Bêta correctrice : Nanola.

NDA : Un chapitre 100% inédit, j'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture.


Chapitre 8

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Être un Oméga


Les Loups-garous vécurent en meutes paisibles sur le territoire de Gryffondor, les Monoïques sur le territoire de Poufsouffle. Ce ne fut pas le cas de ces hybrides nés dans les autres Royaumes.

La nature docile des Monoïques, qui sont à l'image des Sylphes, combiné au fait que, bien que nés à l'origine parmi les Mages ils soient sans pouvoirs magiques, contribua à leur exploitation pour les uns, à leur destruction pour d'autres.

Toujours est-il que le roi Godric exigeait à la cour impériale que les Loups-garous soient reconnus comme créatures matures et sacrées du Monde Libre, au même titre que les Nymphes, Hommes ou Mages. De son côté, la Reine Helga plaidait de même pour les Monoïques.

Les deux souverains avaient bien conscience que la paix entre les espèces était récente et beaucoup trop fragile, que des tensions et des haines survivaient encore. Pour ces deux monarques, le fait que deux espèces pourvues d'intelligence, d'âme, soient maltraitées étaient le symbole de la fragilité de l'Empire et ne pouvaient être que les prémices d'une nouvelle guerre. Rowena Serdaigle les rejoignit rapidement mais le dernier souverain, Salazar Serpentard, lui, rejeta en bloc leurs propositions.

Pourtant, les trois autres monarques avaient raison car bientôt, le petit-fils du Roi lui-même forma une armée secrète dans le but d'achever ce que les Éléments avaient empêché : la suprématie des Mages et la mise en esclavage des autres espèces ou leur destruction.

Ce fut lors de la nuit du solstice d'hiver que le petit-fils du roi commit l'irréparable. Profitant de la fête qui régnait au palais, il invoqua l'aide des Ténèbres et assassina le Roi Salazar afin de prendre sa place.

Ainsi, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom accéda au trône par le sang et son règne signa le début de la première guerre que connut le Monde Libre.

« L'histoire du Monde Libre » - Chapitre 2 – Iason Werner

... ... ...

Draco regardait certains mâles, dont l'Alpha, qui s'habillaient comme rarement ils ne le faisaient. Lorsque les hommes enfilèrent de lourdes capes sombres dont ils rabattirent la capuche sur leur tête, il fronça ses fins sourcils dorés. Jamais les Werwulfs ne s'étaient harnachés de la sorte.

Cependant, le jeune Oméga ne dit rien, se contentant de rester sagement assis près du foyer. Quelques jours en arrière, une nouvelle pleine lune avait éclairé le ciel, la deuxième depuis sa capture. Comme la première, le louveteau qu'il était avait été autorisé à rester avec les dominants et avait joui d'une certaine liberté, contrairement aux louves. Il avait couru avec les autres mâles, avait joué avec le vent et les feuilles. Vraisemblablement, Petit-Homme se faisait très discret les nuits de pleine lune.

C'était un tort, se morfondit Draco en regardant les flammes.

Compagnon-Loup avait voulu retrouver l'Alpha, qu'il considérait malgré sa violence comme son compagnon. Mais le grand mâle l'avait durement châtié, n'appréciant pas d'avoir l'Oméga entre ses pattes ni même à ses côtés. Compagnon-Loup en avait longtemps pleuré avant de trouver un peu de réconfort auprès de Daniel, Ralph et Neuri. Daniel lui avait léché consciencieusement les oreilles et la truffe, Ralph l'avait autorisé à rester à coté de lui, parfois même sur lui alors que le louveteau jouait avec la queue ou les oreilles du dominant. Quant à Neuri, il l'avait surveillé pendant la chasse, le regardant sauter après des chauves-souris. Le mâle fauve l'avait félicité d'un coup de langue sur le museau quand le jeune loup blanc avait finalement réussi à en attraper une au vol.

Puis, quand le jour s'était levé, l'Alpha avait exigé la présence du garçon.

Compagnon-Loup couina dans l'esprit de Draco.

« Pauvre ami, il faudrait pourtant que tu comprennes, » marmonna l'adolescent en prenant une brindille pour faire des traits dans la terre. « Il ne t'aimera jamais. »

« Qu'est-ce que tu dis ? » souffla Hannah à ses côtés.

« Rien, je pensais à mon dominant » répondit distraitement Draco.

Aussitôt le visage de Hannah se ferma.

« Ce n'est pas ton dominant ! C'est un dominant et l'Alpha de cette bande de dégénérés, mais il n'est pas à toi de même que tu n'es certainement pas à lui ! »

« Je sais bien qu'il n'est pas à moi, mais là où tu te trompes c'est que je suis à lui, » répondit doucement le garçon.

Il savait bien que Hannah allait encore s'énerver contre lui. Étrangement, lui n'arrivait plus à s'énerver. S'il avait déjà un tempérament calme avant sa morsure, maintenant c'était bien pire. Les événements glissaient sur lui, sans qu'il ne puisse protester ou se rebeller. Il n'en avait ni la force, ni l'envie. Contrairement à Hannah qui grognait.

« Fenrir est une brute, un être abject qui ne mérite ni le terme de loup ou d'humain. C'est une pourriture ! » continua furieusement la jeune fille.

« Je sais, » soupira Draco.

« Alors réagis, bon sang ! Ne reste pas comme ça à te lamenter et en lui donnant du mon dominant, ou du mon mâle ! À chaque fois, tu me donnes envie de vomir ! Qu'est-ce que tu crois ? Tu n'es rien pour lui, rien qu'un trou qu'il remplit tous les jours, parce qu'en ce moment il a envie de ça, parce qu'avoir un Oméga, c'est valorisant pour ce connard ! Et quand il en aura marre de toi, il te donnera à tous les autres qui seront ravi de faire de même ! »

Le visage de Draco s'était peu à peu affaissé au fur et à mesure que la jeune fille parlait, emportée par sa fougue verbale. Sans le savoir, son discours lui rappelait vaguement ceux de son père, qui le jugeait toujours trop faible. La vérité, c'était qu'il se sentait encore plus faible en tant qu'Oméga qu'autrefois. Quant à imaginer que Fenrir le donnerait, qu'il ne l'apprécierait jamais, qu'il le trahirait de la pire façon qui soit pour un Oméga, c'était une profonde meurtrissure dans son cœur. Sans compter qu'il tremblait de peur à l'idée de ce que les autres mâles lui feraient. Hannah avaient raison, ils attendaient avec de plus en plus d'impatience de pouvoir profiter de lui. Draco doutait de survivre à ce ''don''.

