Jeux forcés

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même

Couple : RiffelXCain (vous l'aurez compris) et RiffXCain !

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…


Chapitre 5

Ses bras sont encore enroulés autour de la frêle taille de Cain. Son souffle caresse sa cicatrice avec volupté, ses mèches d'ébènes le titillent. Comment ne pas caresser ce visage doux ? Le masque doux que revêtait le démon.

Démon… Si Cain avait la volupté, il n'ait qu'un monstre avide de mal et souffrance…

Pourtant, le jeune Comte ne lui donnait rien.

Si sa main meurtrissait sa joue, il attendait l'étreinte de bras. Si les doigts outrageaient, il s'ouvrait à des lèvres douces.

- Personne ne peut accepter de subir ça…

Cain gémit dans son sommeil.

- … Non… Non…

Au lieu de fuir les bras de son bourreau, l'héritier Hargreaves se resserra contre le torse musclé. Riffel se permit de glisser ses doigts dans la chevelure de jais. Il vit les lèvres du Noble s'étendre légèrement.

Oui, il l'apaisait. Mais ça ne comptait pas… Parce que ce n'était pas lui qui suscitait tout ça chez son captif.

Profiter ne le gênait pas. Et pourtant…

Riffel serra les dents et secoua rudement Cain. Celui-ci se réveilla en sursaut. Il vit les rosaces sur la peau satinée et s'éloigna vivement.

Le valet lui offrit un sourire railleur.

- Il semblerait que tu aimes bien mon contact.

- Idiot ! Celui de Riff !

- Riff ? Siffla-t-il.

Il le savait, il s'y préparait mais ce nom qui était le sien sans l'être le torturait ! Était-il en train de perdre ?

- Je me demandais si tu as crié ce nom lorsque Gloria t'as possédé ? Il croyait toujours que tu étais « muette ». Mais tu as pu le penser. As-tu espérer une seule seconde qu'il était en toi ?

Cain fut gifler par ce souvenir. Il ferma les yeux une seconde. Riffel savait où cogner. Et il avait touché un bon point.

Il n'avait pensé qu'à son majordome.

Rester fort. Il devait rester fort.

- Je voulais qu'il me sauve, c'est son travail. Mais c'est un abruti congénital qui est venu à sa place.

- Oui. J'aurais dû te laisser là-bas.

- Tu en étais incapable.

Cain rabaissa le bas de sa chemise sur ses cuisses galbées, mettant toujours un point d'honneur à se dissimuler à cet ersatz.

- Tu étais déjà ravi que j'aie besoin de lui. Ce pourquoi je te propose de corser la situation.

- Libre à moi de refuser, mon cher Comte des poisons.

- En admettant que j'affirme ta domination sur moi et ma dépendance à toi, ce qui ne risque pas d'arriver, je consens à devenir ton jouet.

Riffel maintint son attitude droite et dissimula sa stupeur, un sourire cruel aux lèvres. L'avait-il cerné ?

- Je ferais tout ce que tu veux, quand tu veux. Tu feras ce que bon te semble avec mon corps.

- Je le fais déjà.

- Et je ferais mine d'aimer. Se moqua Cain. Mieux ?

Il leva le doigt.

- Si tu finis par avoir besoin de moi… Tu disparaitras. Tu me rendras mon Riff et je n'entendrais plus jamais parlé de toi !

- Cet accord…

Riffel l'observa sans en donner l'impression.

- Marché conclut. À la condition… que tu m'appartiennes si je te brise.

- Cela va sans dire. Je ne m'abaisserais pas à cette lâcheté pour ma part.

Riffel s'approcha du lit. Sa main frappa tel un serpent et se referma sur la cheville de Cain, l'attirant vers lui. La force déployée contraignit le jeune Comte à s'allonger à moitié. Le valet grimpa au-dessus de lui, les doigts suivirent le tracer de la douce jambe.

- J'ai hâte de te prendre. Je me demande vraiment comment tu réagiras lorsque ton Riffe te pilonneras sans cesse, que tu auras bon crié, il ne s'arrêtera pas. Que sa voix t'insultera, que ses mains te profaneront. Si tu as tant de sentiment pour lui, tu ne pourras le supporter. Personne ne peut survivre à ça. Et je goûterais chaque seconde de ton désespoir. Comme tu seras beau… chuchota-t-il en caressant sa joue.

Cain s'empara de cette main et la serra à lui faire mal. Un espoir bien inutile qui fit ricaner Riffel.

- Crois ce que tu veux… Mes sentiments sont sincères…

Le jeune Comte lui sourit. Son autre main se posa sur la nuque de Riffel.

- My Lord…

- Toi, la ferme !

- Et j'espère… qu'il comprendra. Et qu'il me pardonnera…

- My Lord…

- Crois-tu ? Crois-tu qu'il soit encore là ? Et s'il l'est ?! Peut-il te pardonner de t'abandonner à quelqu'un de la sorte ? D'agir comme une catin ? Que ton amour perdure, il te haïera ! Et dès que tu en auras pris conscience, tu seras définitivement à moi !

Cain se contenta de lui offrir un sourire diabolique.

