Bêta : Nanola

NDA : j'ai normalement répondu à toutes les reviews, soit par MP soit sur le forum, n'hésitez pas à me le dire si je vous ai oublié ^^" J'en profite pour vous remercier une nouvelle fois, ami(e)s lecteurs, qui me lisez chaque semaine. Cette fiction a dépassé les 500 reviews et les 100 favorites, c'est génial !


Chapitre 20

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Tu veux venir ?


Cher professeur Dumbledore,

Je reviens vers vous, comme promis, au sujet de mon enfant premier-né. J'ai en effet pris contact avec la personne de confiance à qui j'avais remis mon fils à sa naissance.

Hélas, je crains que les informations que j'ai reçues de sa part ne nous soient pas d'une grande aide afin de comprendre ce qu'il s'est passé en cette nuit du 5 juin 1580. Il s'avère que Draco a bien été emmené sur le parvis du Temple des Monoïques, à Helga. Malheureusement, le messager chargé de cette tâche ne l'a pas accomplie avec la diligence que nous espérions tous. Un homme, qui a surgi dans la nuit, armé, l'a effrayé. Il lui a ordonné de déposer l'enfant au sol et s'en est emparé. C'est tout ce que nous sommes en mesure de vous apprendre, j'en ai peur, puisque le messager a pris la fuite avant de savoir ce qu'il advenait de mon fils.

De ce que m'a dit mon contact, l'homme était grand, imposant, avec des cheveux sombres. Le fait qu'il soit armé d'une épée vous aidera peut-être, j'ignore les coutumes du Royaume de Poufsouffle et ne sais s'il est d'usage que les hommes de ce pays soient ainsi parés.

Je tairai le nom de mon contact dans ce courrier, ne m'en veuillez pas, mais Draco n'est pas le premier nouveau-né qu'il a sauvé dans notre monde, et les risques sont trop gros pour beaucoup d'autres que moi s'il advenait que des personnes mal intentionnées le réceptionnaient à votre place.

En ce qui me concerne, je vous avouerai que je ne sais ce qu'il peut m'arriver. Mon époux a bien entendu été informé de la présence d'un enfant Monoïque correspondant trait pour trait à notre fils prétendument décédé. Scorpius lui a également écrit un long courrier à ce sujet.

Mon ami, je crains que ma vie elle-même soit désormais en danger, Lucius est dans un état de fureur comme je l'ai rarement vu. Mes piètres mensonges ne l'ont guère convaincu, je le sais, il est persuadé que c'est moi qui ai fait en sorte de sauver Draco.

Albus, je vous en conjure, détruisez cette missive dès que vous l'avez reçue, je me fie à vous pour transmettre ces informations aux bonnes personnes, sans rien dévoiler de mon secret en dehors de notre ami commun, celui-là même qui m'avait avertie de la présence de mon fils à Poudlard. Il n'y a guère qu'en vous que je peux encore placer ma confiance.

S'il devait m'arriver malheur, j'ose vous adresser, à l'un comme à l'autre, cette dernière requête : veillez sur Draco, assurez-vous qu'il ait enfin droit au bonheur. Et dites à mon fils que je l'aime plus que tout au monde.

Adieu, cher ami, que la grâce des Éléments vous accompagne,

Narcissa Malfoy.

... ... ...

Lorsqu'il s'éveilla le lendemain, Draco se demanda s'il n'avait pas rêvé tout ça. Bien sûr, le pansement et la douleur dans son épaule combinés au reste de fièvre ne laissa pas planer le doute longtemps quant à son introduction.

Non, il s'interrogeait plus sur la visite réelle ou virtuelle de Harry. Après tout, il avait rêvé de ses yeux verts de plus en souvent les derniers temps, alors pourquoi n'aurait-il pas fabulé cette rencontre ? Le jeune homme n'osa cependant pas questionner Ayase sur ce point. L'Oméga s'occupa de lui toute la journée, tandis que il se sentait mieux au fur et à mesure que les heures défilaient.

Le soir, Charlie lui ordonna de se lever et de descendre au rez-de-chaussée. Draco découvrit ainsi pleinement pour la première fois la maison qui serait désormais la sienne. Du moins, il l'espérait. Il avait bien compris que Charlie et Ayase étaient devenus en quelque sorte ses tuteurs, mais ne savait pas comme cela aller se passer ensuite. Est-ce qu'il devrait partir une fois majeur ? Et dans ce cas, pour aller où ?

Alors qu'il pénétrait dans le salon, l'adolescent se sentit rougir. En face de lui se tenait l'Alpha accompagné de son fils, Harry.

« Eh bien Draco, tu te sens mieux ? » demanda Gideon.

« Oui, merci, Alpha, » murmura le garçon.

« Harry m'a dit que tu étais bien fiévreux hier soir, c'est pourquoi j'ai préféré attendre un peu avant de venir te rendre visite. Comment va-t-il, Charlie ? »

« Bien mieux, mon oncle. Dès demain il pourra sortir et visiter le village. Nous verrons aussi, d'ici la fin de la semaine, ce qu'il pourra faire. Il est trop âgé pour aller à l'école, d'autant que son niveau est largement supérieur aux autres enfants de son âge. Pour ce qui est des activités physiques et de ses futurs tâches, Ayase a déjà placé quelques veto. »

Draco se tint coi, n'osant pas interrompre les deux hommes qui parlaient de lui et de son avenir. Il sentait sur lui le regard de Harry, comme les rapides coups d'œil qu'il lui adressa le lui confirmèrent. Le jeune dominant le couvait littéralement de ses yeux verts.

« Vraiment ? Cela ne m'étonne pas. Je suppose qu'Ayase voudra le garder avec lui à l'infirmerie ou à la crèche ? » demanda Gideon.

« Je ne sais pas. Nous avons besoin de monde pour réparer les filets. Et Dubois m'a informé qu'il lui fallait des bras pour les champs. »

« Hors de question que Draco travaille aux champs ou tout ce qui est travaux de ferme, » intervint aussitôt Ayase. « Les Monoïques ne font pas ce genre de chose. »

« Aya', Draco est Oméga, » fit Charlie.

« Oui, parce que Monoïque. Charlie, je refuse que Draco fasse le moindre travail manuel physique. Il est de ma caste. En plus, tu veux vraiment l'envoyer aux champs ? Là où on trouve le plus de mâles dominants ? C'est hors de question. »

« Il pourrait aider pour les filets et à la pêche, alors ? » demanda vivement Harry. « Coudre et tisser les filets, ce n'est pas trop physique ? Aller sur une barque non plus ? ».

