Chapitre 49: Réunion

Bianca était en train d'essayer de persuader son mari de prendre une pause dans sa quête frénétique du boss des Vongola et de son bras-droit lorsque soudainement, un nuage de fumée rose apparut et ils se retrouvèrent dans un endroit complètement différent.

Il fallut un moment à Bianca pour que ses yeux s'habituent à l'obscurité et lorsqu'elle parvint à voir, elle ne put retenir une exclamation de surprise.

Elle entendit un cliquetis métallique et en baissant les yeux, elle vit que ses poignets et chevilles étaient enserrés dans des menottes de fer. Regardant à droite et à gauche, elle aperçu les autres gardiens, Elena et Sylvana. Mais étrangement, à part Giotto, G et Asari, tous les autres semblaient absolument exténués. Ils n'avaient pratiquement que la peau sur les os et ils avaient tous l'air beaucoup plus vieux.

« Que se passe-t-il ici ? » fit la voix de son mari à côté d'elle et Bianca vit qu'il paraissait aussi perplexe qu'elle.

Il y eut un court moment de silence puis Giotto soupira doucement et avec les autres, il se mit en devoir de leur expliquer la situation. Lorsqu'ils en eurent terminés, Bianca se sentait étourdie par tout ce qu'elle venait d'apprendre.

Asari était demeuré silencieux durant tout ce temps, et une fois les explications terminées, il demanda calmement, « Est-ce que vous avez déjà pensé à un moyen de sortir d'ici ? »

Giotto se tourna vers Alaude et aussitôt, le gardien se lança dans une longue série d'explications affreusement détaillées qui laissa Asari et Bianca bouche bée. C'était sans aucun doute la première fois qu'ils (et aussi les autres gardiens) l'entendaient parler autant d'une seule traite. Cela prouvait juste à quel point il prenait à cœur le bien-être de son fils et de ses neveux.

« Eh bien... On dirait que tu as pensé à tout. » commenta Asari après-coup.

A ces mots, Giotto ne put s'empêcher de sourire. « Bien sûr ! » s'exclama-t-il d'une voix enjouée. « On n'a pas arrêté d'en parler depuis hier, quand on est arrivés avec G ! »

« On allait justement le mettre en place avant que vous ne débarquiez. » commenta Lampo et G laissa échapper un grognement.

« Alors qu'est-ce qu'on attend ! Alaude est le seul qui connaisse la disposition du bâtiment et il faut qu'on s'échappe avant qu'il ne soit échangé avec l'autre type ! »

Daemon se mit à rire lorsqu'il entendit G appeler le jeune Alaude ''l'autre type'', mais le reste des gardiens l'ignorèrent et se préparèrent à sortir de leur prison.

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Shouichi surveillait les écrans de contrôle avec une appréhension grandissante. Ses mains volaient au-dessus des commandes tandis qu'il réarrangeait la base pour que la première génération des Vongola puisse s'en échapper le plus vite possible et sans croiser d'ennemis. C'était une chance qu'ils aient choisi ce jour pour s'enfuir car tous les autres résidents de la base étaient chacun occupés de leur côté. Byakuran devait bientôt venir les visiter pour voir les prisonniers et tous voulaient faire bonne impression afin d'être promus. Visiblement, personne ne voulait travailler sous les ordres d'un technicien, même s'il était l'un des plus puissants membres des Millefiore.

Ce fut difficile et cela lui demanda beaucoup de dextérité, mais il parvint à déplacer tous les blocs sans causer des tremblements de terre en succession. Il faillit se laisser tomber à terre lorsque Giotto et ses gardiens sortirent du conduit par lequel ils avaient traversé la base et s'échappèrent par le parking souterrain du centre commercial avant de se fondre dans la foule.

Ignorant la petite voix dans sa tête qui lui disait que ç'avait été trop facile, le rouquin se rua hors de la salle de contrôle et dans son bureau où il prit son téléphone pour appeler son ''patron''.

« Shou-chan ! » fit la voix de Byakuran d'un ton agréablement surpris. « Ça fait longtemps que tu ne m'as pas appelé ! Comment vas-tu ? D'autres bonnes nouvelles pour moi ? »

Shouichi ignora ces civilités et prit une voix sinistre. « Les gardiens des Vongola se sont échappés ! »

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Deux yeux perçants, de couleur gris acier suivirent les mouvements des dix curieux individus tandis qu'ils sortaient du centre commercial en groupes de deux ou trois et se rejoignaient plus loin, dans une allée déserte.

Il continua à les suivre, tout en prenant bien garde à ne pas se faire repérer. Un sourire affectueux se dessina sur son visage tandis qu'il les observait se congratuler après leur évasion. Leurs exclamations de joie se calmèrent peu à peu et lorsqu'ils commencèrent à se demander quoi faire ensuite, il secoua la tête d'un air exaspéré et descendit de son perchoir.

« Vous devriez vraiment mieux préparer vos plans. » dit-il en révélant sa présence. « Qu'est-ce que vous auriez fait s'ils vous avaient re-capturés pendant que vous réfléchissiez? »

Toutes les têtes se tournèrent aussitôt vers lui et leurs yeux s'écarquillèrent sous la surprise quand ils reconnurent le nouveau venu.

« Kyoya! » s'écrièrent plusieurs voix en même temps et Giotto le prit dans ses bras.

« Eh bien, eh bien, tu es devenu un fier jeune homme. » fit le blond d'un ton joyeux et Kyoya se contenta de le fixer avant de se tourner vers le reste du groupe, notant que Giotto n'était pas le seul à être venu du passé.

« Tu savais que nous serions ici, Kyoya? » demanda une voix indifférent, tirant le jeune homme hors de ses réflexions tandis qu'il se tournait vers son père.

