Bêta : Nanola
Chapitre 44
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Le lien d'union
Il est parfois difficile de comprendre les autres espèces qui peuplent notre Monde. Les Hommes ne sont pas des Nymphes, les Mages ne sont pas des Lechi, et les Sirènes des Monoïques. Tous ont leurs coutumes, leurs usages, leurs façons de faire ou de se comporter.
J'espère que ce livre aidera tous ceux qui le souhaitent à tenter de comprendre ces différences, à les accepter, afin que la paix puisse perdurer dans notre magnifique Monde Libre.
« Les différentes espèces du Monde Libre » - Préface - Basile Beasth
… … …
La lutte entre les deux Loups-garous était inégale, chacun le savait. Pour autant, il n'était pas question de dominance entre eux, l'Oméga n'ayant aucune chance contre le futur Alpha. Non, l'enjeu était tout autre.
Draco voulait que Harry soit présent pour lui.
Harry voulait prouver à Draco qu'il l'aimait, qu'il était digne de lui.
Le mâle brun fut rapidement sur le blond, les mains puissantes maintenant les poignets au-dessus des mèches folles.
Leurs yeux étaient ambrés, pour ce qui n'était pas dévoré par leurs pupilles dilatées. Des grognements sourds, animaux, sortaient de leurs gorges respectives. Puis, tout comme leur première nuit d'amour, les dents de Harry s'allongèrent, un hurlement lupin s'échappa de ses lèvres. Draco frémit, dévoila largement sa gorge tendre alors qu'il haletait.
« Tu es à moi, » grogna le dominant d'une voix si grave que Draco la reconnut à peine.
« Prends-moi, dominant, prends-moi, » gémit-il.
Ses vêtements furent proprement arrachés puis Harry huma le ventre pâle, lécha longuement le tatouage, l'aine, puis remonta sur le torse du soumis qui n'en pouvait déjà plus. Les yeux clairs se fermèrent. Ils n'étaient plus gris, l'ambre étant partout présent désormais. La langue de Harry, étrangement râpeuse, se glissa dans le cou, longea la clavicule, puis la bouche se referma sur la cicatrice d'union présente sur le bras.
« Oui... Oui... » geint Draco en arquant son corps.
Pourtant, il n'était pas encore satisfait. Harry se calmait, redevenait doux, et ça, cette nuit, il ne le voulait pas.
« Attends... » demanda-t-il en rouvrant ses yeux.
Ceux de Harry étaient aussi ambrés que lui, bien qu'étonnés. Le mâle se redressa néanmoins, respectant la demande de son soumis. Il s'assit sur les hanches de son amant, retira sa chemise, dévoilant ainsi son torse. Draco se lécha les lèvres, sans rien rater du regard avide de Harry sur sa langue et sa bouche. Il sourit, puis, profitant de l'inattention du dominant, il le bascula, le faisant tomber au sol.
Draco se mit en position accroupie, il s'approcha du visage de Harry et lui grogna dessus.
« Tu ne m'as pas encore gagné, dominant, » se moqua-t-il.
Sur ces mots, il se retourna prestement, comme s'il voulait s'échapper de la tente en rampant. Comme prévu, le corps de Harry fut sur son dos moins d'une demi-seconde plus tard alors que l'adolescent avait à peine pu faire quelques centimètres en direction de l'ouverture de leur abris de toile.
La masse musculeuse du futur Alpha le recouvrait tout entier, le grognement hargneux qu'il lança tétanisa le soumis qui gémit.
« Non... » gronda Harry, sa voix rauque, grave, ressemblant plus à un borborygme animal qu'humain.
« Non... » souffla en réponse Draco. « Alors prends-moi, dominant, fais-moi tien, ne me laisse pas m'enfuir... »
Draco redressa ses fesses nues, les frotta contre le bas-ventre de son amant dont il sentit aussitôt le désir dur. Il gémit plus fort, cambra son dos autant qu'il le put pour relever plus encore son postérieur.
« Prends-moi, maintenant, Harry... » supplia-t-il.
« Draco, » gronda l'homme alors que ses mains parcouraient les bras et les épaules nues. « Ne me tente pas... ou tourne-toi... »
« Non, » fit l'Oméga. « Prends-moi maintenant, si tu es un homme ! MAINTENANT, DOMINANT ! OU TU ES TROP LÂCHE POUR LE FAIRE ?! » cria Draco.
La réponse ne se fit pas attendre. Harry poussa un rugissement de colère, l'une de ses mains se saisit des poignets fins et pâles, les plaqua sur les couvertures au-dessus de la tête de Draco. Ce dernier sentit le poids de l'homme se faire plus lourd, ses dents sur sa nuque qui lui éraflaient la peau, son autre main qui le caressait durement, le griffant presque.
Draco gémit plus fort, se tortilla sous le corps de Harry afin d'attiser l'homme qui pourtant n'en avait guère besoin. Il réussit à écarter ses jambes, les fesses toujours un peu surélevées. L'adolescent savait ce qui retenait Harry : la peur de le blesser, de lui faire mal, le fait que Draco n'avait jamais voulu qu'il le prenne dans cette position, la seule qu'il connaissait avant de faire l'amour avec son compagnon. Harry non plus ne voulait pas de cette position, parce que c'était de cette façon que ceux de son ancienne meute baisaient Draco. Harry n'avait pas voulu qu'il pense à leurs violences pendant que lui l'aimait.
Néanmoins, c'était ce que Draco voulait, cette nuit. Compagnon-Loup et lui ne voulaient pas de tendresse, pas de regards doux, pas de baisers légers. Ils voulaient que Harry les revendique pleinement, qu'il soit dominateur avec eux, qu'il les prenne ainsi, de façon sauvage et animale. Draco voulait son mâle, son homme, son Harry. Il voulait qu'il le possède de la façon qu'avaient faite avant lui d'autres hommes, de façon totale et absolue, qu'il le gouverne tout entier... afin qu'il les oublie à tout jamais.
