Bonjour la compagnie !
Oui, je sais, ça fait une éternité. Je m'en excuse, mais j'arrive avec de bonnes nouvelles: l'écriture de Memories est terminée! :D. Avec des coupes, comme je l'ai précisé dans ma note d'auteur précédente. Je n'aurai jamais pu terminer l'histoire sinon. Cela signifie que certaines intrigues, qui auraient du être développées, ne le seront finalement pas et vous resterez peut-être sur votre faim. J'en suis désolée, mais je m'en expliquerais après l'épilogue, qui, lui, n'a pas été modifié. En attendant, la publication reprend tous les dimanches / lundi selon mon emploi du temps. J'espère vous retrouver toujours aussi heureux - sinon ça veut dire que ma qualité d'écriture baisse, mais j'en serai la seule responsable - à ces dates.
Bonne lecture à tous :D
Chapitre 15 : Ne t'inquiète pas
Papa, Keith et moi nous matérialisons dans le « crac » caractéristique des transplanages d'escorte. Papa a refusé de me laisser faire le voyage toute seule et je n'ai pas protesté. Nous habitons dans la banlieue d'une ville des environs de Londres. Southend-on-Sea compte six familles sorcières, la mienne incluse. J'ai toujours aimé mon village et son nom. C'est ma mère qui a insisté pour que nous habitions au milieu des moldus. J'ai toujours trouvé ça contraignant, mais elle juge important que nous n'oubliions pas nos origines. Et il ne faut pas non plus perturber Mamie Anabeth, qui est moldue, quand elle vient à la maison.
Notre maison est presque en bord de mer, non loin d'une plage de gros sable. Il paraît qu'elle est « très britiche » d'après un touriste venu d'outre-Manche qui passait un jour par là. C'est vrai qu'avec son petit jardin sage clôturé à l'ancienne, elle se fond bien dans le paysage local.
Je sors de l'ombre qui a masqué notre apparition insolite et me dirige vers la maison. Je pousse le portillon et salue le nain de jardin caché dans un bosquet, seul artefact magique qui traîne à l'extérieur. On ne peut en mettre d'autre pour cause de passages fréquents de moldus et sa présence pourrait nous causer des ennuis avec le Ministère. Mais c'est un sage nain. Il me répond d'un clin d'œil. Je sais qu'il attend la nuit pour aller chasser les gnomes avec le chat.
Mon père et mon frère m'emboîtent le pas comme je traverse le jardin et prononce le mot de passe qui remplace habituellement la clé moldue. Mais la porte grogne et refuse de m'ouvrir. Depuis quand notre porte grogne-t-elle ? Ce n'était qu'un vulgaire bout de bois acheté dans un grand magasin moldu. Mon père me dépasse, lance un sortilège et nous pouvons enfin entrer. Je frissonne en passant le pas de la porte, mais elle est redevenue inerte. Je vais finir paranoïaque.
Je n'ai pas le temps de poser ma valise qu'une créature se frotte contre mes pieds en miaulant, manquant de me faire tomber. Je peste contre Pudding. Cette boule de poils roux tigrés n'en a visiblement rien à faire et renifle activement ma valise, y détectant sans doute quelque odeur suspecte. Les hiboux de mes parents, sagement perchés à leur place, nous hululent la bienvenue. Le reste des bruits intérieurs et familiers de ma maison m'envahit. J'entends les craquements de l'escalier, le raclement du balai qui nettoie la cuisine, le tictac de notre vieille pendule… Un sentiment de sécurité se répand en moi et je respire plus librement. Je suis enfin de retour chez moi.
Mon père nous conseille de monter nos valises pendant qu'il prépare le repas. Je délivre Réglisse qui va rejoindre ses collègues et, très heureuse de pouvoir utiliser la magie, fais léviter nos bagages jusqu'à l'étage. Je laisse Keith devant sa chambre (première porte à droite) et cours presque jusqu'à la mienne, tout au bout du couloir. Une fois arrivée, je laisse tomber ma malle avec fracas pour me jeter sur mon lit avec un soupir de bien-être. Certaines choses ne changent jamais.
Alors que notre maison est décorée dans un style ancien, couleur bois et tons chaleureux, ma chambre et ses couleurs vives sont un appel à la modernité. Le parquet clair s'accorde avec des murs blancs qui la rendent très lumineuse. Je l'ai décorée de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, veillant à reproduire régulièrement la gamme chromatique. Mes peluches enchantées qui se baladent parfois dans la chambre sont rouge vif, bleu turquoise, vert pomme, jaune pétant. Plein de petits accessoires aussi inutiles les uns que les autres décorent mes meubles, ajoutant une touche de gaieté à mon antre. Comme je suis maniaque, elle est toujours très bien rangée et cela met les couleurs en valeur.
Après un court moment passé à contempler ma chambre, je me dirige vers l'armoire. Je choisis des vêtements moldus offerts par ma mère et enfile une robe de sorcière bordeaux par-dessus, trop heureuse d'oublier l'uniforme.
