Bêta : Nanola

NDA : Vous pouvez remercier ma bonté (si, si) je poste encore une fois LVO alors que je poste Puppy. Je suis d'une faiblesse sans nom. Par contre, en raison d'un petit souci de santé, il n'est pas sûr que je puisse poster dimanche prochain.

Et bien sûr, bisous à ma chérie.


Chapitre 34

.

La compétition


Après la signature des différents traités de paix, chaque monarque regagna son Royaume. La Cour Impériale devint cependant la véritable force de notre Monde, celle qui le dirige encore aujourd'hui.

Les décisions de Zmeï à Serpentard ne furent pas sans conséquences. Si dans les trois autres Royaumes les habitants avaient vécu la guerre de façon plutôt éloignée, ce n'était pas le cas des Serpentards. Une véritable chasse fut instaurée et le nom de Zmeï le Terrible ne fut pas usurpé.

Tous les anciens partisans de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom qui n'avaient pas été jugés à Espérance furent traqués et durent prêter allégeance. Ceux qui résistaient furent exécutés.

Il prit pour premier emblème le Serpent à Trois Têtes, créant la surprise dans tout le Monde Libre. Car en le faisant, il dévoila à tous qu'il était le chef de la résistance de Serpentard, l'allié dont les informations précieuses, notamment militaires, transmises à Gryffondor avaient permis la chute du Seigneur Noir.

Les décisions les plus controversées de Zmeï furent, comme nous l'avons signalé, celles concernant les Monoïques. Mais Zmeï resta intraitable.

Ce ne fut que quelques mois plus tard, alors que Zmeï avait déjà était intronisé que la vérité et la raison de cette intransigeance furent dévoilées. Zmeï présenta au monde, lors d'une immense et prestigieuse réception, celui qu'il avait épousé dans le plus grand secret : Svarog. Un Monoïque qui venait de donner naissance à leur fils et héritier du trône, le prince Baldr.

Leur mariage et la montée sur le trône de Svarog en tant que prince consort fut une grande première dans ce Royaume où les Monoïques n'avaient jamais été traités autrement que comme des esclaves.

Certains eurent l'impudence de se moquer, ils en payèrent rudement le prix, et pour quelques-uns parmi les plus médisants, leur vie.

Néanmoins, le peuple découvrit rapidement en Svarog un homme bon, juste et généreux qui était le seul à pouvoir tempérer le caractère emporté de son époux. On le surnomma alors « le Lumineux » et le célèbre peintre Claudius le représenta un jour sous la forme d'un serpent cracheur de feu, vainquant un serpent à trois têtes. On raconte que Svarog rit beaucoup devant ce tableau, ce qui ne fut pas le cas de Zmeï, du moins dans un premier temps.

Cependant, depuis ce jour, le blason de la royauté descendant de Zmeï et Svarog montre le Serpent à Trois Têtes enlacé par le Serpent Cracheur de Feu.

« L'histoire du Monde Libre » - Chapitre 5 – Iason Werner

… … …

Harry était heureux. Draco dans ses bras, leurs lèvres soudées, l'odeur de l'Oméga dans chaque parcelle de ses poumons, il était heureux. Le dominant n'abusa cependant pas de la situation bien que l'envie lui monta à la gorge. Pas tout de suite. Il cessa le baiser, chaste, pour revenir picorer doucement les lèvres couleur framboise, tout aussi chastement.

« Pourquoi ai-je l'impression qu'il ne s'agit pas de vos premiers baisers ? » ricana Charlie.

Sans attendre de réponse, le Bêta referma le pan de tissu, laissant les Monoïques, l'Oméga et son prétendant en paix.

« Tu viens t'asseoir avec moi, Harry ? » demanda Draco en se saisissant de la main hâlée.

Là encore, chacun put constater que c'était la première fois que Draco faisait une telle proposition ouverte. Avec les autres mâles, il s'était simplement laissé guider.

« Oui, bien sûr. »

Comme avec Olivier et Ritchie, Draco prit place entre les jambes ouvertes de Harry. Il passa ses bras autour de la taille du dominant, posa sa tête sur sa clavicule et poussa un lourd soupir de contentement.

« Enfin, c'est toi, » murmura-t-il.

« Tu es heureux que je sois là, Draco ? »

Le garçon sourit, les yeux clos.

« Comme si tu ne le savais pas ! Bien sûr que je suis heureux. C'est toi que j'ai attendu toute cette fichue matinée.

Ils restèrent enlacés, Harry embrassa les cheveux blonds pendant que Draco lui racontait ce qui s'était passé avec les autres prétendants, ce qu'ils avaient dit ou fait. Quand il parla de Cormac, Harry se mit à gronder.

« Ritchie et Olivier m'ont dit qu'ils allaient le massacrer, » fit Draco. « Toi aussi ? »

« C'est évident, » grogna Harry.

Le dominant plaça son nez dans le cou de l'Oméga, lui faisant basculer la tête en arrière. Le garçon ne dit rien, au contraire, il se laissa aller contre le corps plus massif et rejeta totalement sa tête. Harry grogna de nouveau.

« Quoi ? » souffla Draco, un peu inquiet par ce son.

« Ils ont laissé leur odeur sur toi, c'est insupportable ! »

Vivement, Harry allongea Draco sur la natte. Il enlaça ses doigts à ceux plus fins, releva les bras pâles et s'empressa d'embrasser et de lécher le cou, les clavicules et les épaules nus.

Draco s'étonna, pourtant il gémit bientôt de plaisir sous les caresses linguales. Une partie de son cerveau avait bien un peu honte de se comporter ainsi devant d'autres personnes, mais cela ne dura pas. Compagnon-Loup était bien trop heureux de cette petite toilette improvisée. Qu'un dominant, que Harry, se donne autant de mal le ravissait au plus haut point. Quant au reste, Draco se souvenait très bien de ce que ses frères lui avaient expliqué au Temple. Les novices étaient toujours sous le contrôle d'un ou plusieurs gardiens quand ils étaient avec des prétendants, y compris lorsqu'ils avaient des relations intimes avec eux.

Contrairement à ce qui s'était passé avec les autres prétendants, Draco savait que ses gardiens étaient plus sereins, moins sur la défensive. Même Gabriel s'était installé sur un coussin.

Le garçon aurait pu être surpris de cette attitude à l'apparence désinvolte. Cependant, il ne l'était pas. Tous ici avaient parfaitement compris que Harry était le mâle préféré de Draco, celui qui faisait battre son cœur. Tout le monde, au Temple, savait que Draco avait le béguin pour le dominant brun. De ce fait, ce qu'il faisait était clairement autorisé par le garçon.

Draco ferma les yeux, tourna la tête lascivement sur la natte alors que la langue et la bouche de Harry se déplaçaient sur son torse. L'Oméga se cambra en haletant à l'instant où les corolles chaudes se refermaient avec douceur sur ses mamelons. Leurs mains s'emprisonnèrent plus fermement, paumes contre paumes. La chaleur déjà épaisse de cette fin de matinée d'été monta d'un cran sous la tente. Leurs corps se teintèrent de sueur, alors que la langue de Harry descendait plus bas et découvrait chaque courbe, ligne et délié de la calligraphie en noir et vert qui s'épanouissait sur le ventre de Draco.