L'Oméga sentit un parfum reconnaissable d'herbe. L'humidité l'envahit alors que Harry bougeait sur lui.
« Harry... » supplia-t-il de nouveau.
Il aurait dû savoir que même ainsi, même avec sa nature lupine à son apogée, Harry ne le blesserait pas, qu'il penserait à son plaisir tout autant qu'au sien et le préparerait à le recevoir en les lubrifiant. Draco ne sut s'il en était déçu ou satisfait. Une petite voix dans sa tête lui conseilla de se taire. Oui, aussi étrange, bizarre ou peut-être malsain que cela puisse être, Draco ne voulait pas de tendresse, il souhaitait même avoir un peu mal... mais certainement pas souffrir... Non ?
Le garçon fut coupé dans ses tribulations intellectuelles par le corps de Harry qui plongea dans le sien d'un seul coup de reins puissant. Il cria, de surprise, de douleur, de soulagement et de plaisir mêlés.
« Oui, oh oui... » dit-il dans un souffle alors que le dominant bougeait déjà en lui.
Draco se mordit les lèvres, le nez dans les couvertures. Il était allongé, les fesses surélevées, le corps de Harry cramponné sur le sien. Les bras et les jambes du dominant étaient enroulées sur ses membres, le maintenant dans cette position que ni l'un ni l'autre ne souhaitait plus qu'il ne change. Le nez de Harry glissa sur sa nuque, une main hâlée releva ses cheveux. La langue du mâle le lécha, les dents le caressèrent alors que Harry grognait tout en s'activant plus bas.
L'adolescent n'était que sensation. La dureté de l'homme labourait ses chairs comme il le souhaitait. Enfin... presque.
« Plus fort... Plus fort ! »
Harry obéit avec un grondement sourd. La cadence s'accéléra, la bouche se ferma sur la nuque.
« Oui... Encore... Encore... »
Ce n'était pas une danse charnelle, c'était un combat, une revendication. Draco bougea son bassin, voulant que Harry soit encore plus rude, plus puissant dans ses mouvements. L'homme le possédait, son désir plongeait au plus profond de son être, pourtant, il accéléra encore, alla plus loin, plus vite, plus impétueusement.
Le garçon étouffa un cri, les dents serrées contre la couverture sous lui. C'était si bon, si transcendant. Il se retenait de crier quand Compagnon-Loup protesta dans sa tête. Pourquoi se retenir ? Ils étaient seuls, aucune oreille humaine ou lycane ne pourraient les entendre à des kilomètres à la ronde. Seul le vent leur faisait concurrence. Draco n'avait pas osé exprimer de façon claire son plaisir quand Harry et lui avaient l'amour durant leur voyage en compagnie des autres. Malgré cela, Lancey ne s'était pas gêné pour être taquin le lendemain. Mais là, il pouvait être aussi bruyant qu'il le souhaitait, personne ne se moquerait de lui ensuite.
Mieux, il avait envie de crier. ''Avant'' non plus, il ne le faisait pas. Parce que les mâles qui le prenaient en le faisant souffrir se fichaient de ses cris et de ses suppliques. Pire, ils aimaient cela. Alors Draco préférait se mordre le bras plutôt que de leur donner cette satisfaction supplémentaire. Les autres, ceux qui le prenaient sans rechercher sa souffrance, se moquaient de son plaisir. Ils ne pensaient qu'à eux.
Les coups entre ses reins le transportaient, le menaient au loin, loin de tout. La douleur était parfois là, mais elle accompagnait simplement le plaisir, le rendait plus vivace, plus vivant.
« Encore ! Encore ! » cria Draco avant de simplement pousser des cris sans paroles, des gémissements sonores.
Harry émit un son entre le grognement et le hurlement lupin, tout en s'acharnant à combler son amant. Il allait vite, rudement. Draco le voulait ainsi. Alors malgré sa crainte de le blesser, le futur Alpha abaissa toute ses barrières, laissa la pleine possession à son côté animal, ravi de pouvoir agir de cette façon avec le corps de son compagnon.
Les cris de plaisirs retentirent plus fort dans la nuit. Draco était secoué, véritablement. Son corps frottait sur la couverture alors que Harry s'appuyait de tout son poids, son sexe érigé frappait parfois le sol, frictionnait sur le tissu râpeux, lui envoyant des décharges de plaisir au rythme de la hampe dans ses entrailles ardentes.
« Oh... Oh... Harry ! Harry ! Plus ! Encore plus ! Baise-moi ! »
Le mâle ne répondit pas, il se contenta de grogner, gronder, ses dents malmenaient toujours la peau douce de la nuque devenue humide. L'une de ses mains, celle sur les poignets, desserra sa prise, les doigts vinrent s'enlacer à ceux tremblants de l'Oméga qui se cramponnèrent à eux.
Le jeune homme étaient perdu dans la chaleur de son dominant, dans son rythme et sa puissance. Le coït entre eux, pour un observateur peu attentif, ressemblait effectivement à une baise sauvage, sans amour, sans tendresse. Mais ce n'était pas ça, ou plutôt, ce n'était pas que cela. Le côté bestial était bien présent, dans chaque coup de rein énergique, dans la volonté de dominer ou de se soumettre, dans le désir d'aller le plus profondément possible. Il était même présent dans la brûlure que ressentait Draco entre ses fesses, dans ces étincelles de douleur. Pour le même observateur, cela aurait pu ressembler à ce que ceux de son ancienne meute faisaient. Néanmoins, Draco savait que ce n'était pas le cas. Harry et lui faisaient encore l'amour, Harry et lui renforçaient leur lien si mis à mal depuis leur union.
