Bêta : Nanola
NDA : SURPRISE ! Oui, je vous préviens, ça risque d'être un peu l'anarchie niveau publication d'ici fin juin. Donc chapitre aujourd'hui, pas dimanche. Un chapitre tout doux, chaud et sucré. J'espère qu'il vous plaira :)
Chapitre 39
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Tu es mon compagnon
Le Werwulf tapa du pied sur les braises qu'il venait de noyer. Il veilla à ce que le feu soit parfaitement éteint et balaya d'un geste de la main les cendres afin de les éparpiller. Une fois fait, il leva ses yeux clairs vers sa compagne.
« Tu es prête ? »
« Oui, le sac est terminé. Il faudra chasser tout à l'heure ou d'ici la nuit, il ne reste plus grand chose en viande séchée et j'ai envie de frais. »
L'homme hocha la tête, comprenant le message sous-jacent.
« Pour du pain et des légumes, il nous faudra attendre la prochaine ville. Je ne veux pas que l'on s'approche des petits villages, c'est encore trop dangereux. »
« Je sais, » reprit la jeune fille en plongeant ses yeux noisette dans ceux inquiets de son compagnon.
C'était elle qui avait insisté pour qu'ils prennent la direction du sud. Elle aurait voulu retourner à Traverse mais le dominant refusait. On ne savait jamais.
Ils se sourirent brièvement, chacun sachant à quoi l'autre pensait.
Alors qu'elle se transformait, la jeune louve sentit son cœur se serrer avec douleur. Pourquoi ne cessait-elle de penser à ses amies et surtout, à cet enfant blond qu'ils avaient abandonné depuis qu'elle s'était levée ? Pourquoi son image ne cessait de flotter devant elle, plus que d'habitude, comme un rappel de ce qu'elle avait fait ?
Ils l'avaient abandonné à son triste sort et à sa misérable destinée. Où était-il ? Était-il seulement encore vivant ?
… … …
Le bruit du tonnerre réveilla Draco en sursaut. Il ouvrit grand ses yeux, se sentant totalement perdu, dans une pièce inconnue. Le jour s'était levé mais la luminosité était faible. Le clapotis de la pluie se faisait entendre au-dessus de sa tête et aussi sur les vitres de la fenêtre, toujours entrouverte.
« C'est rien, c'est juste l'orage, » marmonna Harry allongé à côté de lui.
Machinalement, le dominant recolla le soumis contre lui, encore à moitié endormi.
Draco le dévisagea, en silence, alors que les événements de la veille éclataient dans sa tête.
Ils avaient été unis. Il avait dû s'échapper, s'enfuir, complètement drogué et apeuré. Le souvenir de cette chasse le fit frémir. L'Oméga se plaqua plus encore contre le corps chaud à ses côtés. Il passa un bras sur le torse nu, sa main caressant la peau douce bien que parsemée de quelques poils sombres.
Il se sentit aussitôt bien mieux. La drogue avait enfin quitté son organisme, mais le venin de Harry, lui, était toujours là. Comme une présence en lui, il parcourait son corps sans aucune agressivité, sans l'embrumer, juste dans l'attente de la finalisation du lien. Draco appuya sa tête contre la poitrine de son homme.
Un étrange sentiment de fierté et de possessivité l'envahit. Oui, Harry était son homme, son compagnon. Sans chercher à se retenir, un petit sourire fleurit sur ses lèvres.
Certes, hier il avait été paniqué, mais aujourd'hui, il n'était plus du tout dans le même état d'esprit. Bien qu'excessivement épuisé, il se sentait aussi lascif. Le garçon ferma les yeux, appréciant le touché des doigts de Harry dans ses cheveux, son odeur musquée, masculine.
Cette nuit, Harry lui avait donné du plaisir sans le brusquer, sans le prendre. Il lui avait dit qu'il voulait lui faire l'amour. Et il ne l'avait pas possédé alors qu'il était effrayé ni vraiment lui-même.
Draco se sentit respecté. Harry l'avait écouté, il avait pris soin de lui, comme un bon compagnon, un bon dominant. Son mâle était un mâle non seulement fort et puissant, un futur Alpha, mais aussi une personne tendre et attentionnée.
D'autres souvenirs, bien moins agréables, firent également surface, lui mettant de nouveau les larmes aux yeux.
« Draco ? Tu pleures ? » s'inquiéta de suite Harry en redressant sa tête.
« Non, c'est rien, t'inquiète pas, » murmura l'Oméga.
« Tu as mal ? C'est la morsure ? » continua cependant Harry en s'asseyant cette fois sur le lit, faisant faire de même à son compagnon.
Il toucha le bas de l'épaule du garçon et commença à défaire le bandage. La morsure était là, déjà à moitié cicatrisée sur le bras fin.
« Elle est pourtant en bonne voie de guérison et n'est pas infectée », constata Harry en l'effleurant.
Il adressa un regard vert soucieux à l'autre homme.
« Tu te sens bien ? »
« Oui, oui, ne t'inquiète pas, tout va très bien. Je suis juste épuisé mais ça va, » sourit avec difficulté Draco.
Harry fronça les sourcils, il posa sa main sur le front pâle puis se redressa brusquement.
« Tu es un peu chaud, ça doit être le venin. Je vais chercher de l'eau et aussi de quoi manger. Tu veux que j'ouvre un peu plus la fenêtre ? »
Un éclair de lumière suivi d'un bruit grondant lui répondit.
« Euh, non, je pense même qu'il vaudrait mieux la fermer si tu ne veux pas que ton parquet soit trempé, » fit Draco avec un plus large sourire.
Harry lui sourit en retour, il se pencha, embrassa avec délicatesse les lèvres rosées. Il étudia les yeux clairs un instant avant de se redresser, de fermer la fenêtre et de quitter la chambre.
« Je reviens vite, » dit-il avant de passer le chambranle de la porte.