Riffel le saisit à la gorge alors que ses autres doigts exploraient la douceur se ses cuisses. Il se sentait désagréablement à l'étroit. D'autant plus qu'il ne devait pas brûler les étapes s'il voulait briser cet être impétueux.

Savourr pleinement son corps serait la dernière étape.

Mais il pouvait se délecter d'une autre extase sans perdre la face.

- Prononce. Mon. Nom.

Le jeune Comte le dévisagea.

- Dois-je déjà te menacer ?! Je peux partir si tu ne te décides pas !

L'héritier Hargreaves sourit mais ne dit mot.

Riffel serra encore ses doigts. Il sentit les douces lèvres chercher de l'air et s'en sentit d'autant plus excité.

Mais le nom ne survenait pas.

Il le baffa avec force. Cain se mordit la lèvre inférieure pour contenir un gémissement de souffrance. Riffel se leva.

- Tr !s bien !

Le noble se redressa à son tour sans se dépeindre de son arrogance ou de sa sensualité, choc de deux tempéraments redoublant d'érotisme.

Le valet sourit et s'en alla.

Cain ferma les yeux.

- Riffel è prononça-t-il comme l'autre quittait la pièce.

Mais il ne sentit aucunes lèvres contre les siennes.

Il rouvrit les yeux en sursaut.

- Riffel ?!

Rien.

Ne devait-il pas survenir quand il prononçait son nom ? Était-il déjà si loin ?

- RIFFEL !

Ses yeux s'écarquillèrent encore. Il allait suffoquer.

- Non… Riff… Riff !

Il se leva, les jambes flageolantes. Il manqua de tomber en voyant le corps imposant de Gloria surgir devant ses yeux. Il secoua la tête pour effacer ces réminiscences entêtantes.

- RIFFEL ?! Essaya-t-il encore.

Il tomba à genoux. Ses doigts se serrèrent sur ses cuisses blanches.

- Pardon Riff…

Il s'obligea à se lever, calma sa respiration et quitta la pièce sans se soucier de sa tenue.

Il courut le long des couleurs dont le plancher gémissant lui signifiait qu'il voulait sombrer sous son poids. Qui le renvoyait à sa condition avec médisance. Lui qui courait bien difficilement avec cette douleur qui lui vrillait les fesses.

- RIFFEL !

C'était pénible de voir la nuit ainsi tombé. Et si on l'entendait ? On le prendrait pour un fou.

Il sortit du bâtiment, le souffle court.

- RIFFEL !

Des bras l'enserrèrent par derrière. Il fut collé à un torse d'une façon trop familière. À l'instar de la boule qui pressait contre le bas de son dos.

- Chut… Je suis là…

Les mots de Riff…

Cain avait envie de s'abandonner à ses bras et de pleurer. Pleurer toutes les larmes que Gloria lui avait arrachées. Se faire consoler par Riff…

Heureusement, les lèvres chaudes vinrent titiller sa gorge et il se souvint qu'il se battait pour Riff !

Il posa néanmoins sa main sur celles de l'homme. Celui-ci sourit avant de mordre son cou. Le jeune Comte s'évertua à ne pas libérer la moindre supplique. Il sentait la langue lécher son sang.

Il frissonna. Mélange de crainte, d'oppression, d'une once de plaisir coupable et de froid.

- J'ai prononcé ton nom.

- Si tu joues avec un chat, il ne vaut pas t'étonner qu'il devienne un tigre. Maintenant, lasse-moi savourer ces mots… Prononce-les encore.

Cain ferma les yeux.

- Riffel…

Le majordome sentit tout son corps frissonner. L'étreinte se resserra et il le mordit encore.

- Prononce-le.

- Riffel…

Les frissons du valet redoublèrent. Il se demanda un instant si ça lui permettrait d'atteindre le paroxysme du plaisir.

Riffel le serrait de plus en plus contre lui et aspira son sang avec désir.

Une goule. Il ressembla à une goule.

- Ne t'arrête pas ! Somma-t-il.

Cain y voyait de plus en plus un rapport sexuel sans contact intime. Il pressa sa tête contre son épaule quitte à se faire mal. Son souffle s'accéléra.

- Riffel…

L'étreinte se raffermit. Sa frénésie sanguine augmenta. L'héritier Hargreaves glissa ses doigts dans les cheveux d'argent. Les cheveux de Riff…

- Cain… Somma son bourreau, la bouche encore contre sa peau mutilée.

- Embrasse-moi… Riffel.

Le valet redressa la tête et attrapa son menton entre ses doigts. Il lui ravi les lèvres, l'obligeant à goûter à son propre sang. Cain leva les bras, entourant son cou. Son souffle se coupa alors que leurs langues se liaient. Il ferma les yeux.

C'était comme s'il s'offrait à Riff.

Non… Parce qu'il n'offrirait pas vraiment son corps à Riffel. Il pouvait l'y contraindre, le lui arracher, qu'importe, il ne se donnerait qu'à Riff, que la peur l'étreigne ou pas.

Seul Riff avait le droit de le posséder.

De le faire avec son consentement.

Il se languissait déjà du jour où il serait à Riff autant qu'il était déjà à lui.