Bonjour!
Voici le chapitre suivant de Memories. Il a été corrigé par Doxiecurse, que je remercie. J'en profite aussi pour remercier les personnes m'ayant laissé des reviews (CFLM angel, Antig0ne, Shiriliz et FeatherAshes). Merci à vous, j'espère que ce chapitre-ci vous plaira! Par le même occasion, je remercie doubi64, Miss Devil, Til'Illan et Braisebang de l'avoir ajoutée à leurs favoris. N'hésitez pas à commenter, je réponds toujours gentiment :)
RAR à Fan de Luthine: merci pour tes reviews, ça fait plaisir de voir quelqu'un d'aussi enthousiaste. Quant à ta peur que j'abandonne, ne t'inquiète pas: comme dit plusieurs fois dans les notes d'auteurs, je publie tous les dimanches ou lundi, et l'histoire est terminée d'écrire, je ne l'abandonnerai donc pas. Concernant l'hypothèse selon laquelle Remus au nouvel an était en fait Sirius sous polynectar, par contre, je me vois dans l'obligation de te détromper. Je ne vois pas pourquoi Sirius aurait fait ça. Il s'agit donc bel et bien de Remus, en pleine possession de ses moyens et non sous influence d'un sort ou d'une potion ;) Sache également que la résolution du mystère approche ;)
Bonne lecture à tous!
Chapitre 17 : Suspicion
- Salut, Peter !
L'interpellé se retourne vers moi avec un sourire.
- Salut, Luth ! On m'a dit que ta mère allait mieux, c'est une sacrée bonne nouvelle !
- Merci, je réponds un ton plus bas.
Je suis à la fois touchée qu'il y vienne si rapidement et gênée que ce soit le premier sujet de conversation auquel il pense. Mais c'est tout Peter : sa gentillesse n'a d'égale que sa maladresse. Je salue les trois autres garçons et Mandy avant de continuer à bavarder avec Peter. J'évite soigneusement de regarder Remus, pas encore tout à fait à l'aise avec la théorie qu'Ann a développée au Nouvel An. Ann qui ne tarde pas à arriver, d'ailleurs et qui, à mon grand étonnement, ne va pas rejoindre Phillip mais reste avec nous.
- Tiens, voilà Lily. On va enfin pouvoir embarquer, dit Mandy.
Miss Evans s'avance en effet vers nous en traînant sa grosse valise.
- Bonjour tout le monde ! Bonne année ! dit-elle en lâchant son bagage mais sans s'arrêter.
Elle écarte Sirius de son chemin et file droit sur James. Et l'embrasse.
Grand silence choqué.
oOoOo
- Mais oui, bien sûr…, fait une Mandy abasourdie quand nous nous installons enfin dans notre compartiment.
Ce sont ses premiers mots depuis « l'événement ». La première surprise passée, j'exulte intérieurement. Le neurone de la commère en furie danse comme un fou furieux depuis vingt minutes et il n'est pas près de s'arrêter. « On a gagné ! On a gagné ! »
- Le meilleur, c'était quand même la tête de James, ricane Peter.
Oh oui, ça valait le détour. On aurait dit qu'il venait d'être touché par la grâce de Merlin. Quand Lily a cessé de l'embrasser, il l'a regardée comme si elle avait trois yeux avant de sourire bêtement. « Tu viens de m'embrasser » a-t-il balbutié. On est partis avant d'entendre la suite. Dommage, ça devait être comique.
Quand il devient évident que notre nouveau couple national ne se joindra pas à nous pour le voyage, nous commençons à parler d'autre chose. Après avoir amusé la galerie en imitant Sirius au réveil après leur Nouvel An, Peter s'enquiert du nôtre. « Ne regarde pas Remus » conseille le neurone de la groupie en furie. Bon conseil, pour une fois. « Ne regarde pas Ann non plus » ajoute celui de la commère. Bon conseil aussi. Inutile que conversation que nous avons surprise vienne geler l'ambiance maintenant.
- On a vu mieux, comme Saint Sylvestre, confesse Mandy en haussant les épaules. On a vu pire, aussi.
- Disons que nous avons fait une étude assez intéressante, ajoute Peter.
Il glisse un lourd regard vers Remus. Je fronce les sourcils, ne comprenant pas de quoi il parle. Et surprends le regard d'Ann qui oscille entre Remus et moi. Sirius semble aussi se rendre compte de quelque chose et enchaîne :
- Pas d'événement imprévu ?
- Non, dit Remus.
- Même pas d'événement prévu par vous ?
- Non, dit Mandy.
- Aucun commérage digne de ce nom ?
Ann pouffe. Le seul commérage qu'elle a retenu est notre conversation. Moi, c'en est une autre bien moins joyeuse qui me vient à l'esprit.
- Non, finit-elle par répondre.
- Donc, en somme, une soirée assez ennuyante.
- Evidemment, quand notre Sirius national n'est pas là, nous sommes incapables de nous amuser, je plaisante.
Et, chose que je fais rarement, je glisse une main dans ses cheveux et le décoiffe. Sirius réagit immédiatement. Il agit la tête, comme un chien mouillé, pour remettre ses cheveux en place puis se tourne vers moi.
- Que Luth reconnaisse être dépendante de moi pour s'amuser tient du miracle, aussi je ne me vengerai pas du sort qu'elle a fait subir à mon superbe brushing.
