Chapitre III :

Bill ne parla plus avec Charlie de Gabrielle jusqu'au jour d'Halloween. Ce dernier n'avait plus tenté de lui adresser la parole depuis le match de Quidditch. Il l'avait souvent observé, dans la Grande Salle pendant les repas, dans les couloirs, entre les cours, et parfois à la bibliothèque où il se rendait de plus en plus fréquemment depuis qu'il avait rencontré la jeune fille. Si elle se doutait qu'il passait une grande partie de son temps à la suivre, elle n'en laissait rien paraître. Elle évoluait dans le château comme si personne ne se trouvait jamais à ses côtés. Sa simple présence excluait toutes les autres. Charlie voyait régulièrement des Serpentards lui parler et il était vraiment agacé de voir Somers s'approcher d'elle comme un vautour autour de sa proie. De plus en plus fréquemment, il avait vu le Serpentard s'asseoir à côté d'elle pendant les repas. Et, même s'il remarquait l'expression agacé de la jeune fille dans ces moments là, il était, cependant, encore plus surpris de voir qu'elle lui répondait. Bien que leurs échanges ne duraient jamais longtemps. Elle semblait simplement le tolérer. Plus d'une fois, il aurait voulu aller à la rencontre des deux verts et argents et plaquer Somers contre un mur pour lui intimer de laisser la jeune fille tranquille. Mais il savait que sa démarche ne serait pas apprécié et qu'il n'avait aucune raison valable d'intervenir en dehors de sa jalousie.

Il commençait maintenant à faire froid à l'extérieur du château et la température à l'intérieur était ainsi descendu de quelques degré. Si bien que les élèves s'habillaient désormais avec des vêtements plus chaud. Le matin d'Halloween était un samedi, Charlie enfila un jeans bleu délavé, un t-shirt noir et un sweat gris confortable avec de grandes poches. Il sortit du dortoir qu'il partageait avec Rayan et Jason sans les réveiller. Au premier abord, il ne reconnu personne dans la salle commune, occupée seulement par quelques élèves matinaux. Mais en regardant vers une des tables près de la fenêtre, il reconnu Liam Carlton penché sur un parchemin et plongé dans une intense réflexion. En s'approchant, il entendit le capitaine de Gryffondor marmonner.

-Liam, salua Charlie lorsqu'il fut à sa hauteur.

Le jeune homme blond leva les yeux de sa feuille.

-Salut, Charlie, sourit-il. Comment ça va ? Il est tôt, t'es tombé de ton lit.

-Pas exactement, répondit Charlie, je comptais faire un tour dans le château avant d'aller à notre entraînement de Quidditch.

-Ce n'est pas une si mauvaise idée, dit Liam. J'ai entendu des filles de troisième année dire que le château était particulièrement bien décoré pour Halloween.

-Tu m'accompagne ? On ira prendre le petit déjeuner.

-Non, vas-y toi, mais merci. Et n'oublie pas que notre séance est à dix heure, ajouta-t-il.

-Je sais, lança Charlie en s'éloignant.

-T'es toujours en retard, Weasley, rappela Liam ce qui provoqua le rire de l'attrapeur.

En sortant dans le couloir, Charlie se rappela qu'il avait un devoir de potion, qu'il n'avait pas encore commencé, à rendre pour le lundi matin de la semaine suivante. Il retourna chercher son sac de cours et emporta quelques feuilles de parchemins ainsi que le nécessaire pour écrire et traversa le château pour entrer dans la Grande Salle dont les portes étaient ouvertes. Il fut soulagé de voir qu'on servait déjà le petit déjeuner à cette heure matinale. Il était à peine sept heure, autant dire que c'était la première fois que l'attrapeur de Gryffondor se levait aussi tôt. Il n'était pas du genre à traîner au lit toute la journée comme son jeune frère Ron, mais il n'aimait pas non plus se lever aux aurores.

