Bêta : Nanola
NDA : Bon, allez, je vous le dis parce que sinon je crains que certains d'entre vous ne survivent pas et je ne voudrais pas être responsable d'un petit-suisside collectif (non, parce que c'est bon les petits-suisses, alors ce serait dommage ^^') Donc, oui, ce chapitre-là est encore dur. Oui, c'est vrai, tout le passage de l'histoire avec la meute de Greyback est atroce, je peux difficilement le nier. Mais, PROMIS JURÉ CRACHÉ cette fiction n'est pas un drama, elle fait 45 chapitres en tout et la fin du calvaire de Draco est pour très bientôt (genre, pendant le chapitre 12, en fait ^^) ! Courage !
Chapitre 10
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Quand l'Oméga remplit son rôle
Les Hommes-loups ont également un autre membre très particulier. Cet être, exclusivement mâle, porte le nom d'Oméga. Il s'agit du membre le plus faible et le plus fragile d'une meute. Sa nature est évidemment soumise, l'Oméga ne pouvant pas dominer un autre Loup-garou, y compris les autres soumis. Ce sont des êtres doux, obéissants, qui ne voient que l'intérêt de la meute en général et celui de leur compagnon en particulier. En effet, ces mâles ne peuvent être unis qu'à d'autres mâles dominants, comme tous les soumis de sexe masculin.
Les Omégas sont très rares et particulièrement protégés au sein de la meute. Nous ne parlons, une fois encore, que des meutes classiques, pas des atypiques. L'Oméga a un grand besoin de protection, de soin, d'attention de la part de sa meute. En retour, ce sont eux qui s'occupent le mieux des petits ou des malades. Ils ont un don d'empathie qui les poussent vers un membre affaibli, afin de le soigner ou le consoler. Enfin, avoir un Oméga dans sa meute est un grand honneur pour les Lycanthropes.
Nous pouvons distinguer deux type d'Oméga : ceux nés d'un couple Lycanthrope et ceux résultant d'une morsure.
Pour les Omégas nés Lycans, contrairement aux autres Loups-garous, le compagnonnage se fait en général après la fin totale de la puberté, c'est à dire vers vingt ans. Nous entendons par là que l'Oméga ne connaît sexuellement aucun mâle avant cette date, tandis que ses petits camarades lupins sont libres d'expérimenter, ce qu'ils ne se privent pas de faire. L'Oméga sera en général gagné aux termes d'une compétition, après que l'Alpha ait convoqué tous les mâles intéressés, y compris ceux des meutes voisines.
De ce que nous en savons, cette pratique est aussi une façon de protéger les Omégas, plus sensibles au niveau émotionnel. L'autre raison est que les Omégas sont capables d'enfanter. Or, les grossesses masculines, sont, comme nous le savons, bien plus délicates que les grossesses classiques. Cette caractéristique est renforcée dans les cas des Omégas, sans doute en raison des transformations puisque mêmes les femelles lycanthropes subissent plus de fausses-couches que les femelles humaines, mages ou nymphes. Il convient donc que son corps soit suffisamment mature pour être en état de supporter une grossesse.
Quant aux Omégas résultant d'une morsure, ils nous emmènent à un autre chapitre de cet ouvrage, à savoir, bien entendu, celui consacré à l'étude des Monoïques.
« Les différences espèces du Monde Libre » - Chapitre 12 ''Les Loups-garous '' - Basile Beasth
... ... ...
Draco resta prostré pendant une journée entière, avant de reprendre une activité a priori normale. Seules Hannah et Megan virent que le jeune mâle était encore choqué. Il parlait bien moins, mangeait à peine. Son visage semblait figé, ne montrant rien de ses sentiments. Les deux louves angoissaient alors que les jours passaient. Si Draco n'était toujours pas enceint quand Fenrir reviendrait, elles craignaient la sanction. Si Draco était enceint, Fenrir le donnerait aux hommes qui se jetteraient sur lui. L'avenir les terrifiait car dans un cas comme dans l'autre, elles n'étaient pas sûres que Draco survive.
D'un commun accord, elles avaient décidé de taire à l'Oméga ce que Fenrir souhaitait, à savoir qu'il porte sa descendance. Là non plus, elles n'étaient pas certaines que l'esprit fragilisé de Draco supporte la nouvelle. Elles-mêmes étaient révulsées à l'idée d'être enceintes d'un des êtres qui composaient la meute, c'était bien pour cette raison qu'elles prenaient consciencieusement chaque semaine la feuille séchée que leur tendait Daniel.
Hannah et Megan ignoraient par contre d'où provenait la nature Oméga du garçon. Il n'était pas pensable pour elles qu'il soit né Monoïque. Le fait de pouvoir enfanter devait donc, d'après elles, être propre aux Omégas.
Les trois prisonniers avaient vu l'aube du dixième jour se lever avec une terreur de plus en plus importante. Ce jour annonçait l'heure du retour de l'Alpha au campement. Quand ils entendirent ses pas et sentirent son odeur, Draco se blottit en gémissant dans les bras de Hannah.
Les mâles se retrouvèrent bruyamment, chacun tapant sur l'épaule de l'ami qu'il n'avait pas vu. Et puis Fenrir s'avançant vers les trois formes terrées contre un arbre.
« Alors ? Comment se portent nos jouets et l'Oméga ? »
« Les femelles vont biens, » répondit Daniel. « Pour l'Oméga, cela a été plus difficile. Il a du mal à se remettre de ton dernier coït, Fenrir. Comme je te le disais avant que tu ne partes, il serait préférable que tu évites de recommencer. Cela pourrait lui laisser de lourdes séquelles physiques qui contrecarreraient à jamais tes projets. »
Fenrir grogna, mécontent. Il s'avança lourdement vers le garçon qui hoqueta en sanglots secs.
« Tu joues à la petite poupée de porcelaine, Oméga ? Viens donc me voir, je pensais que tu serais heureux de me retrouver, pourtant, » dit-il d'une voix presque cajolante.