Je redescends ensuite dans la cuisine. Mon père est occupé aux fourneaux et mon frère dresse la table. La conversation durant le repas est peu animée. Je crois bien que nous n'avons même pas dit l'équivalent de « passe-moi le sel ». Mon frère me jette des regards nerveux et insistants, attendant visiblement que je parle. Je sais que je devrais dire quelque chose mais les mots se bloquent dans ma gorge. Je regarde attentivement mon père.
Edward Selwyn passe habituellement pour un bel homme. Maman m'a toujours dit qu'il avait son petit succès auprès des filles à Poudlard. Mais je ne crois pas l'avoir jamais vu aussi mal, aussi vieux. Il ne semble plus faire son mètre soixante-quinze. Ses larges épaules sont voûtées, impression accentuée par sa robe de sorcier défraîchie – à croire qu'il porte la même depuis mercredi. Ses cheveux, châtains clairs comme les miens, ne sont pas méticuleusement répartis selon la raie qu'il affectionne et grisonnent plus qu'à l'accoutumée. Son teint est terne, sa mâchoire carrée s'affaisse et de grands cernes violacés rendent son regard bleu foncé bien plus sombre qu'il ne l'est en réalité.
Physiquement, je n'ai pas beaucoup hérité de mon père, si ce n'est les cheveux et une vague forme de visage. Mais je tiens de lui ma rationalité en toute circonstance, ma franchise et mon extraordinaire capacité à toujours estimer avoir raison. Capacité qui risque de rendre difficile la discussion qui s'annonce.
Je prends tout mon courage de Gryffondor à deux mains (« et Merlin sait que tu en manques », persifle un neurone), inspire profondément et pose la question :
- On va voir maman à quelle heure ?
- Pas ce soir, répond sèchement mon père.
Le ton est donné, mais j'essaye de rester aimable :
- Pourquoi ?
- Parce que l'heure des visites est passée. Vous êtes arrivés tard.
- Et bien sûr, tu ne pouvais pas demander à ce que l'on rentre par un autre moyen, jette mon frère.
Mais quel boulet !
- Non, je ne pouvais pas ! tranche mon père, du ton qui n'admet aucune contestation.
Mon frère ouvre la bouche mais je lui donne un violent coup de pied sous la table pour le faire taire.
- Et est-ce qu'on peut savoir comment elle va ?
Ok, si le ton était aimable, la formule ne l'était pas. Je suis aussi douée que Keith en matière de diplomatie. Mon père soupire et repousse son assiette.
- Bien, lâche-t-il. Ses jours ne sont pas en danger, ils ne l'ont d'ailleurs jamais vraiment été.
Je le fixe avec insistance.
- C'est tout ce que tu as besoin de savoir, Luth. Ta mère est consciente, elle parle et elle râle autant qu'à l'accoutumée.
- Mais il fallait quand même que tu nous laisses nous inquiéter comme des fous à Poudlard pendant trois jours, je l'accuse.
Autant pour la diplomatie. Grognement fraternel, nouveau soupir paternel.
- Ecoutez, je suis fatigué, vous êtes harassés par le voyage je ne crois pas que ce soit le moment de débattre de quoi que ce soit. Nous irons voir Maman demain matin à l'ouverture des visites.
Je le fixe un long moment, prête à reprendre la parole et à le forcer à nous parler. Quelque chose cloche. Si Maman allait vraiment mieux, il nous aurait écrit ou nous l'aurait dit bien plus tôt. Si Maman allait vraiment mieux, il n'aurait pas ces rides d'inquiétude sur le front, ni cet air défait. Il arriverait au moins à faire bonne figure. Il nous cache encore des choses. Je n'aime pas ça. Mais il se lève brusquement et commence à débarrasser en évitant notre regard. Je vais encore me faire disputer si j'insiste. Et ça risque d'être violent. Je n'en ai pas la force.
Nous débarrassons silencieusement le repas et, après une brève étreinte gênée, chacun regagne sa chambre. Malgré la fatigue, je me tourne et retourne dans mon lit pendant plusieurs heures avant de trouver le sommeil.
oOoOo
Nous sommes à dix heures à l'hôpital le lendemain matin. Bien que je me sois levée plus tôt pour y être dès neuf heures, à l'ouverture des visites, mon père a fait traîner les choses. Je suis quasiment sûre qu'il a lancé un sort de sommeil à Keith pour qu'il se lève si tard. Hum, je deviens vraiment paranoïaque, en fait.
Je connais bien Sainte-Mangouste j'y suis déjà venue plusieurs fois, notamment après de ma première démonstration de magie qui a eu lieu lors des deux ans de Keith. J'étais assez jalouse pour faire exploser son gâteau. Malheureusement, les bougies enchantées m'avaient brûlé le bras et nous avions atterri ici.
