Bêta : Nanola
NDA : Pardon, pardon, je suis trèèèèès en retard ^^'' Désolée pour les réponses un peu brèves aux reviews, mais merci beaucoup pour elles, encore une fois. J'ose espérer n'avoir oublié personne dans la précipitation, c'est tout !
Bien, un chapitre à la fois de transition et qui va vous permettre d'en apprendre un peu plus sur Remus, la meute des Rives, les autres meutes et sur... les Monoïques. Oui, le début de l'apprentissage de Draco commence et les Monoïques sont une espèce très particulière, avec des rites et des coutumes à part. Bienvenue dans leur monde.
De même, on n'oublie pas que Charlie est un Loup-garou puissant avec un sale caractère par moment. On n'oublie pas non plus que personne n'a la science infuse, IRL. On peut tous commettre des erreurs. Même dans une fiction, il est bon de le rappeler ! Bonne lecture !
Chapitre 18
.
Notre meute
Comme leurs ancêtres Sylphes, les Monoïques ne sont en général pas très grands avec une moyenne d'un mètre soixante douze. Pour rappel, les Hommes de sexe mâle mesurent en moyenne un mètre quatre-vingt et les Mages un mètre quatre-vingt-trois.
Mais leur particularité physique principale reste leur androgénie. Ils ont les traits fins, presque féminins, de longs cils et sont imberbes à la façon des femmes.
Tous sont d'une très grande beauté, là encore due à leur héritage génétique Sylphe.
Cependant, les Monoïques naissent avec des attributs exclusivement masculins, contrairement aux Sylphes. S'ils sont totalement stériles et ne peuvent en aucune manière se reproduire comme des hommes, ils ont conservé un utérus Sylphyque, appelé aussi poche monoïquale. Aucun document médical ne nous permet de savoir avec exactitude comment cette poche est placée et fonctionne dans le corps des Monoïques, mais c'est ici que se situe, à notre connaissance, leur seul héritage magique. Les Monoïques ne peuvent donc être fécondés qu'exclusivement par des mâles, grâce à la pénétration. Les grossesses, bien que plus difficiles que celles féminines, se déroulent ensuite de la même façon et la naissance se fait par voie basse.
« Les différentes espèces du Monde Libre » - Chapitre 14 ''Les Monoïques'' - Basile Beasth
... ... ...
Draco sortit lentement du sommeil, un sommeil profond et réparateur comme il n'en avait que rarement connu. En fait, il n'avait pas aussi bien dormi depuis qu'il avait été mordu. Le jeune homme se calfeutra un peu plus contre le corps chaud qui le tenait, appréciant son odeur rassurante et si masculine.
Ses yeux s'ouvrirent d'un coup.
Il n'était pas dans les bras d'Ayase mais dans ceux de Charlie. Cette constatation fit battre son cœur plus vite. Il s'était pourtant endormi collé à l'Oméga. Même s'il savait que le Bêta allait venir les rejoindre, jamais au grand jamais il n'aurait pensé qu'il se serait câliné contre lui de cette façon.
Pour autant, il ne bougea pas. Il sentait dans son dos le corps d'Ayase, lui confirmant qu'il avait bien dormi entre le couple. Il referma ses yeux, confus. La vérité était qu'il aimait particulièrement être ainsi, dans les bras forts de Charlie. Compagnon-Loup en aurait ronronné de bonheur s'il avait été félin, c'était certain. Draco soupira de bien-être. Il avait l'impression d'être en sécurité. Vraiment en sécurité. Ça aussi, c'était quelque chose qu'il n'avait pas connu depuis sa morsure maudite.
Le garçon se détendit donc, profitant honteusement de l'étreinte d'un mâle qui, lui rappelait sa conscience, n'était pas le sien. Il se réconforta en se disant que sa nature lupine le réclamait, il pouvait donc bien s'accorder un peu de répit et de douceur.
Ayase bougea derrière lui, son bras passa par dessus son corps pour venir caresser le bras de Charlie.
Draco fit sa petite grimace qui remplaçait ses anciens sourires. Oh, oui, il était vraiment bien comme cela.
« Bonjour, amour, » fit la voix rauque de Charlie alors qu'il se mettait sur son coude.
« Bonjour, chéri, » répondit celle ensommeillée d'Ayase.
Draco ouvrit les yeux alors que les deux corps du couple s'avançaient l'un vers l'autre. Leurs visages se rencontrèrent juste au dessus du sien où ils échangèrent un baiser.
« Eh ! Moi aussi, je suis réveillé ! » protesta Draco, gêné de ce bisou.
« Oh, et tu veux un baiser, toi aussi ? » se moqua Charlie en le regardant.
Le gamin rougit comme une tomate bien mûre tandis qu'Ayase explosait de rire. Malgré cela, Charlie se baissa et embrassa le front brûlant.
Les Loups-garous se levèrent les uns après les autres. Grâce à sa bonne nuit de sommeil, Draco se sentait plus serein, plus détendu. Il accepta sans trop de problème de s'asseoir en leur compagnie, Ayase à côté de lui, Remus de l'autre, pour prendre le petit-déjeuner.
Puis comme la veille, ils se transformèrent, laissant les deux Omégas leur attacher les sacs. Une fois encore, les mâles partirent devant afin de laisser Ayase seul avec Charlie pour qu'il se transforme à son tour.
« Ayase, c'est Charlie ou toi qui ne veut pas que les autres mâles te voient nu ? » demanda Draco, curieux.
« Les deux, » répondit aimablement l'homme en pliant sa chemise. « Il est interdit par notre espèce qu'un non-Monoïque voit notre tatouage complet, comme tu le sais. Et je respecte encore toutes nos traditions. Même si j'ai accepté d'être le compagnon de Charlie et donc, de devenir Lycanthrope, je suis avant tout un Monoïque par l'éducation. Et un Oméga dans le comportement et l'instinct. En ce qui concerne Charlie, il est particulièrement jaloux. »
« Oh, il se fâcherait beaucoup si un dominant pouvait te voir ? » fit l'adolescent.
Un grognement féroce provenant du mâle fauve le fit sursauter.
« On peut dire ça comme ça, » rit Ayase. « En fait, je pense plus que Charlie lui arracherait la gorge ! »
Cette fois, le loup poussa un petit hurlement d'approbation. Draco les regardait, ne sachant s'ils plaisantaient ou non. Il se déshabilla à son tour puis se rapprocha de l'Oméga.
« Il plaisante, hein ? »
« Oh non, » souffla Ayase. « Charlie le ferait. Me voir nu serait un affront pour lui, surtout si le mâle en question a des idées lubriques en tête en le faisant. La punition serait terrible, crois-moi, et il le tuerait s'il le faut. »
Sur un dernier sourire, il se transforma, laissant un Draco pour le moins interdit. Le garçon sentit un étrange mélange de sentiments l'envahir. La peur de la colère du mâle, évidemment, mais aussi une sensation diffuse de sécurité, de fierté. Compagnon-Loup admirait Charlie. Il voulait un compagnon comme lui l'était pour l'autre Oméga. Draco rejeta cette dernière idée. Il n'aurait jamais plus de mâle ! Son corps resterait à tout jamais intouchable. Par contre, bénéficier de la protection de Charlie, tout comme Ayase, ça, il le désirait ardemment.