La différence venait aussi du fait du plaisir qui s'épanouissait dans le ventre malmené de Draco. Il n'avait jamais ressenti cela avec les autres. Ce besoin, cette envie, cette volupté à être bousculé si intimement.
Par-dessus tout, Draco savait qu'il lui suffirait d'un cri prononcé de douleur ou d'une demande murmurée pour que tout s'arrête. Quel que soit le plaisir de Harry, son apogée, il cesserait tout, se retirerait de lui si Draco souffrait ou s'il en exprimait le souhait. Et ça, ça changeait tout.
Le garçon se cambra comme il le pouvait, étira son cou afin de laisser plus de place à la bouche brûlante qui le parcourait. La main de Harry se glissa entre son ventre fiévreux et la couverture. Elle se referma avec passion sur l'expression dure de son plaisir.
Draco cria, hurla, déchaîna son corps et ses cordes vocales.
Puis l'orgasme les submergea.
Ils s'effondrèrent, Draco sur le tas de couvertures, Harry sur le corps du soumis, haletants tous deux, transpirants. L'une de leur main était toujours enlacée à celle de l'autre, moite. La chaleur était présente dans l'abri de toile épaisse malgré le vent froid dehors qui hurlait, la neige qui tombait. Draco entendait la nature au dehors, la force de l'hiver. Il écoutait aussi la respiration erratique de son mâle dans son cou. Son homme.
Ce dernier fit mine de bouger, de se retirer.
« Non ! » lança Draco avec force. « Reste, ne bouge pas ! »
« Draco, » soupira Harry. « Je vais t'étouffer. »
« Non... reste, Harry, je veux encore te sentir... »
Le Lycanthrope brun se plaça sur ses coudes, permettant ainsi au blond de libérer ses poumons. Il ne bougea pas plus, à part sa tête qui revenait régulièrement sur la nuque, les épaules et les cheveux doux. Harry s'enivrait de l'odeur de son soumis, de son parfum si envoûtant, plus encore maintenant après leur accouplement. Son nez ne cessait de voyager sur la peau légèrement humide, sa langue de le caresser.
Draco ferma les yeux afin de profiter au maximum des attouchements ainsi que des sensations de son corps. Il flottait dans une douce torpeur, toujours alangui. Ses fesses et son ventre lui renvoyaient des ondes de chaleur alors que des spasmes se faisaient encore sentir. Le sexe de Harry était toujours en lui, au chaud. C'était doux et dérangeant tout à la fois de le sentir ainsi, petit, mou, humide, mais quand même bien là, le laissant étiré et rempli. Ses chairs pulsaient doucement, tout autour de lui.
Il soupira. Le nez dans son cou lui envoyait régulièrement des frissons qui venaient se répercuter jusque dans le membre en lui. Harry sentait bon, il était chaud. C'était son mâle, son compagnon. Sa bouche captura l'une des mains de Harry, il la lécha tout d'abord, puis engloutit l'un des doigts. Harry gronda, sa main libre caressa le flanc pâle alors qu'il se rallongeait sur l'Oméga, l'écrasant une nouvelle fois de son poids.
Les minutes passèrent, les câlins ne cessèrent pas, au contraire, ils s'intensifièrent et la chaleur grimpa une fois de plus. Puis Draco rouvrit ses yeux. Là, plus bas, entre ses reins et dans son bas-ventre sensible, le désir de Harry reprenait vie. Draco gémit. Son être s'élargissait face à la dureté de l'homme. La chaleur, la brûlure se faisaient pleinement ressentir alors que le sexe de Harry grossissait en lui. C'était une expérience inédite que de sentir ainsi de façon aussi intime et interne le désir de l'autre grandir.
« Harry, » souffla-t-il.
L'homme ne répondit pas, pas d'une façon humaine en tout cas. Ce ne fut qu'un grondement animal qui résonna à ses tympans, puis l'aura de l'Alpha qu'il serait un jour qui envahit Draco, de la même façon que son membre prenait possession de son corps.
Draco gémit, ses fesses se tendirent contre le bas-ventre de son amant. Harry avançait en lui, de plus en plus loin, il écartait ses chairs tendres et Draco écarta ses cuisses en réponse. Harry se redressa, à genoux, tout en entraînant Draco avec lui sur les siens et ses paumes ouvertes, à quatre pattes. Puis la danse charnelle reprit. Rapide bien que langoureuse, et possessive.
Draco se mordit les lèvres. Son intimité mise à mal protesta tout d'abord, avant de lâcher prise, tout comme le reste de son corps. C'était brûlant, c'était irritant, mais c'était enflammant et provocant. Le garçon rejeta sa tête en arrière, les mains de son amant dans sa tignasse blonde qu'il maltraitait.
« Oh... Oui... Oui... Harry... »
L'homme le prit contre lui, faisant une nouvelle fois crier de douleur et plaisir mélangés Draco, assis sur la turgescence qui se mouvait en lui, sans pitié. Puis Harry bascula, entraînant l'Oméga. Ils étaient allongés sur un côté, Draco entre les bras musclés, son dos plaqué contre le ventre de Harry.
Ce dernier passa un bras sous une jambe blanche, la redressa. Les mouvements étaient amples, vifs. Draco ne se retenait pas, ni dans ses gémissements, ses cris, ni dans ses suppliques. Il en voulait plus, encore plus, bien que son corps protestait de temps en temps selon les poussées du dominant.
Malgré le plaisir, cela ne sembla pas convenir au mâle brun. Il se redressa, sans quitter le corps du soumis, écarta au maximum les jambes de Draco afin de passer sous celle qu'il tenait en l'air. D'un mouvement de bassin, le garçon sous lui se retrouva sur le dos et Harry face à lui.
