temps, j'en suis sûre. Avec Ann, on a fait le calcul. On a en moyenne deux cents centimètres de parchemin à rédiger par semaine ! Deux cents ! Deux mètres ! Tu imagines ?

Bref, assez parlé d'école. Comment sont les gens que tu as rencontrés ? Il y a des garçons, dans le lot ? Le prince charmant ? Qui sait, il est peut-être australien… Je veux un compte rendu détaillé dans ta prochaine lettre. Qui elle-même doit arriver avant un mois. Sinon je boude. Je sais que tu me poseras LA question, donc je m'empresse d'y répondre tout de suite : non, rien n'a changé entre lui et moi et je crois bien que rien ne changera jamais. Surtout que tu ne connais pas la dernière : selon Remus, j'aurais un admirateur secret avec lequel, je cite, « j'irais très bien ». J'ai essayé d'en savoir plus, mais rien à faire. La seule chose qu'il a bien voulu me dire, c'est que je ne pourrais aller mieux avec personne d'autre. Est-ce que je dois comprendre qu'il ne se permettrait pas de sortir avec moi ? Grmbl, je déteste les énigmes. Toi qui es si intelligente, pourrais-tu m'aider ? As-tu la moindre idée de qui peut être ce garçon mystère ? Parce que j'avoue que je sèche. Et qu'Ann aussi. Oui, Ann (d'ailleurs, elle te passe le bonjour).

Tu sais que la situation est critique, ici. Le Ministère vient de publier un décret autorisant les Aurors à tuer ! Tuer ! Vois où nous en sommes arrivés… L'été n'a pas été drôle et c'est notre dernière année à Poudlard, mais tu sais bien que je veux être Médicomage et pas Auror. Le combat, ce n'est pas trop mon truc je ne serai pas en première ligne et je ne fais pas partie de Ses cibles préférées. Je sais qu'il faudra que je fasse un choix, que je décide si je fais l'autruche où si je me bats pour quelque chose. Mais c'est une décision tellement difficile à prendre. Toute Gryffondor que je suis, je ne suis pas sûre d'en avoir le courage. Je sais que tu comprends. Pour le moment, je suis en sécurité bien au chaud (enfin, la chaleur est très relative) dans l'endroit le plus sécurisé du pays. Je ne risque pas grand-chose. Cesse donc de te faire du souci pour nous, ma grande. Tu as assez à faire avec ta nouvelle vie et le temps que nous soyons vraiment en danger, tu seras revenue (et ne fais pas celle qui dit « comment elle sait ça ? » !).

Plein de bisous, pensées, dragées surprises de Bertie Crochues et autres trucs bien appétissants,

Luth

oOoOo

Il fait froid, mi-octobre, je vous l'avais déjà dit ? Non ? Eh bien, c'est chose faite.

- Il fait froid, je dis en claquant des dents.

- Cinquante-trois, répond Sirius.

- Cinquante-quatre, corrige Remus.

- J'en ai loupé un ?

- Oui, tu es arrivé cinquante secondes après moi.

- Ah, fallait le dire.

- Il fait froid, je répète.

- Cinquante-cinq.

Je lève les yeux au ciel. Le grand jeu de Sirius depuis qu'il m'a coincée entre Remus et lui sur ces fichus gradins, c'est de compter le nombre de fois où je répète qu'il fait froid. Pourtant, je ne suis pas à plaindre. Plus ou moins confortablement installée entre les deux garçons, j'ai sûrement plus chaud que Lily qui est debout toute seule à danser d'un pied sur l'autre en dévorant les joueurs des yeux. Enfin, en dévorant UN joueur des yeux, devrais-je dire.

- IL FAIT FROID ! je crie presque, lassée par le manège de Sirius.

- Cinquante-six.

Grmbl. Il m'énerve. Je vais le coincer, celui-là !

- J'ai froid !

- Cinquante-sept.

- Perdu, très cher, s'amuse Remus.