Habituellement, j'aime bien venir. C'est toujours une occasion de voir les médicomages faire leur travail, de me rendre compte de ce qui m'attend après mes études. Mais je n'y avais jamais mis les pieds après une attaque et encore moins après une attaque qui avait failli emporter ma mère.
Le hall d'entrée est bondé et on voit de tout. Autant des choses drôles, comme cette femme avec deux parapluies à la place des bras, que glauques, comme ces deux types qui se tapent dessus en se criant mutuellement "arrête, arrête!". Je frissonne et fixe résolument le dos de mon père qui nous précède. Nous montons dans l'ascenseur. Deux guérisseurs et une mère avec son fils de trois ans qui éternue des étincelles ont le temps de nous suivre avant que la montée ne commence.
« Premier étage, blessures par créatures magiques. »
La porte s'ouvre. L'un des guérisseurs sort tandis qu'un homme avec un bras en écharpe entre.
« Deuxième étage, virus et microbes magiques. »
La mère descend avec son enfant cracheur d'étincelles.
« Troisième étage, empoisonnement par potions et plantes. »
Le second guérisseur nous quitte.
« Quatrième étage, pathologie des sortilèges. »
Nous descendons.
Papa nous oriente vers la salle Prudence Rabnott. Je frissonne. Voulant devenir médicomage, j'ai bien étudié Sainte-Mangouste et je sais que ce service est celui des blessés en situation délicate. Les murs sont d'un blanc immaculé, à l'exception des tableaux qui les ornent. Je surprends un guérisseur en train de discuter avec l'un d'eux.
Deuxième couloir à gauche, je retiens, me concentrant sur tout sauf sur l'essentiel. Jusque-là, j'étais rassurée car Papa nous avait assuré que Maman était hors de danger. Qu'est-ce qu'elle fiche encore dans ce service?
Troisième porte à droite, je me dis encore. Papa attrape la poignée, mais une médicomage en blouse verte nous interpelle.
- Excusez-nous, nous n'avons pas tout à fait terminé les soins de toutes les personnes dans cette salle, Mr Selwyn. Je vous ferai signe quand vous pourrez entrer.
Elle nous salue d'un sourire compatissant qui m'horripile avant de pénétrer dans la chambre, les bras chargés d'instruments étranges.
Je m'appuie contre le mur en soufflant, le cœur battant la chamade. Toute la peur que j'ai cachée au fond de moi ces derniers jours ressurgit. Je croyais avoir enterré mes craintes à l'école pour aider mon frère. Mensonge. Mensonge partiel, du moins. C'était aussi pour moi. Comment imaginer que ma mère puisse être réellement blessée voire mourante? Comment croire que je suis vulnérable même dans l'enceinte de l'école, que cette guerre peut me toucher alors que je suis dans l'endroit le plus inviolable du Royaume-Uni? Comment croire à tant de violence?
Je me sens tout d'un coup très vide et très bête du chantage que j'ai fait à mes parents pour rentrer à Noël. Je ne suis pas la seule à devoir faire des choix et les miens concerneront plus de monde que je ne veux bien l'admettre. Il y a moi. Il y a les y a mes choix sur eux et leurs choix sur moi. C'est terrifiant.
Je me force à respirer calmement. J'ouvre les yeux et fixe résolument le mur blanc en face de moi. Tout ira bien. Mais oui, on y croit.
La médicomage ressort de la pièce avec trois guérisseurs. Elle nous fait signe que c'est bon avant de s'éloigner avec ses collègues. Mon père nous fait signe de passer en premier. Keith hésite. Je passe donc devant et pousse la porte pour mettre fin à cette attente insoutenable.
La personne dans le lit devant moi est endormie - ou inanimée, me souffle la partie pessimiste de mon cerveau. Elle a le visage entouré de bandages blancs dont certains commencent déjà à se teinter de rouge. Son souffle est profond mais rauque. J'entends Keith derrière moi qui pousse une exclamation de peur et de surprise. Ca ne peut pas être notre mère... Instinctivement, je regarde le nom affiché au pied du lit. Je retiens un soupir de soulagement. La tension descend si vite que la tête m'en tourne.
Je trouve quand même la force de regarder le reste de la pièce et aperçois deux autres lits cachés par des paravents. Je jette un coup d'oeil à mon père qui nous désigne celui de droite. J'avance d'un pas raide et contourne l'obstacle.
- Ah, je me disais bien que j'avais entendu une voix connue!
Je reste bête. Mais vraiment. Je ne sais pas à quoi je m'attendais au juste, mais pas à ça.
Ma mère est assise dans son lit, appuyée contre de gros oreillers. Elle tient un livre à la main. Elle est très pâle et semble fatiguée, mais un grand sourire illumine son visage. Je remarque quelques égratignures sur ses bras et son cou, rien de plus. Rien de plus si ce n'est le bandage qui lui enserre la tête et ses longs cheveux bruns qui ne sont plus longs du tout. Elle a une coupe au carré qui lui donne un air sévère malgré la couleur terne de sa chevelure. Je croise son regard vert si semblable au mien.