Draco hocha la tête puis se rallongea, ses jambes emmêlées dans les draps. C'était étrange. Il se sentait bien, ici, alors que la veille il était terrifié. Sa main caressa le matelas. Tout ici portait l'odeur de Harry, c'était bon. Draco ferma les yeux, son esprit entièrement tourné vers le mâle. Une douce chaleur envahit son ventre, ses reins, tandis qu'il se souvenait de l'attention buccale de l'homme. Ça aussi, c'était très bon.
L'Oméga resta un long moment simplement allongé, à écouter la pluie qui tombait à verse, perdu dans ses pensées et ses souvenirs. Enfin, une odeur alléchante lui parvint alors que Harry revenait, un plateau chargé dans les mains.
« Petit-déjeuner, » déclara-t-il, visiblement très fier de son œuvre.
Draco se rassit confortablement dans le lit pendant que Harry faisait de même tout en déposant le plateau sur les cuisses de son compagnon.
« Eh bien, que de bonnes choses, » commenta Draco.
« Je ne savais pas comment tu préfères les œufs, j'ai oublié de le demander à Charlie hier, alors du coup, j'ai fait une omelette et des œufs au plat, comme ça tu as le choix. »
Draco se mit à rire.
« Je ne vais jamais pouvoir manger tout ça, tu en as conscience ? »
« Je compte bien t'aider, moi aussi j'ai faim, » dit Harry en caressant la joue imberbe.
Draco baissa aussitôt les yeux. La lueur de désir qu'il avait vue dans ceux de Harry lui faisait comprendre que l'homme parlait aussi d'une tout autre faim. Il rosit.
« Tu es tellement beau quand tu souris. C'est toujours un vrai bonheur de t'entendre rire, tu sais ? » chuchota Harry en lui embrassant le cou.
Draco frémit sous la caresse des lèvres.
« Ha... Harry, les œufs vont refroidir... »
« Oui... C'est pas faux... » fit Harry en embrassant une dernière fois la clavicule du garçon.
Ils déjeunèrent côte à côte dans le lit, chacun piochant un peu de nourriture. Harry semblait très attiré par la bouche et les lèvres de Draco. Il le regarda d'abord manger, puis passa son pouce sur les lèvres pour enlever des traces parfois inexistantes de lait ou de confiture. Il porta à la bouche rosée des morceaux de fruits frais qu'il avait coupés. Lorsque du jus de pêche perla à la commissure des lèvres, il ne résista pas plus. Harry se pencha, recueillit la goutte de sa langue puis embrassa avec passion le garçon blond.
Draco ferma les yeux. Le plateau à moitié vide se retrouva écarté d'une main alors qu'il s'allongeait sur le lit et qu'il maintenait Harry sur lui de l'autre. Le dominant s'aligna sur le corps plus petit, ses mains maltraitant avec langueur les mèches blondes tandis que sa bouche et sa langue s'enivraient de celles de Draco. Il avait le goût des fruits et le parfum du désir.
Sa bouche partit ensuite à la découverte de la mâchoire, suivit la ligne du cou, embrassa la jugulaire qui frappait au rythme des battements de cœur de plus en plus frénétiques de Draco. Il inspira longuement dans le creux du cou, retraça une nouvelle fois les clavicules saillantes, si douces, si tentantes.
Draco poussa un soupir purement érotique alors qu'il se cambrait légèrement, son bassin juste protégé par le drap fin venant à la rencontre de celui qui le surplombait. Il écarta ses jambes, permettant à Harry de se positionner au mieux entre elles.
Harry ferma les yeux, sentant son désir pour son compagnon se réveiller dans toute sa dureté.
« Draco... je pense qu'on devrait s'arrêter. »
Un nouveau coup de tonnerre rugit au dehors. Harry posa sa tête sur le torse du plus jeune. Il écouta son cœur qui battait la chamade pendant que le garçon passait ses doigts dans la tignasse ébène.
« Un jour, » murmura Draco. « Ralph a craqué. »
Harry fronça les sourcils mais ne bougea pas.
« Il désirait Megan depuis longtemps. J'avais bien vu qu'il était proche d'elle, mais il était doux, lui. Alors je pensais que c'était juste, tu vois, une façon de la protéger, ou du moins, de la réconforter. Il dormait toujours à ses côtés quand nous étions avec eux. Je n'aimais pas dormir avec eux mais parfois, on n'avait pas le choix non plus de ça. Choisir où dormir. On n'avait aucun choix. Aucun. »
Les doigts se crispèrent un instant avant de repartir dans les mèches désordonnées.
« Les autres n'arrêtaient pas de se moquer de lui. Il a fini par craquer et s'est avancé vers nous. J'avais peur... peur que ce soit moi... peur que lui aussi... lui aussi me fasse ça. »
Harry sentit les larmes dans la voix de son compagnon mais il resta stoïque, sa joue toujours plaquée sur la poitrine blanche. Seule sa main vint caresser doucement le flanc pâle, en réconfort.
« Il a pris Megan. Elle criait. Et ils ont disparu dans la forêt. Avec Hannah, on entendait ses cris. J'ai pleuré. Mais quand elle est revenue... » Draco prit une grande inspiration. « Quand elle est revenue, elle nous a dit une chose que je n'ai pas vraiment compris, à l'époque. »
« Quoi donc ? » chuchota à son tour Harry.
« Elle a dit qu'ils avaient fait l'amour, » répondit après quelques secondes de silence Draco. « Elle a dit qu'ils s'étaient aimés. Elle l'aimait déjà. Mais là, ils s'étaient donné du plaisir, tous les deux. Je ne savais pas ce qu'était le plaisir, ni ce qu'était l'amour. Je croyais que je ne serais jamais aimé, que j'allais mourir avec tous ces Werwulfs. Le plus gentil avec moi était Daniel, en dehors de Ralph. Mais c'était parce qu'il me voulait, il me voulait pour lui tout seul et que je porte son louveteau. Je... » les larmes dans la voix de Draco se firent plus fortes. « Je ne sais pas s'il me voulait comme un vrai compagnon, comme toi. Mais moi... Quand Megan nous parlait de ça, moi j'ai pensé à toi. »
Harry redressa sa tête, leva les yeux vers le visage humide de son amant.
