Titre : Jours du mariage.

Résumé : La suite de « Demandes en mariage ». Le jour du mariage est arrivé, et a, lui aussi, droit à ses péripéties… En parallèle avec les demandes effectuées, l'ordre est donc le même que celui des demandes.

Disclaimer : Le monde de la magie et les personnages appartiennent à JK Rowling.

Couple du jour : Bill Weasley et Fleur Delacour.


Faites que tout le monde aille bien.

C'était ce que se répétaient Bill et Fleur depuis qu'ils avaient été chassés de leur propre cérémonie de mariage par Molly Weasley, qui les avait forcés à transplaner. « On n'a pas besoin de vous, on saura gérer ! » avait-elle crié en envoyant un sortilège – qui avait atteint sa cible. Eux-mêmes en avaient fait de même avant que l'ensemble de l'Ordre ne leur ordonne de partir – apparemment, les jeunes mariés devaient éviter toute situation dangereuse le jour même de leur mariage…

Et ils étaient partis, sans plus se poser de questions, parce qu'ils étaient fous amoureux l'un de l'autre, et qu'ils ne pouvaient vivre avec l'idée que l'un d'eux fut blessé à cause de la détermination de l'autre à rester pour se battre.

Ils avaient simplement voulu célébrer leur amour. Montrer à tout le monde qu'ils étaient heureux. Leur montrer que oui, il était encore possible de s'aimer malgré la guerre, qu'il fallait y croire, et que c'était une façon, justement, d'oublier cette fichue guerre qui gâchait des vies, jour après jour.

Ils s'étaient dits qu'il n'y aurait pas d'attaques, ils s'étaient dit que tout irait bien, qu'ils pourraient se marier sans encombre.

Qu'est-ce qu'ils avaient pu être naïfs…

Bill avait la mâchoire crispée. Fleur ne bougeait pas, droite comme un piquet. L'un comme l'autre se demandait s'ils ne s'étaient pas conduits en lâches, s'ils ne devraient pas retourner sur le lieu du mariage pour les aider.

Puis un Patronus arriva, et leur assura que tout allait bien. Lentement, peu à peu, Bill se détendit, laissant ses muscles se relâcher, ressentant enfin la douleur qu'il s'était forcé à endurer en se crispant. Il comprit qu'il pouvait enfin laisser la pression retomber.

Fleur, elle, n'était pas prête à laisser la pression retomber, oh non, pas prête du tout. Alors Bill l'aida un peu. Il posa les mains sur ses épaules, la massa un peu, pour l'aider à se détendre. Et alors qu'il pensait qu'elle allait se relâcher, alors qu'il pensait qu'elle allait laisser la pression retomber peu à peu, comme elle le faisait toujours à chaque fois qu'elle était tendue, elle se jeta dans ses bras, et se mit à pleurer sans retenue. Pleurer parce qu'elle avait eu peur, pleurer parce qu'elle avait craint pour leur vie, pour celles des invités, pleurer parce que le plus beau jour de sa vie s'était transformé en celui qui lui ferait avoir des cauchemars des nuits durant.

Elle pleura tout son saoul, laissant Bill lui murmurer des paroles idiotes, lui dire des choses sans sens. Tant qu'elle entendait sa voix, c'est que tout allait bien. Bill était à côté d'elle, elle pouvait se laisser aller, elle pouvait pleurer. Elle avait son mari à côté d'elle.

Elle pouvait respirer, se calmer. Même si son mariage avait été fichu. Même si tout le monde se rappellerait de ce jour comme de celui où les Mangemorts avaient débarqué dans le jardin des Weasley pour tous tenter de les tuer. Un merveilleux mariage.

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- Tu vas mieux ? demanda Bill quand les pleurs de Fleur se furent éteints depuis déjà une vingtaine de minutes.

Contre son torse, il sentit la tête de Fleur faire un mouvement de haut en bas, signe que ça allait bien.

- OK, murmura Bill. Alors, voilà ce qu'on va faire. Maintenant qu'on est sûrs que notre famille est en sécurité, on va profiter des derniers jours qu'il nous reste à vivre dans cet appartement. Et, pour commencer, on va se faire une bonne boisson chaude pour se réconforter, et on va attendre que l'on vienne nous voir.

Elle hocha la tête, et se laissa tomber sur le canapé. Quand Bill revint avec les deux tasses fumantes, elle n'avait toujours pas bougé. Elle prit sans un mot sa tasse, et commença à la boire, sans dire un mot.

C'est quand Bill était persuadé qu'elle ne dirait plus rien de la soirée qu'elle se décida à ouvrir la bouche.

- Cette journée devait être la plus parfaite de ma vie, je devais m'en souvenir pour toujours comme du jour où j'ai enfin pu épouser l'homme de ma vie et, au lieu de cela, je me sentirais toujours coupable parce que des tas de gens ont failli mourir, juste parce qu'on célébrait notre mariage…

- Fleur, ne confond pas tout. Ce n'est pas parce que c'était notre mariage qu'on a été attaqués. C'est parce que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a réussi à s'emparer du Ministère. Ce n'est pas de notre faute, seulement de la sienne. Tu ne dois pas te sentir coupable de cela, d'accord ?

Elle ne bougea pas.

- Fleur…

- Comment ne pas se sentir coupable ?

- Moi, je ne me sens pas coupable. C'est peut-être fou, mais malgré tout cela, je n'arrive qu'à me rappeler de la chose la plus importante de la journée, de la seule chose dont je me rappellerai toujours, de cette chose qui me rend le plus heureux des hommes.

- Et c'est quoi ? s'enquit-elle amèrement alors que Bill souriait.

- Le fait que tu aies accepté de m'épouser, moi, pauvre Weasley défiguré.

Elle réussit enfin à sourire, avant de se tourner vers son nouvel époux.

- Tu arrives à ne penser qu'à ça ?

- Il me suffit de te regarder pour me dire que tout le monde peut être mort, je m'en moque, parce qu'à présent, tu es mienne et ce pour le restant de mes jours, affirma-t-il.

Elle sourit encore plus.

- D'accord, souffla-t-elle. Tout n'est pas noir dans cette journée.

- Non, en effet. Alors, pensons plutôt à ce que nous allons faire à présent en tant que jeunes mariés, plutôt que de ressasser ce triste événement. Nous sommes les gens les plus heureux de la terre, alors, profitons-en. Aimons-nous comme personne. Oublions le reste. Ne pensons qu'à nous deux pour les prochaines heures. Ça te tente ?

Elle hocha la tête. Oui, bien sûr que ça la tentait. Elle était mariée à Bill Weasley, et elle ne pouvait tout simplement pas rêver mieux. Oublions tout. Vivons d'amour et d'eau fraîche, pour quelques heures, avant que la réalité ne nous rattrape.


Merci en tout cas pour vos reviews, et tous vos petits mots gentils.

C'est dingue, je n'avais pas fait attention, mais ça nous fait deux mariages à la suite pas franchement gais, ah ah. Qui veut déprimer un coup ?!