Chapitre 39: L'assassin
« Ils l'ont tué. »
Le choc pouvait se lire sur les traits de Giotto et il fixa ses gardiens un par un. Tsuna était mort ? Impossible ! S'énervant, il lança, « Je ne sais pas ce que vous essayez de faire, mais si… »
La fin de sa phrase demeura en suspens tandis qu'il observait ses gardiens. Contrairement à sa précédente visite, il lui semblait qu'à présent, même leur volonté avait été brisée.
Un grondement sourd lui échappa, qui se transforma bientôt en un sanglot contenu et il cacha son visage dans ses mains.
Ses gardiens l'observèrent en silence, sachant à quel point ce devait cruel pour lui-même s'il allait bientôt retourner dans son époque. Une époque où leur cher Tsuna était encore vivant.
Giotto était réellement secoué. L'idée que son fils n'était plus de ce monde le terrifiait plus que tout.
Mais quelque part en lui, il y avait encore cette petite voix qui lui disait que ce n'était pas vrai, que tout cela n'était qu'un mensonge. Et bien qu'il sache que ses gardiens ne lui mentiraient jamais, il choisit de la croire. Contrairement à ce qu'il avait fait dans le futur, Giotto décida de faire confiance à son hyper intuition.
« Non... » fit doucement le blond, et ses gardiens se tournèrent à nouveau vers lui. Relevant la tête, il répéta. « Non. Tsuna n'est pas mort. Il ne peut pas être mort. »
« Mais Giotto- » commença G avant d'être interrompu par son meilleur ami.
« Je sais ce que tu vas dire, G et je te le répète, Tsuna ne peut pas être mort ! S'il l'était, je le saurais ! »
Knuckle le fixa d'un air hébété. Etait-ce possible ? Tsuna était-il encore vivant ? Bien sûr, Giotto était son père et il était normal qu'il ait envie d'y croire plus que tout autre, mais il était vrai que son hyper intuition ne lui avait encore jamais fait défaut. Promenant son regard sur la pièce, il vit que les autres gardiens abordaient également des expressions pleines d'espoir. Peu leur importait que ce Giotto ne soit pas de leur époque, peu leur importait qu'il doive repartir dans moins d'une minute, car il leur avait donné ce qu'il fallait. Il leur avait redonné espoir.
Knuckle sourit et se prépara à revoir leur Giotto, âgé de dix ans de plus et anéanti par la mort de son fils. Il lui demanderait ce qu'il pensait de cela et si le Giotto le plus âgé lui répondait la même chose, alors cela lui suffirait amplement.
Tandis que les secondes s'écoulaient lentement, les sourcils du prêtre se froncèrent.
« Ça fait déjà cinq minutes, non ? » demanda-t-il, attirant l'attention de tous.
Giotto semblait déconcerté. « Vraiment ? » fit-il.
« J'en suis presque sûr. » répondit Lampo en hochant la tête.
« Alors pourquoi n'est-il pas reparti ? » demanda Elena de là où elle était assise, près de son mari.
Giotto semblait sur le point de lui répondre quand il fut interrompu par l'apparition d'un nuage de fumée rose.
Malheureusement, il ne provenait pas de l'endroit qu'ils avaient espéré.
Avant que quiconque ait eu le temps de réagir, un bruit de chaînes se fit entendre, aussitôt suivi par la voix de G. « Où est-ce que je suis ? »
Un moment de silence abasourdi suivit sa question puis Daemon demanda d'une voix curieuse. « Tête de poulpe ? »
G tourna la tête en entendant cette voix, et ce qu'il fit lui fit froid dans le dos.
Dans une cage en face de lui se trouvait une coiffure en ananas très familière, mais la personne à qui elle appartenait avait tellement changée qu'il faillit ne pas la reconnaître. Son visage autrefois délicat et un peu rond était maintenant amaigri et ses yeux semblaient s'être creusés. Son corps avait perdu toute cette élégance fine qui le caractérisait et paraissait aujourd'hui faible et miséreux.
Plissant les yeux, G demanda d'un ton incertain, « Tête d'ananas ? »
Lorsque Daemon lui répondit d'un délicat grognement (s'il était possible pour un grognement d'être délicat ?), G regarda autour de lui, visiblement en quête d'explications. Il aperçut Giotto dans la cage voisine et comme celui-ci paraissait en meilleure forme que les autres, il lui jeta un regard interrogateur.
