Bêta : Nanola
NDA : Un chapitre qui va peut-être choquer certaines personnes. Pas parce qu'il est violent, loin de là, c'est même tout le contraire ! Je ne répondrai donc qu'une seule chose, pour ce chapitre et les suivants : les Monoïques ne sont pas vous, c'est une race humanoïde à part, avec leur propre culture, idéologies, traditions et souhaits. On comprend, on ne comprend pas, mais c'est ainsi et je ne changerai pas ce que j'ai fait d'eux. Si ça ne plaît pas et que vous ne pouvez pas concevoir les choses autrement que selon votre propre perception de la vie, la petite croix en haut à droite est pour vous.
Chapitre 26
.
Le dernier ornement
Il m'est arrivé une chose à peine croyable. J'étais dans ma chambre, à tenter de me remettre de la dernière visite que le Seigneur Noir m'avait faite. La séance avait été atroce, comme à chaque fois, et j'étais allongé sur mon lit, incapable de marcher ni même de bouger.
C'est alors que j'ai entendu la clef dans la serrure et qu'un homme vêtu de la cape des Mangemorts est entré dans ma cellule.
Je me suis mis à pleurer.
J'ai cru que c'était lui tout d'abord et savais que j'allais en mourir. Puis, alors qu'il s'avançait, j'ai compris que ce n'était pas lui, mais uniquement l'un de ses sbires. Alors j'ai repris un peu d'espoir. J'ai fait la seule chose que je pouvais encore faire : j'ai supplié l'homme de m'épargner, je lui ai dit que je ne pourrais pas le satisfaire, pas encore, que s'il pouvait seulement attendre deux ou trois jours, il serait bien plus heureux de mes services.
Il ne m'a pas cru.
Il a retiré mes draps alors que sa cape tombait au sol, me révélant son corps nu.
Alors je me suis mis de nouveau à pleurer, roulé en boule sur mon lieu de torture. J'ai attendu les coups, la magie de sa baguette qui allait me faire hurler, puis son corps dans le mien qui m'achèverait.
Je ne pouvais rien faire d'autre que le supplier de ne pas me faire trop mal. Je sais que ce genre de supplique est inutile avec le Seigneur Noir, mais peut-être que cet homme était différent ? Sans doute allais-je bien en mourir, finalement, si ce n'était pas le cas.
Par la grâce des Sylphes, il l'était. Il s'est assis à mes côtés, m'a caressé la joue. C'est la première fois qu'un homme me caresse. J'étais si surpris que je me suis redressé et j'ai vu son visage. J'ai pris sa main, je lui ai embrassé la paume avant de la remettre sur ma joue en fermant les yeux.
Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.
« Livre de Svarog. »
… … …
Le jour se levait, du moins, c'était ce que les sens aiguisés de Draco lui dictaient. Sans ouvrir les yeux, il se colla un peu plus contre le corps d'Ayase, qui dormait encore. Le garçon sourit, détendu. À chaque fois qu'il dormait avec Ayase, il se sentait bien.
Avec un petit soupir, Draco frotta doucement son nez contre le torse imberbe du plus vieux, puis se décida enfin à ouvrir les yeux. Sans bouger, il admira le visage fin au dessous du sien. Ayase était vraiment beau. Draco le dévisagea sans retenue avant que ses yeux ne se fixent sur les lèvres roses, délicieusement ourlées et dont celle inférieure était plus pleine.
Elles avaient l'air douces... Charlie adorait les embrasser. Il embrassait très souvent Ayase, soit juste un petit bécot ou soit, quand il pensait que personne ne les voyait, un baiser langoureux.
Draco sentit un petit pincement dans son cœur. Ils avaient de la chance. Lui et Harry avaient uniquement échangé deux fois de chastes petits baisers. Il les avait adorés mais là, en cet instant, il aurait voulu tellement plus !
Est-ce que les lèvres d'Ayase étaient aussi douces que celles de Harry ? Est-ce que cela serait différent, s'il les embrassait ?
Se laissant gouverner par son envie, Draco avança lentement sa bouche et la posa avec précaution sur celle de l'autre Oméga. Une petite pression, rien de plus.
Il se recula.
Oui, les lèvres d'Ayase étaient vraiment douces et elles avaient comme un petit goût fruité. Pourtant, ce n'était pas aussi bien que lorsqu'il avait embrassé Harry.
Fronçant un peu ses sourcils, Draco recommença.
Les mains d'Ayase se glissèrent dans son dos alors que le brun répondait à son baiser, tout aussi chastement, faisait sursauter le garçon.
Il se recula de nouveau, soudain atrocement gêné.
« Alors, première impression ? » murmura Ayase en plongeant ses yeux noisette rieurs dans les gris.
« C'est doux, mais je préfère Harry, » répondit étourdiment Draco, avec une sincérité désarmante qui fit exploser de rire l'autre homme.
« Vraiment ? »
« Oui... Aya', je t'ai pas vexé ? Et euh... je suis désolé, j'aurais peut-être pas dû. »
Ayase continua de rire, sa main caressant le dos nu de Draco.
« Ne sois pas désolé. Déjà, tu ne m'as pas vexé, du tout. Au contraire, je suis ravi d'apprendre que tu préfères les bisous de Harry. Ensuite, ça ne m'a pas dérangé que tu m'embrasses. Tu as voulu tenter une expérience. »
Draco se redressa sur un coude avant de reprendre.
« Vous le faîtes, au Temple ? Vous vous embrassez ? »
« En fait, non, pas souvent. Si on le souhaite, on se caresse entre frères, on se touche, il arrive même fréquemment que l'on fasse l'amour, mais on ne s'embrasse pas trop. C'est un geste que l'on réserve plutôt pour nos prétendants et surtout, notre compagnon. »
Draco réfléchit encore un peu.
