Bêta : Nanola
NDA : Voilà la suite promis. Je sais que j'avais dit que si je postais Puppy je ne posterai pas LVO, mais bon, comme je vous ai fait faux-bond la semaine dernière, ma bienveillance a encore frappé ^^ Bonne lecture et bisous à ma petite fiancée.
Chapitre 32
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Etre Monoïque, être Oméga
Svarog était né dans le Royaume de Serpentard. Il avait dix-sept ans lorsque Zmeï accéda au trône et vivait dans les cachots du château du roi. Il y avait été placé peu de temps après sa naissance.
Car si Salazar, comme la plupart des Mages de son royaume, n'aurait jamais toléré qu'un Monoïque naisse de son sang, pour autant, il ne dédaignait pas les utiliser pour son propre plaisir. Après lui, le Seigneur Noir avait également conservé les esclaves monoïques.
Ce que ni l'un ni l'autre des anciens monarques ne savaient, c'était que Zmeï fréquentait lui aussi les cellules où ces pauvres êtres étaient enfermés. Et Zmeï le Terrible commit l'improbable : il tomba amoureux.
« L'histoire du Monde Libre » - Chapitre 4 – Iason Werner
… … …
La porte s'ouvrit doucement, laissant entrer un jeune homme aux cheveux châtains et bouclés.
« Draco, tu dors ? » chuchota-t-il.
« Non, » souffla le garçon blond allongé dans son lit.
« Viens, s'il te plaît, » continua l'autre sur le même ton.
Draco se redressa de son lit et suivit son ami jusque dans sa chambre. Une fois à l'intérieur, les deux garçons se couchèrent dans le lit de Paul, dont il écarta les draps.
« Alors, il te voulait quoi, Ayase ? »
« Oh, pas grand-chose, on a parlé d'un truc ou deux, » répondit évasivement Paul.
Draco fronça les sourcils alors que ses narines le chatouillaient un peu. Paul sentait bon, très bon. Il portait en lui le parfum propre aux Monoïques, doux, léger, et celui qui était sien. Mais par-dessus cela, Draco reconnut une effluve qu'il avait déjà eu l'occasion de sentir. Que ce soit avec les mâles de son ancienne meute, forte, puissante, écœurante. Avec les jeunes hommes de Poudlard, teintée du parfum un peu épicé propre aux Hommes et aux Mages. Avec ceux de sa nouvelle meute, forte et puissante aussi, mais mélangée aux effluves de loups aimés et protecteurs. Et enfin ici, que ce soit en croisant des Monoïques, en passant devant des chambres aux portes closes, ou même parfois sur son meilleur ami quand ils étaient ensemble. Le désir.
« Au sujet de la Présentation ? » insista Draco tandis que Paul se calfeutrait contre lui.
« Entre autre, oui, » fit Paul qui nicha son nez dans le cou de Draco.
« De tes prétendants ? Tu en as beaucoup ? Tu vas les revoir à cette Présentation ? »
Paul soupira, il passa son bras autour de la taille de Draco et chuchota.
« Bon, tu as envie que l'on parle de mes prétendants, si je te comprends bien ? »
« Ben... oui, » avoua Draco, un peu mal à l'aise.
Paul soupira de nouveau de façon légèrement théâtrale, bien qu'il ne bougea absolument pas d'un pouce de son nid douillet.
« Okay, tu veux savoir quoi exactement ? »
Draco ne réfléchit pas longtemps.
« Ta première Présentation. L'homme qui a séché tes larmes, c'est un de tes prétendants ? »
« Oui, » admit Paul sans l'ombre d'une hésitation. « Ce jour-là, dans la tente, on a beaucoup parlé. Il m'a rassuré. Consolé. Dit que j'étais beau, désirable. Il m'a caressé. Il aurait aimé aller plus loin, mais mon gardien n'a pas voulu. »
« Et toi, tu aurais voulu aller plus loin ? » murmura Draco qui sans s'en rendre compte caressait les cheveux fous de son ami.
« Je ne sais pas. C'est pour cela que le gardien est intervenu. Lors d'une première Présentation, on est toujours inquiet, anxieux, on ne sait pas trop ce que l'on fait. Mais il est revenu à d'autres Présentations, il a demandé à être reçu au Temple. »
« Reçu au Temple ? »
« Oui, on a le droit de voir nos prétendants dans le petit bâtiment Nord, je te l'avais dit, non ? »
« Tu as dit que c'était le bâtiment des rencontres. »
« C'est cela. Quand un prétendant apprécie réellement un Monoïque et que la réciproque est vraie, on peut se rencontrer en dehors des Présentations, là-bas. Ça nous permet de mieux nous connaître afin de nous aider à faire notre choix définitif. »
« Tu l'as reçu ? »
« Oui. Je le vois encore régulièrement. En fait, c'est mon favori, mais Ayase et d'autres Maîtres me disent de faire attention, de ne pas me fermer et de continuer la découverte d'autres hommes. C'est mon premier amant non Monoïque, alors forcément, il est spécial pour moi. Mais ils ont raison, ce n'est pas parce que c'est mon premier qu'il faut impérativement que ce soit le bon. »
« Quand tu dis que c'est ton premier amant, tu veux dire, en dehors de ton initiation ? »
Paul raffermit sa prise sur Draco, il lui embrassa le cou, lentement.
« Non, Draco, tu as parfaitement compris ce que j'ai dit. C'est mon premier amant non Monoïque. »
Draco déglutit, sans cesser ses caresses.
