Jeux forcés

Auteur : Angelscythe

Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même

Couple : RiffelXCain et RiffXCain !

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…


Chapitre 12

Cain se réveilla dans son lit, tout contre Riff. Si ses sens n'avaient été en éveil constant, il aurait oublié que là, il ne restait qu'un bourreau impitoyable. Il s'éloigna vivement, quittant les bras pourtant chaud et ferme.

Il n'avait pas oublié les termes de leur accord. Il songea à Mary, à son oncle. Se passant les mains sur le visage, il chercha comment s'en sortir. Tout était une question de finesse.

Ne pas céder, ne pas craquer et trouver le bon angle.

Ce n'était pas aisé. Tout autre que Riffel aurait eu l'honneur de succomber à un poison issu de sa réserve personnelle.

Elle lui était enfin accessible mais demeurait malheureusement des plus inefficaces.

- Allez réveille-toi ! S'astreignit-il en se mettant des claques discrètes.

Le lit remua.

Cain fronça les sourcils.

- Réveille-toi, idiot !

L'héritier Hargreaves donna un coup de pied dans les hanches de Riffel. La seconde d'après, il se retrouvait plaqué contre le matelas, une main comprimant sa gorge.

- Oh oui… Serre. Chuchota-t-il péniblement.

Le défi stagnait dans ses yeux. Riffel sourit.

- Je reconnais cette arrogance. Pas de chance pour toi.

Il lui ravit un baiser, le mordant volontairement avant de se redresser. Cain avala son sang avec dégoût.

- Pourquoi m'as-tu frappé ?

- Riff serait bien plus soucieux que toi. Il va passer pour un désordonné, un empoté. Rappella-t-il en se relevant.

- Bah… C'est son image. Et puis, il faudra encore attendre un peu.

Se tournant vers le Comte, il lui caressa la joue. Le jeune Noble le repoussa, agacé.

- J'ai une bouche qui m'a été promise.

- Oui. C'est tout ce que tu obtiendras de moi.

Cain vit la lueur perverse dans les yeux glacés.

- Avec mon consentement. Ajouta-t-il alors, espérant étouffer cette étincelle.

- Tu ne diras plus ça longtemps. Sourit Riffel. À présent…

L'adolescent ferma les yeux, affrontant son impuissance.

µµµ

- Te voilà bien tard !

- Bonjour, mon oncle.

- Des difficultés à sortir du lit ?

- Votre voix de si bon matin m'est insupportable, Cléhadore. Siffla Cain. Riff, ne baye pas aux corneilles.

Le jeune Comte suivit son domestique du regard.

- Vous comptez rester longtemps à ma table Cléhadore ? reprit-il. Vous n'avez pas d'autres choses plus importantes à faire ?

- Delilah. Répondit simplement le médium.

- Allez-y.

- Ne soyez pas stupide ! Vous savez que nous avons besoin de votre aide. Tant que votre père frappera…

Dominique se tut en voyant Riffel revenant, posant une tasse thé ainsi qu'une assiette débordant de toast, œuf brouillé et fève devant son Lord.

- Vous savez… Je n'ai pas engagé un sourd…

Cain prit une bouchée d'haricot.

- Je vous l'ai dit : j'ai pleine confiance en Riff. Cessez d'en douter !

Il sourit en portant sa fourchette à sa bouche. Parce qu'il voyait la rage sous le sourire faux de son majordome. Et ce même s'il savait que, cette pique, il la regretterait plus tard.

Il n'empêcha qu'il jeta un regard dépité à l'homme. Quoiqu'il ait fait, cette nourriture était loin d'être à son goût.

- Par contre, reprit enfin le jeune Noble, je me passerais volontiers de toi, Cléhadore. Quand vas-tu reprendre tes ridicules tours de passe-passe au juste ?

- Tu as vu ce que je savais faire ! Protesta vivement l'homme. Je suis un vrai médium. La marque sur le corps de ton majordome l'a prouvé !

- Je suis lasse de cette conversation. Vraiment. Tu as trop l'habitude de te répéter et tu en oublies que dès que quelqu'un à un peu de jugeote, ça l'énerve qu'on rabâche sans cesse.