Il fit une petite grimace en direction des deux Loups-garous qui se léchaient le museau mutuellement, puis il se transforma à son tour.
... ... ...
De nouveau, les jours succédaient aux jours. Le groupe, mené par Charlie, parcourait les kilomètres qui les séparaient du territoire de la meute. Pourtant, Draco le vivait bien. Les autres mâles avaient fini par l'amadouer en lui laissant le temps de réaliser qu'ils ne lui feraient rien. La présence de Charlie et d'Ayase y était aussi pour beaucoup, ils en étaient tous conscients. Remus se demandait souvent comment ils auraient fait sans leur Oméga pour gérer le plus jeune.
Le fait de parler de leur compagne, d'affirmer à quel point ils se languissaient d'elles avaient aussi aider à faire comprendre au jeune homme que les mâles ne le prendraient pas et qu'il n'avait rien à craindre d'eux.
Tout ceci, combiné à la présence protectrice de Charlie, avait permis au petit Oméga de se détendre.
Draco avait laissé Compagnon-Loup prendre un peu le dessus sur sa partie humaine, lui accordant de se laisser aller en compagnie du groupe, de faire confiance. La joie de sa nature canine était, de tout façon, difficilement étouffable.
Le jeune loup blanc gambadait donc, entouré des autres mâles. La troupe avançait vite, bien plus vite, paradoxalement, que ce que ne faisait la meute de Greyback. Draco adorait courir avec eux, sentir ses muscles jouer sous sa peau, sentir l'odeur de musc des autres loups et toutes les différentes senteurs de la nature autour de lui.
Il passait de longs moments à jouer, lors des pauses. Draco ne se transformait que pour manger et dormir, préférant être loup le reste du temps. Il sautait après les insectes, chassait les petits animaux, se roulait dans l'herbe tendre des prairies qu'ils traversaient. Le printemps était bien là, d'autant que le sud était synonyme de chaleur retrouvée.
Par dessus tout, Draco adorait jouer avec Ayase. Le loup beige avait une infinie patience avec lui, le laissait lui sauter dessus, lui mordiller le cou ou la queue. Ayase le laissait faire, le gratifiant même d'un petit coup de langue sur la truffe régulièrement, emplissant de joie le cœur du plus jeune.
L'Oméga s'était même, petit à petit, frotté aux dominants, en commençant par celui qu'il considérait comme son référent, son protecteur, Charlie. Le mâle avait feint ne pas sentir le petit loup qui rampait au sol derrière son dos. Mais quand celui-ci avait voulu bondir sur lui, il s'était retourné vivement, engageant avec l'Oméga un petit combat de mâle. C'était la première fois que Draco faisait ça. Il avait tenté de prendre, au moins une ou deux secondes, le dessus sur le Bêta, en vain. Quand Charlie avait estimé que le jeu, ainsi que la leçon, avaient assez duré, il avait enfoncé ses crocs un peu plus profondément dans la gorge du louveteau en grognant d'un ton sans appel.
Draco avait immédiatement cessé d'essayer d'attraper les oreilles fauves, se laissant aller sur le dos, pattes écartées. Mais il était si heureux du temps que lui avait accordé le Bêta ! Il avait ensuite, avec plus de prudence, fait de même avec les autres mâles, se décidant vite à trouver en Remus un partenaire de jeu plus viril que ce que n'était Ayase et que ne pouvait lui accorder Charlie. En effet, Charlie lui avait expliqué le soir, autour du feu, que son rôle de Bêta dans le groupe ne lui permettait malheureusement pas de jouer dans la journée. Draco avait acquiescé, bien qu'un brin déçu.
Entre jeux et courses, les journées de Draco étaient épuisantes. Il les finissait toutes entre les jambes et les bras d'Ayase, où il s'endormait régulièrement.
Ce soir-là, plus d'une semaine depuis son départ de Poudlard, n'était pas différent. Il se reposait, confortablement installé contre Ayase qui lui caressait les cheveux ou le bras, indifféremment. Cependant, l'esprit de Draco était encore vif et rempli de questions.
« Dans combien de temps seront-nous arrivés ? » demanda-t-il.
« Dans une bonne semaine, si nous maintenons ce rythme, » répondit Charlie.
« Grâce à la lune, enfin ! Dora et Teddy me manquent, il me tarde de les serrer dans mes bras ! » s'exclama Remus qui finissait de servir la fin du repas.
« Moi, j'ai envie de bien d'autres choses quand je pense à Padma, » lança à son tour Jack... à moins que ce ne soit Heimich ?
Draco n'arrivait toujours pas à différencier les jumeaux à part par l'odeur, mais là, il était trop fatigué pour faire l'effort de correctement les identifier. D'autant que les jumeaux s'étaient accouplés avec d'autres jumeaux, s'il avait bien tout suivi. L'histoire semblait compliquée et il n'avait toujours pas bien saisi qui était qui et qui était avec qui.
« Heimich, ne pense même pas dire la même chose au sujet de mon frère, » fit alors Charlie, finissant de perdre le jeune Oméga.
« Pourquoi ton frère ? »
Les autres le regardèrent avant de rire.
« Je crois qu'il est plus que temps que nous expliquions notre meute, petit Oméga, » fit gentiment Remus. « Et aussi comment elle fonctionne et vit en relation avec d'autres. »
« Il y a d'autres meutes à côté de la nôtre ? » interrogea Draco.
Ayase derrière lui sourit largement à Charlie qui le lui rendit. Draco avait dit « nôtre » preuve qu'il commençait petit à petit à accepter sa nouvelle appartenance.
Remus s'assit en tailleur, dévisageant le plus jeune du groupe.
« Je t'avais promis, quand nous étions à Poudlard, que je te raconterais mon histoire. Je pense que c'est le moment puisque ce faisant, je te parlerai de notre meute. »
Draco se rassit lui aussi plus convenablement, se décollant un peu d'Ayase.
« Tu n'étais pas dans la meute, avant ? » fit-il, ses yeux gris grand ouvert.
« Non, du tout. Je suis né Mage, dans une famille de Mages. J'ai été mordu une nuit de pleine lune quand j'avais huit ans. Mon père avait fait des affaires avec un homme plutôt louche, de ce que j'en sais. Je n'ai jamais vraiment su tous les fins mots de l'histoire, mon père en avait bien trop honte, je suppose. Toujours est-il que leur collaboration ne s'est pas bien passée. Une nuit, nous nous sommes enfuis, mes parents et moi. »
« D'où ça ? » demanda Draco.
Les autres Loups-garous sourirent. Le gamin avait une expression proche de celle des louveteaux de la meute quand on leur racontait les contes de leur peuple, le soir à la veillée. Ils s'étonnaient toujours de la façon dont Draco oscillait entre l'âge adulte et l'enfance.
« Je suis né dans le Royaume de Serdaigle, aux frontières Sud, proche du Royaume de Serpentard. Mon père a décidé que nous partirions vers celui de Gryffondor. Mais durant notre fuite, nous avons été attaqués. L'associé de mon père avait engagé un homme pour le punir et assouvir sa vengeance. Tu as une idée de qui je veux parler ? »
Draco gémit en se mordant la lèvre.