« En fait, c'était très doux de t'embrasser, c'est vrai, mais... Je sais pas, j'avais pas l'impression d'embrasser un autre homme. »
« Plus d'embrasser un frère ? »
« Oui. »
« Logique, puisque c'est ce que je suis. Un grand frère protecteur bien qu'initiateur. Garde tes baisers pour ton futur compagnon. »
Draco soupira tout en se laissant retomber sur la natte et les coussins.
« Tu sais... J'aimerais beaucoup que Harry m'embrasse comme le fait Charlie avec toi. Ça me plairait vraiment beaucoup. »
« Peut-être qu'il le fera bientôt, » répondit Ayase. « Tant que vous vous cantonnez aux baisers. »
« Je ne veux pas faire plus que des baisers. Mais je ne pense pas que Harry le fasse. Je sais maintenant qu'il se retient énormément. Il ne veut pas me brusquer, c'est ça ? »
« Oui, en partie. Il sait aussi qu'en le faisant il risque d'accélérer les choses pour toi, que ta nature Oméga en veuille rapidement plus. Et comme il sait que ta nature humaine n'est pas encore prête, il se retient. Olivier aussi. »
Draco grogna à la mention d'Olivier.
« Quoi, tu ne l'aimes pas ? »
« Si, je l'aime beaucoup. Pas autant que Harry, » avoua Draco. « Quand je pense à Harry, ça me fait tout chaud, là, » déclara-t-il en posa sa main sur son ventre. « Olivier, non. Il est très gentil et Compagnon-Loup sait qu'il ferait un bon compagnon, mais je préfère Harry. »
« Et Ritchie ? »
Cette fois, Draco se renfrogna.
« Non, je ne veux pas de Ritchie. »
Ayase ne dit rien, se contentant de réfléchir de son côté.
« Ayase, tu crois que je pourrai vraiment choisir mon compagnon ? Ou l'Alpha décidera pour moi ? »
« Je ne sais pas trop, Draco, tellement de choses sont mises en jeu lors d'une compétition pour remporter un Oméga. Je n'en sais rien. »
Ayase sentit sans souci la vague de malaise qui émana du plus jeune à cette annonce.
« Ne t'inquiète pas, Draco. Harry est puissant et il le sera de plus en plus. »
Draco hocha la tête, sans rien rajouter. Ayase en profita pour se redresser et s'étirer, allongeant son corps délicatement musclé. Draco laissa son regard dériver sur ce corps et en particulier sur le tatouage.
« Il est si beau, » souffla-t-il, la voix pleine d'envie.
Ayase sourit.
« Aujourd'hui est un grand jour, Draco. Aujourd'hui, tu vas recevoir ton propre tatouage, mais écoute-moi bien, petit disciple, à partir de cet instant je ne veux plus jamais, plus jamais que tu dises que tu n'es pas un Monoïque. Est-ce clair ? »
Le visage émerveillé de Draco valait toutes les réponses au monde, pensa Ayase.
« Oui, oui, promis, » bredouilla-t-il en se mettant à genoux devant son maître. « Oh, Ayase, je vais vraiment avoir mon tatouage ? C'est vrai ? »
« Oui. Lève-toi, on va préparer la poudre pour le tatouage, ensemble, comme le veut la tradition. As-tu choisi les couleurs de ton ornement ? »
Draco se redressa, si ému qu'il sentait ses jambes en flageoler. Il se trouva un peu stupide alors que ses yeux s'embrumaient. Il allait devenir un Monoïque, un véritable Monoïque. Dans son esprit, c'était comme si ce tatouage allait soigner toutes les blessures que la vie lui avait faites. Ayase, le voyant si bouleversé, le prit dans ses bras.
« Oh, Draco, je suis si heureux pour toi ! Et si heureux de ta réaction ! Ne doute pas, mon frère, tu as celle que nous avons tous eue le jour où notre maître nous annonce que nous allons être marqués ! »
« Je suis si heureux, Ayase, si heureux, » balbutia le jeune blond.
Ils se câlinèrent un long moment, puis Draco suivit le plus âgé sur la table, où il déposa plusieurs pots contenant de la poudre colorée. Là, il vida un autre pot rempli de liquide dans le chaudron qu'il posa sur le feu.
« Bien, nous allons préparer les différentes encres, ensemble. Ce sont des encres magiques, Draco. Le tatouage suivra certaines des lignes de ta marque monoïquale, mais pas seulement, comme tu as vu avec la mienne. Il a deux principales vertus : la première, là où ta peau sera marquée, elle sera plus sensible, plus érogène. Elle ressentira plus le plaisir, » expliqua Ayase, faisant rougir le garçon.
« Et euh... Est-ce que moi aussi j'en aurai... euh... »
« Si tu avais lu le livre que je t'avais indiqué la semaine dernière, tu le saurais, » le réprimanda gentiment Ayase. « Tout comme tu saurais ce que je suis en train de t'expliquer. »
« Je sais, Aya', » fit Draco en battant des cils. « Mais le livre de Svarog me plaît tant ! »
Ayase sourit et caressa l'une des tresses blondes.
« Espèce de charmeur, va. Bon, pour répondre à ta question, oui, nous avons tous une partie de notre pénis tatoué, ainsi que tout notre anus. »
Ayase sortit plusieurs longues aiguilles qui firent frémir Draco.
« C'est avec ça que tu vas me tatouer ? Même sur ces parties là ? »
« Oui, mais ne te préoccupe pas de ça pour le moment, chaque chose en son temps. Alors, petit disciple indiscipliné, tu n'as pas lu le livre mais as-tu au moins réfléchi aux couleurs, comme je te l'avais demandé ? C'est d'autant plus important que cela va aussi avec la deuxième vertu du tatouage. Lorsque nous tombons enceint, le tatouage ne prendra qu'une seule couleur durant les premiers mois. Il faudra que tu choisisses laquelle. As-tu déjà choisi ? »
« Oui, » répondit Draco d'une voix un peu tremblante par l'émotion. « Noir et vert. »
Ayase ne dit rien même si son sourire en disait aussi long que des phrases.
