Jeux forcés

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même

Couple : RiffelXCain et RiffXCain !

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…


Chapitre 10

Les yeux fermés, Cain retenait tant bien que mal ses soupirs de plaisir. Sa main se serrait compulsivement sur celle qui le tenait, ses joues rosissaient lorsque les lèvres effleuraient les siennes. Son corps s'arquait avec volupté.

- Prononce mon nom… Chuchota-t-il à son oreille.

Il lui mordit le cou. Cain renversa la tête en arrière. Il ouvrit la bouche, prêt à libérer ce prénom en extase pure.

Toc toc.

- Grand frère ?

Riffel se figea. Le corps nu se levait et s'abaissait contre son torse libre d'étoffe.

- Tu es debout ?

Cain calma ses ardeurs, sa voix. Il lança un regard à son bourreau qui serrait les dents.

- Oui ! J'arrive bientôt ?

- Très très bientôt ? Demanda-t-elle avec impatience.

- Oui !

Riffel retire son doigt d'un geste rageur, faisant gémir son partenaire de douleur.

- Grand frère ?

- F… Faux mouvement. Mentit-il.

- D'accord… Je t'attends dans le salon.

- Oui.

Il regarda vers Riffel, éloigné. Il ferma les yeux, ravi de ne pas s'être abandonné à son persécuteur malgré le talent de son être.

Il se leva mais manqua de retomber sous l'impact d'une violente baffe.

- Tu l'as fait exprès ?!

- Non.

- Menteur !

- Je ne mettrais pas Mary en danger. Son grand-frère lui manque.

- Je suis sûr que tu fis des manigances !

- Mais non. Riffel.

Le valet tourna la tête vers lui pour découvrir un sourire effronté. Il s'approcha de lui et souleva son menton. Cain se laissa faire sans se dépeindre de son arrogance, les bras croisés.

- Tu ne m'échapperas pas.

- Sans doute. Maintenant, je vais me doucher. Mary m'attend.

Le jeune Comte se détourna pour rejoindre la salle d'eau attenante. Riffel observa son dos en souriant.

Il récupéra ses affaires et entreprit de s'habiller.

- Je compte sur toi pour m'aider. Tous tes codes, je les oublie. J'ai l'honneur de ne pas être un chien.

- Tu peux toujours l'espérer. Je ne trahirai jamais mon Maître !

- Si je fais une bévue, c'est lui qui paiera. Réfléchis bien.

- Tu ne peux pas lui faire plus mal que tu ne le fais déjà ! Tu prétends le soigner mais tu le violes !

- Il apprécie beaucoup pour quelqu'un de violé. Et tu saisirais l'occasion aussi.

- Non !

- Et pour répondre à ta question : ce qui vaut pour lui est valable pour toi. Si tu me déçois, je peux faire du mal à sa famille.

- Sache que je mets tout en œuvre pour t'éliminer !

- Tu ne peux pas et tu aimes trop ce que je lui fais ! Je revêt pour toi l'incarnation de tous tes fantasmes… ricana-t-il.

- Foutaises !

Cain revint dans la pièce, vêtu d'un peignoir. Il s'arrêta devant l'homme, l'œil cinglant.

- Tu bayes aux corneilles ? Tu dois agir comme Riff ! J'ose espérer que tu ne t'énerveras pas lorsque je t'appellerai « Riff », psychopathe.

Clac.

Cain avala son sang et releva la tête, un sourire vermeil aux lèvres.

- La violence est-elle ta seule arme ?

- My Lord…

Riffel s'agenouilla et lui prit la main.

- My Lord… Chuchota-t-il avec dévotion.

Il embrassa le bout des doigts de Cain, figé d'effroi.

- Est-ce que ça fait plus mal ?

Riffel sourit en voyant les lacs empoisonnés s'embuer. L'héritier Hargreaves se détourna. Le valet se leva et vint derrière lui. Il lui retira le peignoir en caressant sa peau.

- Je sais comment te faire mal. Maintenant… Laisse-moi t'entendre dire mon nom encore et encore. Avant que je ne le puisse plus.