L'adolescent ouvrit ses yeux afin de contempler l'homme qui le surplombait. C'était bien Harry, son Harry. Ses yeux luisaient dans l'obscurité. Draco savait qu'ils étaient toujours ambrés, comme les siens. Le couple revivait une nuit d'union, c'était une évidence. Draco rejeta sa tête en arrière, ses entrailles possédées par le dominant. C'était ce qu'il voulait, ce qu'il désirait depuis des mois. Juste Harry et lui, comme pendant les trois jours qui avaient suivi leur union, à se découvrir, à s'aimer.
Le dominant plaça les jambes pâles sur ses épaules, il attrapa au hasard couvertures et peaux de bête qu'il glissa sous le dos de Draco, le redressant d'une manière outrancière. Le garçon ne s'en formalisa pas, il remercia intérieurement sa jeunesse et sa souplesse qui lui permettaient de prendre cette position, les talons sur les épaules de Harry, ses genoux touchant parfois ses épaules selon la violence des coups de reins du mâle. Car ils étaient puissants, intransigeants et effectivement à la limite de la violence.
Draco aimait cela, quant à Compagnon-Loup, il en était ravi. Harry grognait, haletait, ses mains imprimant la forme de ses doigts dans les hanches qu'elles tenaient. Pourtant, le garçon savait que si ce traitement durait trop longtemps, il aurait du mal à marcher le lendemain. Il réalisa qu'il s'en moquait, bien que l'envie de jouir lui monta rapidement à la gorge. Il voulait exploser, il voulait la libération. Sa main partit donc à la recherche de son sexe tendu qui s'agitait sur son ventre plat. Elle ne put aller bien loin, l'une des mains de Harry la captura au passage et la plaqua à côté de la tête blonde.
« Non, » gronda Harry. « Mien... Juste moi... »
Draco gémit, frustré au possible.
« Juste toi, Harry... Il n'y a que toi... »
La main de Harry se retira, Draco y vit l'autorisation de repartir à la conquête de son désir. Peine perdue, elle se retrouva de nouveau implacablement prisonnière. L'aura de Harry le submergea, la hampe en lui le cloua au sol sous sa puissance.
« Non ! » grogna Harry fortement. « Juste moi, Oméga ! »
Il lui saisit ses deux mains, lui lécha le cou, ses dents partirent taquiner la marque de morsure d'union.
« Oui ! Oh, oui ! » cria Draco, perdu sous les sensations.
« Mien... » souffla Harry, dans un mugissement animal.
« Tien... » répondit Draco, son corps secoué et tendu vers le dominant. « Mien... »
Harry retira ses mains de celles de Draco. Il s'empara des hanches du soumis et, à genoux, le torse dressé et la tête rejetée en arrière, il entraîna l'Oméga dans un rythme effréné. L'Oméga écarta ses cuisses autant qu'il le pouvait. Il désirait la délivrance mais ne pouvait pas se toucher. Harry le possédait, de tout son être, de tout son corps, de toute son âme, profondément, tout comme le sexe de l'homme qui plongeait en lui.
Bientôt, Draco se mit à geindre, à supplier. Là encore, il pensa brièvement qu'avant, il suppliait pour moins, demandait pitié pour le recontrôle de son corps, pour la fin de sa douleur. Là, la douleur était bien encore parfois présente, Harry étant véritablement bestial, mais Draco suppliait pour plus, demandait pitié pour la délivrance de son corps, pour l'apogée de son plaisir.
Le garçon avait compris qu'il avait interdiction de se toucher. Le seul contact autorisé était celui du membre de Harry qui voyageait entre ses reins. Un voyage qui l'emmenait dans des territoires inconnus. C'était un chemin brûlant, dévastateur, qui lui ouvrait des portes tenues fermées jusque-là. Il montait loin, haut dans le ciel.
Le garçon cria sans aucune retenue, se tordit comme il le pouvait dans cette position, le dos ainsi relevé, les jambes écartées et maintenues par Harry, les genoux si proches de sa tête.
Harry le regardait, il était comme captivé par son propre corps qu'il voyait parfois s'engouffrer et ressortir dans celui de son amant. C'était indécent, mais c'était dévastateur.
« Harry, pitié, oh, Harry... » pleura Draco.
« Mien, » gronda l'homme en accélérant encore le rythme, chose que Draco pensait impossible.
Ses yeux s'écarquillèrent, il dévoila sa gorge alors qu'il crispait ses doigts sur les couvertures. Draco cria, à chaque expiration erratique qu'il faisait. Il pleurait, tant il voulait que Harry le prenne et le délivre. Qu'il lui donne son amour, sa passion.
« Mien ! » hurla le garçon blond.
Et puis, le chemin qu'il pratiquait dans son plaisir éclata, il partit en tous sens. C'était les vagues qui s'échouaient sur le rivage, qui partaient et qui revenaient, c'était leur écume pétillante, c'était une rivière qui s'écoulait avec fracas, vivante, tourbillonnante, c'était les éclairs dans le ciel et le vent dans les arbres, c'était les papillons verts qui voletaient tout autour de lui.
Son corps se crispa avec une telle force, les spasmes furent si violents, qu'il retint prisonnier celui de son amant.
Draco s'écroula, Harry sur lui, pour la seconde fois de la nuit. Il pleurait toujours, perdu dans son orgasme, son plaisir et son amour pour l'homme effondré sur lui qui arrivait à peine à reprendre une respiration plus calme.