Ha ha ha, j'ai gagné ! Je savais que Remus comprendrait le truc. Il est intelligent, ce garçon. Et gentil, en plus. Et mignon. Presque parfait, quoi. Hum. Bref.

- Comment ça, perdu ? s'exclame son ami.

- Elle a dit « j'ai froid », pas « il fait froid » !

Je ris et tire la langue à l'enquiquineur.

- Vile créature ! Etre ô combien retors ! Tu voulais me piéger, avoue !

- Pour être honnête, je voulais surtout que tu te taises.

Il prend un air mécontent.

- Eh bien pour te punir de ta mesquinerie, je ne le ferai pas !

Et il se met à chanter à tue-tête le grand succès de Célestina Moldubec, une jeune chanteuse à la mode.

- Oh, viens, viens remuer mon chaudrooon Et si tu t'y prends comme il fauuuut, je te ferai bouillir une grande passiiiiiiiooon, pour te garder ce soir près de moi bien au chauuuud !

J'ai dit chanter ? Je corrige tout de suite. Il ne chante pas, il braille !

- Pitié ! je gémis.

Mais Sirius me lance un coup d'œil moqueur et chante, non, braille, un ton plus haut.

- Oooooh, mon cœur malheureux, où s'en est-il allééé ? C'est pour un sortilèg' qu'il m'a abandonnééée !

Je me bouche les oreilles, mais le stupide Maraudeur braille de plus en plus fort. À ce stade, ce n'est plus brailler. C'est carrément hurler !

- Maintenant que tu l'as brisééé, sans la moindreuh pi-ti-ééé !

J'enfouis ma tête dans l'épaule de Remus en gémissant de plus belle. Sans détourner le regard du terrain, il passe un bras autour de mes épaules et me tapote le dos en soupirant. Il compatit. Je pousse intérieurement le cri de la groupie en furie : « Hiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! »

- …Fais-moi je t'en prie la faveuuuur…

À ce moment-là, Sirius manque de s'étrangler. Je tourne la tête et lui jette un coup d'œil. Il a un air bizarre sur le visage. Ses lèvres bougent toujours et pourtant je n'entends plus rien. Il articule silencieusement le dernier vers, un air de supplicié sur le visage.

- De me rendre mon cœur…

- Ah, il a arrêté de chanter ? remarque Remus d'un air satisfait.

- Non, non… je dis sans trop comprendre.

- C'est mieux comme ça ! fait une voix sèche que je connais bien. C'est qu'il peut être pire que James, quand il s'y met !

Lily monte les gradins tranquillement, sa baguette à la main. Je note silencieusement que ce qu'elle vient de dire pourrait être pris comme un compliment pour James. Mais comme je ne vais pas lui faire remarquer devant les garçons, je lui demande à la place :

- Silencio ?

- Pour vous servir, Miss dit-elle avec une mimique d'elfe de maison.

Sans quitter l'épaule de Remus, je tire la langue à Sirius et me mets à fredonner les paroles du Chaudron Plein de Passion en le regardant, moqueuse. Il n'a pas l'air content. Bien fait pour lui !

Puisque je suis confortablement installée et enfin tranquille, je porte enfin mon regard sur ce qu'il se passe sur le terrain. Parce qu'à l'origine, c'est pour encourager Ann pendant les sélections que je suis venue me geler dans le stade.

Trois postes étaient vacants cette année. Un poste de batteur et deux de Poursuiveurs. James fait exécuter une série de tests aux candidats, en commençant par les poursuiveurs. Fabian Prewett, le seul restant de l'année dernière, fait des passes au hasard. James écarte très vite deux postulants. Il demande ensuite à ceux qui restent de marquer des buts. Chose difficile, avec une virtuose du gardiennage comme Mandy. Durant la majeure partie des tests, James hoche la tête d'un air mécontent. Tout en jetant des regards fréquents vers les gradins en se passant la main dans les cheveux.