Il éclata en larmes.

« Mais arrête donc, Hannah ! Comment peux-tu être aussi cruelle ! » fit Morag en le prenant contre lui.

Hannah allait ouvrir la bouche quand la voix douce de Megan l'en empêcha.

« Hannah, je sais que tu as du mal à le comprendre. Morag et moi le pouvons plus. Tu es une dominante, c'est dans ta nature de combattre, lutter, te rebeller contre ce que nous vivons. C'est plus difficile pour nous qui sommes des soumis. Et Draco est encore à un autre niveau que nous. Il ne peut pas lutter. Ce n'est pas qu'il ne veut pas, c'est qu'il ne peut pas. Tu penses sincèrement qu'il croit que ce que fait Fenrir est une marque d'amour ? Il sait très bien ce que sont ces accouplements. Mais lui demander de rejeter son dominant, celui qui le possède chaque nuit, c'est impossible. »

Hannah les regarda, les lèvres pincées.

« La jeune louve est pleine de bon sens, jeune dominante. Et vous, vous parlez trop fort. Taisez-vous ou je ne donne pas cher de votre peau, » murmura dans un souffle si bas un homme brun qui s'accroupissait devant le feu pour mettre une bûche dedans.

Il se redressa, rejoignit rapidement les autres mâles tout en leur lançant un regard bleu rempli d'avertissements silencieux.

« Très bien, » concéda Hannah aussi faiblement que possible.

Draco resta dans les bras de Morag, se contentant de sangloter doucement.

« Bien, nous serons de retour dans trois à quatre jours, le temps pour moi de prendre connaissance de nos nouvelles missions » aboya Fenrir, créant quelques ricanements autour de lui. « Et surtout, il est le temps de nous faire payer nos précédents services. Daniel, tu es responsable de la meute. Barbatus, veille à ne pas contrarier mon Troisième où il t'en cuira. »

« Je voudrais venir avec toi, Alpha, et avec mon frère, » maugréa le jeune homme dont les yeux noirs lançaient des éclairs de contrariété en direction de l'autre fratrie, Daniel et Archus, côte à côte.

« Et moi j'ai décidé que tu resterais ici ! » gronda Fenrir. « Daniel, je te confie la meute et mon Oméga, prends-en soin. Que personne ne le blesse ou ne l'utilise pendant mon absence ! »

Là-dessus, Fenrir, Brutus, Heimdall, David et Neuri détallèrent dans le sous-bois.

Draco soupira de soulagement. Trois jours sans l'Alpha ni le terrifiant Bêta. Il eut à peine le temps de le faire que ses cheveux étaient violemment tirés en arrière, l'obligeant à se lever alors qu'il criait de douleur.

« Tu penses peut-être que tu vas avoir des vacances, louveteau ! » grogna Barbatus en le secouant.

« Non, non, pardon. »

« Barbatus, lâche-le, » ordonna calmement Daniel.

L'autre Werwulf lui jeta un regard noir avant de lancer le garçon au pied du Troisième, lui faisant faire un vol plané. Draco s'écroula en criant une nouvelle fois de douleur. Il se mit assis et enserra rapidement les jambes de Daniel en tremblant. L'homme caressa les cheveux doux tout en laissant l'enfant à ses pieds.

« Il se fait tard, nous ferions mieux de dormir, frères loups, » fit le Werwulf à peau sombre.

Il se baissa, porta l'Oméga étonné par ce geste, le coucha sur sa propre peau de bête et remonta ensuite la couverture sur leurs deux corps.

« Tu veux déjà dormir, Daniel ? Oh non, je sais, tu préfères sans doute profiter du petit garçon tout seul ? » grinça Barbatus.

« Si tu veux t'amuser avec les louves, libre à toi. Mais demain nous avons des tâches qui nous attendent, n'espère pas en être dispensé. »

Le grand Werwulf brun gronda de nouveau. Il s'avança rageusement vers Hannah, l'attrapa par les cheveux et entraîna la jeune fille qui se débattait un peu plus loin. Les autres Loups-garous préférèrent se coucher, se collant les uns aux autres autour du feu. Timidement, Morag et Megan s'avancèrent aussi, occupant une place entre Ralph et Dereck qui les laissèrent s'allonger entre eux et prendre une mince couverture.

Draco se colla contre le torse poilu de Daniel, la couverture par dessus sa tête. Deux de ses sœurs seraient tranquilles cette nuit et dormiraient au chaud. La meute avait continué sa course vers le nord, allant dans le froid et rallongeant péniblement l'hiver. Les nuits étaient donc fraîches, la neige tombait parfois, bien que de plus en plus rarement et jamais très longtemps alors que le quatrième mois s'étiolait.

Il allait s'endormir quand il sentit la main de Daniel parcourir son corps. Le garçon se tendit, surpris. Jamais personne ne l'avait touché de cette façon. Les yeux grands ouverts, Draco se demandait ce que fabriquait Daniel. La main rugueuse caressait son dos, mais cette caresse n'avait rien à voir avec celle de Ralph, par exemple, quand il l'avait réchauffé. Elle était bien plus possessive.

Puis la main se porta sur le ventre, flattant la peau imberbe. Lorsqu'elle se glissa dans le pantalon, Draco eut un mouvement de recul, malheureusement vite contrarié par le second bras de Daniel qu'il passa autour de l'adolescent.

« Da... Daniel, qu'est-ce que... »

« Silence, louveteau, » ordonna à voix basse Daniel.