« Et... tu as d'autres amants ? »
« Amants ou prétendants ? Sois précis, Draco. »
Le garçon blond hésita, cette fois.
« Les deux, si la réponse est différente. »
« Elle l'est. Elle l'est, évidemment. Elle l'est pour nous tous ici, Draco, » souffla Paul en embrassant une nouvelle fois le cou et la clavicule pâle.
Draco ne dit rien, se contentant de faire courir ses doigts dans les boucles douces.
« Bien. J'ai, disons, trois prétendants. J'ai eu des relations intimes avec les trois. Mais l'un d'eux ne me convient pas vraiment, je pense que je vais rompre avec lui. C'est pour ça qu'Ayase voulait me parler, entre autre, pour la prochaine Présentation. Parce qu'il sera présent donc je vais rompre à ce moment. »
« Oh... Et les autres ? »
« Quels autres ? Mes prétendants ? J'aime beaucoup le premier, Soren, mais voilà, je t'ai expliqué, je ne dois pas me bloquer sur lui. Alors je conserve le second pour le moment et j'espère bien en rencontrer encore des intéressants. »
Les deux garçons gardèrent le silence un court instant avant que Paul ne reprenne.
« En ce qui concerne mes autres amants, j'en ai eu quelques-uns. Ici au Temple, évidemment. Comme tout jeune Monoïque. J'ai été initié un peu après mes quinze ans par deux Maîtres, selon la tradition. Je crois que l'un deux était Ayase. Les Monoïques ne dévoilent pas leur secret, parfois même entre eux ils ont des secrets. Un novice n'a pas à savoir ce genre de chose. Je le découvrirai peut-être quand je serai marié et Maître à mon tour, qui sait. Mais je suis presque sûr qu'Ayase était un de mes initiateurs, avec Antinoüs. »
« Comment tu peux le savoir ? » demanda Draco avec une petite boule inexplicable dans la gorge.
« Eh bien... parce qu'Ayase a été mon amant après mon initiation. Quatre ou cinq fois. Antinoüs aussi, » admit Paul.
Cette déclaration fut comme une brûlure dans le cœur de Draco. Ayase lui avait bien déjà dit qu'il avait été l'amant de Paul, mais il avait cru, sans doute espéré, qu'il ne l'avait fait que dans le cadre de l'initiation. Or là, ce n'était clairement pas le cas. Il avait été un amant de Paul. Lui-même ne voulait pas d'Ayase comme amant mais il prenait cet aveu comme une sorte de trahison de la part de l'autre Oméga. Envers lui, mais surtout envers Charlie.
Néanmoins, il savait que ce n'était pas ainsi que les Monoïques voyaient la chose. Ils ne trompaient pas leur époux, ils les aimaient profondément, ils apprenaient simplement aux plus jeunes quand ces derniers le désiraient. Le souhait d'un novice passait en premier quand il s'agissait de relation intime.
La brûlure s'apaisa, ne laissant la place qu'à un peu de jalousie que Draco n'arriva pas à effacer.
« J'ai eu d'autres Maîtres aussi, tu ne les connais pas, qui m'ont honoré une fois ou deux, et j'ai eu des amants occasionnels parmi les novices, comme Antoine, Freyr ou Paracelse. Lui tu le connais. »
« Tu es amant avec lui ? » s'étonna Draco. « Mais il est tout le temps avec John ! »
Paul redressa son nez et sourit tendrement.
« Tout comme je suis tout le temps avec toi en ce moment, Draco. Tu n'as pas encore la même notion et compréhension du terme ''amant'' que nous. Nous ne sommes pas amoureux. C'est juste que nous aimons passer du temps ensemble, juste comme des amis la plupart du temps. Et parfois, nous avons besoin d'un peu plus. C'est tout. »
Draco garda le silence, sa main toujours dans les cheveux bouclés. Il ne réalisa pas tout de suite que l'autre garçon se recollait confortablement contre lui, puis qu'il commençait à lui caresser le torse. Ce fut Compagnon-Loup qui l'alerta et le sortit de sa torpeur quand ses narines furent assaillies par l'odeur douce de l'excitation de plus en plus présente qui émanait du Monoïque.
« Paul ? »
Ce dernier ne répondit pas. Il se contenta d'embrasser le cou et les clavicules de Draco.
Compagnon-Loup montra aussitôt les dents.
Le jeune Monoïque le désirait mais il n'était pas Lycanthrope. Il n'avait aucune autorité sur lui. Certes, il était Oméga dans la meute, néanmoins, l'humain était encore moins que lui. D'une certaine façon, c'était un Oméga chez les Hommes, pas chez les Lycans.
Draco se redressa et, instinctivement, plaqua Paul avec force sur le matelas. Le jeune homme poussa un petit cri mais tourna aussitôt la tête afin de dévoiler sa gorge. L'Oméga cligna des yeux, un peu surpris de ce comportement plus lycanthrope qu'humain. Toutefois, l'instinct prit une nouvelle fois le dessus. L'humain était en pleine reddition, il lui fallait le marquer.
L'Oméga posa sa bouche contre la gorge offerte pour y faire courir ses dents qu'il planta ensuite légèrement, sans chercher à lui laisser une marque et encore moins à transpercer la chair. Hors de question de blesser le garçon, c'était son ami.
Le petit gémissement que poussa Paul fit se redresser Draco. Il n'avait pas été synonyme de douleur, loin de là.
« Paul ? » fit-il de nouveau.
