Bêta : Nanola
NDA : Un chapitre un peu court... enfin court pour moi ^^' J'espère qu'il vous plaira néanmoins. Bonne lecture.
Chapitre 7
.
L'apprentissage de la meute
Fait intéressant, dans une meute dite « classique », les seules que nous pouvons réellement observer en général, un Homme-loup choisit sa compagne comme toutes les autres espèces humanoïdes, et ce vers l'âge de vingt à vingt-cinq ans. Après un rituel gardé jalousement secret et l'union charnelle, les deux êtres sont unis pour la vie. Les partenaires, appelés compagnons, doivent convenir, dans l'absolu, tant à la partie lupine qu'à la partie humaine de chaque Lycanthrope.
Car c'est là toute la complexité des Loups-garous. En un seul être se rejoignent deux entités, à la fois uniques, identiques et différentes. La partie lupine, beaucoup plus présente quand le lycan apparaît sous la forme de loup, est la partie que l'on pourrait qualifier de ''sauvage'', bien que ce terme peut paraître plutôt réducteur. C'est la partie instinctive de l'être, celle qui connaît par nature ou naissance ce que l'humain, lui, ignore.
On a longtemps pensé que les Lycanthropes dégénérés étaient ceux dont l'aspect animal avait gagné sur la partie humaine, mais pour ma part, je réfute cette hypothèse. Hommes comme Mages ont suffisamment prouvé leur barbarie, bien plus que ne l'ont fait les loups classiques, surtout envers leurs semblables. Je pense que, comme pour tout, cela dépend entièrement de la personnalité réelle de chaque Lycanthrope, celle qui réunit à la fois l'homme et le loup.
Cette dualité est surtout ressentie chez les nouveaux convertis lycanthropes, c'est à dire ceux mordus par un autre loup suffisamment mature et puissant pour lui injecter le venin lupin. Les autres, les Lycanthropes de naissance, ressentent bien moins cette dualité de personnalité, et parlent plus facilement d'instinct animal et de réflexion humaine.
Cependant, il est vrai que les convertis qui ont été mordus de force et après l'enfance, ont souvent du mal à concilier leur deux natures qui peuvent être totalement opposées. Dans ce cas, la folie s'empare en général du Lycanthrope qui devient particulièrement dangereux ou agressif si la partie lupine l'emporte, soit décide de mettre fin à ses jours si la partie humanoïde l'emporte. Mais dans un cas comme dans l'autre, le Loup-garou ne survit rarement très longtemps, mourant soit de sa folie, soit de sa tristesse.
« Les différentes espèces du Monde Libre » - Chapitre 12 ''Les Loups-garous'' - Basile Beasth
... ... ...
Draco ferma les yeux, une terreur sans nom l'enveloppant. Pourtant, alors qu'il n'aurait jamais cru en avoir le courage, ses jambes l'obligèrent à se mettre debout.
Là où Daniel avait été plié en deux, Draco tenait largement debout. Il avança, flageolant sur ses deux jambes, jusqu'à franchir l'abri de branches. Une fois sorti, il continua à marcher, serrant les dents alors que ses quelques pas le torturaient de nouveau, lui qui pensait que le baume et les sorts l'avaient quasiment guéri.
Devant lui se dressait le feu de camp avec tout autour les treize mâles de la meute. Lui-même ne se considérait pas comme un mâle. Il n'était qu'un Oméga. Rien de plus.
Ses pieds se traînaient au sol, le peu de force qu'il avait s'évaporant comme neige au soleil. Fatalement, le garçon chuta, tombant à genoux contre le sol mousseux. Pourtant, il ne s'arrêta pas, continuant d'avancer à quatre pattes vers la meute et leur chef, son bourreau.
Même ainsi, l'effort fut de trop et il s'effondra, la tête dans les feuilles mortes, tout en s'évertuant à ramper. Les feuilles, détritus et petites branches qui maculaient le sol le blessaient, lui qui avait déjà le corps recouvert de plaies. Certes, le plus important des blessures était dans son dos, l'Alpha ne l'ayant pris que face contre terre, allongé ou à genoux. Mais son ventre, l'avant de ses cuisses, son bas-ventre, ses genoux et ses paumes étaient brûlés par les frottements et recouverts de petites plaies. Sans compter quelques morsures et griffures dont Fenrir l'avait gratifié aussi de ce côté par pur plaisir.
Draco se mit à gémir et rapidement, à pleurer. Il devait aller voir l'Alpha qui l'appelait, c'était non seulement son devoir d'Oméga mais une question de simple survie. Voyant ce que l'homme lui faisait quand il était docile, il n'osait pas imaginer ce qu'il serait capable de lui faire s'il supposait ne serait-ce qu'une once de rébellion de sa part.
Il entendait quelques rires de la part de la meute, certains trouvant le spectacle désolant du garçon nu qui se traînait et pleurait apparemment fort distrayant. Draco ne s'attarda pas là-dessus, son cœur battant une folle chamade alors qu'il gagnait mètre après mètre.