Sa chaleur humide glissa à la frontière de la tunique, faisant gémir le plus jeune de façon totalement impudique. Sylvanus, se rapprocha de la natte, sans intervenir. Il se contenta de vérifier que l'homme qui embrassait son jeune frère ne dévoilait pas le tatouage dans son ensemble et que Draco allait bien. Cependant sa présence sembla sortir Harry de son exploration. Les yeux verts étaient comme flous, embrumés dans la passion qui les dévoraient.

« Maîtres, » murmura Harry d'une voix rauque qui fit frémir Draco sans lui faire néanmoins ouvrir les yeux.

L'aura du dominant l'enveloppait, le comblait de tant de façons différentes qu'il n'en ressentait pas le besoin.

« Oui, jeune prétendant ? » répondit Gabriel.

« S'il vous plaît, avec la permission de Draco, pouvez-vous me bander les yeux ? » continua Harry sur le même ton.

Sylvanus avisa Draco et hocha brièvement la tête en signe d'acquiescement. Gabriel saisit un bandeau en tout point identique à celui dont Sylvanus s'était servi pour aveugler Cormac. Il le passa fermement sur les yeux de Harry qui s'était redressé, les genoux de part et d'autre des hanches de Draco. Une fois que Gabriel eut terminé, Harry inspira longuement. Ses mains partirent à la découverte du corps pâle qui ondula sous elles.

« Draco... Oh, Draco... Me permets-tu ? » demanda Harry en faisant glisser ses doigts sur la bordure de tissu.

L'Oméga entrouvrit ses yeux et ses lèvres.

« Oui... Oui, dominant. »

Sa voix était douce et légère, à l'image des mains de Harry sur lui. Le mâle n'attendit pas plus, il se rallongea tout en écartant les jambes finement musclées du garçon, sa langue repartit à sa lente exploration du tatouage.

Les doigts glissèrent sous le tissu, dégrafèrent les attaches et dévoilèrent le corps de Draco. Ce dernier soupira, totalement alangui sur la natte. Ses propres mains descendirent plus bas afin de venir se poser sur la tignasse noire.

Harry grogna, sa bouche parcourut la peau désormais moite.

« Harry, » souffla Draco, perdu dans les sensations.

La chaleur était partout présente, sur leur peau, dans leur tête, les enivrant tout autant que l'odeur de leur partenaire.

Puis Draco se cambra, il rejeta sa tête en arrière, ses doigts se crispèrent dans les mèches ébène alors que son désir était submergé de douceur et d'humidité.

« Harry, oh, Harry... Harry... »

Le dominant agrippa les hanches du soumis, le maintenant fermement. Il continua ses attentions, se dévoua entièrement à sa tâche. Il sentait que Draco se relâchait entre ses bras, lui donnait sa confiance tout autant que son amour. Du moins, il osa espérer que c'était de l'amour.

« Harry, » se crispa Draco en se cambra plus encore.

Ses doigts griffèrent le cuir chevelu, mais Harry ne cessa pas.

Sa bouche, bien au contraire, s'activa plus encore. Il lui semblait sentir les lignes fines du tatouage à cet endroit-là également. La simple idée qu'il pourrait un jour le vérifier visuellement le fit se durcir encore plus qu'il ne l'était déjà, lui aussi. D'une main impatiente, il baissa son pantalon en toile et le projeta au loin avec ses pieds. Sa main s'occupa ensuite dignement de son propre plaisir, au rythme des respirations de plus en plus saccadées de l'Oméga.

« Harry ! » cria Draco.

Une aspiration de plus suffit à le faire exploser, ses yeux s'écarquillèrent, son corps se tendit... puis ce fut le temps du relâchement. Draco se laissa retomber sur la natte, un bras replié vers son visage, l'autre main toujours cramponnée aux cheveux de Harry.

Il sentit que Harry remontait vers lui, puis un liquide chaud fut déposé sur son ventre, son torse, alors que l'homme l'embrassait. L'odeur de sa jouissance mélangée à celle de la salive du dominant fondit sur lui. Harry haletait lui aussi maintenant, alors qu'il finissait de déposer les dernières gouttes de ce qu'il avait prélevé du corps de Draco sur le ventre de ce dernier. Subitement, il se tendit à son tour et une nouvelle vague de chaleur humide gicla pas saccades sur Draco, le faisant gémir de satisfaction. Harry venait de le marquer, de jouir sur sa peau.

Le front de Harry vint se poser avec délicatesse sur celui du jeune blond. Son bassin rejoignit celui plus fin, leurs ventres se collèrent l'un à l'autre, étalant les semences, la transpiration et la salive sur leurs deux corps.

Draco admirait Harry. Ses mains se levèrent en tremblant vers son visage pour l'effleurer du bout de ses doigts. La sueur coulait sur leurs fronts, leurs tempes. L'Oméga inspira profondément. Leurs odeurs étaient désormais mêlées dans ce qu'elles avaient de plus intimes. Compagnon-Loup grogna de bonheur. C'était une revendication claire de la part du Parvis Alpha de sa meute.

Le jeune blond sourit. Il se sentait en paix avec lui-même, avec tout ce qui faisait qu'il était lui. Ses bras s'enroulèrent autour du cou de son dominant préféré et il l'attira contre lui.

« Merci, Harry. »

« De quoi, donc ? » murmura Harry.

« D'être là. De te battre pour moi. De m'avoir donner du plaisir. »

« Un plaisir partagé, » sourit le mâle.

Ils restèrent ainsi un long moment, puis Harry se décala sur un côté, libérant ainsi de son poids Draco. Aussitôt Gabriel se positionna derrière lui pendant qu'Antinoüs ragrafait la tunique de Draco. L'Oméga ne bougea pas, il laissa le Monoïque le prendre en charge alors que Gabriel enlevait le bandeau des yeux de Harry.

Une fois ce dernier retiré, Harry baissa son regard vers le soumis. Le garçon regardait son ventre souillé et cherchait visiblement quelque chose pour s'essuyer.

« Reste comme cela, Draco, s'il te plaît, » dit Harry.

Le jeune Oméga cligna des yeux, il étudia le visage de Harry, puis son ventre tout aussi maculé que le sien et finit par acquiescer.

« Je crois qu'il est temps de vous lever, » annonça Ayase. « Je vais voir Charlie et lui dire que tu vas sortir de la tente, Draco. »

« Est-ce que Harry peut rester avec moi jusqu'à ce moment-là ? »

L'Oméga plus âgé sembla hésiter un instant.

« Oui. De toute façon, je suppose que tout le monde doit être de nouveau présent. Ne bougez pas de là, je reviens. »

Ayase sortit, les laissant seul. Draco fronça ses sourcils et se retourna vers Gabriel.

« Maître Gabriel, pourquoi Ayase dit cela ? »

« Parce qu'à part les prétendants et ceux qui ont préféré rester, les autres membres des meutes ont vaqué à leurs occupations, je suppose. Mais là, Charlie et l'Alpha de ta meute ont dû leur annoncer que tous les prétendants t'avaient visité. »

« Mais... Ils ne pouvaient pas le savoir avant cela ? »

« Et comment donc ? Personne ne pouvait te voir ou nous entendre, à part Charlie. La tente est soumise à de nombreux sorts de protections. Et heureusement, vu ce que tu viens de faire, » le taquina l'homme.

Draco rougit un peu. Instinctivement, il se rapprocha de Harry et lui prit la main.

« Oui, je suis bête... Ayase me l'avait déjà dit en plus, ici c'est comme dans sa cabane monoïque. Et puis, c'est logique, ils n'allaient pas rester là à attendre. Autrefois, quand on regardait les Présentations avec ma famille, personne ne restait jamais une fois que les prétendants choisis allaient sous la tente. »

Il réfléchit encore.

