Bêta : Nanola

NDA : Okay, alors on va remettre tout de suite quelques pendules à l'heure. Je vais être très grossière, je préviens.

Question, les notes d'auteurs c'est fait pour les chiens ? Non ? Alors que les choses soient claires : si je me casse le cul à faire des NDA avec des avertissements c'est pas pour rien. Vous êtes trop cons pour les lire ou les comprendre ? C'est pas mon problème. Idem avec mes fictions, si vous n'êtes pas fichu de lire correctement sans sauter 20 lignes, 20 mots, ou en comprenant uniquement ce que vous avez décidé de comprendre, c'est toujours pas mon problème mais le vôtre.

Donc, en très, très clair et à l'intention de la micro poignée de chieuses qui veulent me convaincre de ne plus manger de salsifis :

JE SUIS L'AUTEUR, JE FAIS CE QUE JE VEUX. Ça vous convient pas ? Sortez-vous les doigts du cul et écrivez votre propre histoire, sans salsifis. Vous n'aimez pas les salsifis mais êtes incapable d'écrire trois mots ? Eh bien NE ME LISEZ PAS QUAND MÊME cela vous évitera de faire une indigestion de salsifis parce que je ne CHANGERAI PAS pour vous faire plaisir en écrivant des topinambours. Surtout si vous m'agressez, c'est hautement improductif.

Et si vous ne comprenez pas l'histoire des salsifis, c'est normal, c'est une métaphore et c'est issu d'un blog dont le lien est sur mon profil, ainsi que mon coup de gueule en entier. Merci.

Sur ce et aux 99,9% des lecteurs qui ne sont pas concernés par le dit coup de gueule (désolée, je vous aime et non, ne le prenez pas pour vous s'il est arrivé un jour qu'on ne soit pas d'accord sur un point et/ou si vous n'avez pas compris un truc, d'autant plus si on en a discuté gentiment ^^) je vous souhaite une bonne lecture :) Bisous à ma fiancée et à tous ceux qui le souhaitent XD


Chapitre 38

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La cérémonie d'union

« Madame, votre époux est de retour, il vous attend. »

La jeune femme brune releva la tête, surprise. Elle jeta rapidement les derniers grains de blé qu'elle avait dans son tablier aux poules qui se chamaillaient à ses pieds et suivit Jane.

Laura ne comprenait pas pourquoi Steven était déjà là. Il n'était de repos que dans trois jours. Elle pénétra dans son salon qui avait été pendant si longtemps celui de sa mère. Sa surprise monta d'un cran en apercevant d'autres soldats avec son époux.

« Steven ? » demanda-t-elle.

« Laura, notre commandant a des questions à te poser. »

La jeune femme posa une main sur son ventre arrondi, comme pour le protéger d'une menace pourtant fantôme.

« Madame Cornfoot, savez-vous où est votre père, Peter Bones ? »

« Mon père ? Pourquoi cela vous intéresse-t-il, commandant ? » répondit la jeune femme, légèrement agressive. « Vous savez aussi bien que moi que mon père n'est plus là, il est parti, quand vous tous, vous nous avez conseillé d'abandonner nos recherches et nos espoirs, quand vous, qu'il considérait comme son ami, vous l'avez abandonné ! »

« Laura, calme-toi, » fit aussitôt Steven en venant près de sa femme.

« Non, je ne me calmerai pas. Qu'est-ce que vous voulez à mon père ? » répéta-t-elle.

Un silence grandit dans la pièce, lourd, avant que le commandant de la Garde Royale de Poufsouffle ne reprenne la parole.

« Justement, madame, cela concerne aussi votre frère. »

Laura blanchit d'un coup, sa main se crispa sur son ventre.

« Draco ? » murmura-t-elle.

« Il s'avère... » Le commandant jeta un rapide coup d'œil à son jeune sous-officier.

« Laura, ton père est recherché, il semblerait... Je ne sais pas comment t'annoncer cela, mais... Nous avons reçu des demandes, directement de Traverse, pour que ton père leur soit emmené. Nous ignorions pourquoi et comment mais... il semblerait que Draco ne soit pas réellement ton frère, ton père l'aurait volé ou... »

« Non ! »

Le cri de Laura se perdit alors qu'elle tombait, inanimée, dans les bras d'Angus qui la rattrapa avant qu'elle ne s'effondre au sol.

« Madame ! Madame ! »

… … …

À l'instant même où Draco finissait de prononcer le dernier mot, le son d'une cloche se fit entendre. Le jeune Oméga regarda le plus vieux avec incertitude. C'était la cloche de l'école, ça ne pouvait être qu'elle. Il le savait pour la faire sonner plusieurs fois dans la journée et en plus, c'était la seule du village. Cependant, le son était différent.

« Ils ont changé le carillon. C'est le son des unions que tu entends, Draco. La tienne a commencé. »

Une sueur froide glissa le long du dos de Draco. Ayase lui prit la main, en réconfort.

« Allez, cela signifie aussi que toutes les délégations sont loin, désormais, et que nos frères sont partis, eux aussi. Quant à nos camarades de meute, chacun sait ce qu'il doit ou ne doit pas faire. »

« Moi, je ne sais pas, » fit Draco.

« Viens, je t'expliquerai dans le même temps. »

Sans attendre de réponse, Ayase sortit de la tente en entraînant Draco derrière lui. Alors qu'ils avançaient, l'air lui apparut bien silencieux. Le garçon leva les yeux vers le ciel qui, au lieu d'être d'un bleu pur comme à l'accoutumé ou teinté du blanc de nuages faits de fils, était gris. Au loin, vers les montagnes qu'ils apercevaient à l'Ouest, les cumulus semblaient menaçants.

« Où sont les autres ? »

« La plupart sont déjà à la clairière. Seuls les jeunes, les malades et ceux qui les surveillent sont dans les maisons. Et encore, je suppose qu'ils doivent s'être regroupés par familles ou amis. Les unions ne peuvent être vues que par les Lycanthropes. Et les Lycanthropes mâtures qui plus est. »

Draco hocha la tête, la boule dans son ventre et sa gorge grossissant l'une comme l'autre.

« Où allons-nous ? » demanda-t-il enfin en se rendant compte qu'ils n'avaient pas pris du tout la direction de leur maison.