J'ai peur que les sélections s'éternisent, mais il finit par arrêter son choix sur Calypso Dubois, une cinquième année petite et audacieuse qui n'a pas hésité à enchaîner les figures risquées pour déjouer l'attention de Mandy et convaincre le capitaine. Franck Londubat quant à lui, grand et bien bâti, dégage une assurance qui ferait sans doute hésiter l'adversaire. Voilà sûrement ce que James nous racontera ce soir en rentrant.

Maintenant, c'est le tour des batteurs. Ann vole depuis un certain temps déjà et fait de grands mouvements nerveux avec sa batte. L'autre batteur, Joey Jenkins, a une force de frappe impressionnante pour un cinquième année. Que va chercher James ? Ann a de la force et vise assez bien. C'est bien ce qu'il lui faut, non ? Deux autres garçons prétendent au poste. Je croise les doigts pour ma meilleure amie.

oOoOo

- HIP HIP HIP HOURRAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !

Mary et moi exécutons la danse de la victoire autour d'Ann, qui a les joues rougies de chaleur et de plaisir. Elle a été prise. Évidemment. Le stress a joué pour elle. Elle s'est défoncée (et, par la même occasion, a failli défoncer James). Pour fêter ça (la sélection, pas la défonce de James… quoique), Remus et Sirius nous ont filé en douce de la Bièraubeurre, cachée dans des bouteilles d'eau, que nous buvons « tranquillement » dans la salle commune. James, Mandy et Ann sont surexcités et parlent à toute vitesse de tactique et d'entraînement. Grmbl. Sirius, qui a retrouvé sa voix, s'incruste dans le groupe en les félicitant chacun outrageusement. Mandy devient particulièrement rose. Sirius la prend dans ses bras. Mary me pousse du coude j'acquiesce silencieusement.

Sirius et Mandy, toute une histoire. Plus le temps passe, plus ils se rapprochent. Parfois on a vraiment l'impression qu'ils sont ensemble. Si j'étais à la place de Jethro, j'aurais depuis longtemps piqué une crise de jalousie pour qu'elle arrête de se comporter comme ça avec lui. Elle a plus l'air d'être la petite amie de Sirius que la sienne ! Et le pire, c'est qu'il en profite, Black. Contrairement à Remus, moi, je pense que Mandy est bien membre du fan-club de Sirius, amoureuse de lui et que s'il lui sautait dessus, elle ne l'enverrait pas balader.

- Allez, dans deux mois ils sont ensemble, je promets à Mary.

- Pari tenu, Luth.

Zut. Je viens encore de parier.

oOoOo

Il commence à se faire tard et la salle commune se vide peu à peu. Fatiguées, Mary et moi avons arrêté de danser et nous discutons à présent à voix basse avec Ann, affalées sur un canapé. Soudain, des bruits de pas résonnent dans l'escalier menant au dortoir et quelques secondes plus tard, les Maraudeurs émergent de l'ouverture, vêtus de pieds en cap pour ce qui semble être une expédition nocturne.

Ce détail étrange suffit à faire bondir Ann :

- Vous allez où comme ça ?

- Là où tu ne voudrais mettre les pieds pour rien au monde, répond sèchement James, visiblement contrarié de croiser quelqu'un.

Et il reprend son chemin sans un mot de plus. Charmant, vraiment. Sirius se penche vers nous et chuchote :

- Si vous pouviez éviter de répéter à Lily que vous nous avez croisés… Nous vous en serions grandement reconnaissants.

- Seulement si vous nous dites où vous allez, insiste Ann, qui a horreur des secrets.

- S'il te plaît, Ann, ne commence pas.

- Si, je commence ! On va encore perdre des points à cause de vos bêtises !

- Tu serais surprise du nombre de fois où nos bêtises sont passées inaperçues.

- Quoi ? s'exclame ma meilleure amie, visiblement choquée. Vous faites le mur si souvent que ça ?