« Maître, Ayase m'a affirmé que notre race est pacifique. Pourtant, vous maniez cette arme parfaitement. »

Sylvanus se mit à rire.

« Certains parmi nous ont un moindre degré de patience, ils sont plus prompts à l'emportement, à la colère, à la défense. Comme notre cher ami Gabriel. »

Ce dernier se contenta de grommeler en haussant les épaules.

« Ceux-là sont précieux et tu le sais, Gaby. Ils sont les gardiens en chef, ceux qui sonnent le gong et veillent de près à la sécurité des novices. Ils sont entraînés au maniement du bâton, comme nous appelons cette arme qui est, crois-moi sur parole, redoutable quand utilisée correctement. »

Draco hocha la tête. Néanmoins, leur conversation s'arrêta brutalement alors que Charlie et Ayase pénétraient de nouveau dans la tente.

« On y va, » lança simplement le Bêta.

Le regard sombre qu'il jeta aux mains enlacées de Harry et Draco les fit se séparer. Inutile d'en rajouter une couche sur les préférences de l'Oméga. L'odeur qu'ils partageaient, Harry et lui, était largement suffisante. Néanmoins, l'instinct de Draco lui hurlait que si les prétendants Lycanthropes et leurs responsables de meute allaient s'énerver quand ils renifleraient celle-ci, ce ne serait que de frustration. Les mains liées, elles, déclencheraient leur colère. La première faisait partie du combat qui s'était engagé entre les mâles, la dernière était bien trop synonyme d'affection humaine. Or, cela n'était pas encore d'actualité. Seul le mâle gagnant serait autorisé à le faire au terme de la compétition.

Charlie sortie de la tente tout en soutenant le pan de tissu carmin. Ayase sortit également, puis Gabriel, Sylvanus et enfin Draco et Harry, côte à côte, vite suivis par Antinoüs.

Le simple fait que les deux Lycanthropes non unis soient l'un à côté de l'autre suffit à faire gronder quelques hommes. Puis l'odeur de leurs précédentes activités éclata dans l'air alors que tous s'avançaient vers le bord de l'estrade. Les grognements se firent plus forts, des cris ressemblant à des hurlements lupins fusèrent parmi les autres prétendants alors que dans la foule, le brouhaha explosa.

« Silence ! » lança l'Alpha. « Silence ! »

« Pourquoi ton fils est encore sur l'estrade !? » cria sans surprise le vieux Tiberius.

« Il était le dernier des prétendants, il peut redescendre maintenant, » déclara Alpha en faisant un signe de tête à Harry qui sauta en bas de l'estrade, avec les autres prétendants.

Draco le regarda partir avec un atroce sentiment d'abandon. Inconsciemment, il se rapprocha d'Antinoüs. Ses yeux clairs suivirent le mâle aux cheveux noirs qui grondait férocement devant Cormac tout en gonflant le poitrail. L'excitation, l'énervement chez les prétendants devinrent palpables, l'air se satura de phéromones agressives.

Le petit Oméga étudia tour à tour ses prétendants. La plupart avec indifférence, d'autres avec crainte. Ils s'étaient instinctivement regroupés par meute et semblaient prêts à se battre. Draco constata que le ridicule Colin Crivey s'était placé à côté de son ami, Andrew Kirke. Sam et Alberic entouraient Rubeus Hagrid. Ce Lycanthrope en particulier effrayait Draco. Pourtant, il avait été plutôt gentil et maladroit avec lui, mais il était immense, massif, rustre jusqu'au bout de sa barbe en broussailles. Draco était terrifié à la simple idée que ce mâle l'emporte. Son instinct lui disait en outre que cela était fort probable. L'homme respirait la puissance et la force brute, il avait donc toutes ses chances.

La tension augmenta encore entre les mâles qui s'excitaient, obligeant Gideon et Charlie à hurler pour les calmer quelque peu.

« Bien, » fit Gideon, face à la foule. « Voici les noms des premiers prétendants retenus, ceux qui seront autorisés à participer à la compétition. De la meute des Grandes Rocheuses, Andrew Kirke et Colin Crivey. De la meute des Plaines du Gouffre, Rubeus Hagrid, Sam Stimpson et Alberic Towler. De la meute des Frontières Arides, Lug et Kebero Kiamiti. De la meute de l'Armée Royale de Godric, Egill, Grímr, Úlfr et Vargr. De la meute des Forêts du Nord, Versipellis Bobesco et Vironsusi Sakura. Des meutes familiales libres, Patrick Forestier, Alexander Tchekov et Cormac Mclaggen. Et enfin de notre meute, Ritchie Coote, Olivier Dubois et Harry Potter. »

Des cris de joies, d'invectivation éclatèrent dans la foule et parmi les prétendants, de plus en plus énervés. Draco sentit sa peur augmenter d'un cran... et les mâles y répondre.

« Nous voulons voir l'Oméga ! » cria un homme dans la foule, un qui n'était pas de la meute de Gideon, nota Draco.

« Vous le voyez ! »

« Non, nous voulons le voir sous sa forme lupine ! »

D'autres personnes acclamèrent la proposition, galvanisant plus encore les Lycanthropes, notamment les dominants prêts à l'union. Gideon se retourna vers Ayase aux côtés d'un Draco tremblant, et lui fit un petit geste de la main.

Aussitôt, l'Oméga brun s'adressa aux Monoïques.

« Tendez une toile autour de Draco. Draco, dès que ton corps sera à l'abri des regards, déshabille-toi et transforme-toi. »

« Quoi ? Pourquoi ? »

« Parce que c'est un ordre de l'Alpha et la tradition Lycane. »

Le jeune homme jeta un regard aux mâles qui le dévoraient tous des yeux.

« Ils espèrent me voir nu, voir mon tatouage, je le sais. »

« Nous aussi. Mais ils ne verront rien, » sourit Ayase.

Cela avait étonné Draco quand il avait reçu son propre tatouage. Il avait réalisé, uniquement à cet instant, que lorsqu'Ayase se transformait, le tatouage n'apparaissait nulle part sur la peau du loup brun. Ce dernier avait expliqué que le tatouage étant un ornement magique propre aux Monoïques, il s'effaçait lors de la transformation afin de ne pas être dévoilé et de laisser la place à l'Oméga.

« Ils ne le savent pas mais ils ne verront rien... rien d'autre qu'un jeune et magnifique loup. Certains n'attendent d'ailleurs rien d'autre que cela, Draco, malgré tout. C'est une demande légitime. Ils t'ont vu en tant qu'humain, il est logique qu'ils veuillent aussi t'admirer en tant que loup. »

Une large toile rouge fut tenue par les Monoïques et tendue devant Draco, faisant office de paravent. Le garçon obéit et se dévêtit lentement en tremblant.

« En tant qu'homme, je peux encore me contrôler mais en tant que loup, je ne sais pas comment je vais réagir à cette foule, » murmura-t-il.

« Ne t'inquiète pas, » tenta de le rassurer Ayase.

Draco hocha la tête, puis sa transformation commença, lui arrachant une grimace alors que les os craquaient. Bientôt, un jeune et fin loup au pelage immaculé se tint sur ses quatre pattes. Il leur adressa un regard soucieux avant de se mettre à geindre et à lécher la main de Gabriel.

« Ne t'inquiète pas, Draco, nous restons là, avec toi, » fit le gardien.