Il allait vers son maître, son dominant, sa plus grande frayeur et son tortionnaire. C'était tout ce qui comptait. Quand Draco entendit le bruit d'un homme qui se lève et qu'il sentit l'odeur de l'Alpha s'approcher de lui, il se roula en boule, les mains sur la tête et éclata en sanglots.
« J'essaye de venir, Alpha, j'essaye ! Je te promets ! Ne me frappe pas, s'il te plaît, je t'en supplie, me blesse pas... »
Sa voix s'étrangla et il ne put plus rien dire, paniquant totalement tandis que Fenrir se penchait vers lui. Il attendit le coup, pied ou poing, la morsure, la griffure. Il attendit même le moment où Greyback le retournerait sur le ventre et s'enfoncerait violemment en lui. Ses larmes redoublèrent, pensant qu'il ne pourrait jamais mettre en pratique les conseils de Daniel et qu'il allait être de nouveau brisé.
Il ne réalisa donc pas tout de suite que l'Alpha le portait et ne le comprit que lorsque ce dernier se rassit, l'Oméga recroquevillé sur ses cuisses.
Draco ouvrit un œil, puis deux, tout en tremblant violemment. Il redressa un peu la tête, avisant qu'il était assis sur l'Alpha, la tête contre le torse de l'homme. Les autres loups les regardaient, avec un brin d'étonnement dans les yeux, tout en parlant et mâchant à la fois. Draco se tourna vers Fenrir, son nez frottant contre lui.
L'humain en lui était répugné par l'odeur de Fenrir, par le fait qu'il le tenait contre lui. Il était terrorisé d'être aussi proche de lui, ne voulait pas bouger, de peur que la brute le martyrise de nouveau.
À l'inverse, le loup frétillait intérieurement de bonheur. Son dominant le prenait contre lui, l'autorisait à être proche, intime. Il ne l'avait même pas puni. À la grande horreur de Draco, sa part lupine était heureuse et reconnaissante par cette proximité qui lui donnait envie de vomir et de hurler.
Avant même de comprendre sa réaction, Compagnon-Loup profita de cette confusion pour prendre un instant le dessus et Draco donna trois légers coups de langue sur la clavicule de Fenrir, en poussant un petit bruit proche du miaulement.
Il s'arrêta, terrorisé, sans oser lever les yeux. Fenrir avait arrêté de parler, tout comme le reste de la meute. Draco gémit, cette fois d'épouvante face à son geste.
« Eh bien, » lança Greyback. « Si j'avais su, je me serais mis en chasse d'un Oméga bien plus tôt ! »
Là-dessus il éclata d'un rire gras, suivi par ceux de la meute.
Draco était mortifié mais soupira de soulagement quand il réalisa que l'homme n'avait pas l'intention de le punir de son geste. Il attendit donc, crispé, que Fenrir reprenne son repas.
L'odeur de la viande bien cuite était juste une torture. Il n'avait pas eu le temps de manger avec ses sœurs. Elles devaient être en train de le faire, mais lui mourait de faim. Il s'obligea pourtant à la plus totale docilité, s'empêchant même de saliver. Il aurait aimé pouvoir s'endormir, au pire. Comme cela, il n'aurait pas été obligé de suivre le repas des mâles en tant que simple spectateur. Pour autant, il était hors de question de s'endormir dans les bras de l'Alpha, le danger était trop important. Pas que le fait d'être éveillé y changeait quoi que ce soit, mais Draco préférait voir et entendre ce qui était susceptible de lui arriver.
Il serra les dents mais fut trahi par son corps quand un gargouillement retentit de son estomac.
« Le chiot a faim, on dirait, » rigola Archus.
« Tu n'as pas mangé, Oméga ? » lui demanda Daniel, l'un des seuls à ne pas s'esclaffer face aux propos de son frère.
Draco se tendit, n'osant pas répondre. Sa nature docile le poussait à le faire, à répondre à ce dominant, le troisième de la meute, mais elle le retenait tout à la fois, ne sachant pas si l'Alpha l'y autorisait. Tout à son débat intérieur, il se mit à gigoter et à geindre, ne sachant quoi faire.
Une main griffue se posa sur son dos, planta les ongles dans sa peau. Draco couina et arrêta tout mouvement. Les bras de l'Alpha se saisirent de lui et il le déposa en position assise sans aucune douceur à côté de lui.
« Réponds, » ordonna Fenrir.
« Je n'ai pas pu manger, » débita rapidement Draco, la tête basse.
Greyback avait dû lui rouvrir une plaie car il sentit le sang couler sur son dos tandis que lui retenait ses larmes. Il ne dit rien, ne bougea pas, s'autorisant à peine à respirer.
« Pourquoi n'as-tu pas mangé, chiot ? » fit l'Alpha.
« J'ai... j'ai pas eu le temps... Daniel m'a soigné, je pouvais plus trop bouger et ensuite, tu m'as appelé, Alpha. »
« Es-tu en train de me dire que si tu n'as pas mangé, c'est de la faute à l'un de mes lieutenants, ou pire, de la mienne ? » grogna Fenrir, menaçant.
