Bêta : Nanolette, ma bichette à poils doux et soyeux.

NDA : Oui, je sais, je sais, je n'ai pas publié dimanche dernier, mea culpa.

À ma décharge, j'étais malade, c'étaient les fêtes, FF buggait à mort avec les reviews, mon ordi avait vilement lâché et je devais poster la suite de « Puppy » sinon je risquais ma peau ^^' J'ai donc fait un choix et j'ai privilégié « Puppy » (pardon mais je tiens encore à ma vie ^^'')

En parlant de review et du bugg de FF, j'espère avoir répondu à tout le monde, sinon, vérifiez bien que votre review a été publiée, certaines sont passées à la trappe. Et si je n'ai pas répondu alors qu'elle a été publiée, vous avez le droit de m'envoyer une beuglante.

Bonne lecture !


Chapitre 27

.

Comprendre


L'homme m'a caressé encore, m'a demandé de le regarder et j'ai vu dans ses yeux si clairs qu'il était surpris. Il m'a fait m'allonger sur le lit. J'ai obéi en tremblant, ne sachant ce qu'il allait faire de moi. Je ne voulais pas croire qu'il allait me torturer, je ne voulais pas le croire. Il a levé sa baguette, j'ai éclaté en sanglots. Puis j'ai réalisé. J'ai réalisé que loin de me faire souffrir, il me soignait grâce à sa magie. Il a guéri toutes mes plaies. Quand il a eu fini, il a reposé sa baguette et m'a demandé comment je me sentais.

« Mieux, Monseigneur, » ai-je répondu.

Il a souri, a touché mes cheveux, mon visage.

« Et maintenant, jeune Monoïque, penses-tu pouvoir me satisfaire ? » m'a-t-il demandé.

Mon âme a sombré quand il a dit ces mots, mais j'ai acquiescé. Je n'avais pas le choix, un Monoïque n'a jamais le choix. Pas dans les chambres du harem du château du Seigneur Serpentard en tout cas.

Alors j'ai fermé mes yeux et écarté mes jambes, attendant qu'il me prenne. Pourtant, il n'a rien fait, il a continué à me caresser puis m'a demandé où était rangée l'huile. J'ai ouvert de nouveau mes yeux, ne comprenant pas ce qu'il me disait.

« L'huile, Maître ? »

Il a eu l'air choqué de mon ignorance. Il a répété, la nommant l'huile du plaisir. J'ai alors compris parce qu'Artémis m'en avait parlé. Le Seigneur Salazar en prenait toujours quand il visitait mes frères, pas le Seigneur Noir ni les sbires que parfois il m'envoie.

L'homme a été une nouvelle fois choqué de mes paroles quand je le lui ai expliqué. Il a hésité, s'est redressé. Une fois encore, je ne sais pas ce qui s'est passé, je n'arrive pas à comprendre mes actes, mais je l'ai retenu et je lui ai dit que si le Seigneur Noir ne s'en servait jamais, j'en possédais, elle était là, dans ma chambre quand les gardiens m'y avaient conduit. Je lui ai montré où elle se trouvait.

Il l'a prise, s'est rallongé sur moi, a ouvert mes jambes et a recommencé ses caresses.

Est-ce à cause de ses caresses que je l'ai retenu ? Je ne saurai sans doute jamais.

Que les dieux viennent à mon secours, mais j'aime ses caresses, j'aime sentir ses mains sur mon corps. Il m'a embrassé. Il m'a touché, partout, a huilé et pénétré mon corps avec une douceur inconnue et un soin attentif pour ne pas me blesser. J'ai encore aimé. Il a bougé en moi et pour la première fois de ma vie, ces mouvements n'étaient pas synonyme de douleur mais de plaisir.

Il m'a emmené haut, si haut, tellement haut que je n'ai pu me retenir et j'ai crié ma jouissance alors qu'il se déversait entre mes reins.

« Livre de Svarog. »

… … …

Le feu de camp était aussi imposant que la première fois que Draco avait participé à une fête dans la clairière. Il s'en souvenait d'autant mieux que c'était pour son entrée officielle dans la meute. La différence résidait dans le fait que cette dernière semblait bien moins nombreuse.

« Où sont les autres ? » demanda-t-il à Charlie alors qu'ils s'asseyaient sur des peaux de bêtes.

Charlie leva ses yeux bleus qui parcoururent les autres Lycanthropes. Les familles, les amis, s'installaient à même le sol mais ils se tenaient dans un demi-cercle autour du feu, entourant leur Alpha. La dernière fois, les membres de la meute en faisaient entièrement le tour.

« Certains sont partis pour célébrer le solstice avec les autres meutes au grand rassemblement. Il a lieu sur le territoire de Gryffondor, chez la meute de la Forêt du Nord cette année. Mais le solstice d'été n'est pas celui que nous fêtons le plus, alors beaucoup ont préféré rester, d'autant que nous savions que tu serais, disons, un peu différent, » expliqua Charlie en souriant. « C'est aussi pour cela que nous commençons les fêtes aujourd'hui et qu'elles dureront jusqu'au jour du solstice. Gideon voulait que l'on célèbre dignement ton retour. »

Draco hocha la tête, pensif et aussi, il fallait bien le reconnaître, flatté de l'attention de l'Alpha et la meute envers lui. Néanmoins, il ne resta pas longtemps perdu dans ses pensées tandis que Harry s'installait tout près de lui et lui tendait un plat rempli de poissons dorés et de légumes cuits à point.

Le petit mâle se servit, heureux de constater que Harry lui avait présenté le plat en premier.