- Salut M'man! lance Keith en me dépassant pour aller se réfugier dans ses bras ouverts.
Je remarque qu'elle bouge lentement avec des gestes précautionneux. Je m'approche à mon tour et l'enserre délicatement.
- Tu nous as fait une belle peur, je lui reproche à moitié.
- Tant que ce n'est qu'une peur, elle répond d'un ton doux mais ferme.
Visiblement, ses capacités cérébrales sont toujours aussi aiguisées.
Mon père attire trois chaises et les dispose autour du lit. Je m'assois sur l'une, Keith s'agitant déjà sur l'autre, tripotant un bout de drap, cherchant quoi dire.
- Ca va? finit-il par demander à brûle-pourpoint.
Pour toute réponse, ma mère nous saisit une main chacun, nous attirant à elle. Nous restons un long moment ainsi enlacés, Papa s'étant rajouté à côté de Keith. Je sens Maman qui tremble et réalise que c'est une larme qui vient de me tomber sur le bras. Je lui serre la main plus fort.
Que puis-je bien lui dire, à part que j'ai eu peur, très peur, et que je l'aime trop fort? Je voudrais qu'elle promette de ne plus jamais faire ça, mais je sais que c'est impossible. Je voudrais l'enfermer à double tour dans un endroit sûr pour qu'il ne lui arrive rien du tout et que je puisse dormir sans m'inquiéter. Je voudrais lui dire de ne pas partir, de ne plus nous effrayer comme ça, que nous ne serions rien si l'un d'entre nous partait et qu'il faut d'abord penser à ça avant de penser au reste du monde.
Un mouvement venant de l'un de nous rompt l'étreinte. Nous nous laissons retomber sur nos chaises. Ma mère se redresse un peu, un sourire plus serein aux lèvres. Mais ses cernes me semblent plus creux.
- Les médicomages de Sainte-Mangouste font des merveilles, assure-t-elle. Ils m'ont réparé mes côtes cassées sans même que je m'en aperçoive. Dans deux jours, mon dos sera comme neuf et je pourrai marcher correctement.
Je fronce les sourcils, mais elle enchaîne aussitôt:
- Et vous, mes enfants... Comment allez-vous? Le trimestre s'est bien passé?
Keith répond plus vite que son ombre. Il est ivre de soulagement, ça saute aux yeux. Il est bien plus prolixe que d'habitude et rajoute à ses histoires moult détails auxquels nous n'aurions pas eu droit en temps normal. Je sais ce qu'il ressent. Je me sens toute chamboulée à l'intérieur. Mais surtout, je suis légère, très légère. Tellement légère que je suis bien incapable de comprendre la discussion qui se tient devant moi. C'est une vague de soulagement qui a déferlé dans mon cerveau et m'a submergée avant que je ne m'en rende compte. Tout ira bien désormais, même les choses qui n'ont rien à voir avec Maman. Ca me paraît tellement évident que je me demande même pourquoi je me suis inquiétée. Je regarde ma mère.
Et je comprends pourquoi. Je m'aperçois que Maman est aussi soulagée que nous car elle n'arrête pas de nous prendre les mains et de nous serrer dans ses bras. Ses yeux sont humides et elle déglutit difficilement, comme si elle était sur le point de fondre en larmes. Elle alterne entre sourires crispés et rayonnants.
Mes doutes reviennent. Je me rappelle ces trois jours à Poudlard, l'air grave du professeur McGonagall et le service dans lequel nous nous trouvons. Je me rappelle les mots rassurants de mon père, le bilan de ma mère sur son état de santé et l'absence de nouvelles pendant ces trois longues journées. Que dois-je croire? Ma mère a déjà été blessée, elle a déjà vécu une attaque de Mangemorts, même si elle ne nous l'a jamais dit et que je l'ai deviné toute seule en écoutant aux portes. Je suppose qu'elle a déjà été à Sainte-Mangouste lors de ces occasions, ne serait-ce que pour faire réparer un os cassé. Son comportement ne peut donc pas être mis sur le compte du choc causé par l'attaque.
Par l'hospitalisation, peut-être? Mais d'après elle, il n'y a rien de grave et elle n'est hospitalisée que parce que la région touchée est délicate à réparer. Pas parce que sa vie est en danger. Là, c'était tellement peu de choses qu'avec leur fichue obsession de notre protection, ils n'ont pas jugé utile de nous prévenir.
Pourtant, le professeur McGonagall l'a fait, elle. Et cela, à Poudlard, on ne le fait pas pour quelques contusions, mais pour quelque chose de grave. Quand il y a un enjeu important. Son avenir, la vie d'un proche. La vie d'un proche. La vie de ma mère qui est hospitalisée dans le service des grands blessés alors qu'elle ne semble rien avoir à y faire.