« Peut-être. » répondit-il et le plus âgé des deux grimaça. Le gamin savait mieux lui cacher ses pensées à présent. Puis, Kyoya s'adressa au reste du groupe. « Je suis heureux de vous revoir, même si certains d'entre vous ne sont pas de cette époque. »

« Je suis très heureuse de te revoir moi aussi. » fit Elena en s'avançant pour le prendre dans ses bras, suivie par les autres femmes.

Jetant un regard de reproche à ses cheveux, Sylvana demanda, « Quand t'es-tu coupé les cheveux pour la dernière fois ? Tu sais que nous n'aimons pas te voir aussi débraillé. »

« Si tu ne veux pas les couper, fais-y au moins attention. » ajouta Elena.

« Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas là que les règles ont changé. » le réprimanda aussi Bianca.

Asari regarda son épouse passer en mode mère poule d'un air amusé. Ce Kyoya là n'avait même pas dix ans de moins qu'elle.

Les autres gardiens rirent doucement en voyant cela et Daemon choisit ce moment pour s'immiscer dans la conversation.

« Nufufu, si tu es là pour nous récupérer, mon cher Kyoya, alors tu ferais mieux de vite nous guider. Je suis dans un de mes meilleurs jours aujourd'hui, alors je sais à quel point je dois sembler merveilleux à tes yeux, mais j'ai tout de même été enfermé dans une cage pendant ces deux dernières années. »

Kyoya se détourna de ses trois petites mères, un sourire au coin des lèvres, et dit à son oncle d'un ton taquin, « Si c'est un de tes meilleurs jours, mon oncle, alors je frémis de penser à ce que doit être un de tes pires jours. »

Daemon ne put que bafouiller d'un air indigné tandis que les autres éclataient de rire.

« Tu l'as cherché, Daemon. » ricana Lampo, récoltant un regard noir de la part de l'illusioniste.

Ignorant cet échange, le jeune gardien des nuages tourna les talons et se dirigea vers leur base, faisant signe aux autres de le suivre.

Ils marchaient depuis quelques instants seulement lorsqu'il se retourna vers eux, l'air sérieux à nouveau. Sans s'arrêter, le jeune homme au regard d'acier prévint les quatre du passé. « Je ne serais pas surpris si le Tsuna, Hayato et Takeshi de votre époque avaient aussi été amenés ici. »

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Au quartier général, tout le monde venait juste de se mettre à table et un silence tendu planait au-dessus d'eux.

Tsuna était assis à une extrémité de la longue table, avec Hayato et Takeshi à ses côtés, tandis que Reborn occupait la place opposée, encadré par Lal et Iemitsu. Lambo était de l'autre côté de Takeshi, assis près d'une I-Pin nerveuse tandis que Haru mangeait en silence à côté de la jeune fille chinoise. En face d'eux se trouvaient Kyoko et Hana, près d'Hayato et à côté des deux filles se trouvaient Hibari Kyoko et Sawada Nana, visiblement pas très à l'aise au milieu de tout ce monde.

Le silence fut finalement brisé par Hayato qui, pour la millième fois, demanda à son petit frère, « Tu es sûr que ça va Tsuna ? Si tu ne te sens pas bien, tu peux retourner te coucher et je t'apporterai quelque chose à manger plus tard. »

Pour être franc, Tsuna commençait légèrement à en avoir assez, mais il ne le montra pas car il savait que son frère était juste inquiet pour lui. « Je vais bien, Hayato. » répondit-il d'une voix patiente. « I-Pin-chan était plus blessée que moi, tu devrais aussi lui demander comment elle va. »

La jeune fille rougit d'être ainsi mise en avant et elle secoua frénétiquement la tête. « Je-Je vais bien, Tsuna-nii. C'est gentil de t'inquiéter, mais tu m'as sauvée juste à temps ! »

Tsuna lui sourit et il allait répondre quand il entendit le son de voix plutôt familières résonner dans le couloir.

Reborn avait lui aussi entendu et il se leva pour aller ouvrir la porte, le sourire aux lèvres. « Il semblerait que nous ayons des visiteurs. » dit-il d'un ton nonchalant alors que les portes s'ouvraient pour laisser place à...

« Papa ! » s'écrièrent plusieurs voix en même temps et il y eut une multitude d'embrassades et de larmes.

Daemon se tenait sur le côté avec sa femme, l'air boudeur. « Comment se fait-il que seuls nos enfants ne soient pas là ? » demanda-t-il comme un enfant et Elena se mit à rire.

« Ryohei n'est pas là non plus. » fit-elle remarquer, et son mari haussa les épaules.

« Mais Kyoko si, et Knuckle a au moins quelqu'un pour l'accueillir ! »

Prêtant l'oreille à leur conversation, Tsuna laissa échappe un petit rire et se dirigea vers son oncle et sa tante pour les embrasser.

« Alors je vais vous accueillir à la place des jumeaux. » dit-il en les enlaçant tous les deux. « Je suis tellement content de vous revoir ! »

Elena sourit affectueusement et Daemon sembla faire de son mieux pour étouffer le petit brun en le prenant dans ses bras. « Tu nous as aussi manqué, mon petit Tuna. » répondit-il en l'embrassant.

« Hey ! » les interrompit Giotto d'un ton gamin. « C'est mon surnom pour lui ! Il n'y a que moi qui ait le droit de l'appeler Tuna ! » Et disant cela, le blond attrapa son fils pour l'enlacer à son tour.

Daemon prit clairement cela pour un défi et il leur fallut bien une heure de plus pour que tout le monde se rassoie à table. Le repas durement préparé par les filles était depuis longtemps devenu froid mais c'était un des meilleurs dîners que la première et la deuxième génération ait jamais eu.