Le jeune Monoïque se mordit les lèvres, ses yeux bleus semblant presque noirs dans la chambre. Sans rien dire et en ne cessant de fixer Draco au-dessus de lui, il dégrafa lentement sa tunique qu'il ouvrit avec encore plus de lenteur pour se dévoiler totalement. Il laissa retomber les pans de tissu à côté de ses hanches, montra de nouveau sa gorge et murmura simplement un faible « encore ».
Draco était subjugué par le corps de son ami. Il connaissait son tatouage, noir et bleu, du moins jusqu'à la limite de la tenue et en découvrait d'un seul coup l'entièreté. Sans s'en empêcher, il tendit l'une de ses mains qu'il fit parcourir sur le ventre nu. Paul frissonna et creusa la peau de son ventre en gémissant tandis que les doigts pâles caressaient son nombril.
« Draco... Touche-moi... S'il te plaît... » gémit-il.
L'Oméga obtempéra. Il laissa ses doigts explorer le corps mais surtout le tatouage. Il en retraça chaque ligne, chaque courbe, y compris sur la longueur fine et de plus en plus dur du désir du Monoïque.
« Draco, oh, Draco. »
Compagnon-Loup était pour le moins étonnée de la situation. C'était la première fois qu'il était dans la position d'un dominant, car il était clair que l'humain languissant sur le matelas n'avait aucune intention de domination envers lui. Tout son être transpirait la soumission la plus totale. C'était... une nouveauté pour lui. Certes, en tant qu'Oméga également, Ayase ne l'avait jamais dominé non plus, mais là, c'était encore différent.
« Paul... je ne sais pas... »
Le garçon ouvrit ses yeux bleus. Il tendit la main sur le torse de Draco pour le caresser doucement.
« Draco... J'ai envie de toi... Bientôt tu vas partir, mon frère, et je ne sais pas quand tu reviendras. S'il te plaît, Draco, s'il te plaît... »
Paul se cambra légèrement, expira avec sensualité et se retourna sur le lit. Une fois fait, il s'étira de façon langoureuse, écarta ses jambes tout en maintenant une certaine cambrure de ses reins.
« S'il te plaît, mon frère, mon ami, honore-moi... j'ai besoin de toi... Honore-moi... »
Le murmure de la voix de Paul était à la fois une mélodie et un appel rauque dont les vibrations résonnèrent dans tout le corps de Draco.
« Je ne sais pas, » répéta-t-il si bas qu'il fut le seul à s'entendre.
Pourtant, comme précédemment, sans qu'il ne cherche à les contrôler, ses doigts parcoururent la peau de Paul sur son dos. Ils suivaient les lignes de chaque muscle, la longueur de la colonne vertébrale, la douce rondeur des épaules.
Paul gémissait sourdement, frémissait à chaque attouchement tremblant. Son corps s'humidifia de sueur sous le coup du plaisir, de la chaleur de cette nuit d'été mais surtout en raison de l'impatience qu'il ressentait. Draco remonta ses mains à la naissance des boucles mâtinées d'or, massa la nuque tendrement tout en s'émerveillant de leur douceur, de leur moiteur qui firent grimper son propre désir.
Il se plaça entre les cuisses ouvertes, fit descendre ses mains jusqu'aux globes de chair ferme et découvrit la fin du tatouage. Le désir devint luxure, envie brute. Compagnon-Loup, toujours un peu surpris par la tournure de la situation, préféra s'éclipser, laissant en grande partie l'humain contrôler la suite.
Draco s'abaissa avec lenteur jusqu'à ce que sa bouche se pose à la naissance de la nuque. Il brossa la peau moite, les cheveux souples. Ses lèvres coururent le long des omoplates, doucement, tendrement.
Alors qu'il s'allongeait et alignait leurs corps l'un sur l'autre, Paul tendit une main, ouvrit avec dextérité le tiroir de sa table de chevet et en sortit un flacon. Draco sut de suite de quoi il s'agissait. Sans mot dire, il captura la main de l'autre Monoïque afin lui prendre l'huile de plaisir. Puis, il retourna à la découverte buccale du dos de Paul.
Ce dernier gémissait de plus en plus, ondulait sous les caresses. Néanmoins, Draco s'occupa d'abord de sa propre tension avec l'huile parfumée dont les fragrances envoûtantes emplirent la petite pièce. Avec hésitation, il décida ensuite de découvrir de ses doigts l'entièreté du tatouage de Paul, l'explorant dans ses confins les plus éloignés et les plus secrets. Le Monoïque poussa en réponse des gémissements emprunts de plaisir, son dos se cambra un peu plus, son corps frémit. Il se redressa sur ses coudes, la tête rejetée en arrière. Draco en profita pour lui embrasser le cou, sa langue retraça les veines, les tendons saillants, la tempe humide avant de revenir lui mordiller les épaules.
Le jeune Oméga découvrait des sensations inédites avec ses doigts, une douceur chaude et moite qui lui donnait envie de plus, tellement plus.
« Draco... Oh, Draco... Viens... je t'en supplie, viens... » souffla Paul d'une voix hachée par l'attente.
Ce fut le signal pour le garçon blond d'accéder à cette envie nouvelle et improbable. Ses doigts remontèrent le long du flanc transit et vinrent s'enlacer à ceux plus hâlés. Draco mordit la peau un plus fort, crispa sa main sur celle de son amant alors que pour la première fois de sa vie, son corps pénétrait ce lieu de convoitise et de débauche.
Draco gémit de concert avec Paul. C'était chaud, doux et d'une étroitesse qui semblait infinie. Enfin, Paul ondoya du bassin, amorçant ainsi entre eux le premier mouvement de la chorégraphie éternelle des amants.