À cette pensée, l'adolescent fit la grimace. Ce n'était plus chez lui. À partir de cette nuit, sa maison serait celle des Potter.

« On va chez Molly. Tout le monde t'attend, » sourit Ayase.

En effet, quelques minutes plus tard, Draco se retrouva encerclé par sa famille d'adoption. Du moins une partie d'entre elle. Ginny, Hermione, Molly étaient bien là, ainsi qu'Adélaïde Dubois, Tonks, mais aussi Lavande et George. Ce dernier embrassa Draco avec sa bonne humeur habituelle, bien que l'Oméga soit d'abord surpris de sa présence. Il ne lui fallut que quelques secondes avant de réaliser que bien sûr, George était un soumis, il avait donc sa place ici avec eux et les femelles.

Une fois les embrassades faites, tout le monde s'extasia devant Draco et sa tenue.

« Tu es magnifique, c'est très joli en bleu, cette tunique. Pourquoi vous ne portez pas plus souvent des couleurs ? » demanda Adélaïde en passant ses mains sur l'étoffe de bonne qualité.

« Tradition, » répondit Draco avant Ayase, faisant sourire le plus âgé.

Chacun put aussi admirer les tresses parfaitement réalisées et sentir le doux parfum du garçon, à la gêne de celui-ci.

« Bien ! » décida Molly, prenant visiblement les choses en main. « Tout ceci est bien joli, mais maintenant, il nous faut préparer le Prédare comme il se doit ! Mon petit-fils doit être parfait pour son union ! »

Draco ne retint pas le petit sourire qui avait décidé de s'épanouir sur ses lèvres. Molly était peut-être parfois un peu casse-pieds, mais elle avait un cœur un or.

Le jeune homme se retrouva donc une nouvelle fois papouillé dans tous les sens par les deux femelles plus âgées qui l'inspectaient. Tonks servait à boire ainsi que des fruits à manger, Ginny et Hermione remuaient des bols remplis de ce qui ressemblait à de la peinture. Bleue pour l'une, verte pour l'autre.

George, quant à lui, s'approcha de l'Oméga avec un petit coffret en bois.

« C'est de la part de Harry. Il t'en fait cadeau pour vos noces et aimerait que tu les portes ce soir, » expliqua-t-il.

Draco ouvrit le coffret, curieux, devant les regards entendus des autres.

« Oh ! » s'exclama-t-il. « Il s'en est souvenu ! »

« Fais-voir, fais-voir ! » exigea Ginny.

« Depuis le temps qu'il nous rend dingue avec ça, j'espère que ça te plaît, » surenchérit Lavande. « J'ai bien cru que Lancey allait finir par le noyer ! »

Draco leva les yeux vers elle et, à la surprise générale, il explosa de rire. Voir Lancey et Harry se disputer était toujours un grand moment selon lui. Néanmoins, il s'arrêta aussi vite qu'il avait commencé afin de montrer à sa famille et amies le présent du dominant.

Sur le fond du coffre recouvert d'un velours rouge, reposaient un collier et des boucles d'oreilles. Ayase prit le collier afin de l'examiner. Le cordon en cuir était teinté d'un vert profond mais ce qui retenait le plus l'attention était la dent de requin fossilisée, coincée entre deux petits morceaux de nacre ronde et brillante, ainsi que les deux perles grises qui l'entouraient.

« C'est magnifique, » murmura Hermione. « Les perles grises sont plutôt rares. »

« Oui... Et qu'une femelle ou un soumis porte une dent de requin aussi, » remarqua Ginny.

Draco releva ses cheveux blonds tout en se tournant vers Ayase en une demande explicite. L'homme obéit et lui accrocha le collier, tout en veillant à laisser suffisamment de marge afin qu'il ne se brise pas pendant les futures transformations de Draco si ce dernier oubliait de l'enlever.

Une fois fait, chacun retourna au coffret et aux boucles d'oreilles qui y restaient. Elles étaient faites d'or et ornées elles aussi de perles, trois en l'occurrence, une blanche, une grise et une rose.

« Oh, les perles roses sont le symbole de l'amour, » fit Lavande. « Comment il a fait pour les trouver en si peu de temps ? Il faudra que je demande à Lancey. »

George se mit à pouffer.

« Lavande, il avait ces perles avant ! Enfin, pour les roses et les grises, c'est certain. C'étaient des perles qui étaient chez les Potter. »

« C'est, euh, comme une sorte d'héritage ? » demanda Draco alors que Molly lui passait l'une des boucles et Tonks l'autre, en lui pinçant le lobe de l'oreille par la même occasion. « Aïe ! »

« Désolée, » s'excusa la jeune femme au ventre rond. « Je suis atrocement maladroite. »

« Oui, c'est un héritage, » continua George. « Les Potter sont pêcheurs depuis au moins quatre générations, et c'est une ancienne famille plutôt riche. Je sais que Harry a récupéré pas mal de perles et d'objets précieux qui lui viennent de sa famille. Il a de l'or. Tout cela sera à toi aussi, » termina-t-il avec un petit clin d'œil.

« Je n'ai pas choisi Harry pour son héritage ou sa fortune ! » se récria Draco. « Je ne savais même pas qu'il en avait ! »

Ayase sourit alors que les autres échangeaient des regards tendres qui firent rougir le jeune Oméga.

« Non, tu as choisi Harry parce qu'il est tout ce qu'il te faut. Et lui de même, » fit Ginny en remettant une mèche blonde du garçon derrière son oreille.

« Merci, Ginny, » murmura Draco, d'autant plus sincère sachant à quel point la louve avait été attirée par le dominant.

Tout le monde admira Draco avec ces nouveaux bijoux et lui de même grâce à un miroir que Molly alla chercher dans sa salle de bains.

« Je trouve que les boucles font un peu trop efféminées, non ? » dit-il en faisant la moue.

« Non, elles ne sont pas pendantes, ça te va très bien, » le rassura Ayase, sachant à quel point l'adolescent tenait à sa virilité malgré son aspect androgyne.

Draco ne comprenait pas vraiment ce qui se passait ou plutôt, la raison de leur présence chez les Weasley. Les femelles et Georges papotaient, Ginny et Hermione en continuant de touiller leur peinture, Ayase et Tonks en comparant leur ventre, bien formé pour la jeune femme et totalement plat pour le mâle.