L'Oméga redressa sa gueule en gémissant. Il s'aplatit au sol pendant que les hommes rangeaient la toile et dévoilaient le loup aux Lycanthropes. Draco ferma les yeux alors que les cris, de joie et d'autres choses, éclataient dans l'air. Le jeune Oméga sentit que la panique était proche. Fort heureusement, l'odeur rassurante d'un mâle bienveillant s'approcha de lui, puis le corps massif du Bêta s'allongea à ses côtés. Le petit soumis leva sa truffe vers son protecteur qui la gratifia aussitôt d'un long coup de langue réconfortant.

Gideon, quant à lui, s'avança au bord de l'estrade. Il leva ses bras, tendus vers le ciel, et hurla.

« Que la compétition pour l'Oméga commence ! »

Immédiatement, la foule s'écarta du groupe que formaient les prétendants. Ces derniers jetèrent leurs vêtements au sol avec rage, les transformations commencèrent dans un bruit de branches brisées, puis les Loups-garous se jetèrent les uns sur les autres, les gueules ouvertes, crocs dévoilés, sous les cris et les hurlements des supporters.

Draco nicha sa truffe dans le poitrail de Charlie. Les Monoïques l'entourèrent, le caressèrent, alors que le petit loup commençait à gémir.

… … …

« Tu veux encore un peu de poisson, Draco ? »

Le garçon secoua la tête, faisant se mouvoir ses mèches blondes, sans répondre.

« Draco, tu dois manger un peu plus. »

« Je n'ai pas faim, Charlie. »

Charlie et Ayase se dévisagèrent un instant.

« Bon, je vais mettre Asami au lit, » déclara l'Oméga brun. « Je reviens tout à l'heure. »

Resté seul avec Charlie, Draco ne dit pas un mot, comme il l'avait fait durant tout le repas.

« On va discuter un peu de ce qu'il s'est passé, d'accord ? » demanda gentiment Charlie.

Draco haussa simplement une épaule en réponse.

« Ça c'est bien passé, non ? Ils ont été plutôt gentils avec toi ? »

« Le pire c'était Cormac, » marmonna Draco.

« Cormac a été éliminé aujourd'hui, » lui rappela Charlie.

Draco redressa un peu son nez et tenta un pauvre sourire.

« Oui, c'était l'un des rares bons moments de la journée. »

Le silence se réinstalla entre eux.

« Le combat entre les loups t'a vraiment choqué, n'est-ce pas ? » reprit Charlie d'une voix douce en couvrant la main pâle et fine de la sienne.

Draco hocha la tête, ses yeux s'embrumèrent.

« Oui, » avoua-t-il. « C'était violent ! Tous ces cris... ces hurlements... C'était comme... comme avant dans mon ancienne meute... Ça me fait si peur quand les dominants font ça ! »

Charlie se redressa de sa chaise afin de prendre le louveteau contre lui. Draco se mit aussitôt à pleurer, relâchant ainsi toute la pression qui l'avait accompagné durant la journée.

« Ils se sont battus, ils se sont fait mal... C'est brutal et cruel ! »

« Draco, ils se sont battus, oui, mais c'est ainsi que doit débuter la compétition. Les plus faibles doivent être éliminés dès le premier jour et de cette façon. Les plus faibles... ou les plus méprisés, comme Mclaggen » continua-t-il en caressant les cheveux blonds.

Draco se reprit et s'extirpa des bras de son tuteur. Il s'essuya les joues et tenta une nouvelle fois de sourire, avec un peu plus de succès. Dès le début du combat, les trois mâles de sa meute s'étaient ligués contre Mclaggen. Ils s'étaient littéralement jetés sur lui, déchaînant leur fureur et le réduisant en miettes. Cormac avait été retiré du cercle des combattants par ceux de son clan, évanoui et en sang.

« Ils ne recommenceront plus à se battre comme ça ? »

« Si. L'avant dernier et le dernier jour de la compétition. Ils devront de nouveau se battre sous leur forme lupine. Rassure-toi, je sais que ces combats t'effrayent mais ils ne sont pas aussi violents qu'ils en ont l'air. »

Draco haussa un sourcil, clairement dubitatif.

« Ils étaient recouvert de plaies, de morsures ! »

« Oui, je sais, je sais. Mais tout est sous contrôle, malgré tout. Nous sommes plusieurs mâles dominants unis à veiller sur les jeunes. Ce n'est pas comme dans ton ancienne meute, ils ne se blesseront pas sérieusement. Tu comprends la nuance ? »

« Je crois... » finit par chuchoter Draco.

Charlie se rassit tout en gardant les mains de Draco dans les siennes.

« Bien... Et que penses-tu de ceux qui restent ? Ou de ceux qui sont partis d'ailleurs. »

Draco planta ses yeux clairs dans les bleus sombres.

« Je suis content que Mclaggen soit éliminé. Je le détestais vraiment, il était arrogant et pas si puissant que ça. Je ne te parle même pas de Crivey. Trop faible ! » fit Draco en plissant le nez de dédain.

« Et les autres ? »

« Je ne ressentais rien de particulier pour le jumeau, c'était quoi déjà son nom ? Kabako ? »

« Kebero. »

« Oui, et pour Forestier non plus. Sam était plutôt gentil. Ils ne sont pas trop blessés, alors ? »

Charlie sourit gentiment.

« Non, rassure-toi. Une ou deux bonnes nuits de sommeil et ils n'auront plus aucune trace des combats. Et pour les quatorze qui restent, tu en penses quoi ? »

« Je... » les mains de Draco tremblèrent sous celles de Charlie. « Certains me font peur, Charlie. » Ses yeux prirent une teinte de détresse. « Le géant, Hagrid, il me terrifie. Il me rappelle Fenrir et Brutus... et aussi Heimdall avec sa barbe ! »

« Il n'est pas méchant, Draco. Je le connais. C'est un gros nounours. »

Les yeux de Draco s'embuèrent de nouveau.

« Il me fait peur ! Et il n'est pas beau ! Et vieux ! Je ne veux pas de lui ! »

« D'accord, d'accord, calme-toi. Et les autres ? »

Draco prit une grande respiration pour se reprendre.

« Ceux de la garde de Godric me font un peu peur aussi. Pourtant... Je sais, au fond, qu'ils n'ont pas l'air méchant. Mais... ils sont... brusques... je ne sais pas comment expliquer. Pourquoi n'ont-ils pas de nom de famille ? »

« C'est une tradition et un interdit. Personne ne connaît les noms de famille des loups de la Garde Royale. À part eux-mêmes. Ce sont des soldats, c'est peut-être pour cela qu'ils te font un peu peur ? »

« Ils sont très puissants, » rajouta Draco. « Ça me fait peur mais en même temps, ça me rassure. »

« Ces loups sont des guerriers, leur meute est très dure. Même ceux qui naissent là-bas ne peuvent pas tous se plier aux exigences et conditions qui leurs sont imposées. À l'inverse, certains Loups-garous d'autres meutes essayent d'y rentrer. C'est très prestigieux pour un Lycanthrope de faire partie de l'armée de Gryffondor ! »

« Mais moi, je suis juste un soumis, » geignit Draco.

« Ce que je dis s'applique surtout aux dominants, rassure-toi. Mais ce sont des combattants fiers. Je pense que c'est pour cela que quatre d'entre eux sont venus pour toi. Te remporter renforcerait leur prestige. »

Avisant le regard plein de peine de Draco, Charlie se reprit.