Draco eut un petit frisson. Compagnon-Loup redressa sa truffe. Est-ce que Fenrir avait décidé de devenir un bon compagnon ? Prendrait-il soin de lui ? L'adolescent se rapprocha de l'homme accroupi, les yeux rivés au sol. Il se plaça entre les jambes ouvertes, colla son visage dans le cou du mâle qu'il gratifia d'un petit coup de langue. La poigne rude de Fenrir lui attrapa un bras qu'il tordit derrière le dos pâle. Draco cria, ses espoirs s'évanouissant aussi vite qu'ils avaient eu l'idée stupide d'arriver. Il se laissa allonger sur le sol, baisser son pantalon, les yeux clos. Fenrir le toucha, de partout, puis le renifla consciencieusement. Draco se mit à trembler alors que le traitement se prolongeait, Fenrir allant jusqu'à lui soulever les jambes afin de le renifler de façon fort intime. Puis le grand homme se redressa en éclatant d'un rire victorieux.
« L'Oméga a rempli son rôle ! »
Aussitôt d'autres cris et hurlements lui répondirent, les hommes laissant exploser leur joie, factice ou non.
Draco se mit en position assise, étonné, ne sachant toujours pas ce qu'il avait bien pu réussir à faire. Il jeta un regard vers Hannah et Megan qui le regardaient aussi... en larmes. Draco ne comprit pas plus leur réaction jusqu'à ce que Fenrir se retourne vers lui, le terrorisant par sa simple aura et lui faisant oublier la raison du chagrin de ses sœurs.
« Il convient de fêter dignement l'événement, qu'en penses-tu, louveteau ? »
« Sans... sans doute, » bredouilla Draco.
Le rire de Fenrir lui glaça les os. L'homme le plaqua contre le sol, brutalement.
« Tu m'as bien manqué, Oméga, ou plutôt, ton joli petit trou accueillant m'a manqué durant ces dix jours. »
Draco ferma les yeux, sachant ce qui l'attendait. Ses dents claquèrent de peur, de honte. Il haïssait quand l'Alpha le prenait ainsi, à la vue de tous, de façon obscène, impudique. Son esprit s'évada alors que la douleur le saisissait. Il n'avait pas eu le temps de se préparer, et ce n'était certainement pas Fenrir qui allait le faire. L'adolescent se mordit les lèvres, ne voulant pas crier, ce qu'il fit néanmoins à la fin du coït.
Quand l'homme eut fini, ses paroles résonnèrent comme une sentence.
« Frères loups, je sais que vous attendez ce moment avec impatience depuis des mois. Le garçon est à vous. Ne l'abîmez pas ou vous le paierez de votre vie. Allez-y, compagnons, fêtez ce moment ! » ordonna-t-il.
Il y eut un un moment de flottement, les hommes se regardèrent les uns les autres, puis Draco hurla alors que des mâles l'encerclaient.
« Non ! Non ! Pitié, non ! » supplia Draco en levant ses mains vers eux.
Ses cris se firent sanglots, de vrais sanglots humides, les larmes dévalant ses joues. Puis un mâle le retourna, un autre souleva son derrière, et l'enfer débuta.
Un à un, les hommes le possédèrent. Tous sauf un. Pas deux, seulement un.
Celui qu'espérait Draco, celui qu'il considérait comme son aide, à défaut de son ami, son soutien, le posséda, lui aussi.
L'enfant crut à son salut jusqu'au bout, surtout quand l'homme à peau brune le massa d'abord et lui passa du baume sur son anus malmené par les deux loups qui l'avaient déjà forcé après Fenrir. Draco lui murmura sa peine, sa frayeur, le supplia de l'aider. Et quand le sexe large et dur s'enfonça dans ses fesses en réponse, le garçon hurla. Pas sa douleur physique mais la douleur de son cœur et de son âme en miettes.
Il pleura et cria la souffrance de la trahison.
Compagnon-Loup ne comprenait pas que son compagnon, son mâle, le rejette et le donne à d'autres. C'était inconcevable dans sa nature lupine, un abandon, un meurtre pour lui, jeune Oméga.
Petit-Homme, lui, était dévasté par la trahison de Daniel qui s'activait dans son dos.
« Pourquoi... » sanglota-t-il.
« Je te veux, Oméga, je te désire depuis si longtemps ! Je veux que tu m'appartiennes, alors je dois te prendre... » gémit le Werwulf, perdu dans son plaisir.
Draco eut le sentiment de mourir durant les longues minutes que dura son calvaire. Il s'évanouit de fatigue, de peine et de douleur après le septième mâle, ne reprenant conscience que par intermittence.
Quand il se réveilla pour de bon, il était sous l'abri de branches des louves, Megan et Hannah l'entouraient. La nuit était là, il ne savait depuis combien de temps.
« Draco ? Tu es réveillé, bébé ? » demanda Hannah en lui caressant les cheveux.
Le garçon ne répondit pas, il se contenta simplement de gémir, de pousser de petites plaintes déchirantes.
« C'est terminé, bébé, les mâles sont endormis. »
« Il... Il m'a baisé, Hannah, » pleura enfin le garçon.
« Je sais, bébé, je sais, » pleura de concert la jeune fille.
« Et ... et Ralph ? » bredouilla-t-il.
« Non. Les autres se sont moqués de lui, Brutus et Barbatus l'ont même tiré jusqu'à toi, mais il a encore refusé. Fenrir l'a frappé. Violemment. Pour le faire céder. Mais il n'a rien fait. Il est parti, il ne supportait pas tes cris ni de te voir ainsi, » expliqua Megan. « Il n'est revenu que bien plus tard. »
Draco sanglota encore un moment, avant de s'endormir de nouveau, brisé et épuisé.
Quand le soleil se leva, Draco resta dans l'abri. Il fallut que Daniel sorte de force l'adolescent hurlant et se débattant pour le faire asseoir devant le feu de camp. Mais Draco hurla plus encore, se roula en boule.
« Tu as mal ? » l'interrogea le Werwulf.
Devant le regard mauvais de Hannah, il le soigna, sans tenir compte des sanglots désespérés du garçon à chaque fois qu'il le touchait.
« Mange, » ordonna ensuite le dominant.
Draco tenta de refuser dans un premier temps, mais céda rapidement alors que Fenrir se levait, menaçant. Il avala le morceau de pain, qu'il vomit dans la minute suivante.
« Fichez-lui la paix, » s'écria Hannah en le prenant dans ses bras. « Vous lui avez fait assez de mal comme ça. Vous voulez le tuer ? »
Greyback la frappa, laissant une longue griffure sur le visage de la jeune fille qui poussa tout d'abord un cri de douleur, avant de gronder sourdement de colère, la tête basse afin que l'Alpha ne voit pas les éclats de haine dans ses yeux.