Il passe un bras autour de mes épaules et me secoue légèrement. Tout le monde rit. Mes sombres pensées sont parties, je me sens plus légère. Si on oublie le regard d'Ann.
oOoOo
Revenir à Poudlard est étrange. C'est tellement rassurant de retrouver cet univers familier. Les professeurs immuables, les escaliers capricieux. L'atmosphère qui m'est chère. Ce qui n'a pas changé. Ce qui est pareil qu'avant. Pourtant, quelque chose de fondamental est différent. Moi.
J'aime toujours les mêmes matières, j'ai toujours les mêmes amis. Je ris encore des mêmes choses. Mais il y a cette boule au creux de mon ventre qui surgit sans prévenir. Le matin, lorsque les hiboux arrivent. Surtout lorsqu'il n'y a pas de courrier. Avant, ça m'apaisait. Mais maintenant que je sais à quel point mes parents peuvent être bornés et silencieux, ça ne fait que m'angoisser. Et puis l'un de mes amis me sourit, me taquine, m'interpelle et la boule disparaît.
Pour réapparaître devant les Serpentards. Ils me révulsent. L'arrogance qui se dégage du groupe, particulièrement quand ils nous croisent, me met hors de moi. Je tuerai Rosier pour ce qu'il a dit avant les vacances. Pour ce qu'il continue à dire. Je le tuerai, j'en fais le serment. Je n'arrive plus à voir Bellatrix comme la simple folle qu'elle était auparavant. Elle me paraît soudain plus sombre, plus mesquine, plus dangereuse.
Je voudrais raconter à quelqu'un la conversation que nous avons surprise au Nouvel An. Je devrais, je crois. Malefoy parlait de renseignements sur l'école. C'est peut-être important. Mais à qui en parler ? J'aurai bien aimé voir la tête de mes parents si je leur avais rapporté les propos. « Ne t'inquiète pas, tout va bien, nous avons la situation en main, oublie. » Et Ann qui oublie justement ! Gryffondor affronter Serdaigle au Quidditch à la fin du mois, ce qui lui pose quelques problèmes de couple. Et de travail, étant donné que James oublie que tout le monde n'a pas les mêmes facilités que lui. Alors elle a un peu autre chose à penser. Remus m'écouterait, je pense, mais mes sentiments envers lui sont tellement confus que j'évite de l'approcher. Ne sachant pas alors à qui m'adresser, j'enferme mon déchirement tout au fond de moi.
Keith a l'air de mieux s'en sortir. Il a quitté Judith. Il n'a pas apprécié son inutilité au moment crucial, je crois. Quoi qu'il en soit, cela permet à Inge de retrouver sa place de grande amie. La vie a repris un cours normal pour le petit groupe de quatrième année. Je les envie.
oOoOo
Quelques jours après la rentrée, j'accompagne Ann à l'entraînement de Quidditch. Pendant qu'elle vole avec ses coéquipiers, je rejoins Lily dans les gradins. A peine m'aperçoit-elle approcher qu'elle a un geste impatient de la main, suivi d'une moue qui indique qu'elle sait pertinemment pourquoi je suis là.
- Tss, Luth ! Je n'ai pas encore perdu. Les termes du pari étaient « si tu finis par céder au charme de Tu-Vois-De-Qui-Je-Parle, tu devras monter sur la table de la salle commune et faire mon éloge ». Or, il est encore possible que tu succombes au charme de Sirius.
Oh la tordue !
- Donc, si tu ne sors toujours pas avec lui d'ici le dernier de nos ASPICs, je le ferai.
- Inutile d'attendre, je ne sortirai jamais avec Sirius.
- Ne jamais dire jamais, Luth, c'est un principe de base.
Je grogne. Elle essaye de se défiler, oui. Mais qu'est-ce que j'y peux ?
- Je suis contente pour vous deux, je finis par dire.
- C'est gentil, je te retournerai le compliment.
- On va dire que je n'ai rien entendu.
Après avoir poussé un soupir, Lily reprend :
- J'ai quand même du mal à croire que j'ai fini par tomber amoureuse de James Potter.
J'étouffe un rire.
- C'est vrai qu'il y a un an à peine, vos chances de former un couple étaient presque nulles.
- Mais il a tellement changé, en un an… C'est quand il a commencé à me ficher la paix que je me suis rendu compte qu'il me plaisait. C'est grave, quand même !
- Bah… Moi c'est quand il a commencé à me faire du charme que j'ai réalisé qu'il ne me plaisait pas.
Lily me regarde avec des yeux ronds. Je me mords la lèvre. Merlin, quelle gaffe ! Je devrais réfléchir avant de parler ! En plus j'ai dit quelque chose dont je ne suis même pas sûre… OK, j'en suis presque sûre. Mais quand même !
- De qui tu parles ?
- Euh… Pas de James !
- Ca ne répond pas à ma question.
- Ca n'a pas d'importance… Je ne sais plus trop où j'en suis en ce moment.
Je me passe la main dans les cheveux, lasse. Lily a bien de la chance. Elle, elle sait qu'elle est amoureuse. C'est tellement plus facile.
- Hum… Tu me diras quand tu sauras où tu en es, alors ?