« Noir et vert, très bien. Et la couleur indicatrice de grossesse ? »
« Verte, » décida Draco après un instant de réflexion.
« Verte, parfait. »
Les deux jeunes hommes s'affairèrent autour du chaudron et sur la table, Ayase expliquant chaque geste, chaque manipulation ou dosage qu'il faisait devant les yeux ébahis de Draco. Enfin, les encres furent prêtes et le garçon sentit sa nervosité grimper d'un cran alors qu'Ayase le dévisageait, un air tendre et nostalgique sur le visage.
« Bien, le moment est venu, petit disciple. Tu vas donc faire à la lettre ce que je te dis. Tout d'abord, je veux que tu boives cette coupe, entièrement. »
« Qu'est-ce ? Un anesthésique, comme hier ? »
« Non. Tu ne pourras plus aller faire ce que la nature exige pendant deux jours, alors tu vas boire cette coupe et ensuite, je te laisserai un peu d'intimité, » expliqua Ayase avec un fin sourire.
Draco émit un petit « oh » rougeoyant, il se saisit de la coupe et la but d'un trait.
« Ensuite, tu iras directement faire tes ablutions, je vais t'aider. »
Effectivement, après que Draco eut fait ce qu'il devait faire, Ayase lava son corps en douceur. Draco avait cru qu'ils iraient tous deux dans le grand bac de pierre mais il n'en fut rien. L'homme le lava à l'aide de serviettes qu'il humidifiait dans un seau d'eau très chaude. Il lui lava aussi les cheveux et fut particulièrement attentif aux parties intimes. Draco se laissa faire, tout en fermant les yeux, allongé sur une des nattes. Ayase lui passa ensuite une huile étrange sur le ventre, le pubis, le sexe et les fesses ainsi que l'anus, le faisant de nouveau rougir.
« C'est une huile spéciale, faite pour que le tatouage imprègne profondément ta peau et libère la magie des encres, » lui expliqua Ayase avant de lui demander de s'asseoir. « Je t'en remettrai une fois le tatouage apposé. »
Ayase se redressa. Devant les yeux surpris et un peu angoissés de Draco, il continua de préparer le matériel, notamment la table qu'il nettoya. Il posa dessus une natte épaisse et installa des rallonges de chaque côté.
« Draco, viens t'allonger, je veux vérifier que c'est correct, » ordonna-t-il.
Le garçon obéit en tremblant un peu. Il s'allongea sur la table, les jambes écartées sur les rallonges, Ayase entre elles.
« Bon, pour moi ça ira, je peux accéder à toute la peau que je vais te tatouer, » fit Ayase en tâtant le ventre et les fesses de façon purement professionnelle. « Ça va toi, tu es bien installé ? »
« Oui, ça va. Ayase, pourquoi tu as fixé un anneau sur la table ? »
« Pour ceci, redresse toi. »
Draco se mit en position assise, les fesses sur le bord de la table. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il découvrait deux bracelets vraisemblablement en argent. Sa respiration s'accéléra.
« C'est... c'est des bracelets pour m'enchaîner ? »
« Oui. Ce sont aussi des artefacts qui empêchent la transformation. »
« Je connais, » déglutit péniblement Draco alors qu'il se souvenait de sa capture à Pré-au-Lard. « Pourquoi ? »
« Parce que tu risques d'avoir peur, d'avoir mal et que je veux éviter tout problème. En raison de ta nature lupine, tu vas cicatriser très vite comme tu le sais. Il faudra donc faire rapidement pour achever ton tatouage. Je te rassure, tous les Monoïque ont les mains liées pendant que les gardiens font le tatouage, en raison de la douleur. Tu vas reprendre un grand bol de potion et ensuite, je t'aiderai en te soufflant de la poudre de rêve. »
Draco releva des yeux gris un peu perdus vers le plus âgé.
« Je vais avoir mal, donc ? »
« Draco, c'est une étape que nous traversons tous, le prix à payer pour notre ornement. Tu as affronté bien pire. »
Le garçon baissa de nouveau son visage.
« Justement, je voudrais ne plus avoir à souffrir. »
Ayase le prit contre lui.
« Je suis désolé, Draco, les drogues que je vais te donner vont t'aider, mais tu vas ressentir forcément de la souffrance. Du moins un peu. Comme tu vas être un peu... ailleurs, je ne veux pas que ta partie lupine prenne le dessus et t'oblige à te transformer. Je ne pense pas que ce soit le cas, au contraire, il y a de forte chance pour que les produits l'annihilent complètement, néanmoins, je ne veux prendre aucun risque. As-tu confiance en moi, jeune disciple ? »
« Oui, maître, » répéta Draco, tout comme la veille.
« Draco, je ne te l'ai pas dit avant, pour ne pas t'inquiéter, mais je ne peux faire ton tatouage seul. Il est de coutume que l'initié soit tatoué par au moins deux gardiens. Ils vont venir, Draco, tes frères Monoïques vont venir du Temple, pour toi. Tu es heureux de le savoir ? »
Draco cligna les yeux sous la surprise. D'autres émotions affluaient sous son crâne : la crainte de voir des Monoïques et de les décevoir d'une façon ou d'une autre. Plus que tout, ce fut de la joie qu'il ressenti, la joie qu'ils viennent pour lui, l'impatience qu'ils soient déjà là ainsi que le sentiment d'appartenir à une grande famille. Il hocha donc simplement la tête en réponse, incapable de parler.
« Alors bois, »
Draco avala la coupe pleine de potion, se sentant aussitôt partir dans un état léthargique. Il s'allongea de nouveau sur la table, aidé par Ayase. Celui-ci lui passa les bracelets aux poignets, y fixa une chaîne qu'il verrouilla ensuite à l'anneau de fer. Puis il noua des liens en tissu sur ses chevilles.