« Ralph, occupe-toi du louveteau, » grogna Greyback. « J'ai bien peur que la présence de notre ami Daniel ne soit plus vraiment efficace aujourd'hui. »
Le mâle brun qui portait encore les stigmates de son châtiment de la veille s'approcha de la forme frêle et tremblante au sol.
« Oméga ? Draco ? C'est moi, Ralph. Viens dans mes bras, louveteau, allez viens. »
Le garçon se redressa péniblement, il avisa l'homme qui lui tendait les bras et se blottit avidement contre lui.
« Ralph, je veux mourir, s'il te plaît, tue-moi, » murmura l'Oméga en se nichant dans son cou.
« Je ne peux pas, enfant, » fit Ralph d'une voix émue et ténue, tout en le caressant.
Daniel s'assit à côté d'eux. Il proposa encore de la nourriture au louveteau qui fermait les yeux en claquant des dents dès que les doigts s'approchaient trop près de lui.
« Tu es fier de toi, Daniel ? » grinça Hannah, hargneuse. « Draco avait confiance en toi, il pensait que tu le protégerais. Tu l'as détruit cette nuit, plus que tous les autres réunis. Pourquoi as-tu fait ça ? »
Daniel darda son regard de nuit dans les yeux bleus de Hannah. Il passa sa main dans ses cheveux bouclés, moins crépus que ceux de son frère, en grognant.
« Encore une fois, pense ce que tu veux de moi, femelle. Ton avis ne m'importe pas. Je vois plus loin que le bout de ma truffe, pas comme toi. Si tu imaginais que j'allais laisser passer l'occasion que me donnait Fenrir, tu te leurrais. »
« L'occasion de baiser un pauvre garçon de quinze ans ? Tu me dégoûtes. »
« Et toi, tu te répètes. Oui, je l'ai possédé... et maintenant, l'Oméga est aussi à moi. »
Daniel lui fit un sourire à la fois moqueur mais surtout étrangement vainqueur. Hannah se sentit mal à l'aise sous le regard sombre. Quelque chose lui échappait, elle le sentait.
Une fois que la meute se fut restaurée, Fenrir décida de lever le camp, une fois encore. Draco regarda la clairière, un nœud au ventre, avant de se transformer. Ce lieu était maudit, c'était là que le pire lui était arrivé. Fenrir avait brisé tous les tabous, tous les interdits. La truffe au vent, il huma l'air, voulant se rappeler du lieu pour ne plus jamais y revenir.
Se faisant, le parfum de Daniel lui parvint. Le louveteau plaqua ses oreilles à l'arrière de son crâne. L'odeur du mâle avait encore changé, bien que de façon quasiment imperceptible.
La meute se mit en marche, parcourant plusieurs kilomètres avant de s'arrêter et de faire un campement de fortune. Avec la nuit, le calvaire des femelles et de l'Oméga reprit. Mais Draco ne pleura pas. Ses paumes, ses genoux et son ventre étaient encore comme brûlées par les précédents frottements, alors il se concentra sur ces douleurs-là, voulant oublier ce qui se passait dans son dos.
Daniel se tint à côté de lui, empêchant les mâles qui voulaient de lui de le prendre trop rudement et veillant personnellement à sa préparation. Sa présence donna une nouvelle fois envie de vomir au garçon. Comment pouvait-il agir ainsi ?
Puis ce fut son tour. Alors qu'il s'accouplait lentement avec lui, Compagnon-Loup se mit à gémir, incertain.
L'odeur, l'aura du mâle était étrange. Il agissait comme un compagnon mais il n'était pas son compagnon, son compagnon était... non, même Compagnon-Loup ne pouvait plus regarder Fenrir comme son seul mâle attitré. Il l'avait donné. Il n'était plus qu'un mâle parmi les autres... Non ? Est-ce qu'ils étaient tous ses compagnons ? Draco gémit oralement, faisant pendant aux gémissements silencieux dans son crâne. Il ne pouvait pas être le conjoint de tous les mâles, c'était irréalisable. Alors, peut-être que c'étaient juste Fenrir et Daniel ?
L'homme se retira de lui et l'attira contre son corps en sueur.
« Tu dors avec moi, Oméga, » déclara-t-il.
Draco ne répondit pas. Il ne pouvait plus sourire, ne voulait plus pleurer, il refusait désormais de parler plus que nécessaire. Comme cela, il ne serait plus qu'un objet sans âme. S'il n'avait plus d'âme, peut-être souffrirait-il moins ? Pelotonné contre le torse de Daniel, Draco ferma ses yeux.
Il se réveilla en pleine nuit, alors que les autres Lycanthropes ronflaient. Draco s'assit, sans bouger, ses yeux détaillant la meute. Il découvrit Hannah, endormie entre David et Heimdall et à l'autre bout Megan, dans les bras de Ralph. Fronçant ses sourcils, Draco étudia l'étrange duo. Ralph avait passé un bras protecteur sur la jeune fille, nichée contre lui. Elle semblait sereine, presque heureuse.
Se détachant d'eux, Draco retourna à sa contemplation silencieuse. C'est alors qu'il le vit. Le sac de Berserkir, posé contre un rocher couvert de mousse un peu à l'écart. Sans faire de bruit, le garçon se glissa jusqu'à lui. Berserkir était l'un des hommes à ne pas posséder de barbe, comme beaucoup d'entre eux. Par contre, il possédait dans son sac le long couteau aiguisé qui leur servait à tous pour se raser de temps à autre.
Arrivé devant le sac, Draco l'ouvrit avec précaution, fouillant à l'intérieur. La pointe acérée d'une lame se planta dans son doigt, lui arrachant une légère grimace. Il l'avait trouvé. Toujours avec prudence, il sortit le couteau, tournant la lame sous la faible luminosité du croissant de lune et faisant briller l'acier d'un éclat froid. Meurtrier.
La respiration de Draco s'accéléra. Il devait le faire. Il devait se libérer. Se sachant seul, il laissa ses larmes couler sur ses joues. Sa vie ne valait rien. S'il le pouvait, s'il avait un peu de courage, il devrait se faufiler jusque vers l'Alpha et lui trancher la gorge. C'était ce que Hannah ferait. Même Megan en serait capable. Pas lui.