Les secondes devinrent minutes, le temps pour leurs cœurs de battre à un rythme plus régulier et tranquille. Harry se redressa, il dévisagea Draco, en silence. Leurs yeux étaient toujours ambre, avec des reflets verts pour l'un, gris pour l'autre. Ils reprenaient peu à peu leur couleur d'origine alors que leur désir animal s'enfonçait dans la satisfaction. Le dominant se retira doucement puis s'allongea à côté de son soumis. Là, il posa sa tête sur le torse du garçon en soupirant de bien-être.
Draco passa aussitôt ses doigts dans la tignasse brune échevelée. Ses jambes le faisaient un peu souffrir, elles étaient courbatues. Son ventre était chaud, engourdi. Son intimité, elle, était la plus touchée et l'échauffait désagréablement. Rien de dramatique dans tous les cas, cela passerait vite. Demain, il serait un peu flapi mais ça passerait. Et puis, quelque chose lui disait que demain, ils ne partiraient pas d'ici.
Le silence dans la tente était perturbé par le bruit de vent, au dehors. Draco était content que Harry ait choisi cet endroit. La roche les protégeait efficacement, l'abri renforcé de l'autre côté par les murs en branches et le bosquet de sapin. Il était suffisamment grand pour leur tente et le feu de camp.
Ils étaient bien ainsi dans le véritable nid fait de couvertures et de peaux autour d'eux.
« Tu te sens mieux, maintenant ? » murmura Harry.
« Oui, beaucoup mieux. Et toi ? »
« Pareil, » fit Harry en baillant.
« Harry, » dit Draco après un nouveau silence. « Tu sais... »
« Humm ? »
« Non, rien. »
Le brun ne dit rien de plus. Concentré sur les caresses, il cogitait néanmoins. Draco voulait dire quelque chose mais n'osait pas. De son côté, il avait lui aussi quelques interrogations.
« Draco, tu n'avais jamais voulu que je te prenne de cette façon, sur le ventre ou à quatre pattes, je veux dire. »
Les doigts cessèrent un instant leur voyage dans les mèches brunes, avant de reprendre.
« Je sais. Mais là... j'avais envie que tu me prennes ainsi. Comme eux. Parce que, c'est peut-être bizarre, mais j'avais envie que tu sois... brutal, animal. Mon loup le voulait aussi. »
« Ça doit être à cause du lien. On a dû le renforcer. C'est de ma faute, je n'ai pas été assez présent et du coup, nos loups internes mettaient en doute notre union. Mais là, ça ne se reproduira pas. On va passer beaucoup de temps juste à deux, sans autre obligation que se découvrir, encore et encore. »
Le dominant redressa sa tête, tout sourire. Il se pencha afin d'embrasser le plus jeune. Ils ne s'étaient pas embrassés durant leurs formidables parties de jambes en l'air. Draco profita donc du baiser, des lèvres chaudes sur les siennes, de la langue humide qui jouait avec la sienne. Au bout d'un instant, ils se séparèrent. Harry posa son front sur celui de l'autre garçon, sans rien dire de plus.
« Je... » commença Draco.
Il s'arrêta de nouveau, passa ses mains sur la nuque du dominant. Ce dernier sentit le cœur de Draco battre plus vite.
« Je l'ai vu, Harry, » avoua alors le garçon.
Harry se redressa un peu plus et s'allongea sur le côté, perplexe.
« La dernière nuit, à la fête, » précisa Draco en le voyant sans réaction.
« Le soir où tu es allé te réfugier avec Vargr et Grímr ? »
« Oui. »
Harry fronça ses sourcils.
« Tu as vu qui ? »
Draco se tritura les doigts, sans oser regarder Harry dans les yeux. Il ne voyait pas grand-chose dans la pénombre, mais tout de même, il préférait ne pas regarder dans sa direction.
« J'étais un peu en retrait. J'en avais marre, je voulais te voir, que tu sois là. Tu me manquais, » dit Draco, se maudissant en entendant les trémolos dans sa voix.
« Je suis désolé, Draco, encore une fois. »
« Je regardais les gens, » continua Draco. « Et puis... je l'ai pas senti arriver, parce qu'il était pas sous le vent, il est venu par derrière, et quand je l'ai senti, c'était trop tard, il... »
Harry gronda. Draco ferma les yeux, sentant que la colère mêlée de peur du dominant emplissait leur abri de toile.
« Qui, » grogna-t-il. « Et qu'a-t-il fait ? S'il t'a touché, je le tuerai ! »
« Non, il m'a pas fait de mal, il a juste parlé avec moi, c'est tout. Je... tout ce qu'il m'a dit, c'est... perturbant, Harry, parce qu'à la fois ça m'a fait du bien, et à la fois ça m'a fait du mal. Et puis, il a dit aussi que notre lien s'étiolait, et ça, ça m'a fait très mal ! »
L'adolescent poussa un cri alors qu'il était subitement plaqué contre le sol, le dominant sur lui. Même avec le peu de luminosité, Draco comprit que les yeux du futur Alpha s'étaient de nouveau teintés d'ambre.
« Qui !? » cria-t-il.
« Epsilon ! » lança Draco, un peu paniqué.
Il cria une nouvelle fois quand il sentit le poing de Harry frapper le sol à quelques millimètres à peine de sa tête.
« Pourquoi tu ne me l'as pas dit, Oméga !? Pourquoi l'avoir caché ?! J'aurais pu le faire arrêter, condamner ! Alors que là, il court encore en liberté ! Mais à quoi tu penses, bon sang ! Ça t'amuse de prendre des risques ? Est-ce qu'il faut que je t'attache à un arbre pour que tu arrêtes ? »
« Non ! » cria Draco, en se protégeant le visage et en tremblant violemment. « Ne m'attache pas, pitié, pas toi, Harry, pas toi. »
Il sanglota d'un coup bruyamment, des souvenirs remplissant sa tête.