Les mains de Draco tremblèrent, tout comme ses lèvres. Il s'aplatit contre le sol, son front sur ses mains, à genoux devant l'Alpha.
« Non, non, je ne voulais pas dire ça, pardon, Alpha, pardon ! »
Il avait conscience d'être nu, démuni, à la merci de l'homme et de ses sbires. Pire, il était dans une position qu'il avait beaucoup, beaucoup trop pratiquée depuis la fin de la pleine lune. En pensant à cela, il ne put se retenir et essaya de faire le moins de bruit possible alors qu'il pleurait.
« Assis, » ordonna Greyback.
Draco se redressa vivement, ne pouvant néanmoins retenir un cri de douleur face à ses mouvements. Il attendit, les yeux rivés vers le sol. Les Werwulfs ne parlaient toujours pas, signe que la démonstration de Greyback n'était pas terminée.
Un morceau de viande dorée à souhait tomba juste devant lui, juteux, brillant de graisse qui grésillait encore. L'odeur alléchante fit péniblement déglutir l'enfant qui n'osa pas faire un geste. Il voyait les herbes qui donnaient un si bon fumet à la viande, les grains de sel et même, semblait-il, un morceau de pomme cuite entre la chair.
Il tendit la main, n'y tenant plus. L'énorme paluche de Greyback l'attrapa, lui broyant presque les os. Draco cria et fondit en larmes, tant à cause de la douleur qu'en raison de son repas qui lui échappait.
« Qui t'a autorisé à te servir, louveteau ? »
« Pardon, Alpha, » gémit-il, la main toujours prisonnière de celle de l'homme.
L'autre main de Greyback lui prit le menton, l'obligeant à lever son visage vers lui. Draco battit des cils, les larmes dévalant ses joues.
« Regarde-moi, gamin, » murmura Fenrir.
Draco leva ses yeux, regardant les yeux noirs et d'ambre de l'Alpha pendant une petite seconde, sans pouvoir tenir plus avant de les baisser une nouvelle fois. Il ne vit donc pas le large sourire de Greyback.
« Bien, bien, brave petit chiot. Qu'as-tu fais tout à l'heure, Oméga ? »
Draco réfléchit à toute vitesse, ne voyant pas du tout de quoi voulait parler Greyback mais se doutant que l'homme ne lui pardonnerait sous doute pas une mauvaise réponse.
« J'ai... essayé de prendre la viande. »
« Avant cela. »
« J'ai... J'ai... » Draco s'affola, qu'avait-il fait ?
« Quand tu étais sur moi. »
Les mains de l'enfant se crispèrent sur ses genoux.
« Je... je t'ai léché. »
De gros rires rauques s'élevèrent de la meute alors que Draco baissait un peu plus la tête, honteux.
« Oui, c'est cela, » fit Fenrir, moqueur. « Tu veux manger, Oméga ? »
L'enfant hocha la tête. Oui, il avait faim, si faim.
« Alors viens donc par là, petit chiot, montre-nous comme tu sais si bien te servir de cette adorable petite langue. »
Draco trembla, il se tourna vers le corps massif de Fenrir. Le mâle, comme la plupart des autres, était torse nu. L'adolescent s'approcha, posa ses mains frêles sur les cuisses de l'homme et tendit son visage vers le torse recouvert de poils et de crasse de Greyback. Il pointa sa langue et lentement, entreprit de lécher le poitrail en face de lui.
Il se répugnait tandis que dans le même temps, Compagnon-Loup, une fois encore, frétillait de joie. Draco ferma les yeux, laissant son esprit s'évader. Il continua de lécher, montant parfois dans le cou, ou descendant plus bas vers le sternum.
Enfin, la main de Greyback lui attrapa les cheveux et le retourna en face de la meute tout en l'obligeant à descendre de ses cuisses où le gamin avait grimpé, pour l'asseoir de nouveau au sol.
Draco eut à peine le temps de comprendre que le morceau de viande atterrissait entre ses mains. Il leva les yeux vers Fenrir, accrochant les siens pendant un court instant.
« Merci ! Merci, Alpha ! »
« Mange, » rétorqua l'homme.
Draco ne se le fit pas dire deux fois. Alors que les bruits de paroles de la meute recommençaient à s'élever, l'enfant mordit dans la chair tendre. Le jus coula entre ses lèvres mais il n'en eut cure. Seule la chair chaude qui tombait dans son estomac avait son importance. Son premier vrai repas et chaud qui plus est ! Il engloutit plusieurs morceaux, la graisse et le jus dégoulinant dorénavant sur son menton et son torse.
Sans se préoccuper de sa douleur, il s'assit sur ses fesses, en tailleurs et les yeux fermés, apprécia chaque bouchée brûlante. Il se moquait d'être assis là, nu, se montrant sans pudeur dans son entièreté au reste de la meute, à dévorer sa viande devant ses agresseurs. La notion même de pudeur lui semblait de toute façon complètement obsolète depuis sa transformation.