« Greyback, » souffla-t-il.
Le garçon regarda derrière lui, avisant qu'Ayase était encore là. L'Oméga lui sourit mais le plus jeune décida, à leur surprise, d'aller chercher refuge dans les bras de Charlie qui se retrouva avec le gamin dans les pattes. Il jeta un bref coup d'œil à Ayase qui lui fit un petit signe de tête. Draco avait besoin du réconfort d'un dominant, pas d'un soumis.
« Oui, c'était bien Greyback. À l'époque, il n'avait pas une meute aussi importante que ce que tu as connu. Il a travaillé seul pour ce contrat qui de toute façon n'incluait qu'une seule personne : moi. »
« Pourquoi toi ? » voulut savoir Draco, le dos plaqué contre le ventre de Charlie, ses mains posées sur les genoux du Bêta.
« Parce que l'associé de mon père savait très bien que c'était en s'attaquant au fils qu'il blesserait le plus le père. C'est ainsi que je suis devenu un Loup-garou. Mes parents ne savaient pas quoi faire, bien sûr. Ils sont allés à Traverse, afin de me faire examiner par des Médicomages et des spécialistes Lycanthropes. Plusieurs mois s'étaient déjà écoulés depuis la morsure. Au final, ils ont décidé de poursuivre leur route et de s'installer dans un petit village dans le royaume de Gryffondor. Ils ont tenu secrète ma condition. »
« Pourquoi !? »
« Parce qu'ils en avaient honte. Ils n'avaient pas honte de moi, mais de ce que j'étais devenu et pourquoi je l'étais devenu. Ils n'aimaient pas ma partie lupine, du tout. »
Draco baissa la tête. Morag non plus n'aimait pas du tout sa partie lupine. La pensée du garçon ne s'attarda cependant pas sur son amie décédée. Elle s'envola plus loin, traversa les Grandes Rocheuses et le Royaume de Poufsouffle pour arriver à Pomona. Est-ce que son père et Laura auraient honte de lui, à l'image des parents de Remus ? Il n'avait pas beaucoup de doute. Oui, son père le préférerait sans doute mort que savoir ce qu'il était devenu. La main de Charlie le sortit de ses pensées alors qu'elle caressait sa tête blonde, comme si le mâle avait compris sa tristesse.
« J'ai donc vécu tout le reste de mon enfance comme un Mage, me cachant lors des nuits de pleine lune. À onze ans, mon père m'a conduit à Poudlard. Là, il a expliqué à Dumbledore mon ''petit problème de fourrure'' et lui a arraché la promesse de préserver notre secret. »
« Comment as-tu fait, Remus, » le coupa Draco. « Comment as-tu pu refréner ton loup ? Tu n'avais pas envie de te transformer, de courir ? De le sentir en toi ? Tu ne voulais pas devenir loup ? Avoir d'autres compagnons de ton espèce ? »
Cette fois encore, Draco ne vit rien des sourires du Bêta et des autres Lycanthropes, tant il était concentré sur Remus.
« En fait, pas les toutes premières années. Ce pour plusieurs raisons. J'étais un enfant encore sous la protection de ses parents et surtout, je suis un dominant. La meute me manquait moins qu'un soumis. Mais si, j'ai horriblement souffert de solitude, malgré cela. J'avais hâte de sentir la lune sur moi afin de pouvoir redevenir complet. J'étais très solitaire, forcément. Et cela a empiré avec les années. Je n'avais que deux amis, Sirius et Peter, de Gryffondor eux aussi. Enfin, Sirius était un Serpentard à l'origine mais il a demandé à être réparti quand il a eu douze ans. »
Remus attendit un peu, espérant sans doute que Draco intègre toute la portée de ses paroles.
« Ensuite, quand j'ai eu mon diplôme, mon père a voulu que je revienne dans mon village, que je travaille avec lui. J'ai tenu encore quelques années ainsi, tout en me transformant de plus en plus souvent. Mes parents ne comprenaient pas mes désirs, mes envies lycanthropes. Après une violente dispute avec eux, une de plus, j'ai fait mes bagages et je suis parti. »
« Tu es parti à la recherche d'une meute ? »
« Non, pas au départ. Je voulais simplement pouvoir me retrouver, moi. Enfin, moi et mon loup. J'ai vécu encore deux ans environ ainsi. Puis la solitude est devenue trop pesante. Je suis revenu vivre avec les Hommes, mais là encore, je me sentais seul. Au final, je suis allé à Godric afin de me renseigner à la grande bibliothèque de la ville. Notre royaume est particulièrement vaste, comme tu le sais, et il a toujours compté beaucoup de Loups-garous. J'ai donc découvert que plusieurs meutes étaient parfaitement établies, reconnues même. L'une d'elles habite aux abords de Godric. Les mâles qui la composent font, par tradition, partie de l'armée royale. Toujours est-il que je me suis remis en route. J'ai visité plusieurs meutes, certaines établies, d'autres nomades. J'ai croisé aussi des petites meutes familiales. Autrefois, dès que je sentais l'odeur de mes congénères, je fuyais. Là, au contraire, je les cherchais. »
« C'est comme ça tu as connu la meute de Charlie ? »
« Notre Alpha se nomme Gideon, Draco, » rectifia le Bêta.
« Non, ce n'est pas ainsi. En fait, j'ai rencontré une petite meute familiale. Les Potter. Je suis devenu ami avec eux. Ce n'était pas une véritable meute indépendante, mais juste une famille qui avait décidé de s'éloigner pendant un temps de leur meute d'origine. Leur père, Carlus, était l'Alpha mais il venait de décéder, laissant sa place à un neveu éloigné, issu d'une meute voisine et amie, Gideon Prewett. Son fils, James, mon ami, ne se sentait pas de reprendre la place de l'Alpha. »
« C'est possible, ça ? » s'étonna Draco.
« Oui. Comme je te l'ai dit, nous sommes avant tout des humains, Draco, pas des animaux, » continua Charlie. « Il faut que tu saches qu'il existe à Gryffondor, au moins six meutes importantes et établies. Celle de l'Armée Royale, à Godric, celle de la Forêt des Grandes Rocheuses, à l'ouest, celle des Frontières Arides, à l'est, celle de la Forêt du Nord, celle de la Plaine des Gouffres, et enfin la nôtre, celle des Rives du Sud. Toutes ces meutes font des échanges, du commerce entre elles et avec les autres humains. Nous échangeons aussi nos membres à l'occasion d'unions. Les plus vielles familles Lycanthropes sont connues. Leurs enfants deviennent, généralement, les Alphas et les Bêtas, soit de leur meute d'origine, soit de celle d'adoption. Bien sûr, ce n'est pas une obligation, ni même une véritable tradition, mais c'est ainsi que ça se produit la plupart du temps. Les Potter, les Prewett, les Porpington, les Londubat et les Weasley font parties de ces anciennes familles. »
Draco se tourna vers Charlie, le regard à la fois surpris et admiratif.
« Les Weasley ? Comme toi ? »
« Oui, comme moi, » confirma Charlie en lui caressant les cheveux une fois de plus. « Et si tu ne l'avais pas encore compris, Gideon est mon oncle. Je suis né dans la meute des Rives mais pas lui. Toute la famille de ma mère est originaire des Plaines des Gouffres. »
Draco hocha la tête puis se retourna vers Remus.