Draco ferma les yeux. L'ordre était clair, direct et venait du responsable actuel de la meute. Le garçon se contenta donc de frissonner en silence sous les attouchements intimes qu'il subissait. La main large caressait son sexe, ses bourses, se perdait dans les petites boucles de sa fine toison et enfin, se faufila entre les fesses pour en taquiner l'entrée. Elle ne cessait ses voyages, partant et revenant sans cesse dans chaque endroit.

Le garçon se mordit les lèvres. Ce n'était pas douloureux, juste gênant. Compagnon-Loup était scandalisé qu'un autre mâle le touche ainsi. Petit-Homme... Petit-Homme, lui, était partagé. Daniel ne lui ferait rien, rien de plus que cela, il en était persuadé. Et pour une fois que son corps n'était pas une source de souffrance, il était plutôt satisfait.

Draco ne put retenir un petit hoquet surpris alors que Daniel passait et repassait son pouce sur son gland qu'il avait découvert. Son sexe s'érigeait, durcissait dans la paume du Werwulf. Draco s'accrocha aux épaules solides, le nez dans le cou de l'homme. Il respira plus vite, ne comprenant pas vraiment ce qui lui arrivait. Son père avait raison, il n'avait jamais été très en avance sur ce point-là mais surtout, il n'arrivait pas à croire que Daniel était en train de le masturber. Pire, qu'il prenait plaisir à ce qu'il le fasse !

« Non... » lutta Draco. « Je n'ai pas le droit... »

« Je ne te prends pas. »

« Tu... m'utilises... » haleta Draco.

« Non, je prends soin de toi, comme me l'a ordonné l'Alpha, » susurra l'homme à son oreille.

Draco était perdu, que ce soit dans sa nature lupine ou humaine. Que devait-il faire ? Que voulait-il faire ? Il voulait dormir, juste dormir !

« Je... »

« Silence, » ordonna de nouveau Daniel, usant de son aura de dominant sur le louveteau qui couina faiblement.

La main libre de Daniel se posa avec fermeté sur la bouche de Draco, l'empêchant d'émettre le moindre son. La couverture par dessus leurs deux têtes couvraient déjà le peu de bruits qu'ils faisaient, Draco savait que dorénavant, personne ne les entendrait. Et quand bien même, est-ce qu'ils interviendraient ? Rien n'était moins sûr. Seul Barbatus aurait pu faire un scandale ou rapporter à Greyback ce qui se passait sous la toile, mais l'homme était trop occupé, trop loin et faisait bien trop de bruit.

Toujours bâillonné par la main brune, Draco sentit que son corps répondait rapidement aux attouchements. Cela l'écœura en grande partie. Comment son corps pouvait encore réagir de cette façon ? Pourtant... c'était bon.

Compagnon-Loup était plus que perplexe. C'était au compagnon de donner du plaisir, pas à un autre loup. Pourquoi Fenrir s'accouplait avec lui dans la douleur et Daniel lui faisait du bien ? C'était totalement incohérent. Est-ce qu'il avait deux compagnons ? Petit-Homme lui cria sa stupidité. Fenrir n'était pas son compagnon ! Et Daniel... Il ne comprenait pas Daniel.

Draco s'abandonna. S'il pouvait avoir un peu de douceur, de tendresse et de plaisir, alors il allait le prendre. Il prit cette décision et se laissa totalement aller. Daniel, profitant du relâchement perceptible du garçon, déplaça rapidement sa main et enfonça légèrement un doigt dans l'intimité de Draco qui s'arqua, les yeux écarquillés, la bouche ouverte dans un petit cri étouffé par la large paume.

Draco sentit que Daniel bougeait son doigt, l'inspectant intiment mais sans rudesse, comme s'il l'auscultait pensa l'Oméga. L'homme renifla son cou, descendit plus bas jusqu'à avoir le nez dans les petits poils bouclés. Il retira rapidement son doigt mais poursuivi ses attouchements jusqu'à ce que Draco ne puisse se retenir. À dire vrai, l'enfant ne savait même pas que l'on pouvait se retenir, il se contenta donc d'éjaculer dans la main du mâle alors que l'orgasme le terrassait. Daniel porta aussitôt sa main souillée devant son nez, la renifla également avant de l'essuyer au sol

« Fenrir a eu tort, » murmura-t-il. « Tu es trop jeune, ça ne marchera pas, pas comme ça. Il aurait fallu attendre, au moins un an ou deux. Tu ne grandiras presque plus dorénavant. C'était trop tôt. »

Il enleva ensuite sa main de la bouche de l'enfant. Draco fronça les sourcils, complètement perdu.

« Daniel ? Pourquoi tu dis ça ? »

« Pour rien, tu comprendras plus tard. N'oublie pas, louveteau, si tu es bien sage avec moi, tu ne le regretteras pas le moment venu.

L'adolescent sembla encore plus perdu, mais avant qu'il ne puisse rajouter quoi que soit, Daniel reprit.

« Si tu dis un seul mot sur ce qui s'est passé, Greyback te tuera, tu le sais ? »

« Oui, » murmura Draco, terrorisé à la simple entente du nom de l'Alpha.

« Alors, silence. Demain, tu iras te laver au petit ruisseau et on oubliera ce qui vient de se passer. »

« D'accord, » fit Draco, bizarrement soulagé.

Il se recolla contre le torse de l'homme qui le maintenait fermement contre lui, lui prodiguant par la même occasion sa chaleur, et s'endormit.

Le retour de Greyback signa le départ de la meute. Après plusieurs jours de course, la meute s'installa dans une clairière. Les hommes fabriquèrent des abris de branches, preuve qu'ils allaient rester ici quelques jours.

... ... …

« Bien, les repérages ont été fructueux. Notre objectif est ici. Il n'y a que cinq maisons vraiment proches. Il faudra s'occuper des chiens. Eps', tu t'en chargeras, » ordonna Fenrir alors qu'il grattouillait la terre, créant un plan à même le sol.