Le jeune Oméga en profita pour poser des questions sur ce qui allait se passait ensuite pour la cérémonie d'union. Il aurait aimé que les soumis lui expliquent en détail ce qui allaient suivre, mais ils refusèrent. La tradition exigeait que ceux qui n'étaient pas Lycanthropes de naissance ignorent jusqu'au bout ce qui les attendait vraiment. Draco eut beau crier au scandale, rien n'y fit. Un regard vers Ayase lui rappela qu'il avait néanmoins de la chance, il était Lycanthrope depuis plus d'un an, vivait dans cette meute depuis des mois, pas comme son ami Monoïque quand il avait été uni.

« Bien, les filles, c'est prêt ? » intervint d'un coup Molly.

« Oui, » dit Hermione en tentant son bol à la matriarche.

« Parfait. Draco, tiens-toi bien droit, écarte tes jambes et tes bras. Normalement, tu devrais être nu, mais bon, nous savons tous qu'Ayase nous arracherait les yeux si nous te le demandions. »

« Molly, voyons, bien sûr que non, les Monoïques sont pacifiques. Non, je serais juste dans l'obligation de vous les bander, ce qui serait totalement improductif. »

« Qu'est-ce que vous faîtes ? » demanda Draco alors que George lui tenait un bras et Tonks l'autre.

« Nous allons te peindre le corps afin de faire de toi un époux, » dit Molly.

Joignant le geste à la parole, la femme plongea ses doigts dans la peinture verte et commença à tracer des traits sur le corps de Draco. Ayase prit la deuxième et fit de même, sous les remarques et commentaires des autres.

De grands traits prirent forme sur l'Oméga qui se regardait ainsi être peinturluré. La plupart des traits reprenaient en réalité la forme de ses muscles et os. À part sur le ventre, où une discussion acharnée eut lieu entre les deux peintres attitrés. Ayase ne voulait pas que la peinture vienne entacher le tatouage, Molly, au contraire, exigeait que les cercles traditionnels soient inscrits sur la peau de l'Oméga. Un compromis fut trouvé et Draco eut le ventre autour de son calice entouré de bleu sombre.

« Bien, c'est parfait, » déclara Molly en reposant son bol. « Draco, enlève tes sandales. Le jour tombe, nous allons y aller. »

« Oui, les mâles dominants doivent avoir fini de leur côté, » fit Tonks en se tenant le dos pour s'étirer.

« Fini quoi ? » voulut savoir Draco.

« Eh bien de préparer Harry ainsi que votre chambre, » le renseigna la jeune femme avec un sourire.

« Quant au reste de la meute, ils ont dû finir de préparer la clairière. Allons, nous devons y aller, dépêchons, dépêchons ! » les secoua Molly.

Le garçon enleva ses sandales, tout comme Ayase, et tous pieds nus, ils marchèrent en direction de la clairière. La lumière se faisait de moins en moins vive alors que la nuit arrivait et qu'ils pénétraient dans la forêt. Le stress de Draco, lui, augmentait à vue d'œil. Ce fut totalement nauséeux qu'il arriva enfin dans la clairière. Beaucoup d'adultes étaient déjà présents, le feu de camp brûlait avec vigueur et des peaux de bêtes avaient été déposées au sol. Gideon était là, lui aussi. Draco baissa aussitôt les yeux, ne pouvant pas soutenir son regard avec facilité. D'autant que l'homme était nu.

L'adolescent remarqua que beaucoup de Lycanthropes l'étaient également et ceux qui ne l'étaient pas étaient uniquement revêtus d'habits en toile épaisse ou faits de peaux qui cachaient simplement leur intimité. Il jeta un regard à ses compagnes et compagnons qui se déshabillaient afin de ressembler vestimentairement parlant aux autres.

« Tu dois aller sur cette peau, au centre du cercle, » lui dit Ayase.

« Et toi ? Tu seras où ? » demanda aussitôt Draco, un peu affolé.

« Ici, de ce côté-ci, derrière toi. Les soumis et les dominants sont séparés ce soir. »

« Mais tu seras à côté de moi ? » fit le garçon, cette fois inquiet.

« Je... non, pas vraiment. Désolé, Draco. Seuls les mâles dominants sont autorisés à s'asseoir avec les futurs époux. Je pense que ce sera Charlie. Mais je serais très proche, juste derrière toi. »

L'homme embrassa le front du plus jeune, puis il le poussa en avant en direction de la peau de bête qu'il devait occuper.

Draco avança donc, en traînant des pieds. Sous l'injonction de Gideon, il s'assit en tailleur à sa place, tout en jetant des regards angoissé derrière lui, vers ses amis. Alors que son cœur battait la chamade, le garçon tenta de se calmer. Au moins, il connaissait les membres de la meute, il avait des amis ici. Ayase avait été totalement seul quand il avait dû vivre cette expérience, il n'avait eu aucun soutien, se rappela-t-il une fois de plus.

De longues minutes s'écoulèrent, n'arrangeant pas l'impatience et le stress de l'Oméga. Enfin, des bruits de pas, de tambours et de voix se firent entendre. La nuit était là même s'il faisait encore suffisamment clair pour voir au loin s'approcher une bande d'hommes, nus, qui trottinaient dans leur direction. Draco déglutit alors que sa peur montait d'un nouveau cran.

Il reconnut sans peine Harry, bien que le mâle ait le corps recouvert de peinture noire. Certes, la plupart des traits reprenaient eux aussi les os et les muscles du mâle, mais sur son ventre une énorme gueule de loup aux yeux cruels et aux crocs acérés prenait place. Cette vision ne rassura pas l'Oméga qui gémit, sans pouvoir s'en empêcher.

Des cris fusèrent dans la clairière, cris humains mais qui imitaient les hurlements des loups. Draco se sentit cette fois terrifié. Les soumis et femelles derrière lui houspillaient les dominants en face d'eux, hurlaient, les menaçaient du poing. Certains même étaient à quatre pattes et faisant mine de vouloir les griffer ou les mordre, Ginny en tête.

Les mâles dominants y répondirent, grognant, grondant, leur aura dominatrice et remplie de testostérone emplissant l'air. Seul Harry ne faisait rien, il bougeait ses épaules, ses bras, tout en se dandinant légèrement sur place, le regard fixé sur sa proie, à savoir Draco.