… … …
Les deux jeunes hommes étaient enlacés, un drap négligemment déposé en travers de leurs hanches dénudées. Il faisait encore chaud dans la petite pièce bien que Paul ait ouvert la fenêtre pour laisser entrer la fraîcheur de la nuit.
Draco avait toujours aimé ces fenêtres magiques. En effet, si les Monoïques pouvaient voir parfaitement grâce à elles, notamment le parc du Temple mais aussi les demeures et selon les ailes, les rues de la ville de Helga, ce n'était pas du tout le cas pour les habitants de ladite-ville qui ne voyaient rien à travers elles, préservant ainsi l'intimité des Monoïques.
Le garçon blond soupira d'aise avant d'embrasser le front toujours légèrement moite de Paul dont la tête reposait sur sa clavicule. Le jeune homme sourit tout en gardant ses yeux clos. Le bras du Monoïque reposait paresseusement sur le torse de l'Oméga qu'il lui caressait d'une façon distraite.
« C'était bien ? » chuchota Draco.
Cette fois, Paul ouvrit ses perles bleues et se mit à pouffer d'un rire léger. Il se redressa un peu afin d'embrasser à son tour Draco à la commissure de ses lèvres.
« Oui, c'était bien. Mais ce serait plus à moi de te poser cette question, c'était ta première fois. »
« Justement, c'était la première fois que je faisais... ça. Alors... En plus, tu as beaucoup d'expérience donc, je me demandais, voilà quoi, si c'était bien, si tu avais aimé, si j'étais pas trop mauvais et... »
« Hé, hé, hé, » murmura Paul en posant deux de ses doigts sur les lèvres pâles.
Il sourit de nouveau, enleva ses doigts et déposer un simple bécot rapide sur les corolles de soie.
« Oui, c'était bien. Oui, j'ai aimé, il me semble d'ailleurs en avoir laissé la preuve un peu partout sur les draps, non ? Et non, tu n'étais pas mauvais. »
« Mais je suis venu très vite, j'ai pas pu me retenir très longtemps et toi... ben tu es venu après alors... » bafouilla Draco sans vraiment oser regarder Paul dans les yeux.
« C'était ta première fois, Draco, tu ne peux pas être aussi doué qu'un Maître dès la première fois ! C'est bien pour cela que nous faisons l'amour avec eux, pour apprendre. Et aussi entre nous, pour nous détendre, nous aimer, nous rassurer. Si ça peut te consoler, tu sais, la première fois que je l'ai fait, je n'étais sans doute pas mieux que toi. Quant à Paracelse, il a carrément fini avant de commencer, si tu vois ce que je veux dire. »
Paul se mit de nouveau à rire de son rire si léger alors qu'il appuyait son front sur la clavicule de Draco. Il se rallongea confortablement, entoura de son bras Draco, et plaça une jambe à travers son bassin. Il soupira, frotta son nez contre la peau claire et entreprit de le caresser du bout de ses doigts.
« Tu as été très bien, Draco. Je suis heureux que l'on ait partagé ce moment, tous les deux. »
« Je t'aime, Paul, » répondit Draco dans un souffle. « Je veux dire, je t'aime, j'aime Ayase, j'aime Charlie et Asami. Et chacun de ces amours est différent dans mon cœur. Après avoir passé tout ce temps à douter de l'amour, je réalise que j'aimais, malgré tout. »
Draco se tourna vers son ami, lui embrassa une nouvelle fois le front.
« J'espère que je connaîtrai l'amour d'un véritable amant... ou l'amour véritable d'un amant, au choix. »
Les deux garçons rirent doucement de concert tout continuant leurs tendres attouchements, collés l'un à l'autre.
Draco se sentait bien, serein. Moite aussi, mais c'était sans importance. Là, entre les bras de Paul, la vie, le futur lui semblaient moins angoissants. À tout point de vue, y compris intime. Il avait pu constater par lui-même que Paul n'avait pas éprouvé de douleur. Les propos d'Ayase, et ce qu'il avait vu dans la chambre de Charlie prenaient désormais une toute autre dimension. Il avait pu voir, toucher, ressentir, il avait fait.
L'amour physique pouvait être agréable pour les deux partenaires.
« Et toi, Draco, tu te sens bien ? » murmura Paul.
« Oh oui. Vraiment bien. »
« Ton loup n'a pas été... trop ennuyé ? »
« Non, surpris, oui. Au départ il a été un peu agressif, désolé pour ça d'ailleurs. Mais en tant que Lycanthrope, il ne peut pas supporter d'être, tu vois, dominé par un humain. »
Draco s'interrompit brusquement. Il se tourna légèrement et plongea ses yeux dans ceux de Paul.
« D'ailleurs, tu savais parfaitement comment réagir en me montrant ta gorge... Comme tu savais que je ne pouvais pas être dominé... Ayase ? »
Paul hocha la tête.
« J'ai déjà eu des relations avec lui, je te l'ai dit, je sais donc certaines choses, comme tous les Monoïques en âge d'être son amant. Et puis... on a discuté de tout ça, tous les deux. »
Le Monoïque leva sa main qu'il passa avec beaucoup de douceur sur la joue de Draco.
« J'avais très envie de toi, Draco. Et je pensais aussi que cela t'aiderait si tu voulais bien de moi. Pour affronter ton futur. C'est notre rôle en tant que frères de nous aider, tu comprends ? »
Draco acquiesça.
« Tu n'as pas fait ça par pitié, n'est-ce pas ? » demanda-t-il néanmoins, une boule dans la gorge.