Lentement, il porta la lame contre sa propre gorge. Il se concentra sur sa respiration, les yeux levés vers les étoiles. Il voulait rejoindre sa maman, Susan, Édith, Lisa et Morag. Quelques sanglots s'échappèrent de ses lèvres sèches alors qu'il priait les Éléments de lui pardonner son geste tout en lui donnant la volonté d'aller jusqu'au bout.
L'acier pénétra la chair tendre, le sang coula doucement. Draco serra les dents, ce n'était qu'une entaille, il fallait appuyer plus fort, ouvrir les veines.
« À quoi joues-tu, gamin ! » cria une voix puissante tandis qu'une main se saisissait de son poignet, l'obligeant à relâcher l'arme dans un cri.
Les yeux clairs sombrèrent dans des foncés. Les coups plurent sur son visage, ses bras. Draco se roula en boule, attendant des coups de pieds sur son ventre qui ne vinrent cependant pas.
« Tu pensais t'échapper de cette façon ? Tu te trompes, Oméga ! Tu m'appartiens, comme tu appartiens à cette meute, et tu n'en seras libéré que lorsque je le déciderai ! Tu n'es plus libre de rien, de rien, tu entends ? Même pas de ta propre mort ! » hurla Fenrir en le prenant par les cheveux et en les tirant dans tous les sens.
Enfin l'homme arrêta ses coups. Il le mit sur ses jambes et l'entraîna vers la meute, dont les membres tous réveillés les dévisageaient.
« Dominante, prends le louveteau avec toi, s'il lui arrive quoi que se soit, tu le payeras de ta vie ! »
Hannah tendit les bras, Draco se réfugia contre elle. Elle s'allongea tout en caressant les cheveux emmêlés du garçon grelottant.
« Bébé, qu'as-tu fait ? »
« Je... je voulais mourir... » pleurnicha l'enfant, le nez entre les deux seins cachés par la chemise d'homme que portait Hannah.
La louve grogna, elle prit le visage en coupe entre ses mains et obligea Draco à la regarder.
« Écoute-moi bien, » souffla-t-elle à voix basse. « Je t'interdis de mourir, tu m'entends ? »
« Mais... »
« Non ! C'est un ordre, Draco Bones. Tu dois vivre, je t'ordonne de vivre ! Je refuse que tu leur donnes le plaisir de mourir, encore plus de cette façon ! Tu n'as pas honte ? Que dirait ta maman si elle te voyait faire ? »
À la mention de sa mère, Draco se cramponna plus encore à Hannah.
« Ma maman est morte. »
« Alors fais lui honneur. Elle est morte en voulant te sauver, comme Susan et Édith. Tu penses que leur sacrifice est vain ? »
« Non, » murmura Draco après un instant de silence.
« Alors ne refais plus jamais cela, bébé. Promets-le moi. »
« Je te le promets, Hannah. »
La louve frotta gentiment son dos, lui embrassa le dessus du crâne. Draco ne se rendormit pourtant pas. Il se contenta de profiter de sa chaleur, le nez dans son giron.
Le lendemain et les jours suivants, la vie de Draco ressembla plus à de la survie. Il ne parlait pas, ne bougeait pas. Fenrir l'avait encore frappé après sa tentative de suicide, exigeant que tous les loups le surveillent étroitement. Le garçon leur facilitait cependant la tâche de part son immobilisme. Il parlait de moins en moins, mangeait à peine. Il ne bougeait pas pendant les accouplements, se contentant au pire de gémir.
Tout comme Morag avant lui, Draco dépérissait devant les yeux impuissants des louves. Daniel et Ralph se chargeaient toujours de lui, le dorlotant, l'incitant à manger pour l'un, veillant à ce que les mâles dominants ne le blessent pas pour l'autre.
Lui se sentait de plus en plus vide. Inutile.
L'été s'écoula, puis les premiers signes de l'automne apparurent, colorant les arbres. Draco s'en rendit compte un jour, alors que la meute se dirigeait vers l'Est. Ralph se faisait une nouvelle fois chahuter par les mâles qui se moquaient de son incapacité à baiser une femelle ou l'Oméga. Cela faisait plusieurs jours, voire semaines, que les Lycanthropes étaient de plus en plus agressifs à ce sujet.
Draco ignorait pourquoi et ne voulait pas le savoir. Le fait que Ralph ne le touche pas autrement que fraternellement lui convenait parfaitement, de même qu'à Megan et Hannah.
Néanmoins, la tension était palpable.
Ralph, adossé à un arbre, serrait les poings. En plus de la tension, l'odorat aiguisé de Draco – plus que tout autre Loup-garou de la meute – fit qu'il renifla bientôt une autre odeur, bien plus angoissante pour lui : les phéromones de l'excitation sexuelle. Pire, elle provenait du Werwulf brun. Draco couina, provoquant la surprise chez Hannah et Megan.
« Draco ? »
Ralph sauta sur ses deux pieds, se redressant d'un coup, sous les rires gras des mâles qui le regardaient faire. Hannah et Megan comprirent aussi, leur respiration s'accélérant.
« Ralph, » gémit Draco à l'Homme-loup qui marchait d'un pas rapide vers eux, la mâchoire serrée.
L'adolescent posa ses mains sur sa tête, Compagnon-Loup pleurant de terreur dans son esprit. Mais ce ne fut pas lui qui sentit la main puissante de l'homme sur lui. Ce fut Megan qui poussa un cri.
« Non ! » cria la jeune fille, portée sur l'épaule du mâle qui l'entraînait plus loin dans le bois.
« Eh ! » rigola Dereck, « Où tu pars ? Tu ne veux pas que l'on profite du spectacle ? »
« Il a peur de nous montrer à quel point sa bite est petite ! » se gaussa David.
« Hannah, » geignit Draco. « Lui aussi, lui aussi... »
« Chut, Bébé, chut, » le rassura Hannah, les larmes aux yeux.
... ... ...
Megan criait, le cœur au bord de l'explosion, les joues humides de larmes. Elle frappait de ses points le dos nu de l'homme qui l'entraînait toujours plus loin, dans les taillis. Il s'arrêta soudain, pour la déposer à l'arrière d'un buisson épais.
La jeune louve rejeta ses longs cheveux bruns en arrière, tout en se reculant contre une roche derrière elle.