Puis Gideon s'avança et poussa un long hurlement de loup qui fit taire les autres. Certains mâles s'assirent, des tambours de différentes formes entre leurs jambes, et ils commencèrent à frapper de nouveau leurs instruments de leurs mains.

Gideon fit un geste de la main à Harry qui s'assit en face de Draco, sur l'une des peaux. Derrière l'Oméga, les soumis reprirent leurs feulements hargneux et leurs gestes de colère. Harry montra les dents en grognant, peu impressionné. Draco, lui, l'était. Il n'osait pas vraiment regarder le mâle, ni tous ceux derrière lui qui faisaient front.

Tout cela lui rappelait bien trop sa première meute. Son angoisse ne se calma pas quand des mâles se placèrent de chaque côté de Harry. Il reconnut Heimich et Jack, bien que leur visage et leur torse soient barbouillés de noir, comme presque tous les dominants. L'Oméga frémit en voyant que deux autres dominants faisaient de même avec lui. Sa seule consolation fut qu'il s'agissait de Charlie et Remus. Néanmoins, ces derniers ne le regardaient pas, ils transpiraient la dominance, la virilité et semblaient intraitables.

Draco gémit une fois encore, cherchant le réconfort auprès de Charlie, mais alors qu'il levait sa main vers son père d'adoption, ce dernier lui retint le poignet avec dureté. Ses yeux bleus rencontrèrent les siens. Draco ne put soutenir le regard du dominant et baissa bien vite les yeux.

La main de Charlie resta sur son poignet, le maintenant fermement. Draco chercha à s'en dégager, sans le pouvoir. Sa peur augmente encore, d'autant que Remus faisait de même de l'autre côté.

« Non, lâchez-moi... s'il vous plaît, lâchez-moi ! » se mit à geindre Draco.

Il tourna la tête, cherchant du réconfort et de l'aide. Son geste sembla exacerber la colère des soumis qui crièrent plus fort et s'avancèrent vers lui, comme s'ils voulaient le libérer de l'emprise des dominants. Ces derniers répondirent aussitôt en faisant de même.

Cet état latent de lutte, de combat, même si personne ne se touchait, n'aidait en rien Draco à retrouver son calme, à lui rappeler que tout ceci n'était qu'une mise en scène, qu'il ne risquait en réalité rien. Il se débattit un peu plus, chercha à se redresser, en vain.

« Frères ! » cria Gideon, proférant ainsi les premières paroles humaines depuis que la meute s'était retrouvée dans la clairière. « Ce soir nos amis formeront un couple. Uni, indestructible. Qu'on leur apporte leur nourriture ! »

Draco se débattit de nouveau. De la nourriture ? Parce qu'il pensait sérieusement qu'il allait pouvoir manger ? Un dominant s'approcha d'eux avec un simple bol en main. Il le porta à la bouche de Harry qui en but plusieurs lampées. Draco le dévisageait, la respiration saccadée. Heimich et Jack le maintenaient par les épaules, mais dès que le mâle retira le bol des lèvres du dominant, ils le tinrent avec plus de force. Après quelques petites secondes, Harry se mit à crier, hurler comme un loup en colère, à se débattre dans leur bras alors que son corps s'arquait et que tous ses muscles se bandaient.

Draco ne comprenait pas du tout ce qu'il se passait. Aussi quand le mâle s'approcha de lui, il se débattit encore plus, se mit à crier, à pleurer. Les soumis répondirent aussitôt à ses cris, à ses plaintes. Charlie et Remus le maintenaient fortement, créant sans aucun doute des bleus sur ses bras. Le bol fut porté à sa bouche mais Draco la ferma, ne voulant absolument pas boire le breuvage ressemblant à une sorte de mélasse noirâtre à l'odeur écœurante. Charlie se plaça alors derrière lui, lui enserra les côtes, les bras. Draco pleura, tandis que Remus lui pinçait le nez d'une main et forçait sa bouche à s'ouvrir de l'autre. Draco cria une dernière alors qu'il se sentit céder. Le liquide s'écoula dans sa bouche, l'étouffant à moitié.

Le garçon cracha quelques gouttes, s'arqua, mais rien n'y fit, il fut contraint d'avaler le reste de la substance encore dans sa bouche.

Ses yeux s'écarquillèrent sous le choc. C'était chaud, révulsant, le liquide le brûlait mais Draco savait que ce n'était pas tant en raison de sa chaleur que de sa composition. Son monde devint blanc, ses oreilles sifflèrent, lui faisaient perdre ses repères. Il s'arqua plus encore, des éclairs de douleur s'infiltrant dans ses veines. Il but encore, contraint et forcé. Son sang tambourinait furieusement alors que son cœur s'emballait.

Sa vue lui revint soudain même si elle était étrangement déformée. Il entendait mais comme en sourdine. Était-ce des hommes ou des monstres autour de lui ? Il ne savait pas, la peur l'engloutissant tout entier. Il pleura plus fort, supplia qu'on le libère, en vain.

Il perdit la notion du temps, seuls les bruits des tambours et le liquide qui glissait en lui le raccrochaient à la réalité, quelle qu'elle soit.

Pourtant, peu à peu, Draco reprit une vague connaissance. Les hommes qui l'entouraient l'effrayaient, les cris le paniquaient. Cette meute et ses membres lui étaient aussi dangereux et terrifiants que l'avaient été celle de Fenrir et ses hommes.

Il savait pourtant, quelque part au fond de lui, que le Werwulf aux cheveux noirs ébouriffés qui lui faisait face était Harry. Harry qui lui avait promis de l'aider, de le sauver. Mais du jeune homme charmant et attentionné, Draco n'en trouvait plus guère de trace. Celui en face de lui semblait être fait de sauvagerie, il montrait les crocs, ses dents paraissant en effet s'être allongées. Ses yeux n'étaient qu'ambre pure vus de loin. Il grondait et le regardait comme s'il n'était qu'un déjeuner pour le moins appétissant.

« Homme ou loup, frère ? » demanda Gideon d'une voix forte au Lycanthrope qui passa sa langue sur ses lèvres.

« Homme, » déclara Harry d'une voix basse et rauque, méconnaissable.