« Eh, je suis pas une fille ! » protesta alors Draco. « Je ne sais pas coudre et je ne sais pas nager non plus ! »

Les quatre mâles adultes le regardèrent, lui faisant rapidement baisser de nouveau les yeux. Alors qu'il se triturait les doigts, Charlie et Ayase se sourirent. Ils étaient heureux de constater que Draco ne redevenait pas le louveteau effrayé qui n'osait pas parler qu'ils avaient connu au tout début ou dont Dumbledore leur avait parlé. Il prenait confiance, s'autorisant à s'exprimer. Le couple espérait que les mauvais traitements qu'il avait connus dans son ancienne meute ne seraient bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Normalement, sa nature de Loup-garou devait l'aider en ce sens, pour peu qu'il se sente bien dans cette nouvelle meute.

« Personne ici ne te traite de fille. Les Monoïques apprennent toute forme d'art et de loisir, Draco, quand ils sont au Temple. La couture, au même titre que le dessin, la sculpture, la musique et la poésie en fait partie. Tu apprendras. Et pour ce qui est de nager, je t'avais prévenu : tu apprendras aussi, » expliqua patiemment Ayase.

L'Oméga brun se tourna vers Harry.

« Merci de ta proposition, Harry. Nous verrons avec Draco d'ici la semaine prochaine ce qu'il lui est possible de faire. Bien sûr, je suppose que le fait que tu fasses partie des pêcheurs est une bonne chose, ainsi tu pourras veiller sur Draco ? » demanda-t-il avec un brin de taquinerie.

Le jeune dominant sourit de toutes ses dents.

« Ce serait un honneur que de veiller sur lui. Je lui apprendrai à nager aussi. Si tu le veux bien, Draco, » termina Harry d'une voix douce en dévisageant l'Oméga blond.

« Euh... je... »

Draco leva ses yeux gris sur le dominant.

Par la Reine, il avait presque le sentiment d'entendre Compagnon-Loup ronronner sous ce regard vert. Ridicule, déjà parce qu'un loup ne ronronnait pas, et ensuite parce qu'il était hors de question qu'il ronronne face à un mâle, qu'il soit loup ou pas !

« Je veux bien, » s'entendit-il dire toutefois, faisant sourire Harry d'une oreille à une autre.

Dès le lendemain, Draco se promena avec Ayase et Asami dans le village. L'Oméga lui montra les différentes maisons tout en lui expliquant à qui elles appartenaient. Il lui indiqua aussi où était le puits, ainsi que la petite rivière qui coulait non loin du village. Ce ne fut que le deuxième jour qu'il lui montra les champs et vergers qui se situaient derrière le petit bois qui bordait le village et où s'était déroulée l'introduction, puis les abords de la grande forêt, là où les Lycanthropes chassaient et où s'étendait au loin les limites de la frontière de leur territoire.

Ayase lui expliqua aussi le mode de fonctionnement de la meute. Chacun travaillait ici pour la collectivité, se spécialisant dans une ou autre tâche qu'il préférait. Autour des maisons, les familles avaient aussi des petits potagers personnels, des poulaillers ou des ateliers, selon ce qu'ils aimaient. Les enfants étaient gardés par plusieurs femelles selon leur âge, et les plus grands, eux, allaient à l'unique école du village avec pour seul professeur, Remus Lupin.

L'Oméga travaillait à l'infirmerie du village, il soignait les plaies et autres bosses, faisait les onguents, aidé dans sa tâche par un Mage, ou plutôt une Mage, Adélaïde Dubois, la femme du Troisième. C'était lui aussi qui s'occupait des femmes enceintes, des naissances et des nouveaux-nés. Draco resta une demi-journée avec lui dans les locaux de l'infirmerie. Voir Ayase évoluer ainsi lui fit chaud au cœur, lui rappelant à la fois madame Pomfresh et le médecin de famille qu'ils avaient à Pomona.

Ayase lui expliqua qu'effectivement, au Temple, les Monoïque recevaient aussi une formation médicale.

« Nous avons tous une sorte de don, Draco. Certains seront des mélomanes, d'autres des poètes, des peintres, des scientifiques. Nous avons toutes ces fibres en nous, tous les Monoïques, mais nous en avons aussi une qui s'exprimera plus que les autres. C'est pour cette raison que nos années au Temple durant notre enfance et notre jeunesse sont si importantes. »

Draco fit une petite grimace.

« Je ne suis pas allé au Temple. »

« Non, mais tu as ces qualités-là quand même en toi. C'était bien d'ailleurs l'un des reproches de ton père, non ? Un caractère doux, non belliqueux, parfois trop calme. »

« Oui. Mais il me reprochait aussi de faire tout le temps des bêtises, d'être trop curieux, de toujours vagabonder. J'aime la nature... Ayase, pourquoi je ne pourrais pas travailler dans les champs ou aux vergers ? »

« Trop physique. »

« Mais je suis fort, pourtant ! » protesta le garçon. « J'aidais avant quand j'étais chez moi. Ou alors avec les animaux ? Comme les chèvres ou les vaches ? »

« Draco, non. C'est ainsi. Un Monoïque ne fait pas ce genre de travail, c'est comme cela je ne reviendrai pas dessus, » le gronda Ayase. « Avec les chèvres, non mais vraiment, » soupira ensuite l'Oméga brun comme pour lui-même en levant les yeux au ciel.

... ... ...

Draco appréhendait le jour où il irait, enfin, voir la mer. Cela faisait quatre jours qu'il était dans la meute et il n'était toujours pas allé jusqu'aux rivages. Il sentait l'air marin, surtout quand le vent venait de la mer, amenant aussi avec lui le bruit de roulement des vagues.

Le garçon était accoudé à la rambarde de sa fenêtre, regardant le soleil qui se couchait au loin, sur la forêt. Il soupira lentement, sans trop savoir pourquoi. Sa journée avait été bonne, pourtant.

Il s'était occupé d'Asami, l'avait emmené à la crèche pendant que Charlie et Ayase travaillaient chacun de leur côté, puis avait, pour la première fois, marché seul dans les rues de terre et de sable du village.

Le paysage était étrange ici, la terre différente, parfois sombre, comme chez lui, parfois d'une teinte proche du rouge ou de l'ocre. Il y avait aussi du sable qui surgissait de temps en temps, sans qu'il ne sache comment il était venu jusque là. Il était bien plus clair et fin que le sable qu'il connaissait et que l'on trouvait sur l'une des rives de la rivière qui coulait près de Pomona ou au petit lac de Gravine où Susan et lui allaient pêcher quelques fois.