Il avala toute la viande entre ses doigts, savourant chaque saveur, chaque odeur, gémissant de bonheur alors que la pomme fondante cachée à l'intérieur éclatait dans sa bouche. Enfin, il mit le dernier morceau sur sa langue, le mâcha longuement avant de soupirer de bien-être. Rassasié, il entreprit ensuite de se lécher consciencieusement les doigts, ceux-ci partant ensuite sur son torse pour récolter la moindre goutte de jus qui s'y trouvait.
Il se rendit alors compte que la meute était bien plus calme. La plupart des loups avaient fini leur repas et le regardaient ou discutaient entre eux à voix basse.
Daniel se leva et s'accroupit devant lui.
« C'était bon, gamin ? »
« Oui, très bon, » fit Draco en souriant.
Les crampes sur ses joues lui rappelèrent que c'était la première fois que cela lui arrivait depuis sa capture. Non, cela ne lui était plus arrivé depuis la Présentation à Chourave et le scandale paternel qui en avait découlé.
« Montre-moi ton dos, » continua Daniel sans sembler remarquer le léger trouble du garçon.
Il l'inspecta de nouveau et Draco sentit bientôt la fraîcheur du baume sur ses plaies. Il ferma les yeux, appréciant le contact et poussa un léger soupir de contentement. Son estomac était plein, il avait chaud, il était bien. Le loup en lui était pleinement heureux et l'humain se laissait aller à simplement apprécier l'instant.
« Est-ce qu'il pourra marcher demain ? » demanda Barbatus.
« Pas longtemps, » admit Daniel après un prudent instant de silence. « Oméga, allonge-toi. »
Draco obéit de suite, sans chercher à comprendre. La peau de bête à terre était douce, confortable et une fois encore, il ne put retenir un petit soupir de bien-être. Daniel termina de le soigner avant de se tourner avec révérence vers l'Alpha.
« Fenrir, si tu veux que ton Oméga puisse tenir, il serait préférable de le laisser se reposer cette nuit. »
Un silence suivit cette déclaration. Draco sentit la tension du groupe. Il était dangereux de tenir de tels propos à l'Alpha, surtout quand ce dernier s'appelait Fenrir Greyback. Draco écarta ses cheveux d'une main pour regarder entre ses mèches Daniel qui se tenait face à Greyback, sans pouvoir s'empêcher d'être admiratif devant ce qu'il venait de faire et de dire.
« Veux-tu m'empêcher d'utiliser ce qui est à moi ? » gronda Fenrir.
« Non, Alpha. Tu m'as demandé auprès de toi pour te dire ce qu'il en était du gamin. Je ne fais que répondre à tes ordres et m'attache à être le plus honnête possible avec toi, » continua Daniel avec révérence, sans regarder l'autre homme dans les yeux en marque de soumission. « Il est de nature fragile, en raison de sa nature sans aucun doute, ainsi que de sa grande jeunesse. Certains diraient qu'il n'est encore qu'un enfant. Et c'est un Oméga. Nous savons tes projets. Je t'avais prévenu qu'il était jeune, trop jeune, tu n'as pas voulu tenir compte de mes conseils, mais il est de mon devoir de t'avertir de nouveau qu'il ne pourra pas si... si tu n'en prends pas un peu plus soin. »
Draco écarquilla ses yeux. Il éprouva un grand élan de reconnaissance pour Daniel. Il ne savait pas exactement de quoi l'homme parlait, s'il ne disait tout cela que par loyauté envers Fenrir ou si autre chose le motivait, ce qu'il pensait d'ailleurs en son for intérieur. Tout ce qu'il voyait et comprenait était que, si Fenrir l'écoutait, il ne souffrirait peut-être plus autant sous ses griffes et ses dents.
Daniel venait tout simplement de lui offrir une protection.
Greyback se leva et frappa de son poing Daniel qui bascula en arrière. L'Alpha le fixa alors que l'homme à peau brune se frottait le menton.
« J'apprécie ton honnêteté, Daniel, mais avise-toi de me parler autrement devant ma meute la prochaine fois si tu ne veux pas que je t'arrache les tripes. »
« Oui, Alpha. »
Greyback attendit un instant avant de reprendre.
« Et les femelles ? »
« L'une des soumises est assez faible. L'autre se porte plutôt bien. Pour la dominante, elle a très vite récupéré. Elle est bien vigoureuse. Trop, peut-être. »
Les mâles se mirent à rire alors que Draco se pelotonnait sur la peau de bête, restant prudemment allongé. Les autres semblaient l'avoir oublié, cela lui convenait parfaitement.
« Eh bien, Brutus ? Tu entends ? Et toi qui m'avais assuré l'avoir matée ! » se moqua Fenrir, déclenchant de nouveaux rires.
Brutus se leva avec fureur.
« Cette femelle pliera, je te le garantis ! »
« Je te crois, Bêta, » continua Fenrir tout en ricanant. « Mes compagnons, demain une longue route nous attends. Que diriez-vous de vous relaxer, en attendant ? Des femelles sont à votre disposition, après tout. »
Les hommes s'esclaffèrent. Brutus toisa les autres mâles, toujours furieux.