Harry se calma un peu en avisant les larmes de son compagnon. Il se rallongea et le prit contre lui, essayant de refréner les tremblements du garçon en le caressant lentement.
« M'attache pas, » pleurnicha l'adolescent dans son cou. « Je veux pas. »
Draco se cramponna à lui, ses ongles se plantèrent dans ses épaules.
« Je suis désolé, Harry, mais j'avais peur. Je savais pas ce qu'il voulait. Et tu étais pas là. Il... il m'a fait peur, mais en même temps, j'avais besoin de savoir. Et puis, il était avec une fille. Elle sait pas. Elle sait rien. Je veux pas qu'elle l'apprenne, pas comme ça. Elle a pas à souffrir de ça. »
« Draco... » soupira Harry, désappointé.
« Et puis... Et puis, il m'a rien fait, je veux dire, depuis que la meute est morte. Même avant, il... il m'a soigné, tu sais, de nombreuses fois. Il enlevait la douleur. Et puis... après, il me touchait plus. Et j'ai compris pourquoi, maintenant. C'était pas... C'était pas l'un des pires, il... il me faisait pas trop mal quand... »
Il se remit à pleurer.
« Draco, c'est pas comme ça que ça marche, » murmura Harry. « Il aurait dû payer pour ce qu'il avait fait. Et toi, tu ne devais pas te trouver seul. »
« M'attache pas ! » reprit le garçon en se cramponnant plus encore.
« Non, bien sûr que non. Je le pensais pas, d'accord ? C'était juste... juste une expression, pas que je voulais le faire pour de vrai. Je suis pas comme ça, pas comme eux. Et je... » Harry poussa un lourd soupir tout en fourrageant sa main dans sa tignasse noire. « Quand je disais que tu ne devais pas être seul, je pensais plus à moi. Je n'aurais pas dû te laisser seul. Je me suis trop pris au sérieux avec cette histoire de Parvis Alpha, je t'ai négligé, dans la meute ou pendant les fêtes. Ce... ce mec n'avait pas tort, notre lien s'était étiolé et du coup, tu étais vulnérable. Par ma faute. Ça ne se reproduira plus. »
Harry se retourna, grimpa à nouveau sur le corps de son soumis larmoyant.
« Mais toi, petit Oméga, si jamais tu revois cet homme, je veux que tu viennes me le dire. »
« Il me menaçait, je pouvais pas. »
« Ensuite, quand tu es retourné avec la meute de la Garde de Godric, tu aurais pu leur dire, ou venir me chercher. »
Draco baissa les yeux.
« Je... je pouvais pas, » murmura-t-il.
« Draco, si ça se reproduit, je veux que tu le fasses. C'est un ordre. »
L'Oméga hocha la tête, tout en se mordillant les lèvres. Il n'osa pas lever les yeux vers le dominant qui le surplombait. Il avait eu besoin de dire la vérité à Harry, de lui dire qui il avait vu et le tourbillon que cela avait enclenché dans son cœur. Il avait ressenti l'éloignement de Harry depuis de nombreuses semaines, en avait souffert, mais après ces deux accouplements - il ne voyait pas vraiment d'autre terme pour désigner ce qu'ils venaient de faire - il avait senti leur lien, comme avant. Et le besoin de s'épancher était revenu en force.
« Est-ce que c'est à cause de cela que tu avais envie que je te prennes de cette façon ? Non seulement la position mais aussi la virulence ? » questionna Harry d'une voix douce.
Le souffle de l'homme s'échoua sur le visage pâle. Draco hocha la tête, en silence.
« Je ne suis pas comme eux, » répéta Harry.
« Oui, je sais. »
La main du dominant passa sur la joue imberbe. Puis ce furent ses lèvres. La barbe de trois jours qu'arborait Harry éraflait la peau fine, cela envoyait des frissons dans le dos du soumis. La bouche de l'homme trouva celle de l'adolescent, l'embrassa avec passion, les langues se mêlèrent, ainsi que les soupirs. Draco sentit soudain que les mains de Harry bougeaient son corps, le positionnaient, lui demandaient de se mettre sur le ventre. Il obéit. La bouche de Harry parcourut alors ses épaules, sa nuque. La langue glissa ensuite le long de la colonne vertébrale, le faisant outrageusement gémir. Puis elle se perdit dans le bas de ses reins. Harry déposa deux baisers sonores sur chacune des fesses rondes, faisant cette fois rire le plus jeune.
« J'ai une folle envie d'embrasser ton tatouage, » chuchota Harry tout en mordillant les deux collines de chair. »
« Il ne fallait pas me mettre sur le ventre, alors, » soupira Draco, les yeux clos, entièrement tourné vers les caresses buccales de son compagnon.
« Crois-tu ? » se moqua le dominant.
Draco sentit que l'homme lui écartait les jambes, puis les fesses, mettant à nu son intimité échauffée. Il redressa la tête, les yeux grands ouverts.
« Pourtant, je le vois très bien, là. »
Draco ouvrit la bouche en un ''O'' silencieux alors que Harry l'embrassait à cet endroit sensible, ardent. Il laissa retomber sa tête sur ses mains, le dos inconsciemment cambré afin de relever son postérieur vers la bouche de Harry.
« Oh... Merde ! » s'écria-t-il.
Harry ne répondit pas mais l'Oméga sentit ses lèvres s'étirer en un sourire. Le jeune homme se mit à haleter, à bouger des hanches au rythme de la langue qui l'humidifiait de l'intérieur. Il ne sut combien de temps dura ce doux supplice mais il en apprécia chaque seconde. Puis, alors qu'il gémissait de plaisir, que son corps était une nouvelle fois tendu, Harry longea son dos et le pénétra de nouveau.