J'acquiesce. C'est gentil de ne pas insister.
oOoOo
On a fêté l'anniversaire de Lily. Hum. Il serait peut-être plus juste de dire que James a fêté l'anniversaire de Lily. Cela va bientôt faire un mois qu'ils se sont tombés dans les bras. Je croyais qu'on n'aurait plus à supporter de râles intempestifs maintenant que la tension entre eux était partie. C'était de la pure naïveté. Sirius a pris le relais avec beaucoup d'entrain. Par exemple, maintenant. Nous sommes en train de déjeuner pacifiquement. Les amoureux, assis côte à côte, discutent en tout bien tout honneur de je ne sais quoi. James chuchote quelque chose à l'oreille de Lily qui rit doucement et lui tape sur la main. Je trouve ça mignon… « Quoi, tu trouves un couple mignon ?! Hallelujah ! » Hum, je disais donc que je trouvais ça mignon, mais ce n'est pas l'avis de Maraudeur numéro deux. Quand le couple se lève, il reste obstinément assis à réduire son pain en miettes.
- Sirius, ce pain ne t'a rien fait, remarque Peter qui a du mal comprendre le comportement de Sirius.
Mandy a du mal aussi, d'ailleurs. Niark, niark. Moi, j'ai tout compris.
- C'est une façon d'extérioriser sa jalousie, j'énonce donc tranquillement pour éclairer leur lanterne.
Le concerné me fusille du regard.
- Jaloux ? demande Mandy, une lueur assassine dans le regard.
Elle est bête au point de croire que Sirius a des vues sur Lily ou quoi ?
- James est un peu… hem, accaparé par Lily, j'explique. Notre pauvre Sirius se sent délaissé.
- Un peu occupé ?! Carrément, tu veux dire ! Il passe tout son temps avec elle !
Tenez, preuve par les faits de ce que je viens de dire. Je ne trouverais jamais James et Lily mignons s'ils se comportaient comme Ann et Phillip. « Tu es au moins d'aussi mauvaise foi que Sirius » assène le neurone de la groupie en furie. Que je n'ai pas sonné, merci. Pendant ce temps, Peter enfonce le clou :
- C'est un peu normal, tout de même. Depuis le temps qu'il attendait ça, il peut bien en profiter quelques jou… temps.
Pauvre Peter, si Sirius n'était pas civilisé, il serait déjà raide mort. Remus, qui a laissé son ami aller au suicide sans intervenir, se bidonne. Pas très sympa. Je décide d'être utile et de sauver Peter tout en instruisant Sirius.
- Allez, Sirius, les premiers temps sont toujours un peu difficiles, mais les premières émotions passées, James te reviendra. Quand Ann a commencé à sortir avec Phillip, ça m'a tapé sur le système aussi.
« Et ça te tape toujours sur le système. » Certes. « Imagine si Sirius reste dans cet état tout le temps que dure leur couple ! » Oh, Merlin. Il faut vite lui trouver une occupation saine qui le mette de bonne humeur :
- Et si cet état de James est permanent, trouve-toi donc une copine aussi, ça te fera grand bien !
« Ta définition de l'occupation saine est assez étrange. » Oui, mais je ne m'en suis aperçue qu'après coup. Et Sirius partage visiblement l'avis du neurone de la groupie en furie vu le regard noir qu'il m'adresse.
oOoOo
Assise à côté de Mary en cours de Sortilèges, j'essaye d'écouter ce que raconte le professeur Flitwick. Difficile : l'enchantement sur lequel nous sommes censés rendre cinquante centimètres de parchemin la semaine prochaine me semble d'une inutilité totale. Je remarque que Mary, à mes côtés, ne fait même pas semblant d'écouter et regarde Ann, deux rangs devant nous, en mordillant sa plume. Je sors un nouveau parchemin de mon sac et griffonne quelques mots dessus avant de lui donner discrètement.
Qu'est-ce qui te tracasse ?
Ann. Elle s'est encore disputée avec Phillip hier soir.
Oh, ça leur passera. Un petit match de Quidditch leur permettra de se taper dessus une bonne fois pour toute et ils retourneront filer le parfait amour. Malheureusement.
Je te trouve bien optimiste.
Je t'assure que je préférerais être pessimiste.
Et être sérieuse ?
Développe ?
Je ne suis pas sûre que le match les réconcilie, bien au contraire.
C'est vrai que Bellâtre Premier ne supportera sans doute pas de se faire aplatir par future femme au foyer. Et comme Ann n'est pas une future femme au foyer, elle va le jeter du haut de la tour d'Astronomie s'il gagne. Donc quoiqu'il arrive, on est bientôt débarrassées du Prince Charmant. Youpi !
Luth, s'il te plaît.
Oh, ça va, je plaisante. Mais pourquoi prends-tu la situation tant à cœur ? On savait que c'allait arriver, c'était gros comme un dragon avant même qu'ils ne sortent ensemble. Il n'y a pas mort d'homme.
Je sais que ça doit te sembler dérisoire vu ce qu'il est arrivé à ta mère mais tu pourrais peut-être juste la réconforter ?
Ca ne me semble pas dérisoire du tout ! Ce qu'il s'est passé n'a pas changé la face du monde et encore moins mes relations avec Ann, surtout après tout ce qu'elle a fait pour moi pendant ces vacances.
