Jeux forcés
Auteur : Angelscythe
Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même
Couple : RiffelXCain et RiffXCain !
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…
Chapitre 13
Riffel enfilait sa veste, sentant les regards sur lui. Les yeux venimeux de Neil et Cléhadore, ceux dubitatif d'Oscar… Était-ce de la peur qu'il voyait dans le regard empoisonné ? Il s'en rassasia une seconde trop courte.
Il devait rester dans le personnage.
Il s'inclina et fit un pas vers la porte mais une main se serra sur la sienne.
Le majordome ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux en tournant le regard vers la jeune Lady.
- Riff, tu feras attention ? Demanda-t-elle de sa voix douce.
- Bien sûr, Mademoiselle Maryweather. Je serai bientôt auprès de vous tous.
- Et tu n'auras plus à te soucier de rien. Jura Cain en tendant les bras à sa sœur.
Celle-ci s'y réfugia et lança un léger sourire à Riffel.
Il s'inclina et partit enfin.
- Bien… Cléhadore, quittez ma demeure pour la millième fois. Soupira le jeune Comte.
- Monsieur Neil, Prévenez-moi au retour de Riff je vous prie.
Cain eut une grimace agacée. Parlait-il à un sourd ? Quoique ! Même un sourd ferait plus d'effort !
- Pscar, pouvez-vous allez surveiller comme nous l'avions convenu ? Demanda l'oncle Neil.
Le Baron déchu acquiesça et s'en alla non avoir glissé ses mots doux à Maryweather.
Neil attendit qu'il soit parti depuis quelques secondes pour s'adresser à la jeune Lady qui se pressait tendrement contre son aîné.
- Mary… Et si tu allais t'entraîner aux gammes ? J'aimerais parler seul à ton frère.
- Oui, mon oncle.
Elle fit une référence distinguée, colla un baiser sur la joue du Comte et fila enfin rejoindre une domestique.
- Viens, Cain. Somma le vieil homme.
- C'est encore mon domaine. Protesta-t-il.
- Je dois te parler de choses importantes.
Le Comte n'aimait pas du tout la façon dont l'homme avait prononcé ces mots. Il soupira mais opina. Seulement parce qu'un peu d'air frais lui ferait beaucoup de bien.
Ils sortirent dans les somptueux jardins et marchèrent quelques pas en silence. Cain en profitait pour remuer ses pensées. Lorsqu'un banc se présenta, ils s'assirent.
- Cain…
- Mon oncle ?
- Je suis au courant de ce qu'il se passe avec Monsieur Raffit.
- Encore cette discussion ? J'en ai assez !
Plus que lasse, il se leva, rangea une mèche brun-noir et s'éloigna vers son domaine.
- Je sais qu'il t'attouche. Lança l'oncle, non sans brisure dans la voix. Et même pire.
Cain se figea. Cette réaction était malheureusement criante de vérité. Il savait qu'il ne pouvait plus rien nier.
Quel idiot !
Et s'il réussissait malgré tout ? Il possédait plus d'une carte dans sa manche. Il pouvait encore manipuler les foules…
- Je t'ai envoyé Griselda hier. Mais je peux continuer de te voir te détruire.
Neil se leva et s'approcha de lui. Sa main se posa sur l'épaule de son neveu avec une douceur infinie. Une douceur qu'il n'avait jamais eu pour lui auparavant. Du moins, il semblait à l'héritier Hargreaves.
- Cain… Tu peux me parler. Nous pouvons agir.
- Riff ne me fais aucun mal.
- Pourquoi sembles-tu effrayé par lui ?!
La menace de son bourreau planait comme l'épée de Damoclès et Cain ne pouvait rien dire. Avait-il droit de se confier dans une telle situation ?
Même en sachant la vérité, le prendrait-on pour un fou ?
- Cain… Tu n'es pas obligé de vivre ça.
Son oncle lui étendit les bras.
Céder ? Avouer ce que faisait Riffel implicitement ? Prendre le risque que Riff meure ?
- Mon oncle ça…
- Très bien. Je comprends.
L'homme lui posa la main sur la joue.
- Je passerai plus de temps avec toi à dater de cet instant.
Cain baissa les yeux et murmura un mot qu'il souhaita inaudible. Merci.
µµµ
Riffel poussa les portes de la basse principale de Delilah. Il ne salua personne et se rendit directement vers la salle où Alexis passait le plus clair de son temps.
Il s'inclina profondément face à lui.
- Riffel. Dit l'homme en le voyant. Tu as été longuement absent. Nous avons raté notre chance. Le savais-tu ?
Le chef de Delilah le fixait depuis son siège, le regard glacé.