« On a été envoyés dix ans dans le futur. » lui expliqua Giotto. « Je suppose que c'est à cause du bazooka-de-dix-ans c'est une arme qui nous permet de voyager dans le temps pendant cinq minutes. Mais pour une raison qui m'échappe, je ne suis pas encore retourné dans notre époque. Ça fait pourtant huit minutes que je suis là… »
G conserva une expression pensive pendant un long moment, mais au bout du compte, la seule chose qu'il demanda fut, « Donc on est coincés ici ? » Lorsque la réponse qui lui vint fut un hochement de tête, il ajouta, « Alors est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'on fout dans des cages ? »
« C'est parce que tu es un animal sauvage. » répondit Daemon sur ce ton moqueur qu'il n'avait apparemment pas perdu.
Jetant un regard noir à son époux, Elena lui expliqua brièvement la situation et G demanda aussitôt, « Alors qu'est-ce qu'on attend pour sortir d'ici ? »
Un bref instant de silence suivit sa question, puis le reste des gardiens partit d'un éclat de rire presque hystérique.
« Qu'est-ce qui vous fait rire, bon sang ? » s'exclama l'homme aux cheveux rouges et Giotto tenta de se contenir.
« Rien, rien. » répondit le blond, en laissant échapper un dernier gloussement. Lorsqu'il parvint finalement à se contrôler, il dit avec un petit sourire, « G a raison. Nous devrions élaborer un plan pour nous sortir d'ici. »
« C'est perdu d'avance. » répliqua Lampo, d'un air défaitiste. « Byakuran a déjà détruit nos anneaux et nous sommes tous à moitié morts de faim, nous ne pourrions pas le combattre. »
« Mais Giotto et G ont encore leur anneaux, non ? » lança Sylvana, et tout le monde se tourna vers la jeune femme rousse qui haussa les épaules.
Tous les regards se dirigèrent alors vers les deux gardiens du passé et ceux-ci levèrent immédiatement leurs mains pour leur montrer leurs anneaux.
Affichant un grand sourire, Giotto dit d'un ton enthousiaste, « G et moi sommes en parfaite forme, nous échapper ne devrait pas poser de problèmes, pas vrai ? Nous devons juste faire attention à ne pas nous laisser capturer de nouveau. »
G acquiesça et se tourna vers Alaude, en tentant de réprimer le frisson qui le parcourut lorsqu'il aperçut son ami. Il semblait presque en plus mauvais état que Daemon. « Alaude, » dit le gardien de la tempête. « Où sommes-nous et comment est construit le bâtiment ? »
L'homme aux cheveux blond pâle plissa les yeux. « Qu'est-ce qui te fait croire que je le sais ? »
Le gardien de vingt-trois ans leva les yeux au ciel. « Parce que tu sais toujours ce genre de chose ! Maintenant bouge-toi et dis-nous où nous sommes avant que tu ne sois remplacé par l'inutile Alaude de notre époque ! »
Ignorant la partie concernant son inutilité (mais bien qu'il soit réticent à l'admettre, c'était vrai), Alaude commença à lui décrire l'agencement du bâtiment où ils se trouvaient et qui était apparemment appelé la Base Merone.
« Qu'est-ce qu'on fout au Japon ? » ne put s'empêcher de s'exclamer G.
« Nous avons de fausses informations disant qu'il s'agissait d'une de leur bases les plus vulnérable et nous avons tentés de la prendre en otage, avec ses occupants. Byakuran et ses deux bras droits nous ont capturés ici. » gronda Alaude, visiblement encore blessé dans son amour-propre d'avoir appris qu'il s'agissait de fausses informations. « Maintenant laisse-moi… »
Mais avant qu'il ne puisse reprendre ses explications, Giotto demanda, « Qui sont ses deux bras droits ? Est-ce qu'on les connaît ? »
Le visage d'Alaude se ferma à cette question et il répondit, « Vous connaître bientôt l'un d'entre eux, Shouichi Irie, vu qu'il était proche de nos fils. Quant au second… » Alaude sembla réticent à continuer, comme s'il ne voulait même pas prononcer son nom.
C'est avec une exclamation de dégoût que Daemon termina la phrase du gardien des nuages, dévoilant un nom que Giotto n'aurait jamais pensé entendre dans une conversation de la mafia.
« L'autre est l'espion et l'assassin personnel de Byakura, Tsutomu Sawada. »