Draco tenta de se rapprocher, essayant de comprendre de quoi parlait l'Alpha. Sa nature d'Oméga le poussait à s'en aller, mais sa curiosité naturelle, elle, l'incitait à s'avancer encore un peu. Un grognement sourd l'avertit un peu trop tard que le dominant l'avait reniflé. Le garçon s'aplatit au sol, ne pensant même pas faire mine de s'enfuir. La main griffue du mâle s'abattit sur ses cheveux, les ongles se plantant dans son cuir chevelu.

« Tu m'espionnes, gamin ? »

« Non, Alpha, » couina Draco.

« Alors que viens-tu faire dans nos pattes ? »

Le garçon réfléchit rapidement.

« Je... Je voulais être avec toi. »

Fenrir le relâcha avant d'exploser de rire, accompagné des autres mâles alentour.

« Vraiment ? Et pourquoi cela ? »

Draco se tortilla, mal à l'aise. Le pire, c'était que ce n'était pas qu'un mensonge. Compagnon-Loup refusait mordicus de comprendre la situation et n'avait de cesse de pousser Petit-Homme à rechercher la compagnie de son dominant. Il haïssait se sentir repoussé par le mâle, que ce dernier l'ignore. Il réclamait désespérément un peu d'attention ou de tendresse de sa part.

« Je... Je sais pas... Je comprends pas, » avoua Draco misérablement.

Le silence était pesant dans la clairière. Le garçon savait que tous les mâles présents ainsi que les louves l'écoutaient.

« Parfois, » continua-t-il avec un courage qui l'étonna lui-même. « C'est comme si j'avais deux voix dans ma tête. Le loup et l'humain. Parfois, ils se battent parce qu'ils ne se comprennent pas. Et souvent... mon loup me dit de venir te voir, mon dominant. Il a besoin de toi. »

Greyback s'avança, menaçant. Draco se mit à trembler. Pourquoi, par les Éléments, avait-il dit tout cela ?!

« Les Omégas sont des créatures vraiment fascinantes, » fit l'homme en étudiant Draco. « Mais tu vas devoir faire comprendre à ton loup que je n'ai que faire de toi en dehors de tes jolies petites fesses bien fermes. »

Ces paroles déchirèrent l'âme du garçon qui commença à pleurer, faisant ricaner certains mâles.

« Si tu as besoin de câlins, va donc les faire à tes louves ! » aboya Fenrir en le repoussant violemment, le faisant tomber fesses à terre.

Draco éclata en sanglots.

« J'ai besoin de toi. J'ai besoin de mon mâle. Je suis perdu, » pleura-t-il sans comprendre les paroles qui sortaient de sa bouche.

« Je ne suis pas ton mâle, je suis l'Alpha. »

Fenrir l'attrapa par un bras, le souleva de terre et le jeta contre Ralph, un peu à l'écart selon son habitude.

« Tiens, occupe-toi donc de materner un peu ce chiot. Il a besoin d'un mâle. Il paraît que tu as une paire de couilles, ça devrait donc faire l'affaire le temps que je finisse le plan de l'attaque. Et ensuite, louveteau, je m'occuperai de toi. Tu as besoin de ton mâle, de domination ? Je vais te donner plus que ce que tu n'espérais. »

Fenrir éclata une nouvelle fois d'un rire sadique avant de retourner s'asseoir.

Draco était crispé à côté du Werwulf brun. Ce dernier soupira, reposa le lapin qu'il était en train de vider et attira l'adolescent contre lui.

« Allez, viens là, gamin. Tu ne pouvais pas te taire ? Tu vas souffrir à cause de ta grande bouche. »

« Je sais pas pourquoi j'ai dit tout ça, » sanglota Draco.

Ralph le prit plus confortablement dans ses bras. Draco se laissa faire, appréciant l'étreinte. Elle n'avait rien de perverse, il le sentait.

« Tu es un nouveau-né, en terme de Lycanthropie. C'est normal d'être perdu. En plus, tu es un Oméga, ce qui ne te facilite pas la tâche. »

« Mais c'est quoi, être un Oméga ? C'est parce que je suis un mâle soumis ? Qu'est-ce que j'ai de si particulier ? »

Ralph plongea ses yeux bleus étonnés dans les gris.

« Draco... Tu as toujours vécu avec ta famille, dans ton village ? »

« Oui, » répondit le gamin.

Ralph le dévisagea longuement. Il sembla perplexe et hésitait visiblement à parler.

« Ce n'est pas à moi de t'expliquer, » éluda-t-il. « Tu le découvriras par toi-même de toute manière. Mais tu as en partie raison. Les natures soumises ont plus besoin de protection et de réconfort que les autres. C'est pour cela que dans cette meute... » Il s'arrêta soudain.

« Que les soumis meurent rapidement, c'est cela ? » continua Draco à sa place.

« Oui, » admit Ralph. « Cela fait presque deux ans que Fenrir nous a mordu et que je suis dans cette meute. Mon frère était un dominant pourtant, mais il était très jeune et faible. Il n'était pas un dominant puissant et ne l'aurait jamais été. Il est mort rapidement, » murmura-t-il. « Je comprends ce que tu ressens quand tu parles des deux voix dans ta tête. À moi aussi, ça le fait. Accepte ta partie lupine, Draco, elle t'aidera à survivre. »

Le garçon acquiesça en silence, le corps plaqué contre le mâle. Il sentait bon, un doux parfum de domination qui rassurait et apaisait, sans agressivité.

« Tu n'es pas un soumis. »

« Non. Je suis un dominant. Mais je ne veux pas perdre celui que j'étais avant. Je n'ai pas choisi d'être un Loup-garou. Je l'accepte pleinement, c'est vrai, c'est ce qui me permet, entre autre chose, de survivre avec cette meute. Néanmoins, cela ne signifie en rien que je veux perdre mon humanité. »

« C'est ce qu'ils font, les autres ? »

« Je ne sais pas. Je crois que mettre en avant sa partie lycanthrope pour agir comme ils le font, c'est juste un prétexte. Les êtres humains, Hommes ou Mages, n'ont pas besoin de grand chose pour laisser leurs plus mauvais côtés s'exprimer. Certains n'ont même besoin de rien, ils sont mauvais, point. »

Draco ne dit plus rien, profitant de la présence du dominant à ses côtés. Étrangement, il se sentit rasséréné. Ralph et Compagnon-Loup avaient sans doute raison, en tant que soumis et Oméga, il avait besoin de l'attention d'un mâle dominant. Soudain, il réalisa autre chose.

