Jeux forcés

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, violence, drame

Couple : Je vous laisse deviner

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…


Chapitre 4

Fouinant dans les onguents et potions de Jezabel, Riffel bougeait des flacons avec parcimonie. On ne devait pas voir qu'il était venu ici. Qu'il trahissait sciemment Delilah. Et pour quoi ?

- Que cherches-tu ?

Riffel fit volte-face, l'amertume au visage.

- Doctor. Je me suis blessé. Je cherche de quoi apaiser la douleur et la blessure. Répondit-il.

- Comme un voleur ? Tu aurais pu demander. Je me serais occupé de toi. Sourit-il.

- C'est un faux mouvement durant les obligations matinales. Informa Riffel d'un ton entendu.

Jezabel rit cruellement. Il attrapa un récipient qu'il jeta à l'homme.

- Va.

Riffel serra l'onguent dans sa man blême. Il aurait été si aisé de voler sa vie à « Death ». Il l'aurait fait avec un plaisir sourd. Mais on remonterait à lui. Et on ne le laisserait sans doute pas retourner dans une bicoque à moitié détruite.

- Que m'as-tu fait ? Cracha-t-il en observant la pommade blanche.

- Ce n'est pas moi qui te fais quelque chose. Mais je te comprends…

µµµ

Riffel arriva enfin dans la chambre empestant la moisissure. Les doigts encore serrer sur l'onguent, il sourit en observant ce spectacle.

Au milieu de la crasse et de la pourriture, un garçon frais reposait, éclipsant toute l'insalubrité du lieu par la beauté qu'il dégageait.

Il s'approcha encore et observa les cheveux d'ébènes retombant sur les joues douces. Il se vit embrasser les lèvres rosées, palpitante d'une vie débordante. Il s'enivra à son parfum mêlant le propre et la volupté du vice. Il suivit le tracé de la chemise, explorant les cuisses délicates et les longues jambes qu'il rêvait de caresser. Son regard s'attarda même sur les fesses toujours souillées de sang coagulé.

Il le lui signifierait. Il l'aiderait à s'en défaire.

Il se pencha sur ce tableau parfait, sur cette vision sublime. Ses doigts frôlèrent l'épaule fine.

- Riff… Gémit Cain dans le cocon des songes.

Les yeux de Riffel s'exorbitèrent. Un sourire fourbe s'afficha sur son visage.

Il secoua le jeune Comte, l'œil noir.

Tiré des bras de Morphée, l'héritier Hargreaves se frotta les yeux. Il sourit en croisant l'étendue glacée, n'y voyant pas les nuages.

- Tu es…

- J'ai de quoi te soigner. Reste allongé !

Le ton était rude mais Cain s'y habituait déjà. Il se languissait de la douceur aimée mais tant qu'elle survenait quelques fois…

Il appuya son menton sur ses bras, redoutant les mains. Riff ne l'aurait pas inquiété. Riff pouvait explorer toutes ses blessures à sa convenance…

Il sentit le tissu être légèrement relevé. Les frissons l'assaillirent.

Riffel trempa ses doigts dans l'onguent et resta en suspens. Il observa ce corps voluptueux. Une seconde, le doute marqua ses yeux puis son sourire sournois réapparut.

Il approcha ses doigts de la zone meurtrie. Cain se tendit, les yeux grands ouverts. La gêne l'empoignait. Pourquoi son souffle s'accélérait-il ? Pourquoi ses joues s'empourpraient-elles ?

Il ne faisait qu'effleure cette zone ! Les doigts de Riff…

- Non… Souffla-t-il en rosissant.

Pas lui.

Le sourire de Riffel s'agrandit.

- NON !

Les doigts entrèrent au sein du jeune Comte. L'héritier cria de douleur et chercha à se redresser. Riffel le contraignit à rester dans les draps pestilentielles de son autre main. Le Noble plia sous la force brute. Son souffle se coupa.

Les doigts l'exploraient. Enduit de produit, ils apaisaient physiquement avec adresse.

- Non ! Lâche-moi ! Cria-t-il.

Riffel le regarda remuer en souriant. Il goûtait à son intimité avec exaltation. Elle était chaude et demeurait étroite malgré les outrages. Plus sa proie remuait, sans savoir s'extraire à sa puissance, plus il exaltait. Il sentait l'envie grimper.

Si ça avait été si facile pour Gloria, ce devait l'être encore plus pour lui.

Il lui ferait regretter d'avoir soufflé le nom de son autre lui.

- Arrête !

- Écoute-le !

Riffel n'en eut cure. Il poursuivait son exploration avec ravissement. Le corps continuait de se débattre divinement.

Quel tableau ! Quel concerto !

Ses doigts effleurèrent une zone et le son le plus doux au monde lui parvint.

Le jeune Comte se figea.

- Oh… Sourit Riffel.

- Oublie ça !

- Je t'en prie…

Les morts écorchèrent la bouche de Cain bientôt remplacé par un soupir de délice comme la zone était à nouveau cajolée.

- Tu souhaites que j'arrête ? S'amusa Riffel.

Il allait céder. Il allait s'offrit à lui. Son jouet.

Son Cain.

- Oui !

La déception frappa si fort en Riffel qu'il relâcha un peu sa victime. L'héritier Hargreaves en profita pour se dégager. Malgré la douleur qui vrillait son intimité, il s'assit au bout du lit. Son regard se révéla noir.

