Chapitre 37: Hayato
« Tsunayoshi Taru est, depuis quelques heures, déclaré mort. »
Le silence qui régnait dans la pièce était si profond qu'on aurait presque pu entendre la Terre tourner.
Giotto fixa le jeune Don avec incompréhension. Dans sa tête, les mots "Tsuna" et "mort" n'appartenaient pas à la même phrase. Ce n'est que lorsque les trois femmes Vongola se mirent à crier de désespoir que les terribles mots de Byakuran l'atteignirent réellement.
Secouant doucement la tête, Giotto dit d'une voix faible, "Non...". Après un instant de silence, il leva les yeux vers Byakuran, une lueur enflammant ses yeux et il hurla, « NON ! »
Millefiore Primo se contenta de hausser un sourcil et demeura silencieux. Il observa les yeux de Giotto vaciller entre le bleu ciel et l'orange de ses flammes en se demandant s'il avait encore assez d'énergie pour passer en mode dying will. Il eut la réponse à sa question lorsque les iris de Giotto conservèrent leur solide teinte bleue, mais la fureur du blond n'en avait pas diminuée pour autant.
Il se releva difficilement dans l'étroite cage et s'élança alors Byakuran, un grondement féroce résonnant dans la salle alors qu'il luttait contre les chaines qui enserraient ses poignets et chevilles. « Je vais te tuer ! » tonna-t-il, mais Byakuran se contenta de sourire.
« J'ai vraiment voir ça, Giotto. Je- »
Avant qu'il ait pu terminer, il fut coupé par le reste des gardiens des Vongola, qui, sortant de leur stupeur, se ruèrent contre les barreaux de leur cage pour atteindre cet homme qui avait tué leur neveu. Pendant un moment, Byakuran eut sincèrement l'air effrayé. Ils étaient si furieux qu'ils semblaient pouvoir briser toutes leurs chaines. Mais leurs cages étaient solides et voyant qu'ils ne parviendraient pas à s'échapper, il sourit et tourna les talons.
« J'espère que vous comprenez qu'il n'y a plus aucun espoir pour vous. Mais ne vous en faites pas. Une fois que Shou-chan aura tué les autres, vous les suivrez. » Disant cela, il sortit de la pièce en riant doucement.
Les gardiens fixèrent la porte par laquelle il venait de sortir, ne sachant pas quoi faire. Les trois femmes pleuraient encore et après un instant de silence figé, les gardiens se laissèrent également tomber à terre, vaincus. Les larmes qu'ils avaient tentés de refouler coulaient à présent sur leurs joues. Ils pleurèrent en silence la perte terrible de Tsuna, mais aussi la peur étouffante de voir leurs enfants périr.
Tsuna ne peut pas être mort, se dit Giotto, secoua la tête en déni. Son cœur n'acceptait pas l'idée que son fils ne puisse plus être de ce monde. Cette petite voix dans sa tête continuait à lui dire que son adorable fils était encore vivant. Mais au plus profond de lui, il savait que ce n'était pas possible. Tsuna était mort et Giotto ne pourrait jamais se le pardonner.
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Dix ans plus tôt
Un Tsuna âgé de quatorze ans bailla paresseusement et se tourna sur le côté, plissant les yeux à cause des rayons de soleil qui perçaient à travers sa fenêtre. Il était dans sa chambre, celle du manoir des Vongola au Japon où il vivait depuis maintenant deux ans. Se redressant sur un coude, il se frotta les yeux et regarda autour de lui. Il jeta à un œil à l'horloge et à sa grande surprise, vit qu'il été déjà onze heures. C'était la première fois que Reborn ne l'avait pas réveillé à l'aube.
Il haussa les épaules, se disant que son tuteur lui avait probablement offert un jour de congé. Le jeune héritier se dirigea alors vers la salle de bain pour prendre une douche rapide.
Lorsqu'il en ressortit, presque une demi-heure plus tard, vêtu d'un jean confortable et d'un sweat shirt orange marqué du chiffre vingt-sept, il sentit son estomac faire des soubresauts. Il n'était pas nerveux ou quoi que ce soit (pourquoi l'aurait-il été ?), il avait l'impression que quelque chose de grave s'était produit.
Essayant d'ignorer ce sentiment, Tsuna descendit prendre son petit-déjeuner en se demandant distraitement où l'arcobaleno du soleil avait bien pu aller. Lorsqu'il leva la tête, il se rendit compte qu'il avait déjà passé la salle à manger et se dirigeait vers le salon. Il était un peu confus et se demandait pourquoi ses pieds l'avaient amené jusque-là. Après un moment de réflexion, il enfila ses chaussures et sortit de la maison, avec la ferme intention de faire confiance à son intuition qui à ce moment précis, lui disait d'aller chercher Reborn en ville.
Ce n'est qu'une fois les grilles passées, et alors qu'il se retrouvait enveloppé d'un nuage de fumée rose, qu'il se dit qu'il aurait probablement dû prévenir un de ses frères.
O-o-o-o-o-o-o-o-o-O
Dix ans plus tard
Notre cher gardien aux milles dynamites était en train de marcher le long d'un chemin de forêt, bien que ses pensées soient loin d'être aussi tranquilles que son apparence le laissait croire. Depuis ce terrible évènement un mois auparavant, sa famille, cette famille qui avait toujours été si proche, s'était effondrée. Tout le monde s'en voulait d'avoir laissé Tsuna aller seul dans la salle de conférence, et de ne pas avoir pu le sauver. A présent, ils ne pouvaient pas rester dans la même pièce sans qu'une dispute éclate et même Takeshi n'avait pas le cœur à les arrêter. La pluie qui était censée faire disparaître la tristesse refuser de tomber.
Tandis qu'Hayato continuait d'avancer, il vit que la végétation commençait à s'éclaircir plus loin et savait qu'il n'était pas loin de la clairière où ils avaient déposé le cercueil de son petit frère. C'était là qu'il reposait en attendant de pouvoir transporter son corps en Italie, de retour chez lui, pour être enterré sur les terres de ses ancêtres.
Il faillit faire demi-tour, redoutant de voir ce cercueil magnifiquement décoré gisant dans un champ où de flamboyants lys avaient fleuri. Un décor trop beau pour toute la souffrance qu'il avait causé.
Mais à ce moment, Hayato entendit un son étrange, celui du couvercle d'un cercueil qui s'ouvrait. Ses yeux s'écarquillèrent sous la surprise alors qu'il s'élançait vers la clairière, bien décidé à protéger le corps de nidaime jusqu'à la mort. Lorsqu'il arriva, le spectacle qui s'offrit à lui le laissa sans voix et son cœur se serra douloureusement.
Là, assis dans le cercueil sur un lit de trilliums blancs qui contrastaient vivement avec les lys rouges, se trouvait une personne qu'il n'aurait jamais pensé revoir vivante.
Les mèches brunes brillèrent doucement sous les rayons du soleil alors que leur propriétaire se tournait vers Hayato, l'ayant entendu approcher.
« Hayato ? »
