Coucou tout le monde!

Comme promis, voici le premier des bonus de Memories. Il s'agit d'une explication (partielle) à la dispute des Maraudeurs, et de ce qu'il s'est passé entre Ann et Sirius à la fin du chapitre 11. C'est un texte que j'avais eu besoin d'écrire pour me rendre compte de ce que pouvais savoir Ann et de comment Sirius pouvait y réagir. Eh oui, parfois, il n'est pas toujours facile de savoir vraiment ce que nos personnages peuvent faire en Off. Il n'était pas fait pour être publié, mais je l'ai un peu retouché pour qu'il soit présentable.

Bonne lecture ;)


Ex-pertise

-SIRIUS BLACK ! ESPÈCE DE TRIPLE CRÉTIN DÉGÉNÉRÉ !

Ann planta Luth au milieu du couloir et couru vers Sirius. Il eut à peine le temps de se retourner qu'elle lui enfonçait ses ongles dans le bras et l'entraînait à toute vitesse dans un autre couloir.

- Lâche-moi, Johnson ! fut la première chose que Sirius cria quand il fut remis de sa surprise.

- Certainement pas, Black ! Je sais pourquoi tu t'es engueulé avec tes copains, et laisse-moi te dire que plus crétin que toi, on meure !

Sirius ouvrit la bouche, interloqué tant par le ton que par le sens de ses paroles. Ann profita de ce moment pour ouvrir une salle de classe vide, le jeter dedans et refermer la porte derrière eux.

- Que… Comment tu sais ?! C'est Remus, hein ?! Il te l'a dit ! cracha-t-il d'un ton accusateur.

- Ne raconte pas n'importe quoi.

Après avoir levé les yeux au ciel et poussé un profond soupir, Ann laissa tomber son sac par terre et fit face à Sirius, les points sur les hanches. Devant cette image, le jeune homme se souvint fugacement de l'époque où elle était sa petite amie et avait décidé qu'ils devaient avoir « une explication ». Il avait toujours détesté ces moments.

- Je ne sais pas par quel hasard, mercredi dernier vous avez entendu une conversation entre Luth et moi dans un couloir. Une conversation qui parlait de garçons.

L'air ahuri de Sirius confirma les soupçons d'Ann, qui enchaîna rapidement :

- Et comme tu es amoureux de Luth, tu…

- Pfff, renifla immédiatement le garçon, tu racontes n'importe quoi. Moi, amoureux de Luth ?!

Son air hautain fit plus rire la jeune fille qu'il ne la vexa.

- Oh, arrête, même Lily s'en est rendue compte !

Ah, la petite bande à Black et Potter, toujours à se croire les seuls capables de deviner les secrets des autres ! Leur condescendance était parfois agaçante, parfois ridicule. Ann n'était pas quelqu'un de susceptible et leur laissait volontiers le monopole de l'information, mais… eh bien, remettre ces messieurs à leur place était un petit plaisir dont elle n'allait pas se priver. Qui n'aimait pas avoir raison, après tout ?

De son côté, Sirius ne voulait pas accepter la défaite. Après avoir manqué de s'étrangler après son affirmation, son orgueil de mâle lui fit tenter une nouvelle parade :

- Et qu'est-ce qui vous fait croire ça ?

Ann, têtue également, ne désarma pas. A vrai dire, elle s'amusait beaucoup. Elle adorait les histoires sentimentales, surtout lorsqu'elle avait un temps d'avance. Et voilà qu'elle résolvait un drame qui questionnait toute l'école et concernait sa meilleure amie. Mieux encore – et elle se sentait un peu coupable sur ce point – elle et Luth en étaient indirectement responsables ! Il y avait de quoi susciter l'envie de plus d'une fille dans l'école. Après tout, beaucoup rêvaient d'un beau Gryffondor qui sacrifierait tout pour elle…

- Premièrement, tu fais toujours ton intéressant quand elle est dans le coin, alors que le reste du temps, c'est James qu'on remarque le plus. Deuxièmement, tu n'as jamais pu voir en peinture aucun de ses petits amis – même quand on sortait ensemble ! Troisièmement, si tu es amoureux de Luth, la dispute s'explique.

- La dispute s'explique ?

Ann n'était pas naïve. Tout amoureux transi que Sirius soit, elle savait que les beaux yeux de Luth ne suffiraient pas à briser l'amitié – la glue, plutôt – qui unissait les garçons.

- Vous nous avez entendu parler dans le couloir, expliqua-t-elle patiemment. Tu as entendu qu'elle était amoureuse de Remus, et tu m'as entendu me moquer de toi devant Luth et l'encourager à aller vers Remus. Ca explique pourquoi toi et Remus vous me foudroyez du regard à la moindre occasion – tu ex vexé et il m'en veux de la pousser vers lui et pourquoi Remus évite Luth depuis la dispute…

C'était d'ailleurs une réaction un peu exagérée de la part de Remus. Certes, il devait être gêné vis-à-vis de Sirius, mais enfin, Luth était une fille, pas un monstre ou une maladie contagieuse !