« Moi ? »
« Oui. J'ai pensé au prétendant de Chourave. À celui qui m'avait senti et je me suis demandé qui j'étais, qui j'étais vraiment. Souvent je pensais à toi, à tes yeux. Je te voulais, Harry, je voulais que tu sois là et que tu m'apprennes ce qu'était l'amour. »
Harry fit couler son corps le long de celui de l'autre garçon afin de venir poser son front sur le sien. L'une de ses mains vint prendre en coupe le visage défait et de son pouce, il lui essuya les larmes.
« Je suis là, Draco, » affirma-t-il d'une voix douce.
Draco releva le menton, ses lèvres cherchèrent celles du dominant. Quand elles les trouvèrent, elles les caressèrent, les embrassèrent avec ferveur.
« Maintenant, je crois que je comprends ce que voulait dire Megan, » fit Draco tout en caressant de ses mains le visage au-dessus du sien.
Il ferma les yeux et poussa de nouveau la tête de Harry vers lui, afin de l'embrasser encore. Jamais il ne s'était senti aussi en paix avec lui-même. Le simple fait d'avoir pu évoquer son passé avec Harry, ne serait-ce que furtivement, avait été comme une délivrance, une révélation.
Il avait envie de connaître l'amour avec Harry, de faire l'amour avec lui. Ce n'était plus seulement sa partie lupine qui l'encourageait, non. Draco prit pleinement conscience que tout son être le désirait, et ce depuis un certain temps déjà. Il l'admettait simplement aujourd'hui. Que ce soit Draco Bones, Draco Malfoy, ou Draco tout court, l'humain, le Monoïque, le Werwulf, tout ce qui faisait qu'il était lui désirait Harry. Comme compagnon et comme amant.
Son baiser devint plus empressé, plus exigeant, ses mains partirent à la découverte du dos de son compagnon. Il l'effleura du bout des doigts, ravi de sentir Harry frissonner et ses muscles rouler sous eux.
« Draco... Draco... on devrait vraiment se calmer... » souffla Harry en détacha avec difficulté sa bouche de celle qui le dévorait.
« Pourquoi ? » gémit Draco en tentant de reprendre les lèvres qui s'étaient méchamment, de son avis, éloignées.
« Parce que... par la lune, Draco, » geignit Harry en tentant d'échapper aux tentatrices. « Parce que je ne pourrai pas me retenir plus ! »
Draco prit une grande inspiration avec de se lancer.
« Mais qui te demande de le faire ? »
Harry stoppa tout mouvement, étudiant avec application les yeux clairs en face de lui. Draco, lui, plongea dans le vert apaisant de ses iris. Ils ne parlèrent pas, Harry ne lui demanda pas s'il était sûr de lui, Draco ne reformula pas sa demande. Ils se parlaient avec les yeux, chacun comprenant l'autre.
L'ambiance dans la pièce changea. Harry se redressa d'un coude, il posa le plateau au sol, faisant pouffer Draco, d'un rire un peu nerveux.
« Je tiens beaucoup à ce plateau, » plaisanta Harry, le faisant cette fois exploser d'un rire franc.
Alors qu'il se calmait et que Harry se rallongeait avec précaution sur lui, Draco pensa que le dominant était le seul à pouvoir le faire rire de cette façon. Harry tira sur le drap qui lui recouvrait encore les hanches et les jambes, le laissant nu contre sa peau. L'Oméga leva une main, la posa contre la joue râpeuse.
Harry n'était pas seulement beau ou fort. C'était quelqu'un de bien. Draco aimait la façon dont il le faisait rire, il aimait quand il faisait l'idiot sur la plage ou quand il se chamaillait avec Ron et Lancey. Il aimait ses yeux mais il aimait surtout la tendresse qu'il y lisait.
Il aimait Harry.
C'était l'homme qui s'était battu pour lui, l'homme qui l'avait séduit. Draco n'oubliait pas que c'était aussi le futur Alpha de cette meute, pourtant, il avait été prêt à tout quitter pour lui, pour le sauver d'un destin qu'il ne désirait pas. Le garçon réalisa que c'était la plus belle preuve d'amour que le mâle pouvait lui faire.
Il soupira lascivement tandis que la bouche de son amant l'embrassait de nouveau dans le cou.
« J'aime quand tu m'embrasses, » marmonna-t-il.
« Ce qui est parfait puisque j'aime t'embrasser, » répondit Harry en abaissant ses lèvres sur un mamelon érigé.
Le petit cri de Draco fut perdu dans le roulement du tonnerre, mais Harry n'en avait nul besoin pour savoir que sa caresse faisait le plus érotique des effets sur l'autre homme. Il s'acharna donc sur le petit bouton de chair rosée, l'entourant de sa langue, le titilla et enfin le prit en entier dans sa bouche afin de le sucer avec dévotion.
Draco s'arquait sur le lit, ses mains se cramponnaient aux draps alors que son corps se teintait de sueur. Ses gémissements couvraient parfois le bruit de la pluie, en une musique particulièrement excitante pour Harry.
Le dominant continua ses douces attentions, sur l'un et l'autre des mamelons tendres. Puis, avec une envie de plus en plus forte, il descendit jusqu'au nombril et surtout, au précieux tatouage du Monoïque. Draco gémit plus fort, la chaleur dans la pièce monta d'un cran. Harry pensa un bref instant qu'il aurait dû entrouvrir la fenêtre, comme durant la nuit, et tant pis pour le plancher, mais il était hors de question qu'il arrête son ouvrage pour cela. De toute façon, le corps humide de Draco était un véritable appel à la débauche, il n'allait donc pas s'en plaindre.
Comme durant leur dernière partie de plaisir buccal, Harry retraça les lignes du tatouage de la pointe de sa langue pendant que ses mains enserraient les hanches et les fesses pâles. Draco se mit à geindre plus fort, le pouvoir érogène de ses zones tatouées le faisant monter rapidement dans le plaisir. Il écarta impudiquement ses cuisses, permettant à la tête aux cheveux noirs de s'installer confortablement entre elles.