La fête battit son plein, sous les chants, la musique et les rires. Draco en profita bien mieux que la première fois qu'il était venu dans la clairière. Cette fois, il savait qu'il ne risquait rien. Mieux, il jouissait des regards admiratifs des mâles à son égard. Il y avait bien sûr ceux de Harry, Olivier et Ritchie, mais Draco constata vite que d'autres jeunes Lycans semblaient le trouver à leur goût.

Il n'avait jamais réellement prêté attention à l'autre petite bande de jeunes qui s'était formée depuis qu'il était dans la meute. Lui appartenait à celle de Harry, Ron, Hermione, Lancey et les autres. Il savait qu'il était, avec Ginny, le plus jeune.

La dizaine d'autres adolescents avaient son âge, mais ils étaient des dominants. Les femelles qu'ils attiraient dans leur groupe avaient entre dix et quinze ans. Draco plissa son joli nez. Non, définitivement non, ces petits mâles lui semblaient bien insignifiants et sans intérêt. Compagnon-Loup les méprisait, sans autre forme de procès, ils n'étaient pas dignes de lui, ce n'était que des enfants ou des dominants sans cervelle, sans attrait, sans puissance.

Comme pour se conforter dans cette idée, il se cala contre le torse du mâle qu'il trouvait au contraire le plus intéressant. Harry. Il tourna son visage contre lui, frottant son nez dans le cou du jeune homme qui ne l'avait pas décollé depuis le début de la soirée.

Radieux, le dominant passa un bras autour de la taille fine et toisa du regard ses concurrents qui s'assombrirent.

« Tout va bien, Draco ? Tu n'as pas froid ? »

« Non, je me sens divinement bien, » répondit l'Oméga en soupirant et en passant lui aussi un bras autour de la taille du mâle.

Charlie et Ayase ne dirent rien, tout comme les autres Lycanthropes à leurs côtés, même s'ils sentirent sans difficulté la vague d'énervement qui traversa certains autres dominants qui assistaient de loin à la scène.

« Harry, » demanda Draco d'une voix douce. « Pourquoi l'Alpha t'a donné ce nom étrange ? Avec Alpha dedans ? J'ai compris que tu étais étonné et les autres aussi. »

Harry passa sa main bronzée dans les cheveux pâles, les caressant. Sans chercher à se retenir, bien au contraire et avisant qu'Olivier et Ritchie les dévisageaient, il embrassa le dessus du crâne, s'enivrant de l'odeur divine de Draco et de la douceur de ses mèches blondes.

« Parvis Alpha. C'est ainsi qu'il m'a nommé. C'est la première fois qu'il le fait. Il a reconnu par là-même que j'étais son successeur. Cela veut dire ''jeune Alpha''. »

Draco bougea contre lui, gigota, puis le garçon se décida à passer sur les cuisses de Harry afin de s'installer, à la stupéfaction générale, entre ses jambes, son dos reposant contre le torse du mâle.

Harry passa aussitôt ses bras autour de Draco, plaquant plus encore si cela était possible le jeune Loup-garou contre son poitrail. Draco se cala confortablement et fit reposer sa tête sur le creux de l'épaule et du cou du brun.

« Tu seras l'Alpha de cette meute ? »

« Oui. C'est ce que je souhaite et c'est ce que Gideon vient de revendiquer, à tous. Je suis celui qui prendra sa suite. »

« Bien, » fit Draco après un instant de silence.

Harry lui caressa le bras, profitant de cet instant de tendresse et de doux érotisme entre eux.

« Pourquoi je te sens, disons, inquiet, Draco ? Cela ne te plaît pas que je devienne l'Alpha ? »

Draco posa ses mains sur celles du brun et les porta à sa bouche pour y déposer un baiser.

« Les Alphas me font peur, dominant. Et je n'ai pas envie d'avoir peur de toi. »

Harry baissa son visage vers la tête blonde qui se tourna vers lui. Ils se regardèrent, leurs nez à quelques centimètres l'un de l'autre. Draco le regardait avec une telle confiance et naïveté à la fois que le cœur de Harry fit un saut dans sa poitrine. Il sentait le désir de l'Oméga, son envie de se blottir contre lui plus encore que ce qu'il ne faisait, son envie de protection et aussi, surtout même pour le dominant à cet instant, son désir pour lui, Harry.

Le jeune homme brun se fit violence. Il mourait d'envie de posséder ces lèvres qu'il savait douces, de les posséder pleinement, elles comme le corps tout entier de Draco. L'érotisme entre eux devint excitation pure.

« Draco, viens avec moi, mon frère, » les coupa brusquement Ayase en se saisissant de la main blanche.

Draco sursauta, comme pris en faute. Il leva ses yeux gris vers les noisette, craignant de les découvrir en colère mais il n'en fut rien. Ayase lui souriait, bien qu'il semblait un brin tendu. Le petit soumis comprit sans peine que la demande était un ordre.

Sautant sur ses pieds nus, Draco fit quelques pas avec Ayase vers le feu, vers le centre du demi-cercle que formait la meute.

« J'ai envie de danser avec toi, Draco. Montre-leur ce que tu es, ce que tu vaux, » fit Ayase.

Draco haussa un sourcil de surprise. Lui qui pensait se faire gronder pour sa témérité avec Harry, son maintien ou tout autre chose dans le genre, voilà qu'Ayase lui proposait au contraire de charmer la meute ? Car c'était, à n'en pas douter, ce que lui demandait l'autre Oméga alors qu'il nouait aux poignets et aux chevilles du blond des fins rubans de tissus assortis d'un grelots. Draco fit de même avec Ayase, un peu anxieux.

« Nerveux ? » demanda l'Oméga brun.

« Un peu, je ne me suis pas beaucoup entraîné. »

« Tu es doué, Draco, l'un des plus doués que notre sang ait compté. »

Devant l'air dubitatif de Draco, il persévéra.