Le jeune garçon se sentait déjà partir, voguait dans un état proche du sommeil. Plus que la veille. Il sentit qu'Ayase glissait un petit coussin sous sa tête, puis il le vit prendre une sorte de pipe en bois.
L'Oméga brun remplit l'une extrémité de poudre et la glissa dans l'une des narines de l'adolescent, plaça l'autre dans sa bouche et souffla fortement dedans, envoyant la drogue dans l'organisme de Draco qui se cambra. Ayase fit ensuite de même avec la deuxième narine.
Draco ne sut combien de temps passa, peut-être une minute, ou dix. Puis Draco sentit un changement dans la tente, comme un souffle. Son odorat lui appris que deux autres personnes étaient là. Des Hommes, pas des Lycanthropes. Non, plus que des Hommes rectifia-t-il de lui-même. Des Monoïques.
« Ayase, est-ce que tout est prêt ? » demanda une voix douce bien que basse.
« Oui, Maître, mon disciple est prêt, » répondit Ayase en s'inclinant devant une forme rouge.
La peur monta en Draco, sans qu'il n'y puisse rien y faire. Il gémit et chercha à se débattre de ses liens.
« N'aie pas peur, Draco, » souffla aussitôt la voix d'Ayase à son oreille. « N'aie crainte, tu es dans de bonnes mains. »
Le regard noisette de son ami calma le jeune soumis. Il avait confiance en lui. La peur reflua peu à peu.
« Ayase, il est vraiment aussi magnifique que tu nous le disais ! » s'exclama alors une autre forme recouverte de tissu carmin tandis que Draco sentait une main qui courait sur son corps dénudé.
« Oui, vraiment magnifique, » renchérit le premier gardien.
Ce dernier se pencha à son tour vers Draco.
« Bonjour, jeune Draco. Je suis ton maître tatoueur, je suis celui qui contrôlera ce qui va se dérouler ici. Tu es un Monoïque, tu es mon frère, de mon sang et de mon rang. Et aujourd'hui, tu vas recevoir l'ornement ultime qui montrera à tous l'origine de ta caste. »
« Oui, Maître, » balbutia Draco.
« Ayase, a-t-il bien reçu l'éducation nécessaire ? » demanda le premier Monoïque
« Oui, Maître. Il ne manque qu'une seule chose, celle dont j'ai parlé au Temple. »
Le Monoïque hocha la tête en réponse.
« Bien. Ayase, aujourd'hui tu seras assistant. Second, tu tatoueras avec moi. »
« Oui, Maître, » répondit le deuxième Monoïque en s'inclinant également.
« Que la cérémonie commence, » déclara alors le premier en enlevant différentes couches de tissu qui recouvraient son corps.
Draco essaya de fixer ses yeux sur les formes désormais à moitié nues qu'il voyait. Les têtes des deux gardiens étaient toujours recouvertes d'un voile rouge qui cachait leurs cheveux et leur front. Le bandeau carmin revenait également sur le nez et le menton, laissant deux uniques fentes libres sur le visage, à savoir pour les yeux et la bouche.
« Ayase... » geignit-il.
« Fais-moi confiance, Draco, » répondit de suite l'Oméga en lui caressant les cheveux. « Fais confiance à notre sang, à notre enseignement. Laisse-les faire ce qui doit être fait. Tout ce qui doit être fait. »
Une forme carmine se pencha à son tour vers lui, un tissu rouge fut posé sur ses yeux et la voix du second s'éleva doucement à son oreille.
« Draco, tu es un Monoïque. Notre frère Monoïque perdu et retrouvé. Le Temple pense qu'il serait bon et juste que tu fasses l'expérience de ta caste, que tu vives chaque étapes que nous vivons tous. Comprends-tu de quoi je veux parler ? »
Draco hocha la tête. Oui, il comprenait parfaitement. Son corps était déjà perdu dans les brumes, pas encore sa tête.
« Fais-tu confiance à tes frères ? Fais-tu confiance au Temple ? Es-tu prêt, Draco ? Le veux-tu ? »
Le jeune soumis inspira longuement. Il respira l'odeur suave et étrangement apaisante des trois hommes. Ils sentaient bon la douceur, tout en eux transpirait la compassion, l'empathie et la tendresse. Ils étaient fait d'amour et de respect. Avec eux, Draco sentit ses peurs s'envoler.
Il était un Monoïque. Il voulait, ne serait-ce que pour quelque heures, être un véritable Monoïque comme ceux élevés au Temple, oublier qu'il était aussi devenu par la force un Oméga.
Draco hocha de nouveau la tête alors que les mains et la bouche des deux gardiens se posaient sur son corps. Ayase repositionna l'étrange pipe dans son nez afin de lui souffler une deuxième dose de drogue, l'envoyant cette fois dans des limbes colorées de carmin, faites de douleur et de plaisir mêlés.
… … …
Quand Draco se réveilla, il ne savait plus si ce réveil était le bon ou non et surtout, s'il n'avait pas rêvé tout ce qui s'était passé. Après tout, il s'était déjà éveillé dans les bras d'Ayase auparavant, alors, est ce que tout était vrai ?
Il ne se posa pas la question très longtemps et ce pour plusieurs raisons. La première fut le sourire un peu timide d'Ayase alors qu'il le tenait dans ses bras, ainsi que ses lourds cernes sous ses yeux noisette fatigués, preuve qu'il n'avait pas dû dormir bien longtemps si seulement il avait dormi. Draco se rendit ensuite rapidement compte de la douleur sur son ventre, ses parties génitales et son anus. Elle n'était pas violente, juste sourde, comme une brûlure en voie de guérison. Mais elle ne laissait que peu de place au doute.
Draco se racla la gorge, se sentant engourdi et endolori de partout.
« Comment te sens-tu, mon frère ? » murmura Ayase en lui enleva les cheveux qui collait sur son front pâle.