- Je vois…

Riffel s'essuya les mains sur les draps puis se détourna. Sans un regard, il partit.

Cain fixa l'encadrement de la porte. Un doute l'assaillit : allait-il revenir ? Pas qu'il le craignait, au contraire. Il voulait que l'homme revienne. Si son corps avait encore été souillé, bafoué, utilisé, l'amour qu'il éprouvait pour Riff était tel qu'il avait besoin de lui.

Qu'importe les actes.

Même si Riff en personne les avait faits…

- Reviens…

Il fixa la porte. Il n'avait rien dit…

- RIFFEL !

µµµ

- Misérable ! Comment as-tu osé ?! My Lord !

- C'est un homme bien fort ouvert. Mais, tu vois, il m'a chassé. Il a prononcé ton nom. Soit ravi : je ne toucherais plus à cet homme de joie.

- RIFFEL !

Surpris, le majordome se tourna.

- My Lord…

- Tu me l'offres sur un plateau. S'amusa-t-il. Qu'est-ce que ça te fait qu'il m'appelle ?

- Je te retourne la question ! Ne t'avise pas de le toucher !

- RIFFEL !

- Tu voudrais que je l'abandonne alors qu'il a si besoin de moi ?

- RIFFEL !

Le désespoir.

- My Lord…

Un désespoir redoublé.

Riffel sourit. Il était bon de détruire deux personnes à la fois. Même si l'une d'elle était une part de soi.

Il retourna alors vers la chambre, bercé par ces appels désespéré.

- Il ne t'aimera jamais…

Le valet poussa la porte.

Cain posa sur lui un regard noir, il se leva et se tint à distance de son sauveur et bourreau.

- Tu sais pourquoi je t'ai fait ça ?

- Pulsions malsaines ?

- Tu as prononcé son nom !

- Quand ?!

- Quand tu dormais ! Rugit Riffel.

Cain éclata de rire.

- Je rêvais ! Bien sûr que je vais rêver de lui plutôt que toi !

Le majordome s'approcha telle une tempête prédatrice.

- Que rêvais-tu qu'il te fasse ?!

- Pourquoi ? Tu rêves de me le faire ? Se moqua Cain.

Le Comte insolent était à nouveau là, chassant l'enfant pour faire face aux problèmes. Comme si ce second viol l'avait rappelé à la raison.

Même si Riffel était à deux centimètres de lui, il le combattait du regard avec dédain.

- Je peux te faire bien plus.

Il lui attrapa la gorge et se pencha sur lui. Cain se figea, les doigts se crispant contre les murs infestés.

Les lèvres du valet se posèrent sur sa peau satinée, suçant et mordant avec extases. Le jeune Comte se tendit, honteux d'y sentir une part de plaisir, et laissa les secondes couler.

- Ainsi… Tu es à moi.

Cain effleura la marque.

- Hm… Avec ces lèvres, je vais pouvoir prétendre que Riff m'a fait un suçon.

Riffel abattit son poing juste à côté de son visage qui ne se dépeignait pas de son arrogance.

- Veux-tu que je te viole vraiment ?! Veux-tu voir Riff te posséder ?!

- Je fermerais les yeux !

- Je te les maintiendrais ouvert ! Ma voix sonnera à ton oreille ! La voix de Riff ! Je te détruirais !

- C'est pour cela que tu es revenu ?

Les mots fouettèrent Riffel. Trop posé à côté de l'ouragan de sa colère.

- Tu es revenu pour me punir ? Pour finir le travail ? Ou parce que je t'ai appelé et que tu en étais heureux ?

Cain regarda vers le lit où le récipient emplit d'onguent se tenait encore.

- Tu n'avais pas prévu de me violer. Tu étais en colère. Tu m'en voulais…

- Silence ! Je peux te faire taire !

- Tu ne veux pas que je te laisse m'abandonner. Tant que j'exige ta présence, tu n'es pas faible. Même si c'est la présence de Riff que je désire.

- Il n'est rien !

- Il est tout…

Le poing de Riffel s'abattit encore à côté de lui.

- Ne joue pas avec le feu, Comte des poisons ! Tu vas te brûler !

- Brûle-moi !

- My Lord !

- Je te préférais quand tu pleurais !

- Vraiment ? Sourit Cain.

Riffel resserra ses doigts autour de la gorge palpitante. L'héritier Hargreaves ferma les yeux, accueillant la Mort qu'il charmait depuis longtemps.

Mais les doigts ne se refermèrent pas plus. Ils se relâchèrent même lentement.

- Avec qui m'amuserais-je si je te tue ?

Le Noble ouvrit les yeux, goguenard. Riff était toujours penché sur lui. Son souffle l'enveloppait divinement. Il se sentait apaisé mais n'en montrait rien.

- Visiblement, nous allons jouer à un jeu…

- Qui de nous deux sombrera en premier. Chuchota Cain.

- Je pars vainqueur.

- Ah oui…

Le jeune Comte sourit. Il glissa ses doigts sur la gorge du valet, sourit et murmura :

- Riffel.

L'homme pressa son corps contre le sien et ravi ses lèvres démoniaques.


(Note de fin : Désolée pour les fautes d'orthographe s'il y en a…)