Chapitre 41: Lal Mirch
« Tu as encore beaucoup à apprendre, Taru Tsunayoshi, mais pour le moment, je t'accorde une note passable. »
Tsuna cligna des yeux, fixant la jeune femme sans comprendre. Celle-ci retira son gant de métal ainsi que ses lunettes qui masquaient ses yeux.
Tsuna remarqua à peine Hayato lorsqu'il accourut vers lui et demanda d'un ton inquiet, « Est-ce que ça va, nidaime ? »
Le petit brun hocha doucement la tête, sans quitter Lal du regard. « Tu es Lal… n'est-ce pas ? » fit-il, encore un peu perdu. « Pourquoi est-ce que tu nous a attaqué ? »
La jeune femme se contenta de hocher la tête à sa question sans vraiment lui répondre. Tournant les talons, elle récupéra la chaîne qui avait été accrochée à ses bagues et dit, « Notre petit combat était trop bruyant. Il faut vite partir d'ici avant qu'ils ne nous trouvent. »
Tsuna et Hayato ne bougèrent pas d'un pouce, encore déconcertés par la tournure que prenaient les évènements.
« Vous n'avez pas encore hérité des anneaux des Vongola, n'est-ce pas ? Alors vous n'aurez pas besoin de la chaîne de Mamon. » continua-t-elle sans se retourner, visiblement persuadée que les deux garçons la suivraient.
« Attends un peu ! » s'exclama Hayato, qui commençait à s'énerver. « Je me fous que tu sois Lal Mirch ou le vieux Bovino ! Tu viens juste de nous attaquer et tu as failli tuer mon frère ! Je vois pas pourquoi on te suivrait ! »
Lal avait l'air d'une grande sœur attendant que son petit frère finisse par se calmer. Elle se retourna et dit, « Il faut vraiment que nous partions maintenant- »
Tsuna avait à présent décidé de lui faire confiance, elle ressemblait bien à la Lal qu'il connaissait. Ce qui l'intriguait davantage était le pacificateur qu'elle portait au cou, un pacificateur qui ressemblait exactement à ceux de Reborn et Collonello.
« Mais Lal ! » lança-t-il en se relevant. « On vient juste d'arriver du passé, tu sais. On ne sait rien de- »
Avant qu'il ait pu terminer, elle pointa son gant de métal vers lui et sans même se retourner, elle répliqua, « Personne ne t'as jamais dit qu'il ne fallait pas discuter avec tes aînés ? Quoiqu'il en soit, il faut partir, maintenant. Il ne me reste plus beaucoup de temps. »
Tsuna fronça les sourcils d'un air inquiet en entendant cela, mais il décida que ses questions pouvaient attendre. Il se mit à sa suite et Hayato fit de même, tout en maugréant contre la façon dont elle les avait traités et il ne s'interrompit que sur la demande de Tsuna.
« Elle est toujours comme ça. » dit le petit brun. « Autrement, elle ne serait pas la Lal qu'on connaît et qu'on aime. » Un sourire affectueux se dessina sur le visage de Tsuna et un peu à contrecœur, Hayato dû se résigner à l'admettre.
Ils ne s'en doutaient pas mais la jeune femme pouvait aisément les entendre et elle était reconnaissante qu'ils ne puissent pas voir ses jours se colorer de plaisir.
Le petit groupe marcha à travers la forêt pendant plusieurs heures (les garçons s'étonnèrent longtemps de ne rien reconnaître du paysage) et s'arrêtèrent ensuite pour manger un rapide dîner préparé par Lal. Hayato sembla un peu réticent à y goûter, bien qu'il eut déjà pardonné la jeune femme.
« Est-ce que tu vas enfin nous dire ce qu'il se passe ? » demanda-t-il d'un ton grincheux tandis qu'il prenait une bouchée du poisson cuisiné par Lal.
Celle-ci soupira et pendant un moment, ses yeux brillèrent d'une lueur nostalgique. « J'avais presque oublié à quel point vous étiez innocents à cette âge… et énergiques. » dit-elle doucement. « Tellement différents de ce que vous êtes devenus aujourd'hui… » Son regard sembla se perdre dans le vide pendant quelques instants. Puis elle remit les pieds sur terre et son expression se durcit à nouveau. « Les Vongola sont dans une situation dangereuse…. Il y a une semaine, notre quartier général est tombé… et il a été détruit. »
Les deux garçons la fixèrent d'un air incrédule avant de se récrier.
