Chapitre VI :

L'air était glacial et humide lorsque les élèves entrèrent dans la salle de classe. L'odeur nauséabonde qui régnait toujours ne manqua pas d'agresser les narines des sixièmes années. Tandis que Charlie et Rayan s'asseyaient à une paillasse dans le fond de la salle Jason alla rejoindre une élève au deuxième rang que Charlie mit quelque minutes à reconnaître. C'était Lisa Anderson l'attrapeuse de Poufsouffle. Il fut très surpris mais ne fit aucune réflexion à ce sujet se promettant d'en parler plus tard avec son meilleur ami. Ce qui n'empêcha pas Rayan de lui donner un coup de coude pour lui montrer avec un sourire goguenard ce que Charlie avait déjà remarqué. Un sourire qui en disait long sur ce qu'il ne pouvait formuler à voix haute.

Le silence se fit instantanément lorsque le professeur Rogue referma la porte d'un geste sec. Son regard sévère toisa les élèves un par un, comme il en avait l'habitude.

-Aujourd'hui, vous allez préparer un Philtre de Mort Vivante et j'exigerais une complète attention de la part des esprit les plus distraits et inefficaces. Cette potion nécessite une concentration extrême et de la précision. Des qualités qui échappent aux esprits vulgaires, finit-il par dire de sa voix doucereuse en fixant l'un après l'autre chacun des Gryffondor présent. Pour ceux qui ont la mémoire courte, et nombreux d'entre vous sont concernés, il s'agit d'un somnifère puissant qui si il est mal préparé peut entraîner des conséquences...funestes.

D'un simple coup de baguette, les différentes étapes de la préparation s'écrivirent à la craie sur le tableau. L'écriture du professeur Rogue avait toujours été illisible, semblable à des pattes de mouches que l'on aurait collé entre elles, et cela quelque soit l'endroit ou Charlie s'asseyait dans la salle. Il aurait même parié qu'en étant juste devant le tableau il n'aurait pas pu mieux déchiffrer les espèce de hiéroglyphe que son cerveaux refusait de traiter et de considérer comme un langage humain.

Tous les élèves commencèrent à sortir les accessoires et les ingrédients nécessaires. Certains se levèrent pour aller chercher ce qui leur manquait dans l'armoire à ingrédients de Rogue.

Au bout d'une demi-heure des vapeurs s'échappaient des chaudrons et l'atmosphère était désormais lourde et tendue. Les élèves avaient remonté leurs manches à cause de la chaleur et de la sueur coulaient de certains fronts.

Charlie était fébrile face à sa potion qui arborait par chance la légère couleur cassis qu'il devait obtenir à mi-chemin de la préparation. Il était tellement concentré qu'il craignait de se louper. Il avait certes de grosses difficultés dans la rédaction de ses devoirs, mais lorsqu'il devait simplement suivre quelques instructions qu'il pensait simpliste, il était toujours étonné de ne pas parvenir à un résultat convenable. Il savait que ses résultats dans cette matière étaient important, puisqu'il nourrissait l'espoir de pouvoir se servir de ses connaissances en potion dans son futur métier.

La suite se passa de manière si inattendu que tout le monde sursauta. Un chaudron se mit soudain à siffler aussi fort qu'une cocote minute. Cela venait des rangs de devant. Des volutes de fumés noires s'échappaient rapidement et avec force du chaudron de Jason et de Lisa. Tout se passa en une fraction de seconde. Rogue alerté par le bruit s'était rapidement levé de son bureau où il corrigeait des copies et se hâta la baguette dans les mains sur le point d'intervenir. Tandis que Jason plongeait sur Lisa. Ils disparurent du champs de vision de Charlie au moment ou le chaudron explosa.

Lorsque Rogue eut ramené le calme dans la classe et que les éclaboussures de la potions furent nettoyés, il tourna un regard meurtrier vers la personne responsable de l'explosion. Prêt à faire exploser le record de points perdus et le nombre de retenues distribuées. Sans compter les remontrances verbales qui en découlaient. Mais la réaction qu'il eut en reconnaissant Lisa n'était pas dans l'habitude de leur maître des potions. A la place de la fureur profonde qui aurait dû résonner contre les murs de la salle de cours et faire trembler les nombreux ingrédients qui flottaient dans des bocaux, il tordit ses lèvres en un dédain évident et fronça les sourcils.

-Ne pouviez-vous donc pas faire preuve de vigilance ! Lança Rogue avec sarcasme avant de nettoyer le contenu du chaudron qui s'était répandu sur le sol d'un coup de baguette magique.

Puis le maître des cachots pinça les lèvres, semblant se retenir avec grand mal de rajouter quelque chose et il ordonna à tous les élèves de noter leur devoir pour le prochain cours juste avant que la cloche ne retentisse, indiquant la fin du cours.

En sortant dans le couloir, une bonne partie des élèves s'étaient déjà regroupé autour de Lisa. Mais Jason réussit à les faire fuir en disant qu'elle ne se sentait pas bien et qu'elle devait aller à l'infirmerie. Charlie les rejoignit, suivit par Rayan.