« Je me charge de la dominante ! »
« Je t'accompagne, » fit alors Daniel en se levant à son tour. « Cette chienne mérite une leçon, elle m'a manqué de respect et je lui ai promis de lui montrer ce dont je suis capable. »
Draco poussa un petit cri de surprise et se redressa sur les coudes à ces paroles. Il dévisagea l'homme, une douleur dans le ventre. Non, Daniel ne pouvait pas dire ça, ne pouvait pas faire ça, il n'était pas comme ça. Déjà quand ses sœurs louves lui en avaient parlé, il n'avait pas voulu le croire. Pourtant, les propos du loup ne laissaient que peu de place au doute.
À l'entente du cri de l'Oméga, Daniel se tourna vers lui, se baissa de nouveau et couvrit le corps fin avec une couverture.
« Ne t'occupe pas de cela, petit. Ça ne te regarde pas. Dors, repose-toi, rien d'autre ne doit compter. Je fais ce que je dois faire et toi, tu fais ce qu'on te dit. Compris ? »
Draco hocha lentement la tête, tout en se calfeutrant sous la couverture. Daniel se désintéressa alors de lui et continua son chemin vers l'abri des louves, derrière Brutus.
Epsilon se dressa à son tour et rejoignit les deux mâles.
« Moi aussi, j'ai une petite chose à régler avec la dominante. »
« Petite, Eps' ? » plaisanta aussitôt Vircolac en lui emboîtant le pas et en passant un bras par dessus l'épaule de son ami. « Ne sois pas si modeste, ce n'est pas l'impression que j'ai eue, ni celle de cette petite louve rousse à en juger ses cris ! »
Les hommes enlevèrent pantalons et chemises pour ceux qui en possédaient, à la stupéfaction de Draco. Nus, ils rejoignirent rapidement les autres. La respiration du garçon s'accéléra alors que des cris fusaient de la tente. Il vit Brutus sortir de l'abri, entraînant Hannah par les cheveux, il le vit la jeter au sol, près d'un arbre et lui retrousser sa robe. Daniel se positionna au-dessus d'elle et finit de la lui arracher alors qu'elle se débattait.
D'autre cris firent tourner la tête à l'enfant, effrayé et écœuré. Morag et Megan étaient elles aussi extirpées des branches et jetées au sol. Puis des Werwulfs se vautrèrent sur elles. L'enfant se ratatina un peu plus dans son nid de fortune, ses dents maltraitèrent ses lèvres enfin de s'empêcher de crier en compagnie de ses sœurs, tant il avait peur.
« Ralph, tu ne veux pas participer ? »
La voix rauque de Greyback le détourna du spectacle et des hurlements des louves. Ralph était adossé à un arbre, sur une peau de bête posée au sol. Il jouait négligemment avec une baguette magique qui lançait de petites volutes de couleurs bleues et vertes.
« Non, Alpha. »
« Tu ne veux pas baiser ? » demanda l'Alpha d'une voix sourde.
« Non, Alpha. »
« Pourquoi, Loup ? Tu préfères peut-être les corps plus viriles ? »
Malgré l'apparence anodine des questions, Draco sentait que les réponse étaient importantes et l'homme, toujours aussi dangereux.
« Non, Alpha, je ne suis pas attiré par les hommes. »
« Serais-tu impuissant ? » grinça Greyback.
« Non, Alpha. Mais je n'ai pas envie de baiser, c'est tout. »
Greyback gronda, peu satisfait.
« Tu fais partie de cette meute, louveteau. Si tu veux que l'on t'accepte, il te faudra bien participer avec un peu plus d'enthousiasme à ce que nous faisons. Ceux qui sont rejetés par la meute le regrettent toujours, ne l'oublie pas. Surtout que tu n'as pas l'âme d'un loup solitaire. Ou tu t'intègres, ou tu t'en mordras les doigts. Tout comme ton frère. »
Bien qu'il s'étonna du terme ''louveteau'', Draco comprit parfaitement les sous-entendus et la menace sous-jacente. Ralph aussi à n'en pas douter. Néanmoins, il ne bougea pas de son arbre.
Le silence entre eux se fit, perturbé pas les bruits des luttes et violences qui se déroulaient un peu plus loin. Le cœur de Draco était déchiré. Il aurait voulu que ses sœurs ne souffrent pas, il aurait voulu ne pas souffrir non plus. Et il ne voulait surtout pas que Greyback se souvienne de sa présence.
Mais ce dernier vœux ne fut pas exaucé.
« Oméga, si Ralph ne veut pas se détendre, ce n'est pas mon cas. Daniel m'a parlé de choses très intéressantes, tout à l'heure. Il m'a dit ce qu'il t'avait conseillé. Je pense qu'il est temps pour toi de mettre tous ses bons conseils en pratique. »
Draco frissonna alors qu'une énorme envie de pleurer lui nouait la gorge. Cependant, il ne pouvait ignorer l'ordre. Il se dressa sur ses coudes, rejeta la douillette couverture et s'assit. Ouvrant sa paume, il cracha dedans. Puis sa main se faufila entre ses fesses. Fenrir se mit à rire.