Dominique serra les dents. Il se leva et partit vers la porte.

- Bonne journée. Chantonna Cain.

- Tu n'as rien perdu de ton effronterie. J'ignore si je dois en être heureux ou pas. Soupira Neil.

- Soyez-en ravi.

Si le Comte souriait, il espérait secrètement que son oncle resterait auprès de lui. Il en avait désespérément besoin. Rester seul avec Riffel le gelait d'effroi. Il ne faisait que lui rappeler les actes de Gloria.

Et pas question d'épancher ses larmes auprès de son oncle. Déjà par orgueil mais ausis par honte.

- Comment comptes-tu renverser Delilah ? Questionna Neil.

- Mon oncle ?

- Quoi ? Tu es surpris ? Tu as dit avoir confiance en lui. Je ne lui fais absolument pas confiance, c'est vrai. Mais je crois en ton jugement.

- Je vous en remercie. Si mon père meurt, Delilah sombrera avec lui. Je ne pense pas que Docteur perdurera longtemps sans lui.

- Que comptes-tu faire ?

Cain posa sa fourchette dans le plat qu'il avait à peine touché.

Il ne pouvait pas espérer vivre tranquillement tant que son père serait vivant. Ensuite, il devrait régler la question de Riffel… Peut-être avait-il le vain espoir que sa mort lui rendrait Riff…

- Je n'en ai pas la moindre idée.

- Sait-il que Riff est avec toi ?

Cain hésita. Il regarda vers son majordome.

- Non. Il sait que je ne demeure pas toujours auprès d'eux mais il ignore que mon allégeance revient à Lord Cain. Se permit Riffel.

- Cain…

Le Comte acquiesça. Il était très mitigé. Utiliser Riffel était une bonne idée mais c'était tellement à double tranchant. L'homme pouvait le trahir mais son père pouvait aussi découvrir le pot aux roses et lui dérober tout espoir d'être à Riff.

D'un autre côté, Riffel pouvait s'infiltrer et il était trop obsédé par l'idée de lui du mal, de le posséder, que Cain était presque sûr qu'il ne retournerait pas avec Delilah ! Et il n'oubliait pas un point non-négligeable s'il le laissait partir : son bourreau ne serait plus là.

- Le ferais-tu ?

- Tout ce que vous désirez, my Lord.

- Ce n'est pas ce que je veux entendre. Dit Cain.

Neil haussa un sourcil. Les lèvres de l'argenté s'étirèrent en un sourire qui n'était adressé qu'à son maître. Il posa un genou au sol et lui prit la main.

- Je veux détruire l'homme qui risquerait de vous ravir à moi.

L'oncle eut un rire moqueur mais ces mots convainquirent bien plus Cain puisqu'il ne s'agissait pas de ceux de son aimé.

- Parfait. Tu as mon accord. Si ce plan vous paraît toujours acceptable, mon oncle.

- Oui. Nous ne pouvons faire autrement de toute façon. Voilà notre ultime chance.

L'homme se leva.

- J'espère que vous mourrez dans l'opération. Dit-il, d'un ton acide, à Riff.

Il quitta la pièce en laissant les deux hommes seuls.

Le Comte se sentit défaillir mais s'astreignit au calme.

- Eh bien.

Le majordome se leva et épousseta sa tenue en grimaçant. L'héritier Hargreaves en profita et se leva. Il se dirigea vers la porte mais un bras l'empêcha d'aller plus loin. Il fut violemment repoussé vers la table qu'il manqua de se prendre.

Riffel s'avança vers lui et le colla contre le bois.

- Que veux-tu ? Questionna Cain.

- C'est une mission très dangereuse que tu me demande là.

- Idiot ! Je te rappelle que je n'ai aucune raison de vouloir de tuer ! Je n'exècre qu'une moitié de ça, cria-t-il en lui donnant un coup sur le toi, toi !

- Oui. Et pourtant… Tu me connais déjà bien.

- « Connais ton ennemi ».

- Mais tu trembles. Sourit-il.

Il se colla d'autant plus à Cain, lui renvoyant ses propres frémissements d'angoissé. Il était gelé de terreur. Et s'il appelait un domestique ?