« Draco, en quelques semaines à peine, tu danses aussi bien que moi alors que je me suis entraîné pendant des années au Temple. Tu es doué. »

Les deux Omégas se placèrent côte à côte, face à la foule. D'un geste de la tête, Ayase fit signe aux musiciens de débuter. Et la danse commença.

Harry ne pouvait quitter des yeux le funambule blond devant lui. Plus rien d'autre ne comptait que ses gestes gracieux, fluides alors qu'il semblait mener un combat aérien avec l'Oméga brun. Draco dansait, volait, jouait avec Ayase, ils se frôlaient, se touchaient, s'écartaient l'un de l'autre. La danse était à la fois sensuelle et étrangement combative, lui mettant les sens et les hormones sans dessus dessous.

La chaleur des flammes, leur lumière mordorée semblaient couvrir les corps moites des deux danseurs, comme s'ils étaient revêtus d'or. Les cheveux blonds de Draco renvoyaient plus encore la lumière dansante des flammes qui accompagnait la danse de son corps.

Vite, bien trop vite à son goût, la musique cessa et les danseurs, essoufflés, arrêtèrent leurs mouvements.

Ce ne fut qu'à cet instant qu'il se rendit compte qu'il était loin d'être le seul à avoir été subjugué par les deux Omégas.

Gideon et Charlie marchaient vers eux. Le Bêta s'empressa de prendre son compagnon par la taille et l'entraîna là où il s'étaient installés pour manger et passer la soirée, et donc, juste à côté de Harry. Le jeune homme regarda brièvement Charlie obliger son Oméga à s'asseoir tout d'abord, puis à s'allonger sur le sol. Là, sans plus attendre, il s'aligna sur lui et lui dévora la bouche au vu et au su de tous, montrant fièrement ainsi à qui il appartenait.

Draco, lui, se tenait en tremblant devant l'Alpha qui toisait sa meute du regard.

« Notre meute est bénie par les dieux et la lune, c'est un fait. Nous possédons deux Omégas, deux Monoïques. Mais je vous rappelle à tous qu'ils sont inaccessibles. L'un de façon définitive, l'autre... » Son regard s'attarda sur le jeune corps de Draco, « L'autre n'est pas encore disponible. »

Harry s'avança en conquérant. Si Charlie avait démontré à tous à qui appartenait Ayase, il voulait faire de même avec Draco.

« Alpha ! » lança alors une voix claire qui fit se tourner les têtes vers celui qui avait parlé.

Ritchie.

« Oui, jeune dominant ? »

Draco sentit un frisson courir le long de sa nuque. L'air était rempli de phéromones, de lutte silencieuse entre les mâles, de violence contenue et de désir.

« Ton fils a eu sa part, je demande à pouvoir moi aussi tenir l'Oméga, » déclara Ritchie en défiant Harry du regard.

« C'est hors de question ! » protesta aussitôt ce dernier sourdement.

Gideon dévisagea les deux mâles qui se faisaient désormais face.

« Vraiment, Harry ? » demanda-t-il. « Et pourquoi donc ? L'Oméga est jeune, certes, mais les autres dominants ont également le droit de l'approcher, de... l'émouvoir. À moins que tu ne le revendiques ? »

Un silence de mort régna dans la clairière. Ce ne fut plus un simple frisson qui prit possession de Draco, mais une véritable peur. Le revendiquer ? Il n'était pas un Lycanthrope de naissance mais il comprit sans peine ce que cela signifiait si Harry ou quiconque le faisait. Il serait mis en compétition, gagné et deviendrait le compagnon d'un dominant.

Il trembla. Non, il ne voulait pas, pas encore, pas tout de suite, il voulait encore être libre pendant quelques mois, une année peut-être ? Encore une petite année, pitié, pour se faire à l'idée d'être donné à un mâle, une fois encore.

Draco déglutit péniblement tandis que les yeux verts hypnotiques de Harry se posaient sur lui. Le mâle serra ses poings le long de son corps tendu par la colère.

« Non... Non, Alpha, » abdiqua-t-il, sa voix semblant gronder et résonner autour de lui.

Sans attendre de réponse, il se tourna, se détournant ainsi du regard humide et perdu de Draco. Le jeune Oméga se sentait déchiré, abandonné alors que le mâle marchait en direction de la forêt, arrachant ses vêtements en chemin. Ce fut un loup majestueux et sombre qui s'élançant en grognant entre les arbres.

Draco cligna des yeux, un vide immense dans le ventre. Puis le bras de Ritchie se posa avec fermeté sur ses épaules, le traînant véritablement un peu plus loin. Le mâle l'obligea d'une seule main à s'asseoir au sol, lui faisant prendre la même position qu'ils avaient eue tout à l'heure, Harry et lui, c'est à dire avec l'Oméga assis entre ses cuisses.

Les bruits de la meute remplirent de nouveau l'air, les discussions, les rires, le son de la nourriture que l'on se partage. Mais Draco ne voyait ni n'entendait réellement ce qui se passait. Il était terrifié, installé ainsi, les bras de Ritchie autour de son corps. Ses yeux affolés ne voyaient que les visages des autres mâles qui les regardaient, dont Olivier, qui rongeait lui aussi visiblement son frein, ainsi que quelques jeunes de l'autre bande. Les petits mâles stupides et faibles, grogna Compagnon-Loup dans sa tête. Et plus de Harry, nulle part...

Draco gigota, ne voulant imaginer que tous ces dominants ne demandent à le prendre contre eux, eux aussi. Il ne le supporterait pas.

« Cesse de bouger, Draco, » ordonna Ritchie sèchement.

L'Oméga stoppa net. Son cœur tambourinait durement entre ses côtes. Il avala avec difficulté sa salive, s'obligeant au calme. Il sentait la dominance de Ritchie qui à la fois lui imposait la soumission, tout en le rassurant malgré lui. Il se haït.