Une fois Asami avec les autres louveteaux de son âge, Draco avait rejoint Remus qui l'attendait dans la classe. Le jeune Oméga avait craint de se retrouver avec d'autres jeunes de son âge, voir plus âgés comme c'était le cas à Chourave. Mais non, le plus vieux avait quinze ans et c'était la dernière année qu'il était scolarisé.

Draco avait, avec beaucoup de bonheur, passé de longues heures à s'occuper des plus petits élèves. Remus était content, il avait fait du bon travail.

« Draco ? »

La voix d'Ayase le sortit de ses pensées, le ramenant dans sa chambre.

« Oui ? »

« Tu as de la visite. »

L'adolescent fronça ses sourcils. De la visite ? Aussitôt, son cœur s'emballa étrangement alors qu'il pensait à la seule personne qui serait susceptible de venir le voir. Harry. Le jeune homme fit une petite moue, proche du sourire. Il dévala les escaliers mais stoppa net à la vue du mâle en face de lui.

« Bonjour, » dit un homme brun qui devait avoir comme Harry, plus de vingt ans.

« Bonjour, » répondit Draco en cherchant du regard Ayase ou Charlie.

Il connaissait le garçon, même s'il n'était pas celui qu'il espérait. Draco se morigéna en pensant cela. Il n'espérait personne, il n'avait besoin de personne. Quant à la raison pour laquelle Olivier Dubois était dans son salon il l'ignorait et sincèrement, cela ne l'intéressait de toute façon absolument pas.

Olivier s'approcha de lui, grand sourire aux lèvres. Il n'était pas dangereux, pourtant Draco ne put s'empêcher de reculer de trois pas, butant contre Charlie ce faisant. Ce dernier posa ses mains sur ses épaules en lui souriant.

« Olivier voudrait te parler, Draco. Tu l'emmènes dans le salon ? » lui proposa l'homme.

Draco se mordit les lèvres, incertain. C'était la première fois qu'il avait ainsi un invité. Même chez lui, à Pomona, il n'avait jamais eu de petit copain pour venir passer un après-midi avec lui. Néanmoins, alors qu'il sentait Charlie qui le poussait gentiment dans la direction d'Olivier, Draco se décida. Il n'était plus un enfant craintif, il n'était plus non plus l'Oméga martyrisé de son ancienne meute.

Hochant la tête vers Charlie, il marcha d'un pas qu'il voulait assuré et passa devant Olivier, sans oser toutefois le regarder dans les yeux. Il sentit le jeune mâle le suivre et s'installer dans un fauteuil, juste à côté du sien. L'Oméga attendit qu'Olivier lance la discussion, ne sachant pour sa part absolument pas quoi lui dire.

Il savait que son père était le troisième de la meute. Il travaillait dans les champs alors que sa mère était à l'infirmerie. C'étaient des Mages, tout comme Olivier sans doute.

« Bien, » se décida le dominant. « J'ai appris que cette semaine tu visitais le village et que tu découvrais toute la meute. Alors je voulais savoir, comme je sais que demain tu es avec Harry... »

« Ah bon ? » le coupa Draco en redressant vivement le nez. « Je suis avec Harry ? »

« Euh... Oui, » lui confirma Olivier, étonné de la réaction de Draco. « Tu ne le savais pas ? »

« Je savais qu'il voulait m'emmener à la plage pour voir les pêcheurs mais je ne savais pas quand. »

« Je l'ai croisé, ce soir, c'est lui qui m'a dit qu'il t'emmenait demain. Il veut aussi t'apprendre à nager, tu es au courant ? »

Draco grommela, peu ravi.

« Oui, je sais, mais je n'ai pas envie. »

« Pourquoi ? Nous savons tous nager dans la meute ! Tu verras, l'été on se baigne, on joue, on passe beaucoup de temps à la plage. D'ailleurs c'est aussi l'une des raisons de ma visite. »

« C'est à dire ? » demanda Draco en regardant le mâle à travers ses mèches blondes.

« Eh bien voilà. Puisque Harry veut te montrer le métier de pêcheur, je voulais savoir si tu voulais que je t'emmène avec moi voir les champs, après demain ? Je sais qu'Ayase ne veut pas que tu y travailles mais je pourrais au moins te faire découvrir toutes nos terres agricoles, nos vergers. Qu'est-ce que tu en dis ? »

« Eh bien, Ayase me les a déjà montrés, » répondit Draco, s'étonnant du visage plus que déçu de l'autre garçon à l'entente de sa réponse.

« Oh... Tu ne veux vraiment pas venir les revoir, avec moi ? » insista Olivier.

« Ben... oui, si tu veux, » concéda Draco.

Cette fois, Olivier sourit. Draco ne manqua pas l'effluve douce qu'il laissa échapper. Le jeune Oméga rougit et baissa aussitôt les yeux. Oh, c'était donc bien ça, Olivier le trouvait attirant.

« Et l'autre chose, celle en rapport avec la plage que je voulais te dire, » s'emmêla subitement le dominant brun. « C'est, euh... en fait, avec les autres jeunes de la meute, on a décidé de faire une petite soirée à la plage, samedi soir. Ça te dit de venir avec moi ? Enfin, avec nous ? »

Draco regarda ses doigts. Olivier l'invitait à une fête ?

« Je... Eh bien, je ne sais pas. Il faut d'abord que je demande à Ayase et Charlie si j'ai le droit, » répondit-il prudemment.

« Oui, bien sûr, bien sûr. Mais s'ils sont d'accord ? Tu sais, on fait ce genre de fête assez souvent quand les bons jours reviennent. On mange tous ensemble, on se baigne quand il fait vraiment chaud, on passe des bons moments. Tu ne risqueras rien, tu sais. Il n'y aura pas que des dominants si c'est ça qui te fait peur. »

« Je n'ai pas peur ! » protesta immédiatement Draco en redressant son visage. « C'est juste que je ne connais personne ici et que je veux être sûr de ne pas faire de bêtises. Je verrai avec Ayase ce qu'il en dit. »

« D'accord. Mais s'ils disent oui ? » redemanda une nouvelle fois le dominant, ne voulant pas lâcher prise.

« Ben... Vous êtes combien ? »

« On sera une bonne dizaine, je pense. Il y aura Hermione et Ron, Ritchie, Lavande, Ginny, Seamus, Dean, Katie, Harry... »

« Harry ? » l'interrompit une seconde fois Draco.

