Chapitre 33: Nervosité

« Est-ce qu'on peut compter sur toi, Shouichi-kun. » demanda un certain jeune homme de vingt-trois ans.

Son compagnon, un garçon du même âge aux yeux gris bleus et aux cheveux rouges fronça les sourcils d'un air pensif. Levant les yeux vers son ami, il dit, « Est-ce vraiment nécessaire, Tsuna-kun ? Je sais que c'est pour le bien de tous, mais… »

La fin de sa phrase resta en suspens lorsqu'il vit l'expression du petit brun.

« C'est la seule façon… » fit tristement Tsuna. « J'appréhende un peu ça moi aussi. Je ne veux pas impliquer les autres, mais… je n'ai pas le choix. Si je ne le fais pas, il se passera la même chose dans leur temps. »

Shouichi détourna le regard devant la mine attristée de son ami et fit face au jeune homme à la chevelure sombre qui se tenait silencieusement dans un coin de la pièce.

« E-et que penses ton grand frère de tout cela ? » demanda-t-il d'un ton hésitant

Tsuna fit la moue. « Je n'avais pas l'intention de leur dire, mais Kyoya l'a découvert lui-même. Il était réticent au départ mais une fois que je lui ai expliqué, il m'a dit 'Fais ce que tu veux'. »

Shouichi se tourna vers Kyoya pour confirmation, et le jeune homme hocha la tête à contrecœur, sans jamais cesser de lui lancer des regards assassins.

Soupirant, Shouichi fit face à son boss. « Eh bien, je suppose que c'est une bonne que moi et Spanner ayons infiltré les Millefiore. » dit-il, apparemment d'accord avec le plan fou de Tsuna.

Celui-ci fronça les sourcils d'un air confus. « Quoi ? » fit-il. « Spanner a… aussi infiltré les Millefiore ? »

Le scientifique acquiesça et adopta une expression plus sobre. « Il n'y a pas à s'inquiéter, il n'est pas en danger immédiat. Mais nous avons de terribles nouvelles. »

« Qu'est-ce qui pourrait encore arriver de pire ? »

« Apparemment, Byakuran a un assassin personnel, en qui il a toute confiance. »

Tsuna sembla perdu. « Oui, tout le monde sait ça. Je ne vois pas ce qu'il y a de nouveau. »

Shouichi ne se défila pas et Tsuna commença à s'inquiéter. Son hyper intuition lui disait que les nouvelles de son ami n'allaient guère lui plaire.

« Tu ne devineras jamais de qui il s'agit… »

O-o-o-o-o-o-o-o-o-O

De retour dix ans dans le passé, Tsuna jouait nerveusement avec le bout de sa cravate tandis qu'il attendait son père.

Peu après, Vongola Primo entra dans la pièce, vêtu d'un costume noir par-dessus une chemise blanche et une cravate sombre. Et bien sûr, il portait son long manteau.

Voyant à quel point son fils semblait nerveux, Giotto sourit d'un air rassurant et s'approcha du garçon, habillé presque comme lui, pour réajuster sa cravate.

« Inutile de stresser. » dit-il gentiment. « Tu as déjà été à des centaines de ces réceptions autrefois. »

« Oui, mais jamais une à laquelle j'allais être présenté comme l'héritier officiel de la Famiglia ! » dit (s'écria) Tsuna.

Riant doucement, Giotto répondit, « On croirait que tu marches vers la potence. Vraiment Tsuna, tout va bien se passer. » Voyant que cela n'avait pas l'air de calmer son fils, Giotto décida d'utiliser sa dernière méthode. « Tu ferais mieux de ne pas faire cette tête devant les invités. Ils pourraient croire que tu ne veux pas d'eux ici, ce qui ne serait pas poli puisque certains d'entre eux sont venus depuis Palerme, juste pour te voir. »

Les yeux de Tsuna s'écarquillèrent sous la surprise. « …Palerme ? » répéta-t-il.

Giotto hocha la tête.

« Tu veux dire… qu'ils sont là ? » demanda Tsuna d'une voix entrecoupée.

Giotto acquiesça de nouveau.

