Jeux forcés
Auteur : Angelscythe
Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même
Couple : RiffelXCain et RiffXCain !
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…
Chapitre 6
L'eau s'infiltrait en son sein, noyant cette zone si sensible que le lançait avec perfidie. Lorsqu'elle se rappelait de la douleur, de la force, de l'intrusion, tout son corps l'imitant. Soudainement, des mains adipeuses caressaient sa peau, un poids comprimait son ventre, une force élargissait ses cuisses avec moiteur et une odeur abjecte emplissait ses narines.
Le souffle court, il s'efforçait de ne pas se souvenir de sa solitude, de sa peur de sombrer dans l'inconscient. Pourtant, échapper à ses rappels aurait été parfait. Un cocon d'absence. Sans souillure. Sans dégoût…
- Pourquoi ?
Un seul mot lui revenait en boucle, le corps et le cœur au bord du gouffre.
Et s'il faisait un pas en avant ? Si tout s'évadait pour toujours.
L'Enfer lui tendait les bras…
- Non. Riff doit m'accompagner. Je dois le libérer ! Se rappela-t-il.
Aucun voyage ne vaudrait la peine sans Riff.
Il porta la main à son cœur.
Un bruit lui parvint hors de la salle de bain. Le soulagement l'étreignit. Les douleurs l'éperonnait toujours mais d'une façon plus diffuse.
Il se retint d'appeler Riffel, ne souhaitant pas lui faire se plaisir. De toute façon, la porte ne tarda à s'ouvrir. Le valet portait une valise qu'il installa dans le coin le moins humide de la pièce.
- As-tu fini de te laver ?
- Oui.
- Je n'y crois toujours pas que tu réussisses à me faire faire cela.
Cain lui envoya un sourire arrogant.
L'homme ouvrit la valise et en sortit une serviette. Le jeune Comte aperçut également des draps et des vêtements. Mais il n'y avait que des chemises…
- S'agit-ce là d'un fétichisme ?
Riffel remarqua l'objet de son regard. Il sourit en tendant la serviette.
- Plutôt une imposition de préférence.
Cain souffle puis sortit du bain. Il ferma les yeux, retrouvant son Riff dans les gestes qui lui manquaient tant. Personne ne pouvait l'aimer, le toucher avec la pureté et la chasteté de Riff…
L'héritier Hargreaves sentit la magie se briser dès que les bras du valet l'entourèrent. Des lèvres embrassaient sa peau humide, une langue explora une aspérité de son épaule et…
Les dents avides entamèrent la chaire en une gerbe sanguine.
Une nouvelle marque. Comme s'il n'en avait pas encore assez…
Riffel le relâcha bientôt. Il le sécha puis attrapa une chemise pour la lui enfiler. Il se mit à genoux afin de fermer les boutons et sentit à nouveau cette extase en l'enfermant dans des vêtements à lui.
- Tu es pathétique…
- As-tu vu son regard ? C'est du dédain qu'il pose sur toi !
- Pas sur moi…
- Il ne fait pas la distinction. Il veut que je l'habille. Il te hait. Il t'a toujours haï. Oh, je comprends que ça se soit amplifié. Ton corps profane le sien tous les soirs. Enfin… pas la meilleure partie. Malheureusement. Mais ça ne tardera ! L'as-tu déjà désiré, Riff ?
Pas de réponse.
Riffel s'en agaça.
- Je t'ai posé une question ! Peut-être as-tu honte ! Parce que tu attends passionnément que cet homme de joie s'ouvre autour de « toi ». Cette envie maudite ! Tes mains qui dérapent lorsque tu l'essuies !
- Arrête-toi là. Répondit Riff d'une voix calme. J'ai pu le voir comme je le souhaitais parce que je suis son majordome. Sa chose. Mais jamais je n'aurais outragé son corps. Même au comble de l'envie. Même pour une caresse chaste. À présent que tu joues le valet comme le pervers que tu es… Remarque qu'il a mal !
Ces derniers mots étaient sifflés.
- Mal…
Riffel sourit. Il effleura l'intimité de Cain. Si jusqu'à présent le jeune Comte ne bougeait pas, il se recula vivement.
- Est-ce de la douleur ou de la peur ? Ricana l'homme.
- Monstre ! Siffla Riff.
- Tu me donnes les armes pour le battre, idiot !
Cain détourna la tête. Il s'éloigna des mains et partit vers la chambre avec toute l'arrogance qu'il avait conservée. Riffel avait déjà changé le lit. Un nouveau matelas remplaçait l'ancien et les couvertures sentaient bon. Quelques livres trônaient sur la vieille table de chevet.
- Tu l'aimes avec adoration. Il t'aime avec déférence… Je veux que vous souffriez.
Riffel sourit.
Il se leva et regagna la pièce principale. Il attrapa Cain qui poussa un cri de stupeur.
- C'est moi. Rassura le valet.
- C'est bien là le problème.
Riffel rit en le jetant sur le lit. Il grimpa au-dessus de lui et pressa sa main dans son dos. Cain essaya de se redresser mais la force de l'homme le clouait face contre les coussins.
Il n'était pas de taille contre ce monstre !
- Riff rêve de te goûter…
- Ri…ff…
Cain sentit quelque chose d'humide en lui. Il se cambra et serra les doigts sur le matelas. Douce et molle, cette chose l'explora. Taquina, elle trouvait les endroits sensibles avec aisance. Le jeune Comte ne put réprimer un soupir de plaisir et sentit la honte l'étreindre.