Alors pourquoi persistes-tu à ne pas me prendre au sérieux ?
Mais je te prends au sérieux. Je crois vraiment que leur couple ne va pas survivre au match et quand il le faudra, elle pourra pleurer autant qu'elle veut sur mon épaule. Mais je ne vois vraiment pas quoi faire avant.
Hum, l'écouter ?
Je le fais déjà.
Avec une bonne dose de sarcasme.
C'est pour dédramatiser !
Elle ne le prend pas très bien, tu sais, même si elle ne te le dira pas parce qu'elle sait qu'avec ta mère tu dois avoir d'autres choses à penser.
Mais qu'est-ce que vous avez tous avec ma mère ! Pour une fois mes parents ont raison : je suis à Poudlard, je peux continuer de vivre ma vie sans penser constamment à elle. Je peux comprendre qu'Ann ne prenne pas bien mes remarques, je ne vais pas la manger…
Essaye de lui dire ?
Oui, je crois qu'une petite discussion s'impose et si ça ne suffit pas, je ferai une déclaration publique !
oOoOo
Nous rejoignons nos camarades pour le repas de midi dans la Grande Salle. Chose étrange, Sirius est de bonne humeur. Je me demande pourquoi jusqu'à ce que je remarque que Lily n'est pas à côté de James. Le gamin. En m'asseyant à côté de la petite amie en question, j'ouvre la bouche pour une remarque acide, mais elle me devance :
- J'essaye d'être diplomate, ne va pas démolir mes efforts.
- Oui, Luth, s'il te plaît, si on pouvait passer un repas dans la joie et la bonne humeur, ce serait bien, me demande Peter tout bas.
- Bon, bon…
Je suis légèrement vexée par leur insistance. Comme si je mettais toujours les pieds dans le plat. « Ben… » Bon, d'accord.
Ignorant Sirius et James qui sont au meilleur de leur forme, j'engage une conversation légère avec Ann – sans sarcasme, j'espère que Mary le remarque ! – dans l'espoir que tout le monde passe le repas dans la joie et la bonne humeur. Mais le destin s'acharne contre nous. Une fois n'est pas coutume, c'est Remus qui plombe l'ambiance. Il a mal pris la boutade de James sur le D de Runes qu'il a reçu ce matin.
- James, j'aimerais que tu écoutes quand je te parle, je te dis que ce n'est pas mon devoir.
- Quoi, un deuxième Remus Lupin aurait pris ta place ? Merlin, ça demande une enquête !
Et Potter de se saisir dramatiquement du parchemin et de faire mine de l'examiner à la loupe.
- C'est un très bon faussaire en tout cas, l'écriture est parfaitement imitée. Allons, Remus, ne nie pas ! Il n'y a aucun mal à avoir un petit D de temps en temps, c'est bon pour l'ego, ça montre que nous sommes comme tout le monde !
- On doit donc en déduire que James n'a pas eu de D depuis longtemps, je souffle à Ann qui pouffe en réponse.
Les deux garçons continuent de se chamailler et Remus semble de plus en plus exaspéré de ne pas être pris au sérieux.
- J'en ai marre, déclare Peter au bout d'un moment.
Il se lève, décidé, et quitte la table. Pas d'éclat ni de précipitation, mais il semble très décidé. Ses deux amis ne remarquent même pas son départ, mais je le suis du regard.
- Ooh…, je souffle à mes amies en voyant qui le rejoint. J'ai bien vu ce que je crois avoir vu ?
- Je confirme ta vision, Luth, répond Ann.
D'un même mouvement, nous nous tournons vers Mary pour avoir confirmation, mais la traîtresse se contente de sourire.
- Ne comptez pas sur moi pour répandre des rumeurs.
- Ce ne sont pas des rumeurs, ce sont des faits ! proteste ma meilleure amie.
- Eh bien dans ce cas, vous n'avez pas besoin de moi pour vous dire quoi que ce soit !
Comprenant que Mary ne nous dira rien de plus, je me retourne pour reprendre mon observation de Peter et Agata, mais ils sont sortis de la Grande Salle.
- Tu as une heure de Divination pour faire parler Mary, je glisse à Ann à la fin du repas. Si je croise Peter, je m'en charge.
- Marché conclu !
oOoOo
Malheureusement, je ne croise pas Peter. Il faut dire aussi que je ne cherche pas beaucoup. Bizarrement, je ne me vois pas arriver comme une fleur et lui demander de tout me raconter. Non, il faudra saisir l'occasion quand elle se présentera, être un peu plus subtile. « Subtile ? Toi ? On n'est pas rendu !» grogne le neurone de la commère en furie, réveillé depuis qu'il a flairé la piste fraîche.
A défaut de rumeur à me mettre sous la dent, je me rends à la bibliothèque pour travailler un peu. Les ASPICs approchent et le professeur McGonagall nous a dit que les rendez-vous d'orientation seraient pour bientôt. Elle nous a déjà remis les formulaires d'inscription pour les écoles et nous devrons lui apporter complétés lors de notre entretien avec elle. Les écoles de Médicomagie demandent un nombre impressionnant de renseignements ainsi qu'une lettre de motivation.
Je planche dessus depuis une bonne demi-heure lorsque quelqu'un s'installe en face de moi.
- Salut ! me dit David Williamson avec un sourire.