Il n'aimait pas particulièrement Ritchie. Ce dernier ne lui parlait pour ainsi dire jamais. En fait, pour être honnête, il préférait le loup à l'humain. Le loup était en général plus prévenant et moins angoissant pour lui.

« Ri... Ritchie... tu ne voudrais pas... tu sais... qu'on change ? » fit Draco, ignorant autant que possible sa voix chevrotante.

Le mâle passa une main dans les mèches blondes, faisant de nouveau frissonner Draco.

« Non. Il est temps que tu t'habitues aussi à moi. En tant qu'homme. Le jour où tu seras uni, tu le seras en tant qu'homme, tu ne t'accoupleras pas avec un loup. »

Draco sursauta et se mordit la lèvre, refoulant une énorme envie de pleurer.

« Est-ce que... est-ce que tu veux de moi ? » demanda-t-il au bout de quelques secondes.

« J'ai envie de toi, oui, » grogna le dominant en abaissant sa tête sur le dessus du crâne, reniflant profondément les cheveux doux. « Mais cesse donc d'avoir aussi peur, je ne te ferai rien. Maintenant, tais-toi, je n'aime pas vraiment parler. »

Le jeune homme ferma les yeux, un immense sentiment de tristesse enserrant sa poitrine. Il obéit néanmoins, s'accordant un dernier mouvement pour se caler un peu plus confortablement contre le torse du mâle. Ce dernier en profita pour le plaquer avec fermeté auprès lui, une main sur le corps fin du plus jeune, l'autre sur sa tête.

Draco se contenta d'écouter les sons de la meute autour de lui. Il y avait de plus en plus de bruits lupins, preuve que nombres d'entre eux avaient décidé de prendre cette forme, à l'instar de Harry.

Draco sentait que Ritchie usait de son aura sur lui, sans doute pour le tranquilliser et le rassurer, et même s'il lui caressait de temps en temps le bras, il n'était définitivement pas à l'aise dans ses bras. Contrairement à ce qu'il avait ressenti avec Harry.

Enfin, une odeur douce se fit plus présente.

« C'est à mon tour, Ritchie, dégage, » fit Olivier, sa voix bien moins douce que son odeur alors qu'il s'adressait à l'autre dominant.

Draco ouvrit ses yeux, regardant avec reconnaissance le jeune homme brun debout devant lui. Ritchie râla, mais alors qu'Olivier grondait en montrant les dents, il se décida à obtempérer et à se redresser, laissant la place vacante à Olivier qui s'installa aussitôt derrière le garçon blond et passa avec tendresse ses bras autour de lui.

« Comment tu te sens ? » demanda-t-il.

« Beaucoup mieux maintenant que c'est toi, » avoua sans honte Draco en se pelotonnant contre lui.

Le jeune homme respira profondément, le cœur effectivement bien plus léger. Il regarda Ritchie qui s'éloignait et se transformait à son tour avant de partir dans les bois.

« Pourquoi il a fait ça ? »

Il réalisa qu'il avait parlé à voix haute quand Olivier lui répondit.

« Il est jaloux de ta relation avec Harry. Pour être franc, je le suis aussi, mais je n'aurais jamais provoqué ainsi l'Alpha. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu'il pourrait décider de lancer la compétition, ou au minimum te déclarer disponible, or Harry et moi ne le souhaitons pas. »

Draco se retourna vivement vers le jeune mâle brun, ses yeux remplis de surprise.

« Vraiment ? »

« Oui, nous savons que ce n'est pas ce que tu souhaites, que c'est trop tôt pour toi. Nous respectons cela. Ritchie n'est qu'un crétin quand il veut, » cracha Olivier.

« Olivier, » fit Draco d'une petite voix timide. « Est-ce que... Est-ce que tu me veux, toi aussi ? »

Olivier lui sourit avec gentillesse tout en caressant les longues mèches blondes.

« Oh oui, Draco, je te veux de tout mon être. Je sais bien que tu préfères Harry, c'est visible pour le dernier des imbéciles, ce que je ne suis pas. Mais je garde espoir que peut-être, tu m'apprécieras suffisamment un jour et que si je venais à gagner la compétition, tu seras heureux avec moi. »

Draco baissa les yeux, surpris, ému par les paroles d'Olivier. Si Compagnon-Loup était pleinement satisfait, ce n'était pourtant pas le cas de l'homme en lui, pas du Monoïque. Olivier avait raison, il préférait Harry, même s'il n'avait aucune raison logique à cela. Mais les sentiments, pour ne pas dire l'amour, n'avaient sans doute pas de logique.

« Merci, Olivier, » dit-il doucement, élevant la tête vers l'homme.

Olivier le dévisagea, indécis, puis un grand sourire fendit son visage alors que Draco l'embrassait délicatement sur une joue. Il soupira d'aise tandis que Draco se réinstallait confortablement contre lui. Avec tendresse, le mâle brun se saisit de la main pâle, la gardant précieusement prisonnière.