Gideon fit de nouveau un simple mouvement de tête. Le même dominant qu'avant s'approcha de nouveau, avec cette fois des bracelets brillants dans ses mains. Draco cria, entraînant une nouvelle salve de fureur de la part des soumis. Il sanglota, comme désespéré alors que malgré ses protestations, le dominant enserrait ses poignets dans l'étau d'argent.

L'adolescent cacha son visage contre le torse de Charlie, sans cesser de pleurer.

« Charlie, Charlie, je t'en prie, aide-moi ! Pourquoi ? Pourquoi ça ? »

« Tout va bien, Draco, tout va bien, » murmura le mâle, réalisant sans peine à quel point le plus jeune était terrorisé. Il n'avait normalement pas l'autorisation de parler ainsi au soumis lors de l'union mais ne pouvait se résoudre à laisser son fils adoptif dans cet état de frayeur. « Ce n'est que le début de l'union. Tout va bien. C'est juste une mise en scène, tu ne risques rien. »

Gideon hurla de nouveau, cri clairement lupin pour sa gorge d'homme. Les tambours se firent plus forts, les soumis se ruèrent en avant, faisant reculer les mâles dominants derrière Harry. Draco ne comprit pas vraiment, mais il se retrouva bientôt encerclé par les soumis, Ayase en tête, qui le caressaient et le léchaient. Molly ainsi que d'autres femmes plus âgés faisaient passer des bols emplies de peintures bleue, qu'elles s'apposaient les unes aux autres. De nouveau, Draco sentit qu'on lui en passait, sur ses cheveux et son visage.

« Draco, Draco écoute-moi, » fit Ayase.

Le garçon leva des yeux affolés vers lui.

« C'était quoi cette boisson ? » murmura-t-il en se cramponnant à son ami.

« Une sorte de potion, elle s'appelle le sommeil éveillé du loup. C'est comme une drogue, Draco. Elle va faire appel à tes instincts, même si tu seras homme du début à la fin de ton union ainsi que l'a décidé Harry. »

Draco baissa rapidement ses yeux vers ses poignets.

« Et maintenant ? »

« Maintenant, la chasse va débuter. »

Cette fois, de la terreur pure s'inscrivit dans les prunelles claires. Il avait déjà été chassé, bien des fois et de bien des façons, et aucune de ces chasses ne s'étaient bien déroulées pour lui.

« Écoute, je dois te dire ce qui va suivre, d'accord ? Tout comme on l'a fait quand il s'agissait de mon union, et comme l'ont fait tous les soumis autour de toi. »

Draco regarda rapidement. En effet, les jeunes femelles non unies s'étaient regroupées un peu plus loin et houspillaient les jeunes mâles. A contrario, seuls ceux qui étaient unis entouraient les futurs compagnons.

« Écoute-moi, » répéta Ayase en prenant le visage de Draco entre ses mains. « Harry va te chasser. Et quand il t'aura capturé, il accomplira la fin de l'union. »

« Non, non, » pleura Draco.

« Il va devoir te mordre, sous sa forme lupine, » continua pourtant Ayase, comme s'il n'avait pas été interrompu. « C'est ce qui doit être fait. Il te mordra une autre fois, en tant qu'homme, quand vous vous unirez charnellement. »

Draco secoua la tête, en larmes.

« Si, Draco, il devra le faire. Je ne sais pas s'il s'accouplera avec toi dans la forêt ou plus tard. Mais vous devez vous unir charnellement dans les vingt-quatre heures qui suivent la première morsure. »

Il serra le plus jeune contre lui, le berçant tout doucement.

« Je sais que tu es effrayé, je le sais. Mais tout va bien se passer, n'oublie pas qu'il s'agit de Harry, il ne te fera pas de mal. Que pour beaucoup, il ne s'agit que de mise en scène, d'accord ? Juste la tradition. Charlie et moi nous nous sommes unis là, dans cette forêt, et c'est l'un des plus beaux jours, enfin nuits, de ma vie. Tiens, tu dois manger ça, ensuite, tu auras une demi-heure d'avance sur ton promis. »

Draco prit la feuille séchée reconnaissable entre toute que lui donnait Ayase. Il allait la prendre pour la première fois de sa vie. C'était le témoin tangible de ce qui allait suivre, ainsi que celui du fait que Harry, a priori, ne voulait pas d'enfant de cette première nuit d'union.

« Et si je m'échappe ? Si Harry ne me retrouve pas ? » demanda-t-il, plein d'espoir.

« Alors tu ne seras pas uni, Oméga, » répondit Adelaïde.

« Jamais ? »

La femme fronça les sourcils.

« Harry t'a remporté lors des jeux. Il ne peut y avoir qu'une seule compétition pour un Oméga. Alors oui, jamais. »

Draco reprit espoir. Jamais. Il serait libre.

« Draco, ce n'est pas une solution, tu le sais. Tu voulais Harry, » lui rappela Ayase.

Pourtant, le regard égaré du plus jeune l'arrêta dans son discours. Draco ne pouvait plus l'entendre, plus le comprendre. Les drogues, la peur, ses souvenirs faisaient que le jeune homme n'était plus vraiment là. Ne restait que son enveloppe charnelle qui entourait un être fait de terreur pure.

Ayase soupira. Il savait que la drogue pousserait dans tous les cas Draco à fuir, comme elle l'avait fait pour eux tous lors de leur union. Le soumis chercherait par tous les moyens à fuir et le dominant lui, chercherait sans relâche sa proie. Draco ne serait plus qu'un soumis avec un mâle à ses trousses. Enfin, c'était ce qu'eux, lors de leur propre union, avaient tous ressenti. La simple présence du dominant, sa morsure, avaient suffi à leur faire reprendre conscience, à chasser leur peur. Mais Draco, lui, contrairement à eux, était véritablement effrayé en raison de son passé. Alors qu'en serait-il après la morsure ?

Ayase ne pouvait rien y faire, de toute façon.

Les bruits d'invective se faisaient assourdissants entre les jeunes Werwulfs. Les tambours résonnaient toujours aussi fort, pourtant, au milieu du tumulte, un cri se fit clairement entendre. Draco se ratatina sur lui-même alors que les soumis reculaient et se regroupaient de nouveau.

