Bonjour à tous et joyeux 1er mai (pour les français) !
Voici le second bonus, qui se déroule juste après que Luth ai appris que l'état de santé de sa mère était plus préoccupant qu'elle ne le laissait paraître. Elle n'a pas encore confronté ses parents, mais le médicomage de Ste Mangouste vient de dire à Cassandra que Luth lui avait posé des questions...
Merci à Rozen Coant pour sa review !
Bonne lecture.
Gryffondor
Cassandra Selwyn poussa un profond soupir de lassitude quand la Médicomage Penrose quitta sa chambre. Elle s'enfonça davantage dans l'oreiller, fixant un point invisible. Elle savait maintenant pourquoi Luth s'était subitement renfermée, elle connaissait la signification du regard noir qu'elle lui avait adressé en partant.
Luth savait. Et sa mère tremblait qu'elle agisse sans réfléchir, comme la Gryffondor qu'elle était. Parce qu'elle était Gryffondor et c'était là tout le problème.
Edward avait fait ses études à Poufsouffle, Cassandra à Serdaigle. Ils pensaient voir leurs enfants répartis dans l'un de ces maisons, d'autant plus que tout le monde jurait que Luth tenait de son père. Ils avaient donc envisagé sereinement Poufsouffle, Serdaigle peut-être mais certainement pas Gryffondor car il n'y avait aucun antécédent familial. La répartition de leur aînée avait donc surpris le couple, surprise qui n'avait pas été moindre quand Keith avait rejoint sa sœur.
Surprise, oui, c'avait été le mot pour définir les sentiments de Cassandra à cette époque. Le monde était en paix et la maison n'avait pas grande importance ce n'était qu'un moyen de rassembler les jeunes, de les aider à grandir. Qu'importait que Luth soit à Gryffondor ? Elle y rencontrerait des gens qui lui correspondraient et ferait une scolarité sans histoire, comme beaucoup d'autres. C'était, à peu de choses près, ce qu'il s'était passé. Ce qu'il se passait encore, d'ailleurs.
Sauf qu'aujourd'hui, il y avait la guerre. La guerre qui avait très vite éclaté après la première année de Luth. Les simples disparitions constatées par le ministère s'était multipliées et un nom avait surgit : Lord Voldemort. Personne ne savait rien de lui. La seule chose sûre était qu'il frappait chaque jour plus fort, plus vite. Et le véritable combat avait commencé.
En tant qu'Oubliator, Edward s'était immédiatement retrouvé impliqué. S'il arrivait après la bataille, c'était à lui et ses coéquipiers d'analyser les scènes de crime, de chercher des indices. Des indices pour vaincre, mais des indices qui pouvaient aussi lui coûter la vie. Et Cassandra tremblait.
Elle n'était que diplomate, chargée d'apaiser les tensions au ministère, de convaincre chaque département de lutter plus efficacement contre les Mangemorts, d'endiguer la corruption, de chercher de l'aide là où elle pouvait en trouver : chez les créatures magiques ou à l'étranger. A sa manière, elle luttait, elle aussi. Et elle tremblait.
Cassandra n'était pas une Gryffondor, de près où de loin. Elle était une Serdaigle, de ceux qui analysent froidement les situations, pèsent le pour et le contre, agissent en conséquence. De ceux qui réfléchissent. Et cette réflexion lui pesait, l'effrayait. Elle et son mari faisaient leur métier car ils le devaient et qu'il n'était pas dans leurs principes de faillir à la tâche. Ils protégeaient s'ils le pouvaient, mais ils refusaient de se mettre en danger. Ils n'attaquaient pas, ne provoquaient pas, car il fallait survivre avant tout. Ils avaient une famille. Ils étaient parents.
Au début, Cassandra ne s'inquiétait pas pour ses enfants. Ils étaient à Poudlard, l'endroit le mieux protégé de Grande-Bretagne, sous la garde des meilleurs professeurs du pays et surtout, d'Albus Dumbledore, le seul à effrayer Vous-Savez-Qui. Mais, à mesure que la guerre s'éternisait, ce sentiment s'effilochait.
Elle voyait Luth grandir et s'affirmer. Gryffondor développait son côté emporté, impulsif, déterminé. Elle avait alors réalisé ce que Gryffondor signifiait.
Luth côtoyait les ennemis de Voldemort. De par ses fréquentations, de par sa maison, elle était une ennemie. Elle ne pouvait pas être neutre. Elle était Gryffondor, l'antithèse de Serpentard. Cassandra ne s'apercevait même pas qu'elle s'arrêtait aux stéréotypes. Quand elle pensait à cette maison, elle ne voyait pas Ann Johnson, pas Mary McDonald. Elle voyait Mandy Cauldwell, la fille de sa meilleure amie une emportée, une têtue, une rageuse qui ne pensait qu'à se battre. Elle voyait James Potter, héritier d'une des rares familles Sang-Pur à s'opposer ouvertement à Vous-Savez-Qui. Elle voyait Sirius Black, celui qui avait haut et fort renié sa famille et le Seigneur des Ténèbres. Elle voyait les cibles à abattre. Alors, quand elle apercevait les étoiles dans les yeux de Luth quand elle parlait de Sirius, Cassandra avait peur.
Car, depuis le départ des Montgomery, il n'y avait plus personne (croyait-elle) pour tempérer sa fille. Elle n'avait jamais pensé qu'au milieu de toutes ces têtes brûlées, Luth puisse être la modératrice. La mère qu'elle était s'était sentie désemparée, alarmée, par l'absence d'Audrey, l'amie d'enfance de Luth. La Serdaigle raisonnable. Celle qui réfléchissait.
Audrey et Luth avaient commencé au même âge à poser des questions. Des questions sur la guerre. Cassie avait vu sa fille prendre conscience du conflit, du danger. Elle voyait la Gryffondor en elle qui se préparait à se battre, car les questions que posait Luth n'étaient jamais innocentes. Elle ne s'en rendait peut-être pas compte, mais quand elle parlait de la guerre, elle parlait de combat, de défense, d'attaque, de protection. Jamais de solution.
Alors qu'Audrey Montgomery cherchait, elle. Audrey pensait politique elle cherchait comment démasquer la corruption, piéger les Mangemorts, lutter efficacement. Alors qu'Audrey la Serdaigle envisageait un après, Luth la Gryffondor s'arrêtait de vivre et se préparait à combattre.
La mère refusait d'encourager sa fille, la chair de sa chair, dans cette voie. Il fallait l'en éloigner à tout prix. Ne pas lui dire à quel point son état était critique pour ne pas éveiller en elle des envies de vengeance.
Cassandra ne supportait pas d'imaginer sa fille sur un champ de bataille, face à ceux qui l'avaient envoyé à l'hôpital et tant d'autres au cimetière. Alors, quand Luth posait des questions, elle se taisait.
J'espère que cela vous a plu et que vous aurez le courage de me mettre une petite review pour donner votre avis ;) En attendant, je vous dis à la semaine prochaine pour un bonus plein de... Remus!
Caprice