- Bonjour à toi aussi. Qu'est-ce que tu fais là ?
« Tu demandes à un Serdaigle ce qu'il fait dans une bibliothèque ? » D'accord, je n'ai rien dit…
- Ce n'est pas parce que je ne suis qu'en sixième année que je n'ai pas de travail, malheureusement. Et toi, quel ASPIC révises-tu ?
- Une fois n'est pas coutume, aucun ! Je prépare mes dossiers d'admission aux écoles de Medicomagie.
- Tu veux être médicomage ? Très utile… surtout par les temps qui courent.
Oui, sauf que ma vocation n'a rien à voir avec les temps qui courent. Du moins, je crois.
- Oui, j'ai bien peur que Miss Pomfresh ait besoin d'aide pour rafistoler certains joueurs après le match contre Serdaigle, je réponds donc pour éviter d'avoir à disserter sur le sujet.
Il secoue la tête en souriant.
- C'est une façon de me dire que nous allons perdre ?
- Je ne suis pas assez calée en Quidditch pour prédire ce genre de chose.
- Je suppose que te demander de nous encourager est vain ?
- Tu supposes bien ! Je préfère encore supporter James Potter que Phillip Bell.
- Ca se défend…
Nous rions dans un bel ensemble jusqu'à ce que Miss Pince vienne nous intimer le silence.
oOoOo
Le soir venu, dans la salle commune, je rejoins Ann à la table où elle s'est installée pour travailler. Elle me jette à peine un coup d'œil quand j'arrive. Je ne sors pas mes affaires, mais m'assoie malgré tout, cherchant comment aborder le sujet. « N'essaye pas d'être subtile ! » Ben, pourquoi ? « Parce que ce n'est pas ton rayon et qu'Ann le sait. » Bon, d'accord.
- Hum, Ann, j'aimerais te parler…
Elle grommelle une réponse inintelligible. Ca me surprend. D'habitude, quand je dis un truc de ce genre, elle est immédiatement plus qu'attentive. Aurais-je sous-estimé l'impact de ses problèmes de couple sur son moral ?
- Ecoute, je sais que ce n'est pas facile pour toi en ce moment entre le Quidditch, Phillip, les cours et moi. Ca te fait beaucoup, je sais. Et, hum, ce n'est pas parce que je ne suis pas euh…
particulièrement attentive ces derniers temps que je ne vais pas t'écouter si tu veux en parler. Au contraire, je veux dire, après tout ce que tu as fait pendant les vacances…
- Oh, arrête ton char, Luth. L'hypocrisie te va mal au teint, elle réplique, cinglante.
- Euh… pardon ?
- Tu n'as absolument pas envie que je te parle de Phillip parce que tu ne l'as jamais accepté. La seule chose que tu attends, c'est qu'on rompe alors je ne pense vraiment pas que « venir t'en parler » arrange les choses, au contraire.
Je reste bouche bée par sa tirade. C'est quoi, ce changement d'humeur soudain ? A midi elle allait très bien et elle n'avait aucun problème avec moi ! En cours d'Arithmancie, elle est venue en pestant contre lui et je n'ai absolument rien fait pour l'enfoncer. Qu'est-ce qui lui prend ?
- Mais enfin, d'où sors-tu une idée pareille ! je m'indigne une fois la surprise passée. Je n'apprécie pas Phillip, c'est vrai, mais je n'oserais jamais te pousser à rompre ! Pour qui tu me prends ?
J'ai supporté des mois de piaillements amoureux sans broncher (extérieurement) et voilà qu'elle s'imagine que je suis une méchante sorcière qui veut briser son couple. Merlin, j'ai dû manquer un épisode.
- Pour une pégoïste qui n'a aucun respect pour les sentiments des autres ! J'ai supporté ton aveuglement pour Remus pendant plus d'un an et je n'ai jamais dit que c'était stupide par égard pour toi, mais tu n'as pas autant de tact !
Ah, elle me trouve stupide avec Remus ? Ben que devrais-je dire de son couple roucoulant et mielleux ? Je crois m'être tue comme elle l'a fait et moi je ne lui fais pas un procès pour avoir eu le tact de se taire. On a encore le droit de penser ce qu'on veut, quand même !
- Je n'ai jamais dit que je vous trouvais stupide !
- En effet, à moi, tu ne l'as jamais dit. Maintenant, si tu le permets, je vais aller retrouver mon prince charmant.
Et Madame attrape son sac avant de traverser la salle commune et de sortir d'un pas rageur.
oOoOo
J'ai attendu une journée avant d'aller parler à nouveau à Ann pour lui demander de m'expliquer son coup de sang, mais elle m'a royalement envoyée balader. Très bien, si elle ne veut pas éclairer ma lanterne, qu'elle se débrouille toute seule avec ses histoires de gamine. Elle m'énerve.
Mary a essayé de lui parler, mais elle lui adresse à peine la parole. Plus qu'à moi, cependant, qu'elle ignore du mieux qu'elle peut. Elle ne peut pourtant pas me battre à ce petit jeu. Je vois tous les regards en coin qu'elle m'adresse. Moi, je ne lui en adresse pas. Qu'elle assume sa bêtise, je n'ai rien à me reprocher et je ne vais pas la supplier de m'expliquer. Je ne sais pas ce qui lui a pris et je m'en fiche. Après tout, je suis une petite égoïste, non ? Elle m'énerve.
