Bonjour bonjour!

On se retrouve une toute dernière fois pour ce petit épilogue de Memories. Ca va être très court par rapport à ce que vous avez l'habitude de voir, je m'en excuse. Ca va aussi vous paraître abrupt, je pense, et là encore, j'en suis désolée. Mais je tenais à ce que vous sachiez une seule chose: cet épilogue est l'une des premières choses que j'ai écrite de cette fic. En dépit du temps, en dépit des coupures et des changements, Memories (Partie I) devait toujours se terminer de cette façon.

Je remercie les personnes qui ont pris le temps de reviewer, notamment: Feather Ashes, Tiffvillard, miss-sawyer, Antig0ne et Shiriliz, pour leur fidélité durant cette seconde vague de publication, ainsi que Mollusk, Pimy, Juleffel, Gaef, Delrya, Mistycal, htmlxghost et Idiote qui ont eux répondu présent en 2012. Prix spécial pour Selminia, seule survivante sur toute la durée de la fic! Merci, enfin, aux discrets mais néanmoins présents CFLM Angel, Til'Illan, Emmwah, Sephora4, Araylinne, Claire-de-plume, NesrineArsene, laurahp, Heyceycey, Somebody who is crazy, Lily, LimaDolores,Melty-chan 93, Rukie-chan, melody, Sjouare, likyboy's, et feufollet.

Je vous demande avec plein de choupitude de faire de même maintenant que nous arrivons à la fin. J'aimerai vraiment savoir ce que vous pensez de la façon dont j'ai fini cette histoire, c'est un parti-pris un peu risqué... Merci de votre gentillesse :)

Bonne lecture!

RAR à Guest: C'est exactement ce que fait Luth, quant aux conséquences, c'est un peu différent. Le transplanage peut brouiller un sortilège... mais je te laisse lire ;)


Epilogue

C'est le froid qui me réveille. Par habitude, je tends le bras vers la partie gauche du lit et ne rencontre aucun obstacle. Il est parti. Encore. Je pousse un soupir, songeant à combien je préfère me réveiller lovée contre lui, en sécurité tous les deux, surtout après la nuit que nous venons de passer. Mais je sais que rien ne changera. Comme à chaque fois que je m'éveille seule dans ce lit trop grand, mon ventre se tord d'inquiétude et d'un autre sentiment que je n'arrive pas à déterminer. Tristesse ? Résignation ? Colère ? C'est un peu tout ça à la fois.

Ne supportant pas de rester dans les draps froids plus longtemps, je me lève rapidement pour aller m'habiller. L'appartement de Sirius me renvoie le son de chacun de mes mouvements, amplifiant ma solitude. J'enfile mes vêtements rapidement, l'esprit occupé par des pensées trop sombres pour ce matin ensoleillé de juillet.

Soudain, je regarde avec perplexité ce que je tiens. Depuis quand suis-je dans la cuisine ? Comment cette tasse et cette bouteille de lait sont-ils arrivés dans mes bras ? Je les dépose sur la table en tremblant, puis m'assoie sur la chaise et enfouit mon visage dans mes mains. Cela m'arrive régulièrement depuis l'attaque de Pré-au-Lard. Depuis ce jour où je me suis retrouvée devant chez moi sans savoir comment j'y étais arrivée. Un moment j'étais avec Ann dans le dortoir, et la seconde d'après je me retrouvais dans mon jardin. Entre temps, le noir. On m'a raconté ce qu'il s'est passé, la panique à Pré-au-Lard, mon transplanage en catastrophe. Aujourd'hui encore, j'ai du mal à y croire.

Avec le temps, j'ai appris à supporter ces vides qui surgissent de temps à autre. Tout le monde m'a aidé. Sirius en particulier. Je lui dois beaucoup. Je l'aime tellement. Tellement que j'en meure de peur chaque fois qu'il part. Il ne parle de rien, mais je sais. Je sais qu'il travaille pour cet Ordre du Phénix que j'ai refusé de rejoindre. Même s'il se tait. Je le sais à chaque fois qu'il s'absente. Je le sens chaque matin où je me réveille seule. Et je me liquéfie à chaque seconde qu'il passe dehors. Il le sait.

Brusquement, sans savoir pourquoi, je fonds en larmes. Mes épaules sont secouées de sanglots. Ma vue se brouille et je sens toutes mes émotions contradictoires rugir en moi avec une violence inconnue. Que je lui en veux ! Ce n'est qu'un bel égoïste qui ne pense pas à ceux qui l'aiment.

Je voudrais lui expliquer. Je l'ai déjà fait. Ca n'a rien changé.

Je voudrais lui hurler. Je l'ai déjà fait. Ca n'a rien changé.

Je voudrais le frapper. Je l'ai déjà fait. Ca n'a rien changé.

Je voudrais pleurer. Je l'ai déjà fait. Ca n'a rien changé.

Je voudrais ne plus l'aimer.

Je voudrais le quitter.

Non.

Je vais le quitter.

Mes pleurs se calment à mesure que cette résolution s'impose à moi. Je reste immobile sur ma chaise, frappée par cette évidence. Oh oui, je l'aime. Il a réussi à m'apprivoiser, à écarter mon scepticisme à l'égard de l'amour. Il m'a donné et m'a appris à rendre. Et ces trois années avec lui ont été merveilleuses. Nous étions ensemble. Ensemble pour le mariage de James et Lily. Ensemble lors de la mort de Fabian. Ensemble pour la naissance de Harry. Ensemble pour le meilleur, ensemble pour le pire. Car aujourd'hui, c'est le pire qui arrive chaque jour et le meilleur qui fuit à tire d'aile. C'est Sirius qui part risquer sa vie plus tôt chaque matin et c'est moi qui n'arrive plus à vivre normalement.