« Tu m'appelles Draco ! »

« Oui, puisque c'est ton nom, » répondit placidement le Werwulf brun. « Maintenant, silence, les autres ont terminé. »

... ... ...

Draco gémissait, à moitié étranglé par la corde passée autour de son cou qui le retenait contre le tronc d'arbre. Brutus avait été particulièrement sadique avec lui, pour ne pas changer. La cruauté du Bêta et de son frère envers lui était connue de tous et ne semblait pas vouloir diminuer avec le temps, au contraire. L'enfant se doutait que c'était en grande partie parce qu'il était intouchable par les autres membres de la meute, chose qu'ils n'avaient jamais connue jusqu'à présent. Toutes les femelles capturées par les Werwulfs avaient toujours été utilisées par tous les mâles, sans que Fenrir n'en revendique l'une d'elle pour lui seul. Cela ne plaisait absolument pas au Bêta qui le vivait visiblement comme une injure personnelle.

Le garçon avait la tête légèrement tournée vers Morag. Il voyait que la petite louve rousse était assise, contrairement à lui, la même corde autour de son cou gracile. Une autre corde barrait leur ventre, à tous les quatre. Ils étaient ligotés à ce tronc alors que les hommes se déshabillaient et se transformer les uns après les autres.

« S'il vous plaît, » gémit Draco, sans s'adresser à un mâle en particulier.

Brutus ne l'avais pas assis sur le sol, à l'inverse de Hannah, Morag et Megan. Il s'était moqué de lui, lui faisant remarquer qu'il était trop petit par rapport aux misérables femelles. Le dominant l'avait mis à genoux, le dos planqué contre le tronc rugueux du sapin. Mais il l'avait tellement collé à l'arbre que le louveteau avait les jambes écartelées de façon grotesque, les genoux tordus. Contrairement aux femelles, il lui avait aussi ligoté les poignets dans le dos, lui faisant arquer les reins. Le garçon souffrait le martyr, ses membres étirés dans des positions improbables et douloureuses. Sans compter que Fenrir avait tenu sa promesse. Une fois que l'Alpha avait eu fini d'élaborer son plan d'attaque, le jeune loup avait hurlé et pleuré pendant près de deux heures. Son dos saignait et l'écorce recouverte de résine ravivait ses plaies.

Les dominants partirent silencieusement dans la nuit. Fenrir ne lui avait pas jeté un regard, Daniel non plus. Seuls restaient au campement Ralph et Vircolac. Draco pleura plus fort. Ils ne pouvaient pas bouger. Si l'un d'eux tentait de soulager la pression des cordes ou se transformait, c'était les autres qui souffriraient, voire mourraient la nuque brisée.

« Courage, Draco, » souffla Hannah qui était à l'opposé du garçon, derrière le tronc.

« J'en peux plus, » sanglota Draco.

Les mâles venaient juste de partir, ils ne savaient ni où, ni combien de temps. Mais Draco savait parfaitement que lui ne tiendrait pas longtemps. Il poussait des petites plaintes alors que ses jambes, ses bras étaient pris de crampes et de spasmes.

« Oh non, non... » pleura-t-il en commençant à paniquer brusquement.

Il bougea un peu, tentant de prendre appui sur ses orteils.

« Draco, arr..arrête de bouger... » s'étrangla Megan.

« Non ! Au secours ! » se mit à crier Draco, incapable de faire plus de mouvements.

« Draco ? » s'écrièrent ses amies, inquiètes par le ton de panique dans la voix du garçon.

« Draco ! Qu'est-ce qui t'arrive ? » demanda Hannah tandis que le gamin criait plus fort.

« Des fourmis ! Des fourmis des bois ! Elles m'attaquent, Brutus m'a ligoté sur une fourmilière ! » pleura l'enfant, hystérique, alors que les insectes attirés par l'odeur du sang chaud gravissaient son corps.

Il se mit à hurler, de peur et de souffrance. Ces satanés bestioles étaient bien plus grosses que leurs congénères qu'ils connaissaient dans leurs jardins de Poufsouffle. Elles étaient aussi plus agressives, venimeuses et n'hésitaient pas à attaquer les petits animaux... ou les bêtes blessées.

« RALPH ! RALPH ! » hurla Megan, bientôt suivit de Morag et Hannah.

Elles non plus n'ignoraient pas le danger bien réel dans lequel se trouvait le garçon s'il restait accroché au pied de cette fourmilière meurtrière. Et elles aussi, par contre-coup. Le loup brun finit par s'avancer vers les femelles, étonné de leur frayeur.

« Mais laisse-les hurler, pauvre con, » se moqua Vircolac, assis devant le feu, en train de manger une cuisse de lapin.

« Leurs cris ne sont pas normaux, Vic', » rétorqua Ralph tandis qu'il continuait de marcher vers les jeunes filles et l'Oméga.

« Ralph, Ralph, » cria Megan, elle aussi paniquée alors que Draco hurlait toujours. « Vite, Draco ! Des maricopas ! »

Le Werwulf bondit aussitôt vers le jeune garçon qui pleurait.

« Merde ! Merde ! Vircolac, ramène tes putains de fesses ! »

Le grand blond se leva enfin. Quand il vit que son camarade avait sorti son couteau et tranchait les liens, il lui sauta dessus en le tirant en arrière.

« Tu es cinglé !? Il ne faut pas le détacher ! »

« Si on ne le fait pas, il va se faire dévorer vivant ou mourir à cause du venin, crétin ! » se débattit Ralph.