Il s'assit à une table et regarda rapidement autour de lui. Il n'y avait qu'une vingtaine d'élèves répartis dans toute la Grande Salle et seulement trois professeurs à la grande table au fond de la pièce. Severus Rogue, Minerva McGonagall et le professeur d'étude des moldus dont il avait oublié le nom. Charlie se servit une tasse de thé fumant et rempli son assiette avec des toasts qu'il beurra de confiture de poire, ainsi que du bacon dont l'odeur avait fortement chatouillé ses narines quelques instants plus tôt. Il s'empara également d'œuf sur le plat. Sur ce point là, le jeune rouquin devait bien admettre qu'il avait bon appétit et qu'il aimait manger de bon repas. Il ne se pressa donc pas pour manger son petit déjeuner, tout en ayant une pensé distraite pour la jeune française qu'il cherchait à mieux connaître. Il avait entendu dire de nombreuses fois, que les Français avaient des habitudes alimentaires bien différentes des Anglais. Ils semblait qu'ils préféraient le café que Charlie trouvait beaucoup trop amer au thé dont l'arôme doux lui plaisait depuis tout petit. Et en détaillant la table des yeux, il remarqua des viennoiseries françaises telles que des pains aux chocolats ou des croissants qu'il n'avait encore jamais goûté depuis son arrivée à Poudlard. Il avait déjà vu Mandy ou Jason en manger de temps à autre mais il ne lui était jamais venu à l'idée d'essayer. Il avait toujours préféré le salé pour le petit déjeuner, certainement à cause de l'habitude. Il tendit la main pour en attraper un et le goûta du bout des lèvres.

Il jugea que ce n'était pas si mauvais que cela et mordit à pleine dent dans le pain au chocolat. Charlie sortit ses affaires de potion sur la table et regarda rapidement le sujet que leur avait donné Rogue pour leur dissertation. Il ne voyait vraiment pas comment il parviendrait à rendre une copie convenable. Il n'avait rien comprit au dernier cours qu'il avait eu. Rien d'étonnant, puisque Gabrielle occupait en grande partie son esprit. Tandis que l'autre part était distraite par Rayan qui s'était fait une passion de mélanger ensemble les ingrédients les plus improbables et ce dans le seul but de voir lesquels provoqueraient une explosion. Il soupira et bu ensuite de longue gorgés de thé et fini par remplir sa tasse une deuxième fois.

-Les Anglais consomment trop de thé, ça affecte leurs neurones, fit une voix douce et glacé juste derrière lui qu'il reconnu immédiatement.

Charlie commença à s'étouffer en avalant de travers, et envoya un regard surprit à Gabrielle qui le fixait d'un sourire moqueur.

-Salut, dit-il en se tournant vers elle, essayant d'ignorer les regards des curieux qui s'étaient tournés dans leur direction.

Elle détourna le regard et posa ses yeux sur le papier sur lequel Charlie avait griffonné l'énoncé de son devoir de potion. Un sourcil sarcastique se leva alors sur le visage pâle de la jeune fille et quand elle fixa Charlie, il aurait voulu pouvoir se cacher pour masquer sa honte.

-Le Petit Prince de Gryffondor semble avoir quelques lacunes en potion, semble t-il, lança t-elle sournoisement.

-Le petit prince ? Répéta t-il ébahi.

-C'est comme ça que les Serpentards te surnomment, et ton frère est donc bien entendu le Prince de Gryffondor.

-Pourquoi ?

-Cela fait référence à votre popularité. Je trouve ça ridicule.

-Moi aussi, se plaignit Charlie.

-C'est pour quand ? Demanda Gabrielle en montrant du doigt son devoir.

-Lundi matin, répondit Charlie. Mais qu'est-ce que ça peut te faire ? Se reprit-il avec agressivité, d'habitude, il devait faire des pieds et des mains pour lui parler et là, elle venait d'elle même engager une conversation civilisé avec lui.

-Rien de spéciale.

-Je m'en doutais, ce n'est pas comme si tu allais me proposer ton aide, lâcha t-il d'un air provocant.

-Et j'y gagnerais quoi ? Demanda t-elle d'un ton dédaigneux.

-Le plaisir de ma compagnie ? Tenta Charlie.

-Haha, bien tenté, Weasley, mais ne compte pas trop là-dessus.