« Ralph, Ralph je t'en supplie, tu es le seul... »
Elle fondit en larmes, se sentant dévastée. Comme elle comprenait maintenant Draco et ce qu'il avait pu ressentir avec Fenrir et Daniel ! Elle avait cru en Ralph, avait cru en son soutien. Elle s'était sentie en sécurité dans ses bras la nuit. Elle avait aimé être dans ses bras.
« Calme-toi, Megan... S'il te plaît, » murmura Ralph.
Il s'assit, attendant que la louve fasse de même. Megan le dévisagea, reprenant peu à peu contenance.
« Tu... tu ne vas rien me faire ? »
Un regard bleu malheureux lui répondit.
« Si, je vais te faire... Mais je ne veux pas. Je ne veux pas te blesser, Megan. Je ne suis pas comme eux. Pourtant, si je ne le fais pas, je risque gros... et toi aussi. Barbatus et David, ils ont compris que tu me plaisais. Ils se vengeraient sur toi. Et ça, je ne le supporterai pas. »
La voix de Ralph était douce, chaude. Megan se laissa tomber au sol, un creux étrange dans la poitrine. Le Werwulf tendit sa main vers elle, qu'elle saisit en tremblant. Ralph l'attira vers lui, calant la louve contre son torse. Il redressa son visage, admirant les iris d'un brun clair, pailleté de vert.
« Tu vas me prendre ? » souffla Megan.
« Je voudrais faire plus que cela. Megan, je voudrais faire l'amour avec toi. »
La jeune femme écarquilla les yeux. Elle ne bougea pas alors que Ralph baissait son visage vers le sien et tendrement, posait ses lèvres sur les siennes. Il l'allongea doucement, ouvrant la chemise déchirée qui la recouvrait.
« Le veux-tu, Megan ? »
« Je ne sais pas ce que faire l'amour signifie, » murmura-t-elle alors que ses petits seins étaient dénudés.
« Je vais te montrer. Mais d'abord, fais semblant de crier. Sinon, nous signons notre arrêt de mort. »
Megan hocha la tête.
... ... ...
Les cris de Megan résonnèrent dans l'air, faisant couiner Draco. Ces cris, leur signification, lui faisaient mal. Ralph... Il les avait trahis. Lui aussi, il avait cédé et il faisait du mal à Megan, elle qui dormait chaque nuit entre ses bras quand ils étaient avec la meute. Megan lui faisait confiance, Megan... Megan l'aimait.
Draco ferma les yeux. Rien n'avait plus d'importance. De toute façon, Draco ne comprenait pas pourquoi les mâles étaient moins violents avec lui qu'avec ses sœurs, pourquoi Daniel surveillait leurs coïts avec lui et pas avec ses sœurs. Il ne méritait pas un traitement particulier. Il ne valait pas plus que les louves. Il valait même moins. Il n'était rien.
Les cris de Megan avaient cessé. Draco sentit son cœur se serrer. La jeune fille allait être inconsolable quand elle reviendrait.
Ils ne revinrent que bien plus tard, dans la soirée. Greyback et les hommes qu'il avait emmenés avec lui en mission n'étaient pas encore rentrés. Il avait décidé d'un raid dans un petit village un peu isolé. Il avait envie de fruits, de légumes et de pain frais.
Draco s'était blotti dans les bras de Hannah, comme à son habitude, entre deux arbres morts un peu éloignés du feu autour duquel étaient regroupés les hommes. Ralph s'assit avec eux, sans un mot, tandis que les mâles le sifflaient et ricanaient. Le jeune homme brun s'empara d'un morceau de viande qui reposait sur une pierre chaude autour du foyer, les ignorant tout en mangeant.
Draco et Hannah, eux, attendaient Megan qui se dirigeait à pas lents vers le duo. Quand la jeune fille s'assit à son tour à côté de Hannah, Draco et elle l'assaillirent de questions et de caresses. Sans surprise, elle se mit à pleurer.
« Oh, ma chérie, je suis si désolée, » murmura Hannah.
« Non, c'est moi qui suis désolée, » bégaya Megan à voix basse, créant la surprise chez les deux autres. « Ralph m'a demandé de crier, je savais que ça vous ferait peur pour moi, mais on n'avait pas le choix. Je suis si désolée. »
Draco cligna des yeux en dévisageant Hannah, elle aussi interdite. Il huma l'air, en quête de réponse. Pourtant, l'odeur caractéristique du sperme était sur la louve, ainsi que celle de Ralph. Bon, cette dernière se trouvait toujours sur Megan dernièrement puisque les deux Lycanthropes passaient beaucoup de temps ensemble. Ses deux pensées s'imbriquèrent subitement, lui confirmant ce qu'il supposait depuis quelque temps et lui faisant pousser un petit cri surpris qu'il étouffa avec sa propre main. Hannah avait dû faire un raisonnement similaire car elle regardait Megan avec des yeux ronds.
La jeune fille brune releva son visage vers ses amis.
« Je vous demande pardon, vraiment. »
« Megan, toi et Ralph, vous... ? » demanda Hannah.
Là encore, Megan créa l'étonnement en rosissant.
« Il... On a fait l'amour, » chuchota-t-elle très bas.
Draco et Hannah ne répondirent pas. L'amour ? Megan avait fait l'amour ? Draco sentit un nœud étrange dans son estomac. Compagnon-Loup jappait joyeusement, heureux pour sa sœur. Petit-Homme ne savait quoi penser. Petit-Homme était craintif. Comment Megan pouvait connaître l'amour ? Comment avait-elle pu s'accoupler avec un Werwulf volontairement ?
« Il ne t'a pas forcé ? » questionna Hannah, faisant pendant aux interrogations de Draco.
« On n'avait pas vraiment le choix. La meute allait finir par être violente avec nous. David se doutait que Ralph me voulait. Bien sûr, ce connard pense qu'il s'agit uniquement de sexe, et il l'a répété à Brutus, comme le sale chien qu'il est. »
« C'est quoi faire l'amour ? » demanda timidement Draco. « C'est différent des baises ? »
Megan rosit de nouveau.
« Oh oui, Draco. Très différent. Il a été très doux, très gentil. »
« Daniel aussi est très doux et gentil avec moi quand il me baise, » la coupa Draco, provoquant un petit reniflement méprisant de la part de Hannah.