« Et ensuite ? »
Remus sourit, ravi de l'attention du garçon, ainsi que de son empressement à vouloir en apprendre plus.
« Je suis resté avec eux pendant plusieurs mois. Puis quand James a voulu aller voir sa meute, il m'a emmené avec lui. C'est ainsi que j'ai rencontré notre Alpha et tous les membres de cette meute. Gideon m'a permis de rester avec eux. Au bout de quelques semaines, il m'a demandé ce que je comptais faire et m'a proposé de faire parti intégrante de sa meute. J'ai accepté. Depuis je vis là-bas, je me suis uni et j'ai un magnifique petit louveteau. »
« Et tes parents ? » souffla Draco, suspendu à ses lèvres.
« Ils ont accepté mes choix. De toute façon, c'était ainsi. Je les vois encore, de temps en temps. J'envisage de partir les voir cet été avec Dora et Teddy. Ils se font vieux. Si notre Alpha le permet, j'aimerais les faire venir, de façon définitive, d'ici deux ou trois ans. »
Draco réfléchit. Le silence était total en dehors du bruit des flammes et des oiseaux de nuit.
« Et... » se lança enfin le jeune Oméga, regardant avec timidité les autres mâles. « Est-ce que Gid... l'Alpha veut bien de moi ? »
« Tu peux le nommer par son nom, il ne te punira pas, » affirma Ayase.
« Oui, il t'accepte, » dit Charlie. « Il en a fait le serment à Dumbledore. C'est bien pour cette raison que nous sommes venus te chercher. Tu es le bienvenu dans notre meute. »
La respiration de Draco s'accéléra quelque peu.
« Et... on est nombreux ? »
« Nous sommes plus de soixante adultes, matures et unis, » répondit Jack.
Draco le regarda, stupéfait.
« Autant ? »
« Oui, et encore, j'en oublie sûrement. Rien qu'avec les Weasley, on se perd ! » se moqua le loup brun.
Les autres se mirent à rire, faisant froncer les sourcils de Draco.
« En général, les femelles n'ont pas beaucoup d'enfants. C'est pour cette raison que les Lycanthropes continuent de chercher des conjoints parmi les humains, Hommes ou Mages. Notre venin n'agit pas sur les Nymphes. Nous avons le plus souvent deux louveteaux. Les fécondations sont rares et les grossesses difficiles, » expliqua Heimich.
« Beaucoup de femmes perdent l'enfant dès la première lune, » fit Ayase, la voix émue.
Charlie passa aussitôt son bras autour des épaules de son compagnon afin de le prendre contre lui. Draco comprit immédiatement que l'Oméga avait dû perdre lui aussi des bébés.
« Ce ne sont pas des enfants, justes des embryons sans âme, » affirma Charlie d'un ton sans appel.
« Bref, la mère de Charlie est une exception. Elle a eu sept enfants. »
« Sept ? » s'exclama Draco.
« Oui. Mon frère aîné, Bill, s'est unie à une Nymphe, une Dryade. Ils ont deux petites filles, non Lycanthropes. C'est le risque quand on s'unit à cette espèce. Je suis le deuxième. Ensuite il y a Percy, qui est parti dans la meute des Grandes Rocheuses avec sa femme. Ils ont une fille aussi. Ensuite, il y a les jumeaux, Fred et George, » grogna Charlie sur cette dernière phrase.
La paire de jumeaux présente s'esclaffa, s'attirant des regards amusés du groupe, étonné de Draco.
« Les jumeaux, c'est toujours une aventure dans une meute, » se moqua Geoffrey.
« N'importe quoi, ce n'est que racontars d'unique jaloux ! » rétorqua Heimich, perdant un peu plus Draco.
« Les uniques, c'est comme ça qu'on appelle les pauvres âmes qui n'ont pas de jumeau, » fit Jack à son intention.
« Pour faire simple, nous subissions trois paires de jumeaux adultes dans la meute. Qui n'ont rien trouvé de plus intelligent que de s'unir entre eux, histoire d'être certains de nous perdre un peu plus, » expliqua Remus. « Jack est uni avec Padma Patil, Parvati, sa sœur, s'est unie avec Fred et enfin Heimich est uni avec George. Grâce à la lune, Parvati et Fred sont partis vivre dans la meute de la mère des jumelles, notre voisine la plus proche, une petite meute qui vit dans la forêt sur les collines, à l'est de la nôtre. Il ne sont pas très nombreux. »
Mais Draco ne l'écoutait plus vraiment, il avait les yeux rivés sur Heimich, la peur au ventre. Le loup brun avait un compagnon, pas une compagne. Il aimait les hommes.
« Calme-toi, Draco, » le rassura Charlie en l'entourant de ses bras. « Heimich est uni, il ne te désire pas. »
« Je suis calme, » mentit le garçon.
« C'est faux, » rétorqua Ayase. « Nous sentons ta peur, ainsi que tes phéromones d'appel. »
Cette fois, Draco se tendit.
« Mes quoi ? »
« Tu appelles la protection d'un mâle dominant, » expliqua Ayase.
Draco le dévisagea, dubitatif. Non, il refusait d'entendre ça et encore plus de l'admettre.
« Non, je n'appelle pas un dominant. Je ne veux pas de dominant ! » s'écria-t-il avec force.
Le silence se fit de nouveau dans la clairière. Les mâles ne dirent rien, laissant la parole et surtout la décision de poursuivre cette discussion à l'Oméga plus âgé. Celui-ci étudia le visage crispé de Draco avant d'abdiquer.
« Très bien, Draco, si tu le dis. Nous en rediscuterons plus tard. Pour le moment, puisque tu n'as pas besoin de mâle dominant, alors rends-moi le mien. »
Draco baissa les yeux, bien que tous purent voir ses prunelles blessées. Néanmoins, Draco s'extirpa des bras de Charlie, à contrecœur. Ayase prit sa place, laissant le louveteau seul à leurs côtés. L'Oméga brun tourna son visage vers Charlie, le frotta dans son cou tout en l'enlaçant.
« Moi, j'admets sans honte que j'ai besoin de toi, mon dominant, » roucoula-t-il.
Draco se sentit rougir. De gêne et de tristesse mélangée. Compagnon-Loup le grondait lui aussi, comprenant la leçon cuisante de l'autre Oméga. Mais Draco, lui, ne voulait toujours pas admettre cette dernière vérité : un Oméga ne pouvait vivre sans compagnon.
Sentant la détresse de plus en plus grande chez le plus jeune, Ayase lui attrapa le bras, puis, sans lui demander son avis, le tira vers lui.
« Allez, petit Oméga, je ne suis pas cruel, je veux bien partager avec toi ce que tu refuses admettre désirer. »
« Je ne veux rien d'autre qu'un peu d'attention, » murmura Draco.
« Rien d'autre, tu en es sûr ? » insista Charlie.
« Et aussi ta protection, Bêta, » admit dans un souffle à peine audible l'adolescent.
« Mon affection aussi, peut-être ? »
« Oui, » avoua Draco en calant son nez entre Ayase et Charlie.
... ... ...