« Oui. Pourquoi ? »

« Pour rien. Disons que c'est le seul que je connais, » mentit effrontément Draco.

« Non, tu me connaîtras, moi aussi, » déclara Olivier sans cesser de sourire. « C'est aussi pour ça que je voulais t'inviter, pour que tu nous connaisses tous, justement. »

Draco se mordilla la peau du pouce, un peu anxieux. Tous les connaître ? Certes, l'intention était louable, mais Draco n'était pas sûr de le vouloir. Déjà, parce qu'il avait toujours été un enfant plutôt solitaire. Ensuite, malgré les beaux sourires et les jolis discours d'Olivier, il n'était pas dupe. Le jeune mâle faisait surtout cela pour pouvoir se rapprocher de lui. Draco n'était pas convaincu qu'il voulait vraiment se retrouver seul, quoiqu'en dise Olivier, au milieu de plusieurs jeunes mâles dominants qui peut-être le trouveraient à leur goût. Si encore Charlie était là, pourquoi pas, mais sans la présence d'un mâle adulte, uni et puissant, il hésitait. Le dernier point... Le dernier point était moins avouable, selon l'Oméga. Il avait bien senti que son loup, lui, était ravi de l'invitation, ravi de pouvoir être courtisé par plusieurs compagnons potentiels, et encore plus ravi à l'idée que son mâle dominant préféré soit présent, à savoir Harry.

« Alors ? » redemanda Olivier. « Tu viendras ? »

« Je... » Draco redressa son nez, sentant un regard sur lui. Ayase se tenait derrière Olivier et lui faisait signe d'accepter. « Je... D'accord, je veux bien venir, » concéda Draco.

Compagnon-Loup couina de bonheur. Il était véritablement heureux à l'idée d'être avec d'autres jeunes loups de son âge pour passer une soirée avec eux. Draco se laissa lui aussi gagner par la gaieté de son loup. Il fit donc une petite moue à un Olivier plus que ravi.

Lorsque le jeune mâle parti, Draco se précipita dans la cuisine où Charlie et Ayase étaient installés, en train de boire une tasse de thé.

« Alors, tu as été invité ? » demanda Charlie en le dévisageant.

« Oui, il semblerait, » répondit Draco en prenant lui aussi une chaise.

« C'est bien. Veille quand même à ne pas faire n'importe quoi, » continua le Bêta.

« Je ne ferai pas n'importe quoi. Je ne suis même pas sûr que j'irai, en fait. »

« Et pourquoi donc ? »

« Parce que je ne sais pas ce que voudront tous ces mâles et tu ne seras pas là pour me protéger d'eux, » répondit avec honnêteté Draco.

« Draco, tu ne dois pas toujours t'attendre au pire. Tu es prudent, c'est très bien, mais les jeunes dominants ne chercheront pas à te sauter dessus. Et si l'un d'eux essaye, j'ai confiance en Olivier et Harry, ils te protégeront aussi bien que moi. »

Draco ne dit rien. Il passa ses doigts sur le bois de la table, pensif.

« Qu'il y a-t-il, Draco ? » voulut savoir Ayase.

« Je ne sais pas trop. À la fois j'ai envie d'y aller, à la fois j'hésite. Je crois... je crois que je plais à Olivier et Harry. Je ne sais pas trop comment réagir face à cela. »

« Tu leur plais, oui, » confirma Ayase.

« Je ne veux pas de mâle, » déclara Draco.

« Pour l'instant ce n'est pas la question. Et Charlie a raison, ni Olivier ni Harry n'auront un comportement déplacé avec toi. Tu verras Harry demain, tu pourras lui en parler. »

À la mention du mâle aux cheveux noirs, Draco baissa les yeux, incertain.

« Draco ? Qu'est-ce qui te tracasse ? » redemanda Ayase.

« Je sais pas trop, » avoua Draco. « Je suis content d'être avec Harry, demain. Mais j'ai peur de la mer. Et aussi, je n'ai pas très envie de me baigner. »

« Pourquoi cela ? » voulut savoir Charlie.

« Ben... » Draco se tortilla, mal à l'aise. « On se baigne pas habillé, non ? »

« Non, effectivement, on se baigne en caleçon pour les hommes, avec un maillot en plus pour le haut pour les femmes. Du moins, en général. C'est cela qui t'inquiète ? Tu ne seras pas nu, tu sais, et une fois encore, Harry sera avec toi. Il ne te fera rien, personne ne te fera rien, encore moins en sa présence, » déclara fermement Charlie.

Draco ne sembla étrangement pas plus serein. Charlie fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qui se passait dans la petite tête blonde de l'Oméga.

« Pourquoi tu dis ''encore moins en sa présence'' ? » l'interrogea ledit Oméga.

« C'est évident. Harry est le fils de notre Alpha et vraisemblablement notre futur Alpha. »

Cette fois, Draco redressa la tête, les yeux écarquillés.

« C'est vrai ? Comment tu peux le savoir ? »

« Je suis le Bêta, je te rappelle. Et toi aussi tu devrais le sentir, malgré tout. Harry est puissant, fort, c'est un chef dans l'âme. Ce n'est pas étonnant, son grand-père était l'Alpha de cette meute. Si James... enfin bref, il est logique qu'il reprenne la direction de la meute quand Gideon sera trop vieux pour le faire. »

« Et toi ? » lança Draco du tac au tac.

« Eh bien je resterai le Bêta, » répondit en souriant Charlie. « Tant que Harry le voudra. Cela t'étonne ? Tu sais, j'aime ma place de Bêta, elle me convient parfaitement. »

« Mais... Et si Harry ne veut pas ? »

« Harry le souhaite, nous en avons déjà discuté, » fit Charlie placidement. « Et quand je serai moi aussi trop âgé, je laisserai ma place à un jeune loup de confiance, que Harry intronisera Bêta. »

Devant le regard perdu de Draco, Charlie continua.

« Draco, pourquoi est-ce que j'ai le sentiment que tout ceci te perturbe ? »

L'Oméga hésita visiblement avant de se décider.