« Je sais pas trop, » répondit Draco avec sincérité, la voix rauque. « Ayase, je n'ai pas rêvé, n'est-ce pas ? »
« Cela dépend. De quoi veux-tu parler ? »
« Des Monoïques. Ils étaient vraiment là, n'est-ce pas ? »
« Si tu veux parler des deux gardiens, oui, ils étaient bien là. »
Draco hocha péniblement la tête. Il humecta ses lèvres sèches, cherchant dans ses souvenirs embrumés ce qui s'était passé.
« Attends, je vais te donner à boire, » fit Ayase en le redressant légèrement et en portant à sa bouche une coupelle d'eau fraîche.
Le garçon but plusieurs gorgées, alors qu'il se souvenait soudain que ce n'était pas la première fois qu'Ayase faisait ce geste pour lui. Ayase ne l'avait pas quitté, pas une seule seconde, il le savait. Il l'avait protégé, soigné, il avait veillé sur lui.
« Combien de temps ? » souffla Draco.
« La cérémonie a commencé hier matin, » répondit Ayase, comprenant de suite de quoi voulait parler Draco. « C'est la nuit du deuxième jour. Nos frères sont partis pendant la soirée d'hier. Tu as dormi toute la nuit et tout le jour d'aujourd'hui. Ne t'inquiète pas, c'est normal en raison des drogues et de l'acte en lui-même. Ce n'est pas un simple tatouage, c'est un acte magique qui a puisé dans tes réserves, dans tes forces. Mais tu vas vite récupérer, il faut juste bien te reposer. »
Draco chercha cependant à s'asseoir tandis que ses mains partaient vers son nombril.
« Non, non, ne touche pas, pas encore, » le stoppa gentiment Ayase.
« Je veux le voir, Ayase, s'il te plaît, je veux le voir, » supplia Draco alors que le plus vieux l'obligeait à se rallonger.
« Oui, je vais te le montrer, » sourit-il.
Ayase se redressa et alla chercher un miroir calé contre l'un des murs. Il le porta et le plaça de façon à ce que Draco découvre ce qui ornait désormais son ventre. Les yeux gris s'agrandirent, la respiration du garçon s'accéléra alors qu'il voyait enfin sur son corps ce dont il avait tant de fois rêvé.
Il était magnifique. Cette fois, il voulait bien le croire, malgré la peau rouge, boursouflée et les quelques croûtes qui y résidaient. Sur son ventre, au dessous de son nombril, un calice fait de liens, d'entrelacs noirs et verts reposait. Il s'étalait tout autour du nombril et la tige descendait plus bas, sur le pubis. Là, la peau était pratiquement entièrement tatouée, cela faisait comme un dessin, des arabesques reposantes. Deux traits, l'un noir, l'autre vert, s'enroulaient ensuite sur son pénis, s'étirant en s'affinant jusqu'au prépuce. Deux autres traits descendaient encore plus bas, entre ses fesses de ce que Draco pouvait en voir.
Il ferma les yeux, laissant des larmes de joie, de soulagement, s'écouler sur ses joues. Il hoqueta, sans se retenir tandis qu'Ayase se rallongeait à ses côtés et le câlinait. D'autres souvenirs refluaient à lui. Il se souvenait des deux gardiens qui le touchaient, l'encourageaient alors que les aiguilles recouvertes d'encre piquaient sa peau. Il se souvenait de la poudre verte qu'ils jetaient au fur et à mesure sur les marques encore fraîches, de la douleur qui s'ensuivait. Il se souvenait des mains des gardiens sur son corps, de leur langue... Ce n'était que des flashs, faits de taches de couleur et de sensations.
Il y avait eu de la douleur, mais aussi du plaisir. Plaisir quand les mains des gardiens étaient sur son membre dressé, plaisir quand leur langue l'avait léché à des endroits pour le moins incongru. Plaisir quand leur sexe... Subitement, il se souvenait aussi de ce qu'ils lui avaient fait, avec douceur, profitant du fait que sa nature lupine était endormie.
Draco rouvrit les yeux.
« Ayase... » souffla-t-il alors que le brun le caressait toujours.
« Ayase, » reprit Draco en tournant son visage vers lui. « Les gardiens... Ils m'ont... J'ai été initié, n'est-ce pas ? Je veux dire... totalement initié... »
Le visage de l'Oméga brun se tordit un peu, ses yeux se baissèrent alors que Draco ressentait sa tristesse, sa peur.
« Draco... Je suis désolé, mon frère... Je ne savais pas s'ils allaient vraiment le faire ou non, même si c'était plus que probable, c'est vrai. J'aurai dû t'en parler, je suis désolé. Ne m'en veux pas, mon frère, je t'en supplie ! J'en avais parlé au Temple. Nos frères, les autres gardiens et le Grand Maître pensaient comme moi. Tu es un Monoïque, Draco, tu devais vivre toutes nos initiations, toutes nos coutumes et nos traditions. Je ne voulais pas t'effrayer, parce que je sais très bien que ta partie humaine est effrayée de le faire. Mais comprends-moi, je sais aussi que ta nature Oméga te pousse de plus en plus vers un mâle, elle veut un compagnon, Draco, et j'estime qu'il était de mon devoir d'aider ta nature humaine à comprendre que l'acte sexuel n'est pas que douleur. S'il te plaît, mon frère, pardonne-moi... »
À la surprise du garçon, Ayase se blottit contre lui et se mit à pleurer. Draco passa son bras sur les épaules dénudées du mâle, ses yeux grands ouverts. Puis il se mit à sourire.
« Ayase, mon frère, ne pleure plus. J'avais accepté, j'étais d'accord et… Je suis si heureux. Pour la première fois depuis... des mois, je suis heureux. Je me sens complet, enfin... moi. »
Ayase redressa son visage qu'il avait posé sur la clavicule de Draco. Avisant le regard gris, il sourit en retour, malgré ses dernières larmes.
« Tu es ce que tu devais être. »
Draco hocha la tête et embrassa l'autre Monoïque sur le front.