« Non, oh que non... » chuchota Paul. « Draco, puis-je ? »
Le garçon fronça les sourcils ne sachant pas ce que voulait son ami. Cependant, quand il avança son visage vers le sien, il comprit et ferma les yeux afin de lui signifier son assentiment. Les lèvres de Paul se posèrent sur les siennes, avec une grande tendresse. Le baiser ne dura pas longtemps, juste ce qui était nécessaire pour eux afin de pouvoir se démontrer leur affection.
« Je t'aime, Draco. »
« Moi aussi. »
… … …
« Ayase est là. »
« Quoi ? »
« Je te dis qu'Ayase est là, lève-toi, Paul, » répéta Draco en se redressant faisant soupirer Paul dont la tête reposait sur son ventre.
Les deux novices eurent à peine le temps de se mettre debout qu'effectivement, Ayase accompagné d'un autre Monoïque apparaissaient derrière les arbres.
« Ayase ! » cria Draco en courant pour se jeter ensuite dans les bras de son ami.
Comme à chaque fois qu'il le retrouvait, sa partie lupine prenait le dessus. Le jeune homme se retrouva donc à se frotter contre l'Oméga brun et à lui lécher la gorge. Il poussa de petits grognements de contentement alors qu'Ayase se mettait à rire.
« Comme vas-tu, petit loup ? »
« Bien. J'ai encore trois jours, pourquoi tu es là ? »
Malgré sa joie de revoir Ayase, Draco ne pouvait pas s'empêcher de poser cette question à chaque fois qu'il revenait au Temple.
« Pour te présenter un ami à moi et pour prendre de tes nouvelles, » sourit l'Oméga. « Paul, comment ça va ? »
« Bien, Ayase, » répondit Paul.
Il poussa Draco et se colla à son tour contre le torse de son référent. Ayase lui rendit son étreinte, ils s'embrassèrent, puis Paul fit de même avec le compagnon d'Ayase. Draco le regardait avec circonspection. Avec ses cheveux roux foncé et ses yeux bleus, l'homme lui faisait penser à Charlie. Enfin, en omettant le fait qu'il était plus petit, plus fin et surtout, qu'il était monoïque.
« Maître Antinoüs, je suis heureux de te revoir. »
« Moi aussi, Paul. »
Draco fronça les sourcils. Les caresses que les deux Monoïques se prodiguaient tout en se saluant lui semblaient légèrement... insistantes. Sans compter que l'air sembla soudain se remplir de phéromones. Sans qu'il ne puisse se contrôler, un grognement sourd sortit de sa gorge.
« Eh bien, » sourit Ayase. « Ton loup serait-il jaloux ? Ah moins que ce ne soit toi ? »
Draco se reprit, rougit et bougonna.
« Oh, Draco, tu sais bien que tu ne dois pas être jaloux. C'est naturel, » le sermonna gentiment Paul. « Antinoüs m'a enseigné plusieurs fois avant ton arrivé au Temple. Maître, je te présente mon ami, Draco. »
Le Monoïque s'approcha de Draco qui, instinctivement, recula et le renifla d'abord. Les yeux clairs s'écarquillèrent un peu, Draco huma de nouveau profondément tout en s'avançant. Il se pelotonna subitement contre le Monoïque, le sentit de nouveau tout en l'étreignant.
« Tu sens bon, » murmura-t-il. « Tu es l'ami d'Ayase. Comme Paul et moi. Je connais ton odeur. »
Antinoüs le berça tout en se mettant à rire.
« C'est un peu confus ce que tu me racontes, jeune Oméga, mais c'est vrai, tout est vrai. Je suis le très bon ami d'Ayase, nous avons été novices ici, fait des Présentations ensemble. Nous avons été amants autrefois, puisque je sais que c'était aussi l'une de tes questions. Tout comme nous avons aussi été ceux de Paul. »
« Tu as été mon initiateur, » continua de murmurer Draco.
« Chuuuuuuut, » fit sur le même ton Antinoüs, la bouche près de son oreille.
Cependant, Draco sentit les mains sur son dos l'enlacer un peu plus fort, lui donnant une réponse non verbale.
Antinoüs se recula, étudia les deux garçons, un grand sourire toujours sur ses lèvres.
« Je pense comprendre de tout ceci que vous vous êtes découverts, tous les deux ? C'est bien, très bien. »
Draco leva les yeux vers Ayase, timidement. Ce dernier le regardait, effectivement, mais il n'était pas réprobateur, bien au contraire.
« Je suis heureux que tu aies découvert et surtout pratiqué nos coutumes, Draco, » lui confirma l'Oméga. « Bien, Antinoüs et moi devons voir les membres du Conseil afin de discuter de ta mise en compétition. »
« Pourquoi ? »
Le ton de la voix légèrement inquiet n'échappa à personne.
« Parce que nous sommes une famille, Draco. Nous n'allons pas te laisser affronter cette épreuve seul. Je serai présent, en tant que ton gardien et protecteur, » lui déclara Antinoüs.
« C'est vrai ? »
« Oui, bien sûr. »
Le sourire rayonnant de Draco valut à cet instant pour les trois autres Monoïques toutes les richesses du monde. Draco était soulagé, heureux de voir que les Monoïques ne l'abandonneraient pas. Il était l'un deux. Cette appartenance, ce soutien, leur présence, tout ceci éloignait la peur qui l'englobait quand il pensait à la compétition qui se profilait de plus en plus vite dans son horizon.