Harry s'appliqua à suivre chaque plein et délié de couleur, s'amusa ensuite à engloutir la virilité de son compagnon jusqu'au plus profond de sa gorge. Draco cria, bougea des hanches au rythme des succions effrénées de son amant. Il remonta ses genoux, ses mains s'agrippèrent aux cheveux noirs alors qu'il s'abandonnait au plus pur des plaisirs en haletant. Harry fit jouer sa langue autour de la verge dressée. Il caressait, aspirait longuement, bien qu'avec prudence, de la base de la hampe jusqu'à la corolle rougissante.
Draco était perdu dans les sensations délicieuses. Il se demanda brièvement si Harry allait l'emmener jusqu'à la délivrance de cette façon et décida tout aussi rapidement qu'il s'en moquait, tout ce qu'il voulait c'était que ce délice indécent ne cesse jamais.
La langue de Harry parcourut soudain des territoires moins connus, descendit vers un lieu certes sensible mais aussi plus incongru pour l'Oméga. Il poussa une longue plainte alors qu'elle se faufilait à travers lui et s'engouffrait dans son corps.
« Oh... Oh, par la lune, » gémit-il en se mordant les lèvres.
C'était tellement étonnant et impudique, mais surtout tellement jouissif. La langue le quitta pourtant, remplacé prudemment par un doigt mouillé de salive qui vint le caresser de l'intérieur pendant que la bouche retournait vers sa virilité.
Draco s'abandonna pleinement, laissant l'homme accentuer ses attouchements grâce à un autre de ses doigts. Bien que cela fasse de longs mois, en dehors de son initiation, qu'il n'avait pas été pénétré, l'Oméga retrouva rapidement de vieux réflexes, laissant ainsi son corps s'ouvrir et se détendre. Cela était rendu d'autant plus facile que Harry était d'une tendresse et d'une prudence à peine croyable. Tout aussi incroyable que les vagues de volupté que ces doigts déclenchaient au plus profond de son ventre en feu.
Puis, Harry se redressa, ses mains quittèrent le corps languissant pour fouiller dans une table de chevet en bois à ses côtés. Draco reprit un peu ses esprits, comprenant ce qu'il cherchait alors qu'une odeur familière faisait son apparition. L'huile de plaisir.
Cette dernière annonçait sans détour ce qui allait suivre mais Draco n'en conçut aucune crainte. Il regrettait simplement par avance le moment où le mâle le ferait se tourner sur le ventre ou mettre à genoux, et de ce fait, le moment où il perdrait la douceur de ses baisers ainsi que le contact de la peau moite de son torse contre le sien.
Il resta là, jambes ouvertes et pieds sur le matelas, Harry entre elles qui se badigeonnait avec application l'expression dure de son désir.
La pluie faisait toujours rage dehors, la chambre était dans la pénombre de l'orage, éclairée par intermittence par les éclairs. Draco profita pourtant pleinement du spectacle. Les ombres et les flashs de lumière sur le corps perlant d'une fine couche de sueur de Harry le rendait étrangement encore plus désirable à ses yeux.
Néanmoins, à sa surprise, Harry se rallongea sur lui, sa main aux doigts humides retournant cajoler son intimité. L'un des doigts le pénétra de nouveau, plus profondément, lui faisant fermer les yeux. C'était bien meilleur de cette façon. Draco gémit, ondula, ne cherchant pas à se soustraire mais au contraire à approfondir la caresse.
« Oh, Draco, tu n'as pas idée à quel point tu es excitant comme ça, » fit Harry d'une voix rauque avant de fondre sur le cou pâle.
Il l'embrassa, fit un suçon à la base du cou, un autre sur l'épaule avant de revenir picorer les lèvres rougies. Draco en voulait cependant plus, il encercla la nuque de ses mains et approfondit le baiser, sa langue venant à la recherche de celle de Harry. Tout à cette danse linguale, l'Oméga faisait frotter son corps contre celui au-dessus de lui.
Les doigts de Harry le quittèrent, Draco s'accrocha donc à lui, sachant que le mâle voudrait sans aucun doute désormais le posséder. Mais lui ne voulait absolument pas quitter l'humidité de cette bouche pleine de délice, ni l'étreinte des bras autour de lui.
Ses yeux clairs s'écarquillèrent, un cri fut étouffé dans la bouche voisine quand Draco sentit, contre toute attente, la rigidité de Harry envahir doucement ses reins. Il tourna la tête, ses doigts ses crispèrent tant dans la chevelure noire que sur les draps blancs. Il haleta, sa respiration se faisant saccadée alors que son cœur tambourinait avec fureur sous ses côtes.
Lentement, la progression de l'homme se poursuivait, ne déclenchant chez l'Oméga que de la chaleur et de la douceur. Ainsi qu'un sentiment de tiraillement qu'il écarta bien vite, ne voulant se concentrer que sur les plaisirs de cette chair ferme et épaisse qui entrait en lui.
Avec un soupir, les deux hommes ne bougèrent plus. Harry restait concentré sur ce qu'il faisait, sur l'étau brûlant de douceur qui l'enserrait et sur ce qu'il allait suivre. Draco, lui, tentait de respirer, écrasé par le poids de Harry mais surtout totalement focalisé sur ce qu'il ressentait à l'intérieur de lui. Cette présence virile n'était pas douloureuse, ni même dérangeante. Elle était dure et tendre tout à la fois, l'envahissait d'une façon encore jamais connue.
Harry se redressa sur ses coudes, il posa plusieurs chastes baisers sur les lèvres entrouvertes, ne voulant pas gêner la respiration déjà erratique de l'Oméga.
Puis il ondula du bassin, provoquant un gémissement de Draco qui y répondit aussitôt. La danse de leurs deux corps débuta, avec langueur et lascivité. Draco remonta ses genoux contre les flancs bronzés, faisant plonger plus profondément le corps en lui. Harry menait, il imposait un rythme parfois lent, parfois plus rapide mais dont chaque coup de hanches transportait Draco un peu plus haut dans la félicité.