Cain ferma les yeux, résigné.

- Grand-frère !

Cain sourit et s'approcha de Mary. Il la serra dans ses bras et accepta son doux baiser.

) Viens !

Elle lui prit la main et l'entraîna vers la salle à manger. Là, l'oncle Neil prenait le thé avec Oscar et Cléhadore. Le vieil homme se leva immédiatement en voyant son neveu.

- Tu es là.

Il vint à lui pour poser ses mains sur ses épaules. Il souriait.

- Je suis là, mon oncle.

L'homme sourit de plus belle puis se tourna vers Riffel.

- Et toi…

- Mon oncle, il…

Cain regarda vers Oscar et Cléhadore.

- Il est celui qui m'a ramené. Je ne serais pas là sans lui. Je sais que Riff a failli mais…

- C'est ton père qui nous l'a envoyé ! Il est temps que tu te défasses de lui ! Tu sais que c'est dangereux ! Il en va de ta protection !

- Je suis d'accord avec ton oncle. Intervint Cléhadore.

- My Lord… Si je vous mets dans l'embarras, je peux vous donner ma démission.

L'héritier se figea puis se tourna lentement vers Riffel. Il savait que c'était lui et pourtant, il avait envie de se jeter dans ses bras en l'appelant « Riff ». Il avait envie de lui pleurer contre le torse en le suppliant de l'arracher à tout cela.

- Reconnaissons qu'il a bonne conscience.

- Ce pourquoi je me méfie tout particulièrement de lui. Intervint le médium.

Mary les regardait tous sans savoir comment les aider. Elle s'éloigna prudemment, se rapprochant d'Oscar.

- Cain, nous devons renverser Delilah ! Avec un espion dans nos rangs…

- Monsieur, je ne suis pas un espion. Je peux vous le jurer. J'ai été manipulé. Mais je comprends vos doutes et si mon absence peut être profitable à mon Maître…

- Définitive. Trancha Dominique.

- Si mon Maître me congédie, cela va de soi.

- Bien. Dit l'oncle. Je crois que cela règle la question : Prenez vos bagages, Monsieur Raffit. S'il vous en reste.

Riffel s'inclina bien bas.

- Non…

- Non ? S'étonna Neil en se tournant vers Cain.

Celui-ci se pinçait les lèvres. Il savait que c'était factice, que c'était là l'occasion de fuir son bourreau. Mais l'imitation était trop parfaite…

- Riff reste à mon service.

Riffel s'agenouilla, lui prit la main et l'embrassa.

- Ces mots me vont droit au cœur, my Lord.

Cain ne put s'empêcher de sourire.

- My Lord ! Ne vous laissez pas duper ! Ce n'est pas moi !

- Relève-toi.

- CAIN !

Quelle familiarité ! Ricana Riffel en se redressant.

Riff prit le contrôle du bras gauche avec grande peine. Il étendit la main pour étrangler Cain. Son cœur se fendait en deux mais on expulserait cet usurpateur. Malheureusement, la force l'abandonna tout contre sa gorge.

- … Votre col est mal mis. Fit Riffel en l'arrangeant.

Cain sourit de la façon la plus radieuse au monde. Il avait perçu la pression, courte. Riffel n'était pas stupide. Mais le jeune Comte était maintenant convaincu : Riff était là !

Il se tourna vers son oncle.

- Prenons le petit-déjeuner avant toute chose.

- Il faudra que tu nous contes tes mésaventures… Dit l'oncle Neil. Loin des oreilles innocentes.

- J'ai le droit de savoir ! Protesta Maryweather. J'étais si inquiète.

Cain prit place à la table. Sa sœur se hâte de l'imiter. Riffel servit alors le thé et le petit-déjeuner.

- Bien essayé.

- Ce sont des histoires bien ennuyeuses Mary.

Elle gonfla les joues.

- J'irai t'acheter un ours en peluche cet après-midi.

- Tu n'as rien à te faire pardonner grand-frère !

- Mais j'y tiens.

Il sourit.

Il en oubliait presque la douleur qui subsistait dans son fessier.