« Draco, ne prends pas mal ce que je dis. C'est un fait qu'obtenir un Oméga dans le cadre d'une compétition est véritablement un honneur. Autant un Lycanthrope comme Mclaggen ne le méritait pas, autant c'est différent pour ces loups-là. Surtout pour ceux-là. Tu seras traité comme un prince parmi eux, choyé et aimé. J'en suis persuadé. »

« Je ne veux pas partir de cette meute, » fit Draco d'une toute petite voix.

« Je sais, Draco. Je sais. Moi aussi, j'espère que notre Parvis Alpha gagnera. Mais c'est mon rôle et mon devoir de te préparer à une autre éventualité. »

Charlie s'arrêta un instant avant de reprendre.

« Egill et Grímr sont plutôt mignons d'ailleurs, non ? »

« Ça va, » répondit évasivement Draco. Devant le regard taquin de Charlie, il ne put retenir un petit sourire. « Non, c'est vrai, ils sont même très beaux. Andrew aussi et il est gentil. Par contre, Versipellis et Úlfr sont franchement moches ! »

Charlie se mit à rire doucement.

« À mon avis, Versipellis ne tiendra pas très longtemps ! »

Draco acquiesça, de nouveau pensif.

« Charlie, quelles seront les épreuves et comment ça va se passer ? »

« Gideon a décidé que les épreuves auraient lieu le matin et le soir pour les combats. À cause de la chaleur. Il y en aura plusieurs, souvent sous forme humaine et lupine : courses, sauts et parcours d'obstacles, grimper de corde ou d'arbres, abattage, chasse. Ils seront aussi jugés sur leur capacité à défendre leur compagnon, à assurer sa survie, comme la construction d'un abri, la réalisation d'un feu, ce genre de choses. Et, bien sûr, il y aura donc les combats à mains nues et en tant que loup. »

Draco ferma les yeux et ses lèvres bougèrent alors qu'il comptait.

« Nous sommes le premier jour, il reste quatorze dominants. Les quatrième et cinquième jours, il y aura les combats. C'est ça ? » termina-t-il ou rouvrant les yeux.

« Oui. Le sixième, Gideon rendra sa décision. »

Draco se mordilla les lèvres nerveusement.

« Mes frères seront encore là demain, n'est-ce pas ? »

« Draco, on te l'a déjà dit. Oui, les Monoïques seront là et resteront avec toi jusqu'à la décision finale. Ayase m'a informé que Gabriel et Antinoüs resteraient sans doute jusqu'au début de la cérémonie d'union. Pour t'aider à te préparer, » répéta pourtant Charlie.

Draco posait souvent les mêmes questions, en attente des mêmes réponses tant la suite de ce qui allait lui arriver l'angoissait.

« Charlie ? »

« Oui ? »

« Je veux Harry, personne d'autre. »

« Je sais, Draco, » dit Charlie, comme à chaque fois que Draco lançait cette affirmation.

… … …

Le lendemain matin, une foule à peine moins imposante se pressait dans la clairière. Draco monta de nouveau sur l'estrade, entouré des Monoïques, d'Ayase, Charlie et Gideon.

Cependant, la compétition démarra de suite, avec les quatorze Lycanthropes encore en course. Quatre autres personnes montèrent sur l'estrade. Draco comprit rapidement que c'étaient de vieux dominants qui aideraient Gideon à prendre sa décision finale et donc, désigneraient avec lui le mâle vainqueur. Ils n'étaient pas de sa meute.

Les premiers jeux débutèrent par une simple course de vitesse sur un trajet plutôt court. Charlie expliqua à Draco que d'autres parcours étaient prévus, plus ou moins longs, afin de tester l'endurance des mâles.

Ces derniers étaient venus entièrement nus pour une raison simple : ils passaient de leur corps humain à lupin sans arrêt.

Comme la première fois que Draco avait vu ses camarades de meute sur la plage dans leur plus simple appareil, il en fut tout d'abord atrocement gêné. Et puis la curiosité l'emporta. Il détailla les corps notamment sous leur forme humaine, appréciant les muscles qui jouaient sous leur peau qui peu à peu se couvrait d'une fine pellicule de sueur.

Très vite, Compagnon-Loup et lui firent une sorte de choix entre les dominants. Certains lui plaisaient physiquement, c'était indéniable. D'autres le rebutaient totalement.

Draco se rendit aussi vite compte qu'il n'était pas le seul à pleinement profiter du spectacle des hommes qui se combattaient. Plusieurs femelles et même deux ou trois mâles soumis, toutes meutes confondues, s'étaient placés aux premiers rangs et les admiraient sans aucune retenue.

Le jeune Oméga en fut dans un premier temps vexé, puis sa propre réaction l'étonna, voire, le mit un peu mal à l'aise. Son malaise augmenta quand il réalisa que l'un des mâles prétendants, Lug, ne se gênait pas pour faire des œillades à un jeune mâle qui n'était pas de sa meute mais, en en juger ses vêtements, avait accompagné les dominants de la Garde Royale.

Son loup gronda, son qui résonna dans sa gorge.

« Que se passe-t-il, Draco ? » demanda Ayase.

« Lug drague un autre mâle ! » s'offusqua l'Oméga. « Sous mes yeux ! »

« C'est très indélicat de sa part, c'est vrai, » fit Gideon.

« Je ne veux pas ce mâle ! » décréta Draco en croisant ses bras sur sa poitrine.

Les autres Lycanthropes présents, dont les juges, sourirent doucement, comprenant que la partie lycane de Draco s'exprimait plus librement dans le feu de l'action des jeux qui se déroulaient sous ses yeux.

Après la course, remportée par Harry à la plus grande joie de Draco, les hommes durent grimper à la cime d'un arbre le plus rapidement possible, puis ce fut le lancer de poids et enfin le tir à l'arc. Hagrid remporta haut la main le poids, Vargr le tir. Quant à la grimpée dans l'arbre, Harry, Egill et Vironsusi furent déclarés ex æquo.

Draco se sentit véritablement soulagé de ces résultats. Harry était vraiment un Loup-garou puissant, fort, rapide et doué. Cela comblait Compagnon-Loup mais surtout était de bon augure pour la suite. Néanmoins, il devint aussi évident que les Lycanthropes de la Garde, ainsi que l'affreux Hagrid - Draco n'arrivait décidément pas à trouver la moindre chose attirante chez l'homme - étaient de redoutables concurrents.

Pire que cela. Les approbations et exclamations de Gideon et des quatre autres anciens allaient vers eux. Pas envers Harry.

« Ayase, pourquoi Gideon ne complimente jamais ce que fait Harry ? » ne put-il s'empêcher de demander alors que les premiers jeux se finissaient et que chacun regagnait ses quartiers.

« C'est son fils. Il ne veut pas donner l'impression de le favoriser. Harry va devoir être excellent. »

Cette information rembrunit aussitôt le jeune Oméga.

« Ce soir, Gideon annoncera ceux qui sont éliminés de la compétition. Je pense que Lug le sera, » fit Charlie, espérant sans doute changer de sujet.

« Je m'en fiche de Lug ! Et de tous les autres ! Je veux Harry ! » tempêta Draco.

Ayase et Charlie se regardèrent un bref instant, désemparés. Même eux avaient parfois du mal à comprendre Draco. Cette compétition le fragilisait, le rendant à la fois enfantin, boudeur, mais aussi en demande constante d'attention de la part des dominants et en tout état de cause, particulièrement vulnérable.