Harry était debout, plus sauvage que jamais. Il grondait sourdement, dévoilait ses crocs. Les tambours cessèrent d'un coup et le silence fut tout aussi assourdissant que le vacarme précédent.

« Cours, » grogna-t-il simplement à l'Oméga terrorisé.

Ce n'était plus Harry pour Draco. Ce n'était qu'un Werwulf assoiffé de sang, de sexe, de dominance. Un mâle qui aurait eu sa place auprès de Fenrir, comme une réincarnation de Greyback devant lui.

Les soumis se mirent à hurler de plus belle, certains se transformèrent, leurs cris lupins se mêlant à ceux qui n'avaient déjà plus grand chose d'humain. Des dominants se saisirent de Harry par les bras, l'empêchant de se jeter purement et simplement sur le jeune Oméga terrorisé.

« Sauve-toi, Draco ! » cria une voix de femme à ses côtés.

Le monde de Draco se teinta une nouvelle fois de rouge et de noir. La drogue qui courait dans ses veines au rythme de ses battements de cœurs affolés le plongeant dans un cauchemar fait de souvenirs torturés.

Il se leva et courut, sans savoir où il était et ce qu'il faisait. Il n'était plus dans une clairière, il était dans les rues de terre et de pavés de Pomona, avec ses sœurs, sa mère. Il s'enfuyait devant la menace des Werwulfs, ignorant la brûlure à ses poignets, témoins de sa lutte alors qu'il ne désirait inconsciemment qu'une chose, se transformer et s'échapper plus vite, plus vite encore.

Le garçon s'enfonça dans les branches, les feuillages tandis qu'il avançait dans la forêt, s'éloignant des hurlements des loups et des hommes. Les larmes dévalaient ses joues, laissant des traînées de peinture. Il s'étouffait, haletait alors que son cerveau tentait misérablement de lui faire savoir où il devait aller. Le garçon courut, trébucha, se retint de crier plusieurs fois malgré sa peur et ses genoux écorchés. Il savait qu'il risquait bien plus si le Werwulf l'attrapait.

Son esprit paniqua encore davantage quand le souvenir de la deuxième chasse de Fenrir l'assaillit. Il ne pouvait pas se transformer, que se passerait-il si le Werwulf l'attrapait et s'accouplait avec lui sous sa forme animale ? Draco étouffa un sanglot paniqué tandis qu'il se glissait sous des branches, cherchant les passages les plus étroits qu'il pouvait. Il fallait qu'il se cache, qu'il se terre, entre des rochers, sous le tronc d'un arbre. Mais ses yeux affolés ne voyaient pas, ne voyaient plus de façon claire. Tout autour de lui était sombre, rougeoyant, tordu et terrifiant. Le fait que les nuages cachaient la faible luminosité des étoiles et de la lune n'arrangeait en rien sa semi-cécité.

Sa terreur, qu'il croyait pourtant à son maximum, augmenta quand le bruit caractéristique d'une course se fit entendre derrière lui. Draco se remit à courir. Il était là. Le danger, la bête, était juste derrière lui. L'adolescent ne voulait pas abandonner, il fallait tout faire pour lui échapper ou sinon, l'enfer s'abattrait de nouveau sur sa pauvre tête.

Il pataugea dans un petit cours d'eau qu'il décida de remonter un peu. L'eau effaçait les odeurs se rappela brusquement son cerveau. Pourtant, en se retournant, le garçon aperçut plus bas la forme d'un animal qui bondissait vers lui.

Il ne put se retenir de hurler son effroi et sa panique, ses mains s'agrippèrent aux rochers alentours afin de les gravir pour sortir du cours d'eau. Il pleurait, ses larmes troublant plus encore sa vision. Soudain il décida de grimper à un arbre. Courir ne servait à rien, jamais il n'avait pu échapper aux Werwulfs de cette façon, jamais.

Draco s'égratigna les doigts alors qu'il saisissait de façon frénétique les branches de son supposé sauveur. Le hurlement de colère d'un loup juste derrière lui, lui donna un regain d'énergie. Il commençait à grimper quand une masse énorme s'abattit sur lui et l'écrasa au sol comme un misérable insecte.

Le garçon hurla, ses mains frappant un poitrail poilu alors qu'une gueule montrant des crocs acérés entrait dans son champ de vision.

« NON ! PITIÉ, NON ! MAMAN ! ÉDITH ! NON ! SAUVEZ-MOI ! AU SECOURS ! PAPA ! PAPA ! » hurla l'Oméga en se débattant comme il le pouvait.

Ses cris de désespoir furent vains et ce fut avec épouvante qu'il sentit une fois encore les crocs de l'animal déchirer sa chair.

Le venin s'infiltra immédiatement dans ses veines, le brûlant.

Draco s'effondra, ses mains retombèrent mollement sur le sol alors qu'il pleurait et sanglotait toujours de façon incontrôlable.

Il avait échoué, encore. Il n'avait pas pu tenir plus de quelques minutes face à la chasse. Comme à chaque fois. Il n'était rien, rien qu'un faible Oméga qui désormais ne serait plus qu'un corps au service du Werwulf qui l'avait mordu.

Il ne réalisa pas que le poids sur lui avait disparu, qu'il s'était recroquevillé en une boule tremblotante et sanglotante sur le sol. Seules la peur, la douleur et une profonde détresse faisaient rage en lui.

L'adolescent reprit ses plaintes, appelant à l'aide ses sœurs, sa mère, son père. Puis, lentement, doucement, la douleur dans son bras se fit moins forte. Le venin et la drogue le laissèrent sans force mais il reprit peu à peu conscience.

La bête avait disparu.

Un homme était à ses côtés, lui caressait lui cheveux, lui murmurait des paroles douces.

L'aura de cet homme, son appel, trouvèrent un écho en lui. Draco déglutit, ferma les yeux avant de les rouvrir sur la forme penchée au-dessus de lui. Compagnon-Loup gémissait, il voulait que cet homme le console, le rassure. Il était celui dont il avait besoin.

« Calme-toi, Draco, c'est fini, c'est fini. Je suis là, je ne te ferai aucun mal, » murmurait l'homme.