- Du désir ?

- Des frissons de répulsion. Sourit Cain.

Le majordome se pencha vers lui, lécha sa gorge et mordit. Les mains du Comte se crispèrent sur le bois, les jambes flageolant d'autant plus. Sans la table, il s'effondrait.

Ah si seulement il avait pu lui envoyer une balle dans le crâne…

La porte s'ouvrit en silence. Les yeux de Cain s'écarquillèrent en voyant une bonne. Tant un avantage qu'un inconvénient.

Il repoussa Riffel qui s'accrocha à ses hanches en collant son bassin au sien.

- P…Pardon. Balbutia-t-elle.

Les yeux de l'argenté s'ouvrirent. Il s'éloigna de son maître et lança un regard à la domestique, les lèvres en sang.

- Qu… Euh… M… Monsieur Raffit… Je… venais…

Le majordome passa son pouce sur ses lèvres alors que Cain pressait ses doigts contre sa gorge.

- J'ignorais…

- Et vous continuerez d'ignorer, Griselda. Annonça Riffel.

- Je ne dirais rien ! Avec moi votre secret est bien gardé ! Sourit-elle, gauche.

- Je n'en doute pas. Dit le comte.

- Moi si. Sourit le valet.

- Et que veux-tu faire ?

Griselda se recula. Elle voulut ferma la porte mais Riffel fut plus vif qu'elle. Elle fut attrapée, son bras tordu et son corps coller contre le mur alors que le battant se reclapait. Elle aurait hurlé si une main ne s'était pas plaquée sur ses lèvres.

- Riffel !

- Adorable. Commenta le concerné.

- Idiot ! Nous sommes près du but !

- Mon cher Comte des Poisons… Sourit-il. Ne comptez-vous pas vous amuser ?

- Assume tes actes !

- Tu imagines la corde autour du cou de Riff ?

Cain coula un regard vers la servante qui tremblait comme une feuille.

- Griselda te prends pour une folle.

- Qu'importe. Ce sont là ces dernières pensées.

La domestique lança un regard plein de supplication à son maître.

- Te rends-tu compte de ce que tu fais ? Tout ça parce que tu es incapable de te contenir !

- Vite avant que quelqu'un d'autre n'arrive. Nargua Riffel, ignorant l'autre.

- Non. Dit fermement Cain. Griselda, je ne veux pas entendre un seul mot de cela revenir à mes oreilles. Si j'en entends parler, je saurai que c'est de ta faute et cette fois, tu sauras à quel point je suis diabolique.

En larme, maintenue par une force insoutenable, elle acquiesça comme elle put.

- Relâche-la, Riffel !

Le majordome s'exécuta, un rictus aux lèvres. La servante s'enfuit immédiatement.

- Eh bien ?! On rechigne à tuer des gens ? Se moqua le valet.

- Je ne suis pas ta marionnette. Je ne t'obéirais pas.

- Ah oui… ?

- Riffel…

L'intéressé le fixa, interloqué.

- Tout ceci ne faisait pas partie de notre… jeu. De mon corps, tu as obtenu ce que tu voulais.

Cain s'approcha de lui et lécha ses doigts ensanglantés.

- Et je sens en toi un désir de me servir.

- Tu me confonds encore avec Riff. Je vais m'énerver.

- Soupe au lait dès qu'on mentionne un autre…

Le Comte passa à côté de lui et s'appuya contre le mur, ouvrant la porte. Il maîtrisait sa peur de toutes ses forces et souhaitait qu'elle n'était ni palpable dans sa voix, ni dans son regard.

- Comment te faire avouer que j'ai gagné ?

Les lèvres de Riffel se tordirent dans un abominable sourire.

Ne pas se faire prendre au piège. Surtout pas !

- Tu n'as rien gagné. Tu as un corps très agréable et il me tarde de l'essayer.

- Oui. Tu demanderas à Riffe ce qu'il en pense lorsque tu lui auras rendu son corps.

Cain sorti, conquérant. Mais il se détesta d'avoir pris son Riff à parti de la sorte.

µµµ

Le valet serra les dents, attrapa l'assiette pleine et la jeta de toutes ses forces dans le mur qui se fissura.