Jeux forcés

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même

Couple : RiffelXCain et RiffXCain !

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…


Chapitre 9

Riffel observait Cain dormir, tout blottit contre lui. son odeur venait lui chatouiller les narines. Il glissa ses doigts dans les mèches douces. Les mains nues frôlèrent ses cuisses tout aussi dénudées. La douceur et la volupté se battaient sur le visage aux traits si fin.

Et le cœur de Riffel battait violemment dans sa poitrine. Les mots de Riff résonnaient de temps à autre dans son esprit. « Tu sais qu'il a gagné. » Restait à s'oublier.

µµµ

Cain s'éveilla.

Il sentit le moelleux de la couche, la douceur des draps et les fragrances de propreté avant de réaliser sa solitude. Il se redressa d'un bond, paniqué. Il détestait quand Riffel l'abandonnait au matin !

Il ne savait plus si la douleur dans son fessier était normale ou…

Une main se posa sur son bras. Il le retira vivement ce qui provoqua un glapissement.

Un glapissement d'enfant. De petit fille.

Il tourna la tête, les yeux grands ouverts.

- Eh Cain ! Sois moins rustre !

- Ce n'est rien. Je comprends. Tu te sens mieux grand frère ?

- Mary ? Oscar ?

- Tu es à la maison. Sourit ce dernier.

- Tout va bien à présent, grand frère.

Tremblant, Cain la prit dans ses bras et la serra contre lui. Il enfoui son visage dans ses cheveux d'or. C'était bien Maryweather.

- Mary !

- Je vais aller te faire préparer du thé.

- C'est mieux.

Cette voix…

- Cléhadore… Souffla Cain.

Il lui jeta un regard noir. Maryweather posa un baiser sur la joue de son ainé puis s'échappa avec grâce. Oscar voulut la suivre mais Cléhadore l'arrêta.

- Que s'est-il passé ? Demanda Cain.

- C'était cette nuit. Il y a eu du grabuge. Ton nouveau majordome a été ouvrir après avoir appelé la police. Commença le voyant.

- Silence ! Oscar, j'aime autant que tu racontes.

- D'accord ! C'était Riff. Il était paniqué et te tenait contre lui. Tu étais assoupi mais dans un triste état. Je suis arrivé à ce moment-là.

- Il…

- Oscar, j'ai dit. Siffla Cain.

La douleur le vrillait. Il aurait préféré s'allonger mais ça aurait été montré ses faiblesses. Il était nu, il le sentait aux doux draps contre sa peau… hors de question de se lever.

- Il nous a expliqué que lorsqu'il t'a vu dans les locaux de Delilah, l'envoûtement à cesser. Il t'a arraché à leurs griffes et t'a ramené en lieu sûr.

- Il n'a rien dit mais nous avons compris à son expression. Intervint Dominique.

- Suffit ! Ce ne serait pas arrivé si tu avais tenu ton rôle !

- Je n'ai pas pu agir ! Et lorsque j'ai pu me présenter, Gloria était mort !

- Des excuses auraient été bienvenues ! Tu savais les risques que j'encourrais.

- Je les ignorais !

- Arrêtez ! Protesta Oscar. Cain… Riff est toujours ici. On ignorait ce qu'il fallait faire.

Le jeune Comte observa ses genoux. Après la dispute de cette nuit…

- Des habits.

- Ils ne t'ont pas enlevé ton effronterie. Fit Cléhadore.

- Dommage, n'est-ce pas ?

Cain remercia Oscar pour les habits et les revêtit sous les couvertures tant bien que mal. Il était dans un triste état lorsqu'il eut fini mais suffisamment présentable, avec ses boutons mal mis et ses vêtements froissés, pour déambuler dans sa maison.

- Où est Riff ?

- Dans les appartements du Majordome.

Cain ne les remercia pas et se hâta de s'y rendre. Il frappa à la porte et entra, interrompant une discussion entre Riff et son successeur.

- My Lord !

Il rayonnait.

Le cœur de Cain rata un battement. Il ne put réprimer un sourire.

- Puis-je ?

- Oui… Sourit le jeune Comte.

Riff lui défit les boutons de sa chemise et les reboutonna correctement. Il arrangea le col et glissa le bout de la chemise sous le pantalon. Enfin, il s'accroupit et refit les lacets de son Maître. L'héritier Hargreaves se laissa faire avec apaisement.

- Vous voilà parfait.

Cain passa ses mains contre son torse. Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu cesser de sourire. Il se sentait enfin bien.