« Draco, cesse de toujours tout ramener à Daniel ! Avant tu ne parlais que de Fenrir et depuis que la meute te passe dessus, tu ne parles plus que de Daniel ! C'est vraiment n'importe quoi. »
Megan le regarda étrangement. Draco préféra baisser la tête, attristé des reproches de Hannah.
Ce n'était pas sa faute, pourtant, si Daniel était bien présent dans sa tête ! Compagnon-Loup ne cessait de penser à lui. L'homme était toujours son protecteur et malgré tout, il prenait soin de lui. Mais Hannah ne pouvait pas comprendre, elle n'était pas Oméga, elle n'était même pas soumise.
« C'est différent, Draco, » reprit gentiment Megan en lui caressant les cheveux, faisant se faire blottir l'adolescent contre elle. Elle poursuivit à la fois ses caresses et ses explications. « Je voulais que Ralph me prenne. Il m'a touché, de partout, pas comme font les autres mâles. C'était... » l'enfant sentit la chaleur du corps de Megan augmenter, témoin de sa gêne de parler de tout ça. « C'était très agréable. Et excitant. On s'est embrassé aussi, surtout sur la bouche, comme font les amoureux. C'était tellement bon de s'embrasser. Et j'ai éprouvé du plaisir quand on a fait l'amour. »
Draco redressa son petit nez pointu.
« Du plaisir ? »
« Oui, du plaisir. »
Draco fronça les sourcils, cette affirmation le laissant perplexe. Lui ne connaissait que la douleur avec Fenrir, Brutus, David et Barbatus notamment, ou une présence gênante et brûlante avec les autres ou encore, au mieux, comme de l'indifférence. Et Daniel lui caressait toujours le dos ou les fesses quand ils s'accouplaient, c'était doux. Mais ce n'était pas de ce genre de plaisir dont parlait Megan apparemment.
« Est-ce que tu l'aimes, Megan ? » voulut savoir Hannah.
Le ton froid de sa voix surprit les deux autres.
« Oui... Oui je l'aime, » répondit doucement Megan après un instant. « Je l'aime depuis plus longtemps qu'aujourd'hui. »
« Je le savais, » souffla Draco en se calant de nouveau confortablement contre elle.
Compagnon-Loup était tout frétillant de joie pour Megan et Ralph. Petit-Homme trembla d'une nouvelle peur. Et d'un nouveau chagrin. Megan connaissait l'amour. Lui n'y aurait jamais droit, il mourrait sans savoir ce que c'était que d'être aimé. Draco s'attarda sur les pensées de son côté humain, les sourcils toujours froncés. Quelque chose le dérangeait, sans savoir ce que c'était. Il eut un petit hoquet de stupeur en comprenant soudain.
Quand il pensait à l'amour, il ne pensait pas à une femme, il ne se voyait pas avec une femme. Non, il voyait le corps d'un homme. Oh ! Par les Dieux ! Est-ce que le fait de devenir Oméga, de se faire prendre par les mâles lui avait changé ça aussi ? Il ne savait pas. Sans s'en empêcher, les souvenirs des Présentations des Monoïques surgirent à son esprit. La dernière Présentation s'imposa plus encore. Le désir qu'il avait éprouvé. Son sexe qui s'était érigé. L'envie. Le regard vert du prétendant qui l'avait regardé. Ses magnifiques yeux verts dont il rêvait encore parfois.
Draco se mit à trembler. Le prétendant n'avait pas fait que le regarder, de la surprise puis du désir avaient rempli ses iris couleur prairie. À l'époque, il ne savait pas ce qu'était le désir dans les yeux des hommes, aujourd'hui, si. Et l'homme n'avait pas fait que cela. Non. Il l'avait aussi humé. Il avait sentit son excitation, avait sentit son odeur corporelle, de la même façon que Fenrir l'avait fait pendant l'attaque. Les paroles de son père s'imprimèrent à lui avec une force nouvelle. Il ne les avaient pas comprises à l'époque, mais maintenant, elles prenaient tout leur sens.
Un Werwulf ne ment pas ! Je sais que tu as fait quelque chose, tu l'as excité, c'est ça ? Il assure que tu l'as attiré ! Qu'as-tu fait, stupide gamin ! Un Werwulf ne ment pas ! Tu es mon fils, pas une catin prête à se faire baiser par un prétendant ! ... Un Werwulf ne ment pas !
« Draco ? Draco, ça va ? » fit Megan en sentant le gamin grelotter contre elle.
« Bébé ? Bébé, réponds, » murmura à son tour Hannah en posant sa main sur son épaule.
« Qui... qui je suis ? » bredouilla l'enfant, ses yeux gris apeurés.
Hannah et Megan se regardèrent, étonnées.
« Tu es Draco. Draco Bones, mon cœur, » répondit doucement Hannah.
Draco déglutit péniblement.
« Je suis un Oméga. »
« Draco, bon sang, arrête de toujours te limiter à cela ! » s'énerva Hannah, se méprenant sur les paroles du garçon. « C'est parce que Megan est amoureuse que ça te perturbe à ce point ? »
« Oh, bébé, je suis désolée, » gémit Megan en le serrant davantage contre elle.
Draco ravala ses questions, ses doutes, en même temps qu'il ravalait ses larmes. Compagnon-Loup et Petit-Homme le suppliaient de ne pas aller plus loin. Ils étaient terrifiés. Ils ne voulaient pas savoir, pas comprendre. Ils n'étaient pas prêts à plus d'informations douloureuses.
« Que vas-tu faire, maintenant ? Enfin, qu'est-ce que vous allez faire, plutôt ? » demanda Hannah.
« Comment cela ? »
« Megan, vous n'allez pas pouvoir vous cacher encore longtemps. Les autres vont finir par découvrir ce qui se passe entre vous. Sans compter que Ralph ne supportera pas de voir les dominants t'utiliser. Toi non plus, tu ne le supporteras pas. »
Megan baissa la tête, embrassa les cheveux crasseux de Draco.
« Je le supporte depuis plus de sept lunes. Comme vous. »
« Oui, mais maintenant tu sais ce qu'est l'amour. Ton mâle est à tes côtés. Ce sera bien plus dur, » expliqua gentiment Hannah.
« Mon mâle... » répéta lentement Megan.
Son étreinte s'affirma sur Draco alors qu'elle souriait.