« Oh non, je ne parlais pas de cette partie-là. Je vais m'en tenir moi aussi aux conseils de Daniel sur ce point, tes petites fesses seront en paix cette nuit. Non, Daniel a dit que tu pouvais aussi me mouiller la queue et nous savons maintenant tous que tu sais très bien te servir de ta langue, n'est-ce pas ? »
Il éclata de rire alors que Draco, grelottant de terreur, se traînait entre ses cuisses écartées et ouvrait la bouche.
... ... ...
Draco se réveilla le lendemain matin, blotti entre Hannah et Morag. Ils avaient finalement tous dormi avec les mâles, en une seule masse agglutinée les uns aux autres.
Ils formaient une meute. Une meute sauvage, indomptable, faite de mercenaires avides de sang, d'argent et de pouvoir.
Hommes et femmes se levèrent, mangèrent les restes de la veille, Draco et les louves prudemment reculés loin des dominants, attendant qu'ils leur jettent ce dont ils ne voulaient plus. Puis les sacs se préparèrent et ceux qui étaient encore habillés se dévêtirent afin de se transformer.
Les louves et Draco plièrent leurs haillons, mirent le tout dans le sac de Draco après que ce dernier en ait sorti le pot de baume que lui avait donné Daniel la veille pour se soigner. Il en tartina les blessures de ses sœurs et elles firent de même avec lui.
Ils ne se sentaient pas gênés ou honteux de leur nudité, leur nature désormais lycanthrope les aidant en cela. Cependant, chacun préféra soigner lui-même les plaies et meurtrissures qu'ils avaient dans les parties les plus intimes de leur anatomie et qui résultaient des accouplements forcés de la veille.
Draco venait tout juste de finir de boucler son sac quand l'ombre imposante de Daniel devant lui lui fit dresser la tête.
« Louves, mangez ça. »
Il tendit à chacune une large feuille séchée, violette et jaune. Les jeunes filles s'en saisirent, dubitatives.
« C'est quoi ? » demanda abruptement Hannah, sa partie dominante ne demandant comme à chaque fois qu'à s'exprimer. « Pourquoi Draco n'en prend pas ? »
Daniel plissa les yeux mais consentit à répondre. Malgré eux, cette louve forçait leur admiration à tous.
« Ça, femelle, c'est une plante contraceptive. Nous n'avons pas de temps à perdre avec des louveteaux et de toute façon l'Alpha ne permettra jamais une descendance autre que la sienne dans cette meute. L'Oméga n'en a donc pas besoin. Mange. »
Les jeunes filles baissèrent la tête, regardant la feuille. Une à une, elles la portèrent à leur bouche. Avoir un enfant issu de ce genre d'accouplement, dans cette meute ? Effectivement, non, rien que l'idée les faisait frémir de dégoût.
Tous se transformèrent, rapidement pour les mâles dominants et sans trop de souffrances apparentes, à l'exception de Vircolac et Ralph, a priori les plus jeunes loups de la meute. Ce ne fut pas le cas des derniers-nés.
La transformation de la plein lune avait été instinctive, imposée par la nature et ils ne l'avaient pas du tout contrôlée. Tout était très différent cette fois.
Sans surprise, Hannah y arriva la première, après plusieurs longues minutes de tortures et de cris. Elle n'y parvint cependant que lorsque Brutus se décida à se positionner à côté d'elle et à la guider.
Bien que déjà sous sa forme lupine, Ralph fit de même avec Megan qui suivit Hannah dans sa transformation quelques secondes à peine après elle.
Draco et Morag, eux, se débattaient toujours, luttant inconsciemment sur cette possession, refusant la douleur et la perte de leur humanité corporelle.
Sans surprise, Daniel s'occupa de Draco, l'encourageant, lui parlant et lui donna ensuite des petits coups de langue sur les oreilles. Neuri soupira et s'approcha de Morag pour la motiver et la rassurer, elle aussi. La meute devait partir et si les louves ne suivaient pas, l'humeur de Fenrir serait massacrante. Dans tous les sens du terme.
Mais cette lutte interne avait été éprouvante pour Draco et Morag, les deux plus jeunes et les plus fragiles de la meute. Le louveteau s'aplatit au sol en geignant, pouvant à peine tenir sur ses quatre pattes.
Malgré cela, la meute se mit en branle, l'Alpha en tête. Draco serra les crocs pendant plusieurs heures, de plus en plus à la traîne.
Cependant, les grognements vindicatifs des autres mâles et les coups de dents dans son postérieur n'eurent rapidement plus d'effet sur lui.
Ses blessures le faisaient atrocement souffrir, certaines plaies s'étaient rouvertes et saignaient. Son ventre se tordaient de douleurs et de spasmes. Il continua pourtant de courir, bon dernier, Daniel ou Archus à ses côtés. Morag était devant lui, à peine un peu plus loin, tandis que Hannah et Megan couraient entre les autres mâles.
Les yeux gris du louveteau s'accrochèrent désespérément à ceux d'Archus, visiblement énervé. Dans un couinement lamentable, l'enfant se coinça une patte entre deux branches et s'effondra au sol, épuisé.