« C'est vrai, j'ai du mal à comprendre. Ou plutôt, je ne voyais pas les choses ainsi, parce que ça ne s'est pas passé comme cela dans mon ancienne meute. Brutus a été chassé par Daniel, petit à petit, sans que Greyback ne fasse rien. Il a eu le soutien des autres mâles, il a manœuvré pour obtenir la place du Bêta. Et là, quand ils se sont faits attraper, Daniel visait la place d'Alpha. Je ne sais pas s'il aurait combattu Greyback avec les autres ou s'ils espéraient simplement qu'il se fasse tuer par les Mages. Mais ils n'ont jamais discuté ouvertement de tout ça. C'était... »

« Violent ? Fourbe ? Fait en raison de la seule force physique ? » proposa Charlie avant de soupirer. « Draco, encore une fois, ta vison de la meute est faussée, parce que ta première meute était une meute sauvage. Nous sommes des Hommes-loups. Pas l'inverse. Oui, dans les meutes de loups, cela se passe bien souvent comme dans ton ancienne meute, par la force. Pas chez les Loups-garous civilisés. Nous avons notre instinct animal, nous en sommes fiers ! Mais ce n'est pas pour autant que nous devons nous battre sans cesse et nous égorger, chose que même les loups ne font pas. Tout doit se faire dans l'intérêt de la meute, et l'intérêt de la meute, c'est d'avoir un Alpha bon et puissant, une équipe fidèle et fiable à sa suite pour que nous puissions vivre dans la paix et la prospérité afin de pouvoir élever nos petits. Et comme nous sommes des hommes, nous parlons. »

Draco hocha la tête, convaincu par les paroles de Charlie. Vivre dans une meute ''humaine'' de Lycanthropes semblait bien plus agréable que ce qu'il avait connu. Cela ressemblait aussi plus aux organisations des villages humains ou mages. Draco se sentait en terrain connu, ou du moins, moins inconnu, barbare et dangereux que ce qu'il avait vécu avec Greyback. Quelque chose cependant le contrariait. À force de réflexion, il réalisa de quoi il s'agissait.

« Attends... Harry Potter... James... Le grand-père de Harry était l'ancien Alpha, donc son père c'était James Potter, l'ami de Remus ? Celui qui l'a fait venir dans la meute ? »

« Oui, c'est exact. À la mort de ses parents, c'est Gideon qui l'a recueilli. Lui et Marlene, sa compagne, n'ont pas pu avoir d'enfant, alors de part le lien de parenté, bien qu'éloigné, et de par le statut familiale de Harry, il était logique qu'il devienne le fils de l'Alpha, » expliqua Charlie.

« Harry est donc complètement orphelin ? De quoi sont morts ses parents ? »

Un petit silence lui répondit.

« C'est quelque chose que tu devras demander à Harry, il s'agit de sa vie, après tout, » proposa Ayase.

« Oh... »

Draco baissa de nouveau les yeux, son cœur s'emballant stupidement à l'idée de parler avec Harry de choses aussi intimes. De parler seul à seul avec Harry tout court, d'ailleurs.

« En parlant de Harry, » continua Ayase. « Dis-moi, Draco, ta peur d'aller te baigner est-elle réellement due au fait d'être peu vêtu devant des mâles ? »

« Euh... » répondit Draco en se triturant de nouveau les doigts.

Ayase eut un petit sourire en coin.

« Est-ce que je me trompe en pensant qu'en fait, tu n'oses pas te montrer en caleçon devant Harry non pas parce que tu crains qu'il te trouverait trop attirant et aurait un geste déplacé, mais parce que, au contraire, tu as peur de ne pas lui plaire ? »

Draco sentit avec horreur ses joues devenir brûlantes. Deux petits rires moqueurs, bien que discrets, achevèrent de parfaire sa subite et stupide combustion spontanée.

« Je... je ne veux pas être ridicule, c'est tout, » balbutia-t-il.

« Draco, tu es loin d'être ridicule, » le rassura Ayase en lui prenant la main, faisant se redresser le visage de Draco. « Tu es magnifique, comme tout Monoïque. »

« Je suis pas un vrai Monoïque, Aya', je veux dire, je n'ai pas ta grâce, ton élégance, ta prestance. En plus, je suis marqué de partout. Si j'enlève ma chemise, Harry verra mes cicatrices, il verra aussi que je suis tout maigre, pas assez musclé, il pensera sans doute... »

Draco s'arrêta net dans son élan, les yeux écarquillés par ce qu'il avait failli lâcher. Compagnon-Loup, lui, était mécontent. Pourquoi ce stupide humain n'avait pas avoué à son frère Oméga qu'il craignait que Harry ne l'estime pas suffisamment digne pour être un compagnon potentiel et assez fort pour porter sa descendance ?

Ayase ne cessa pas de sourire, comme s'il avait compris le cheminement de la pensée du plus jeune.

« Draco, je t'assure, tu es magnifique. On voit tes cicatrices, c'est vrai, et quand bien même, tu restes tout à fait désirable aux yeux de Harry, je le sais. »

« Je... Je m'en fiche de ça, » bredouilla péniblement Draco, sentant Compagnon-Loup prêt à le mordre pour dire de telles sornettes. « Je veux juste que personne ne se moque de moi. »

« Personne ne se moquera de toi, je te le garantie, » affirma Charlie.

... ... ...

Draco entortillait l'une de ses tresses avec nervosité autour de son index, tout en jetant des coups d'œil furtifs au mâle qui marchait à côté de lui.

Harry était effectivement venu le chercher de bonne heure le matin-même, à peine son petit-déjeuné avalé. Ayase ne lui avait pas laissé le temps de dire quoi que ce soit qu'il était déjà dehors, face au dominant qui souriait de toutes ses dents.

Depuis ils marchaient côté à côte, en direction du bruit sourd que Draco entendait de plus en plus fort et de l'odeur salée qui lui piquait le nez. La mer. L'inconnue.

Le jeune soumis aurait facilement pu se convaincre que c'était pour cette seule raison qu'il était aussi anxieux et que son cœur battait aussi vite dans sa poitrine. Il aurait pu, s'il n'avait été qu'un simple humain. Mais il ne l'était pas, il était un Lycanthrope, et si sa nature humaine arrivait encore à se voiler la face, ce n'était pas le cas de sa partie lupine qui elle frétillait littéralement de bonheur d'être si proche de ce dominant si alléchant. Compagnon-Loup était ravi de sentir Harry aussi réceptif à ses phéromones, à sa présence. Il rêvait de lui montrait sa gorge, son ventre, de lui lécher le museau et de faire beaucoup d'autres choses encore moins avouables. Il voulait le séduire, purement et simplement.

Draco poussa un bref soupir, se lamentant sur la pathétique personnalité de son loup. Il rêvait encore d'amour, de compagnonnage, chose à laquelle le garçon ne voulait plus croire et encore moins entendre parler. Ses fesses ne subiraient plus jamais le moindre outrage.