Toutes ces contradictions me dérangent, ma langue me démange. Alors, pour ne pas gâcher le soulagement des uns, la joie des autres et le bonheur familial du moment, je me tais. Je sais que si je parle maintenant, je ne pourrai pas m'empêcher d'être acide et agressive si j'ouvre la bouche, ce sera plus fort que moi, je mettrai le sujet sur le tapis. Je suis comme ça, je l'ai toujours été. Je vis et réagis au présent, je suis quelqu'un d'immédiat. J'ai besoin tout de suite des réponses aux questions d'aujourd'hui.
Sinon, à quoi ces explications me serviraient-elles ? A quoi bon s'inquiéter demain des problèmes d'hier ? Pourquoi pleurer après les ennuis d'avant ? Je ne comprends pas ces gens qui gardent leur ressentiment au fond d'eux des années durant et finissent par exploser ou par l'exposer à un moment soigneusement choisi. Je ne suis pas comme ça. Si je ne parle pas, j'oublie.
Alors maintenant, je me tais. Je sais que je ne pourrai pas oublier les faits, trop dérangeants, trop inquiétants, trop importants, mais j'espère au moins oublier le sentiment que ma prise de conscience a fait naître. Cette sourde colère qui pulse. Qu'ils m'oublient, ne me parlent pas, me laissent seule. Que je puisse me calmer, dormir, réfléchir. Qu'on m'oublie rien qu'un moment.
Mais c'était évidemment un souhait idiot. Ma mère remarque vite mon air, mon silence. Elle les connaît et comprend leur signification. Y'a un problème. J'espère bêtement qu'elle sera d'humeur à les ignorer.
- Ca ne va pas, Luth ?
Bêtement.
- Hein ? je réponds en feignant d'avoir été tirée de mes pensées. Si, si, je suis juste un peu fatiguée.
Et je replonge dans mon mutisme. Ma mère me scrute un instant tandis que les hommes de la famille relancent la conversation. Sauvée.
Ou pas. Cassandra Selwyn n'abandonne pas, même alitée. A intervalles réguliers, elle revient vers moi avec sa question lancinante ou tente de me faire participer à la conversation. Et je me contente de répondre par onomatopées. Une fois, deux fois, quatre fois, huit fois, dix fois. Mais la onzième est de trop. Alors, quand ma mère me demande encore ce qui ne va pas j'explose :
- Ce qui ne va pas ? Mais rien ne va ! Vous êtes là depuis des heures à parler de la pluie et du beau temps comme si rien ne s'était passé ! Mais il s'est passé quelque chose ! Regardez où nous sommes, bon sang !
Trois paires d'yeux me regardent. La blessée est la plus réactive :
- Mais d'où sors-tu une idée pareille ?! A-t-on jamais nié quoi que ce soit ?
Je serre les lèvres pour ne pas répliquer mais c'est plus fort que moi.
- Oui ! Tu es à Sainte-Mangouste depuis bientôt une semaine et vous êtes en train de débattre d'une note en Sortilèges ! Comme si c'était important ! Arrêtez de faire semblant, de prétendre que tout va bien !
- Mais tout va bien, Luth. Tout ne va pas pour le mieux, mais tout va bien. Si je suis encore à l'hôpital, c'est parce que les vertèbres sont un endroit particulièrement délicat à soigner et…
- Mais je m'en fiche, que ça soit grave ou non ! Tu te rends compte que tu es hospitalisée à cause d'une attaque de Mangemorts et que vous n'avez même pas jugé bon de nous faire rentrer ?
- Il n'y avait pas besoin de vous faire rentrer plus tôt, Luth, intervient durement mon père. Ta mère va bien, tu t'en rends bien compte !
- Ah oui ? Parce que pendant ces trois interminables journées, j'étais en mesure de m'en rendre compte ? Parce que j'ai un troisième œil, peut-être ? A ton avis, comment on croyait qu'elle allait, quand le professeur McGonagall est venue nous chercher en plein milieu d'un cours pour nous dire que notre mère était à Sainte-Mangouste après une attaque de Mangemorts ? Mais évidemment, on pouvait savoir que ce n'était pas grave, qu'elle avait juste un « petit problème de vertèbres » ! Après tout, on vit dans un pays paisible et à une époque sans histoire !
- Luth, change de ton !
- NON ! je crie vraiment, cette fois. Vous êtes complètement inconscients ! Vous auriez quand même pu nous envoyer un hibou pour nous rassurer !
Je vois ma mère regarder mon père, très surprise. Visiblement, elle ne savait pas qu'il ne nous avait pas contactés. Cette constatation renforce mon sentiment et fait naître de nouvelles interrogations. Mon père était donc dépassé, ces quelques jours ? Aurait-il oublié ? Il se défend :
- Si j'avais envoyé un hibou, tu ne m'aurais pas cru, Luth, tu le sais.
- Et j'aurais sans doute eu raison ! Je ne sais pas où tu avais la tête ces derniers jours, mais certainement pas sur tes épaules ! Arrête de me considérer comme incapable de comprendre quoi que ce soit ! Le professeur McGonagall ne prévient pas les élèves pour leur dire que leur mère a trois côtes cassées !