- Ai-je dit une chose pareille ? répond Sirius, malicieux. Allez, les filles, soyez sympas…

Voyant qu'Ann va encore intervenir et n'est pas prête de céder, j'interviens :

- D'accord, on ne dira rien si vous ne vous faites pas prendre.

- Merci, Luth, je savais qu'on pouvait compter sur toi ! répond Sirius.

Il m'adresse un sourire ravi avant de courir rejoindre ses amis. Mary marmonne :

- De toute façon, si ça arrivait, je doute qu'on ait quelque chose à dire. Lily devinera toute seule.

- Mais pourquoi tu les as laissé faire, Luth ?

Ann n'est visiblement pas contente de mon intervention.

- A quoi ça aurait servi de faire une scène ? Rien qu'à les énerver, à réveiller tout le monde, dont Lily, qui serait allée chercher McGonagall et qui nous aurait enlevé des points. Ils sont toujours sortis en douce, ce n'est un secret pour personne.

- Et on ne sait jamais ce qu'ils trafiquent ! Ca pourrait être dangereux ! Parfois ils reviennent couverts de griffures avec des cernes jusqu'au menton.

- Oui, mais tu l'as si bien remarqué, ils reviennent, souligne Mary avec un sourire.

- Mais s'il leur arrive un problème un jour, personne ne pourra aller les aider !

- Tu oublies que tu parles des garçons les plus doués de l'école. Je doute que nous puissions leur être d'aucune aide le jour où ils auront affaire à plus fort qu'eux.

Qu'Ann remette brusquement en question les allées et venues des Maraudeurs me semble bizarre. Pourquoi cet intérêt soudain ? Ils sont des habitués des mauvais coups, personne ne sait ce qu'ils trafiquent, ils sont dans leur bulle et c'a toujours été comme ça. Ca ne m'a jamais dérangée, après tout, ce n'est pas comme s'ils ne nous adressaient jamais la parole ou nous méprisaient. Ils sont sympas avec nous, on le leur rend bien. Puisqu'ils ne se sont jamais mêlés de nos histoires, je ne vois pas pourquoi on se mêlerait des leurs.

Je fais part de mes réflexions à Ann, qui n'a pas l'air convaincue. Je reprends avant qu'elle ne réagisse :

- Ecoute, je suis aussi curieuse que toi, mais tu ne devineras rien avec un affrontement direct. Ils sont plus doués que nous à ce petit jeu là.

- Et puis tu ne voudrais pas que Lily se fâche encore une fois contre James, non ? Alors qu'ils s'entendent de mieux en mieux ! ajoute Mary, histoire d'enfoncer le clou.

Cette phrase me fait prendre conscience que tout est relatif. On a certes constaté une amélioration des relations Evans-Potter, mais ça reste encore très électrique. Je saute sur l'occasion pour qu'Ann ne revienne pas sur l'épineux problème des sorties nocturnes des garçons :

- D'ailleurs, en parlant d'eux, le comportement de James me surprend cette année. Il ne lui court plus après, il se permet même de la remettre à sa place ! Comme l'autre jour quand il lui a dit d'aller voir à la bibliothèque s'il y était. Vous croyez qu'il s'est fait une raison ?

- Je ne sais pas, répond Ann, songeuse. J'ai du mal à croire qu'il renonce à elle. Du moins tant qu'on sera à l'école et qu'il la verra tous les jours.

J'échange un regard amusé avec Mary. Rien de tel que les histoires d'amour pour accaparer l'attention de ma meilleure amie. Elle a un côté princesse moderne rafraichissant.

- Je pense plutôt qu'il a compris pourquoi Lily ne l'aimait pas et qu'il essaie de changer. En fait, il tente de dégonfler sa tête, comme lui a conseillé Sirius, sauf qu'il ne sait pas s'y prendre. Hurler sur Lily, ce n'est pas la bonne solution. Quoique ça lui fait du bien à elle de trouver du répondant. Alors peut-être qu'en fait ça peut marcher. D'ailleurs, depuis l'histoire du pari, il évite de l'embêter, comme il l'a promis.