Et elle s'en alla sans un regard vers lui. Charlie se leva à son tour et sortit de la Grande Salle. Il ne savait plus quoi penser de la jeune fille après l'échange qu'ils venaient d'avoir. Gabrielle s'était toujours montrer froide et distante avec lui et n'avait jamais pris l'initiative de venir lui parler avant aujourd'hui. Avait-elle commencé à accepter qu'ils puissent être amis ? Il n'en savait rien. Il utilisa un passage secret pour rejoindre la bâtiment dans lequel se trouvait la bibliothèque. L'atmosphère y était encore plus calme ce matin que d'habitude. Il ne s'attendait pas à croiser beaucoup de monde ce qui le mit quelque peu mal à l'aise sans savoir pourquoi. Il s'assit à une table et sorti son manuel de potion à la page de la potion d'aiguise-méninge qu'il devait mettre en relation avec les antidotes pour, il l'espérait, en apprendre un minimum sur le sujet. Il ne savait vraiment pas comment il s'en sortirait pour ne pas louper son devoir.

Il commença à penser à autre chose en regardant distraitement par la fenêtre et c'est tout naturellement que son esprit dériva sur Gabrielle. Cela faisait un moment maintenant qu'il n'était plus surpris de penser à elle. Depuis que Bill lui en avait parlé, il avait lentement accepté l'idée d'être amoureux de la jeune fille. Pourquoi s'était-il soudainement intéressé à elle ? Qu'avait-elle fait de spécial pour retenir son attention ? Rien. Absolument rien. Elle avait juste posé son regard sur lui, et Charlie s'était sentit absorbé. Il ne comprenait d'ailleurs pas vraiment ses propres sentiments. Alors comment pourrait-il expliquer ceux de Gabrielle. En fait, il ne comprenait rien aux filles. Les deux seules qu'il connaissait suffisamment étaient Mandy et Cassandra. Et ses deux amies, bien que s'entendent parfaitement avec elles, demeuraient parfois un véritable mystère.

Au bout de trente minutes qu'il passa à griffonner sur son parchemin, dont la moitié du temps à noter les maigres connaissance qu'il avait en la matière et l'autre des vifs d'or ou des dragons grotesquement dessinés, il pensa sérieusement à aller chercher un livre parmi les rayonnages de la studieuse bibliothèque. Il ne parvenait pas à avancer et se disait aussi qu'il n'allait pas passer toute la mâtiné enfermé dans la bibliothèque pour un devoir de potion et qu'il se résignerait peut-être à s'aider du devoir de Jason, même s'il n'aimait pas trop ça.

Charlie sursauta lorsqu'une pile de livre s'écrasa sur la surface plane qu'ils rencontrèrent au moment où il allait se lever. Gabrielle était posté devant lui, les mains sur les hanches avec une étincelle déterminé dans les yeux qui ne plus pas beaucoup à Charlie.

-Qu'est-ce que tu fait ? Demanda le jeune homme.

-D'après toi ? S'exclama Gabrielle d'un ton revêche. Je t'ai apporté quelques ouvrages choisis par mes soins qui complètent ton sujet. Je vais t'expliquer la théorie mais il faudra que tu te débrouille avec le professeur Rogue pour la pratique. Des questions ?

Les yeux fermés et la tête contre la table, Charlie leva la main et demanda :

-Je peux aller à l'infirmerie madame ? Je ne me sens pas très bien.

Gabrielle roula des yeux et s'assit sur une chaise. Elle ouvrit un manuel et s'empara de la plume que Charlie tenait dans une main. Elle se pencha de manière à pouvoir lui montrer des informations qu'elle lui expliqua en même temps. Elle écrivait quelques phrases de temps en temps. Charlie était impressionné, elle repérait les détails les plus importants avec une telle aisance qu'il en fut admiratif. Elle apportait aussi de nombreux éléments qui n'étaient pas écrit dans les livres. Il trouva étonnant de comprendre aussi facilement grâce à ses mots. Ils travaillèrent ensembles pendant de longues heures, Charlie tentait parfois de faire rire la jeune fille pour s'octroyer une pause mais il ne réussissait qu'à lui arracher une esquisse de sourire.