« Oui, il est mon mâle. »
Un silence s'installa entre les trois jeunes gens.
« Il faut que vous partiez, » déclara sombrement Hannah.
« Quoi ? » s'exclamèrent, bien que d'une voix sourde, Megan et Draco.
« C'est évident, vous ne pouvez pas rester. Ralph est un dominant de la meute, il n'est pas surveillé comme je le suis. La preuve, il t'a emmené loin de nous tout l'après-midi. En plus, c'est un Mage. Vous avez toutes vos chances. »
« Hannah, c'est de la folie ! » murmura Megan, affolée.
« Non, ce qui serait de la folie, ce serait de rester dans cette meute. Megan, tu mourras ici, et Ralph aussi. Vous avez une chance de vivre ensemble. Ce n'est pas ce que tu voudrais ? »
Megan dévisagea l'autre jeune fille, lisant une réelle détermination dans les yeux bleus qui lui faisaient face.
« Si. Si, c'est que je voudrais. Une jolie petite chaumière, dans une clairière, » Les larmes envahirent les yeux noisette. « Mais... Et vous ? Vous devez partir avec nous, vous aussi ! Je ne vous laisserez pas ! Nous sommes unis. »
Megan tendit ses mains, capturant celles de Hannah et Draco.
« Moi, Megan Jones, dix-neuf ans, encore vivante ce soir, » dit-elle, émue.
« Moi, Draco Bones, quinze ans, encore vivant ce soir, » souffla Draco.
« Moi, Hannah Abbot, vingt et un ans, encore vivante ce soir, » fit à son tour Hannah avant de continuer. « Je te sauverai, Megan, que tu le veuilles ou non. »
« Hannah ! »
« Non, cela est décidé. Demain, je parlerai à Ralph. »
Draco n'ajouta rien, se collant le plus possible contre Megan, le cœur vide. Hannah avait raison, bien sûr. Megan et Ralph avaient une petite chance de s'enfuir de cette meute, de vivre une vie saine, loin d'eux. D'être heureux, de s'unir, d'avoir des enfants. Sans eux. Hannah était trop surveillée. En tant que dominante, elle aurait pu survivre loin de la meute, s'échapper. Lui ne pouvait le faire. Il était condamné. Il l'avait été dès que Fenrir l'avait contaminé de son venin maudit.
Il allait perdre Megan.
« Hannah, toi aussi tu devrais partir avec eux, » dit-il soudain.
« Pardon ? Non, je ne peux pas. »
« Si, tu pourrais, » insista le garçon.
« Je ne peux pas. Ralph ne pourra jamais partir en forêt seul avec Megan et moi. C'est ridicule. Et il est hors de question que je te laisse seul. »
Megan recommença à pleurer à ces mots.
« Je suis un monstre, en ce cas, puisque tu veux que moi, je vous abandonne. »
« Cela n'a rien à voir. Toi, tu as une chance de réussite. Moi non. Draco et moi sommes obligés de rester ici. »
Le garçon sentit le vide dans son cœur s'agrandir. Ni Hannah, ni Megan ne parlaient de le faire partir avec le couple. Cela le rendit malheureux. Pourtant, il savait aussi bien que ses sœurs que cette idée était grotesque. Entre Fenrir, Daniel et les autres mâles, il ne pourrait jamais s'enfuir. Impossible. Ralph ne pourrait être seul très longtemps avec lui et Megan. Sans compter Brutus et Barbatus qui le haïssaient un peu plus de jour en jour. Les deux mâles lui tournaient sans cesse autour, le bousculaient dès qu'ils en avaient l'occasion et n'attendaient pas une seule seconde quand Daniel avait le dos tourné pour le blesser. Draco eut un frisson. Si Daniel n'était pas là, il ne donnerait pas cher de sa peau.
Les deux jeunes femmes s'allongèrent, plaçant Draco entre elles. Le garçon ferma les yeux. Megan ne serait bientôt plus là. Bientôt, il serait encore plus seul.
Fenrir revint le lendemain, les sacs remplis de victuailles. La meute ripailla autour du feu, et à la nuit tombée, Greyback réclama la présence de son Oméga. Le garçon s'avança, la mort dans l'âme. Il savait que Hannah avait mis un plan d'action avec Ralph, le matin même. Le vide dans son cœur n'était pas parti.
Il s'assit à côté de l'Alpha. Compagnon-Loup était triste, lui aussi. Bien sûr, il était heureux pour Megan, elle aurait un bon compagnon en Ralph. Pas comme lui. Son compagnon le méprisait. Le garçon se roula en boule, en posant sa tête sur la cuisse couverte de poussière de l'Alpha. Sans pouvoir s'en empêcher, il passa ses bras autour des jambes de l'homme, tout en gémissant sourdement. Puis il lécha la peau sous lui, en quête de tendresse. Il avait tant besoin de tendresse et d'affection.
« Que t'arrive-t-il, Oméga ? » grogna Fenrir sans le toucher.
« Pourquoi tu me caresses jamais, Alpha ? » murmura l'adolescent blond.
« Les caresses, c'est pour les faibles. »
« Je suis faible. »
« Moi pas. »
Les larmes glissèrent lentement sur les joues creuses.
« Pourquoi tu me rejettes ? » pleura-t-il.
« Je ne te rejettes pas puisque tu n'es rien pour moi. Tu n'as jamais été rien d'autre qu'un ventre sur pattes à mes yeux, » ricana Greyback en mordant dans une tranche de pain. « Sois déjà heureux que je me retienne, sinon tu serais mort depuis longtemps ! »
Draco sanglota, le cœur et l'âme en miettes. Cela ne plut décidément pas au Werwulf qui le poussa au loin en grognant.
« Tu me mouilles, stupide gamin ! »
« Oméga, viens par là, tu déranges notre chef, » intervint Daniel en écartant ses jambes.
Draco s'y glissa, se collant contre le torse légèrement poilu offert.
« Ne pleure pas, louveteau, » murmura l'homme en le cajolant. « Ce que Fenrir te refuse, moi je peux te le donner. »
Le garçon ne dit rien, sécha ses larmes et attendit que l'heure du coucher ne s'annonce.
Ce fut l'instant que choisi Ralph pour se lever avant de s'incliner devant Greyback.