Pourtant, il ne pouvait se retenir d'admirer Harry.

Harry était du genre réchauffé puisque, malgré la fraîcheur de cette matinée, il ne portait qu'une mince chemise d'été à moitié ouverte sur son torse et un pantacourt léger. Il était plus grand que lui, finement musclé et semblait souple. Son visage masculin et carré n'était pas dénué de finesse, malgré la barbe de deux jours qui lui mangeait les joues. Ses cheveux, noirs comme la nuit, formaient des épis improbables sur son crâne, lui donnant un air sauvage, indomptable, qui loin d'effrayer Draco lui donnait l'irrésistible envie de passer ses doigts entre eux. Et puis il y avait ses yeux en amande, bordés de longs cils aussi foncés que sa chevelure et d'un vert presque irréel. En les regardant, Draco voyait la prairie, les feuilles tendres des arbres au printemps, le vert des pommes acidulées croquantes de son ancien verger et des magnifiques papillons qui volaient autour des fleurs de sa mère. Surtout, il y voyait de la douceur, de la tendresse, de la protection et de l'assurance. Quand Draco plongeait dans ses yeux verts, il n'avait qu'une envie, se câliner contre Harry.

« Nerveux ? » lança soudainement Harry, le faisant sursauter.

« Un peu, » avoua Draco.

« Ne t'inquiète pas, je ne vais pas t'abandonner ou te jeter à l'eau, » sourit Harry. « Ce matin, il est prévu que je te montre nos barques et les filets. On va aller pêcher un peu, mais si tu ne veux pas venir sur les bateaux, pas de souci, Hermione est d'accord pour te montrer comment faire pour entretenir les filets, les lignes et tout le matériel en attendant notre retour. Et puis après, on ira aussi voir les coquillages. À midi on mangera tous ensemble et l'après-midi, je t'apprendrai à nager. »

Le petit Oméga hocha la tête, légèrement perdu. Cette journée avait l'air passionnante, mais plus que les nouveaux apprentissages proposés, Compagnon-Loup se délectait à l'idée de passer autant de temps en la compagnie du beau dominant.

Le mâle lui adressa soudain un sourire encore plus lumineux que le précèdent.

« Tu es vraiment adorable quand tu tripotes cette tresse. Aya' le fait aussi quand il est est soucieux. Ça doit être un truc de Monoïque. J'adore vos tresses, mais franchement, voir vos petits cordons dans vos poils quand vous êtes dans votre forme de loup, c'est assez tordant. »

Draco fit une petite moue dubitative, qui se voulait aussi être un sourire. Il baissa la tête, un peu honteux. Il aurait aimé pouvoir sourire à Harry, un vrai sourire. Il devait aussi reconnaître que le mâle avait raison. Leurs tresses étaient fines, retenues fermement soit par leurs cheveux entortillés sur eux-mêmes, soit par un cordon si serré que lorsqu'ils se transformaient, ce dernier restait accroché aux poils lupins, leur donnant un air plutôt comique quand on le remarquait.

Harry lui fit un petit clin d'œil, et, sans tenir compte du léger mouvement de recul de Draco dû à la surprise, lui prit la main.

« Je ne me moque pas, tu sais. »

« Oui, je sais, » répondit Draco d'une voix douce.

Il aurait pu enlever sa main. Il aurait pu... mais n'en avait subitement pas du tout l'envie, ce d'autant qu'enfin, ils arrivèrent sur la plage. Draco ouvrit grand ses yeux, émerveillé par le spectacle. La plage était immense, recouverte d'un joli sable doré. La mer, contrairement à ce qu'il pensait, ne formait pas des vagues monstrueuses, blanches et meurtrières, mais simplement des petites rides qui faisaient de doux clapotis. Sur sa gauche, des grandes barques, plus grandes que toutes celles qu'il avait vues, enfant sur le fleuve près de Chourave, étaient amarrées à des sortes de plots fixés a priori dans l'eau. Sur la plage, des villageois s'affairaient soit à inspecter les filets, soit à grimper dans les bateaux colorés.

« C'est... C'est tellement beau ! » s'écria Draco, les yeux brillants.

Il regarda Harry qui s'émerveilla à son tour de la vue de l'Oméga, qui miracle, souriait presque.

« J'étais sûr que ça te plairait. »

Le dominant entraîna Draco à sa suite vers les autres pêcheurs. S'ils s'étonnèrent de leurs mains unies, ils ne firent aucune remarque, d'autant que Draco tentait plus ou moins habilement de se cacher derrière le corps du dominant.

« Tiens donc, notre petit Oméga vient enfin découvrir la mer ? » fit une voix connue qui sortit Draco du giron rassurant de Harry.

« Heimich ! » s'exclama Draco en sautant littéralement dans les bras du susnommé, surpris de l'accueil que le garçon lui avait réservé.

« Comment tu vas, gamin ? » se reprit-il rapidement en caressant les cheveux pâles.

« Très bien. J'ai visité tout le village avec Ayase. Mais je ne t'avais pas revu, » répondit Draco en se serrant de nouveau contre son torse.

Heimich continua ses caresses, heureux de l'entrain du jeune loup. Il fit un petit sourire en coin à Harry et aux autres lycanthropes qui les avaient rejoints. Il était content que Draco réagisse de cette façon, montrant ainsi qu'il s'était plutôt bien adapté à sa nouvelle meute et que surtout, il avait intégré le fait que les loups, du moins ceux qu'il connaissait, ne lui feraient pas de mal.

« Tu viens avec nous dans les barques ? »

« Non, je préfère rester au bord tant que je ne sais pas nager. »

« Bonjour, Draco, je suis Hermione, une amie de Harry, » lança soudain une jeune fille à la chevelure impossible.

Draco se redressa, semblant réaliser pour la première fois ce qu'il venait de faire ainsi que les autres Werwulfs venus eux aussi près de lui pour le saluer.

« Euh... Salut, » dit-il, un brin timidement.

« Harry m'a demandé de te montrer notre travail, à nous qui restons au port. Nous sommes tisseurs et poissonniers, tout à la fois, alors que eux, » elle désigna un petit groupe composé d'hommes, « sont les pêcheurs. »

Draco acquiesça, tentant de se souvenir de tous les prénoms qu'il entendait. Il savait que malgré ses efforts, il en aurait oublié plus de la moitié d'ici la fin de la journée. Pourtant, celui de Hermione s'imprima clairement dans son esprit, ainsi que celui de Ron, un grand roux qui le regarda d'un œil torve.