L'Oméga sentit soudain comme un changement chez son partenaire, un changement qui trouva écho chez sa partie lupine. Il ouvrit ses yeux, qu'il n'avait pas eu conscience de fermer, et découvrit le visage de Harry au-dessus de lui.
Des perles de sueur étaient accrochées à son front, humidifiaient ses tempes en collant les mèches noires sur elles. Mais ce fut surtout les yeux verts qui attirèrent son attention. De l'ambre y était mêlée, petites pépites brillantes et dorées. Harry ouvrit sa bouche, dévoilant des dents qui s'étaient inexplicablement allongées. Draco manqua une respiration. La peur s'insinua rapidement en lui. Harry n'allait pas devenir un loup ! Pas maintenant !
« Shhhh, c'est juste pour la morsure, Draco, n'aie pas peur, n'aie pas peur, » le rassura aussitôt Harry, comprenant que son compagnon commençait à paniquer.
Draco se détendit d'autant plus facilement que l'homme retourna à l'embrasser sans cesser ses va-et-vient. Pourtant, il aurait dû paniquer, pensa-t-il brièvement, après tout Harry venait de lui dire qu'il allait le mordre une nouvelle fois.
Sauf que Compagnon-Loup désirait cette morsure, tout comme il désirait que les va-et-vient s'accélèrent, qu'ils le transportent encore plus haut dans le ciel.
Draco ne savait pas trop quant à la morsure, mais pour le reste, il le voulait aussi. Il s'agrippa au dos luisant, bougea ses hanches, en voulant plus, encore plus.
Des dents acérées pénétrèrent sa peau, là où la morsure lupine guérissait à peine. Le garçon cria alors qu'il se sentait possédé à deux endroits différents. Harry ne le lâchait pas, le retenait de son sexe et de ses dents.
L'Oméga ne comprit pas ce qui lui traversa la tête, mais il attrapa l'un des bras de Harry et y plongea à son tour ses propres dents.
Il mordit la peau, déchira les chairs, sentit le goût du sang dans sa bouche. C'était pourtant bon, si bon.
Enfin les deux hommes relâchèrent simultanément le bras de l'autre en haletant. Draco se sentit de nouveau partir. Ce n'était sans doute pas le venin, puisque Harry était homme, néanmoins il avait le sentiment que quelque chose prenait possession de son corps, en plus de la virilité de son amant, l'entraînait au bord de l'évanouissement. Toutefois, ce n'était ni douloureux, ni angoissant, bien au contraire.
Harry se mit subitement à genoux, ses mains enroulées autour des chevilles de Draco qu'il porta au niveau de son visage. Il lui embrassa rapidement un mollet puis entreprit d'accélérer la cadence de ses hanches. Les deux hommes gémissaient, leurs corps unis et transpirants. Draco secoua sa tête, sentant que le plaisir augmentait de façon incontrôlable.
Harry lâcha l'une des jambes de Draco, prenant soin avant cela de la poser sur son épaule. De sa main libre, il entreprit de caresser le désir érigé de Draco. Il bougea sa paume à la vitesse de ses reins, plus vite, toujours plus vite et plus profondément.
Draco s'arqua brusquement, ses mains déchirant presque le drap alors qu'un cri sortait de sa gorge. Harry attrapa vivement l'une des mains crispées, enlaça ses doigts aux siens et explosa à son tour.
Épuisé, il s'effondra purement et simplement sur le corps haletant. Leurs mains toujours enlacées, il embrassa amoureusement Draco, se retira avec précaution de son corps et ils sombrèrent tous deux dans un sommeil de plomb.
… … …
Ce ne fut pas le tonnerre qui réveilla Draco cette fois-ci, mais la main de Harry dans ses cheveux. Il s'étira comme un chat tout en recherchant plus de contact avec les doigts. Collé contre Harry, un bras au travers de son torse, il soupira et consentit enfin à ouvrir péniblement les yeux.
« Enfin tu daignes te réveiller ? » se moqua le dominant.
« Trop fatigué, » se plaignit Draco en se serrant plus encore, la tête sur le creux de l'épaule de Harry.
Ce dernier continua ses caresses, agrémentées régulièrement de baisers légers sur le front pâle.
« Tu vas bien ? » demanda-t-il enfin. « Je veux dire, tu n'as pas trop mal ? Que ce soit au bras ou au... enfin, tu vois où... »
Draco sourit, il embrassa le mamelon brun juste sous son nez avant de se redresser un peu pour regarder Harry dans les yeux.
« Non, mon derrière se porte à merveille. »
Il se mordit la lèvre inférieure, incertain. Comment expliquer à Harry que ce qu'il avait vécu tout à l'heure était l'expérience la plus extraordinaire, la plus jouissive, c'était le mot, qu'un accouplement ne lui avait jamais apporté. Non, ce n'était pas un accouplement ou une baise, lui rappela subitement son cerveau. Comme Harry lui avait dit, comme Megan l'avait dit un jour, ils avaient fait l'amour.
Le garçon sourit de nouveau. Pas besoin de le dire à Harry. Il se pencha vers lui et lui embrassa les lèvres. Ce dernier lui rendit son sourire ainsi que son baiser.
« Tant mieux. Et ton bras ? » fit le brun, sa main sur la nuque blonde.
« Ça va aussi. »
« Attends, on va regarder ça de plus près. »
Les deux Lycanthropes s'assirent sur le lit, Harry prit délicatement le bras de Draco afin d'inspecter la morsure. Les dents humaines, ou du moins à demi, s'étaient plantées là où il l'avait déjà mordu en tant que loup. Du sang avait coulé, mais il était désormais sec. Quant à la plaie, elle s'était refermée. Harry appuya un peu dessus de la pulpe du doigt, faisant grimacer Draco.