« Alpha, tu m'avais offert une récompense, il y a de cela plusieurs mois. Aujourd'hui je sais ce que voudrais. Serais-tu d'accord pour accéder à ma requête ? »
« Dis-moi ce que tu veux, homme. »
« J'ai sauvé par trois fois la vie de ton Oméga. Aussi en récompense, je demande l'exclusivité d'une femelle pendant trois semaines. »
Les autres mâles protestèrent, Brutus et Barbatus en tête. Greyback, lui, explosa d'un rire joyeux.
« Trois semaines, Ralph ? Rien que cela ? » Il se frotta ses joues rugueuses qu'une barbe de plusieurs jours recouvrait. « L'idée est intéressante. Je suppose que tu as jeté ton dévolu sur la petite brune ? Oui, bien sûr, la dominante blonde a bien trop de caractère ! » Il rit de nouveau en se tapant les cuisses. « Je suis heureux de voir que mon mâle le plus faible s'est enfin décidé à devenir un dominant, un vrai, digne de cette meute ! Accordé ! »
Draco se cramponna à Daniel. Les dès étaient jetés. Hannah et lui seraient seuls pour satisfaire la meute, permettant ainsi à Ralph et Megan de préparer leur fuite.
« Que se passe-t-il, Oméga ? » demanda l'homme. « Je te trouve étrange depuis hier. »
« Je me sens étrange, » avoua Draco. « Je ne sais pas ce qui m'arrive, encore une fois. Et puis j'ai mal au ventre. »
Daniel passa sa main sur le ventre doux et plat, le caressant un instant.
« Ce n'est rien. Tu devrais manger un peu, tiens, je t'ai gardé du pain frais. »
Le garçon mordit dedans, des centaines d'émotions différentes dans la tête. Il finissait à peine sa tranche de pain que Fenrir se levait et s'avançait vers lui.
« Tu voulais un peu de tendresse ? Je vais te donner la seule que je ne pourrais jamais t'apporter, » se moqua-t-il.
Draco se vit retourner prestement sur le ventre. Les autres mâles se couchaient pour la plupart, deux ou trois attrapèrent Hannah pour l'entraîner un peu plus loin. Avant de fermer les yeux, Draco vit Ralph et Megan qui s'éloignaient de la meute, en direction du bois. Et Daniel, qui le regardait.
« Attention à son ventre, Alpha, il a mal, » fit l'homme en passant son bras sous les hanches maigres du garçon pour le soutenir.
« Je ne m'occupe que de mon plaisir, » grogna le Werwulf. « Occupe-toi de lui pendant ce temps si cela t'amuse. »
Une fois que Fenrir eut terminé, il s'éloigna. Daniel, son bras toujours entourant le bassin du garçon, prit aussitôt sa place. Sa main libre se posa sur le dos transpirant de l'Oméga. Draco gémit doucement alors que cette main le caressait lentement, au rythme des hanches de l'homme. Daniel jouit rapidement, selon son habitude, puis il s'allongea tout en prenant l'adolescent contre lui une fois fait.
« Daniel, pourquoi tu me baises toujours après l'Alpha ? » murmura Draco.
« Parce que j'aime l'idée que ma semence se trouve dans ton corps avec la sienne. »
« C'est une idée étrange, » continua Draco en bâillant.
Daniel sourit dans le noir. Il attendit que le garçon soit endormi avant de poursuivre, la bouche sur la joue de l'enfant.
« Elle n'est pas étrange, petit Oméga. Ma semence a sa place dans ton ventre, plus que la sienne. Un jour, tu comprendras. »
... ... ...
À suivre
... ... ...
NDA : On m'a posé des questions sur le physique et l'âge des membres de la meute, donc je me suis dit que peut-être d'autres lecteurs seraient intéressés ? Alors voici un petit récap' ;)
Draco est né en l'an 1580, là nous sommes en l'an 1595, Draco a donc 15 ans. Il est né le 5 juin.
Greyback est né en 1544, il a quant à lui 51 ans.
Pour les autres, Ralph est le plus jeune, il a à peine entre 20 et 22 ans.
Ensuite nous avons Vircolac (l'obsédé sexuel de la bande avec David) qui a aussi moins de 25 ans. Neuri, Berserkir, David et Dereck ont entre 25 et 30 ans. Heimdall, Archus, Barbatus et Epsilon ont la trentaine (entre 32 et 35) Daniel a 36 ans et enfin nous avons Brutus qui en a 39.
Pour ce qui est de leur physique, effectivement, tous sont grands et plutôt bien taillés dans le genre costaud et musclé. A part Archus qui a les cheveux ras, tous ont les cheveux plutôt mi-longs c'est à dire dans le cou, Daniel, Vircolac et Neuri les ont un peu plus longs que les autres (épaules).
Archus et Daniel sont des métis noir/blanc de deuxième génération, sachant qu'Archus est plus noir de peau que Daniel. Daniel est bouclé et n'a pas de barbe, Archus est frisé et porte une barbe, ils ne sont pas trop poilus, mais pas imberbe non plus, avec des poils sur le torse.
Berserkir est asiatique, imberbe. L'un des moins grands avec Vircolac, Ralph et Dereck
Brutus et Barbatus ont les cheveux brun foncé, presque noir, les yeux noirs pour Brutus, marron foncé pour Barbatus. Poils sur le torse aussi mais pas de barbe.
Dereck est blond, yeux marron, barbu et plutôt poilu aussi.
David est brun, yeux marron, c'est un Mage, sans barbe (enfin quand je dis sans barbe, j'me comprends, hein, ils se rasent pas non plus tous les jours, on est bien d'accord, donc ceux "sans barbe" ont souvent des poils au menton quand même mais pas de barbe véritable)
Ralph, brun aux yeux bleus, sans barbe, légèrement poilu sur le torse.
Neuri, grand et mince, roux aux yeux bleus, imberbe.
Vircolac, blond aux yeux bleus, sans barbe, légèrement poilu sur le torse. Mage, l'un des plus fins (pas très grand et mince) de la meute, une gueule d'ange.
Heimdall, brun aux yeux marron, barbu et plutôt velu de partout, pas beau physiquement mais l'un des plus costauds.
Epsilon, cheveux noirs et yeux verts, Mage. Sans barbe et poilu sur le torse. Beau gosse.
Quant à Draco, il n'est pas très grand et mesure moins d'1m70.