« Ces deux gardiens, quels étaient leurs noms ? »
« Je ne peux te le dire, les noms et les visages de ceux qui initient doivent rester secrets. Tu te souviens de ce qu'ils ont fait ? »
« En partie. Tout est flou dans mes souvenirs. Je sais que j'ai pleuré à cause de la brûlure du tatouage. Je sais aussi que j'ai aimé leurs attouchements et ce qu'ils ont fait, de plus intimes. Ils m'ont pris tous les deux, n'est-ce pas ? »
« Oui, » lui confirma Ayase.
« Je me souviens que je me suis senti aimé, » souffla Draco. « Et apaisé. »
« Comprends-tu maintenant ce que je peux ressentir avec mon compagnon ? »
Draco réfléchit un instant, ses doigts s'emmêlant dans les cheveux bouclés.
« En partie. Mais je ne fais pas encore confiance aux mâles dominants. Je sais, du moins, une partie de moi sait que les mâles de la meute ne seront pas violents comme ceux de Greyback. Mais ma partie humaine a encore peur d'eux, peur de leur sexe et de ce qu'ils peuvent en faire. »
« Pourtant tu as aimé ce qu'ont fait les gardiens. »
« De ce que je me souviens, oui. Mais j'ai confiance en mes frères Monoïques, pas encore aux autres hommes. »
Ayase fronça ses sourcils, comprenant que la bataille n'était pas encore totalement gagnée avec Draco. Néanmoins, il était impératif que sa partie humaine soit rassurée tant il était évident que sa nature Oméga suivait sa destiné et réclamait avec de plus en plus de force une union, y compris charnelle.
Il se redressa sur ses coudes et inspecta le nouveau tatouage.
« Il est vraiment très beau. Tu peux être fier de qu'ont fait nos frères. »
« Je le suis. Ayase, pourquoi vous en appeliez un ''maître'' ? »
« Il fait partie du Conseil au Temple, c'est tout ce que tu sauras et c'est déjà beaucoup, je ne suis même pas sûr que j'aurais dû te le dire. C'est un ancien, très sage. Je pense qu'il deviendra le prochain Grand Maître, en tout cas je le souhaite. Nous lui devons respect. Indépendamment de cela, c'est un homme que j'apprécie beaucoup. Je pense qu'il a été l'un de mes initiateurs quand j'étais jeune. Quant à l'autre, c'est un de mes amis, j'ai toute confiance en lui. Je savais qu'il y avait de très fortes chances que ton initiation soit complète, j'en avais discuté au Conseil lors de ma dernière visite au Temple. Ils ont pris leur décision au dernier moment mais j'avais demandé que ce soit eux qui m'assistent pour ton tatouage dans tous les cas. Au final, c'est moi qui les ai assistés, » déclara Ayase.
Draco continua ses caresses dans les cheveux bruns, réfléchissant aux paroles de l'Oméga.
« Ces hommes, ils ont été tes amants une fois ton initiation passée ? »
Ayase ne répondit pas de suite, se laissant sans doute le temps de la réflexion.
« Oui. Je savais donc qu'ils seraient parfaits pour toi si tu étais initié. »
Les deux Omégas se cajolèrent un long moment, chacun dans les bras l'un de l'autre. Draco appréciait réellement ces moments de grande tendresse entre eux. Il savait que c'était dû tant à sa nature monoïque que celle d'Oméga, mais il s'en délectait profondément.
« Je t'aime, Ayase, » souffla-t-il.
« Moi aussi, » répondit le plus âgé d'une voix douce avant de se mettre à bâiller.
« Tu es fatigué, tu devrais dormir un peu. »
Le brun sourit en se mettant à genoux. Il dévisagea Draco avant qu'une de ses mains ne caresse la joue pâle.
« Tu as changé, Draco. Je te sens plus serein, plus sûr de toi. »
« Je me sens bien. J'ai accepté qui je suis. Du moins, j'ai accepté totalement le fait d'être Monoïque. La partie Oméga sera un peu plus douloureuse pour moi. J'aurais aimé pouvoir partir au Temple avec eux, être là-bas et être présenté, comme mes frères. » Il soupira. « Mais c'est impossible. Je serai bientôt donné à un mâle après une simple compétition, je le sais. C'est triste. »
Ayase fit une petite moue, comprenant sans peine les mots de Draco.
« Ne pense pas à cela pour le moment, mon frère. Je vais finir tes soins et ensuite, nous prendrons un bain. Après seulement nous dormirons. »
« Un bain ? Malgré le tatouage ? »
« Oui, je vais mettre des essences dans l'eau, elles aideront ta guérison. Tu guériras vite, quoi qu'il en soit. »
« Combien de temps encore ? » demanda Draco.
« Avant la guérison totale, je dirais demain soir au plus tard. Mais tu ne sortiras de cette tente que samedi, pas avant. »
Là-dessus, Ayase prit la fiole contenant l'huile qu'il avait déjà passée sur Draco et s'en oignit les mains avant de les poser sur le corps chaud du garçon qui serra les dents.
… … …
Il était nerveux, très nerveux.
« Draco, par pitié, arrête de gigoter ainsi j'ai toutes les peines du monde à te faire cette foutue tresse ! » râla Ayase pour la seconde fois.
« J'aimerai t'y voir, toi ! C'est facile de dire ça, tu réalises pas je crois ! » protesta le jeune blond.
« Tu te fiches de moi ? Si, je réalise très bien, merci. Ce que je réalise surtout c'est que tu vas me faire le plaisir d'apprendre à faire tes tresses tout seul correctement ! »
« Je sais faire mes tresses ! C'est toi qui es tatillon, c'est tout ! »
Le regard sombre de l'Oméga ainsi que le grognement sourd qui s'échappa de sa gorge lui firent baisser les yeux. Draco montra sa gorge, en signe de soumission, mais ce geste eut pour effet secondaire de tirer sur les mèches fines qu'Ayase était en train de tresser, faisait grogner davantage le brun.