« C'est encore bien sensible et les bords commencent juste à se ressouder, mais demain ce sera beau, » conclut le mâle.
Il leva ses yeux vers Draco et lentement, sensuellement, sa langue vint lécher la morsure. Le garçon frémit sous la sensation, un long frisson de plaisir longea son dos. Il se mordit la lèvre sans pouvoir retenir un gémissement.
« C'est bon ? » murmura Harry en recommençant.
« Oui, » fit Draco. « Pourquoi est-ce aussi bon ? »
« C'est ma marque, » répondit simplement le mâle, comme si cela expliquait tout.
Draco se rallongea sur le matelas, le bras toujours entre les mains de Harry qui continuait de le lécher. Il ferma les yeux, son corps ondoyant sur le drap.
« Mais pourquoi, » gémit-il encore. « Pourquoi est-ce que ton venin est si différent ? »
Harry cessa ses léchouilles, à la plus grande déception de Draco.
« Eh bien, on ne sait pas vraiment. Mais le venin est différent quand on mord pour s'unir et quand on mord pour transformer ou pour marquer de sa meute. Je n'en sais pas plus, c'est ainsi. »
Draco tourna la tête vers lui. Harry était à genoux et le dévisageait toujours. Doucement, l'Omega récupéra son bras afin de venir saisir la main du mâle. Il la porta à sa bouche, embrassa chaque doigts, la paume, le poignet, remonta lentement à l'aide de sa langue le long de l'avant-bras et enfin, appuya ses lèvres sur sa propre morsure.
« Et toi ? Comment se porte ta morsure ? » chuchota-t-il.
Harry regarda la marque circulaire qui trônait sur son avant-bras.
« Je ne sens aucune douleur. »
Draco lécha la plaie, les yeux vissés dans ceux de Harry.
« Là, par contre, c'est très agréable, » sourit Harry.
Draco fit un dernier bisou sur la morsure, un peu dépité.
« J'ai l'impression que ce n'est pas aussi sensible que pour moi. »
« Ton venin est beaucoup plus faible et tu ne m'as mordu que sous ta forme humaine, c'est sans doute pour cela. »
Harry leva son bras, inspecta sa morsure, sans vraiment se rendre compte que Draco faisait la moue.
« C'est étrange... » marmonna-t-il.
« De quoi ? »
« Eh bien, c'est très rare qu'un soumis ou une femelle ressente le besoin de mordre son compagnon pendant l'union. »
Draco s'assit sur le lit, perplexe.
« Et ça signifie quelque chose en particulier ? »
Harry haussa les épaules.
« Que tu as envie d'être mon égal, peut-être ? À moins que ce ne soit plutôt le désir de me dévorer ? »
Draco se mit à rire alors que le dominant lui faisait un clin d'œil et qu'il se rallongeait, les bras croisés sur sa nuque.
Le jeune Oméga se tut d'un coup et détourna son regard, réalisant subitement qu'ils étaient nus, qu'ils étaient désormais totalement unis et que Harry disait sans doute vrai. Une partie de lui, sa partie humaine et monoïque, voulait être l'égal de son époux. Pas un simple bel objet décoratif, un ventre à engrosser ou une réserve de plaisir.
Il se leva, ignorant le léger tiraillement de ses reins, puis se dirigea vers la fenêtre. La pluie battait toujours avec fureur au dehors. L'Oméga ouvrit les battants, permettant à de l'air frais de s'engouffrer dans la pièce. Il écarta d'une main les rideaux, regarda le paysage sous ses yeux. La chambre donnait sur l'arrière de la maison, on y voyait une partie du jardin et les arbres du sous-bois. Pas le village, qui était de toute façon éloigné. Draco savait qu'un peu plus loin, vers la forêt, une petite source coulait. C'était rare et une véritable aubaine pour la maisonnée, leur évitant ainsi d'aller chercher de l'eau au puits.
Le vent donnait dans l'autre sens, il éloignait ainsi les grosses gouttes de pluie de la fenêtre, néanmoins, l'humidité parvenait quand même jusqu'à sa peau nue. Ces petites bruines d'eau le chatouillaient tout en le rafraîchissant davantage.
Des mains chaudes, un peu rugueuses, enserrèrent avec tendresse sa taille, un torse ferme s'appuya contre son dos.
« À quoi penses-tu ? » murmura Harry à son oreille, son souffle chatouillant avec délice le garçon qui recula sa tête contre l'épaule bronzée.
« À l'eau. À la pluie qui tombe mais surtout à la source. Ce sera bien, plus tard. Pour le jardin et aussi la maison. »
« Oui, c'est vrai, » fit Harry en embrassant le cou offert. « Olivier m'a dit que ses parents, Remus et tous les mages de la meute vont faire en sorte que chaque maison ait l'eau courante. Tu sais, l'eau directement chez toi, pour la cuisine et te laver, grâce à des tubes et des robinets. »
« Je sais, » répondit Draco. « C'était déjà ainsi, à Poudlard. »
Harry ne dit rien, ses mains posées sur le ventre doux, ses pouces caressant sans cesse le nombril et le tatouage de son amant.
« C'est vrai que tu connais Poudlard. »
« Hum... j'ai pas mal voyagé... »
L'amertume dans la voix de Draco se sentit. Harry l'embrassa de nouveau.
« Tu sais, on voyagera si tu veux, tous les deux. De vrais voyages. On pourrait aller à Godric, j'aimerais aussi t'emmener dans les autres meutes, et puis, en bateau, il y a de très jolies criques, près des Rocheuses. »
Draco sourit, sentant que le mâle le berçait lentement, sans doute sans même s'en rendre compte.
« Et Helga ? » souffla-t-il.
« Helga ? »
« Oui... Helga... Tu sais, le Temple est là-bas. »
« Oui, bien sûr que je sais. »
« C'est mon Royaume... » termina Draco tristement. « Là où je suis né, ou plutôt, là où j'ai cru que j'étais né. »
Harry posa ses lèvres avec douceur sur la tempe blonde.
« Ton pays te manque ? »
Draco soupira.