« On sait, Draco, on sait. Cependant, cet après-midi, tu devras passer un moment avec chaque mâle afin de discuter un peu avec eux. »

Draco se renfrogna encore plus alors qu'ils arrivaient à la maison.

« Je n'ai pas envie. »

« Draco, tu n'as pas le choix, » soupira doucement Ayase.

« Oui, merci ! Ça je le sais bien ! Pas le peine de me le rappeler ! » cria Draco en tapant du pied, rageur.

Il retira brusquement son bras alors que Charlie tentait de le retenir et gravit les escaliers quatre à quatre afin de s'enfermer dans sa chambre.

« Draco ! Draco, tu redescends tout de suite et... »

Le bruit d'une porte claquée avec violence coupa la parole à Charlie. Ce dernier allait pour monter lui aussi les escaliers quand Ayase le retint.

« Charlie, non, laisse-le. »

« Il n'a pas à te manquer de respect ainsi ! »

« Je sais, je sais, mais écoute, c'est pas grave, d'accord ? On en rediscutera tout à l'heure, calmement. Il est perturbé, il a peur, laisse-le libre de s'exprimer un peu, sinon il va craquer. »

Charlie passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffant.

« Bon, si tu le dis. Tu restes avec lui ? Je vais chez ma mère voir un peu Asami et manger avec mes parents. Les Monoïques vont venir ici, non ? »

« Oui, » répondit Ayase. « Passe le bonjour à tes parents et fais un bisou de ma part à Asa'. Je passerai ce soir le voir. »

Charlie regarda son époux, il l'attrapa par le cou et l'embrassa tendrement.

« Bien... Je suppose que vous avez beaucoup de choses à vous dire entre Monoïques, c'est ça ? »

Ayase sourit avant d'embrasser à son tour son compagnon.

« On va prendre soin de Draco. Ensuite, il faudra que tu sois là quand les dominants viendront. Sylvanus est furieux que les rencontres se fassent ici et non pas sous la tente. Au moindre problème de comportement, je crains que ça dégénère rapidement avec le Temple. »

Charlie hocha la tête.

« Je serai de retour dans deux heures. »

Les deux hommes s'embrassèrent de nouveau, puis Charlie sortit.

Ayase hésita, ne sachant s'il devait rejoindre Draco ou lui laisser un peu de tranquillité. Des coups à sa porte décidèrent pour lui et il alla ouvrir. Les trois Monoïques entrèrent, suivi de Gideon.

« Comment va-t-il ? » demanda ce dernier.

« Pas très bien, Alpha. »

« Comme c'est étonnant, » fit Gabriel, sa voix suintant le mépris.

« Il s'agit de nos traditions ! » protesta immédiatement Gideon.

« Des traditions barbares ! De la vente d'esclave ! »

« Draco sera protégé ! »

« Il sera asservi ! »

« Calme, calme, » tenta de tempérer Sylvanus.

Gabriel et l'Alpha se défièrent un instant du regard avant que le Monoïque ne rompe le contact en enlevant le tissu carmin qui recouvrait son visage d'un geste rageur.

« Maître ! » s'exclama Ayase, surpris.

Jamais, à sa connaissance, un gardien n'avait enlevé ainsi la protection rubis en la présence d'un non Monoïque.

« Quoi ? » râla Gabriel. « Tu penses vraiment que cela sert à quelque chose, Ayase ? À part me tenir chaud ? Tous ici, avec leur putain de flair, savent parfaitement que nous sommes des Monoïques ! Et ils sont capables de me reconnaître parmi d'autres pour la même raison. »

Il lança brutalement le tissu sur la table et entrepris d'enlever également tout ce qui le recouvrait, le laissant uniquement revêtu de la tunique crème typique à son rang. Son regard sombre replongea dans celui de Gideon.

« Certaines traditions sont avilissantes. Svarog et Zmeï n'ont pas hésité à les briser et à abolir l'esclavage des Monoïques. Or, aujourd'hui, l'un de mes frères va de nouveau subir cette abomination. »

« Draco ne sera pas un esclave ! » le contredit à nouveau Gideon.

« Oh, et comment peux-tu le savoir, grand Alpha ? Seras-tu présent à ses côtés quand le mâle à qui tu vas le donner en pâture se jettera sur lui pour le baiser ? »

« Gabriel ! » s'écria Sylvanus. « Arrête, mon frère. Draco ne sera pas seul, nous veillerons. »

Gabriel se contenta de ricaner.

« Il est certain que j'y veillerai, personnellement, surtout si ce pauvre garçon est donné à un homme qu'il ne désire pas ! »

Sylvanus soupira, puis lui et Antinoüs enlevèrent également l'habit des gardiens tandis que Gideon serrait visiblement les dents afin de ne pas envenimer la situation.

« Pour cet après-midi, comment nous procédons ? » demanda Antinoüs.

« Les prétendants vont venir tout à l'heure. Je propose que Draco les reçoive à l'extérieur, dans notre jardin et à l'ombre du pommier. Peut-être que cela l'aidera à se détendre. C'est important qu'il parle avec eux, qu'il réalise qu'ils ne lui feront pas de mal. »

Gabriel renifla de dédain bruyamment mais ne rajouta rien face aux paroles d'Ayase.

« Gaby, mon ami, c'est important pour lui et cela respecte nos propres traditions. »

« Elles ne seront respectées que si le choix de cet enfant l'est également, » rétorqua l'homme.

… … …

Draco regardait par sa fenêtre, pensif. La nuit était tombée, apportant de la fraîcheur en même temps que la douce clarté de la lune et des étoiles. Il soupira de nouveau tout en réfléchissant à la journée écoulée.

Trois nouveaux mâles avaient été éliminés de la compétition. Lug en faisait partie. Draco avait refusé de lui parler et de le regarder. Compagnon-Loup avait grogné, montré ses dents devant ce mâle. Il n'avait pas insisté. Draco savait que les autres dominants feraient désormais attention à ne pas flirter avec d'autres soumis en sa présence.

Malgré tout, cela ne le rassurait pas. Comment savoir si ces dominants étaient sincères ? S'ils lui seraient fidèles par la suite quand il serait uni à l'un d'eux ? Antinoüs lui avait dit que c'était important pour lui de discuter avec les hommes, justement pour se faire une opinion. L'Oméga lui avait vertement rétorqué que cela ne changerait rien au final étant donné qu'il ne choisirait pas son compagnon, contrairement aux autres Monoïques.

Les visites de l'après-midi avaient été douloureuses pour Draco. Gideon était présent, il avait informé les hommes qu'aucun geste déplacé ne serait toléré, par qui que ce soit. Pas de contact inapproprié avait-il martelé. Draco avait compris que ce message s'adressait à lui aussi. Il lui était désormais défendu d'embrasser Harry ou de faire quoi que soit d'autre avec lui... au risque sinon que tous les autres mâles exigent de faire de même. Gideon le protégeait avec cette règle, il en avait conscience, mais elle lui enlevait également le seul réconfort qu'il aurait pu trouver.

Il s'était mal comporté cet après-midi. Sylvanus l'avait grondé, de même qu'Ayase et Charlie. Mais il s'en fichait comme d'une guigne. Il avait refusé de parler aux dominants. Il avait refusé de sortir à l'ombre des arbres avec eux pour discuter. En désespoir de cause, Charlie l'avait sorti de sa chambre de force, entraînant le garçon hurlant et se débattant dans ses bras jusqu'à l'extérieur. Draco n'avait ensuite pas décroché un mot une fois les fesses posées à l'ombre du pommier. À aucun des mâles. Il voulait qu'ils partent ! Qu'ils partent et le laissent seul avec Harry !