Je reste un long moment à m'activer dans l'appartement, tremblante, ressassant mes pensées. Petit à petit, je comprends pleinement toute l'ampleur de ma décision et je m'aperçois que je m'y prépare depuis des semaines. Tous ces jours où j'ai dormi chez mes parents, toutes ces fois où je rassemblais mes affaires plutôt que de les laisser dans son armoire. Tous ces jours de doute et de pleurs pour finalement arriver à cette conclusion. Et à cette peur nouvelle : en suis-je capable ?

J'ai l'impression de me retrouver des années plus tôt, dans le bureau du professeur McGonagall. Et, comme à cette époque, j'ai aussi l'impression de ne pas avoir le choix, bien que ma réponse soit différente. Je ne me sens plus de taille à affronter l'angoisse permanente pour Sirius, ou même pour Lily qui est devenue l'une de mes plus proches amies. Voir Sirius, voir Lily, c'est voir James, Peter, Remus, c'est ne voir que ces gens qui risquent leur vie à tout moment, qui peuvent disparaître d'une minute à l'autre. Je suis nerveusement épuisée par cette inquiétude. Mes sentiments m'ont fait tenir un certain temps, mais je sens bien que c'est terminé. La guerre seule est difficile à supporter, la voir entrer dans notre appartement est trop dur.

A chaque minute qui passe, je vois ma résolution faiblir. « Tu partiras demain » me souffle une petite voix déraisonnable que je n'avais pas entendu depuis longtemps. Cette réflexion m'électrise et me décide. Mes parents avaient raison, je crois. Je me dirige droit vers la chambre et sort ma valise d'un coup de baguette. J'y entrepose frénétiquement les traces de ma présence chez Sirius. La cage de Réglisse, mes habits, mon shampoing, ma brosse à dent. Je ne veux rien laisser, effacer mon existence. M'agiter ainsi m'empêche de douter, me fait oublier de regretter. Je ne veux pas hésiter, pas penser. J'ai fait un choix, il faut l'assumer.

oOoOo

Lorsque Sirius rentre ce soir là, mon cœur se calme enfin. Je suis prête depuis longtemps mais je n'ai pas pu lui laisser de mot. Une toute petite part de moi espère encore qu'il changera, bien que je n'y songe plus sérieusement. Assise à la table de la cuisine, la Gazette ouverte à la page des mots croisés pour m'occuper, je le vois ouvrir la porte. Ses traits sont tirés, il ne sourit pas. La valise est posée non loin de la porte d'entrée, si bien qu'il la voit immédiatement. Son expression change : les commissures de sa bouche s'affaissent et il me regarde, triste et désolé. Lentement, il tire la même chaise qui m'a vue pleurer ce matin et s'y laisse tomber. Je ferme le journal.

Un bref silence, et je me lance.

- Sirius, je… je m'en vais.

Qu'il a été difficile de dire ces trois mots. J'aurai aimé ne pas avoir à le faire. Il soupire.

- Je sais, répondit-il lentement.

Un ange passe, et ni lui, ni moi, ne bougeons. Il semble résigné, renfrogné, mais pas surpris. Il ne pose aucune question. C'est comme s'il savait, s'il l'avait vu venir depuis des semaines. Comme s'il l'avait su avant moi. Ce n'est pas surprenant, après tout. J'ai toujours été la dernière à vouloir faire face à mes sentiments.

Après un moment, il passe une main lasse sur son visage fatigué, et, avec une vivacité surprenante, attrape ma main et la tire à lui. Je voudrais l'enlever avant qu'il ne la saisisse, mais mon corps ne m'obéit pas. Je me déteste d'être aussi faible.

- Tu n'es pas obligée, Luth. Ne me laisse pas. S'il te plait.

Je sens à son ton à quel point il lui en coûte de faire cette dernière tentative, car il sait aussi bien que moi que c'est vain. Mon envie de me laisser convaincre est moins forte que celle de fuir. J'avale ma salive et lentement, avec difficulté, je lui réponds :

- Tu as fait ton choix, Sirius. Laisse-moi faire le mien à présent.

Il laisse ma main partir tandis que je me lève, tremblante, pour aller enfiler ma veste. Il se lève et s'approche. Un peu. Pas assez. Une fois habillée, je me retourne vers lui et nous restons un moment à nous contempler, des non dits au bout des lèvres.

Je voudrais lui dire je t'aime, l'embrasser une dernière fois, l'étreindre, sentir ses bras autour de moi. Il voudrait lancer un « quand la guerre sera terminée… » plein d'espoir, tendre sa main pour effleurer ma joue, puis mon cou, jouer avec une mèche de mes cheveux. Mais nous ne le ferons pas. Moi, parce que je ne suis pas cruelle pour m'accrocher à lui alors que je le quitte. Lui, parce qu'il respecte ma décision tout comme je respecte la sienne. On se connaît par cœur pour savoir tout ce que l'on voudrait faire et se dire, et cela n'en rend les choses que plus difficiles. Car à cet instant, nous partageons la même peine la même haine contre cette guerre qui nous prend tout, petit à petit le même espoir que notre couple soit le dernier sacrifice.

Au prix d'un grand effort, je pose la main sur la poignée. Je sens Sirius faire un geste et je dis tout bas.

- Si j'avais du courage, Sirius, je t'en donnerai.

Puis je me jette au dehors pour qu'il ne voie pas les larmes couler. Je marche rapidement dans l'allée moldue, respirant l'air à grands poumons. Mon cœur est serré, mais je me sens libre. Au creux de mon cou, un phénix d'argent déploie ses ailes.

FIN


Pour la note de fin, je vous laisse vous remettre de vos émotions et je vous retrouve au chapitre suivant.