« Harry, » gémit Draco en tendant une main vers lui. « Harry, sauve-moi, sauve-moi, je t'en supplie. »

L'Oméga fondit une nouvelle fois en larmes tandis que sa main était capturée par une autre, plus large, rugueuse et chaude.

« Je suis là, Draco, je ne te laisse pas. »

Le garçon se sentit d'un coup être soulevé. Sans qu'il ne puisse s'en empêcher, cela raviva ses sanglots. Fenrir aussi l'avait porté, là-bas, à Pomona, après l'avoir mordu et assassiné sa famille.

Néanmoins, Compagnon-Loup força le garçon à chasser cette pensée, à voir les différences plutôt que les similitudes. Ce n'était pas Greyback mais Harry. Harry qui le portait avec douceur. Il le soutenait, un bras sous son dos, l'autre sous ses jambes. De façon instinctive, Draco passa ses propres bras autour du cou de l'homme et cala sa tête sur sa clavicule. Harry était chaud, doux, rassurant, ne cessait de répéter Compagnon-Loup.

Draco n'avait aucune notion de temps, de lieu. Il ne savait plus rien. Tout ce qu'il savait, c'était que Harry le portait, que sa seule présence faisait lentement disparaître une partie de sa terreur. Il ferma les yeux, se laissant bercer au rythme des pas de l'homme.

Il se demanda soudain pourquoi Harry ne s'accouplait pas avec lui. C'était pourtant ce qu'ils devaient faire. Un frisson le parcourut, étrange mélange de peur mais aussi de désir. Compagnon-Loup voulait ardemment que le mâle le possède. Les larmes sur les joues de Draco coulèrent de nouveau. Lui, tout ce qu'il désirait, c'était ne plus souffrir.

Le garçon reprit conscience quand Harry le déposait avec tendresse dans de l'eau chaude. Il ouvrit brutalement les yeux et commença à se débattre, paniqué. Est-ce qu'il allait être noyé ? Comme Barbatus avait essayé de faire ?

« Non, non, calme-toi, je suis là, je suis là, » le rassura Harry.

Draco força sa vue et ses autres sens à lui revenir tout en haletant bruyamment. Il était assis dans un grand bac en bois recouvert d'un drap et rempli d'eau chaude. Harry était derrière lui, ses bras enserrant sa taille. Draco cligna des yeux, ceux-ci regardèrent les mains hâlées courir sur sa peau pâle. L'eau s'était teintée de leur peinture, de la crasse et du sang qui coulait de son bras droit. Le garçon rougit en réalisant qu'il était entièrement nu, tout comme Harry.

Il leva les yeux, découvrit la pièce, petite et sombre dans la nuit, éclairée seulement par deux bougies.

« Je... où sommes-nous ? » murmura-t-il d'une voix embrouillée.

« À la maison. Avec les autres dominants nous avions tout préparé. Olivier a enchanté l'eau pour qu'elle ne refroidisse pas avant plusieurs heures. Laisse-toi aller, Draco, je vais prendre soin de toi, laisse-toi aller, mon soumis. »

Draco ferma de nouveau les yeux, sentant que son corps répondait à la douce injonction. Il se détendit, son corps se collant contre celui derrière lui. Harry le lavait, prenait effectivement soin de lui, comme Ayase l'avait fait lors de son entrée dans la meute.

Il réalisa qu'il s'était de nouveau endormi quand il se réveilla dans les bras de Harry qui montait des escaliers. Il était toujours aussi nu, mais propre et sec, à l'exception de ses longues mèches blondes encore humides. Draco papillonna des yeux qui tombèrent dans ceux du mâle.

Cela lui fit comme un petit choc. Ils étaient de nouveau totalement verts, de ce vert si profond et doux à la fois. Surtout, Harry le regardait avec une tendresse et un désir qui lui envoya des frissons dans le dos.

Ils ne dirent rien, Draco laissant le dominant le porter jusqu'à une grande chambre où il le déposa dans un lit confortable. Draco se laissa faire, ne bougea pas, son corps étalé dans les draps blancs. Son esprit, lui, se faisait plus clair.

Les yeux de Harry le parcouraient, le détaillaient, le dévoraient. Ils revenaient sans cesse au centre de son corps, là où s'épanouissait son tatouage, pour la première fois dévoilé à un homme qui n'était pas un Monoïque.

Draco détacha son propre regard de Harry, à la fois gêné de cette inspection, curieux de son nouvel environnement et anxieux. La pièce était belle, claire, les meubles simples, le tout éclairé là aussi par quelques bougies. La fenêtre, entrouverte, était protégée par des rideaux blancs et vaporeux.

Le poids de Harry à ses côtés fit s'abaisser le matelas et le fit sursauter. Il replongea aussitôt dans l'océan vert.

« Tu te sens mieux ? » demanda Harry d'une voix rauque.

Draco fronça les sourcils. Mieux ? Il n'en savait rien. Le venin courait toujours en lui, il le sentait, dans l'attente de la suite et de la finalisation du lien entre Harry et lui. Néanmoins, il n'était pas aussi brûlant et dévastateur que celui de Greyback et Gideon. L'Oméga leva son bras devant lui. Harry l'avait soigné, il portait un bandage blanc afin de cacher la plaie.

« Ayase m'a dit que tu devrais me mordre aussi sous ta forme humaine, » murmura-t-il.

« Oui, » répondit Harry en passant ses doigts dans les mèches blondes. « Mais je le ferai quand nous ferons l'amour, Draco. »

Les yeux clairs s'écarquillèrent. Faire l'amour ? C'était ainsi que Harry voyait les choses ? Son ventre se réchauffa lentement, comme si un liquide apaisant prenait vie en lui. Son corps se détendit une nouvelle fois tandis que les caresses dans ses cheveux se faisaient appréciables, réconfortantes.

« Alors dis-moi, tu te sens mieux ? » demanda à nouveau Harry en s'allongeant à côté du garçon blond qui se mit à trembler.

Draco se mordit les lèvres, les larmes roulèrent une nouvelle fois sur ses joues. Comment dire à Harry qu'il était à la fois rassuré et terrorisé ? Lui-même n'arrivait pas à comprendre le raz de marée de sentiments contradictoires qui déferlait dans son âme. Une petite brise fraîche s'engouffra par la fenêtre, faisant voler les rideaux. Draco la sentit sur son corps nu, et sans savoir là non plus pourquoi, cet air frais sur son être brûlant en raison de sa peur, de la drogue et du venin, fut ce qui déclencha une nouvelle crise de sanglots incontrôlables.