Cette fois, ce fut doux, tendre, langoureux. Et Draco comprit sans peine la leçon : même ainsi, dans cette position qui avait été tant de fois synonyme de souffrance ou d'humiliation, le dominant l'emmenait tranquillement au septième ciel.
Les heures passèrent, la nuit laissa la place au jour. Comme Draco l'avait supposé, ils ne partirent pas. Le vent, la neige, la pluie faisaient rage au dehors. Harry fut le seul à sortir afin de remettre du bois dans le feu. Il interdit à l'Oméga de sortir, ce qui, il fallait bien l'avouer, convenait parfaitement au garçon. Il était bien, au chaud dans leur nid douillet.
En fait, durant les jours où ils restèrent là, Draco ne sortit quasiment pas de leur abri. Il ne mettait le nez dehors que pour faire ses besoins naturels, et encore, le plus vite possible. Il passait son temps à se prélasser sur les couvertures et les peaux, à dormir et à faire l'amour avec son dominant. Cette situation ne pouvait pas mieux lui plaire.
En fait, il réalisa qu'il avait là encore un comportement un peu animal. Il était dans sa tanière, l'hiver, et attendait que le dominant s'occupe de lui, pour tout. C'était lui qui surveillait le feu, allait chercher du bois et préparait à manger. Harry partit même chasser pendant quelques heures pendant que lui dormait, roulé en boule.
Il récupérait, lui répétait Harry. Sans doute cela était-il vrai.
Il y avait aussi quelque chose d'autre, son instinct lupin le lui disait. Il agissait un peu comme une femelle en chaleur ou enceinte, pensait-il parfois, qui ne quitte pas son nid. Mais c'était ridicule puisqu'il n'était ni dans un cas, ni dans l'autre. Pourtant, même Harry avait un comportement animal. Il ne voulait pas que Draco sorte et lui tournait autour quand il devait vraiment aller dehors pour faire ce qu'il avait à faire. L'Oméga avait même protesté, ne voulant pas que Harry reste à côté de lui quand il devait faire ''ça''. La mâle avait grogné, tout en s'éloignant de quelques pas. Mais dès que Draco avait fini sa besogne, le dominant lui prenait la main, le tirait sous la tente où il le déshabillait rapidement avant de l'enfouir sous les peaux et les couvertures. Il le bordait, le reniflait, le léchait un peu, puis, bien souvent, il faisait l'amour avec lui.
Quoi qu'il en soit, Draco aimait cette situation. Harry sortait et quand il revenait, l'Oméga, continuellement nu dans les draps, ouvrait ses jambes et ses bras afin d'accueillir le dominant qui enlevait prestement ses vêtements, à savoir sa chemise et son pantalon en toile épaisse, pour venir se glisser entre eux et surtout, dans le corps offert de son amant.
Ils n'avaient fait que ça, pensa Draco. Dormir, manger et faire l'amour dans toutes les positions possibles et inimaginables. Draco avait d'ailleurs remercié plus d'une fois sa souplesse naturelle.
Le garçon s'étira. Il grimaça légèrement alors que ses articulations et surtout son postérieur protestaient à leur manière. Harry dormait à ses côtés. Ils avaient décidé qu'ils partiraient aujourd'hui, ils monteraient vers le nord pour rencontrer les premiers villages de Serdaigle. Là, ils tenteraient de se renseigner au sujet de Ralph et Megan. Le fait que Draco puisse les faire revenir au village des Rives du Sud grâce aux pierres était un atout considérable niveau temps. Sinon, ils auraient déjà dû commencer à rebrousser chemin afin d'être présent à temps pour l'accouchement d'Ayase. Remus leur avait confié qu'ils devraient être là avant la fin février, Adélaïde et les Monoïques qui visitaient le parturient étaient persuadés qu'il ne tiendrait jamais jusqu'au terme.
Draco bailla et se mit en position assise, ce qui lui arracha une grimace supplémentaire. Il allait pour se lever quand un bras fut passé autour de sa taille.
« Où tu vas ? » grommela Harry, pas encore réveillé.
« Dehors. »
« Nan, » bougonna le mâle. « Reste-là. »
« Harry, » soupira Draco en tenta de s'extirper des tentacules qui servaient de bras à son amant. « Je dois sortir. »
Harry bougonna encore avant de consentir à relâcher le garçon. Draco n'attendit pas une seconde de plus avant de se mettre debout. Il passa une chemise et un pantalon qui appartenaient en réalité à Harry, puis s'échappa de l'abri. Le soleil lui fit plisser les yeux, peu habitué qu'il était à cette luminosité. Il se dépêcha d'aller à l'endroit réservé pour leurs besoins avant de revenir.
Pour autant, il ne rentra pas dans leur abri. Le regard perdu, il étudiait le paysage. La neige recouvrait tout. Ils étaient un peu en hauteur et au loin, il voyait d'autres collines et des plaines glacées. Serdaigle.
Il sursauta alors que la main de Harry se posait sur son épaule.
« Tu admires le paysage ? »
« Oui... mieux vaut l'admirer lui que nous, » dit-il en souriant.
Ils étaient sales, c'était un fait. Pourtant, Draco ne s'en formalisait pas. À chaque fois qu'il rentrait dans la tente, l'odeur l'assaillait. Leur odeur. Celle de Harry et la sienne, mélangées, l'odeur de leur sueur, de leur plaisir. C'était une excellente odeur qui les avait comblés l'un comme l'autre pendant plus de huit jours.
« Si Ayase me voyait, il me tuerait, » commenta Draco en se désignant d'un geste de la main. « Regarde ça, crado, les cheveux emmêlés, mes tresses défaites, habillé à la va-vite avec des vêtements trop grands, je pue... le pauvre, il en ferait une attaque ! »
Harry se mit à rire tout en attirant le garçon contre lui. Il lui embrassa le cou, le renifla longuement sous l'oreille avant d'en gober le lobe. Draco gémit, ses mains s'enroulèrent autour du cou de l'homme.