Lorsqu'elle posa la plume et qu'elle se massa la nuque après être restée trop longtemps dans la même position, elle jeta un regard à Charlie et cessa tout mouvement. Il l'observait tranquillement, appuyé sur un coude, la main de son bras soutenait sa tête. Elle gardait ses yeux rivés aux siens, ces prunelles grises si claires et profondes, refusant de détourner le regard la première. Était-ce le son de sa voix qui lui avait enseigné une multitude de connaissance depuis tout à l'heure ? Ou l'intensité de son regard ? Charlie n'aurait su le dire mais il était incapable de détourner la tête pour rompre le contact. Il rapprocha doucement son visage du siens, fasciné par ses lèvres qui ne bougeaient plus. Elle ne fit aucun geste. Charlie leva la main, effleura sa joue et échoua sur ses lèvres. Une caresse aérienne qui s'acheva quand elle emprisonna sa main pour la retirer de son visage. Il se mordit la lèvre. Ils étaient si proche à présent qu'il pouvait sentir son souffle sur son visage. Instinctivement, Gabrielle posa sa main sur le torse du jeune homme pour l'empêcher de s'approcher davantage.

Dans un élan de courage ou peut-être de lâcheté, elle s'écarta, ramassa son sac et partit comme une flèche. Déconcerté, Charlie tenta de reprendre ses esprits. Il regarda le brouillon de sa copie sur laquelle ils avaient passé toute la mâtiné, elle avait laissé une annotation au bas du parchemin, lui conseillant de relire la copie pour corriger d'éventuelle fautes et modifier les tournures de phrases et finalement de recopier le brouillon au propre. Charlie leva les yeux au plafond, il n'était pas si bête que ça, tout de même ?!

Puis, en jetant un coup d'œil à l'horloge Charlie se liquéfia sur place. Il avait bien trente minutes de retard pour son entraînement de Quidditch et le temps de parvenir au terrain, il en aurait dix de plus. Il fourra ses affaires dans son sac et attrapa les livres de Gabrielle mais il ne savait pas où il devait les ranger. Il regarda à droite et à gauche afin de s'assurer que personne ne pouvait le voir et il déposa les livres sur le chariot de rangement avant de filer à toute vitesse à travers les couloirs. Il remonta le plus rapidement possible dans les étages pour récupérer son balais. En redescendant, il dû s'excuser en bousculant un groupe de filles qui se rendaient sûrement au petit déjeuner. Les portraits accrochés aux mur râlaient sur son passage. Il emprunta un passage secret qui l'amena directement dans la cour. De là, les quelques élèvent ayant braver le froid et les nombreux escaliers étroits ne représentaient plus un véritable obstacle pour le rouge et or qui piqua un sprint pour regagner les vestiaires en nage, essoufflé, dégoulinant de sueur, et plus écarlate que le blason de sa maison.

En déboulant sur le terrain pendant qu'il enfilait sa deuxième genouillère tout en sautillant maladroitement sur l'autre pied, il observa les joueurs qui volaient déjà dans le ciel. Les filles se lançaient le souaffle le plus violemment possible et les deux batteurs s'amusaient à s'envoyer des cognards le plus sournoisement qu'ils pouvaient sans se blesser gravement. Lorsque Liam remarqua la présence de son attrapeur, il descendit en piquer pour rejoindre la terre ferme. En approchant un peu plus, Charlie aperçut le visage fermé de son capitaine.

Il allait sérieusement se faire remonter les bretelles.

-On peut savoir où tu étais, Weasley, s'écria t-il, se fichant royalement de mettre la honte à son meilleur joueur tandis que les autres avaient stoppé l'entraînement pour observer la scène.

-Je...J'étais à la bibliothèque, se défendit Charlie qui se sentit fondre sous le regard sévère de Liam.

-J'avais pensé que tu trouverais une meilleure excuse, se moqua-t-il n'y croyant pas une minute. Comme si t'étais du genre à aller à la bibliothèque.

-J'ai fait mon devoir de potion pour lundi, répondit le rouquin, agacé.

-Tu fais chier, mec. T'es un bon élément, mais ça te dispense pas de t'entraîner comme il faut. Tu resteras plus longtemps que prévu pour rattraper ton retard.

-Seul ? Pour libérer le vif d'or c'est pas pratique, rajouta-t-il ironiquement.

-Je le ferais, lâcha Liam avec humeur. Aller, enfourche ton balai.

Quand l'entraînement prolongé de Charlie fut fini il était plus de midi. Liam et lui retournaient au château en parlant du prochain match de Quidditch.