Cependant, plusieurs heures plus tard, la quiétude de Draco vola en éclat. Le matin se levait à peine, il dormait paisiblement dans les bras de Paul quand la porte de sa chambre s'ouvrit.
« Draco, Draco réveille-toi, vite ! »
« Ayase ? »
La voix soucieuse, pressée, du plus vieil Oméga eut rapidement raison du sommeil des deux garçons qui s'assirent sur le lit.
« Vite, lève-toi. L'Alpha exige ta présence. Tu dois revenir immédiatement. »
« Pourquoi ? Pourquoi ? » fit Draco, tremblant.
« Les délégations sont arrivées, du moins certaines d'entre-elles. Les dominants s'énervent avec l'approche de la pleine lune, d'autant que ton odeur n'est plus présente. Il faut que tu reviennes. J'ai beau dire que tu es protégé par la tente monoïquale, cela ne suffit plus. La tension devient trop forte. Tu dois revenir chez nous, que ton odeur et ta présence soient décelables. »
« Mais la compétition n'est pas pour tout de suite, n'est-ce pas ? » continua Draco, les yeux désespérés.
« Non. Non, je ne pense pas. Malgré tout, si Gideon devait l'avancer, ce ne sera pas un problème, nous sommes prêts. Maintenant, trêve de bavardage ! Habille-toi, vite ! »
Draco se leva d'un bond, stressé à l'idée de devoir se présenter à l'Alpha. Néanmoins, il ne put faire deux pas qu'il se sentit encercler par deux bras, puis Paul l'enlaça avec force.
« Draco ! »
Le garçon blond se retourna, se colla contre son ami qui se mit à pleurer.
« Je ne veux pas que tu partes... »
« Moi non plus, » s'étrangla Draco en le serrant encore plus contre son cœur. « Moi non plus mais je n'ai pas le choix. Je dois suivre ma voie... Je reviendrai, Paul. Ce jour-là, je serai uni et mon portrait sera affiché dans la salle aux souvenirs. En attendant ce jour, pense à moi, prie pour moi, mon frère. »
« Je le ferai. Je demanderai à l'Air et à nos ancêtres Sylphes de te guider pour que tu trouves l'amour avec ton mâle. J'espère que tu vas t'unir avec l'homme que tu aimes déjà, Draco. »
« Moi aussi... » murmura Draco, l'image de Harry claire dans son esprit.
Ayase lui attrapa le bras, les obligeant à se séparer. Draco ne comprenait pas grand-chose alors qu'il suivait Ayase en courant dans les couloirs du Temple. La seule chose qu'il savait avec certitude, c'était qu'il avait le cœur lourd et qu'il n'avait pas pu dire au revoir à ses frères. Une fois encore, pensa-t-il avec amertume.
Ils entrèrent rapidement dans la salle Aller-Retour, Ayase sortit la pierre blanche de sa tunique et le monde autour d'eux se mit à tourbillonner.
Draco se cramponna au corps de son ami, tandis que peu à peu, les images devenaient plus nettes. Sans surprise, il découvrit l'environnement familier de la tente.
« Vite, Draco, enlève ta tunique et défaits tes tresses, dépêche-toi ! » lui ordonna Ayase tout en l'entraînant cette fois dans la pièce d'à côté.
Le garçon découvrit que la baignoire était remplie, prête pour lui. Alors qu'il faisait ce qu'Ayase lui avait demandé, l'Oméga jeta diverses huiles, savons et parfums dans le bain. Draco pénétra dans l'eau chaude et commença à se laver. Ayase s'assit quant à lui sur le rebord de la pierre creusée afin de lui frictionner avec énergie les cheveux.
« Aie ! Mais tu es une brute ! »
« Non, pas du tout ! » protesta Ayase sans cesser pour autant de le frotter. « Sincèrement, Draco, il faut vraiment que tu te laves avec plus d'entrain ! Allez, dépêche-toi, bon sang ! »
« Mais pourquoi ? » gémit le garçon.
« Pourquoi ? Ton séjour au Temple t'a-t-il fait perdre la tête ? Tu es de retour dans la meute, Draco ! En tant qu'Oméga ! Oméga Prédare ! Que va penser l'Alpha et tous les autres si tu te présentes devant eux avec des odeurs étrangères ? Pire, puant le sexe ! »
Draco rougit violemment jusqu'à la racine de ses cheveux.
« Draco, tu es un Monoïque, je ne vais sûrement pas te juger pour ce que tu as fait avec Paul ces derniers temps, mais ici c'est différent, tu le sais parfaitement, » tempéra Ayase.
Il fit se mettre le garçon debout et le rinça à l'aide de seaux remplis eux aussi d'eau tiède. Puis, alors que Draco se séchait et remettait sa tunique, il s'affaira à lui refaire des tresses fines très serrées sur ses tempes.
« Et d'ailleurs, c'était bien ? Avec Paul ? »
« Oui, très, » répondit Draco en rougissant de nouveau.
« Tu as pu expérimenter des plaisirs inédits ? »
« Oui... C'était... vraiment agréable. Je sais que tu lui avais dit comment se comporter la première fois. Et que de toute façon, comme tu l'avais toi aussi honoré, il savait quoi faire. Il va me manquer. »
« Tu pourras lui envoyer des hiboux, Draco. »
« Hum. »
Alors qu'ils terminaient, l'esprit de Draco se mit à vagabonder. Il se rappela les dernières nuits ainsi que les moments d'intimité qu'ils avaient partagés, Paul et lui. Après leur première fois, ils s'étaient accordés mutuellement du plaisir buccal. Draco aurait aimé reprendre Paul, mais il s'était retenu, ne sachant pas comment lui faire comprendre. Cependant, cette nuit, quand ils s'étaient couchés ensemble dans son lit, il n'avait pas pu se retenir très longtemps.