« Impossible ! » lança Hayato. « Notre maison n'a pas pu être détruite ! Nos parents ne l'aurait pas laissé faire ! NOUS ne l'aurions pas laissé faire ! »
Cela avait l'air de lui causer une douleur presque physique mais Lal se força à leur dire, « Primo et ses gardiens ont été capturés par les Millefiore il y a deux ans. »
Si Tsuna avait été debout à ce moment, il se serait effondré à terre. Secouant la tête, il répéta. « Non, non, non, non, non ! Ce n'est pas possible ! Pa-Papa… »
« Nous avons essayé de les délivrer, encore et encore, mais chaque fois nous avons échoué. Cela fait deux ans que Tsuna dirige la Famille, mais… il a été tué quelques semaines avant l'attaque de notre base. Lui et ses gardiens sont restés caches pour leur sécurité mais ils ont été attiré au dehors par des promesses de paix… la chasse aux Vongola est devenue telle qu'il nous est difficile de survivre… La famille a été dévastée. » Elle continua à leur expliquer que les anneaux étaient les principales armes de cette guerre entre les deux familles et comment ceux des Vongola avaient été détruits lors de la capture de leurs parents vu qu'ils étaient les seules choses capables de détruire Byakuran. A ce moment, Tsuna lui parla des anneaux d'entraînement fabriqués par Verde et elle s'alarma.
Elle leur lança immédiatement des chaînes similaires à celles entourant ses bagues et maugréa, « Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit tout de suite ? »
Hayato répliqua qu'elle ne leur avait rien demandé et elle secoua la tête d'un air exaspéré
« Ce n'est pas plus mal. D'après ce que vous me dites, ces anneaux sont assez puissants. Si seulement vous pouviez les avoir dans cette époque… »
« Yare, yare~ Pourquoi faites-vous ces têtes-là ? » fit une nouvelle voix derrière eux et en se retournant, ils aperçurent une personne tout à fait inattendue.
« Takeshi ! » s'exclama Tsuna en se jetant au cou de son aîné. En voyant son grand frère, un curieux sentiment de sécurité l'avait envahi, celui qu'on ressentait quand, perdu dans l'inconnu, on revoyait sa famille.
« Wow, ça fait longtemps que n'as pas été aussi petit, Tsuna ! » s'exclama le joyeux gardien de la pluie en retournant son étreinte. « Et Hayato aussi ? Qu'est-ce qu'il vous est arrivé les gars ? Est-ce quelqu'un a oublié de vous sortir du sèche-linge? »
Le gamin aux cheveux argentés râla et se plaignit de la stupidité de son frère mais le prit tout de même dans ses bras, retrouvant comme Tsuna ce sentiment de sécurité… mais ça il ne l'admettrait jamais bien sûr.
« On vient du passé… » dit Tsuna et pendant un court instant, une indéniable tristesse se dessina sur le visage de son frère.
Puis, son sourire radieux revint et il répondit allègrement, « Vraiment ? J'aurais dû le deviner. Tu as l'air en forme, Tsuna. Quoiqu'il en soit, il faudrait mieux partir maintenant. J'ai croisé une mosca sur le chemin et je suis sûre que d'autres vont suivre. »
Lal hocha la tête et ils se remirent tous en route, ravis d'apprendre que leur voyage durerait moins longtemps que prévu.
Lorsque Takeshi leur eut expliqué que les informations de Lal concernant leur base étaient faussées, il sortit une boîte de sa poche et peu de temps après, ils échappèrent à la pluie en passant par un long couloir sombre.
Takeshi expliqua à ses jeunes frères que le Tsuna de son époque avait bâti cette base lorsque leur parents avaient étés capturés, et le petit groupe continua à marcha jusqu'à arriver devant une barrière. Lal s'effondra après l'avoir passée mais Takeshi leur assura qu'elle irait bien. Ils continuèrent donc leur chemin et leur destination se révéla être une chambre où se tenaient deux personnes inattendues.
« Reborn ! » s'exclama Hayato d'un ton immensément soulagé en apercevant le gamin.
Tsuna était sur le point de saluer son tuteur quand il vit qui était l'homme qui se tenait derrière l'arcobaleno du soleil.
« S-Sawada ! »
O-o-o-o-o-o-o-o-O
G et Giotto fixaient Asari d'un air abasourdi.
« Quoi- ? Tu es sérieux ? Il a vraiment… » Giotto peinait à trouver ses mots et passait d'une phrase incomplète à l'autre.
« Mais je croyais qu'il… ? Et à propos de… ? Pourquoi? » G n'en menait pas large non plus.
Les gardiens se turent pendant un moment, le temps de laisser les gardiens du ciel et de la tempête digérer l'information.
« Répète-moi ça clairement… Iemitsu a repris son poste de leader de CEDEF ? »
O-o-o-o-o-o-o-o-O