Et furieuse, je me lève et quitte la pièce en claquant la porte, même pas désolée pour les autres malades que j'aurais pu déranger.
oOoOo
L'ambiance est tendue l'après-midi à la maison. J'ai tourné en rond dans le hall de l'hôpital jusqu'à ce que mon père et mon frère arrivent et que nous rentrions. Sitôt arrivée, je suis montée m'enfermer dans ma chambre. Après la colère est venue la fébrilité, puis la fatigue. Je me suis endormie sans même descendre manger.
oOoOo
Le lendemain matin, quand je descends déjeuner, mon père est déjà dans la cuisine. Il me toise un instant avant de me demander si je suis calmée. Je reste interloquée. Je le considère gravement un instant avant de tourner les talons avec un soupir désabusé. Quand comprendra-t-il que je n'ai plus cinq ans ?
Je remonte dans ma chambre, j'entre, regarde un instant le bazar et décide de commencer à ranger pour m'occuper. Quelques minutes plus tard, on frappe à ma porte.
- Oui ? je demande sèchement.
C'est mon frère.
- Oh, c'est toi, j'ajoute donc plus doucement.
Il hausse les épaules et me tend une serviette roulée en boule.
- J'sais que t'as pas déjeuné.
Je le remercie avidement, touchée par l'attention (ce n'est pas comme si ça arrivait souvent) et mords dans le croissant qu'il m'a apporté. Je préfère le bacon, mais je ne vais pas faire ma difficile. Pendant ce temps, mon frère s'assoit sur mon lit.
- Tu sais, pour hier…
- Oui ?
- Quand t'es partie, Papa et Maman ont dit que c'était juste ta manière d'exprimer ton inquiétude…
Je pince les lèvres. Ben voyons, c'est tout à fait mon genre, oui. Je hurle sur les gens quand je suis inquiète, logique.
- Mais moi, j'suis d'accord avec toi ils auraient dû nous envoyer un hibou. J'leur ai dit.
Je regarde mon frère, admirative. Je siffle mon approbation et attends la suite.
- Papa a dit qu'il aurait dû, oui, mais que ce n'était pas non plus la fin du monde.
- Mais il est… je m'étrangle, réprimant un juron in extremis.
- Ouais, approuve Keith en secouant la tête.
Nous restons un instant silencieux, tous deux perdus dans nos pensées.
Je ne sais pas trop ce qu'il se passe dans la tête de mes parents. Je sais qu'ils imaginent qu'étant à l'école toute l'année, je suis en sécurité et qu'à ce titre, moins j'en sais sur la guerre, mieux je me porte. Ils me mettent au même niveau que les enfants de onze ans qui entrent en première année pour tout ce qui touche à ça. Ils imaginent que la moindre information va m'effrayer. Ils n'ont rien compris. J'ai parfois essayé d'aborder le sujet et toutes les conversations se sont terminées par « ne t'inquiète pas ». Je devrais insister pour qu'ils me parlent, mais ils ont toujours une manière tellement définitive de dire ça…
Avant, ça n'avait pas trop d'importance. Je me disais que j'en savais autant que n'importe quel sorcier ne travaillant pas au Ministère grâce à la Gazette du Sorcier. Et je pouvais m'en sortir avec ça.
Mais non. Là, je ne peux plus. Car ce n'est pas à proprement parler de la guerre dont on parle. Non, c'est de la santé de ma mère. Et qu'ils ne disent rien à ce sujet là m'interpelle. M'inquiète. Tiens, je devrais leur dire ça, « votre silence m'inquiète », pour voir ce qu'ils répondraient. Mais je connais déjà la réponse. « Tout va bien, ce n'est qu'un problème de vertèbres, ne t'inquiète pas ».
Sauf que tout me conduit à m'inquiéter. Papa a presque reconnu devant Keith qu'il avait oublié d'envoyer un hibou. Ils savaient que McGonagall nous avait prévenus. Ils savaient que nous savions. Et il a oublié ! Mais qu'est-ce qu'il lui est passé par la tête ? Etait-il si bouleversé, si débordé pour ne pas penser à nous, ses enfants ? Voire pour nous préférer loin de lui ?
Mes impressions sont confortées par tous les efforts qu'ils ont fait pour nous rassurer. Ma mère a parlé de côtes cassées et de dos. Rien qui ne nécessite une hospitalisation de près d'une semaine. Elle n'a pas parlé du bandage qu'elle avait à la tête. Et encore moins du coma. Peut-être croient-ils que nous ne sommes pas au courant.
Mais il reste toujours quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi nous cacher ça ? Pourquoi ne pas être honnête, ne pas nous le dire ?
Keith se lève du lit avec un soupir et s'approche de moi. Il me surprend en me donnant une accolade à laquelle je réponds par automatisme. Depuis qu'il est entré à Poudlard, ces gestes d'affection sont devenus rares.