Vircolac daigna regarder d'un peu plus près ce qui se passait et poussa un juron en voyant les insectes qui avaient pris possession du corps du gosse. Dans la seconde, les deux Loups-garous retournèrent à couper les cordes.

Les femelles se levèrent, Hannah prête à s'enfuir en courant mais elle fut stoppée par l'homme blond qui bondit sur elle.

« N'espère même pas me fausser compagnie, femelle ! »

Vircolac lui asséna un violent coup sur la tête, l'assommant à moitié se faisant.

« Putain, quelle merde ! » cria-t-il, dans une colère noire tout en se redressant

Il brandit aussitôt sa baguette qu'il dirigea vers les prisonnières.

« Mettez-vous là, dépêchez-vous ! Sur cet arbre, allez ! »

« Je m'occupe du louveteau, » fit Ralph qui levait sa propre baguette.

Draco se tordait en hurlant toujours sur le sol, se frottait contre la terre, les mains encore liées dans son dos. Peu lui importait les griffures et morsures que Fenrir lui avait infligées un peu plus tôt, l'important étaient les insectes qui le piquaient, le mordaient et lui injectait leur venin.

Ralph fut rapidement sur lui, l'aidant dans sa tâche. De la résine était collée dans ses cheveux et sur sa peau nue, Brutus ne lui ayant pas laissé le temps de passer chemise ou pantalon avant de le ligoter. Alors que des énormes cloques rouges faisaient leurs apparitions sur le corps pâle, Ralph n'hésita pas plus, il le prit dans ses bras et partit en courant en direction du petit ruisseau où la meute s'abreuvait. Il plongea le garçon dans l'eau froide. Draco se mit aussitôt à trembler, à grelotter, puis ses yeux se révulsèrent tandis qu'il se mettait à convulser.

Il reprit conscience alors que le jour se levait. Il était dans des bras, mais lesquels ? Compagnon-Loup reconnut de suite l'odeur d'un mâle et pendant une petite demi-seconde, eut l'immense espoir que ce soit son dominant qui prenait enfin soin de lui. Un reniflement plus tard, il sut qu'il s'était trompé. Ce n'était pas Fenrir mais, sans trop de surprise, Daniel. L'enfant laissa libre court à des larmes silencieuses, le nez dans le giron de l'homme. Peu à peu, il comprit ce qui se passait autour de lui. Daniel caressait ses cheveux sales tandis qu'un autre mâle, Epsilon, regardait ses blessures. Il devait jouer de sa baguette et lui passer une lotion sur le corps car l'atroce sensation de brûlure semblait s'apaiser.

Draco ne bougea cependant pas. Il savait que les deux dominants étaient parfaitement au courant de son réveil, mais tout le monde faisait comme s'il était toujours évanoui. Cela lui convenait parfaitement. Ainsi, Compagnon-Loup tout comme Petit-Homme étaient apaisés. L'un des mâles le protégeait, l'autre le soignait.

« Alors ? » résonna la voix de Daniel.

« Heureusement que Ralph est intervenu rapidement et qu'il est un Mage sachant un minimum se servir de sa baguette. Vu l'état du gamin avant les piqûres, sa corpulence, quelques minutes de plus et je ne suis pas sûr qu'on aurait pu le sauver. »

« Greyback va être fou de rage. Brutus joue un jeu dangereux avec l'Oméga. Il a de la chance que notre raid et notre mission aient été un succès, sinon je n'aurais pas donné cher de sa peau. »

Epsilon se raidit un peu.

« Brutus est toujours notre Bêta, Daniel. Quant à ton propre jeu, dans la meute ou avec le garçon, il est tout aussi dangereux. »

Daniel gronda sourdement, sans rajouter un mot.

« Je vais aller prévenir Fenrir, mais je te laisse le soin de lui expliquer toi-même ce qu'il convient de faire avec l'Oméga. Personnellement, qu'il vive ou meurt, je m'en moque, » continua Epsilon en se relevant.

« Merci, Epsilon, » murmura alors Draco.

Le mâle stoppa ses mouvements, ses yeux verts dardant le dos lacéré du gosse. C'était la première fois qu'un soumis l'appelait par son prénom, jamais aucun d'entre eux n'avait osé le faire. Même la dominante ne l'osait pas. Il sembla hésiter un instant avant de répondre.

« Pourquoi me remercies-tu, louveteau ? Si je t'ai soigné, c'est pour éviter le colère de notre Alpha. Tu n'as pas entendu ? Je me moque de ton existence. »

Draco s'essuya les joues d'une main tremblante, en reniflant.

« Je sais bien. Mais... mais je n'ai plus mal, grâce à toi et... et je crois que tu aurais pu simplement me soigner, pas faire en sorte que je n'aie plus mal... » sanglota-t-il doucement alors que Daniel caressait gentiment ses cheveux et sa nuque.

Sentir la main ferme du dominant sur celle-ci était d'un immense réconfort pour le louveteau, le dominant le tenait, le rassurait, le consolait. Le protégeait. Epsilon le regardait toujours, un peu plus indécis.

« Je ne suis pas... » Il s'arrêta subitement avant de reprendre. « Je ne recherche pas ta douleur, Oméga. Tu devrais dormir. »

Puis Draco entendit le bruit de ses pas qui s'en allaient.

« C'est bien, louveteau, c'est très bien, » souffla Daniel. « Tu es un brave Oméga. »

Soudain Draco se tendit alors que des cris résonnaient plus bas. Il reconnu la voix de Hannah mais l'autre lui était inconnu. C'était un mâle.

« Fenrir n'a pas l'air d'apprécier ce que lui racontent Ralph, Vic et Eps'. Brutus va le payer. Quant à la dominante, je pense qu'elle ne se risquera plus à essayer de s'enfuir. »

« Hannah ne voulait pas s'enfuir, juste s'éloigner de la fourmilière, » protesta faiblement Draco.

« Ce n'est pas ce qu'a dit Vic'. Et toi, tu vas te taire, je suis clair ? »

« Daniel, Hannah n'a rien fait. »

« Peu importe. Tu te tais. »

Draco, épuisé, se boucha les oreilles. S'il ne pouvait rien dire, alors il ne voulait plus entendre non plus.