« Pardon, » s'excusa platement Draco alors qu'Ayase se reculait en soupirant. « Pardon Ayase, je ne bougerai plus, tu veux bien continuer ? »
« Je croyais que tu savais faire tout seul, » bougonna Ayase en reprenant toutefois sa tâche dans les cheveux blonds.
« Tu les réussies bien mieux que moi et... Je voudrais vraiment être... proche de la perfection, tu vois, » murmura Draco d'une voix pleine d'appréhension.
Ayase sourit. Il termina rapidement et avec dextérité la tresse de Draco, qu'il noua non pas grâce à un lien mais avec les cheveux-mêmes, très fermement.
« Voilà, tu peux te regarder. »
Draco se retourna vers le grand miroir debout contre le mur. Il ne dit rien, découvrant le Monoïque blond qui lui faisait face. Le jeune homme était plutôt petit, mais délicieusement musclé, tout en finesse, comme il seyait à sa caste. La peau semblait douce, veloutée, malgré les nombreuses cicatrices que ses yeux aiguisés voyaient. Les cheveux retombaient en une cascade dorée sur ses épaules nues, pâles. Ses oreilles apparaissaient, laissant apercevoir les lobes qu'Ayase avait percés ainsi que les boucles faîtes en coquillage qui y étaient désormais accrochées. Son torse était bien dessinée, ses hanches un peu étroites et sa silhouette androgyne. Ses tétons, d'un rose nacré, pointaient malgré la chaleur. Les jambes étaient longues, faites pour la course ou la danse à n'en pas douter. Le regard clair s'attarda ensuite sur le tatouage sombre, à la fois familier et inconnu, promesse de tant de choses dans l'esprit du Monoïque.
Draco avait revêtu pour la première fois la tunique, celle-là même qu'il avait refusée avec force une semaine auparavant. Il ne portait qu'elle, petite jupe courte qui dévoilait tout de ses cuisses fermes. Elle comportait toutefois une sorte de short, ou de caleçon, sous la bande de tissu clair qui était ceint sur ses hanches, évitant ainsi à quiconque aurait l'idée idiote de soulever la tunique de voir ce qui se cachait dessous. Ses fesses, son sexe, mais surtout l'entièreté de son tatouage ne seraient pas visibles.
Ce serait la première fois que Draco se montrerait en public en tant que Monoïque accompli. Et aussi peu vêtu, lui qui n'avait jamais voulu dévoiler son corps à la meute.
Alors il était anxieux, anxieux de la réaction des mâles autour de lui. Il était Monoïque mais ici, dans cette meute, dans sa meute, il était un Oméga. Plus encore, un Oméga sexuellement mature qui avait au moins trois prétendants attitrés. Et que cela lui plaise ou non, Compagnon-Loup avait hâte de se montrer à eux, de jouer avec eux, de flirter avec eux afin de tester son pouvoir de séduction qu'il avait senti comme mûrir et se décupler durant cette semaine.
« Tu es prêt ? » demanda Ayase en posant ses mains hâlées sur les épaules blanches.
« Oui, je crois. J'ai peur mais j'ai envie de sortir de la tente. »
Comme Ayase lui avait promis, après une petite semaine passée en reclus, le samedi matin s'était levé et avec lui, la révélation de l'Oméga à la meute.
« Tu vas faire des ravages, Draco. Déjà avant tu étais attirant, mais là, tu vas avoir tous les dominants à tes pieds, » déclara Ayase en le retournant vers lui.
Les joues pâles se teintèrent un peu.
« Oh, tu sais, juste un me suffirait amplement, » balbutia Draco.
« Je me doute, » fit Ayase. « Par contre, Draco, tu ne dois parler à personne de ce qui s'est passé dans cette tente, tu entends ? Personne. Nul ne doit savoir que des gardiens sont venus, ni ce qu'ils ont fait. »
Draco fronça ses sourcils.
« Tu veux dire pour mon initiation ? »
« Oui, entre autre, mais même pour le tatouage ou le reste. »
« Pourquoi ? »
« En ce qui concerne les gardiens, c'est en partie parce que notre Alpha ne voulait pas que tu connaisses le mâle avant ton compagnonnage. Inutile donc de lui apprendre que nous avons désobéi. Ensuite, personne ne sait que des Monoïques viennent ici, ou que moi, je m'en vais au Temple, même si beaucoup s'en doutent en ce qui me concerne. Enfin, personne n'a à savoir ce que nous faisons ni comment nous le faisons. Tu dois comprendre, Draco, que les secrets qui appartiennent aux Monoïques restent aux Monoïques. »
Le garçon hocha la tête, avec sérieux.
« Je ne trahirai pas notre sang, Ayase. »
« Je suis si fier de toi, » s'émut le brun en le prenant contre lui.
Enfin, après un dernier câlin et passage nerveux de doigts pâles dans des cheveux blonds, les deux hommes sortirent de la tente monoïquale.
Ils marchèrent d'un pas tranquille, mais ne prirent pas la direction de la maison de Charlie, comme Draco l'avait tout d'abord pensé. Ayase le conduisait vraisemblablement au centre du village, puis, traversant ce dernier, ils arrivèrent devant la maison de l'Alpha où nombre de Lycanthropes attendaient.
Des murmurent s'élevèrent, chacun constatant que la meute comptait dorénavant non seulement deux Omégas, mais bien deux Monoïques.
Draco baissa les yeux, ne pouvant s'empêcher de rougir face aux propos des autres Werwulfs. Ils le trouvaient beau, désirable, magnifique... La respiration du petit mâle augmenta alors qu'il s'approchait de personnes importantes qu'il reconnut à l'odeur. Il avait toujours peur en la présence de l'Alpha, pourtant, si son corps tremblait et si ses mains devenaient moites, ce n'était pas qu'en raison de la présence de Gideon, mais surtout en raison de celle de son fils adoptif à ses côtés.