- Laisse-le en paix !
- Quel drôle d'amour… Tu préfères qu'il souffre ?
L'héritier se mit bien vite à ahaner, le corps se tendant et se détendant sous les stimulus.
- À quel point veux-tu le goûter ? Se moqua-t-il en approchant ses doigts de la verge érigée.
- Ne lui fais pas ça !
- Hm… Oui, savourons-le lentement.
- A… ah… Arrê… ah… te ! Souffla Cain.
Riffel sourit et s'appliqua mieux encore. Il sentit le corps se tendre sous lui. Le jeune Comte n'essayait même plus de se défaire de la prise. Le valet exaltait.
- Décidément… Je comprends qu'il te fasse envie. Je suis ravi d'en avoir les honneurs ! Tu crois qu'il réagira comme ça pour toi ?
Il se berça aux doux gémissements qui entrecoupaient les « arrêtes », « non » et autre « pitié ». Il sentait que sa proie allait bientôt lui offrir le paroxysme de son impuissance.
Un dernier coup de langue et le corps se cambra en un dernier cri de plaisir.
- Riff ! Couina Cain.
- My Lord !
- Vraiment ? Il ne s'est jamais décidé, lui ! Te violer est pourtant chose aisée !
Cain essaya de lui jeter un regard de haine à travers les larmes et les lances de plaisir. Son corps s'abaissait et se soulevait avec force, ses cheveux collaient à ses joues rouges.
- Après un tel spectacle, je suis presque radoucit…
Il se pencha au-dessus de lui, caressa ses fesses et se pencha à son oreille.
- Je sens que tu avais rêvé ceci.
Cain secoua la tête.
- Non ? J'ai encore tant de chose à te faire découvrir.
Le jeune Comte essaya à nouveau de s'extirper de là.
- Chut… Je dois te soigner à présent. Et quand je pense à ce doux concerto… Tu dois pouvoir m'en offrir un autre.
- Arrête !
- Je n'ai pas encore commencé…
- Riffel ! Ne me touche pas !
Le valet attrapa l'onguent qu'il jeta sur Cain. Sa lèvre explosa alors qu'il gémissait de douleur.
- Laisse-le !
- Quel gâchis… Soupira Riffel.
Il se pencha sur lui pour aspirer le sang. Cain tâcha de se soustraire de son ombre.
Peine perdue.
- Très bien !
- Hein ? S'étonna le valet, en lui pourléchant le menton imbibé d'écarlate.
- Amuse-toi ! Soigne-moi !
- Psychologie inversée ? Allons… Tu vaux mieux que cela…
Riffel prit le récipient qu'il ouvrit. Il imprégna ses doigts de gel.
- Il n'y a pas que ton désaccord qui m'intéresse. De plus, ta bouche dit « oui » mis ton corps redoute tout en espérant. Je t'apprendrais à jouir en disant « Riffel ».
- Alors là… Il sera la source de toutes mes jouissances.
- My Lord…
- Ça l'excite. Commenta Riffel.
Cain rougit. Il ouvrit la bouche mais ne put que crier. Les doigts venaient d'entrer en lui, soulageant et souillant.
- Il sait tout. Il sait que tu t'abandonnes à moi. Il sait que tu cambres ton dos avec envie. Le Maître si aimé, tant adulé, n'est qu'un vulgaire objet de luxure. Tu l'écœures !
- Ne l'écoutez pas !
- Il ne t'entend pas, idiot.
- Je… Tenta le Comte.
- Il sait que tout ce que je te fais, tu en rêves. Je l'entends se lamenter.
- Il…
- Il te hait…
Cain souffle de plaisir. Les doigts avaient trouvés le bon angle pour attaquer.
- Parfait… Fais un effort cette fois.
Le Comte se cambra encore, frissonnant d'extase. Les longs doigts de Riff… Rêver que ce soit sa douceur. Mais le voyait-il comme une Messaline ?
- Riff…
Riffel toucha sa prostate plus rudement mais lui ravi des soupirs de plaisir.
- Il se demande pourquoi il subit ça… Pourquoi tu veux de lui. Il pense que nos places ainsi échangées, c'est parfait.
- Vr… ai… ment ?
- Non !
- Oui ! Jubila Riffel.
- C'est tout… Riff… ça.
Riffel fut surpris de cette réponse.
- Il croit que tu me fais du bien. Il veut mon bien. C'est pour ça que c'est lui…
Stupéfié, le valet retira ses doigts.
- Il… Commença-t-il.
- Il quoi ? Il veut me violer ? Tu ne sais plus quoi inventer ?
Le regard empoisonné le darda cruellement.
- Tu…
Désemparé, le domestique le relâcha. Cain se soustrait à son emprise, le dos endolori. Il se rapprocha néanmoins de son bourreau.
- Je ne sais pas si tu es vraiment là, Riff. Je ne sais pas si je le désire ou pas. Mais… Ceci est pour toi.
Il posa le baiser le plus chaste au monde sur le coin des lèvres de l'homme.
- My Lord… Si vous saviez comme j'aimerai vous consoler…
- Je te libérerai.
Riffel fut frappé par ce beau sourire. Il baffa violemment Cain, lui faisant cracher un peu de sang.
- Tu me le paieras, Comte des poisons.
- Alors… Le message est passé. Sourit le garçon en se frottant la joue.