Il était à moitié endormi quand il se sentit arraché des bras protecteurs de Daniel. Il couina alors que Fenrir le mettait debout et le reniflait.

« Combien de temps, Daniel ? » grogna-t-il.

« Deux jours au moins, Alpha, c'est le minimum. »

Les yeux noirs et ambrés se posèrent un bref instant dans les gris qui se baissèrent aussitôt. Il rejeta le louveteau au sol, entre les cuisses du Troisième, impassible.

« Tu tiens tant que ça à t'en occuper ? »

« Oui, Alpha. Les autres ne sont pas capables, à l'évidence, de prendre soin de ton Oméga. Cela aurait sans doute été le rôle de Brutus, en tant que Bêta, mais nous avons vu ce que cela a donné. Je suis ton Troisième, j'assumerai mes fonctions, » répondit Daniel avec révérence.

L'Alpha grogna et retourna auprès du feu.

« Deux jours ? » murmura l'enfant.

« Deux jours sans accouplement. »

Draco serra le torse de l'homme contre lui et donna plusieurs coups de langue sur la peau brune devant lui.

« Oh, merci, merci, Daniel ! »

« Dors, enfant, » fit le mâle avec un large sourire.

Alors qu'il s'endormait, Draco remarqua une chose étrange : Daniel n'avait plus tout à fait la même odeur. Elle semblait plus... puissante, plus dominante. Il fronça les sourcil dans son demi sommeil.

Au bout des deux jours, qu'il passa en compagnie de Daniel, Archus et Epsilon, Draco était effectivement guéri. La meute avait quitté son campement, dans une certaine précipitation. Le garçon avait de nouveau voyagé sur le dos des mâles, solidement attaché.

Ce fut le soir du troisième jour que Megan lui expliqua ce que les louves avaient vu ou entendu. Les hommes avaient refait des abris, preuve que la meute allait rester un peu plus longtemps dans cet endroit. Où étaient-ils ? Draco l'ignorait et s'en fichait éperdument. Tous les bois finissaient par se ressembler, le Nord et le Sud se mélangeaient. Si vraiment il l'avait voulu, il aurait pu le savoir, mais il ne le souhaitait pas. Seules ses amies comptaient pour lui, le reste n'avait plus d'importance.

« Quand nous étions dans le nord, nous étions au Royaume de Serpentard. Fenrir était un Mage de ce pays-là, avant. Il est devenu Werwulf et mercenaire très jeune. Sa tête est mise à prix dans tout le Monde Libre ! Mais si les honnêtes gens le traquent, d'autres le payent pour qu'il leur rende des services. »

« Quel genre de service ? »

« Voyons, Draco, réfléchis ! » fit Hannah, adossée contre un tronc.

Son visage portait encore les marques de la punition de Fenrir, tout comme Brutus. Elle non plus n'avait pas pu marcher durant leur course.

« Il terrorise, mord, viole, tue, ceux qui sont désignés par ses commanditaires, » répondit Morag avec mépris. « Cette meute ne sait faire que cela. »

Un long coup de sifflet retentit, les faisant sursauter. Sans se regarder, ils sortirent de sous leur abri. C'était ainsi que les mâles les appelaient quand ils avaient besoin d'eux pour une raison ou une autre, ou pour les repas. Draco sentit son ventre se tordre de peur. Ce n'était pas l'heure de manger, pourtant les hommes étaient assis autour du feu et les demandaient. Cela ne signifiait assurément rien de bon.

Le garçon boitilla jusqu'à la meute et s'assit avec les femelles une fois qu'ils se jugèrent assez près des autres. Ses blessures avaient cicatrisé, les piqûres étaient guéries. Son état de santé s'était grandement amélioré grâce à Daniel qui l'avait protégé de Fenrir et s'était occupé de lui jour après jour. Draco n'avait quasiment pas été en contact avec les autres mâles, sauf quand il avait été transporté sur leur dos.

Ce fut donc avec une certaine surprise qu'il constata que Brutus et Hannah n'étaient pas les seuls à avoir été châtié par Greyback. Ralph et Vircolac avaient eux aussi encore des stigmates de coups. Pourquoi ? En voyant l'œil au beurre noir de Ralph, Draco poussa un petit gémissement plaintif. Sa nature lupine d'Oméga prit momentanément le dessus. C'était une réelle souffrance pour le louveteau de voir que son sauveur était blessé à cause de lui ! Pire, intolérable !

Ce cri clairement lupin firent tourner toutes les têtes vers lui, sans qu'il ne s'en rende compte. L'enfant avança vers Ralph en se traînant sur ses genoux. Arrivé devant l'homme, il se colla contre lui afin de lui lécher une épaule qui était toujours un peu bleutée tout en couinant de nouveau.

Ralph le laissa faire un petit instant, puis il posa sa large main sur la tête blonde, la poussa sur ses jambes tout en entraînant le corps du gamin au sol. Draco s'allongea, dévoilant sa gorge et son ventre au mâle. Le Werwulf caressa le ventre dénudé, baissa son visage et prit entre ses dents la peau fine du cou, sans le mordre vraiment.

« Brave louveteau, » murmura-t-il en le relâchant.

Le son de la voix de l'homme sembla réveiller le garçon, Petit-Homme réalisant ce qu'il venait de faire. Draco écarquilla les yeux, honteux et confus. Il se remit prestement en position assise, sans oser pour autant retourner vers les femelles, préférant rester à côté du jeune dominant.

Fenrir explosa de rire, vite repris par le reste de la meute.

« Eh bien, avoir un Oméga dans la meute est une réelle bonne surprise ! » s'exclama-t-il grassement. « N'est-ce pas, Brutus ? »

Le Bêta grogna en montrant les dents, dont une manquait désormais sur le côté.

« Les Omégas sont des êtres fascinants, » continua Fenrir en se baissant devant le garçon qui se mit à trembler. « Qu'en penses-tu, chiot ? »

« Je... je sais pas, Alpha. Je suis petit et faible, je ne me trouve pas fascinant du tout. »

Fenrir aboya d'un nouveau rire tout en se redressant.