« Alors c'est toi, le fameux Oméga ? J'espère que tu ne joueras pas trop avec les nerfs des dominants, » déclara le rouquin.

« Ron ! » se fâcha Hermione. « Tu ne peux pas être un peu plus gentil ? »

« Quoi ? Je suis gentil ! Je dis juste ce que tout le monde pense, à savoir qu'avec un nouvel Oméga, les dominants non accouplés ne vont pas tarder à se battre entre eux. »

« N'importe quoi, il y a beaucoup de soumis dans le clan qui n'ont pas de compagnon, et ce n'est pas pour cela que les dominants se battent » rétorqua la brunette, exaspérée.

« Mouais, moi je te dis que bientôt, les tensions vont naître, » bougonna Ron.

Draco se dandina d'une jambe sur l'autre, mal à l'aise.

« Bah, arrête donc de te faire du souci, Ronnie, après tout, tu t'en fous, toi tu es avec notre amie Hermione de toute façon, non ? Alors un peu d'animation ne fera de mal à personne. D'ailleurs, Draco, que penses-tu de nos mâles célibataires ? J'ai ouï dire qu'un certain Olivier était chez toi, hier soir, » ricana un jeune homme brun tout en grimpant sur le ponton.

« Arrête de dire n'importe quoi, Lancey, » le sermonna Harry d'un ton sec. « Draco, ce n'est pas vrai, n'est ce pas ? »

« Ben... »

« Quoi ? Olivier est venu ? Pourquoi ? » s'écria Harry, faisant ricaner encore plus fort l'homme brun. « Oh, la ferme, Hooper ! » cria cette fois pour de bon Harry en se tournant vers l'impudent avant de revenir à un Draco de plus en plus penaud. « Qu'est ce qu'il te voulait, Dubois ? »

« Rien, juste me proposer de me faire visiter les champs et les vergers de façon un peu plus approfondie que la dernière fois. Et aussi... »

Cette fois, Draco hésita vraiment. Il n'avait pas envie d'avouer la vérité à Harry. Le fait de lui dire le mettait mal à l'aise, le gênait il ne savait pas trop pourquoi, comme si l'invitation d'Olivier devenait une sorte de trahison envers le dominant aux cheveux noirs.

« Et aussi, il m'a invité à votre soirée de samedi soir, » fini-t-il par lâcher face au silence qui perdurait.

Le regard vert se durcit.

« Il t'a invité pour samedi... Tu lui as dit oui ? »

« Je... » Draco baissa la tête.

Il aurait aimé rentrer dans un trou de souris tant la colère du dominant était palpable. Compagnon-Loup voulait lui montrer sa gorge, cette fois à titre d'excuse.

« Oui, j'ai dit oui. Mais c'est parce qu'il m'a dit que c'était une soirée sympa, que je pourrai rencontrer d'autres jeunes, Ayase a dit oui et puis aussi, je savais que tu serais là, alors j'ai dit oui, » s'empressa de rajouter vivement Draco, s'emmêlant dans ses explications tant il tenait à montrer au mâle qu'il n'avait pas voulu mal faire.

« Okay, » finit par marmonner Harry. « Je pense qu'Olivier et moi, on va devoir s'expliquer. »

« Harry, j'ai fait une bêtise ? Je n'aurais pas dû dire oui ? Tu es fâché ? » demanda Draco d'une petite voix, faisant renifler Ron, persifler Lancey et soupirer avec une pointe d'attendrissement tous les autres.

« Non, ne t'inquiète pas. En fait, Olivier a eu une très bonne idée, » le rassura aussitôt le dominant en posant sa main sur la nuque aux cheveux blonds. « C'est vrai que de cette façon, tu connaîtras tous les jeunes de la meute, tous les jeunes non unis, même si certains sont en couple comme Ron et Hermione. Du coup, tu seras le plus jeune d'entre nous. Je suis très content que tu viennes. Non, je regrette simplement de ne pas avoir eu l'idée de t'inviter moi-même plus tôt . »

« Et allez, qu'est-ce que je disais, » grommela Ron. « Ça commence... »

... ... ...

Le soleil brillait avec ardeur, lui aveuglant les yeux alors qu'il regardait Harry qui avait de l'eau jusqu'à la taille.

« Allez, Draco, enlève tes habits et viens. Je t'assure, tu ne risques rien. »

« Elle est gelée ! » se plaignit Draco d'une voix chouineuse.

« Mais non, elle est juste fraîche, c'est tout. Tu es un Lycanthrope ou une mauviette ? » le taquina le brun avant de plonger tout son corps dans l'eau mouvante.

Le petit Oméga le regarda refaire surface, ses cheveux trempés collés à son crâne. Bien sûr qu'il n'était pas une mauviette ! Mais il n'osait cependant pas se déshabiller et pénétrer dans tout ce liquide glacé. Les belles paroles d'Ayase s'étaient depuis longtemps envolées, le laissant seul face à un séduisant mâle.

« Alors, beau blond, on hésite ? Tu veux peut-être que je t'aide à te dévêtir ? » fit une voix moqueuse alors que deux mains venaient lui chatouiller les côtés.

Draco couina tout en faisant un bond en avant, le cœur battant la chamade. Sans surprise, Lancey Hooper le regardait en rigolant.

« Mais c'est de famille ou quoi ? Déjà ton frère était chiant, mais alors toi, c'est le sommet ! » cria Draco.

Il ouvrit de grands yeux faces à ses propos pour le moins irrespectueux. Lancey était un dominant, il ne le connaissait pas ! Et s'il lui prenait l'envie de le punir pour cet affront ?!

Le cœur de Draco s'emballa une nouvelle fois mais pour une toute autre raison. Il recula encore de trois pas, ses pieds nus et ses chevilles pénétrant dans les petites vagues qui s'échouaient avec paresse sur la plage.

« Je... pardon... dominant... » bafouilla-t-il en se reculant encore, les mains placées devant lui et la gorge dévoilée.

« Tu me trouves chiant, Oméga ? » grogna Lancey en avançant à son tour.

Les mains de Draco se mirent à trembler. Il recula encore, l'eau mouillant et plaquant son pantalon contre ses jambes.

« Non ! Non, pardon, pardon... »

Draco gémit. Il était seul, perdu sur cette plage et cette immensité liquide. Il était fichu. Compagnon-Loup gémit de concert avec lui, appelant silencieusement la protection d'un autre loup, plus fort, plus rassurant que celui qui avait l'air si en colère.