- Donc, tu en déduis qu'il y a une chance pour que Lily se laisse enfin approcher ?

- Oui, bien sûr.

- Bon, eh bien Remus aura un cas de moins sur les épaules, je conclus avec un sourire moqueur.

Mary et Ann tirent une drôle de tête à ma remarque. Je mets un moment à comprendre pourquoi.

- Oh, mince de mince, par la baguette de Viviane ! Avec tout ce qu'il s'est passé, j'ai oublié de vous raconter la retenue !

Je rectifie cette erreur en parlant à toute vitesse, histoire de les empêcher d'intervenir. A la fin de mon récit, cependant, je dois subir les foudres de ma meilleure amie sous le regard amusé de Mary. J'attends donc que la tempête passe, ce qui prend un moment. Ann a en effet décidé de me couvrir de surnoms tous plus agréables les uns que les autres, entrecoupés de grandes phrases telles que « tu as osé nous cacher cette information capitale ! » ou « mais tu ne me fais pas confiance pour ne pas me dire ça ? ». Quand elle a fini, Mary dissimule tant bien que mal son fou rire et je me contente de claquer la langue, agacée.

- Excuse-moi, promis, je le jure sur Merlin, je n'ai pas fait exprès, c'est simplement que j'ai été interrompue par la lettre d'Audrey et après je n'avais plus trop la tête à ça.

- Je t'excuse, me répond-elle solennellement.

Ann et son goût du spectacle. Quand je pense qu'elle vient de me faire une scène pour rien. Juste pour le plaisir. M'enfin… J'ai l'habitude, hein. Et puis ce n'est pas comme si je ne râlais jamais.

- Bien, maintenant nous pouvons peut-être aborder l'analyse du contenu de la conversation ? plaisante Mary, se posant comme toujours en arbitre.

- C'est une brillante idée, j'approuve. Je pense qu'on peut mettre de côté Sirius et sa fameuse copine et…

- Pourquoi, le mettre de côté ?

- Ben c'est évident que c'est Mandy, même si Remus ne l'a pas dit. Il a dû croire que je ne me doutais de rien. Et comme je l'ai déjà dit, Sirius n'étant pas timide, la seule chose qui doit le retenir, c'est qu'elle ait un copain.

- Je trouve que c'est un peu vite expédié… commence Mary, prudente. On pense que c'est Mandy, mais on n'est pas infaillible.

- Taratata, dit Ann, on parlera de Sirius plus tard. Ce qui nous intéresse, ce soir, c'est le garçon mystère.

- Oui, j'approuve. Ca m'embête cette histoire. Déjà parce que je ne sais pas s'il était sérieux. Et puis… je ne sais pas, j'ai eu comme l'impression qu'il ne se permettrait pas de se mettre entre lui et moi parce qu'on irait tellement bien ensemble.

- Oh, ne te chagrine pas, ma Lulu, ce n'était sans doute que des paroles en l'air. Peut-être qu'il parlait de lui…

- Ann, tu sais très bien que ce n'est pas son genre, la coupe Mary. Il est honnête.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Vu le peu de choses qu'il laisse échapper…

- Le peu de choses est toujours vrai.

- Même. Il n'a pas dit que ce n'était pas lui, donc, on peut penser que c'était une technique d'approche en douceur.

Mary affiche un air franchement sceptique. Je partage son sentiment. Je ne sais pas trop comment Remus s'y prendrait avec une fille, mais je l'imagine pas agir de cette manière.

- Admettons que ça ne soit pas lui, j'interviens. Est-ce que vous pensez qu'il est sérieux et, si oui, qui pourrait être ce garçon ?

