Titre : Jours du mariage.

Résumé : La suite de « Demandes en mariage ». Le jour du mariage est arrivé, et a, lui aussi, droit à ses péripéties… En parallèle avec les demandes effectuées, l'ordre est donc le même que celui des demandes.

Disclaimer : Le monde de la magie et les personnages appartiennent à JK Rowling.

Couple du jour : Hannah Abbot et Neville Londubat.


C'était un mariage très simple, car les mariés l'étaient. Ils étaient des personnes simples, parce qu'ils avaient décidé de s'aimer, tout simplement, sans songer à ce que pensaient les autres. Ils savaient aussi tous les deux que leur mariage serait moins couvert par les journalistes que ceux de certains de leurs amis. Ils se rappelaient tout à fait du mariage de Harry et Ginny, où des Aurors avaient été spécialement détachés pour surveiller les alentours, devant interdire l'accès au lieu même de la cérémonie durant celle-ci. On parlait d'au moins cinq journalistes qui avaient été exclus de la cérémonie, pour avoir refusé la consigne pourtant simple, et qui n'avaient pas pu assister à la fête suivant l'échange des alliances.

Ils étaient donc tous les deux contents de leur mariage simple, et que celui-ci ne soit pas couvert par autant de journaux. Cela leur permettait d'oublier la guerre, mais cela permettait aussi à leurs amis de l'oublier. D'oublier qu'avec cette guerre, ils étaient devenus des piliers du monde des sorciers.

Alors ils profitaient tous de la simplicité du moment, tant qu'ils en avaient l'opportunité. Et ils se réjouissaient de cette union, parce que tous étaient d'accord pour dire que Neville et Hannah avaient des caractères très posés et qui s'assemblaient parfaitement. Tellement parfaitement qu'on en arrivait à se demander comment il était possible qu'on n'ait rien vu avant l'annonce de Neville concernant leurs sentiments réciproques.

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Augusta se retenait du mieux qu'elle le pouvait.

Elle fermait obstinément les lèvres, gardait un air renfrogné à chaque fois qu'on venait lui parler, tentait par tous les moyens d'éloigner les gens d'elle à chaque fois qu'ils tentaient de l'aborder. Elle se retenait comme jamais encore elle n'avait dû le faire tandis que son petit-fils passait au milieu de tous les convives et que sa nouvellement femme vérifiait que la nourriture était bien celle qu'elle avait commandée.

Ils étaient tellement heureux, tous les deux, et elle ne pouvait tout simplement pas gâcher tout ceci en ne sachant pas se retenir.

Elle ne pouvait pas être stupide à ce point.

Augusta se retenait du mieux qu'elle le pouvait.

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- Je suis tellement heureuse pour eux ! murmura Hermione à l'oreille de Harry.

Ce dernier hocha la tête, un pli soucieux sur le front malgré tout.

- Harry, si tu n'enlèves pas ce pli immédiatement de ton visage, je te jure que je le fais grâce à un sortilège, et ce sera beaucoup plus douloureux ! le sermonna-t-elle. Tu n'es pas au travail, tu n'es pas en train de t'occuper d'un suspect qui a enfreint un décret quelconque. Tu es au mariage d'un de tes plus chers amis, alors tu dois sourire et en profiter ! Tu n'en profites pas ? l'accusa-t-elle.

Harry sourit franchement. Depuis le temps, Hermione n'avait pas appris à contrôler son flot de paroles lorsqu'elle était agacée, énervée et désireuse de voir ses envies se réaliser.

- Hermione, je te rassure, je profite pleinement de la fête.

- Tu as intérêt, grommela-t-elle. Parce que d'ici peu de temps, il va falloir que tu me retiennes d'étriper ton meilleur ami…

- Qui est accessoirement ton mari, lui rappela-t-il d'une voix douce.

- Parce qu'il est en train de lorgner avec un œil bien trop insistant les buffets, gronda-t-elle. Et… Harry ! Tu ne m'écoutes déjà plus ! lui reprocha-t-elle. Qu'est-ce que tu regardes, par Merlin ?

Il sursauta, et se retourna vers elle.

- Désolée, Hermione. Je regardais Augusta. Tu ne trouves pas qu'elle est… triste ? s'enquit-il.

Hermione se tourna vers la grand-mère du marié, les sourcils froncés.

- Tu as peut-être raison.

- Il a entièrement raison, renchérit une voix surgit de nulle part.

Ils se tournèrent vers l'origine de la voix, à savoir Neville.

- Et je pense que toi, Harry, tu as une petite idée de ce qu'elle peut ressentir. Et de ce que je ressens, moi aussi, dans un sens.

Puis, sans leur laisser le temps de dire un mot de plus, il s'éloigna rapidement.