« Moi je trouve que tu sens très bon. »
Draco se mit à rire.
« Bon, d'accord, tu sens aussi la sueur mais je m'en fous, » admit Harry en souriant. « J'aime te voir comme ça. Parce qu'il n'y a que moi qui en ai le droit. »
Ils se décollèrent un peu pour pouvoir se voir l'un l'autre dans les yeux.
« C'est comme ton tatouage, ou les tresses. Je suis le seul qui peut voir ton tatouage ou admirer tes cheveux entièrement libres. Et là, je peux profiter de toi tel que tu es. J'adore ça, » continua Harry avant de fondre sur les lèvres de son amant.
Il prit son visage entre ses mains, l'embrassa à perdre haleine. La bouche repartit dans le cou, se glissa sous la chemise dont il déboutonna les boutons afin de se faire plus d'espace et accéder ainsi à la marque de la morsure d'union.
Draco se laissa faire, languissant. Harry le recula alors, jusqu'à ce que son dos soit plaqué contre la roche. Les mains caressèrent les cotes, les flancs, elles se faufilèrent sur les fesses, puis avant que Draco ne puisse réagir, elles dégrafèrent rapidement le pantalon qui tomba aux pieds du garçon blond.
« Harry... On a pas vraiment le temps, » protesta-t-il faiblement.
L'homme grogna en réponse alors qu'il soulevait son amant, surpris, qui poussa un cri. Draco, écrasé par le corps de son amant contre le rocher, se cramponna aux épaules du dominant, ses jambes nues se lovèrent autour de sa taille. Harry grogna encore en se tortillant pour baisser son propre pantalon. L'Oméga gémit quand l'homme cracha dans sa paume, celle-ci le caressa intimement, puis il cria de plaisir quand l'homme l'empala durement sur son membre.
… … …
« On va atterrir où ? »
« Pour la vingtième fois, Harry, je n'en sais rien. Normalement j'arrive dans la tente mais comme tu n'es pas un Monoïque, ça ne me semblerait pas logique que tu puisses y atterrir directement toi aussi, donc, je suppose que cette fois, on devrait arriver à côté, » répéta patiemment Draco.
Leur voyage touchait à sa fin. Ils avaient parcouru de nombreux kilomètres sur le sol de Serdaigle. Si Draco avait apprécié ce semblant de voyage de noces qui leur avait permis de se retrouver et de renforcer leur lien, si les paysages étaient formidables – ils avaient même vu un fjord – toutes leur recherches avaient été vaines. Nulle part ils n'avaient pu trouver trace de Megan ou Ralph.
Même s'il était déçu, l'adolescent était heureux de cet interlude à deux. Néanmoins, il leur fallait revenir dans la meute. Février était arrivé depuis longtemps et Ayase pouvait accoucher à tout moment.
« Prêt ? »
« Pas comme si j'avais le choix, » grommela Harry.
Draco soupira, il lui prit la main et de l'autre fit tourner la pierre blanche entre ses doigts. Le paysage se mit bientôt à tourbillonner, à devenir de simples taches de couleur, l'air dans leur poitrine se comprima, et d'un coup, tout s'arrêta.
L'Oméga respira longuement, les sensations désagréables se calmant rapidement. Ce ne fut pas le cas de Harry qui se retrouva plié en deux, puis à genoux, secoué de hauts-le-cœur.
« Ça va ? »
« Putain de bordel, non, c'est atroce ce truc ! »
« Respire calmement, ça va passer, » le consola l'Oméga bien qu'il pouffait intérieurement.
Draco regarda autour de lui. Il faisait bon ici, chaud par rapport aux territoires glacés qu'ils venaient de quitter. Comme il l'avait supposé, ils n'étaient pas dans la tente des Monoïques mais juste à côté.
Une fois Harry remis de ses émotions, ils rentrèrent au village. C'était le matin, peu de monde était dehors, malgré cela, l'information de leur arrivée fit rapidement le tour. Effusions et embrassades s'en suivirent. Les deux amants y répondirent, saluèrent les habitants, sans pour autant cesser leur marche en direction de la maison de Charlie et Ayase qu'ils atteignirent rapidement.
Charlie leur ouvrit, un grand sourire aux lèvres. Asami leur sauta dessus en hurlant. Draco, heureux, se dirigea alors dans le salon, le petit garçon dans les bras. Là, il ne put retenir une exclamation.
« Par les Dieux, Ayase ! Mais tu es énorme ! »
« Merci, » bougonna l'Oméga brun qui se dandinait vers eux. « Ça fait toujours plaisir. »
« Mais c'est incroyable ! Tu es... »
« Énorme, tu viens de le dire, abruti. »
« Papou, il a deux bébés dans son ventre ! » s'écria alors Asami, explosant au passage le tympan droit de Draco.
« Ayase, tu attends des jumeaux ? » demanda aussitôt Harry, son regard inquiet voyageant de l'Oméga enceint à Charlie.
« Oui, et avant de faire toi aussi un ulcère, ils vont bien et je vais bien, malgré mes trente kilos en trop. »
« Je n'allais pas faire un ulcère ! » protesta Harry.
« Trente kilos ?! » cria Draco.
« Ce n'était pas un ulcère, juste une petite indigestion, » râla Charlie.
« Non, tu as fait un début d'ulcère quand tu as appris pour les jumeaux et ensuite tu n'as pas dormi pendant des semaines ! » le contra Ayase.
« Trente kilos ?! »
« Oh, la ferme, gamin, on verra bien quand ce sera ton tour ! »
… … …
A suivre
… … …