Le jeune homme poussa un cri quand deux bras puissants s'enroulèrent autours de sa taille. Aussitôt, il se retrouva plaqué contre un corps froid, trempé, mais protecteur.

« Harry, » murmura-t-il en se cramponnant avec avidité au cou de son sauveur.

Un grand rire explosa un peu plus loin, le faisant sortir le nez du giron du mâle.

« Tu vois, tu as fini par rentrer dans l'eau finalement ! Par contre, tant pis pour toi, tu devras faire sécher tes habits, » rigola Hooper, les mains sur ses hanches. « Et pour ta gouverne, Oméga, je ne suis pas chiant... je suis très chiant ! Eh, Harry ! À charge de revanche, mon pote, je t'ai mis le louveteau dans les bras, j'espère que tu m'aideras avec Lavande samedi ! » Il explosa d'un nouveau rire avant de tourner les talons.

Draco le regardait, médusé.

« Il n'a pas tort, » lança pour seul commentaire Harry, faisant se retourner le plus jeune vers lui.

« Comment cela ? »

« Eh bien, tu es finalement dans l'eau, tout habillé, dans mes bras et les frères Hooper sont effectivement très chiants, » sourit Harry. « Tu devrais enlever ta chemise et ton pantalon, tu sais, ce sera plus pratique pour que je t'apprenne à nager. »

Draco se sortit des bras qui le tenaient, faisant grogner de protestation Compagnon-Loup.

« Je... »

« Allez, Draco. Ne t'inquiète pas, je n'aurai aucun geste déplacé envers toi, je te le promets, » le rassura Harry.

« C'est pas ça, » bredouilla Draco en prenant machinalement l'une de ses tresses entre ses doigts.

Harry fronça ses sourcils sombres, cherchant visiblement à comprendre le problème de Draco. Finalement, il posa de nouveau ses mains sur le plus jeune qui frissonna.

« Je te promets, Draco, je ne te ferai rien. »

L'Oméga ferma les yeux, calmant les battements frénétiques de son cœur à nouveau affolé. Il sentait que Harry était sincère. Le mâle lui déboutonna sa chemise, gentiment, sans geste brusque. L'aura de Harry était apaisante, comme ses mains, mais plus encore, son odeur mêlée à celle salée de la mer lui faisait tourner la tête. Le dominant usait de son pouvoir sur lui, il le savait, mais il ne le faisait pas dans le but de le soumettre, uniquement dans celui de le rassurer. Comme faisait Charlie quand il entrait dans une crise de panique. Néanmoins, il y avait une grosse différence avec Charlie. Draco voyait Charlie comme un père, un référent, un mentor. Ses sentiments étaient bien différents au sujet de Harry.

Draco se mordit les lèvres, gardant ses yeux clos alors que sa chemise lui était ôtée. Compagnon-Loup voyait clairement Harry comme un partenaire potentiel. Draco, lui, refusait cette idée mais il devait être honnête avec lui-même. Il aimait beaucoup Harry, espérait qu'ils pourraient devenir amis. Il s'avouait même que le mâle était attirant, pourtant, il rejetait encore l'idée d'un accouplement. Plus jamais ça.

« Tu veux enlever ton pantalon, Draco ? » demanda Harry d'une voix étrangement étranglée.

Le petit blond rouvrit ses yeux, découvrant le regard extasié de Harry sur son propre corps. Il rougit et baissa les yeux.

« Je vais le faire, oui. Merci, Harry. »

« De rien, » fit le brun sans cesser de l'admirer. « Tu... tu es vraiment séduisant, tu sais. »

Draco enleva rapidement son vêtement et le tendit à Harry qui le prit.

« Je... Je suis couvert de cicatrices, surtout » bafouilla-t-il.

« Non, non, » le rassura précipitamment Harry. « Enfin, si, tu en as, c'est évident, plus que la plupart des soumis de la meute, mais, comment dire... Ce n'est pas ça que l'on voit quand on te regarde. »

Draco fit une petite moue, à la fois pour montrer qu'il n'était pas dupe et à la fois pour ''sourire'' à Harry. Le dominant était gentil. Gentil et sexuellement attiré par sa personne, c'était encore plus clair que l'eau dans laquelle ils trempaient. Harry sourit quant à lui largement en retour.

« Je vais poser tes affaires sur la plage pour les faire sécher et j'arrive. Ne va pas plus loin, je reviens tout de suite. »

« Okay, » répondit Draco.

Il détailla le corps de l'homme alors qu'il sortait de l'eau et étalait précautionneusement ses vêtements sur le sable blond. Compagnon-Loup émit un étrange son, proche du ronronnement.

« Mais tais-toi donc, loup stupide, » grommela Draco.

« Tu dis ? » demanda Harry alors qu'il revenait vers lui.

« Non, non, rien. »

Harry lui prit la main, l'entraînant un peu plus loin dans l'eau profonde.

« Harry... Harry, attends ! » s'affola Draco, alors que l'eau montait de plus en plus haut.

Une vague lui effleura le menton, le faisant planter ses ongles dans la peau de Harry.

« D'accord, on reste là. Ne t'inquiète pas, je suis là. »

« Il y a trop d'eau, » gémit Draco. « Et en plus, elle pique ! »

Harry se mit à rire tout en prenant le corps plus frêle conte le sien.

« Tu vas t'habituer. Regarde, je te montre comment faire, d'accord ? Tu vas essayer de t'allonger dans l'eau, sur le dos et ensuite sur le ventre, la tête dans l'eau, d'accord ? Ça s'appelle faire l'étoile de mer. »

Draco hocha la tête, peu convaincu.

La leçon commença. Draco voulait absolument démontrer au dominant qu'il n'était pas une mauviette. Pourtant, il n'aimait pas cette eau trop remuante, trop salée et trop profonde. Il se motiva malgré tout, Harry ne devait pas être déçu ! Draco ne comprenait pas vraiment pourquoi cela lui tenait tant à cœur, néanmoins il désirait plus que tout que le dominant soit fier de lui, c'était important.

C'était important aussi pour lui.

Jusqu'à présent, il avait toujours subi. Aujourd'hui, il pouvait montrer ses capacités, pouvait démontrer qu'il était plus qu'un simple faible Oméga ou un jouet sexuel. Son ego avait besoin qu'il réussisse.

De fait, il pataugea en compagnie du jeune homme brun pendant plus d'une heure, n'acceptant de sortir que lorsque ce dernier lui en intima l'ordre pour la troisième fois au vu des lèvres bleutées de l'Oméga.

… … …

À suivre

… … …