- …et pourquoi tu en veux à Remus : parce que tu crois qu'il a séduit Luth !

Sirius resta sans voix devant la tirade d'Ann. La surprise passée, il se renfrogna. Il n'y avait bien que son esprit tordu pour arriver à ces conclusions. Pourtant, elle avait vu juste, et il aurait du le voir venir. Si Luth avait la psychologie instinctive, Ann était très observatrice. Elle prêtait attention aux détails et les reliaient les uns aux autres. Parfois, son imagination l'emmenait loin – très loin, voir trop loin – mais souvent, elle tirait les bonnes conclusions de ses observations. Dire que James s'inquiétait que Lily ou Luth découvrent le secret de Remus ! Ann lui semblait, à lui, bien plus redoutable.

Malgré tout, il n'avait aucune envie qu'elle sache qu'elle avait raison. Elle était bien trop pipelette pour ça et risquait de tout aller répéter à Luth. S'il y avait bien une chose dont Sirius ne voulait pas, c'était qu'elle l'éconduise gentiment et n'ose plus aucune familiarité avec lui. Pendant qu'il cherchait une réplique pour clouer le bec d'Ann, celle-ci continua à parler et conclu impitoyablement :

- …et laisse-moi te dire que tu te comportes comme un idiot ! Remus n'a rien fait pour que Luth tombe amoureuse de lui. Rien !

Cette fois-ci, Sirius s'énerva. Il avait déjà James et Peter qui lui répétaient ça à longueur de journée, il n'avait pas besoin d'une leçon de morale de plus ! Aussi lança-t-il, avec une superbe mauvaise foi :

- Alors pourquoi elle l'est, hein ?

L'effet recherché fut atteint : Ann se tut et le dévisagea, surprise. Non, atterrée, était le mot juste. Mais plutôt que de se frapper le front de la main, elle reprit de plus belle :

- Parce que justement, c'est le seul gars dans cette école qui n'a jamais glissé la moindre ambigüité dans ses propos ! Même complètement innocemment ! Rappelle-moi une fois où Remus s'est approché d'une fille à moins de vingt kilomètres ! Remus, c'est le… le stéréotype du prince charmant ! Mignon, avec du charme, discret, l'air mystérieux, on a l'impression qu'il porte un lourd secret mais que s'il aimait une fille il donnerait sa vie pour elle… Toutes les filles sont attirées par ça. Fait un sondage et compte les groupies de Remus dans l'école, tu seras étonné de leur nombre !

Merlin, mais il n'avait pas besoin qu'on lui rappelle à quel point Remus était formidable, là, maintenant ! Il se sentait déjà suffisamment mal d'être en froid avec son ami, et songea avec tristesse qu'il aurait du enregistrer la diatribe de sa camarade pour la lui faire écouter : ça lui aurait fait du bien d'avoir un peu confiance en lui. Mais, et la colère revint aussitôt, Remus avait déjà de quoi s'estimer : Sirius, avec sa gueule d'ange et son assurance princière, n'avait pas su plaire à Luth – elle lui préférait « le bel homme mystérieux ».

Ann se méprit sur son silence, l'interprétant comme un scepticisme. Elle le dévisagea puis repris, plus doucement, tentant sans doute d'être un peu pédagogue :

- Luth vous côtoie tous les jours. Toi et James vous avez toujours un compliment à la bouche, une petite phrase ambiguë glissée pour rire, tant et si bien qu'on finit par tenir ça pour acquis. Et je ne parle pas de Peter qui lui voue une reconnaissance éternelle. Remus est le seul qui n'a jamais rien dit ou fait dans ce sens. Et pour une Gryffondor, le séduire, ça représente une sorte de… challenge.

- Mais James n'a jamais dragué Luth ! répondit Sirius, horrifié. Il ne parle que de Lily !

- Ca ne l'empêche pas de faire son charmeur.

Il dû admettre que c'était vrai.

Un silence gêné s'installa dans la salle de classe, et Ann s'aperçut de la résignation de Sirius lorsqu'il s'affala contre une table. Compatissante, elle alla s'asseoir à ses côtés. Ils se connaissaient bien tous les deux. Suffisamment pour savoir qu'ils ne seraient jamais les meilleurs amis du monde, mais assez pour se respecter. Quoiqu'Ann n'aie pas très envie de respecter les quatre garçons tout de suite. Qu'ils se disputent entre eux étaient une chose, mais ni Luth ni elle n'étaient responsables des sentiments de chacun – sans parler du fait qu'ils les aient espionnés dans le couloir. Et sa priorité était de mettre un terme à l'ambiance délétère qui régnait dans leur promotion. Aussi, malgré sa compassion, Ann asséna-t-elle :

- Tu vas aller t'excuser auprès de tes petits copains tout de suite et tu vas leur dire d'arrêter de nous regarder comme des pestiférées. Ca nous gâche la vie pour quelque chose dont on n'est qu'à moitié responsables. Et encore.