C'est Mary qui répond la première, coupant l'herbe sous le pied d'Ann :

- Je pense qu'il est sérieux, il n'irait pas inventer une telle salade juste pour te taquiner. Quant au garçon… Ca doit être quelqu'un que vous connaissez tous les deux un minimum pour qu'il soit au courant…

- Un Maraudeur ! s'exclame Ann. Sirius ou Peter !

- Sirius est déjà pris...

- Ben Peter alors !

- Remus a dit qu'on irait bien ensemble ! je contre.

- Mais si c'est Peter, Remus ne peut pas être objectif puisque c'est son ami.

Ah, non, pitié, pas Peter. Je l'aime bien, mais il n'est pas du tout mon genre. Je veux dire… sans être méchante… J'ai besoin de quelqu'un qui ait un peu plus de caractère. Non ?

- Oui, bon, de toute façon, ce n'est pas comme si je ne fréquentais que les Maraudeurs.

- Ah, tu préfères un des copains de Keith ?

Je fusille Ann du regard. D'accord, je ne connais pas tout Poudlard, mais quand même ! Je m'entends bien avec quelques Serdaigles que j'ai connus via Audrey et même quelques Gryffondors de sixième année.

Après plusieurs minutes de spéculation, je dois me rendre à l'évidence : elles n'ont pas plus d'idées que moi. Pour Ann, c'est forcément Peter et elle compatit. Pour Mary, le plus probable serait Fabian Prewett. C'est déjà plus acceptable.

- Bon, bah on verra bien ce qu'Audrey en pense…

- Tu as parlé de ça à Audrey ? s'étonne Ann.

- Et pourquoi pas ?

- Luth… Elle n'est plus là.

- Je sais, j'élude d'un geste de main. Mais elle me connaît.

Je vois mes deux amies échanger un regard inquiet.

- Et je ne vais pas couper les ponts parce qu'elle est partie à l'autre bout du monde ! Si un jour on doit s'éloigner, ça se fera tout seul. Mais pas maintenant. Pas maintenant.

Elles soupirent dans un bel ensemble mais n'ajoutent rien.

- Et s'il le faut, j'irai demander à Peter et Sirius des renseignements sur le garçon.

- Tu ne ferais qu'apporter des ennuis à Remus, s'exclame Ann. Si c'est l'un d'eux, ils vont lui tirer les oreilles pour avoir vendu la mèche.

- Tant pis pour lui, je décide. Il n'avait qu'à pas parler.

- Je te trouve sans pitié pour l'élu de ton cœur.

Je grogne.

- L'élu de mon cœur, il s'en fiche de moi et il me raconte peut-être des salades.

- Qu'est-ce que tu en sais, qu'il s'en fiche de toi ? Tu ne lui as jamais demandé !

- Parce que je connais déjà la réponse.

- Ca ne te ressemble vraiment pas, Luth. D'habitude, tu n'aimes pas ne pas être fixée. Tu es tellement obstinée ! Pour autre chose, ça ferait longtemps que tu aurais trouvé le moyen d'obtenir l'information sûre. Je vais finir par croire que tu n'es pas amoureuse de lui.

- Mais si, je le suis ! Simplement…

- Simplement ?

Roh, elle m'embête. Je ne sais pas. Je suis un peu impressionnée. C'est Remus, quand même. Un Maraudeur. Et un ami que je n'ai pas envie de perdre. Boudeuse, je ne réponds qu'un « tupeupacomprendre ».

- Au pire, dit calmement Mary, tu finiras par découvrir qui est ce garçon mystère et tu t'apercevras qu'il te correspond plus que Remus.

Mouais. Au pire.


Luth vous demande instamment de l'aider à résoudre l'énigme du garçon mystère. Pour vous attendrir et vous encourager, elle vous promet d'aller parler à Remus si vous la soutenez.

Caprice, elle ne promet rien mais vous dit à lundi prochain avec un chapitre palpitant du nom de "Magie rouge, magie noire"...