« Olivier, » continua Draco doucement. « Je n'ai pas envie que d'autres mâles se comportent ainsi. Je veux dire, toi et Harry, ça va. Ritchie, je n'aime pas, mais je peux gérer. Par contre, je sais que je ne supporterai pas les autres jeunes imbéciles. Mon loup les rejette avec force, je pourrais même être violent, je crois, s'ils voulaient me prendre dans leurs bras. Tu crois que Gideon lancerait la compétition si je le faisais ? »

« Toi, violent ? » rit Olivier avant de se reprendre devant le sourcil blond froncé devant lui. « Hum, pardon, t'imaginer en train de taper sur ces jeunes crétins me fait rire, je l'avoue, » il sourit à Draco avant de reprendre. « Non, Gideon ne fera pas ça, il est un Alpha sage, il sait très bien que de tels jeunes loups ne peuvent en aucun cas te satisfaire, nous le savons tous. Les seuls qui l'ignorent, et encore, ce sont eux. Mais ne t'inquiète pas de ça, Harry et moi avons veillé à régler ce problème. Je suppose que Ritchie doit s'occuper des derniers récalcitrants, s'il y en a. Et ensuite, ce sera Harry qui risque de vouloir lui régler son compte, il était vraiment furieux. »

Draco haussa un sourcil d'or, un peu étonné. Au même moment, des cris de colère, des hurlements de rage et de douleur se firent entendre, clairement lupins, au loin dans la forêt. Draco se redressa un peu, en direction des cris. Ses yeux pâles se posèrent ensuite sur certains jeunes mâles regroupés en un tas indistinct, homme ou loup, ceux-là même qui l'avaient regardé d'un peu trop près. Ils étaient couverts de plaies et d'ecchymoses qu'ils léchaient.

« C'est … ? »

« Oui, Harry et moi leur avons expliqué notre façon de penser. Et par la même démontré qu'ils n'étaient vraiment pas de taille pour ne serait-ce qu'espérer un regard de toi. Ce que tu as entendu, ce devait être Ritchie et Harry. »

« Mais ce n'est pas la compétition, hein ? » s'exclama Draco, le cœur au bord des lèvres.

« Non, » répondit gentiment Olivier en lui caressant les cheveux. « Non, ne t'inquiète pas. C'est juste... une sorte d'entraînement. » Il réfléchit un instant avant de reprendre. « Ritchie n'aurait pas dû agir ainsi. Je ne m'en plains pas dans le sens où j'ai officiellement le droit de te prendre dans mes bras, mais je pense que tu m'aurais autorisé à le faire sans son petit spectacle de tout à l'heure. Ce qu'il a fait était stupide car il a semé le doute chez notre Alpha. Je suis désolé, Draco, mais je pense que Gideon ne voudra pas attendre le prochain solstice avant de te donner à un mâle. »

L'Oméga sursauta, tout en lui jetant un regard pour le moins inquiet.

« Mais je peux me tromper, bien sûr, » s'empressa de rajouter Olivier. « Tu es encore très jeune. Tu as sans doute encore de longs mois, voire années devant toi, » tenta-t-il de se rattraper.

Draco se recala contre lui, l'air toujours aussi soucieux. Il finit par se détendre totalement entre les bras du dominant qui en profita pour le câliner.

Les Lycanthropes continuaient leur fête, s'amusaient, dansaient et riaient. Draco les étudiait, l'esprit un peu ailleurs. Il se demanda ce que pouvaient bien faire son père d'adoption et sa sœur, Laura. Il refusait de penser aux autres, ceux qui étaient morts, mais en cet instant, il aurait aimé pouvoir savoir où était ce qui restait de sa famille. Ses pensées se tournèrent ensuite vers sa mère, celle qui l'avait mis au monde. Allait-elle bien ?

Son regard gris tomba sur Remus qui s'esclaffait avec d'autres adultes. Tonks avait un ventre rebondi, témoin d'une nouvelle grossesse, et Teddy dormait entre ses jambes, le pouce dans sa bouche. Est-ce que Remus avait donné de ses nouvelles récemment aux sorciers de Poudlard ?

Draco soupira tout en grattant le sol de ses doigts. Il était à la fois ici et ailleurs, partout et nulle part. Il leva les yeux vers le ciel, son cœur se tournant désormais vers les personnes qui n'étaient plus, définitivement. Il avait promis à Hannah de se battre, de survivre, pour elle, pour Morag... pour lui aussi.

« Tu vas bien, Draco ? » demanda soudain Olivier, le sortant de ses songes.

« Oui, merci, » répondit l'Oméga.

Il se tourna vers le mâle, le dévisageant un instant. Olivier était vraiment gentil. Draco lui fit un semblant de sourire et, doucement, lui embrassa de nouveau la joue. C'était bien d'être avec lui. Il savait que le jeune brun avait d'autres projets en tête, très différents des siens, malgré cela, il le considérait comme un ami, un protecteur, quelqu'un qui sentait comme un foyer.

Olivier lui sourit également, heureux de l'attention du jeune garçon.

Un grondement sourd juste derrière eux les fit sursauter. Draco sentit soudain sans peine une aura pleine de colère qui s'abattait sur eux. Il se décolla d'Oliver, découvrant un énorme loup noir qui les regardait, ses yeux verts mêlés d'ambre remplis de fureur tandis que ses crocs étincelaient entre ses babines retroussées.

« Harry ! » s'écria Draco.

Le mâle noir continua de grogner avec férocité, ses prunelles se plantant avec détermination dans les yeux gris. Le loup poussa un cri de colère, puis, il se retourna et bondit dans les bois, non sans pousser un dernier hurlement rageur.

« Toi aussi tu vas avoir des problèmes, Olivier, » se moqua alors une voix très humaine.

Ritchie se tenait de l'autre côté, son nez ensanglanté et des plaies sur le torse. Il ricana tout en s'essuyant d'une main.

« Et toi, Draco, je pense que notre Parvis Alpha va te faire payer ce petit moment d'intimité avec un autre que lui. Harry est trop exclusif. Que cela lui plaise ou non, tu seras bientôt mis en jeu et alors, ce sera le meilleur qui te gagnera, de cette meute ou d'une autre ! »

« La ferme, Ritchie, » lança rudement Olivier alors que Draco déglutissait avec peine.

Le jeune Oméga se redressa, bien décidé à ne plus se laisser tripoter par aucun autre mâle cette nuit.

« Où vas-tu, Draco ? » demanda Olivier en se levant à son tour.