-Poufsouffle sera facile à battre si on maintient ce rythme aux entraînements, dit Charlie. Leurs joueurs sont bons, mais ils n'ont pas suffisamment de maîtrise et d'offensive.

-On ne doit pas pour autant les sous-estimer, ils ont un nouvel attrapeur cette année. D'après ce que j'ai entendu il est très prometteur.

-Il ne sera sans doute pas aussi expérimenté que moi. J'ai une approche bien meilleure que les autres attrapeurs de l'école.

-Écoute, Weasley, c'est sympa de te jeter des fleurs mais c'est pas en gonflant ton ego que t'attrapera le vif d'or.

-Je suis pas en train de me vanter, s'indigna Charlie.

-Bien sur que si, lança Liam avec un regard significatif.

-On pourrait aller voir Poufsouffle s'entraîner pour vérifier si leur nouvel attrapeur est si doué que ce que l'on prétend.

-Ne dis pas n'importe quoi ! Entre capitaines, on s'est tous mis d'accord pour ne pas assister au entraînements des autres équipes dans le but de garder un jeu fair-play.

-Aller, juste une fois. Ce n'est pas pour analyser leur technique, seulement observer leur nouveau joueur.

-Non. On ne sait pas quand se déroule leurs séances, de toute manière.

-Si, c'est ce soir.

-Il y a le banquet d'Halloween ce soir, rappela Liam.

-On sera rentré pour y assister.

-Non, Charlie. C'est hors de question d'enfreindre les règles établis entre les joueurs.

Liam mit fin à la conversation mais Charlie ne comptait pas en rester là. Il retrouva ensuite Rayan et Jason à table en train de finir leur repas.

-Où sont les filles, demanda le rouquin.

-A la bibliothèque, elles travailles sur le devoir de métamorphose, répondit Jason.

-Lequel ?

-Celui pour mercredi, ajouta Rayan. Je trouve qu'elles s'y prennent très tôt.

-Totalement d'accord, approuva Charlie en mastiquant avec énergie un morceau de poulet rôti.

-Ta séance à duré plus longtemps que d'habitude, souligna Rayan. Il est arrivé quelque chose ?

-Liam à voulu me punir parce que je travaillais sérieusement pour mon futur, lança t-il de manière à ce que le capitaine de Gryffondor l'entende.

-Tu comprendra un jour que le Quidditch passe avant tout pour moi, dit Liam ce qui provoqua le rire des trois autres.

-T'es encore arrivé en retard donc, devina Rayan.

-Ouais, j'étais à la bibliothèque pour finir le devoir de Rogue. J'ai pas vu l'heure passer.

-T'es sérieux ? T'as pas vu l'heure passer ?

-J'ai été distrait, répondit-il évasivement.

-Il était si passionnant ce devoir ? S'exclama Rayan en éclatant de rire.

-Tu étais avec quelqu'un ? Demanda Jason plus perspicace.

-Pour traîner à la bibliothèque si tôt le matin, notre cher rouquin à dû y dénicher un spécimen intéressant, lança joyeusement Rayan.

-Une fille ? Qui ?

-J'espère que tu n'étais pas encore avec cette dingue ! Intervint Bill qui avait écouté leur conversation d'une oreille distraite.

Tous les regards se posèrent sur Bill qui fixait Charlie d'un œil noir puis sur le cadet des Weasley.

-Qui est-ce ? Demanda Rayan, puisqu'il ne comprenait visiblement pas de qui parlait Bill.

-Ne me dis pas que...réalisa doucement Jason. Gabrielle ?

-Non ! Sursauta Rayan sur le banc. C'est une blague ?!

-Elle t'intéresse donc à ce point ? Demanda Jason en esquissant un sourire rieur.

Charlie regarda son frère qui le fusillait d'un air sombre. Il hésita à répondre, et plus il tarderait, plus son silence passerait pour un aveu. Il baissa les yeux sur la table.

-Ce n'est pas exactement ça, dit-il en joignant ses mains sur la table et posant sa tête dessus.

Il ne savait pas quoi répondre. Vu la façon dont la conversation tournait, il savait que ses deux meilleurs amis finiraient par comprendre les sentiments qu'il avait pour Gabrielle. Il avait juste espéré que cette révélation se fasse plus tard. Beaucoup plus tard... Et certainement pas dans l'agitation de la Grande Salle.