Le jour suivant, la troupe reprit son chemin, Draco à la traîne derrière. Pas qu'il soit fatigué plus que cela, mais il avait mal dormi car il avait la tête remplie de questions diverses. Pour couronner le tout, le jeune homme avait décidé de se reculer sur l'un des bords du fin matelas posé au sol, laissant Charlie et Ayase côté à côte.
Ayase avait raison. Il n'avait pas le droit de toujours se mettre entre eux, Charlie n'était pas son compagnon mais celui de l'autre Oméga. Si lui clamait haut et fort qu'il n'en voulait pas, ce n'était pas pour dormir collé contre le corps du compagnon d'un autre. Ce n'était pas correct.
Bien sûr, il ne voyait pas du tout Charlie comme un compagnon potentiel, plus comme un grand frère ou un père bienveillant. Compagnon-Loup lui glissait bien que ce n'était pas l'entière vérité, que Charlie, avec sa puissante aura de dominant, le comblait bien plus que ne pourrait faire un véritable frère. Néanmoins, Draco rejetait cette réflexion avec force.
Toujours était-il qu'il s'était enroulé dans sa couverture, tournant le dos au couple. Malgré ses yeux clos, il n'avait pas pu ne pas entendre les bruits mouillés des baisers échangés, les soupirs de bien-être d'Ayase pendant que Charlie faisait glisser ses mains sur son corps dans un bruissement de tissus. Draco avait senti un vide dans sa poitrine, qu'il n'avait pas su expliquer. Bien que le couple se soit rapidement calmé, se maintenant simplement enlacé, Draco n'avait pas pu rater les phéromones d'excitation qui s'échappaient d'eux. Il s'était tourné, retourné, cherchant un sommeil qui ne venait pas. Au final, Charlie avait bâillé, puis, tenant fermement Ayase d'un côté, il avait attrapé le gosse pour le plaquer de l'autre côté de son torse. Le jeune Oméga n'avait pas protesté. Il se sentait mal vis à vis d'Ayase, leur tête reposant chacune sur l'une des clavicules du mâle roux. Il n'avait certainement pas le droit de faire ça.
Ce fut alors que la main du plus vieux des Omégas avait saisi la sienne, enlaçant ses doigts aux siens. Puis, naturellement, elle s'était posée sur le torse nu de Charlie en maintenant toujours celle de Draco. À ce moment-là seulement, Draco avait pu s'endormir, un sommeil tourmenté par de nombreux rêves dont il ne souvenait plus vraiment le lendemain, à part la sensation vague d'un regard vert qui le fixait.
Résultat, il traînait la patte, l'esprit à la fois embrumé par le manque de sommeil et les interrogations. Quand la troupe fit une petite pose au bord d'un ruisseau, Draco plongea ses pattes avant dans l'eau fraîche, se mouillant les coussinets tout en lapant avec bonheur. Il tenta par la suite d'attraper des petits poissons, mettant sa tête dans le courant pour les chasser en apnée. Sans doute qu'un peu de fraîcheur lui remettrait les idées en place, songea-t-il.
Ils allaient devoir parcourir le sous-bois pendant encore une bonne partie de l'après-midi et de la soirée avant de s'arrêter pour la nuit. La nature était clairement réveillée ici, les senteurs printanières explosaient dans sa truffe. Ils avaient quitté la forêt épaisse, courant simplement à ses abords, entre bois et prairies. Le paysage était plutôt plat bien qu'au loin, Draco voyait les Grandes Rocheuses qui se rapprochaient au fur et à mesure de leur avancé. Demain, ils seraient à leurs pieds, mais ils ne les graviraient pas, ils tourneraient bien avant, vers l'est et le sud, jusqu'à atteindre la mer.
Draco secoua sa tête, ébrouant ses poils humides. Sa douche improvisée lui avait fait un bien fou. Le jeune loup blanc sauta sur un rocher, se roula dessus, appréciant le soleil. Une fois fait, il se redressa et avisa les autres membres de la meute. Tous faisaient de même, buvant ou se roulant au sol. Le petit loup entreprit alors de courir après un papillon bleu qui voletait juste devant son museau, comme s'il le narguait.
Draco s'amusa un instant, après le papillon, divers insectes, sa propre queue, puis, voyant Ayase qui se léchait le flanc, il décida d'aller un peu le taquiner. Pattes en avant, arrière train redressé, le jeune loup bondit sur le plus âgé, le faisant rouler dans la poussière. Ils se battirent un moment, avant qu'Ayase ne se laisse couler sur le ventre, le loup blanc sur son dos qui lui mordillait les oreilles.
C'était un vrai instant de bonheur pour Draco, qui espérait secrètement qu'Ayase n'avait pas fait exprès de le laisser ''gagner''. Tout à sa joie, il donna un coup de dent un peu plus violent qu'il n'en avait l'intention, sa canine pointue transperçant la chair du loup beige qui poussa un petit cri de douleur.
Aussitôt, une masse fauve bondit sur eux, éjectant le plus jeune d'un coup de patte en grognant. Draco valdingua deux mètres plus loin, Charlie toujours sur lui qui lui montrait les crocs. Le loup gronda, fit claquer sa mâchoire tandis que le plus jeune couinait.
Les autres Loups-garous déguerpirent rapidement, laissant le Bêta avec les deux Omégas. Charlie se transforma aussitôt, jeta un regard sombre à Draco avant de se précipiter sur son conjoint qui se transformait également.
« Ayase, ça va ? » fit Charlie en se penchant vers lui.
« C'est bon, ce n'est rien, » répondit le brun en se tenant l'oreille, du sang plein les doigts.
« Montre-moi, » ordonna Charlie en écartant les mains de son compagnon.
« Charlie, ça va, je t'assure, » protesta Ayase.
Celui-ci n'eut finalement pas gain de cause, Charlie inspecta la blessure, puis l'entraîna au bord de l'eau pour lui rincer la plaie. En râlant, le Bêta ramassa son sac qui était tombé au sol lors de la transformation et banda l'oreille de son amant.
« Habille-toi, je vais dire aux hommes que nous restons là pour la nuit. »
« Charlie, c'est ridicule, je vais très bien, ce n'est qu'une petite morsure, on ne va pas perdre du temps juste pour ça. »
« Ce n'est pas toi qui décide, Ayase, mais moi, » rétorqua le mâle.
« Mais si on n'avance pas, on risque de perdre une journée ! » se plaignit Ayase.
« Et alors ? Une journée de plus ou de moins, quelle importance ? »
« Je veux revoir Asami ! Mon fils me manque ! » s'écria l'Oméga brun, les poings serrés. « C'est stupide de vouloir s'arrêter maintenant ! »
« Non, ce n'est pas stupide, Oméga ! Je suis celui qui décide ! Et ta santé m'est plus précieuse qu'une journée avec notre fils, même s'il me manque aussi ! »
« Ce n'est pas à la patte que je suis blessé, mais à l'oreille ! À l'oreille, bon sang ! »
« Quand bien même ! » tonna alors Charlie. « Je suis celui chargé de ce groupe et si j'ai décidé que nous ferions notre campement ici, tu n'as certainement pas à me dire le contraire ! D'autant que j'estime que ta blessure nécessite que tu te reposes ! Point ! Maintenant habille-toi, c'est un ordre ! »
Le visage d'Ayase se crispa, tout autant que ses poings. Malgré cela, il baissa les yeux, se leva vers le sac pour prendre ses habits, sans protester davantage. Charlie, quant à lui, s'avança vers le louveteau tremblant.
