Jeux forcés

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même

Couple : RiffelXCain et RiffXCain !

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…


Chapitre 7

Blottis sous de chaudes couvertures, Cain était accaparé par sa lecture. Il profitait du fait que la douleur de son corps ne se rappelait presque pas à lui. Lancinante et cruelle, elle revenait quelques fois. À chaque fois accompagnée de nausée et de craintes.

Depuis combien de temps lisait-il ? Ça faisait longtemps que Riffel était parti, non ? Allait-il l'abandonner ? Il ne lui parlait plus depuis trois jours, même quand il le soignait. Soins qui 'étaient que ça…

Bien sûr, il éprouvait du soulagement à ne pas subir le plaisir perfide. Mais il craignait la solitude.

Oui, ça faisait longtemps.

Trop longtemps.

Il ferma l'ouvrage et s'obligea à sortir du cocon protecteur. Il quitta ensuite cette pièce dont l'air vicié ne se rappela à lui que lorsqu'il eut franchi la porte. Il manqua de vomir mais tint courageusement.

- Riffel ? Es-tu là ?

Criant ces mots, il déambula dans les ruines de la planque.

Comme il arriva au seuil, il voulut repartir. S'il était un oiseau en cage, la porte ouverte n'était pas une invitation à ses yeux.

Mais il perçut des chuchotis.

- Riffel !

Le soulagement l'étreignit.

Il hâta le pas à la recherche de son bourreau. Il se stoppa en voyant les bras de Riff autour d'une belle pendue à son cours. Leurs lèvres se goûtaient.

- Riffel … ?!

L'homme s'éloigna de la femme. Il sourit à l'adresse de Cain.

- Retourne te coucher, c'est mieux pour toi.

- Que faites-vous ?

- Tu avais raison ! Ton petit frère est trop mignon ! Sourit-elle.

- Pourquoi te mentirais-je ? Je vais le coucher, je m'inquiète pour sa santé.

- En même temps, dans cette maison… Soupira la belle.

Riffel sourit.

- Je m'occuperais de toi après.

Il l'embrassa goulument puis s'éloigna. Il vint jusqu'à Cain, livide et inerte, et le prit dans ses bras. Le jeune Comte se laissa faire telle une poupée.

L'adolescent ne réagit que lorsqu'il retrouva la douceur des couvertures.

- Qui est-ce ?

- Annabelle Aberdeen. Elle n'attend que moi. Ce pourquoi je ne peux m'attarder, tu le comprendras.

- Pourquoi m'as-tu fait subir tout cela si elle est là ?! Cracha-t-il.

Le majordome sourit à nouveau.

- Je n'ai pas à te donner de raison. Sois sage, Comte des poisons.

Il se détourna et partit vers la porte.

- Ce n'est pas logique ! Que manigances-tu ?

- Tu es bien placé pour savoir qu'un homme a besoin de se soulager.

Le valet quitta la pièce.

Cain se recroquevilla. Les attouchements de Riffel le révulsaient mais il les supportait pour rester près de Riff. Et maintenant, il apprenait qu'il avait subi tout cela pour rien ?! Parce que l'homme s'ennuyait probablement ? Parce qu'il voulait faire le mal ?

Une sensation désagréable l'étreignait.

Une haine sourde.

Mais pas envers Riffel… Plutôt à l'encontre de cette fille qui allait savourer le corps de Riff.

Il se prit la tête dans les mains.

Souillé, profané, réduit à l'état de jouet, de trophée, tout ce qu'il lui restait c'était Riff…

- C'est ça… Ta vengeance… Tu veux me prendre Riff et le donner a des filles de bases catégories. Tu veux que j'imagine son corps dans le sien pour ne pas avoir prononcé ton nom…

Le mutisme n'était pas le châtiment, juste les prémices. Il devait avoir uniquement servi à le guider jusqu'à ce moment. Tout avait été scrupuleusement planifié.

- Et moi… Qu'est-ce que je fais ? Je t'ai imposé mes partenaires Riff… Mais je suis ton Maître… Tu es à moi…

Cain se laissa tomber sur le matelas. Il observa le plafond.

- Que désires-tu ?

Il ignorait tout des sentiments de son valet. Il ne pouvait se fier aux dires de Riffel. Rêvait-il vraiment de le voir dans une telle position ? L'aimait-il ? Ou n'en avait-il rien à faire ? Qu'est-ce qui le dégoûtait le plus ?

Le jeune Comte se redressa et sortit du lit.

Il quitta la chambre et tendit l'oreille. Il avait décidé d'être capricieux. Mais et spécial lorsqu'il s'agissait de Riff… Personne n'avait le droit de le lui prendre. Il s'était déjà défait d'Yvonne et de son ancienne fiancée…

Personne ne touchait Riff !

Il perçut des bruits et s'en approcha, la main courant sur les murs jaunis.

Il n'aimait peut-être pas assez Riff en fin de compte. S'il lui imposait, s'il jalousait à ce point. Méritait-il seulement Riff ? Devait-il franchir cette porte d'où des sons étouffés lui parvenaient ?

Était-il digne ?

Plus que sa Noblesse, Riff comptait. Lui était peut-être ravi de ce corps de femme qu'ils s'offraient. Il l'avait peut-être demandé.

Sa main était figée devant la porte.

Libéré Riff était une chose, le contraindre plus qu'il ne le faisait déjà en était une autre…

- Riff… Gémit la voix de cette fille.

La rage empoigna Cain qui, furieux, ouvrit la porte.