- L'essentiel, c'est qu'elle aille bien, hein ? il me demande dans un souffle.
Et même si je lui assure que oui, je sens qu'il lutte contre le doute qui l'assaille. Je sens qu'il veut l'oublier. Au fond, il suit nos parents il fait l'autruche.
oOoOo
Les jours suivants, nous prenons tous soin d'éviter le sujet sensible, aussi bien à la maison que lors de nos visites à l'hôpital. Ce sujet, je l'ai appelé « hibou », car c'est par là que tout a commencé et que mes questions sont venues. Et puis c'est neutre, comme nom. Exactement ce qu'il me faut.
A la maison, l'ambiance est un peu morose. Même si la tension entre Papa et moi a quasiment disparu, la maison n'est pas la même sans Maman. Pour ce qui est de la cuisine, le niveau a baissé mais je ne me permets aucune remarque étant donné mes faibles compétences en la matière. Je traîne, je fais mes devoirs de vacances. On joue au Quidditch miniature. Papa et Keith s'essayent aux échecs, mais ils ne sont pas assez patients.
La nuit, Pudding miaule en grattant la porte d'entrée car c'était toujours Maman qui pensait à le sortir le soir. C'est également moi qui dois vérifier que les chouettes sont rentrées avant le lever du jour et si ce n'est pas le cas, vérifier que les voisins ne les voient pas.
Je parle un peu au nain de jardin qui dit qu'il y a moins de gnomes ces temps-ci. Et plus de moldus. Ca ne lui plaît pas : il me le fait bien comprendre en égrenant une longue liste d'inconvénients qui vont du préjudice moral de devoir rester totalement immobile toute la journée avec un sourire idiot pour faire rire les passants, à celui matériel de perdre du temps dans son travail. Il râle tant et si bien que je menace de le rebaptiser Grincheux.
oOoOo
Maman remarche trois jours après notre arrivée, soit un jour de plus que prévu. Mais elle marche. Ses muscles sont très engourdis, une suite du choc selon la médicomage Penrose qui préfère donc la garder en observation encore un moment. On lui a aussi enlevé son bandage à la tête et on lui donne de la potion pour faire repousser ses cheveux.
Elle nous annonce son transfert dans un service plus léger et moins surpeuplé, ce qui me rassure. Maman dispose maintenant d'une petite chambre individuelle. Elle reçoit dès le lendemain la visite de son chef. C'est un homme taciturne toujours habillé de robes sombres. Je ne l'ai pas vu souvent mais, il me semble toujours arrogant. Nous sommes priés de quitter la chambre quand il arrive, ce qui me vexe profondément. Mon père me taquine beaucoup à ce sujet. Enfin, si Maman reçoit des visites professionnelles, c'est qu'elle ne va pas si mal, je songe en sirotant mon thé au cinquième étage de l'Hôpital Sainte-Mangouste.
Je ne sais plus trop où j'en suis car tout semble aller pour le mieux, ou presque. Ma mère est normale, peut-être un peu faible, mais rien d'autre et je finis par me demander sérieusement s'il n'y a pas eu une erreur de communication entre Poudlard et la famille Selwyn. Peut-être était-ce quelqu'un d'autre, le blessé grave.
oOoOo
La veille de Noël, nous trouvons ma mère habillée dans son lit, un livre à la main, apparemment en pleine forme. Elle a repris des couleurs.
- Tu sors ? demande Keith en arrivant.
- Non, mais j'ai enfin eu le droit de sortir de cette fichue pièce, nous dit-elle. C'est pour ça qu'on m'a autorisée à porter mes propres vêtements.
C'a l'air de la ravir et je la comprends un peu. Elle doit vraiment tourner en rond comme un hippogriffe en cage à rester enfermée toute la journée.
Nous bavardons un moment, comme d'habitude, quand quelque chose d'étrange se produit. Ma mère devient soudain toute blanche. Je me penche vers elle, inquiète. Elle m'ordonne sèchement de sortir et donne un coup dans sa lampe de chevet. Mon père nous attrape, Keith et moi, et nous entraîne dehors.
- Je crois qu'on va rentrer, dit-il sombrement.
Je n'ose pas protester mais quand nous croisons deux médicomages qui courent dans le couloir, le sujet « hibou » revient en force dans mon esprit.
oOoOo
Je me réveille de meilleure humeur le lendemain car c'est Noël. J'ai même trouvé un paquet au pied de mon lit, ce qui m'a rendue fort perplexe, mais j'ai décidé de voir les choses simplement en ce jour de fête familiale. J'essaie d'afficher une bonne humeur qui dépasse la mienne, amoindrie par l'inquiétude de la veille.
Nous arrivons à Sainte-Mangouste juste avant l'heure du déjeuner, les bras plus chargés que d'habitude. J'ouvre la porte de la chambre avec appréhension mais je retrouve Maman dans la même forme qu'hier. La médicomage Penrose termine de lui appliquer un baume dans le dos et elles nous lancent toutes deux un « Joyeux Noël » plein d'entrain. Ca me semble un peu faux, mais je ne peux vraiment pas jouer les troubles fête. A croire qu'elle a choisi son jour pour avoir un « malaise ».