« Transforme-toi, tout de suite ! » ordonna-t-il sèchement.
Draco obéit rapidement, se tenant bientôt devant le Bêta, les mains sur ses parties, nu comme un ver et tout aussi tremblant que sous sa forme animale.
« Je suis désolé, Bêta, » bredouilla-t-il.
« Ce n'est pas à moi que tu dois faire des excuses ! Tu as blessé Ayase ! »
« Je n'ai pas fait exprès ! »
« Encore heureux ! Il ne manquerait plus que tu le fasses exprès ! À cause de toi, la troupe va devoir s'arrêter ici pour aujourd'hui ! Nous allons prendre un retard que nous ne regagnerons peut-être pas. Alors tu as intérêt à t'excuser doublement, auprès d'Ayase parce que tu l'as blessé, et auprès de nous tous car à cause de ton imbécillité, nous ne pourrons pas revoir nos familles le jour prévu ! »
Draco baissa les yeux, une grosse boule dans la gorge.
« Ayase est un soumis, comme toi, et c'est un adulte. Toi, tu le seras bientôt ! Si tu n'es pas capable de te contrôler, ne joue plus, ni avec lui et encore moins avec un dominant ! Que crois-tu qu'il se passera si tu blesses un mâle dominant adulte dans la meute ? Il se retournera contre toi et tu vas te prendre la trempe de ta vie ! »
Les mains de Draco se mirent à trembler plus fort que le reste de son corps. Il se mordit les lèvres, s'empêchant de répondre. Qu'entendait Charlie par la trempe de sa vie ? Est-ce que ce serait pire que ce qu'il avait connu avec Fenrir ? Draco en doutait fortement, bien qu'il ne veuille pas prendre le risque de le découvrir.
Il ne broncha pas alors que le mâle le prenait par le bras et le retournait prestement.
« Puisque tu te conduis comme un enfant, tu auras une punition d'enfant ! » claqua la voix de Charlie avant que sa main ne s'abatte tout aussi durement sur les fesses du garçon.
Draco serra les dents le temps de sa punition, à savoir deux claques fermes sur son derrière.
« File t'habiller, » ordonna Charlie.
« Oui, Bêta, » répondit docilement l'adolescent en cherchant fébrilement dans le sac à terre.
Il finissait tout juste d'enfiler sa chemise que les autres mâles arrivèrent. Charlie et Ayase leur enlevèrent leur charge, les laissant ensuite se transformer en humain.
« Bon, nous installons la tente ici si nous avons bien entendu ? » demanda d'un ton moqueur Geoffrey. « Draco, inutile de te demander de nous aider, tu préféreras sans doute te plonger les fesses dans l'eau histoire de les rafraîchir ? »
Draco garda la tête basse, honteux de comprendre que les hommes avaient, naturellement, tout entendu.
« En fait, c'est exactement ce qu'il va faire, » riposta Ayase en se saisissant de la main blanche de Draco. « Nous allons prendre notre bain, un peu plus loin dans la rivière. »
« Attends, » fit Charlie en fronçant les sourcils. « Draco n'ira nulle part avant de présenter ses excuses. »
Le jeune homme déglutit. Il garda la tête basse tout en marmonnant.
« Je suis vraiment désolé. »
« Désolé de quoi ? Ce ne sont pas de minables petites excuses que j'attends, jeune homme, mais des excuses sincères vis à vis de ton comportement. Et quand on demande pardon, on regarde les gens en face, » scanda durement Charlie.
Draco leva péniblement la tête, les joues pâles, les yeux craintifs.
« Je suis désolé de t'avoir mordu, Ayase, de t'avoir blessé. Et je suis désolé qu'à cause de moi, on soit obligé de rester ici. Je vous demande pardon, parce qu'à cause de moi, vous ne verrez pas vos familles aussi vite que prévu. »
« Tes excuses sont acceptées, Draco. En ce qui me concerne, ce n'est pas grave, je ne saigne plus et ce ne sont pas tes petites dents de chiots qui m'ont fait bien mal. Pour le reste, tu n'es pas responsable des décisions de Charlie, » déclara Ayase.
« Ayase ! » s'écria Charlie avec colère.
« Je ne fais qu'énoncer une vérité. Maintenant, puisque Draco et moi ne pouvons vous aider, je l'emmène avec moi plus haut. Ne nous suivez pas, pas même toi, Charlie. »
« Et pourquoi donc ? » demanda le rouquin, ses yeux bleus lançant des éclairs.
« Je vais profiter de ce repos forcé pour parler avec Draco de choses qui ne vous regardent nullement, ni toi, ni les hommes. Ceci est une affaire de Monoïque, alors ne vous avisez pas d'écouter ou j'en référerai au Temple ! »
Charlie s'avança vers son Oméga qui baissa les yeux, son aura et son odeur de dominant éclatant dans l'air.
« Inutile de prendre ce ton ou de proférer ce genre de menaces, Oméga. N'oublie pas qui je suis. »
« Je ne l'oublie pas, Bêta, » répondit le brun, ses boucles cachant son visage.
« Tu es en colère, je le sais. Mais je fais ce qui est le mieux, Ayase, » répéta Charlie d'une voix plus douce.
« C'est faux, » murmura Ayase.
« Si. Tu es fatigué, Aya', plus que ce que les autres ne le voient, mais moi je le sais. Tu as besoin de te reposer. »
« Alors n'accuse pas Draco dans ce cas ! » s'écria Ayase, relevant un visage aux yeux humides de larmes contenues. « Dis que tu ne me penses pas capable de poursuivre, dis que je suis trop faible à tes yeux, dis que tu ne me juges pas capable de faire des choix qui me concernent ! »
« Tu mélanges tout, tu es fatigué et tu es blessé, c'est tout. »
« Et moi, je veux revoir mon fils ! » cria Ayase.
Charlie fit les quelques pas qui les séparaient, le prit dans ses bras.
« Aya', Asami me manque, à moi aussi. Bientôt, mon amour, bientôt tu le reverras. Regarde, tu te mets dans tous tes états juste pour une demi-journée de plus ? Et encore, rien n'est moins sûr. Tu as raison, va avec Draco, parlez entre Monoïques, prends un bain et calme-toi. Pour le reste, nous en rediscuterons à la maison, d'accord ? Je t'aime, Ayase, je veux juste ce qu'il y a de mieux pour toi. »
« Ce qu'il y a de mieux pour moi, tu refuses de me le donner, » fit Ayase, le visage contre le torse du mâle.
Draco se sentit encore plus mal, si c'était possible. Ayase pleurait. Le jeune Oméga s'en voulut. C'était en partie de sa faute si la meute restait ici cette nuit et c'était uniquement à cause de lui si Ayase avait laissé son fils. Il sentit une main sur sa tête qui lui fit se tourner vers l'homme qui la lui avait posée. Remus.