Cela n'en avait découragé aucun.

Lug, Andrew et Versipellis ne faisaient plus partis des compétiteurs. Demain, d'autres encore seraient éliminés. Draco ferma les yeux, se répétant en boucle qu'il s'en fichait.

Oui, il s'en fichait.

Le lendemain matin, alors qu'il était sur l'estrade, impassible et le visage fermé, Draco constata que malgré leur défaite, les mâles et leurs accompagnateurs n'étaient pas partis. Tous attendaient, une fois encore, que les jeux se poursuivent. La matinée se passa comme celle de la veille, dans les cris de la foule, l'excitation et les encouragements, chacun ayant son ou ses dominants préférés qu'il encourageait bruyamment.

Draco se sentit vide. Comme étranger à cet immense événement qui se déroulait sous ses yeux et dont il était pourtant l'un des acteurs principaux. Il resta stoïque, debout et imperturbable aux côtés de Gabriel, tout aussi impénétrable que lui.

Les gardiens n'avaient plus leur tunique rouge, se contentant de la jupe courte et pâle propre à leur race. Draco baissa son regard vers le tatouage du maître. Il était noir et bleu, vif, les courbes plus tranchantes que les liens et courbes délicates que lui-même arborait sur son ventre. Il tendit sa main vers Gabriel et enlaça ses doigts à ceux de l'homme qui se refermèrent aussitôt sur les siens.

Les yeux clairs rencontrèrent les marron.

« Maître, vous resterez ? » murmura Draco.

« Jusqu'à la toute fin, Draco. Jamais je ne t'abandonnerai, frère. Même après ton union, je serai toujours là pour toi. »

Draco hocha la tête en silence, puis ses yeux éteints se posèrent de nouveau sur les hommes nus et luisants de sueur qui combattaient pour le remporter, sa main frêle toujours dans celle du Monoïque.

À l'aube du quatrième jour, il ne resta plus que huit mâles.

Quand le soir vint, Draco sentit ses entrailles se nouer. Ce soir, les mâles restant allaient se battre, combattre, en tant que loups. Cette joute, Draco la craignait plus que tout.

Draco s'assit en tailleur sur le sol de la clairière, entouré comme à son habitude des Monoïques et de ses pères. Le feu avait été allumé et les Lycanthropes étaient plus excités que jamais. Pour eux, les luttes sous forme lupine étaient très attendues. Tous se regroupèrent en clans, selon le mâle dominant qu'ils avaient choisi d'encourager.

Une nouvelle fois, Draco sentit comme une nausée s'installer dans son estomac. Il n'avait pas envie de voir les Werwuls se battre, voir leurs griffes et leurs crocs se déchirer. Trop de mauvais souvenirs étaient associés à ce genre de combat.

Pour autant, il voulait être là, voir qui allait remporter cette bataille et qui allait être définitivement éliminé.

Les mâles, nus, se tenaient alignés devant l'Alpha. Ce dernier s'approcha d'eux et leva le bras de chaque homme en le nommant.

Draco écouta les noms et étudia chaque visage, sous les sifflets d'encouragements et les cris de la foule en liesse.

Grímr, Úlfr et Vargr de la garde Royale étaient toujours là. Seul Egill avait été éliminé pendant la journée suite à une mauvaise chute. Ils étaient fiers, farouches, redoutables par bien des côtés et Vargr était le plus fort d'entre eux. Draco le regarda donc un long moment, supportant le regard sombre du mâle sur lui. Vargr n'était pas bavard mais Draco n'avait pas peur en sa compagnie. Compagnon-Loup l'avait même supplié de lui montrer son ventre, l'après-midi même. Draco l'avait fait, permettant au mâle de le renifler et de lui lécher gentiment le nombril sous l'œil vigilant des gardiens.

Les yeux clairs glissèrent ensuite sur le mâle dont Gideon levait le bras, sans pouvoir retenir un frisson glacé de courir le long de son dos. Rubeus Hagrid. Le géant le terrifiait toujours. Draco retint un gémissement alors que les nombreux supporters du mâle se faisaient entendre.

Puis ce fut le tour d'Alexander Tchekov. Draco ne ressentait rien pour lui. Pas plus que pour le suivant, Vironsusi Sakura.

Enfin, son coeur se gonfla pour le jeune homme aux cheveux noirs en bataille dont le bras était enfin levé, entraînant de nombreux hurlements dans la foule.

Harry James Potter, le dernier mâle qui serait appelé à combattre ce soir. Le seul qui importait dans son cœur. Le seul également restant de sa meute, Olivier et Ritchie ayant déjà été éliminés.

Les cris ne diminuèrent pas en puissance tandis que l'Alpha s'éloignait des hommes. Ces derniers se déplacèrent lentement, chacun guettant les autres. La foule se mouva également, les encerclant tout en leur laissant tout l'espace disponible pour le combat qui allait suivre. Les Lycanthropes étaient debout, certains étaient même montés sur les arbres alentours afin d'avoir une meilleure vue d'ensemble.

Malgré la lumière faible et l'ambiance électrique autour de lui, Draco s'obligea à tout étudier. Charlie le prit par le bras, le forçant à se redresser.

« Au cas où il faudrait courir, » expliqua-t-il.

Devant les yeux clairs qui s'écarquillèrent, il précisa rapidement :

« Pour leur laisser plus de place, Draco, juste une question de place. »

L'Oméga hocha la tête, tout en déglutissant nerveusement. Il savait ce que Charlie voulait dire mais il n'oubliait pas non plus le potentiel danger qui s'annonçait. Les Werwulfs allaient se transformer, muter d'un corps à l'autre, même s'il ne faisait aucun doute que la forme lupine serait celle de prédilection ce soir. Sous leur forme animale, l'instinct pouvait prendre le dessus et une bousculade était toujours possible.

De même, et malgré les paroles rassurantes de ses pères, Draco savait tout autant que les combats seraient violents. C'était bien pour cette raison que seuls les Lycanthropes adultes avaient le droit d'être présents ce soir et aussi qu'aucun autre Werwulf n'avait le droit de se transformer en dehors des compétiteurs.

« Que les combats commencent ! » hurla Gideon.

Le tumulte auditif augmenta encore d'un cran autour d'eux alors que cette fois, tous les prétendants se tournaient autour les uns des autres, un air mauvais sur le visage et des grognements sourds sortant de leur gorge. Draco frémit, la peur s'insinuant comme de la lave brûlante dans ses veines.

Dans un hurlement de rage qui fit trembler le jeune Oméga, Vargr ouvrit les hostilités en se transformant en un éclair en un énorme loup sombre. Les autres répondirent à l'appel. Alexander finissait à peine de se transformer que Grímr et Úlfr lui sautaient à la gorge.

Draco se tourna rapidement dans le giron d'Ayase sans pour autant pouvoir empêcher les cris de douleur du mâle de l'atteindre. Il leva le nez vers Charlie, les lèvres tremblantes.

« Ont-ils le droit de s'unir contre un autre mâle ? » gémit-il.

« Tout est permis, » affirma Charlie.

Draco se retourna aussitôt vers les combats. La déclaration de Charlie résonnait pire qu'une sentence à ses oreilles.

Le jeune homme n'était pas stupide. Il savait parfaitement que tous les prétendants avaient compris sa préférence envers Harry. À cette heure, loin de protéger le mâle, son attachement envers lui le désignait comme la cible à abattre.

