Chapitre 57: Ils ont commencé
Cozart aimait à penser qu'il était une personne assez calme, quelqu'un qu'on ne pouvait pas aisément décontenancer.
Et tous ses gardiens le reconnaissaient également.
Mais rien n'aurait pu préparer le rouquin à ce qui se passerait le jour où l'exil de sa Famille à l'étranger prendrait fin.
Le Don des Shimon était en train de profiter d'un rare moment de détente avec sa femme quand sa fille de dix-neuf ans, Mami déboula dans ce qui était devenu leur maison durant ces deux dernières années, s'écriant, « Papa ! PAPA ! »
Sa fille avait les joues rouges d'avoir couru trop vite et ses cheveux étaient en bataille Cozart sentit son cœur battre plus fort. Qu'était-il arrivé ?
Sautant hors de son fauteuil, il accourut vers elle. « Que se passe-t-il ma chérie ? Est-ce que tu vas bien ? »
Tombant dans les bras de son père, Mami se mit à rire comme une folle.
« Mami ? Que se passe-t-il ? » demanda à nouveau Cozart, son inquiétude se transformant en confusion. Il n'avait plus vu ses enfants aussi joyeux depuis qu'ils avaient appris la mort de Tsunayoshi. Enma était toujours en deuil.
« Ils sont sortis, papa ! Ils sont sortis ! »
Il lui fallut un moment pour deviner de qui elle parlait, mais lorsqu'il comprit, ses yeux s'écarquillèrent de surprise.
« Quoi ? » fit-il. « Comment ? Comment sais-tu ça ? »
Mais avant que Mami ne puisse répondre, la porte de leur maison s'ouvrit à toute volée et entra alors Enma, suivit d'un jeune homme aux cheveux argentés très familier.
Cozart fixa le nouveau venu un long moment avant de demander, « … Squalo ? »
L'épéiste, dont la coiffure était aussi impeccable qu'à l'accoutumée, marcha calmement vers lui avant de le frapper sur la tête.
« Est-ce que tu sais à quel point ç'a été dur de te retrouver ? Si je n'avais pas su que ta famille possédait des terres par ici, sous un faux nom devrais-je ajouter, je ne t'aurais jamais trouvé ! »
Cozart ne put s'empêcher de sourire et il dit, « Eh bien, c'était un peu le but, Squalo... »
Le requin leva les yeux au ciel et commença à marmonner dans son coin à propos de vieux séniles qui ne pouvait pas faciliter les choses aux autres et qui-
« Alors, que nous vaut l'honneur de ta visite, Squalo ? » demanda Cozart avant que le jeune homme ait pu terminer sa tirade sur les vieux.
Squalo eut à nouveau un mouvement dédaigneux avant de répondre, « Eh bien, au départ j'ai été envoyé vous trouver pour vous dire que les Vongola préparent secrètement un groupe de combattants pour vaincre les Millefiore. »
« Oh ? » fit Cozart en levant un sourcil. « Et maintenant ? »
« Et maintenant, » répéta Squalo avec un sourire féroce. « Les nouvelles sont bien, bien meilleurs. Nous avons quelques visiteurs inattendus venus du passé qui nous aiderons à combattre les Millefiore. »
« Des visiteurs inconnus ? » demanda Cozart, perplexe.
« La majorité de la première et deuxième génération des Vongola. » répondit Squalo.
O-o-o-o-o-o-o-o-O
« Concentrez-vous les filles ! » s'écria Sylvana d'une voix impérieuse, alors que les deux autres femmes Vongola reprenaient difficilement leur souffle.
Passant une main sur son visage pour en essuyer la sueur, Bianca grimaça en regardant la jeune femme qui était devenue une sœur pour elle.
« Tu es sans pitié, tu le sais ça ? »
Souriant aimablement, Sylvana passa une main dans ses cheveux d'un air exagérément hautain et dit d'une voix sucrée, « Oh merci beaucoup, je fais de mon mieux tu sais ! »
Il y eu quelques instants de flottements puis les trois femmes éclatèrent de rire et Bianca et Elena s'effondrèrent par terre.
Regagnant un semblant de sérieux, Sylvana s'approcha d'elles et leur tendit des bouteilles d'eau.
« Mais pour être honnête, vous vous débrouillez extrêmement bien toutes les deux. » leur dit-elle et Elena sourit d'un air fier.
« Nous sommes les femmes de trois des hommes les plus dangereux d'Italie, il serait impensable que nous ne sachions pas nous défendre. » dit la blonde en faisant danser son couteau.
« Et comment ! » ajouta Bianca en se remettant debout. « Maintenant mesdames, il est temps de passer au tir je crois ? »
Sylvana allait accepter quand soudainement, elle sentit quelque chose la tirailler et elle n'eut que le temps de prononcer les mots « Bonne chance ! » avant d'être enveloppée d'un nuage de fumée rose et d'être remplacée par sa version de dix ans plus jeune.
Celle-ci regarda frénétiquement autour d'elle et lorsque son regard tomba sur Elena et Bianca, elle en pleura presque de soulagement.
Se jettant dans leurs bras, Sylvana s'écria, « J'étais tellement inquiète pour vous ! »
Bianca la prit dans ses bras et tenta de la réconforter en lui murmurant des mots apaisants.