« Je veux faire un tour. Seul ! » fit Draco fermement. « J'en ai le droit et je le prends. »

« Draco, attends. »

Draco grogna alors qu'Ayase le rejoignait.

« Où vas-tu ? »

« Dans la forêt, j'ai besoin de me retrouver un peu, juste Compagnon-Loup et moi, » marmonna l'adolescent.

« Je ne suis pas sûr que... »

« Non ! » le coupa Draco. « J'ai besoin d'être tranquille, Ayase. J'en ai marre qu'on me traite comme une poupée. J'ai besoin de me transformer et d'aller me dégourdir les pattes ! »

Ayase étudia le visage de son ami.

« Draco, je sais, mon frère, ce que tu ressens pour Harry et tu as mon entier soutien, je t'assure. Comme beaucoup ici je n'approuve pas ce qu'à fait Ritchie. » Ayase poussa un soupir fatigué. « Je sais également l'importance que Harry te montre son affection et qu'il montre à tous ses projets, mais malheureusement c'est aussi important que vous ne dépassiez pas certaines limites afin de ne pas précipiter d'autres choses. Il vous faut être prudents. C'est pour ça que je suis intervenu tout à l'heure en concertation avec Charlie. »

Ayase posa un instant sa main sur l'épaule du plus jeune en un geste de réconfort.

« Alors sois prudent, d'accord ? Si un mâle t'importune, appelle. Ne t'éloigne pas trop non plus. Je sais que tu aimerais retrouver Harry mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée dans l'immédiat. »

Draco eut un air peiné.

« Il m'en veut, c'est ça ? Il m'en veut parce que j'étais dans les bras d'Olivier et que je l'ai embrassé sur la joue ? »

« Il est en colère, oui. Pas contre toi, je ne pense pas. »

Draco haussa les épaules, faisant comme si cette information ne le touchait pas, ce qui était loin d'être le cas.

« Je n'irai pas le voir. Je veux juste être seul. »

Ayase hocha la tête et laissa le jeune homme s'éloigner.

Draco marcha un instant, sur ses deux jambes, loin des autres lycans, du feu, des chants. Une fois sûr d'être hors de vue, il enleva sa tunique qu'il plia avec soin, et entama sa transformation. Celle-ci était toujours un peu douloureuse, surtout quand il n'y avait pas de pleine lune pour l'aider. Mais la douleur semblait inévitable, alors Draco la supportait en silence. Après tout, il aimait être un loup, il aimait son pelage de neige et pouvoir courir à quatre pattes, la truffe au vent. S'il n'était pas un Oméga, être un Lycanthrope aurait vraiment pu être très plaisant, songea-t-il alors qu'il s'ébrouait au sol, son dos frottant les feuilles sèches et l'herbe.

Le jeune loup avait hâte d'être à la prochaine pleine lune qui aurait lieu dans quelques jours à peine. Il pourrait passer la nuit entière à courir, jouer et n'aurait pas à rester honteusement assis entre les cuisses des mâles. Ce n'était pas qu'il n'aimait pas cela, il pensait même qu'il l'appréciait bien mieux que son côté humain, mais c'était encore plus plaisant d'être en train de courir dans la forêt, de pouvoir partager un jeu avec les dominants, de leur mordiller affectueusement les oreilles ou de recevoir de leur part quelques morceaux bien juteux de viande fraîche.

Draco se redressa, se secoua la fourrure et décida de marcher un peu tout en respirant les doux fumets environnants. Il sentit bientôt l'odeur de ses compagnons à quatre pattes, puis, un peu en retrait, solitaire, celle de son dominant adoré.

Le petit loup blanc hésita. Il avait une folle envie d'aller le retrouver, de coller sa truffe dans son poitrail. Pour autant, il n'était pas sûr du tout que Harry soit du même avis que lui. Il avait pu sentir sa colère, face au spectacle qu'Olivier et lui lui avaient offert. Draco se lécha les babines et humidifia sa truffe, indécis. Pourtant ce n'était pas de sa faute s'il avait été obligé de rester ainsi avec les autres mâles ! Et puis, Olivier était gentil.

Bien que les paroles d'Ayase se rejouaient dans sa tête, Draco décida d'aller voir d'un peu plus près le loup noir qui devait être plus loin, dans une petite clairière qu'il connaissait bien. À pas feutrés, il avança, rampa sur les derniers mètres jusqu'à se retrouver dans un taillis à l'orée de la clairière.

Harry se tenait en son centre, tournant en rond, grondant furieusement et jetant des regards sombres à la lune pas encore tout à fait pleine, comme si elle était responsable de ses tourments.

Il s'arrêta d'un coup et tourna sa gueule vers l'endroit où se tenait Draco. Le grondement dans sa poitrine se fit plus lourd, plus fort.

Draco sentit la peur s'infiltrer dans ses veines. Harry savait qu'il était là mais n'en semblait pas ravi. Du tout. Il recula prudemment, les souvenirs d'autres mâles dominants se rappelant douloureusement dans son âme. Cependant, il ne put aller très loin car en quatre bonds puissants, Harry se retrouva juste devant lui, la gueule entrouverte laissant voir ses crocs étincelants alors qu'il grognait.

Draco couina de terreur et fit ce qui lui semblait le plus prudent. Il se jeta au sol et montra son ventre, pattes ouvertes et gorge dévoilée. Les pattes noires se posèrent sur lui, les dents agrippèrent son cou et Draco gémit, de petite plaintes s'échappant de son corps tremblant. Il attendait sa punition, la douleur, le sang, alors que son cœur s'effritait dans sa poitrine.

Pourtant, rien de tout cela n'arriva. Le poids sur lui, bien que lourd, n'était pas écrasant, les dents, même si elles le tenaient fermement, ne déchiraient pas sa chair.