Harry le prit contre lui, il le caressait, le câlinait, mais tout en appréciant ces attouchements, tout en les désirant, Draco se mit à gémir, à pleurer de plus belle, ne voulant pas ce qui allait suivre.

« Shhhh, calme-toi, calme-toi, » murmura Harry en l'embrassant dans le cou.

« Harry, Harry s'il te plaît, non... » gémit Draco.

Pourtant, de lui-même, il tourna son visage vers l'homme brun et lui embrassa la bouche. Sa langue caressa les lèvres chaudes, puis pénétra l'antre humide afin de venir s'enrouler avec celle du dominant. Harry poussa un soupir lascif, il se hissa sur le corps de l'Oméga qui frissonna.

Ils s'embrassèrent encore, Harry découvrant les courbes des joues, de la mâchoire et du cou du plus jeune.

« Harry... Harry, je veux et je ne veux pas... » pleurnicha l'Oméga alors que la bouche de Harry descendait plus bas.

« C'est tellement dur, mon ange, tellement... mon loup te veut, Draco, il te désire tellement... je ne sais pas si je peux le contenir. »

La voix de Harry était tendue, comme pleine d'une certaine souffrance. Il redressa sa tête, ses yeux verts de nouveau mêlés d'ambre.

« Mon loup aussi, » fit Draco, les mains dans les cheveux noirs alors que Harry retraçait les marques de son tatouage avec la langue. « Harry, oh, Harry ! »

Le dos de Draco se cambra alors que l'humide exploratrice se glissait dans son nombril puis descendait plus bas, sans quitter le tatouage. C'était un véritable délice pour l'adolescent, mais aussi une torture.

« Je veux pas... Je veux pas... pas comme ça, » gémit-il. « Je suis pas... moi... »

Il haletait, tandis que Harry dégustait cette fois ses hanches, les mains sous les fesses blanches, tendres et rebondies.

« Que ne veux-tu pas, Draco ? » soupira Harry.

« Pas de... pas d'accouplement... »

Ce simple mot le fit une nouvelle fois sangloter bruyamment. Harry posa sa joue sur le ventre qui tressautait au rythme des sanglots. Il prit une grande inspiration tant la lutte qu'il menait contre lui-même et ses instincts les plus primitifs était rude.

Sa main glissa sur le flanc pâle, la hanche, puis la cuisse. Draco ne le réalisa sans doute pas, mais en réponse, il écarta les jambes et s'arqua un peu plus en une demande silencieuse.

Harry se redressa un peu, il embrassa une nouvelle fois le nombril, puis s'attarda de sa main et de ses yeux sur le tatouage.

Il en avait tant de fois rêvé. Il était là, pour sa seule et unique vue. Pour leur plaisir. Le dominant savait parfaitement le pouvoir érotique et érogène des pleins et déliés gravés dans la peau blanche. Son doigt effleura l'un des traits, un vert, qui descendait plus bas, sur la verge de l'Oméga qui poussa un gémissement purement indécent au milieu de ses larmes.

Harry continua son parcours, le sexe de son soumis se dressant sans peine sous ses caresses aériennes. Il ferma les yeux, déglutit avec difficulté et enfin, regarda le garçon pâle et larmoyant dans son lit.

« Et ainsi, est-ce que tu voudrais ? » murmura-t-il en saisissant le désir de son compagnon dans sa paume.

Draco le dévisagea. Sa main passa sur sa joue humide en tremblant.

« Oui... oh oui, Harry, s'il te plaît... » bafouilla-t-il au bout de quelques secondes de réflexion.

L'homme hocha la tête avant de repartir à la découverte linguale du corps sous lui qui devenait de plus en plus moite. Harry voulait le vénérer, ce corps, en prendre soin comme personne avant lui ne l'avait fait. Il le caressa, répondant aux soupirs et gémissements de plaisir qui peu à peu remplaçaient les sanglots chez son compagnon. Il voulait que Draco soit apaisé, qu'il n'y ait plus de peur en lui, plus cette terreur. Non, il ne le voulait pas ainsi pour leur premier accouplement. Pour la première fois où ils feraient l'amour.

Sa bouche engloutit le besoin de l'autre, comme il l'avait fait sous la tente des Monoïques. La chaleur dans la pièce était moins lourde, moins étouffante que ce jour-là, mais leur envie tout aussi forte.

Des doigts fins et pâles vinrent s'agripper à ses cheveux, à la fois forts et doux dans leurs mouvements. Draco balbutiait des mots inintelligibles alors que son plaisir montait visiblement de plus en plus haut.

Harry s'activa, sa main faisant sur sa propre verge ce que ses lèvres et sa langue faisaient à celle de son amant. Il n'en pouvait plus, il avait envie de Draco, une envie qu'il ne pouvait rassasier que grâce à la présence lourde et brûlante dans sa bouche.

Draco poussa un cri aigu, son corps se tendit alors que son plaisir déferlait à la fois dans son corps et dans la bouche avide autour de lui. Harry avala rapidement, se redressa et accéléra ses mouvements, puis son propre monde éclata dans la luxure tandis que sa semence giclait sur le ventre humide et haletant de Draco.

Il s'effondra sur le matelas, la respiration erratique, juste à côté du corps fin et grelottant de l'Oméga. Ce dernier était trempé de sueur. Il gémit tout en se tournant vers son dominant, à la recherche de ce dernier.

Harry, enfin apaisé tant dans sa partie humaine que surtout lupine, le prit dans ses bras. Son loup réclamerait une union plus charnelle d'ici quelques heures, mais pour le moment, la présence alanguie de l'Oméga suffisait. Ça et la décharge d'endorphine qui l'appelait au sommeil.

Draco enfouit son nez dans son cou alors que Harry rabattait un drap sur eux.

« Harry... »

« Shhh, je suis là, dors... »

« Je t'aime, Harry... »

Le mâle sourit et embrassa les cheveux d'or.

« Dors, mon tendre soumis, dors. »

Quelques secondes plus tard, ils dormaient tous les deux alors que l'orage éclatait au loin.

… … …

À suivre

… … …