La puissance de son désir était devenue presque incontrôlable. Cette envie, ce besoin, l'avait fait réagir d'une manière un peu brusque. Il avait retourné le garçon brun avec force sur le lit, lui avait écarté les jambes tout en grondant dans son cou.
Paul n'avait pas protesté. Il s'était contenté de gémir sourdement alors que Draco lui léchait avec application les omoplates et la nuque, ses cheveux bouclés relevés et étalés sur l'oreiller. Draco s'était laissé guider par des instincts un peu sauvages qu'il n'avait pas eu vraiment conscience de posséder jusqu'à cet instant. Dans les meutes, il était un Oméga, le dernier, le soumis. Et dans la meute de Fenrir, les accouplements étaient subis. Cela lui avait fait quelque peu oublier qu'il était aussi un homme et surtout un Lycanthrope à part entière, doté d'une part animal qui ne demandait qu'à s'exprimer y compris dans ces moments-là. Ses dents avaient mordillé la peau tendre, ses doigts s'étaient agrippés aux hanches étroites. Pourtant, quand Paul avait gémi plus fort, Draco avait réussi à gronder à son oreille « Le veux-tu, Paul ? » d'une voix presque bestiale. Le Monoïque avait répondu en geignant de nouveau, il avait relevé ses fesses et écarté davantage ses jambes. Draco avait parfaitement compris l'invitation. Il s'était donc empressé d'honorer l'autre garçon avec ses plus fougueuses attentions.
« Draco, quoi que tu penses, cesse de suite, tu remplis cette pièce de phéromones ! »
« Pardon. »
« Je plaisante. Quoi que, évite quand même d'avoir ce genre de pensées devant les mâles. Vu leur état d'énervement, ils n'y survivraient pas, » rigola Ayase. « Et encore que, si tu pouvais le faire devant Harry, ce serait sans doute très drôle ! »
« Devant Harry, je ne pourrais sans doute pas me contrôler, » répondit Draco avant de sentir ses joues s'enflammer une nouvelle fois devant le regard étonné d'Ayase.
« Eh bien... quelle agréable nouvelle. Surtout pour lui. Tu es prêt, Draco ? Prêt à t'accoupler ? »
« Avec Harry, sans aucun doute. Du moins dans mes rêves, je le suis. La réalité est autre. Quant aux autres mâles, si Compagnon-Loup est ravi, moi, je n'ai pas changé de sentiment. Ils me font toujours peur et je n'ai aucune envie de m'accoupler avec eux. »
Ayase termina rapidement de le préparer en silence. Ils sortirent tous deux de la petite maisonnette, leurs mains enlacées, et se mirent à courir en direction de la maison de Charlie.
La première chose qui frappa Draco en sortant fut l'odeur de la mer. Alors qu'ils couraient, elle l'engloba tout entier, le remplit du parfum de ses embruns. Vinrent ensuite les effluves des plantes, des arbres. Puis, presque aussitôt, celle puissante de la meute l'assaillit. Les Lycanthropes. Les dominants. Les mâles. Draco se mit à frissonner sans cesser de courir, ses doigts se crispèrent sur ceux de l'autre Oméga.
Les mâles étaient énervés. L'air semblait comme saturé alors qu'ils s'approchaient enfin de leur maison et qu'Ayase ouvrait la porte d'entrée.
Draco aperçut tout de suite Charlie, il sauta dans ses bras, cherchant sa chaleur, sa protection tout autant qu'en raison de la joie de le revoir.
« Charlie ! »
« Hello, mon grand, » répondit l'homme en le prenant contre son torse.
« Tu m'as manqué. »
« Vraiment ? »
« Oui, bien sûr ! »
Draco redressa son nez et lui sourit. Pourtant ce dernier se fana bien vite. Il y avait d'autres personnes dans le salon. D'autres personnes qui semblaient contrariées.
« Eh bien, Draco, cela faisait bien longtemps. »
« Sans doute parce que j'étais consigné, Alpha, » répondit le garçon.
Il baissa rapidement les yeux. Ici, il n'était pas au Temple. Les dominants comme Gideon n'accepteraient sans doute pas ce genre de comportement de la part d'un soumis, Greyback et ceux de sa meute en tout cas ne le faisaient pas. Il frémit alors que l'homme s'avançait vers lui et ferma résolument ses yeux.
Cependant, le mâle ne le frappa pas. Il posa simplement ses mains sur les épaules frêles.
« C'est la tradition. »
Draco sentit que l'Alpha se penchait vers lui, caressait ses tresses humides et le reniflait profondément.
« Dommage, vraiment, que tu aies été dans ton bain à cette heure si matinale. Encore plus dommage, évidemment, que les Monoïques aiment mettre autant de parfums dans l'eau. Mais c'est réconfortant de constater que malgré ces nombreux jours passés enfermé dans cette pièce sans fenêtre, ton teint soit aussi... épanoui, » fit-il sourdement.
Draco rentra sa tête dans les épaules. L'Alpha savait. D'une façon ou d'une autre, il savait qu'il n'était pas dans cet abri durant le temps de sa quarantaine.