-Comment se fait-il que vous passiez du temps ensemble ? Demanda Jason.

-C'est pas ça le problème ! Râla Rayan. Il ne doit pas traîner avec cette folle, c'est tout !

Charlie fit mine de ne pas avoir entendu la remarque de son ami et répondit :

-On ne passe pas du temps avec Gabrielle, on se dispute, expliqua t-il. Elle n'est pas comme les autres filles de Poudlard.

-Oui, c'est vrai, coupa Rayan avec humeur. Elle est pire, pas intéressante, et en plus elle porte la poisse.

-Comment ça ? Demanda Jason.

-C'est simple, toutes les personnes qui l'ont approché de trop près ont mal fini.

-C'est-à-dire ? Renchérit Charlie.

-La fillette de Poufsouffle, la fille l'année dernière avec laquelle elle s'est battu... commença t-il a énuméré en comptant sur ses doigts.

-Ce sont des rumeurs, coupa Charlie.

-Alors pourquoi n'a t-elle pas démentit ?

-Parce qu'elle se moque de l'opinion des autres, contra le rouquin.

-Voilà ! Ce qui prouve le fait qu'elle ne soit pas intéressante.

-Au contraire, c'est ce qui fait ça différence avec toutes les greluches qui nous tournent autour parce qu'on est à Gryffondor et dans l'équipe de Quidditch !

-Cette nana t'as piégé ! Tu perd ton discernement.

-Rayan arrête ! Ordonna Jason.

-Quoi ? C'est une fille de mangemort ! Continua ce dernier.

-Arrête ! Répéta t-il calmement. Tu ne le feras pas changer d'avis, Charlie est amoureux d'elle. Et elle n'y ai pour rien, finit-il par dire après avoir plongé de longues minutes dans les yeux bleu de son meilleur ami jusqu'à comprendre les sentiments qui l'animaient.

Rayan, bouché bée, se rassit sur le banc. Il n'avait même pas le souvenir de s'être levé. Sous le choc, il ouvrit et fermât la bouche à plusieurs reprises en regardant Charlie comme s'il était devenu fou. Il jeta un œil sur la table des Serpentards mais la jeune fille n'était pas présente. Son visage passa de l'ébahissement à la colère, il frappa du poing sur la table en se levant une deuxième fois.

-T'es cinglé, s'écria t-il avant de quitter la Grande Salle.

-Je t'avais prévenu, reprocha Bill en partant à son tour.

Il ne restait plus que Jason et Charlie. Liam était parti peu avant que la question soit posé, peu intéressé à partir du moment où ont ne parlaient pas de Quidditch. Jason attendit que Charlie ai fini de manger puis ils quittèrent la Grande Salle sans échanger un mot. Lorsqu'ils furent dehors, Jason regarda autour d'eux afin de s'assurer que personne ne pouvait les entendre et déclara :

-Gabrielle te plais vraiment, alors.

-Bah, conclut-il avec une philosophie qui ne masquait pas totalement sa tristesse. C'est pas comme si j'avais une chance qu'elle veuille de moi, de toute façon.

-Pas sûr... ajouta Jason en esquissant un sourire. Tu es l'un des seul à pouvoir l'approcher. Tu pourrais être surpris.

-Je ne crois pas, dit-il avec un air déçu. Elle m'ignore la plupart du temps et nous n'avons pas de vrai conversation non plus.

-Vous étiez bien ensemble ce matin, insista t-il, comme pour relever l'évidence.

-Elle m'a aidé pour le devoir de potion, contra le rouquin. On a surtout travaillé. J'ai bien essayé de la faire rire une ou deux fois mais elle reprenait son sérieux tout de suite après.

-Elle t'a aidé, répéta t-il. Tu crois vraiment que si elle ne t'appréciait pas, rien qu'un peu, elle t'aurais proposé de te donner un coup de main ? On parle tout de même de Gabrielle Foxter. C'est pas n'importe quelle fille.

-C'est vrai, admit t-il. Ce n'est pas son genre.

-Définitivement pas.

-Mais du coup, je suis arrivé en retard à la séance d'entraînement, grimaça Charlie.