Les sens de Draco se mirent en alerte, espérant que sa nouvelle apparence plairait à Harry. Si ce n'était pas le cas, il en serait désespéré.
Le silence se fit peu à peu dans la foule alors que l'odorat de Draco, ainsi que son ouïe, lui indiquaient que l'Alpha s'approchait de lui. L'ombre de Gideon fut bientôt sur lui, à lui tourner autour. L'adolescent garda prudemment ses yeux gris baissés bien qu'il s'efforça de garder un bon maintien. Il était heureux de son apparence et ne voulait pas faire honte à ses frères.
Malgré ses bonnes résolutions, le fait que l'homme ne cesse de lui tourner autour, de le renifler, même d'un bon mètre de distance, finit par réellement l'effrayer. Sans pouvoir se contrôler davantage, ses mains se mirent à trembler, de même que ses lèvres alors qu'il fermait les yeux. Est-ce que l'Alpha était mécontent ? Est-ce qu'il allait les punir, lui et Ayase pour avoir fait de lui plus un Monoïque qu'un Oméga ? Pire, est-ce que son apparence allait lui plaire, à lui aussi, malgré ses paroles durant son intronisation à la meute, le faisant le revendiquer pour son propre compte ?
Draco ne réalisa pas vraiment que Compagnon-Loup gémissait de concert avec lui et appelait à son secours un dominant protecteur contre cette menace, réelle ou imaginaire, qui dévorait son cerveau.
« Cesse de trembler, petit Oméga, » grogna l'Alpha.
« J'essaye, » murmura Draco en montrant sa gorge.
L'homme s'avança encore et bientôt Draco sentit le nez de Gideon parcourir son cou, sa joue, ses cheveux, puis les lèvres et les dents de l'Alpha se posèrent sur sa gorge.
« Alpha, Draco est terrorisé, puis-je m'approcher à mon tour ? Tous ses sens m'appellent à lui, » fit une voix grave et chaude.
« Harry, » souffla Draco en gardant ses yeux clos.
Cependant, il ne put empêcher l'une de ses mains de se tendre là où, il le savait, se tenait le dominant. Un murmure parcourut les Lycanthropes présents, étonnés tant de la demande du fils que du geste du jeune Oméga.
Gideon se recula, observant Harry, fier et droit qui soutenait son regard sans broncher et dont l'aura de puissance semblait enfler, et Draco, fragile et tremblant, si resplendissant de beauté et d'élégance malgré sa frayeur.
« N'y a-t-il que ses sens qui t'appellent, fils ? » gronda l'Alpha. « Me crois-tu si vieux que je ne puisse sentir les tiens, qui l'attirent vers toi ? »
Harry ne répondit pas, se contentant d'avancer encore vers l'Oméga.
« Puis-je, père ? »
Gideon les regarda encore, puis s'effaça devant le plus jeune.
« Je t'en pris, Parvis Alpha, » déclara-t-il, s'attirant un nouveau murmure de la part de la foule et une étincelle de surprise dans les yeux verts. « Mais n'abuse pas de ton rang ou tu sais ce qui s'en suivra. »
Harry hocha le tête, il ne rajouta rien aux paroles de Gideon, préférant faire les quelques pas qui le séparaient du jeune blond. Ce dernier, sans ouvrir ses yeux, se réfugia dans les bras réconfortants du mâle.
« Harry, » chuchota-t-il de nouveau, bien que d'un ton plus serein que précédemment.
Il se sentit de suite rassuré, apaisé par la présence si puissante et bienveillante du dominant. Au bout de quelques secondes, ils se séparèrent, Draco osant enfin ouvrir ses yeux afin de découvrir le visage extasié de Harry qui ne le lâchait pas du regard.
« Est-ce... Te plais-je, Harry ? » demanda-t-il d'une voix douce bien qu'anxieuse.
« Oh, Draco, » répondit le mâle en passant sa main dans les cheveux d'or, s'attardant un bref instant sur l'une des tresses puis caressant le lobe nouvellement percé.
Les yeux verts émerveillés descendirent plus bas, sur le torse dénudé et se fixa sur le ventre orné. Harry retint sa main. Il n'avait pas le droit de toucher le tatouage, pas de la façon dont il le désirait. Seuls les amants des Monoïques le pouvaient et malheureusement, lui ne l'était pas.
Pas encore, grogna furieusement son loup, mais bientôt Draco serait entièrement sien.
« Draco, tu n'as pas idée à quel point je te trouve magnifique. Tu es encore plus extraordinaire que dans mes rêves les plus fous. »
Draco eut un immense sourire qui réchauffa délicieusement Harry, tant dans son cœur que dans ses reins.
« Bien, maintenant que nos Omégas sont, enfin, de retour parmi nous, il est temps de nous rendre au cercle ! » cria Gideon. « Et que les festivités du solstice d'été commencent ! »
Les autres Lycanthropes hurlèrent de joie en chœur et se mirent en branle. Cependant Draco le remarqua à peine. Charlie, Asami et Ayase étaient avec lui, l'entraînant à la grande clairière, mais plus encore, Harry était avec lui, lui tenant fermement la main.
… … …
À suivre
… … …
NDA : Bien, j'espère que ce chapitre vous aura plu, en attendant le prochain, une petite pause pub. Mon amie et auteur Chapaf, connue également dans le monde de l'édition sous le nom de Cha Raev, trois autres auteurs et votre humble serviteur (moi, quoi ^^") avons un recueil de nouvelles qui sortira, sous le titre "Fées d'hivers" et sous format ebook ou livre traditionnel (avec du vrai papier, si, si) en janvier, via la maison d'édition qui a déjà publié Cha pour son livre "Totally Nuts" que je vous reconseille. Il s'agit bien sûr d'œuvres originales et non pas de fanfictions.
Je vous souhaite un bon réveillon et vous dis : à l'année prochaine !