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Elle m'énerve même tellement que Lily est allée lui parler. Elle n'a rien pu en tirer. Il paraît que Mandy s'y est attaquée aussi et qu'Ann l'a envoyée balader. Elle doit être persuadée qu'il existe une conspiration contre elle ou je ne sais quoi. On la voit à peine et s'il y a une chose de sûre, c'est qu'elle n'est pas avec son prince charmant qu'on croise toujours avec ses coéquipiers.
Lily m'a demandé de lui expliquer le fin mot de l'histoire. Sauf que je ne le connais pas moi-même. Elle m'a forcée à raconter mes trois derniers jours avant la dispute en long, en large et en travers sans plus autant trouver de solution. La seule chose qui lui vienne à l'esprit, c'est que j'ai oublié un élément important. Sauf que si c'était important, je ne l'aurais pas oublié.
oOoOo
- Tu sais, peut-être que tu lui as vraiment fait une remarque sur le « prince charmant » ou je ne sais quoi… fait une Mary songeuse alors que nous travaillons à la bibliothèque.
- Merci de ta confiance, je réplique, pincée.
- Oh, Luth, ne le prends pas comme ça ! Je cherche juste une solution au problème…
- Il n'y a pas de solution, elle s'est monté la tête toute seule pour je ne sais quelle raison, c'est tout.
Mary soupire et ne réplique rien.
oOoOo
Je ne sais vraiment pas quoi en penser et ça m'énerve. Beaucoup. Après avoir cogité pendant trois jours, j'ai cru comprendre qu'elle me reprochait d'avoir dit à quelqu'un d'autre qu'elle que je trouvais son couple stupide. Sauf que s'il y a bien un mot que je n'ai jamais employé pour les qualifier tous les deux, c'est bien stupide. J'ai sûrement dit – et encore sans méchanceté – qu'ils étaient un peu niais et envahissants, mais c'est tout. Et si elle ose me dire qu'elle, elle n'a jamais eu l'arrogance de se moquer un peu de moi derrière mon dos, je la passe par la fenêtre.
oOoOo
- Luth ?
Je lève la tête vers Sirius, assis en face de moi et qui mâchonne sa plume depuis une bonne demi-heure.
- Je peux t'emprunter un parchemin ?
Je lui fais signe que oui en désignant la liasse vierge qui dépasse de mon sac et me remets aussitôt au travail. Ce n'est qu'après un moment que je me rends compte que le silence s'est installé autour de moi. Je lève la tête et m'aperçois que six paires d'yeux me fixent étrangement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? je demande.
- Ben… tu es bien silencieuse, m'avoue Mandy.
Que suis-je sensée répondre à ça ? Je secoue la tête en signe d'incompréhension.
- Pour tout te dire, Luth, on te trouve surtout… stressée depuis la rentrée.
Remus a parlé doucement, mais ça ne me trompe pas. Ah, d'accord, ils veulent jouer aux Psychomages.
- Oh, lâchez-moi.
Et sans plus de commentaire, je retourne à mon devoir de Runes, agacée qu'ils croient pouvoir comprendre ce que je vis.
oOoOo
- Lily, si tu ne dis pas à l'imbécile qui te sert de petit ami de se calmer tout de suite, je l'écorche vif ! je m'exclame en rentrant d'un pas rageur dans le dortoir.
Lily me considère d'un air blasé depuis son lit.
- Si tu étais un peu moins agressive, James ne se sentirait pas obligé de te répondre.
Ah, quand Lily ne pouvait pas encadrer James, c'était le bon temps… Encore une alliée en moins.
- Je ne suis pas agressive.
- Ecoute, Luth, je comprends que cette histoire t'énerve mais ça devient franchement fatiguant de supporter tes répliques acides à longueur de journée. On dirait Sirius.
- Merci bien.
- Je te ferais remarquer que personne ne t'a rien fait. A vrai dire, tu es tellement insupportable qu'au lieu d'essayer de comprendre, je vais bientôt finir par rejoindre Ann et je ne vais pas être la seule. Elle, au moins, elle a la décence d'être normale avec nous.
Je claque la porte de la salle de bain. Ils m'énervent.
oOoOo
Lily m'a vexée. Je vais lui montrer, moi, que je n'embête pas tout le monde. Alors je me tais. Je reste plus avec les garçons car Mandy a visiblement « rejoint Ann » - ce qui n'a rien de surprenant, elle ne peut plus m'encadrer depuis ces rumeurs avec Sirius. Malgré mes efforts très louables, la tension est toujours présente. Et je reste de mauvaise humeur. C'est Ann qui a tout provoqué et c'est à moi qu'on fait des reproches. C'est facile, hein.
Il n'y a que Sirius que cette dispute rend joyeux. James et Lily ont visiblement décidé qu'exposer leur bonheur dans une ambiance aussi terne était de mauvais goût et se font donc discrets. Il y en a au moins un que ces histoires de gamins rendent heureux.
oOoOo
- Mr Rosier, vous viendrez avec moi voir Monsieur le directeur à la fin de ce cours.
La voix de McKinnon a claqué, sèche, brutale et sans appel. Je relève la tête vers elle. Elle vibre d'une fureur contenue face à mon cousin qui n'a pas l'air de comprendre ce qui lui arrive.