- J'en ai eu vent. Je suis navré de ne pas avoir pu être là.
- As-tu au moins des nouvelles de Cain ? Questionna le dirigeant.
- J'en avais fait part à Jezabel. Votre fils aurait été maintenu captif par le juge Gloria qui en a fait sa chose. Mais les dernières nouvelles me sont venues qu'il était dans son nouveau domaine. Heureusement, il s'est entouré d'idiots ce qui m'a permis de le localiser.
Riffel détestait de rester prostré devant lui comme ça alors qu'il entendait son souffle sifflant.
- Comment est-il ? Questionna Alexis.
Il se leva et s'approcha.
- Détruit. Je vous souhaite de pouvoir assister à ce spectacle. J'en ai vu des bribes. C'est divin. Une telle tristesse qui pare son visage des plus beaux bijoux. De somptueuses larmes qu'il cherche à ravaler.
- Quelle passion ! S'esclaffa son chef. Pour un peu, on croirait que tu l'aimes.
Riffel se tendit.
- Je le hais du fond de mon cœur ! Je n'aspire qu'à le détruire.
- Cette véhémence me semble un peu trop soudaine à côté des mots que tu prononçais. Se moqua Alexis.
- J'ai toujours vécu pour faire le mal. Celui de Cain y comprit.
- À vrai dire… Un de mes espions m'a dit que tu avais joué de son corps, toi aussi.
Les yeux s'injectèrent de sang derrière ses lunettes et s'habillèrent même de folie.
- Que penses-tu de mon fils ? Riffel ? Questionna-t-il d'un ton cinglant.
Le majordome se redressa d'un bon, lui attrapa la tête et la fracassa dans le sol en une fraction de seconde. La Lune hurla et tira une balle que Riffel évita.
En partie.
- Qu'as-tu fait ? Vociféra la tzigane en se précipitant vers leur chef.
Son arme tremblait dans sa main.
- Je n'aime pas Cain ! Se défendit farouchement Riffel.
La femme écarquilla les yeux alors que le sang coulait le long de la peau et des habits de l'argenté.
- Il… Il est mort.
Elle se redressa, la rage bouleversant son visage. Elle braqua son revolver vers lui et fixa la blessure d'où s'écoulait le liquide de vie.
Ses lèvres s'étirèrent.
- Inutile d'accélérer son échéance.
Riffel tourna la tête vers l'ouverture d'où s'était élevé la voix de Doctor. Il conservait un sourire sardonique aux lèvres alors qu'il tentait de ne pas regarder son père, étendu au sol sans la moindre vie.
- Savais-tu que tu n'étais qu'une poupée mortelle ? Asséna-t-il avec plus de vigueur qu'il n'en avait besoin. Maintenant que ton sang s'écoule et que tu es l'ennemi de Delilah, que comptes-tu faire ?
Le majordome demeura silencieux.
- Tu ne me crois pas, n'est-ce pas ? mais comment expliques-tu ta force surhumaine ? … Ah ! Rit Doctor. Tes yeux s'écarquillent. Tu réalises, n'est-ce pas !
Il y avait tant de chances qui corroboraient les dire de Jezabel. Tant de choses dont le valet tentait de faire fi.
- My Lord… Résonna la voix de Riff.
- Delilah n'est plus. Répliqua sèchement Riffel.
- En effet. On peut dire que, comme nous tous, tu sombreras avec l'association. Et pour quoi ? Les yeux hideux de mon frère.
Jezabel lui jeta un contenant que l'argenté rattrapa d'instinct. À l'aspect, il reconnut l'onguent que lui avait donné le docteur la première fois.
- Lorsque tu auras fini de jouer avec la chose que tu n'aimes pas. Se moqua-t-il.
Le blond s'approcha du corps de son père et s'accroupit sous le regard glacé de Riffel qui se sentait moins fort à mesure que le sang coulait de son corps.
- À ta place, je soignerais cette blessure. Se moqua Jezabel en glissant ses doigts dans le liquide carmin. Tic tac. Ricana-t-il.
- My Lord… Riffel ! Il faut qu'il sache !
- Es-tu soulagé ? Es-tu heureux ? Je ne le blesserai plus… ton maître.
- Il sera seul… Sans personne pour l'écouter.
- Tu préférais qu'il soit entre mes griffes ? Intéressant !
- Je n'ai pas la force de me battre. Je t'en prie, rejoins-le. Préviens-le. Laisse-le me dire au revoir. Si tu l'aimes… laisse-le nous dire au revoir…
Riffel jeta le pot d'onguent sur Jezabel, se leva et pressa sa main sur la blessure avant de partir.
Il sentait la douleur l'irradier mais plus que ça, l'horrible fatalité : il allait mourir…