La fille cria.

- Ton frère !

- Pars ! Ordonna le descendant Hargreaves.

- Hein ? Fit-elle.

- Pars !

Riffel souriait. Cain sentit le sol défaillir sous ses pieds. Ce rictus… Le valet n'attendait que cette action ! Allait-il consumer avec cette pauvresse sous ses yeux ?

- Va…

- Quoi ? Vous êtes…

La fille cria de rage et récupéra ses atours avant de partir en claquant les talons.

- M'entraîner dans un taudis pour ça !

- Qu'il y a-t-il Cain ? Tu n'aimes pas quand ton jouet est utilisé par quelqu'un d'autre ? Sourit Riffel.

- Riff n'est pas un jouet !

- Je sais que personne ne peut l'approcher à part toi. Sinon pourquoi serais-tu là ?

Il sourit puis tendit les bras. Cain s'évertua à ne pas le regard. Il était nu. Il n'avait jamais vu le corps de Riff sans vêtements. Ses yeux voulaient le découvrir.

- Viens… My Lord.

- Tu es immonde ! Que veux-tu lui faire ?

Cain fut frappé par ces deux mots dit de cette façon douce. Il s'approcha, le cœur battant.

- Riff… Ce… n'est pas toi.

- Alors pourquoi t'approches-tu ? Chuchota Riffel.

Cain serra les dents. Il voulut se détourner mais le valet attrapa son poignet.

- Tu sais que je ne mentais pas totalement, je m'occupe de toi mais jamais de moi. Tu as chassé ma partenaire. Mais je crois que tu attendais ce moment depuis toujours…

L'héritier de maudit de s'être approcher et tâcha de s'éloigner. La poigne le conserva près de l'homme puis l'obligea à s'agenouiller alors que lui-même se levait. Les yeux grands ouverts, le jeune Comte tâcha de se détourner.

- Je t'en conjure, arrête de le torturer !

- N'as-tu jamais rêvé de ce qu'il va suivre ?

- Non !

- Menteur. Je vis en toi… Tu l'as rêvé mille fois. Tu me diras si c'était comme tu l'imaginais.

Riffel poigna dans les doux cheveux ébènes et contraignit sa proie à tourner la tête vers lui. Il le relâcha de l'autre bras et pinça son nez. Les yeux de Cain s'exorbitèrent plus encore. Son corps faible ouvrit la bouche. Le sexe força alors la barrière de ses lèvres. L'héritier Hargreaves ferma les yeux, vacillant sous l'impulsion.

- Tu savoures ? Ricana Riffel. Je te laisse le choix : tu t'inclines ou je t'oblige !

Cai ouvrit les yeux et le foudroya du regard.

- Hm…

- My Lord !

- Oui, je sais… Tu aurais préféré qu'il le fasse de lui-même.

- Tais-toi !

L'homme poigna plus violemment dans les cheveux et entreprit de se déhancher dans la bouche chaude. Cain s'obligea à garder les yeux ouverts, le tuant du regard. Il sentant la verge aller et venir, cogner contre sa gorge avec violence. Sa bouche s'emplissait du goût du sang.

Riffel laissa sa tête aller en arrière en forçant sa victime à subir cet acte. Cette chaleur, ses lèvres qui frottaient. Quel délice ! Il laissa un soupir d'aise lui échapper. Cette odeur de sang qui stagnait dans la pièce. Il devait se retenir de ne pas violer Cain ici et maintenant.

Cain dévisageait Riffel, pantois. Cette expression si pure sur le visage de Riff. C'était à ça qu'il ressemblait ? Il se tendit mais ferma les yeux. Il souhaitait que Riff prenne du plaisir. Il ne pouvait rien lui donner si ce n'était son inertie.

Les mouvements se faisaient de plus en plus rudes.

- Je t'interdis de le souiller plus encore !

Riff maugréa et referma encore sa main. Ses mouvements rustres tirèrent des suppliques de douleur à Cain. Il se sentit encore durcir. Il soupira encore d'aise.

- Cain…

- Laisse-le !

- Goûte ce qu'il a toujours rêvé !

Surpris, le jeune Comte ouvrit les yeux à l'instant où une substance chaude éclatait dans sa bouche.

Riffel s'éloigna de lui. Cain en profita pour tout recracher, hoquetant.

- Pff… Va pour cette fois. Mais si tu veux que Riff ne soit qu'à toi… il vaudra y passer un jour.

- Riff ! Que dois-je faire ? Que veux-tu ?!

Cain sursauta en sentant une caresse délicate sur sa joue.

Riffel se figea en voyant sa main droite lui échapper.

- Que fais-tu ?

Cain toucha cette main.

- Riff… Tu ne m'en veux pas ?

La caresse se fit plus tendre encore.

- Ça suffit !

Riffel baffa violemment Cain qui ricana. Il se leva.

- Tu n'aimes vraiment pas être le spectateur, Riffel… Où en étions-nous ? Ah oui ? Tu espérais que je devienne ton esclave sexuel.

- Garde tes grands airs ! Tu me redoutes ! Et je te briserais !

- Oui… Sauf si tu cèdes avant. Tant que Riff me pardonne, je peux descendre plus bas que Terre.

- Alors prend un ticket pour l'enfer. Je sais comment m'y prendre avec les enfants outragés.

- Chacun de tes gestes nous renforcent.

- Alors je te ferais le haïr… Sourit Riffel.

Cain répondit à ce rictus.

- Ça n'arrivera pas.

- Tu verras. Sourit Riffel.