Draco ouvrit ses yeux, qu'il n'avait pas eu conscience de fermer. Puis la gueule de Harry le relâcha, une langue chaude et râpeuse passa sur sa truffe et le corps du loup noir le libéra.

L'Oméga se remit sur son ventre, la queue entre ses pattes arrières. Il rampa jusqu'au mâle et doucement, timidement, lécha le poitrail puissant. Harry gronda, comme s'il était un peu ennuyé, tout en se montrant clairement dédaigneux. Draco s'enhardit peu à peu, voulant absolument démontrer au dominant à quel point il était désolé.

Enfin, le loup noir consentit à plonger ses iris verts et ambre dans les gris. Draco baissa aussitôt les siens, en signe de respect et de soumission. Harry poussa un lourd soupir, étrangement humain. Sa tête se pencha vers celle du loup blanc et lui accorda une légère léchouille sous son oreille. Puis, avec un dernier grondement, il se détourna et s'enfuit dans la forêt, laissant le petit Oméga là où il était.

Draco s'assit sur son arrière train, un peu dubitatif. Harry était toujours en colère mais Ayase avait sans doute raison, ce n'était pas contre lui, ou du moins, pas essentiellement contre lui. Il se lécha de nouveau les babines puis décida de retourner au campement. Alors qu'il trottait, il changea brusquement d'avis. Non, pas au campement, il préférait retourner directement chez Charlie et Ayase. L'idée de devoir encore, peut-être, être obligé de se faire tripoter par d'autres mâles ne lui convenait pas du tout. Il préférait, et de loin, l'idée de son lit !

… … …

Pendant les quelques jours qui précédèrent la pleine lune, Draco rasa les murs, au sens propre, comme au figuré. Le village était certes moins peuplé, en raison des lycanthropes qui étaient partis pour les fêtes du solstice, malgré cela, les regards sur lui, flatteurs au départ, lui avaient rapidement tapé sur les nerfs.

En réalité, passé le premier jour, la quasi totalité de la meute s'était accoutumée au fait d'avoir un deuxième Monoïque qui se promenait dans ses rues, en dehors de trois mâles adultes visiblement de fort mauvaise humeur et de deux plus jeunes qui n'avaient pas compris les leçons de leurs aînés.

Draco était plus que satisfait de devoir passer ses journées avec les louveteaux. Au moins, eux, étaient restés les mêmes vis à vis de lui. Mais dès qu'il s'agissait de se rendre à un endroit ou un autre, l'Oméga se sentait épié.

La vigilance de Harry et Olivier fut rapidement réconfortante, bien qu'un peu stressante. Il évitait Ritchie qui tentait plus que jamais de lui mettre la main au panier s'il passait à proximité. Mais le pire était les deux plus jeunes mâles d'environ seize ans qui lui tournaient sans cesse autour. Draco n'avait pas confiance. Ils ne connaissaient rien à la vie mais avaient des désirs physiques très clairs envers lui. Et ça, c'était non seulement stressant mais inacceptable.

L'arrivée de la pleine lune fut à la fois un soulagement et une nouvelle source d'inquiétude pour le jeune Loup-garou. Il avait une folle envie de se dégourdir les pattes, loin de la meute et surtout des dominants, mais il craignait que ces derniers ne lui fichent pas la paix, là encore. Il refusa donc d'aller au rassemblement dans la clairière, préférant rester à la maison, accompagné d'Ayase.

Les deux Monoïques se déshabillèrent en silence, loin des curieux. Puis, totalement nus, ils attendirent que la lune se lève et que leur transformation s'annonce.

Alors qu'elle s'amorçait, Draco ferma les yeux, haletant. La douleur était là, comme à chaque fois, mais sourde et presque réconfortante. Il revêtait sa deuxième peau, laissait s'exprimer sa deuxième nature. Il en avait besoin, il aimait ça.

Dans un dernier concert de craquements, deux loups prirent un peu de temps, allongés sur le sol d'une maison, avant de se redresser sur leurs quatre pattes. Le loup brun s'ébroua et entreprit rapidement une petite toilette tandis que le blanc trottinait vers la porte laissée entre-ouverte.

De sa truffe noire et humide, il la poussa et se glissa dehors. L'Oméga redressa sa tête vers l'astre argenté qui illuminait le ciel.

Comme elle était belle !

Draco ouvrit la gueule et laissa un long hurlement sourd s'échapper en sa direction afin de lui rendre hommage. Quand il termina son chant, Ayase était à côté de lui. Il lui lécha le museau puis ils se dirigèrent vers la forêt. Sans surprise, un énorme Loup-garou fauve accompagné d'un louveteau de la même couleur les attendaient.

Le jeune loup blanc suivit sa famille, sa petite meute dans la meute, sans grande conviction. Il savait que Charlie les emmenait vers les autres, et il n'en avait aucune envie. Il traîna littéralement de la patte, restant plusieurs mètres en arrière.

Quand ils arrivèrent dans la clairière, heureusement, la plupart des Loups-garous s'étaient dispersés. Draco se rappela qu'une chasse était prévue, Charlie devait d'ailleurs rapidement rejoindre les loups chargés de la mener à bien.

Un instant soulagé, il réalisa que les loups présents étaient pour la plupart des familles avec louveteaux. Charlie grogna, indiquant d'un mouvement brusque de sa gueule qu'il partait rejoindre les autres. Asami gambada vers ses amis tandis qu'Ayase, lui, allait à la rencontre de femelles dont deux visiblement pleines.

Draco soupira tout en s'asseyant. Aucune envie de rester là ! Lui avait envie de courir, pas d'être planté ici à attendre le retour des chasseurs. Faisant comme son ami Oméga précédemment, il s'accorda une rapide toilette, lustrant le poil blanc recouvrant son corps.