Les yeux clairs ne réussissaient pas à se détacher du spectacle, pour lui atroce, que le garçon voyait. A priori, les loups les plus forts avaient décidé d'éliminer dans un premier temps tous les plus faibles.

« Ce n'est pas juste ! » cria Draco, les poings serrés. « Ils sont trois de la même meute ! »

À l'évidence, en effet, les loups de la Garde Royale faisaient front, les uns aux côtés des autres. Alexander était déjà à terre, son corps ensanglanté attrapé par des hommes et tiré dans un coin où ceux de son clan l'entourèrent aussitôt. Vironsusi était lui aussi cerné et ne tarda pas à rejoindre son compagnon d'infortune.

Ne restèrent donc que les trois mâles de la Garde, face à Harry et Rubeus. Draco, tout comme le reste des spectateurs sentit la tension augmenter. Qu'allait faire le géant Hagrid ? L'immense loup aux poils bruns et broussailleux sembla se poser la question, son énorme gueule pleine de bave passant lentement du loup noir à ses côtés aux trois autres Loups-garous qui lui faisaient face.

Grímr n'était pas homme, ni loup, prompt à la patience. Il n'hésita pas et se jeta, dans un grondement féroce sur Harry. Ce fut le nouveau signe des attaques.

Draco se mordit les lèvres alors que Rubeus, finalement attaqué lui aussi par Úlfr, se lançait dans la bataille acharnée.

Il n'arrivait pas à se détacher du spectacle. Les poils volaient en tous sens, les cris, douleur, rage, colère, emplissaient l'air, étouffant presque ceux de la foule qui hurlait pourtant toujours. Les Lycanthropes se déplaçaient, bougeaient tout autour des loups qui se battaient avec une énergie insoupçonnée.

Un couinement de douleur brisa le tumulte tandis qu'Úlfr était subitement projeté dans les airs et que son corps rencontrait avec rudesse un tronc d'arbre. Pourtant, Draco le remarqua à peine tant il était concentré sur Harry. Le loup noir, à la fois massif et agile, combattait avec brio les deux soldats de la garde. Il était en infériorité mais compensait par sa vitesse, réussissant à échapper aux crocs luisants qui voulaient l'attraper. Il sautait, courait, bondissait tout en s'attaquant encore et toujours au même loup, le plus faible, Grímr.

Profitant du cri de leur ami qui les avait surpris, Harry sauta à la gorge de Grímr, ses crocs se refermant sans pitié autour de son cou. Il le secoua violemment, le laissa totalement étourdi. Vargr ne resta cependant pas longtemps sans rien faire et ses propres crocs et griffes attaquèrent Harry, le faisant à la fois crier et lâcher sa prise.

Les deux loups noirs se tournèrent l'un vers l'autre, s'attaquant avec une férocité renouvelée. Rubeus, quant à lui, préféra sauter sur Grímr qui avait pourtant du mal à se remettre sur ses quatre pattes, histoire de le sortir du combat.

Cependant, une fois encore, Draco n'avait d'yeux que pour le combat que menait Harry, ignorant ce qui se passait entre Rubeus et Grímr.

La lutte engagée était féroce, à n'en pas douter. Le sang coulait du dos de Harry et de sa gueule. Vargr n'était pas dans un guère meilleur état et boitait.

Les cris de la foule se firent soudain moins puissants alors que les dominants désignés pour protéger et contrôler la compétition formait un large cercle entre les quatre rescapés.

Draco, sans même le réaliser, s'avança vers eux pour s'approcher de la lutte entre les Loups-garous, pour finir pas n'être qu'à quelques pas d'eux. Il était tendu, totalement sous l'instinct de son loup, de sa peur et de ses désirs. Tout son être vibrait au rythme des grognements et des bruits du combat entre Harry et son adversaire. Il entendit au loin une lourde clameur, sans en comprendre la source, ignorant de ce fait que Rubeus venait enfin d'écarter Grímr de la joute.

L'Oméga avait à peine conscience de respirer de façon saccadée, totalement concentré sur Harry et le propre rythme du Loup-garou, comme s'il entendait son cœur palpiter et qu'il y accordait le sien.

Pourtant, une ombre brune qui avançait lentement vers sa droite lui fit tourner la tête.

Rubeus rampait, aplatissant autant qu'il le pouvait son énorme corps ébouriffé afin de se glisser derrière Harry en silence. Draco sentit sa respiration se couper, comprenant rapidement ce qui se tramait.

Alors que le loup brun s'aplatissait plus encore, ses pattes arrières se dandinant pour prendre un bon appui, le sang de Draco se glaça et se mit à bouillir tout à la fois.

« HARRYYYYYY ! » cria l'Oméga. « NOOOOOOON ! »

Son hurlement de terreur pur transperça l'air. Personne ne fut assez rapide pour comprendre ce qui se passait dans les micros-secondes suivantes.

Harry se retourna vers l'appel de l'Oméga, Hagrid rata son élan et donc son saut mais surtout, Draco courut, franchissant le cercle invisible et convenu séparant les combattants de la foule pour venir se placer entre le dominant et son agresseur.

« NOOONNN ! » hurla le garçon, les bras écartés en protection devant le dominant de sa meute, tandis que Rubeus, entraîné par sa force et son poids lui atterrissait lourdement dessus.

Draco s'écrasa lamentablement au sol, toujours en hurlant. Sentir ce poids, ces poils broussailleux, tout autant que la douleur qui perçait ses côtes lui fit un instant perdre la raison.

Il ne réalisa pas de suite l'étrange instant de flottement puis de panique qui s'empara de la foule, des Monoïques et des compétiteurs. Rubeus se redressa rapidement, se retransforma tout aussi vite, tandis que Charlie se précipitait vers Draco et le soulevait dans ses bras.

L'Oméga hurla, cracha un peu de sang provenant de sa bouche blessée et se débattit violemment, ses mains tendues vers le loup noir qui se transformait à son tour, dévoilant un homme certes meurtri mais surtout stupéfait, les cheveux en bataille et les yeux verts écarquillés.

« HARRYYYY ! HARRYYYY ! » criait toujours Draco.

Tout son être réclamait la présence du dominant à ses côtés, il le voulait, lui. Sa peur, sa panique firent exploser ses phéromones d'appels vers ce mâle en particulier alors que les premières larmes faisaient leur chemin sur les joues pâles. Harry se précipita à son tour vers le soumis, néanmoins il fut retenu dans sa course par plusieurs hommes qui l'encerclèrent. L'homme se débattit également, voulant absolument rejoindre le plus jeune qui l'appelait de tout son être.

« HARRYYYYY ! »

« ENLEVEZ L'OMÉGA ! VITE ! » hurla l'un des vieux mâles juge.

« CHARLIE, RAMÈNE TON FILS ! » cria à son tour Gideon, sa voix parvenant à se faire entendre malgré l'épouvantable brouhaha qui éclatait dans la clairière.

Charlie jeta le garçon sur ses épaules, et faisant fi des bras et des jambes qui lui martelaient le dos et le torse, il se mit à courir loin de la clairière en direction du village et de sa maison.

… … …

À suivre

… … …


NDA : non, on n'insulte pas l'auteur sadique qui a encore vilement coupé le chapitre quand il faut pas ^^ Parce que d'abord, il faut bien une fin de chapitre, non mais oh ! Et ensuite... ensuite ce serait tellement moins drôle XD