« Je ne sais pas trop. Par certains côtés, oui. Ce sont mes souvenirs. Ma maison, ma famille. Tout ce qui faisait ma vie. Mais... mais ils sont morts, à part Laura. Peut-être que mon père est encore vivant, mais... »
« Mais ? »
Draco eu un sourd reniflement.
« Je ne crois pas qu'il aimerait ce que je suis, ce que j'ai vécu et même aujourd'hui... je ne pense pas qu'il aimerait savoir que je suis vivant si c'est pour vivre cette vie. Alors... alors il est sans doute préférable que je ne retourne jamais là-bas, à Pomona. »
Harry fit tourner son compagnon entre ses bras afin qu'il se retrouve torse contre torse. Draco colla son visage dans le cou du dominant qui lui caressa ses longs cheveux blonds.
« Draco, je suis persuadé que ton père serait au contraire très fier de toi. Tu as survécu à toutes ces épreuves. Aujourd'hui, tu es un Lycanthrope libre. Regarde, Draco, regarde, » insista Harry en se positionnant vers la fenêtre, de façon à lui montrer le dehors. « Tu as aussi une belle maison, tu es l'époux d'un futur Alpha, et bientôt, dans ce jardin, des enfants courront, des petits anges aux joues roses et aux cheveux blonds, comme toi. Bien sûr que ton père serait fier de toi ! »
« Je ne suis qu'un Oméga, » renifla Draco en levant ses yeux vers lui. « Mon père rêvait d'un garçon fort, combatif, comme toi. Pas d'un Monoïque. »
« Ton père t'aimait, Draco. Et tu n'es pas ''qu'un Oméga''. Tu es un être à part, merveilleux et fort. Pas dans tes muscles, c'est vrai, mais tu es intelligent, malin et résistant. »
Harry passa sa main sur la joue imberbe, il recueillit de son doigt l'une des larmes du garçon.
« Et dans chacune de tes larmes, il y a des étoiles. »
Draco eut un petit rire. Il s'essuya les yeux, sans détourner son regard de son dominant.
« Harry, et si c'était vrai ? Si je voulais être ton égal ? »
« Tu es déjà mon égal, Draco, » affirma Harry. « Ce n'est pas parce que tu es un soumis que je considère que tu vaux moins que moi. »
Draco se câlina contre le torse ferme, ses bras entourèrent la taille étroite de Harry. Il n'était pas très grand ni très musclé comparé à d'autres mâles, mais il était fort, puissant. Draco savait ce qu'il valait.
« Je t'aime, Harry. »
« Je t'aime aussi. »
Ils restèrent enlacés ainsi, un long moment, se berçant au rythme de la pluie.
« Harry... tu vas vouloir des enfants, alors ? »
« Oui. Pourquoi ? Tu n'en veux pas ? »
« Si, si, j'en veux, » répondit précipitamment Draco. « C'est juste que je ne sais pas trop si j'en suis capable, ou dans combien de temps tu voudras, et comment ça va se passer, c'est tout. »
Harry referma davantage ses bras autour de lui.
« On a le temps, Draco. Et quand le moment sera venu, quand on décidera d'agrandir notre famille, alors tu pourras demander à Ayase et au Temple de t'expliquer. »
Il embrassa les cheveux doux.
« Charlie m'a dit que tu irais souvent dans cette cabane qu'Ayase appelle tente des Monoïques. Il m'a dit aussi que tu partirais au Temple, grâce à de la magie. Tes frères m'ont aussi fait signer un contrat avant de partir. Il est inscrit que tu dois retourner au Temple souvent. »
« Oui, c'est vrai, » marmonna Draco.
Harry hocha la tête.
« Okay. »
« Ça te dérange ? »
« Un peu, » avoua le mâle en embrassant de nouveau la tête blonde. « Mais c'est parce que je suis terriblement jaloux. »
Draco se redressa un peu, sentant le rire dans la voix de l'homme. Il souriait de toutes ses dents, en effet. Draco tendit sa main, caressa la joue où la barbe pointait.
« Tes yeux sont comme les papillons dans le jardin de ma mère, » dit-il.
« Oh... des papillons verts ? »
« Oui... j'adorais ces papillons. »
Draco noua ses mains derrière la nuque aux cheveux noirs. Il appuya dessus, faisant s'abaisser le visage de Harry vers lui. Leurs bouches se trouvèrent sans peine, leurs lèvres s'effleurant lentement. Draco aimait ces baisers légers, aussi légers que des papillons. Pourtant, ce fut lui qui appuya avec plus d'instances sur la bouche chaude. Il attrapa l'une des lèvres du mâle, la suça légèrement avant de faire pareil avec l'autre. Harry haleta, il attrapa la tête de Draco avec ses deux mains et fit de même au garçon avant que sa langue ne se lance à la découverte de la bouche voisine.
Ils s'embrassèrent sensuellement pendant une longue minute, puis Draco délaissa la bouche de son amant, le faisant geindre. Il déposa une multitude de baisers le long de la mâchoire, dans le cou, les clavicules et le torse bronzé. Enfin, il attrapa entre ses lèvres un téton brun et le suça avec ferveur.
« Draco, » gémit Harry, l'une de ses mains toujours fermement ancrée dans les mèches blondes.
Le garçon sentit que le dominant était véritablement excité, sa virilité dressée appuyait contre son ventre et l'humidifiait déjà, preuve de son désir.
Il se recula, saisit la main de Harry et lentement, l'entraîna jusqu'au lit. Il s'assit, se recula jambes ouvertes jusqu'à ce que son dos bute contre la tête de lit. Harry le suivit, à quatre pattes entre les cuisses écartées.
« Tu sais, » fit l'Oméga en demandant de ses mains à Harry de s'approcher encore. « Je ne savais pas que l'on pouvait s'acc... faire l'amour face à face. »
« On peut le faire de tant de façons différentes, » souffla Harry en entortillant l'une des tresses entre ses doigts.
Le yeux verts plongèrent dans les gris, la passion se reflétant en eux.