« Ne t'inquiète pas, allez, va avec Ayase, ça lui fera du bien de parler un peu avec toi. Il a besoin de toi lui aussi. »
« Pourquoi ? »
« Parce que tu le comprendras et parce que tu occuperas ses pensées. »
Draco pencha sa tête, ne comprenant rien aux propos de Remus. Cependant, il n'eut pas vraiment l'occasion d'y réfléchir qu'Ayase prenait une sacoche dans l'un des sacs, lui attrapait la main et l'entraînait en remontant la rivière, loin de la vue et de l'ouïe des hommes.
Ils marchèrent en silence, puis Ayase sourit en lui montrant de la main un renforcement dans l'eau claire entre plusieurs rochers, qui faisait une retenue d'eau limpide.
« On a trouvé notre bain, pas vrai ? »
Draco lui rendit son sourire, heureux de voir que le moment de peine de son ami était passé. Ils se déshabillèrent puis le brun sauta dans l'eau froide qui lui arrivait sur le torse.
« Viens, on peut nager un peu ! »
« Je sais pas nager, » répondit Draco qui se dandinait sur l'un des rochers.
« Ah bon ? Et bien tu vas vite devoir apprendre. Allez viens, tu as pieds de toute façon ! »
Timidement, Draco rentra doucement dans l'eau, puis pataugea jusqu'à Ayase. Le Loup-garou venait de se mouiller la tête, ses cheveux descendant bien plus bas que lorsqu'il avait ses boucles autour de son visage. Ils s'éclaboussèrent un instant, puis le plus vieux enlaça le plus jeune, surprit par le geste.
« Tu ne dois pas être désolé, Draco. Regarde, mon oreille est déjà cicatrisée et Charlie a sur-réagi. Ce n'est pas ta faute, mais la mienne. »
« Pourquoi ? Je veux, dire, je t'ai mordu, c'est vrai. »
« Tu n'as pas fait exprès, tu es jeune, ça arrive souvent, » soupira Ayase en levant les yeux au ciel. « Non, la vérité c'est que Charlie et moi, on s'était déjà disputés ce matin. »
L'homme plongea ses yeux noisette dans les gris.
« Je voudrais un autre bébé, mais Charlie refuse, » lança-t-il tout de go, faisant rougir Draco.
« Oh... »
« Oui. L'accouchement d'Asami a été difficile, à l'image de la grossesse. Et avant de venir te chercher, j'ai fait deux fausses-couches lors de la première lune. Charlie ne veut plus que l'on ressaye, mais moi, je veux un autre bébé. Il me pense si fragile que c'est désespérant ! »
« Mais, on est fragile, non ? Les Monoïques sont fragiles, alors les Omégas aussi ? » demanda Draco, toujours dans les bras de l'autre.
« Fragiles ? Nous ne sommes pas plus fragiles que les autres ! » rit Ayase.
« Quoi ? Mais tout le monde dit que les Monoïques... »
« Les gens ignorent tout des Monoïques... sauf les Monoïques eux-mêmes. Quant aux Omégas, ils ont besoin de beaucoup d'attention, de protection, d'affection, car ils sont de nature inquiète. C'est vrai que les soumis ne peuvent vivre loin d'une meute, mais c'est vrai pour tous les soumis, pas seulement les Omégas. Les dominants nous jugent donc ''fragiles'', mais nous ne sommes pas en sucre ni en verre. »
Draco réfléchit puis sembla d'un coup réaliser qu'il était toujours dans les bras d'Ayase.
« Euh... tu pourrais me lâcher, j'ai pieds. »
« Non, je te garde avec moi, » sourit l'autre homme.
Loin de le lâcher, il le serra un peu plus contre lui.
« Ayase, pourquoi tu fais ça ? »
« Parce que nous sommes Monoïque et que je suis ton maître, petit disciple. »
Draco fronça ses sourcils.
« Le temps des leçons et de l'initiation commence à partir de maintenant. Quand nous serons ensemble et que je te le dirai, je serai ton maître et toi mon disciple, de la même façon que cela se passe au Temple. J'ai été élevé au Temple, toi non. Ton apprentissage va devoir se faire plus rapidement d'autant que tu as déjà connu l'homme, mais il n'empêche que tu dois tout apprendre de ta nature. Sache que les Monoïques sont très tactiles. Nous nous touchons, nous nous caressons. Notre nature passe par notre corps. Sais-tu pourquoi ? »
« Non, » répondit Draco dans un souffle alors que les mains d'Ayase parcourait son corps sous l'eau.
« Parce que notre corps est fait pour l'amour. Nous sommes fait pour l'amour. Notre héritage Sylphe est ainsi. Notre corps est marqué, de nombreuses façons. Nous apprenons l'amour et le transmettons. C'est notre destiné sur cette terre. »
« Je ne crois pas à l'amour, » murmura Draco.
« Faux. Tu ne veux pas croire qu'un homme t'aimera et que tu l'aimeras parce que tu as peur de l'acte sexuel. Mais cela te passera, un jour ou l'autre. C'est ta voie, en tant que Monoïque et plus encore en tant qu'Oméga. »
« Je ne veux pas de mâle ! » affirma Draco.
« Pas tout de suite, mais tu tomberas amoureux et avant cela, tu attireras les mâles, c'est certain. Mais tu auras le temps de le découvrir, rassure-toi. Je serai là pour te guider, je te le promets. Pour le moment, il est temps que je m'occupe de toi. »
Ayase le lâcha, sortit de l'eau et revint avec le sac qu'il déposa sur une roche avant d'inviter Draco à le rejoindre.
« Viens, disciple, mets-toi à côté de moi. Maintenant, ferme les yeux. »
Draco obéit, sans rechigner. Bientôt une odeur titilla ses narines. Cela sentait bon, le bois de santal, le lys et d'autre choses encore qu'il ne connaissait pas. Le parfum était envoûtant. Draco sursauta alors que les mains fraîches et humides d'Ayase se posèrent sur ses épaules. Elles étaient recouvertes de ce parfum qui, comme le comprit rapidement Draco, était une huile lavante.
« Laisse-moi t'aider à découvrir ton corps, Draco, » chuchota Ayase en lui embrassant le cou, le faisant sursauter.
« Ayase, c'est... non... c'est mal... »
« Mal ? Non, nous sommes maître et disciple monoïques, ce n'est pas mal, c'est notre nature. Je ne suis pas ton homme ou ton amant. »
Les mains d'Ayase parcoururent son corps, faisant trembler Draco malgré lui sous les attouchements. Il le lava avec une dévotion, une tendresse et des sensations qui le laissèrent pantelant. Parfois l'homme lui embrassait la peau, le faisant rougir. Draco protesta encore quand Ayase le lava intimement, mais ses paroles ne le convainquirent pas lui-même. L'odeur était ensorcelante et les caresses divines.
Draco, les yeux toujours fermés, se laissa ensuite guider dans l'eau où Ayase le rinça tout en continuant de passer ses mains sur tout son corps. L'adolescent rougit de honte quand son sexe s'érigea entre les mains expertes.