Une fois cela fait, il attendit, en retrait. Enfin, au bout de plusieurs minutes, il se décida à partir entre les arbres et à quitter la clairière. Il vit qu'Ayase le suivait du regard, l'air étrangement soucieux pour un loup avec ses oreilles dressées.

Pourtant, le jeune Oméga n'en eut cure et continua son chemin, s'enfonçant de plus en plus profondément dans la forêt épaisse. Il se mit à courir, renifla l'air, tentant de s'éloigner le plus possible de l'odeur de ses congénères, notamment les mâles. Il se concentra plutôt sur toutes les saveurs du bois, l'odeur délectable des petits animaux qui vivaient là ainsi que toutes les milles petites choses qui rendaient la vie en pleine nature aussi merveilleuse.

Il sautilla par dessus des branches, poursuivit un mulot ou deux, bref, s'amusa comme cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps, loin de toute la pression que lui conférait à la fois son statut d'Oméga et de Monoïque quand il était humain.

Ah, le doux parfum de la liberté, savoura-t-il, la truffe enfouie sous les feuilles, la mousse et la terre fraîche.

De longues heures s'étaient écoulées et Draco, subitement, réalisa qu'il s'était vraiment très éloigné de la meute et qu'il frôlait désormais les limites Nord-Est de leur territoire. Cela ne lui plut guère, d'autant qu'il se rappelait parfaitement le discours moralisateur de Charlie et d'Ayase sur le fait que désormais, il ne devait pas trop s'éloigner.

Le jeune homme avait plus ou moins bien compris le monologue.

D'un côté, Charlie craignait que les petits mâles, voire même Ritchie, ne sachent pas se contenir face à lui, que sa présence esseulée les incite à des gestes inappropriés et que cela entraîne sa mise en compétition. Draco doutait pourtant fortement que Ritchie lui fasse du mal, tout idiot qu'il était. Ni que les jeunes mâles arrivent à refréner sa nature Oméga, qui bien que soumise, réclamait un dominant accompli. Cependant, en y réfléchissait un peu plus tard, il avait réalisé que Charlie n'avait sans doute pas la même notion que lui de ce qui était ''inapproprié''. Lui avait vécu avec Fenrir, pas Charlie.

De l'autre côté, Ayase considérait le fait qu'un Monoïque pubère et complet ne devait pas se montrer seul face aux hommes et à leurs pulsions.

Toujours était-il que brusquement, il se sentit très seul et surtout, très vulnérable. Étrangement, pour une fois ce n'était pas l'humain en lui qui était le plus mal à l'aise, mais le côté lupin. Petit-Homme ne voyait aucun inconvénient à rester encore un peu ici, voire même à poursuivre son exploration. Mais le Draco à quatre pattes n'était pas de cet avis. Il voulait retourner au plus vite près de la meute et de ses dominants protecteurs, bien que pour certains, un peu trop collants et enquiquinants.

Le petit loup blanc fit donc demi-tour, face au vent qui s'était mis à souffler doucement, en direction du village.

Là encore, au lieu de ressentir un apaisement de son mal-être, tout son instinct lui dictait que quelque chose n'allait pas. La forêt lui sembla d'un coup bien sombre et surtout, très silencieuse. Inquiet, Draco accéléra le pas.

Subitement, il stoppa et regarda partout autour de lui. Il sentait une présence. Il se savait épié, c'était certain. Il avait entendu un bruit sourd, le bruit de pattes. De course ? Une boule de peur s'installa dans son ventre. Il avait la nette et cruelle impression qu'une chasse avait été lancée et que c'était lui, la proie.

Draco gémit en tournant lentement sur lui-même, à l'affût du moindre signe trahissant son ou ses poursuiveurs. Dans son crâne, les souvenirs de chasses plus anciennes commencèrent à pointer le bout de leur vilain nez, notamment le jour où Fenrir l'avait mordu, puis celui où il l'avait chassé et possédé sous sa forme de loup.

D'autres bruits se firent entendre. Draco s'aplatit, les oreilles basses et sa queue entre ses pattes arrière. Il avait réellement peur, cette fois. Il poussa un hurlement de détresse, appelant à son secours les dominants de sa meute.

La panique commença à s'infiltrait dans ses veines, il se retourna en direction de la sécurité, prêt à détaller, peu importe qui le poursuivait quand son regard clair tomba sur un énorme Loup-garou noir qui le surveillait, debout sur un haut rocher à côté de lui. Une paire d'yeux verts marbrés d'ambre le fixaient et un lourd grognement plein de menace se fit entendre.

La bête sauta en bas de son perchoir, atterrissant dans un bruit sourd aux côtés de Draco qui se recula, prenant de nouveau sa position la plus craintive et soumise possible, les oreilles et la queue basses.

Tandis que l'imposant mâle s'avançait encore vers lui, Draco comprit.

Il comprit pourquoi Charlie et Ayase ne voulaient pas qu'il s'éloigne.

Il comprit pourquoi les dominants de la meute veillaient sur lui.

Il comprit pourquoi les Omégas ne devaient pas être accouplés avant d'être uni.

Il comprit pourquoi les autres Lycanthropes étaient à la fois écœurés et révoltés de ce que faisaient Fenrir et la meute.

Il comprit l'erreur de Fenrir avec ses autres mâles en leur donnant libre accès à son corps.

Il comprit le discours de Daniel et aussi pourquoi il l'avait toujours possédé après Greyback, tout en veillant à ce que personne d'autre ne le fasse après sa fausse couche.

Plus que tout, il comprit qu'il était perdu, entièrement sous la coupe de ce mâle redoutable qui, s'il partageait la couleur des yeux et des cheveux de Harry, n'était malheureusement pas le Parvis Alpha de sa nouvelle meute.

… … …

À suivre

… … …