- Vrai, et comment tu veux que j'explique à Remus qu'il peut parler correctement à Luth ? contra agressivement Sirius.

- T'es grand, c'est ton ami, tu vas trouver.

Il grogna. À un moment, il s'était demandé pourquoi Ann et lui avaient rompu. Maintenant, il s'en souvenait parfaitement. Elle avait cette tendance à se mêler de tout qui l'exaspérait. D'ailleurs, en parlant de ça, il avait quelque chose à négocier.

- Tu lui diras rien, hein ? À Luth.

- Je ne vois pas pourquoi je lui dirais.

Sirius, surpris de la réponse, haussa néanmoins un sourcil sceptique.

- Euh… c'est ta meilleure amie.

- Justement. Il faut savoir se taire dans ces cas-là.

Il la regarda étrangement, incapable de saisir sa logique, mais soulagé par son assurance tranquille. Maintenant qu'elle avait vidé son sac, elle ne semblait plus énervée contre lui. Et elle avait raison : elle n'était pas méchante et n'aimait pas mettre les gens mal à l'aise, alors… peut-être contiendrait-elle son envie de parler. Uniquement s'il se faisait pardonner de Remus. Et c'était sans doute une chose difficile à faire. Sirius n'aimait pas s'excuser, mais c'était un effort qu'il était prêt à fournir… mais si Remus n'acceptait pas ses excuses ?

Il se redressa, le cœur lourd. Maintenant que les choses étaient claires, il avait un peu espéré qu'Ann démente ses propos… voir même qu'elle en parle à Luth, qui, peut-être réfléchirait à la question ? Ou du moins que cela provoque… un changement de situation. Passer le reste de l'année à la regarder de languir de Remus, quand celui-ci n'oserait plus ouvrir la bouche en sa présence, n'était pas une perspective réjouissante. Mais Ann ne semblait pas disposée à en dire plus : elle était complètement perdue dans ses pensées. C'était sans doute normal : après tout, ils étaient des ex… Gêné par le silence, Sirius se leva et posa la main sur la poignée.

- Tu sais, je ne suis pas sûre que Luth soit vraiment amoureuse de Remus.

Sirius se retourna immédiatement, le cœur battant, laissant la porte ouverte.

- Qu'est-ce que tu as dit ?

- Tu as très bien entendu.

- Pourquoi tu dis ça ?

Ann haussa les épaules.

- Je ne sais pas… Elle a toujours été hum… relativement entreprenante avec les garçons. Ca ne l'a jamais dérangée. Et avec Remus… Elle a eu plein d'occasions et… Elle n'a jamais rien fait.

- Tu crois que j'ai une chance ?

Elle le regarda avec un petit sourire. Il jugea que c'était encourageant. Mais elle répondit :

- Arrange les choses, et on en reparlera.

Nouveau grognement. Ann était parfois plus têtue qu'une Poufsouffle. Tant pis, il y avait une autre chose qu'il voulait lui demander. En temps normal, il n'aurait jamais pensé à le faire – Sirius Black n'était pas du genre à demander la permission ou à se soucier de froisser les egos – mais tant qu'il y était…

- Ca ne te dérangerait pas, si moi et Luth… ?

Ann aurait pu faire mine d'ignorer le sous-entendu, mais elle n'était pas mesquine.

- Ca me ferait sans doute un peu bizarre, mais bon… ça fait longtemps, nous deux, et on ne peut pas dire que ça ait duré, hein ?

Ca, c'était quelque chose qu'il appréciait chez elle. Elle n'était pas rancunière et renouait facilement avec les gens. Après leur rupture, passée quelques semaines, leur relation était revenue à la normale, entièrement de son fait. Lui aurait continué à l'ignorer, trop gêné, mais elle ne lui avait pas donné de raisons de l'être. Après tout, lui avait-elle dit, ils avaient rompus d'un commun accord, chacun sachant pourquoi l'autre ne lui convenait pas. Sur le coup, Sirius avait été vexé, mais avec le recul, il devait en convenir. Ann ajouta ensuite, le regard pétillant :

- Et puis, sans vouloir te vexer, j'ai trouvé mieux !

Elle partit d'un grand éclat de rire et profita de sa surprise pour filer par la porte qu'il n'avait pas lâché. Philip l'attendait.


J'espère que ce bonus vous a plu :) Les deux prochains se passent pendant le chapitre 17, à savoir les vacances de Noël (pour rappel: la mère de Luth est hospitalisée à Ste Mangouste, et Luth se retrouve à passer son nouvel an au Ministère). Je ne sais pas quand ils arriveront. En attendant, j'ai avancé Happiness Therapy (beaucoup plus difficile à écrire que je ne l'imaginais) et le plan de la seconde partie de Memories (trop de possibilités, je n'arrive pas à faire des choix!)

A bientôt :) - Caprice