« Pouvons-nous voir ton Oméga, Gideon ? »
Ledit-Oméga se remit à trembler de tous ses membres. Il y avait d'autres hommes en plus de l'Alpha. Draco sentit qu'ils n'étaient pas ses futurs prétendants, l'odeur de l'union était présente sur chacun d'eux. Ce n'était pas pour autant qu'il était rassuré. Ils étaient cinq s'il se fiait à son odorat, dominants et passablement énervés.
« Je vous en prie, » fit Gideon en se reculant.
Draco n'ouvrit pas ses yeux, les laissant prudemment clos. Les hommes lui tournaient autour, le reniflaient. Aucun d'entre eux ne le toucha, ce dont il en fut reconnaissant. Passer de la chaleur fraternelle douce et aimante de ses frères au Temple à cette ambiance animale était déjà suffisamment perturbant. Un contact physique avec eux l'aurait fait hurler, lui qui, il y avait de cela quelques heures à peine, ne passait pas plus d'une heure sans être dans les bras d'un Monoïque à donner ou recevoir des câlins.
« Par notre mère la lune, tu ne nous avais pas menti, Gideon. Cet Oméga est magnifique. Il m'a rarement été donné d'avoir la chance d'un voir un. En fait, Ayase était le seul avant lui. Mais je n'en reviens pas. Et son odeur est si alléchante ! »
« Oui, quand on réussit à la flairer derrière tout ce parfum. Quelle étrange idée. J'espère qu'il n'aura rien d'autre à part l'odeur de sa peau pour la compétition ? »
« Naturellement, » répondit l'Alpha.
« Tu nous pardonneras notre suspicion, Gideon, mais nos hommes ont parcouru de nombreux kilomètres pour venir jusqu'à tes terres. Nous devions le voir... et ses pères le surveillaient farouchement. Comment as-tu fait, Oméga, pour cacher ainsi l'odeur et la voix de ton petit ? » demanda abruptement un troisième homme.
« Il se nomme Ayase ! » objecta aussitôt Charlie d'une voix sans appel.
Draco sursauta. Il ne savait pas ce qui s'était passé dans la meute pendant son absence mais une chose était certaine : les délégations avaient cherché après lui, elles s'étaient plus qu'impatientées et avaient même douté de son existence. La deuxième certitude était que Charlie était particulièrement agacé par ces mêmes délégations et leur comportement.
« Mon jeune est un Monoïque, tout comme moi, » répondit Ayase d'une voix douce. « Si vous l'oubliez, nous non. Nous avons nos secrets, nos traditions, nos lois. Et le Temple, où que nous soyons, ne nous oublie pas, lui non plus. »
Sa déclaration jeta un silence confus parmi les dominants.
« Monoïque... Pourtant, c'est un Oméga qui est mis en jeu, » reprit le même homme.
« Un Monoïque qui a été transformé sans notre accord, » affirma Ayase fermement. « Aux yeux du Temple et de ce monde, il est Monoïque avant d'être Oméga. »
« Ayase, » gronda Gideon. « Je sais ce que ceux de ta race souhaitent mais malgré cela, Draco sera mis en jeu ! »
« Nous le savons. Mais nous veillerons. »
La tension grimpa de nouveau d'un cran. Bien, se dit Draco, encore une explication à donner pour cette dernière. Les Lycanthropes et les Monoïques n'étaient pas d'accord sur la façon de procéder avec lui.
L'homme qui avait parlé s'approcha de nouveau de lui. Draco sentit son souffle sur sa peau, le frôlement d'un vêtement sur son dos, puis ce furent des mains qui glissèrent sur son flanc.
Il fondit en larmes.
« Charlie ! Ayase ! »
À peine avait-il poussé son cri de détresse que des bras forts, rassurants, une odeur masculine dominante et une autre douce l'entourèrent de toute part.
« C'est bon, vous l'avez vu, maintenant sortez ! » aboya Charlie.
« Charlie, les délégués... »
« Je me moque des délégués, mon oncle ! Ils sont ici chez moi et il s'agit de mon fils ! Je ne laisserai personne l'effrayer ! Pas après tout ce qu'il a subi ! Que les délégués fassent donc leur travail et qu'ils transmettent à leurs hommes mot pour mot ce que je viens de dire ! Celui qui blessera Draco aujourd'hui, demain ou dans dix ans, devra en répondre devant moi ! »
Le ton sans appel de Charlie sembla résonner dans la pièce.
« Bien... Allez dire à vos hommes que vous avez pu voir notre jeune Oméga, Draco. Dites-leur que le garçon est sous la protection du Temple et répétez-leur également les paroles du père de l'enfant, afin que tous sachent avec précision dans quoi ils s'engagent avec cette compétition. En attendant le début de celle-ci, Draco sera confiné ici, dans sa maison, y compris pour la pleine lune. Ainsi, ils pourront le sentir et peut-être l'apercevoir. »
L'Alpha se tourna ensuite vers Charlie.
« Nous te laissons chez toi, mon cher neveu. Je pense que ces derniers jours ont été éprouvants pour toi et ta famille. Je te décharge de tes obligations envers la meute dès aujourd'hui pour toute la durée de la compétition. Prends-soin de ton compagnon et de tes fils. »
Draco tremblait encore contre Charlie, bien que le simple fait d'être dans ses bras le calma rapidement. Et puis, il réalisa les paroles tant de l'Alpha que d'Ayase ou de Charlie. Ce dernier venait de couper la parole à son Alpha devant d'autres dominants. Pour lui, pour le protéger. Ayase s'était affirmé devant eux, parlant au nom des Monoïques. Pour lui.
Draco était de retour dans sa meute où là aussi, il était aimé et protégé par les siens.
… … …
À suivre
… … …