- De quoi parle-t-il ? s'étonna Hermione.

Harry soupira en portant à ses lèvres le verre qu'il avait en main.

- De l'absence de ses parents, murmura-t-il.

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- Augusta, c'est stupide, vous le savez ! s'impatienta Hannah. Venez donc vous joindre à nous, plutôt que de… mais pourquoi est-ce que vous continuez de secouer la tête ainsi ? Ah, Neville ! Je ne comprends pas ce qui arrive à ta grand-mère, elle est si…

Elle ne savait même pas comment définir ce qu'elle voyait. Augusta, cette femme si forte, si droite, qui avait toujours un mot à redire sur tout, n'avait même pas émis la moindre critique concernant la robe de Hannah, alors que tous savaient pourtant qu'elle n'avait pas du tout apprécié ce modèle lorsque les deux femmes avaient fait les essayages, des mois auparavant.

- Elle est si triste, lui apprit Neville. Grand-mère…

La vieille femme, pour la première fois depuis des heures, s'autorisa un mouvement montrant ce qu'elle ressentait. Elle leva lentement sa tête, comme si elle était affreusement lourde, et montra ses yeux remplis de larmes aux membres de sa famille.

- C'est tellement… ils auraient tellement aimé… Ils auraient été si fiers de toi, ils auraient… tu sais, ils…

Neville prit une chaise, comprenant que ça allait être long. Hannah, ne voulant certainement pas les laisser seuls, en prit une aussi, quitte à délaisser ses invités quelques instants. Ce problème était plus urgent à régler.

- Ils auraient… ce mariage, il est un peu comme celui de tes parents, tu sais, murmura-t-elle. Sauf qu'ils ne peuvent pas être là, qu'il manque des tas de personnes qui étaient présentes au leur parce qu'elles sont décédées… Et moi, au lieu d'être fière de toi, de te dire que je t'aime et que je suis heureuse, je me mets à avoir envie de pleurer parce que mon fils et sa femme ne peuvent pas être là ! Au lieu de penser au bonheur que tu vis, je pense aux pires moments de nos existences, et…

Sa voix se brisa. La vieille femme tenta tant bien que mal de garder sa dignité en reniflant légèrement.

Neville prit sa main et la pressa doucement.

- J'adorerais qu'ils soient là, eux aussi, lui apprit-il. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Mais, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas là qu'ils ne peuvent pas savoir ce qui s'est passé aujourd'hui. Une fois la cérémonie terminée, on ira les voir, tous les deux… tous les trois, se corrigea-t-il en souriant à Hannah. Et on leur dira à quel point ils nous ont manqués, et quelle jolie fête c'était. Tu es d'accord ?

Augusta hocha la tête, faiblement.

Elle se détestait d'être faible. C'était la vieillesse qui voulait cela dans son cas, malheureusement. Mais, surtout, elle détestait cette guerre qui privait son petit-fils de ses parents. Et elle haïssait être faible comme cela et montrer à tout le monde qu'elle pouvait pleurer en public, elle aussi.

Elle finit par se redresser et par se lever, légèrement vacillante, pour ne pas paraître plus faible qu'elle ne l'était. Elle était encore digne.

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- Oh, si vous l'aviez vu, tous les deux… Si vous les aviez vus, plutôt, devrai-je dire. Ils étaient tellement mignons… Neville pense très fort à vous. Il viendra bientôt. Il ne peut pas partir en plein milieu de sa propre fête, vous vous en doutez bien. Mais il ne va pas tarder à venir, avec Hannah. C'est une très gentille fille, elle lui correspond totalement, comme tu corresponds tout à fait à Frank, Alice, bien que je n'aie jamais eu l'occasion de te le dire.

Augusta soupira et regarda les deux personnes assises face à elle qui la regardaient sans vraiment l'écouter. Elle sourit.

- Enfin. Ils vous apporteront des photos. J'ai été contente de vous voir. Vous êtes en forme.

Elle se leva, et lissa sa robe. Elle allait partir quand elle vit qu'Alice bougeait un peu. Elle attendit patiemment. Sa belle-fille finit par lui tendre un papier de bonbons froissé.

Pour la première fois depuis qu'elle venait les visiter, Augusta prit le papier. D'une main tremblante, certes, mais elle le prit. Elle était sûre que Neville serait ravi de ce cadeau de mariage.

Ou peut-être pourrait-elle le garder pour elle, cette fois…


C'est toujours triste, pour moi en tout cas, quand on évoque les parents de Neville. Autant que lorsqu'on évoque James et Lily. Je ne suis pas une grande pleureuse, ni une grande sentimentale mais, franchement, quand on est dans le monde de Harry Potter, je peux me transformer en une fontaine humaine en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

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