« Oui, c'est certain. Mais les Omégas sont un tel atout dans une meute. Tu veux prendre soin de Ralph, pas vrai, gamin ? Lui et Vircolac ont sauvé tes jolies fesses, après tout. »

« Oui, Alpha. Sans eux, je serais mort, » admit Draco les yeux rivés sur le sol. « Pourquoi les as-tu battus, dominant ? »

Une main griffue se porta sur ses cheveux. Le garçon se retrouva prestement levé, sur la pointe de ses pieds.

« Tu contestes ma façon de faire, petit ? »

« Non, non ! » s'exclama Draco, ses deux mains sur le poignet de Fenrir. « Je voulais juste savoir, pardon, pardon ! »

Greyback le relâcha en le regardant d'un œil torve.

« Je n'étais pas satisfait en rentrant de notre mission de voir que mes mâles avaient détaché les femelles. Surtout que l'une d'elle a tenté de s'enfuir. Qu'en penses-tu, petite chose, tu penses que la dominante a essayé de fuir ? »

Draco ouvrit la bouche, une boule au ventre. C'était un piège, bien sûr. Compagnon-Loup le suppliait de se taire, lui rappelant les conseils de Daniel.

« Je... je ne sais pas, Alpha, j'étais déjà à moitié évanoui. »

Le silence lui répondit tout d'abord.

« Bonne réponse, louveteau. Maintenant, nous savons tous que mon Bêta a commis une grosse erreur, pas vrai. Brutus dit qu'il n'avait pas vu la fourmilière. À ton avis, il ment ? »

Draco se mordit les lèvres, la panique commençant à l'envahir.

« Je... Je l'ignore. »

« Là, je crois que c'est toi qui mens, gamin, » sourit Fenrir en se mettant de nouveau accroupi devant lui. « Regarde-moi, Oméga ! » cria-t-il.

Draco couina, leva rapidement les yeux vers l'Alpha, soutenant son regard fait de noir et d'ambre pendant deux malheureuses secondes avant de céder. Une nouvelle fois, Compagnon-Loup prit les entières commandes. Il gémit, s'allongea au sol, les yeux fermés, tout en se traînant entre les cuisses de l'Homme. Son ventre et sa gorge à nu, il tourna la tête, léchant avec précipitation une cheville et un pied à porté de lui.

Greyback le laissa faire, un grand sourire satisfait aux lèvres. Il empoigna ensuite le bras fin en se relevant, faisant se redresser Draco par la même occasion.

« Quand je vous disais, compagnons, qu'un Oméga était une grande source de distraction ! Avez-vous déjà vu une de nos soumises et femelles agir ainsi ?! Jamais ! Les Omégas sont si... » il enfouit son nez dans les cheveux et le cou du gosse qui frissonna, « … si délectables. »

Il tourna Draco vers Ralph et Vircolac.

« Regarde tes sauveurs, Oméga. Regarde-les tous les deux. Ils ont été gentils, n'est-ce pas, Oméga ? Ils t'ont protégé. Je pense qu'ils ont donc largement mérité une récompense. Tu n'es pas de mon avis ? »

« Si, si, Alpha, » fit Draco en commençant à pleurer, les ongles de Fenrir marquant sa peau pâle.

L'homme le jeta au sol, aux pieds des deux Werwulfs.

« Alors remercies-les. Puisque c'est dans ta nature de lécher les membres de ta meute, montre-nous à tous comme tu sais si bien te servir de ta langue. Donne-leur du plaisir avec elle. »

Draco fondit en larmes. Il savait bien que si les mâles les demandaient ainsi, ce ne serait pas bon pour lui. Il ne pouvait pas ignorer l'ordre de l'Alpha, quand bien même Compagnon-Loup protestait avec vigueur. Sa partie lupine était totalement perdue. L'un des dominants s'accouplait avec lui mais refusait d'être son véritable compagnon, un autre mâle le protégeait, un autre encore le maternait comme le louveteau qu'il était. Et maintenant, il devait donner du plaisir au mâle maternant et à un autre encore ? C'était... aberrant !

Les hommes se mirent à rire, des phéromones d'excitation remplissant l'air. Certains Loups-garous se déplacèrent afin d'avoir une meilleur vue sur le spectacle annoncé.

« Alpha, avec tout le respect et la gratitude que je te dois, j'aimerais ne pas avoir cette récompense. »

La voix de Ralph jeta un froid certain. Draco redressa son petit nez, regardant le jeune mâle brun qui était à genoux, gorge dévoilée devant Greyback.

« Tu refuses mon présent, Ralph ? » gronda sourdement Fenrir.

« Alpha, je ne refuse pas ta récompense, juste la nature de celle-ci. Le garçon ne m'intéresse absolument pas. Si tu en es d'accord, bien sûr, je préférerais avoir une autre récompense pour avoir par deux fois sauvé ton Oméga. »

Le silence se fit dans la clairière.

« Que souhaites-tu, homme ? »

« Je l'ignore encore. Pourrais-je te le demander quand je le saurais ? »

« Accordé, » concéda Fenrir après un bref instant de réflexion. « Vircolac ? »

Le Loup-garou blond se contenta de sourire tout en dégrafant rapidement son pantalon.

« C'est trop d'honneur, Alpha ! »

Draco se remit à pleurer tout en s'avançant vers l'homme assis au sol.

... ... ...

À suivre

... ... ...


NDA : Vous êtes plusieurs à me parler de Voldemort. Cependant, comme vous vous en êtes sans doute rendus compte avec ce dernier chapitre, Voldemort n'est pas dans cette histoire, du moins, pas au présent. Vous connaîtrez en partie sa vie grâce aux informations en en-tête de chapitre, mais Greyback n'est en aucun cas à sa solde puisque dans cette fiction, plus d'un siècle les sépare et qu'aucun Mage Noir ne gouverne dans le Monde Libre à l'époque de Draco, Greyback et autres :)