Je déverse mes présents sur le lit puis embrasse ma mère. Elle me regarde un instant puis désigne la chaîne à mon cou.
- C'est nouveau, ça !
Je m'empresse de remettre le collier sous mon pull. Regard maternel inquisiteur.
- C'est juste un cadeau, maman.
- Le garçon qui t'a offert ça ne connaît pas sa chance.
Je lève les yeux au ciel avec un sourire indulgent. Si seulement je savais qui c'était, ce garçon.
oOoOo
Papa a amené du Christmas Pudding que nous dégustons après avoir ouvert nos cadeaux. J'ai eu droit, entre autres, à une très belle écharpe rouge – pour aller avec mon uniforme, paraît-il – ainsi qu'aux gants et au bonnet assortis. Ils viennent de la meilleure boutique du Chemin de Traverse. C'est Ann qui va se moquer de moi en me traitant de coquette !
Le ventre plein, la conversation se tarit. Mon père s'est assis sur le lit de ma mère et l'a enlacée. Je n'aime pas être là lors de ces démonstrations de tendresse, j'ai l'impression d'être de trop. Et Keith, plongé dans son nouveau livre, ne m'aide pas.
Comme je m'ennuie, mes doutes reviennent au galop. La crise d'hier. Aucun commentaire aujourd'hui. Un sourire et une forme éclatants. Trop éclatants. Alors, quand j'entends des pas dans le couloir, je m'éclipse prétextant une envie pressante. Dans le couloir, je repère la médicomage Penrose. Je la hèle et elle se retourne.
- Miss Selwyn, me dit-elle avec un sourire. Que puis-je pour vous?
- J'aimerais savoir si vous saviez combien de temps ma mère devra être encore hospitalisée?
Elle fronce les sourcils, visiblement soucieuse.
- J'ai bien peur que cela dure encore un moment.
C'est à mon tour de trouver ça louche.
- Pourquoi?
- On ne vous l'a pas dit ?
Je réponds par la négative, me retenant de lui dire que sinon, je ne poserais pas la question. Penrose hésite :
- Je ne sais pas si c'est à moi de vous le dire, Miss Selwyn, il faut voir avec votre mère...
Ah non, elle ne va pas s'y mettre aussi.
- S'il vous plaît, je la coupe un peu sèchement. Je sais que mes parents ne me diront rien. Ils me croient encore incapable de comprendre. Mais je suis majeure maintenant et j'estime avoir le droit de savoir, a fortiori si nous devons prendre des dispositions pour qu'elle rentre à la maison...
La fin de ma phrase est presque suppliante. Je plante mes yeux dans ceux d'Altallia Penrose pour lui faire comprendre ma détermination et l'importance de ma question. Je la vois hésiter un instant. Elle me considère gravement puis avec un soupir, se décide à parler:
- Lors de l'attaque, votre mère est tombée sur une pierre, ce qui l'a assommée. Quand elle est arrivée ici, elle avait un hématome important sur la partie inférieure gauche de la tête. Comme vous le savez, elle est restée plusieurs jours dans le coma.
Je serre les dents. Non, je ne savais pas. Ou plutôt je savais grâce à quelqu'un d'autre. Encore quelque chose que mes parents m'auront caché. Leur comportement commence à devenir dangereux. Trop dangereux. La médicomage continue cependant:
- En soi, ce coma n'aurait rien eu de grave s'il n'y avait pas eu cet hématome. La conjonction des deux a affecté son flux magique.
J'inspire brusquement, retenant une exclamation de surprise. Mon interlocutrice hoche gravement la tête.
- Elle ne contrôle plus sa magie. Elle a fait plusieurs crises depuis qu'elle est arrivée ici, c'est pour cela qu'on l'a placée dans une chambre individuelle. Elle est en observation. La plupart du temps ces crises ne sont pas dangereuses, si cela peut vous rassurer.
Je me passe une main dans les cheveux, très lasse. Et surtout submergée par l'information et toutes ses conséquences. Je lève un regard interrogatif vers Penrose. Elle achève:
- Actuellement, votre mère a les capacités magiques d'un enfant de six ans.
Mes forces m'abandonnent. Les mots de la médicomage résonnent encore. Une seule question persiste. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire?
Luth est complètement chamboulée. Elle se demande dans quel monde elle vit, ce qu'elle va bien pouvoir faire et si elle va pouvoir continuer à jouer à ce petit jeu là longtemps.
Caprice vous remercie d'avoir lu. Elle vous donne rendez-vous lundi prochain dans un chapitre intitulé "War After Childhood", parce qu'en anglais c'est plus classe. Elle vous offre un bisou du Maraudeur de votre choix par mot dans vos reviews. A vos claviers!