-Elle devait être très captivante, taquina Jason.

Charlie lui donna un coup dans l'épaule tout en laissant un sourire franc lui échapper.

-Je crois que j'ai plus ou moins flirté avec elle sur la fin, avoua t-il les joues un peu rouge.

-Qu'est-ce que tu entend par là ? Demanda son meilleur ami.

-Je n'écoutais plus vraiment ce qu'elle disait sur la fin, expliqua le jeune homme. Du moins, je ne comprenais plus ce que j'entendais. Je n'arrivais pas à décrocher mes yeux de son visage. Elle est si belle. Je crois que je n'ai jamais trouvé une fille aussi belle qu'elle. Et puis, ses yeux ont une expression si intense que je ne peux pas m'empêcher d'y plonger. Ensuite... C'est comme si je n'étais plus moi-même. Y'a un truc qui m'a poussé à poser ma main sur sa joue. Mais elle m'a repoussé quand je me suis penché vers elle...

-Et ensuite ?

-Elle s'est enfui en courant, dit-il piteusement.

-C'est pas bon, conclut Jason.

Charlie acquiesça mais n'ajouta rien de plus. Après quelque minutes de réflexion Jason rajouta :

-Quoique, peut-être que c'est un peu trop rapide pour elle. Gabrielle peut aussi ne pas avoir pensé à toi de cette manière.

-C'est possible, dit Charlie sans trop y croire, les faux espoirs ce n'étaient pas pour lui.

-Elle va sûrement t'observer les prochains jours, laisse-là tranquille quelques temps.

Charlie était surpris par les paroles de Jason et le regarda sans rien dire. Maintenant, il savait que Jason n'était pas dérangé par les sentiments qu'il avait pour Gabrielle. Et il lui donnait même des conseils. Contrairement à Bill et Rayan qui n'acceptaient pas son choix. Il savait cependant que Rayan se ferait à cette idée après avoir digéré l'information. Bill, en revanche, serait plus difficile à convaincre. Ce que Charlie craignait vraiment c'est qu'il en parle avec leur parents et que ces derniers suivent l'opinion de leur fils aîné. Interdisant à Charlie d'être ami avec la jeune fille.

-Merci, dit-il simplement.

Pour toute réponse, Jason donna une tape amicale dans le dos de Charlie.

-Jason ! Charlie ! Appela Rayan en traversant la cour pavé pour les rejoindre. Peeves a encore fait du grabuge.

-Explique.

-Je retournais à la Tour, et il était en train de s'amuser dans les étages avec les malles du professeur Trelawney. Celles qui contiennent les boules de cristal. Il les a fait tomber dans les escaliers.

-Elles sont cassées ? Demanda Jason.

-En miettes serait le terme approprié. Il n'y en a pas une seule d'utilisable, sourit Rayan.

-Alors le cours de mardi est annulé ? Supposa le rouquin.

-Si elles ne sont pas remplacés d'ici là y'a des chances, répondis Rayan.

-Ça nous permettrait de profiter des derniers jours de soleil, proposa Jason.

-En parlant de profiter de quelque chose, enchaîna Charlie. Ça intéresse l'un de vous deux d'aller observer Poufsouffle entraîner son nouvel attrapeur ce soir ?

-Ce n'est pas très fair-play, releva Jason.

-C'est un bon programme. Sans regarder leur technique, continua Rayan avec un clin d'œil. Uniquement pour voir ce que vaux le petit nouveau.

-Réfléchissez deux minutes ! Sollicita Jason. Si les positions étaient inversés, vous voudriez qu'ils viennent vous observer en cachette.

-Ça ne me dérangerais pas, répondit aussi tôt Charlie, suivit juste après par l'accord de Rayan.

-Mauvaises foi ! Lâcha Jason avec un sourire, provoquant un rire chez les deux autres.

Charlie connaissait suffisamment Jason pour savoir qu'il n'irait pas prévenir Liam ou le capitaine de Poufsouffle de ce qu'ils voulaient faire. Peu avant dix-sept heure, il eut même la surprise de voir Rayan sortir du château accompagné par Jason.

-Alors, tu as changé d'avis, lança Charlie.

-Vous vous ferez prendre si je ne viens pas, dit-il pour sa défense.