- Je ne sais pas pourquoi vous vous croyez autorisé à me rendre un tel… une telle ordure, continue la professeure en agitant un parchemin, mais je peux vous assurer que la sanction sera à la hauteur de votre prétention. Vous aurez de la chance si vous pouvez passer vos ASPICs.
J'échange un regard perplexe avec Mary, me demandant bien ce qu'il a pu écrire. Le sujet portait sur la protection d'autrui et notamment des moldus. Autrement dit, un sujet tendancieux quand on est un Serpentard à l'esprit tordu. McKinnon se retourne vers son bureau, gardant la copie de Rosier avec elle.
- Professeur ! s'exclame celui-ci, je ne comprends pas ce que vous me reprochez…
- Ne jouez pas avec mes nerfs, réplique McKinnon sans même se retourner.
- Je vous assure, professeur ! il s'entête. Je voudrais voir ma copie, s'il vous plaît.
La prof se retourne pour lui faire face. Je vois qu'elle se demande pourquoi il insiste tant. Je me le demande aussi, mais surtout parce que je n'ose pas imaginer ce qu'il a bien pu mettre dans sa copie pour l'énerver comme ça.
- Je vous la rends dès la fin du cours, il supplie. Je vous jure que je ne comprends pas ce que vous me reprochez.
McKinnon finit par se décider. Elle pointe sa baguette sur le parchemin et jette un sort de duplication.
- N'essayez pas de le modifier, menace-t-elle en tendant la réplique au Serpentard.
Il l'attrape et se met à lire frénétiquement. McKinnon se détourne et commence le cours à proprement parler, d'une voix un peu plus forte qu'à l'ordinaire. Mais elle n'a pas le temps de terminer sa phrase que Rosier l'interrompt :
- Miss McKinnon, je n'ai jamais écrit ça !
- Mr Rosier, j'ai accepté de vous rendre votre copie, ce qui, vu les assertions qu'elle contient, est déjà beaucoup. Ne franchissez pas les limites !
- Mais, professeur… Vous me croyez vraiment assez débile pour écrire des choses pareilles ?
Le reste de la classe le regarde, bouche bée. Les élèves qui répondent aux professeurs, ce n'est pas monnaie courante. Mais un élève qui répond à un professeur sur ce ton… Je ne comprends vraiment pas l'entêtement de mon cousin. C'aurait été James ou Sirius, je n'aurais même pas levé un sourcil; ils sont du genre à insister très lourdement dès qu'ils sont persuadés d'être dans leur bon droit – ou qu'ils pensent devoir convaincre absolument leur interlocuteur. Mais Rosier ? Un Serpentard, agir de manière aussi suicidaire ? Ca se voit, non, que McKinnon a envie de lui lancer les pires maléfices qu'elle connaît et pourtant, il insiste encore. Il y a vraiment quelque chose qui cloche.
- Vingt points en moins pour Serpentard, annonce froidement la professeure en fixant tout aussi froidement son élève.
Pendant ce temps, Rogue a lu la copie de son camarade par-dessus son épaule.
- « Il est inutile de protéger un moldu, puisque de toute façon l'ignorance et la bêtise lui sont propres… Le problème de cette espèce, c'est qu'elle a une tendance notoire à l'autodestruction, puisque dès qu'un moldu a connaissance d'un danger, il cherchera à s'en approcher, même s'il doit pour cela lutter contre les mesures magiques de protection mises en place. C'est de la stupidité, mais d'aucuns appellent ça du courage. Je rappelle que cette caractéristique est d'ailleurs l'un des principaux critères des élèves de la maison Gryffondor. Le fait qu'on trouve dans cette dernière de nombreux Sang-de-Bourbes et traîtres à leur sang est d'ailleurs un argument en faveur de cette bêtise qui caractérise les moldus… » En effet, si tu as vraiment écrit ça, tu es un crétin fini, assène-t-il avec un rictus méprisant.
« … » Je crois que c'était l'état d'esprit de tous les élèves de la classe, Serpentards inclus. Nous les Gryffondors, parce que nous sommes choqués et la bande de Rosier, parce qu'ils le prennent pour un sacré imbécile d'avoir écrit ça dans un devoir. La lecture de Rogue suffit à faire sortir McKinnon de ses gonds :
- Ce tissu de… d'immondices est tout simplement intolérable ! Irrespect d'autrui, déshumanisation des moldus, argumentation en faveur de la suprématie d'une infime partie de la population ! Savez-vous comment on appelle cela ?
Elle ne lui laisse même pas le temps de répondre.
- Du racisme ! De la xénophobie ! Vous devriez étudier un peu plus l'Histoire des moldus, Mr Rosier, et vous verriez où des idéologies comme celle-là mènent ! Vous allez avoir l'occasion de rattraper votre retard, par ailleurs, car si vous n'êtes pas renvoyé, vous serez en retenue jusqu'à la fin de l'année ! Votre culot est tout simplement scandaleux !
McKinnon finit enfin sa tirade, à bout de souffle. J'admire et j'approuve totalement. Bien fait pour lui. Je vois les yeux de Lily briller de satisfaction. Evan s'est ratatiné sur sa chaise. Ca ne dure pourtant pas.