« Oh... je suis très curieux de voir ça. »
Le sourire de Harry s'agrandit et devint légèrement carnassier.
« Je serai très heureux de te le montrer. »
Puis il fondit sur la bouche et le corps de l'Oméga qui l'accueillit entre ses membres.
… … …
« Est-ce toujours ainsi quand un couple s'unit ? » demanda Draco, allongé sur le lit.
L'orage, qui s'était un peu calmé durant l'après-midi, avait repris de plus belle, véritable déluge d'eau et de tonnerre. Malgré l'humidité, les deux amants avaient laissé la fenêtre entrouverte, préférant cela à une chaleur trop épaisse dans leur chambre.
« C'est à dire ? » l'interrogea à son tour Harry sans cesser de caresser du bout de ses doigts le dos pâle et finement musclé de l'Oméga alangui.
« Eh bien, est-ce qu'il passe sa journée au lit à faire l'amour ? »
Harry sourit. Il se pencha afin d'embrasser la tempe blonde.
« J'en sais rien et franchement, je m'en contrefous ! Tant que nous, on ne quitte pas ce lit pendant trois jours, ça me va bien. »
Draco se mit à rire doucement. Trois jours. C'était ce que Gideon leur avait accordé. Durant ce laps de temps, ils étaient libres de toute corvée et personne ne devait venir les déranger.
« Il faudra bien le quitter à un moment ou un autre ! Il faut bien manger, se laver et autre. Et puis je ne connais toujours pas ta maison. »
Harry sembla réfléchir un instant, puis il se redressa et saisit la main de Draco dans la sienne.
« Tu as raison, viens ! »
« Quoi ? Maintenant ? » râla Draco tout en se levant également.
Il bougonna, se fustigeant d'avoir eu l'idée stupide d'ouvrir la bouche. Harry sembla ne pas faire cas de sa mauvaise volonté évidente et l'entraîna au rez-de-chaussée de sa maison. Comme Draco le découvrit rapidement, la maison des Potter ressemblait énormément à celle de Charlie et Ayase. Quand il rentra dans la salle de bains, Draco se mit à sourire. Il s'avança vers le grand bac en bois, rempli d'eau désormais froide. C'était là que Harry l'avait baigné quand ils étaient rentrés de la forêt. Il se tourna vers son compagnon, le sourire toujours aux lèvres.
« J'ai envie d'un bain ! »
Harry rigola avant de l'entraîner dans un baiser.
« Vraiment ? Okay, je vais changer l'eau alors et en mettre à chauffer dans la cheminée. »
« Je m'occupe du feu, » déclara Draco.
Le dominant le regarda sans cesser de sourire, heureux de voir l'Oméga prendre des décisions et agir dans cette maison comme si elle était déjà la sienne. Il vida l'eau du bain et affronta la pluie afin de remplir un chaudron et une partie de la baignoire.
Quelque temps plus tard, ils se prélassaient tous les deux dans de l'eau chaude et parfumée.
« Vous aimez vraiment les parfums et ce genre de trucs, vous autres Monoïques, » constata Harry tout en massant le cuir chevelu trempé de Draco, installé entre ses jambes.
« On aime sentir bon et avoir la peau douce, c'est tout. »
« Tu sens déjà très bon au naturel. »
Draco ne rajouta rien, se contentant de jouer avec l'eau qui moussait légèrement.
« Je détestais prendre mon bain quand j'étais petit. Ma mère devait toujours me chercher pendant des heures avec mes sœurs. »
Harry embrassa les cheveux mouillés, sans interrompre son amant. Depuis l'union, Draco évoquait son passé régulièrement, que ce soit pour les bons comme les mauvais souvenirs. Le garçon aux cheveux noirs en était heureux, considérant ces paroles, ces confidences, comme des marques de confiance mais aussi des preuves du bien-être de son compagnon.
« Mais quand j'ai pu de nouveau prendre des bains, me laver, j'ai vraiment apprécié, » continua Draco. « Avant, je pouvais juste me mouiller un peu dans les cours d'eau. »
''Avant''... Harry avait rapidement compris que c'était ainsi que Draco parlait de son ancienne meute, celle de Fenrir le maudit.
« Une fois, Barbatus a voulu me noyer. Il le voulait vraiment. Si Ralph et Archus ne m'avait pas sauvé, je serais mort... Sur le coup, j'aurais préféré mourir mais plus maintenant. Parce que je suis bien avec toi, Harry. Et je t'aime. »
C'était encore une autre chose qui plaisait au dominant. Depuis l'union, Draco ne cessait de lui dire qu'il l'aimait.
Draco se retourna dans les bras de Harry et l'embrassa. Ses baisers dérivèrent sur la gorge, les épaules rondes et fermes. Harry rejeta sa tête en arrière, contre le rebord en bois de la baignoire recouvert d'une serviette. Il soupira tandis que les baisers de l'Oméga se poursuivaient.
« On a totalement oublié une chose, Harry, c'est affreux, » murmura Draco avant que sa langue ne retrace avec application le contour des muscles du torse hâlé.
« Quoi donc ? » gémit Harry, somme toute peu désireux de le savoir tant il préférait que Draco continue ses attouchements.
« Ton anniversaire... alors joyeux anniversaire. »
Harry se mit à rire entre deux gémissements.
« Merci, p'tit cœur... »
« Par contre, il faut que je te donne ton cadeau... »
« Hum ? » murmura Harry, dont la respiration s'accélérait et le désir montait dangereusement. « Pas grave. Peut attendre... »
« Tu sais, tu m'as appris à nager, mais je savais faire une autre chose, avant cela, » continua pourtant l'Oméga.
« Quoi ? » s'obligea à demander Harry au bout de plusieurs secondes.
« Je suis très fort en apnée. »
Sur ces derniers mots, le garçon plongea sa tête sous l'eau. Harry poussa un petit cri alors que ses yeux s'écarquillaient sous la surprise de la bouche autour de lui.
… … …
À suivre
… … …