Il y eut un moment de silence, puis Tsuna s'exclama « Yatta ! »

Le brusque changement d'attitude fit rire son père. « Tu as l'air content. »

« Bien sûr que je suis content ! » répliqua Tsuna, si excité qu'il en sautait presque sur le lit. « Ça fait des années qu'on ne les a pas vus ! Je ne vois pas pourquoi je ne serais pas content ! Allez, on n'y va ! Il ne faut pas laisser nos invités attendre ! »

Giotto secoua la tête d'un air amusé et suivit son fils dans le couloir.

Tsuna sautilla tout le long du chemin jusqu'à la salle de réception où se tenait le banquet, mais lorsqu'il arriva devant les doubles portes qui le séparait des invités, il redevint doucement sérieux. Etant les hôtes de la soirée, lui et son père seraient les derniers à arriver et sans surprise, lorsqu'il fit signe aux majordomes d'ouvrir la porte, le silence se fit parmi les invités.

Tout le monde se tourna vers eux, et plus d'un ne put s'empêcher de remarquer à quel point ils se ressemblaient, d'avantage comme deux frères qu'à père et fils.

Après presque une heure passée à saluer les invités, Tsuna commençait à s'impatienter. Il n'avait pas encore vu ni ses frères, ni lui. Bien qu'il ait envie de partir en courant, il était trop poli pour dire à ses invités de le lâcher.

Mais alors qu'il discutait avec quelques Dons d'autres familles, une vois familière les interrompit.

« Pardonnez-moi messieurs, mais je vais devoir vous emprunter notre jeune invité d'honneur à présent. »

Tsuna sursauta en reconnaissant la voix et se retourna pour faire face à une personne familière qu'il n'avait pas vue depuis des années. Les cheveux rouges flamboyants du mafioso étaient reconnaissables à des kilomètres à la ronde et une lueur d'amusement brillait dans ses yeux.

« Cozart ! » s'écria Tsuna en se jetant à son cou.

Lui donnant une légère tape sur la tête, l'homme dit d'une voix faussement sévère, « Bonjour, fils impoli de mon meilleur ami. Qui t'a appris à appeler tes aînés par leur prénom ? »

Riant, Tsuna recula un peu et dit, « Désolé mon oncle, j'étais juste si content de te voir. »

« Ne t'en fais pas, Tsuna. » fit Cozart en ébouriffant gentiment ses cheveux. Puis, se tournant vers les personnes présentes, il sourit poliment et dit, « Pardonnez-moi messieurs, mais cela fait un certain temps que nous ne sommes pas venus à Milan et mon fils s'impatiente de revoir notre cher Tsunayoshi. Si vous voulez bien nous excuser… »

« Oh, mais bien sûr !" répondit un des boss. « Vous n'avez pas besoin d'être si formel, Shimon Primo. Nous savons à quel point Tsunayoshi et Enma sont proches. Va donc le rejoindre, mon cher Tsunayoshi, ne reste pas là à t'ennuyer avec de vieux barbus comme nous. »

« Oh, vous n'êtes pas ennuyeux du tout. » fit poliment Tsuna avant de s'excuser pour aller chercher son ami.

Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer la tignasse rouge familière, au milieu de ses frères et sœurs.

« Enma ! » s'écria Tsuna en s'élançant vers le garçon. « Ça faisait tellement longtemps ! Comment vas-tu ? »

« Tsuna ! Je suis vraiment content de te voir. Je vais bien et toi ? »

« J'irais mieux si je ne savais pas ce qui aller se passer plus tard. » répondit le petit brun avec un sourire nerveux.

Enma inclina sa tête sur le côté d'un air confus. « Qu'est-ce qu'il va se passer ? »

Tsuna allait lui répondre quand il fut interrompu par le son d'une cloche.

Le silence se fit doucement parmi les invités et leur attention se tourna vers une petite scène dressée dans le hall. Giotto et ses gardiens s'avancèrent devant tout le monde et lorsqu'il eut l'attention de tous, le blond commença à parler.

« Mes chers invités ! Je suis honoré que vous ayez pris le temps de venir assister à ce modeste banquet organisé par notre Famille. » Quelques acclamations fusèrent puis il reprit, « Nous passerons bientôt à table, mais avant cela, il est temps de passer à l'évènement principal de ce soir. J'aimerais demander à mon fils de venir me rejoindre ! »