- Mais… Madame ! Je peux vous jurer sur Merlin que je n'ai jamais écrit un truc pareil ! Je veux voir mon devoir ! Je ne suis pas raciste !
Aïe, c'était la chose à ne pas dire. Pour un Serpentard, il n'est pas très fin. McKinnon réagit au quart de tour :
- Et vous mentez, en plus ! Je vous ai entendu plusieurs fois exprimer ces idées, Mr Rosier ! Cessez de croire que les professeurs n'existent que dans une salle de classe !
oOoOo
En sortant de cours, je ne sais pas trop quoi penser. Ce qu'il a écrit est vraiment… répugnant, je ne vois pas d'autre mot. Ca correspond tout à fait avec ce qu'on l'entend dire, plus ou moins fort selon les jours et les personnes qui l'entendent. Je me demande si McKinnon va vraiment réussir à le renvoyer. Il faudrait aussi le faire emprisonner à Azkaban, c'est tout ce qu'il mérite. L'ordure.
Pourtant, je trouve étrange qu'il ait osé écrire ça dans un devoir. J'en fais part à Mary :
- C'est vraiment bizarre, il devait bien se douter qu'il y aurait des conséquences… Tu crois qu'il voulait être… AH !
Une douleur aiguë me vrille le dos avant que je n'aille percuter le mur d'en face. J'entends un « Stupéfix ! » puis le bruit d'un corps qui tombe par terre. Endolorie, je me relève difficilement. J'aperçois le corps inerte de Mary avant de me sentir violemment plaquée contre le mur. Rosier, le visage déformé par la fureur, me fait face :
- Espèce de sale chienne ! C'est toi qui as fait ça ! Tu vas le payer au centuple.
Mi étourdie, mi effrayée, je réponds :
- Pas la peine de rejeter la faute sur les autres, assume un peu, Rosier.
Je lui griffe la main qui me tient à l'épaule. Il sursaute et ça me donne juste le temps de m'écarter du mur avant qu'il ne me rattrape par le bras. Je plonge ma main libre dans ma poche à la recherche de la baguette, mais m'aperçois que c'est lui qui la tient. Là, je panique. Qu'est-ce que je peux faire, seule et désarmée, face à une armoire à glace d'un mètre quatre-vingt ? Ladite armoire lève sa baguette.
- Se…
- Expelliarmus !
La baguette jaillit de ses mains. Il se retourne immédiatement et plonge vers Mary pour lui arracher la sienne. Je vois Sirius et James qui s'avancent vers nous en courant.
- Stupéfix ! s'exclame James, mais il rate Rosier.
Je ne comprends pas ce qu'il se passe, c'est trop rapide. Je suis tout étourdie, ça tourne… Il y a des éclairs rouges qui s'entrecroisent… Et quelqu'un qui tombe…
- Luth ? Luth, tu m'entends ? dit soudain quelqu'un au dessus de moi.
Je lève la tête. C'est Sirius. Il a l'air inquiet et me gifle doucement pour me réveiller. Effectivement, ça me sort de ma torpeur.
- Oui, je… j'ai…
- Il t'a fait quelque chose ? il demande aussitôt.
Je fais signe que non.
- J'ai juste eu peur, je ne m'y attendais pas… Je ne sais pas pourquoi il croit que c'est moi…
- Là, là, c'est fini, Luthine. Il est parti.
- Et Mary ? je demande dans un sursaut de lucidité.
La voix de mon amie retentit dans le couloir.
- Ca va, Luth, je n'ai rien. Je suis juste un peu groggy, mais ça va passer.
J'entends James dire :
- Je m'occupe d'elle.
- Tu peux marcher ? me demande Sirius, inquiet.
- Oui, oui, pas de problème…
Mais me mettre debout tient de l'exploit. J'ai les jambes qui flageolent et l'adrénaline qui quitte mon corps me rend toute faible.
- Wow, je crois que tu vas avoir besoin d'un coup de main, dit mon ami en me soutenant par la taille. Ca va mieux comme ça ?
J'acquiesce silencieusement. Il me demande si je veux aller à l'infirmerie, je réponds que non. J'ai juste le cœur qui bat très fort mais il ne m'a rien fait.
- Tant mieux, parce qu'une petite explication s'impose.
Je n'ai même pas la présence d'esprit de lui demander de quoi il parle. Je n'ai qu'une envie, c'est m'asseoir. Jamais le chemin jusqu'à la salle commune ne m'a semblé aussi long.
Luth n'ayant qu'une envie, s'asseoir, laissons là s'asseoir! Elle vous demande quand même si vous avez compris quelque chose à ce qu'il se passe, car elle a la légère impression d'avoir manqué un épisode!
Caprice, elle, se frotte les mains. Elle espère que vous avez apprécié le chapitre, que Luth vous a quelque peu énervé par son entêtement (si, si, elle peut être très énervante quand elle veut) et que vous êtes curieux de savoir ce qu'il se trame. Elle aimerait bien lire vos supositions également, et si vous voulez savoir, essayez donc de lui écrire quelque chose du style "Dis-moi le dont ce non-dit là", et vous verrez ce qu'elle vous répond. Comme vous l'avez peut-être remarqué, on s'approche de la résolution des mystères... M'enfin, elle dit ça, elle dit rien... A la semaine prochaine!