- Comment vous portez-vous ?

- Mieux. Michael, laissez-nous.

Le nouveau majordome s'inclina puis partit.

Cain pressa alors sa joue contre le torse de Riff. Il sentit les bras l'enlacer et sourit.

- Je t'…

- J'ai cru qu'il ne partirait jamais !

Cain sursauta et leva le regard vers Riff. Le sourire sadique ne le trompa guère.

- Riffel…

- Qu'allais-tu dire ? « Je t'aime » ? Qu'espérais-tu ? Qu'il te passe dessus là, sur la table ?

Riffel l'attrapa et l'allongea de force.

- NON !

L'homme luit mit le doigt sur la bouche.

- Chuuuut. On pourrait t'entendre.

- C'est le but !

- Mais tu ne saurais pas ce que nous faisons ici…

Cain serra les dents.

- J'ai ton attention ? se moqua l'homme.

- Oui…

- Chacune de tes nouvelles actions pourraient retomber sur Maryweather.

- Pardon ?

- Mais je suis bon prince. Je commencerais par Oscar ou par ton oncle Neil. Pour te montrer que je suis sérieux.

- Tu ne me fais pas peur !

- Je sais. Je peux te baffer, te violenter mais… si je frappais Maryweather… Tu connais ma force. Et si je faisais pire ?

Le sang de Cain ne fit qu'un tour, à bouche devint pâteuse.

- En apparence, ce sera difficile de te faire céder. Mais ici, avec toutes ces menaces… Je sais que tu seras docile. Je me trompe ?

- … Que veux-tu ?

- Voilà qui est parfait. Pour commencer, voici la version des faits : ton père t'a trouvé chez le Maire Gloria. Il t'a récupéré et ramené à Delilah. Il t'a confié aux cartes qui se sont amusées. Moi, je t'ai vu, un jour et Riff est revenu. Il t'a sauvé et nous voilà. Ton cœur a besoin d'être pansé mais Riff est là et tu es heureux.

- Riff a-t-il été là une seule seconde, là-bas ? Demanda Cain en se dégageant.

Il descendit de la table et s'éloigna vers le mur.

- Jamais.

- Il ment !

- Il ne t'entend pas.

- Riff…

- Il n'y aucun espoir. Je l'imite à merveille. Tu étais prêt à m'offrir ton corps. Si je m'étais tu…

- Je n'aurais pas fait ça ! Et Riff n'attends pas ça de moi !

Riffel ricana.

- Quel silence…

- Il ne m'obligerait pas.

- Arrange-toi pour que je reste toujours à tes côtés, que nous ayons de l'intimité et que tu sois mien.

Cain serra les dents mais opina. Riffel lui prit le bras et l'attira à lui.

- Mais d'abord… Touche moi comme si j'étais lui.

- Je ne peux pas, c'est instinctif.

- Touche-moi et prononce mon nom…

Le jeune Comte caressa sa joue et enroula ses bras autour de ses épaules.

- Riffel…

Le nommé sourit puis embrassa et mordilla son cou. Cain se mordit la lèvre inférieure pour tenir ses soupirs de plaisir. C'était affreusement agréable mais il ne pouvait l'avouer.

La porte s'ouvrit.

- Oh…

- Oscar ! S'écria Cain en repoussant Riffel.

- Mary te cherchait.

- On frappe avant d'entrer, idiot !

- Désolé, je ne pensais pas ! Enfin ! Vaut mieux moi que Mary, hein ?

Le regard insistant de Oscar le gêna et il devait chercher des explications.

- Il m'a sauvé.

- Je sais, Cain. Pas besoin de me le dire.

- Riff… va rester avec moi la nuit. Je suis plus rassuré.

Loin d'être choqué, horrifié, dégoûté ou même récalcitrant, Oscar sourit et lui fit signe de venir. Le jeune Comte en profita pour fuir l'étreinte qui s'éternisait malgré ses efforts et suivit son ami. Il regarda par-dessus son épaule comme il s'éloignait.

- Je te connais bien Cain et tu me connais. Ce sont les mots de Cléhadore que je vais te transmettre : « Fais attention ».

- Je ferai attention…

- Je sais pas toi, mais moi j'ai eu l'impression que Riff me tuait du regard.

- Sans doute…

Cain regard vers la salle des majordomes.

Il avait cru que Riff était revenu mais Riffel se moquait de lui. Et il avait trouvé la bonne façon de le faire céder. Il devait trouver le moyen de se ne pas finir en esclave…