« Ayase... »
« Chut, ce n'est rien. Au contraire, c'est très bien, disciple. Tu es en bonne santé et ton corps réagit à la perfection. As-tu déjà connu le plaisir, Draco ? »
« Ayase, on peux pas, » protesta Draco. « Tu... tu es uni avec Charlie ! »
« Cela ne change rien. En cet instant, tu es mon disciple monoïque. Ce que font les Monoïques ne regarde qu'eux. Et il temps pour toi de connaître ta race et ses coutumes. Ton corps a besoin d'attention, de soins. Tu dois lui apporter ce qu'il désire, comme tu apporteras à ton homme ce qu'il désirera aussi. Tu as le droit au plaisir. Tu es né pour le plaisir, » murmura Ayase en le masturbant lentement.
Draco s'appuya contre lui, haletant. Non, jamais personne n'avait fait cela pour lui, pas ainsi en tout cas. Lui-même n'avait jamais vraiment oser se toucher de cette façon. L'adolescent se rappela brièvement de Daniel, une nuit sous une couverture. Lui aussi l'avait touché pendant un instant. Mais cela n'avait été que pour vérifier s'il était suffisamment mûr pour porter un enfant, avait compris Draco, et il ne l'avait plus jamais refait.
Ce que faisait Ayase était très différent, il le faisait pour lui, juste pour lui, pour lui donner du plaisir. Et Ayase était doué, c'était certain. Entre son expertise et la jeunesse de Draco, il ne fallut pas longtemps avant que le jeune homme n'explose en un orgasme.
Il reprit peu à peu conscience, essoufflé d'abord, honteux ensuite, il se tourna afin de cacher son visage contre le torse imberbe du plus vieux.
« Par la Reine, mais qu'est-ce qu'on a fait ? Charlie va nous tuer ! » gémit-il.
« Charlie ne nous fera rien. Comme je te l'ai dit, ce que font les Monoïques ne regarde qu'eux. Je ne trompe pas Charlie, je l'aime et c'est mon compagnon. Je t'apprends et toi, tu ne m'aimes pas non plus, tu apprends. Du moins, tu ne m'aimes pas de cet amour-là. Tu aimeras, Draco, mon rôle est de te préparer pour ce jour. »
« Mais » commença Draco avant que les doigts d'Ayase ne se posent sur ses lèvres.
« Non, ne dis pas que tu n'aimeras jamais ou que tu ne veux pas de mâle. Je ne veux plus l'entendre quand nous sommes ensemble, frère. Maintenant, viens, il est temps que tu revêtes ton premier atour. »
Ayase sourit au jeune homme perdu qui le dévisageait.
« Je veux que quand nous arriverons au village, tu sois un jeune Monoïque resplendissant. »
Il plongea ses doigts dans de l'huile parfumée avant de se saisir d'une petite mèche de cheveux blonds.
« Bien, ils sont assez longs. Jeune disciple, voici les tresses que tu te dois de porter tous les jours qui se lèveront à compter d'aujourd'hui. Personne n'a le droit de te voir sans, à part tes frères et ton amant. Ne l'oublie pas, afin de ne pas porter le déshonneur à ton sang. As-tu compris ? »
« Oui, maître, » répondit Draco.
Alors Ayase commença à tresser les cheveux blonds.
... ... ...
Draco marchait, entre Ayase et Charlie. Ils étaient en humains et la peur lui tordait le ventre. Ayase lui avait pris la main, que le garçon tenait fermement comme pour s'empêcher de tomber.
Dès le matin, il avait senti une odeur inconnue. Ses sens olfactifs étaient perturbées depuis deux jours en raison de la végétation qui était différente de celle qu'il avait toujours connue. Les sapins étaient devenus des pins aux formes étranges, les buissons étaient plus râblés. Heureusement, il y avait toujours les arbres qu'il connaissait mais une odeur ne cessait de le tourmenter. Odeur qui se faisait plus forte au fur et à mesure de leur marche.
Alors qu'il reniflait encore, Geoffrey posa sa main sur son épaule.
« C'est l'odeur de la mer, Draco. Tu vas la sentir tous les jours désormais. » L'homme inspira à plein poumons. « Par Godric, ce qu'elle m'avait manqué ! »
Ils étaient arrivés. Sous le sous-bois, Draco pouvait maintenant sentir l'odeur de la meute. Puis ce furent les premiers toits. Remus et Jack lui avaient expliqué, à sa surprise, que la meute vivait dans des maisons de bois ou de pierres, regroupés par famille. Leur village ressemblait à n'importe quel autre village d'Hommes ou de Mages. Ils n'étaient pas des bêtes sauvages.
Alors qu'ils déboulaient sur un chemin de terre battue, les premiers cris de joie fusèrent autour d'eux. Des enfants accoururent, puis deux femmes se jetèrent au cou de Jack et de Remus. Un jeune rouquin à celui de Heimich.
« Papou, papa ! » hurla un petit garçon aux cheveux flamboyants et bouclés en se jetant dans les bras de Charlie et d'Ayase.
Draco se tint en retrait, à la fois effrayé et inquiet. Il se tint droit, malgré sa tête basse, se rassurant sur la vision de ses mèches blondes autour de lui. Ses mèches et surtout ses tresses qui lui donnaient le sentiment absurde d'une fine protection. Il serait présenté comme Monoïque, ne cessait-il de se répéter. Il était Oméga, mais aussi Monoïque.
Petit à petit le silence se fit. Une odeur pleine de puissance fit fermer les yeux de Draco. L'Alpha était là.
« Alors, vous avez fait bon voyage, Charlie ? »
« Oui, Alpha, » répondit le rouquin tandis que les bruits d'une accolade se faisaient entendre.
Puis le silence encore. Draco se retint de gémir, devinant que tous le regardaient. Jeune Oméga arborant les tresses de Monoïque, sans le tatouage sur son ventre. Petit Loup-garou tremblant qui fixait le sol.
« Et voici donc notre jeune recrue ? » demanda l'Alpha.
« Alpha, » fit la voix douce d'Ayase. « Laisse-moi te présenter celui que nous sommes allés chercher. Mon frère, Draco. »
La main d'Ayase se referma sur la sienne. Draco en soupira de soulagement. Malgré la joie de revoir son fils, Ayase ne l'oubliait pas.
« Regarde-moi, Draco, » ordonna Gideon.
Draco obéit, regardant enfin l'homme dont il avait si peur.
Il était âgé de cinquante à soixante ans, ses cheveux bruns coupés court clairement grisonnants. Ses yeux étaient d'un marron chaud, pour le moment bienveillant, jugea Draco. Le visage était plutôt buriné, les joues râpeuses à cause d'une barbe de deux jours. Il était taillé comme Charlie, pas très grand mais carré.
Draco ne savait pas comment réagir. Devait-il parler ? Il n'en avait pas le droit, avant. Déjà, il était heureux de ne pas se pisser dessus comme lorsqu'il avait vu Charlie pour la première fois.
« J'ai bien reçu ton courrier, Charlie. Et Harry a aussi très bien reçu le tien, Ayase. » Gideon sourit. « Je comprends mieux pourquoi il était si impatient... Tu es sûr que c'est lui, Ayase ? »
« Aucun doute. Mais Harry te le dira aussi bien que moi. »
Draco les regardait, l'un et l'autre, ne comprenant pas de quoi ils parlaient, de qui ils parlaient et le pourquoi de leurs sourires.
« Harry ? » demandant Gideon en se tournant.
Un jeune homme s'avança et Draco se retrouva aspiré par deux immenses yeux verts.
... ... ...
À suivre
... ... ...