Il resta là, la langue pendant hors de sa gueule mousseuse de bave. Draco ferma les yeux, haletant. Il n'en pouvait plus, il était allé au delà de ses capacités et sa résistance. Quand bien même l'Alpha viendrait, le battrait, ou même le menacerait de s'accoupler avec le pire sadisme, il ne pouvait plus bouger une seule patte.
Archus poussa un long hurlement, grogna, gronda, le mordit, le griffa, mais rien n'y fit. Draco ne bougeait toujours pas, se contentant de couiner faiblement.
Sans ouvrir ses yeux, Draco sentit que la meute s'était arrêtée et que l'Alpha revenait vers lui. Il trembla, se doutant de la colère du Werwulf. Ce dernier remplaça rapidement Archus dans sa punition. Devant son dominant, Draco ouvrit les yeux, gémit, tenta de se redresser mais ne put tenir sur aucune de ses pattes.
Au final, Fenrir reprit sa forme humaine.
« Transforme-toi, Oméga ! »
Draco frémit devant l'ordre. Son corps commença à se contorsionner, à craquer, le loups hurla, ses cris devenant peu à peu humains. Ce ne fut ensuite qu'une petite loque sanglotante qui se trouva au bout de plusieurs minutes là où se tenait autrefois le loup blanc.
« Je suis désolé, Alpha, » pleura l'enfant en claquant des dents.
Les poings et les pieds de l'homme s'abattirent violemment sur lui en réponse. Une fois que Greyback jugea la punition suffisante, c'est à dire quand le garçon fut au bord de l'évanouissement, il grogna vers sa meute.
« Vous le porterez, à tour de rôle. Je vous désigne tous responsables de mon Oméga. Vous avez intérêt à ce qu'il ne ralentisse plus la meute et qu'il soit rapidement en meilleure forme. Je ne tolérerai pas que mes projets échouent ! Je suis clair ?! »
« Oui, Alpha, » fit Brutus, transformé également, en s'inclinant devant leur chef.
Draco sentit qu'on le portait, puis la fourrure d'un loup, sous lui. Une simple corde fut passée sur son dos, afin d'éviter qu'il ne tombe.
« Accroche-toi bien, tu vas y arriver, Oméga ? On ne peut pas prendre plus de temps pour t'attacher. »
« Oui, » murmura le gamin. « Merci, Ralph. »
Une heure après lui, ce fut Morag qui s'effondra. La meute ne s'arrêta cependant pas, à part Berserkir et Heimdall qui se chargèrent de la louve épuisée.
Jour après jour, la meute continua sa course vers l'Est puis le Nord, terminant au fil des jours et des semaines de franchir les montagnes, puis les collines, pour enfin arriver aux plaines et forêts au nord des Rocheuses.
Jour après jour, la survie des captifs se poursuivait.
Chaque matin, ils se réveillaient blottis les uns aux autres, le plus éloignés possible du reste de la meute, d'autant que la fin du plus gros de l'hiver comme l'altitude, rendait la température un peu plus douce.
Ils mangeaient les restes, se transformaient et couraient, Draco et Morag finissant invariablement la journée sur le dos d'un des mâles.
Le soir venait, avec le deuxième repas autorisé pour eux, contrairement aux dominants qui en avait un troisième quand le soleil était à son zénith. Hannah et Megan y avaient droit, parfois, puisqu'elles couraient avec eux, elles aussi. Ensuite, la nuit tombait. Et avec elle, la peur, la violence et les cris de douleur.
Une fois utilisés, les femelles et l'Oméga se rejoignaient dans le noir, pleuraient ensemble, caressaient leur corps meurtris, se soignaient et léchaient leurs blessures. Ils pleuraient encore et finissaient par s'endormir collés les uns aux autres.
Le temps passant, Draco ne cherchait même plus à savoir dans quelle direction ils allaient. Cela ne l'intéressait plus. Il se contentait de suivre, courant comme il le pouvait, avant de s'effondrer le soir venu. De toute façon, ce n'était pas son rôle que de savoir où ils allaient.
Son rôle était autre, quand bien même il avait encore du mal à le déterminer avec certitude. Il n'était qu'un Oméga après tout, il n'avait pas à se mêler aux décisions de la meute, ni à la vie de celle-ci en dehors du bien-être de ses membres. Un Oméga vivait pour sa meute, se dévouait pour elle. Il devait être attentif à ses compagnons, à leurs blessures, leur santé, leur bien-être. Il était là pour les aider, les soutenir. Même les monstres comme ceux qui formaient son clan.
Il se laissa donc gagner par sa nature lupine, lui cédant souvent la place à son côté humain. L'humain souffrait trop tandis que le loup acceptait mieux la situation, bien qu'il se posa de plus en plus de questions sur le comportement de l'Alpha. Draco réussissait pour le moment à contenir l'une comme l'autre entité en lui, même si cela le laissait parfois comme étranger à ce qui lui arrivait.