« Q-Que vous est-il arrivé ? Et où sommes-nous ? » demanda Sylvana en levant les yeux vers elles.
Elena allait auggérer d'attendre que son mari et son fils arrivent pour lui donner des explications quand la porte de la salle d'entraînement s'ouvrit lourdement pour laisser le passage à un Tsuna mécontent. Lambo était pendu à son cou, la tête cachée contre sa chemise et Lampo pleurait, accorché à son bras.
S'avançant vers les trois femmes et posa Lambo et Lampo. Dans les bras de Sylvana et par terre, respectivement, tout en disant, « Je pense que c'est à toi. »
Et cela fait, il tourna les talons et sortit en marmonnant qu'il devrait maintenant changer de costume avant de rencontrer son père, Xanxus et tous les autres Dons.
O-o-o-o-o-o-o-o-O
Hayato releva brusquement la tête, clignant rapidement des yeux pour chasser le sommeil.
Franchement. N'y avait-il pas autre chose qu'il puisse faire plutôt que de regarder les trois têtes d'ananas dormir ?
Bien sûr il savait qu'ils faisaient bien plus que dormir. Les trois illusionistes voyageaient dans cet étrange petit monde entre le sommeil et l'éveil, recherchant ces deux esprits bien spécifiques qui possédaient toutes les informations dont ils avaient besoin.
Hayato grimaça en repensant aux expressions furieuses de ses oncles Kyoya et Lampo et de sa tante Sylvana lorsqu'ils avaient appris que l'homme qu'ils haïssaient tant, cet acolyte coupable de les avoir enfermés si longtemps dans des cages comme des animaux, était en fait de leur côté.
« Pourquoi ne nous a-t-il pas aidés ? » demanda Lampo.
« Comment pouvait-il dormir tranquillement alors qu'il savait dans quelles conditions on était enfermés. » ajouta Sylvana.
Alaude ne dit rien, mais l'indignation était clairement visible sur son visage d'ordinaire impassible.
Cependant, Kyoya avait été prompt à briser leurs accusations.
Regardant Lampo droit dans les yeux, Kyoya répliqua, « Il devait jouer son rôle pour que Byakuran ne se méfie pas. Il vous a aidés plus que vous ne pouvez l'imaginer. Sans lui vous ne seriez jamais sortis. » Puis se tournant vers Sylvana, il continua, « Et pour répondre à ta question, ma tante, il ne pouvait pas dormir la nuit. Il restait éveillé mort d'inquiétude à l'idée d'être pris et de ne plus pouvoir vous aider à survivre. Il restait éveillé en se demandant s'il y avait quoi que ce soit qu'il puisse faire pour voir, il espérait et priait Dieu que Byakuran ne se décide pas un jour à vous tuer tous. »
La colère et l'amertume furent vite remplacées par la culpabilité et la gratitude et Giotto posa une main apaisante sur le bras de Kyoya.
« C'est lui qui a tué Tsunayoshi. » dit Alaude en forçant le ton sur le mot 'tué' comme s'il s'attendait à une autre révélation.
« C'est lui qui a maquillé la mort de Tsunayoshi. »
Hayato releva à nouveau la tête et se força à rouvrir les yeux en s'aperçant qu'il s'était assoupi.
Il savait bien que les trois têtes d'ananas faisaient un travail important et qu'il se devait de les protéger, mais cela ne rendait pas la tâche moins ennuyeuse pour autant.
Soudain, le jeune homme entendit le lit grincer et il fit son oncle s'asseoir brusquement, ses mains tatônnant dans le vide comme s'il cherchait quelque chose.
Réagissant vite, Hayato attrapa un bloc note et un crayon et les donna à son oncle qui se jetta dessus.
Posant le crayon sur la feuille, le gardien se mit à dessiner aveuglément.
Hayato l'observa d'un air fasciné tandis que l' image incroyablement détaillée d'une sorte de machine ronde prenait forme.
Hayato était si occupé à regarder son oncle qu'il faillit ne pas remarquer que Mukuro et Chrome s'étaient également relevés.
Il attrapa aussitôt deux autres blocs note et les jumeaux se mirent à dessiner et écrire dès qu'ils les eurent en main.
Hayato se rassit en sifflant d'un air admiratif.
Daemon avait terminé sa machine et tournait à présent la page pour dessiner plan de bâtiment tandis que Mukuro et Chrome gribouillaient des notes qui semblaient aller avec les schémas.
Tous trois savait qu'il leur restait peu de temps avant d'être repérés et ils faisaient de leur mieux pour noter toutes les informations.
Hayato se souvenait que les jumeaux s'étaient souvent plaints, autrefois, lorsque leur père les forçait à apprendre à écrire et dessiner parfaitement sans pouvoir voir leur papier. A l'époque, il avait aussi trouvé que c'était plutôt injuste d'attendre ça d'eux mais à présent, il se ravisait. C'était sacrément utile. Après tout, on pouvait difficilement leur attacher une imprimante à la tête et copier tout ce qu'ils voyaient.
Hayato se souvint alors qu'il n'était pas censé rester assis là à rien faire et qu'il aurait dû avertir son père et son oncle Alaude dès qu'il auraient commencé leur tâche. Il sortit son téléphone portable et leur envoya un rapide message.
Ils ont commencé.
-Hayato-
