Titre : Jours du mariage.
Résumé : La suite de « Demandes en mariage ». Le jour du mariage est arrivé, et a, lui aussi, droit à ses péripéties… En parallèle avec les demandes effectuées, l'ordre est donc le même que celui des demandes.
Disclaimer : Le monde de la magie et les personnages appartiennent à JK Rowling.
Couple du jour : Remus Lupin et Nymphadora Tonks.
Il était certainement l'homme le plus égoïste qui puisse exister sur terre, à se marier à la femme qu'il aimait alors qu'elle méritait cent fois mieux que lui.
Non. Mille fois mieux. Elle méritait tellement mieux que lui…
Mais elle lui avait dit d'être égoïste, alors il allait l'être parce qu'une fois, pour une fois dans sa vie, depuis la mort de tous ceux qu'il considérait comme ses amis – et à ses yeux, oui, Peter Pettigrow était mort, dès lors qu'il avait trahi James et Lily – il était heureux. Pour une fois, une femme le rendait heureux, une femme autre que sa mère, une autre femme que Lily Evans qui l'avait accepté tel qu'il était. Cela faisait tellement de personnes qui l'acceptaient qu'il avait l'impression qu'une puissance supérieure allait bientôt tout lui reprendre, lui montrer qu'il n'avait pas le droit d'être aussi égoïste, aussi heureux pendant aussi longtemps, mais, pour le moment, il s'en moquait.
Presque.
Parce qu'en regardant les rares personnes qui étaient présentes, en regardant les deux témoins qu'il avait dégotés dans la taverne à quelques mètres de là, en voyant que le mariage ne ressemblait en rien à celui de Lily et James, des années auparavant, en réalisant qu'il manquait Harry, qu'il manquait toutes les personnes qu'il estimait, il se posa une question.
Est-ce que toutes ces personnes étaient absentes parce qu'il n'avait pas eu le temps de les prévenir ou est-ce qu'inconsciemment, il s'était refusé à les inviter de peur de voir un quelconque jugement dans leurs yeux ? Est-ce qu'il avait préféré ne pas les inviter pour leur éviter un déplacement pour ce mariage, ou bien l'avait-il fait pour ne pas se sentir honteux d'obliger Nymphadora à vivre une vie telle que celle qu'il lui réservait ?
Et il avait beau être égoïste de toutes ses forces, un sentiment de culpabilité ne cessait de le ronger jusqu'aux tréfonds de son être, lui rappelant sans cesse qu'il forçait la femme dont il était amoureux à une vie de misère, à une vie de paria, à une vie déshonorée, à une vie rythmée par l'apparition de la pleine lune.
Il était là, à se dire que c'était la pire chose qu'il ne ferait jamais, qu'il devait vite laisser la culpabilité, la raison, remplacer son égoïsme, quand la main de Nymphadora se glissa dans la sienne, et que, parce qu'il était incapable de ne pas la regarder, il tourna légèrement la tête vers elle, pour la voir une dernière fois.
Et son égoïsme reprit le dessus.
Mais pas uniquement parce qu'il était amoureux d'elle, non, pas seulement. Parce qu'il réalisait qu'il était capable de rendre une femme heureuse, une fois dans sa vie, oui. Parce qu'il voyait dans les yeux de Nymphadora la même chose que lui ressentait, le même amour, le même besoin de l'avoir à ses côtés, cette même passion, ce même bonheur. Cette même impression de ne se sentir complet que lorsque l'autre est à vos côtés.
- N'oublie jamais que je t'aime, murmura tout bas Nymphadora.
Ce drôle de sursaut dans son estomac, qu'il avait dès qu'elle lui accordait sa totale attention, dès qu'elle lui disait qu'elle l'aimait.
- Jamais, asséna-t-elle en pressant sa main.
Il hocha la tête, la gorge sèche à présent.
- J'oublie très souvent de te le dire, murmura-t-il sur le même ton. Mais moi aussi je t'aime. Énormément. Même si…
- Même si tu n'es qu'un idiot qui hésite toujours avant de te lancer ? compléta-t-elle d'un air détaché.
- Oui.
Elle soupira.
- Que veux-tu. J'ai toujours eu un faible pour les crétins, sourit-elle. Cela doit être pour cela que je me marie avec toi. Ah non, ça, c'est parce que je t'aime, répéta-t-elle une nouvelle fois. Je te le répète, je sais, mais c'est pour être sûre que tu ne t'imagines pas que j'ai pitié, ou quelque chose dans ce goût-là. Et ne me mens pas, je sais très bien que tu as pensé ça au moins une fois. Tu parles dans ton sommeil, expliqua-t-elle.
Remus n'avait jamais su plaisanter, ou presque, il n'avait jamais su faire preuve d'autodérision, à cause de sa lycanthropie mais ça, c'était avant de connaître Nymphadora Tonks.
- Et tu veux quand même te marier avec moi ? Alors que je parle dans mon sommeil ? s'horrifia-t-il.
- Oh, tu sais, j'ai de bien pires défauts que ça, se contenta-t-elle de répondre. On va se marier ?
Remus sourit.
- Oui. Allons nous marier.
Ils s'approchèrent de la personne qui allait officier, et Remus, une dernière fois, sentit la culpabilité le ronger, l'égoïsme s'en aller, et, une dernière fois, il songea à transplaner, et à sortir de la vie de Nymphadora.
Et puis il se rappela qu'il l'aimait. Plus que tout. Qu'il serait jaloux à en crever si elle partait avec quelqu'un d'autre. Et qu'il avait la chance d'être aimé en retour. Alors il n'allait pas partir. Il allait, une fois dans sa vie, profiter du bonheur qu'on lui offrait. Et il allait se marier à Nymphadora Tonks, parce que rien ne lui ferait plus plaisir, rien ne serait mieux que ce mariage.
Je sais, je sais, il faut que j'arrête de me justifier.
Si ce mariage est ainsi, c'est de la faute de Pottermore. "Malgré ses doutes et son sentiment d'agir de manière égoïste, Remus épousa Tonks dans le nord de l'Ecosse lors d'une petite cérémonie très intime, après avoir trouvé deux témoins dans la taverne du coin."
Comme vous pouvez le constater, j'ai transformé le "intime" en "y a personne".
À bientôt les loulous. Et, bien évidemment ! Merci à tous pour vos reviews. J'oublie de le dire, parfois, mais le cœur y est toujours. Vous êtes formidables.