De temps en temps, les Lycanthropes installaient un campement dans une clairière ou un petit bois. À cette occasion, ils construisaient un petit abris fait de branches pour les femelles et l'Oméga, un peu éloigné du feu de camp et donc, de l'endroit où eux-même dormaient la nuit venue. Draco et les louves aimaient cela car alors, ils avaient un petit coin pour eux où ils pouvaient se retrouver, loin des mâles dominants. Pour Draco et Morag, c'était aussi l'assurance d'avoir un peu plus de repos.
Pendant la nuit ou la journée, quand ils n'étaient pas réclamés par les mâles, les prisonniers pouvaient parler, se réconforter. Tout le temps où la meute ne bougeait plus, leurs abris devenaient comme un petit foyer.
Si Draco aimait cette sensation de chaleur, ces instants lui causaient aussi beaucoup de mélancolie. Dans les bras des louves, il pensait à sa mère, à ses sœurs décédées. Penser à elles était une grande douleur. Penser à Laura ou son père l'était encore plus. Avec le temps, les anciens de Poufsouffle avaient fait leur deuil. Ils s'étonnaient d'ailleurs parfois de la rapidité avec laquelle ils l'avaient fait.
Hannah avait sans doute perdu toute sa famille, Morag aussi. Megan espérait que son plus jeune frère et son père soient encore en vie.
Comment avaient-ils pu si vite admettre leurs nombreux morts ? Hannah pensait que c'était parce qu'ils étaient devenus des Werwulfs, Megan pensait que c'était parce que leur vie était devenue tellement sordide qu'ils n'avaient pas le temps de se lamenter sur des morts. Morag ne disait rien. Mais Morag parlait de moins en moins. Draco, lui, pensait que les deux premières louves avaient raison toutes les deux.
Alors ils pensaient aux vivants, du moins Megan et lui. Hannah n'avait plus d'espoir, Morag refusait d'en parler.
Draco se demandait si Laura allait se marier durant l'été, si elle allait revenir à la ferme avec Steven. L'aîné des Cornfoot avait lui aussi sa propre famille à enterrer, après tout. Est-ce qu'il allait abandonner l'armée et revenir à Pomona, ou ce qu'il en restait ? Draco voulait croire que Laura finirait par être heureuse avec lui, qu'elle ferait le deuil de sa famille décimée, qu'elle se marierait et aurait des enfants. Elle reprendrait peut-être l'emploi de leur mère à l'École Première. Penser à Laura, c'était à la fois douloureux et réconfortant.
Penser à son père... Draco le refusait, tout simplement. Il avait trop honte de ses dernières paroles envers l'homme, honte du discours qu'il avait tenu à sa famille et Angus. Si son père était mort, il s'en sentirait fautif. Mort ou vivant, il se désespérait de penser que le dernier souvenir que l'homme avait de lui était cet enfant en colère lui hurlant son désamour. Si son père était vivant, il ne lui restait plus que Laura. Est-ce qu'il penserait à lui de temps en temps ou est-ce qu'il l'oublierait rapidement ? Et s'il le voyait, aujourd'hui, que penserait-il de son fils ?
Non, Draco ne voulait pas se souvenir de son père.
L'enfant ne savait parfois plus à quoi penser, à quoi rêver. Il laissait alors son esprit s'évader, tout simplement. Si les souvenirs étaient trop mauvais, il permettait à Compagnon-Loup de les chasser, d'un rapide coup de dent.
Parfois... Parfois Draco pensait aux grands vergers autour de chez lui, à sa petite école et à la grande, à ses professeurs, à Jane et Angus. Il se souvenait des petits courts d'eau et des champs. Le jardin de sa mère et des papillons qu'il aimait tant.
Il aurait aimé être un papillon, pour voler, s'échapper et pourquoi pas, venir se poser loin, très loin d'ici, dans un pays où il ne souffrirait plus.
Quand il pensait à ces insectes volants, si libres, si beaux, sans savoir pourquoi, son esprit le menait invariablement à la dernière Présentation. À ce Monoïque qui pleurait. Où était-il désormais ? Pleurait-il encore ou riait-il, au contraire, avec ses prétendants ?
Venait alors le souvenir du prétendant. Ce prétendant. Celui qui l'avait regardé si intensément avec ses yeux trop verts, comme les papillons. Celui qui avait parlé au gardien.
Ce n'était pas Compagnon-Loup qui chassait ce souvenir alors que Draco sentait comme une chaleur, un sentiment étrange l'envahir à cet instant. Non, Petit-Homme ne voulait pas qu'il pense au prétendant, Petit-Homme avait peur.
Pourtant, bien souvent, quand Draco arrivait enfin à s'endormir, quand les nuits se faisaient longues et que ses joues étaient humides, ses dernières pensées étaient pour cet homme inconnu qu'il ne reverrait sans doute jamais.
... ... …
À suivre
… … …
NDA : encore une fois, mille merci pour vos reviews, vos mises en favorites et followers ! Cette fiction a dépassé les 100 reviews avec le dernier chapitre (100ème review de lilywen, très bon auteur soi-dit en passant que je suis honorée d'avoir comme lectrice) vous êtes vraiment formidables ! Merci !