-Alors là, chapeau ! J'arrive pas à croire que Rogue n'ai pas hurlé ! S'exclama Rayan ! Qu'il ne t'ai pas menacé ! Qu'il ne t'ai pas étripé ! S'emballa t-il.

-Je crois qu'on a compris, vieux ! S'agaça Jason.

-Quoi, tu ne te demande pas comment elle a fait pour réussir cet exploit ?

-Elle, aimerait que tu ne parle pas d'elle comme si elle n'était pas là, répliqua furieusement Lisa.

-Rhoo c'est bon ! Fit-il en levant les yeux au ciel. Désolé.

-Je dois bien avouer que ce n'est pas anodin, fit Charlie. Ce n'est pas comme si Rogue avait l'habitude d'être tolérant.

-C'était simplement un coup de chance, voilà tout ! Fit-elle avant de remonter les escaliers et de disparaître sans les attendre.

Les trois amis se lancèrent un regard qui en disait long. Pas convaincu du tout de la magnanimité de leur maître des potions.

Le soir même, Charlie se rendit dans la bibliothèque pour faire ses devoirs mais tourna en rond parmi les rayonnages pendant tellement longtemps que Mme Pince du le jeter dehors pour pouvoir fermer. Le couvre feu était dans trente minutes et il ne voulait pas prendre le risque de se faire prendre par un préfet ou un professeur et ainsi écoper d'une retenue. Mais il chercha à rencontrer Gabrielle encore un peu dans les couloirs obscurcis du château. Il était tout à fait possible qu'elle soit depuis longtemps dans la salle commune des Serpentards, le faisant arpenter les étages en vain. C'est en arrivant dans les cachots, là où il avait le plus de chance de croiser la jeune fille qu'il décida d'abandonner et de remonter dans sa salle commune. Lorsque la porte de la salle de cours du professeur Rogue s'ouvrit soudainement. Charlie se cacha dans un renfoncement, de peur que le terrible maître des cachot ne l'aperçoive et que sa colère légendaire ne s'abatte sur lui. En observant le couloir de là où il était, il n'aurait pu se douter que quelqu'un d'autre que Rogue pouvait sortir de cette salle en dehors des heures de cours. Ses yeux s'agrandirent sous la stupeur en voyant Rogue s'assurer que personne ne se trouvait dans les cachots. Gabrielle sortit de la salle sur ses talons et elle adressa à la terreur des cachots un regard entendu.

-Jeudi prochain, même heure, dit Rogue dans un grondement.

-Sans faute, assura la jeune fille en commençant à partir.

Puis elle se retourna et lança.

-Professeur ?!

Ce dernier était sur le point de rentrer dans sa salle et il se stoppa net.

-Merci ! Dit-elle simplement.

Celui-ci lui fit un simple hochement de tête en guise de réponse et disparu derrière la lourde porte dont l'écho se répercuta de nombreuses fois dans le silence des cachots. Gabrielle se mit à marcher et finit par disparaître au bout du couloir, certainement dans la direction de sa salle commune. Charlie, qui n'en revenait pas de ce qu'il venait de voir, resta bouche bée durant de longues minutes. Une seule pensée tournait en boucle dans son esprit et pouvait se résumer par une seule question : « Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire avec Rogue à une heure pareil ? ». Puis il secoua la tête pour empêcher une pensée dégoûtante de prendre trop de place dans son esprit. Mais Gabrielle n'avait pas besoin de cours de potions en plus. Il retourna dans son dortoir en ressassant ses pensés et eut beaucoup de mal à trouver le sommeil cette nuit là.

Les jours qui suivirent cette étrange nuit, Charlie n'eut pas la moindre occasion de parler avec la jeune fille qui semblait, comme à son habitude, tout faire pour l'éviter. Des idées plus étranges les unes que les autres germaient dans son esprit à mesure que le temps passait. Il imaginait que Gabrielle et Rogue organisaient un quelconque complot. L'ancien Serpentard était après tout réputé pour avoir été un Mangemort autrefois. Il lui paraissait tout à fait possible qu'il forme des apprentis mangemorts parmi les élèves de sa maison dans le secret absolu mais dans ce cas là, il y aurait d'autres élèves. Ce qui l'amena, son imagination lancée à se faire encore d'autres idées toutes aussi farfelus. Mais il lui était impossible d'admettre la théorie qui revenait le plus souvent et qui n'était que le fruit de sa jalousie grandissante. Cela le dégoûtait tellement qu'il avait envie de vomir rien qu'en le pensant.

Alors que Charlie se torturait l'esprit en pensant au nouveau mystère qui entourait la jeune fille, Jason continuait de voir régulièrement Lisa. Ils se croisaient dans les couloirs et allaient ensemble à la Grande Salle pour prendre le petit déjeuner tout en discutant. L'un des premiers samedi de décembre, alors que les élèves étaient à Pré-au-Lard, et pendant que Charlie et ses amis faisaient le tour des boutiques pour faire leurs achats de noël, Lisa et lui se rendirent au Trois Balais pour réchauffer leur membres engourdit par le froid. Dehors, il neigeait à gros flocon et le village avait été entièrement recouvert de cette poudre blanche. L'hiver s'était installé du jour au lendemain, sans crier gare.

Madame Rosmerta, la propriétaire du bar était une jolie femme aux courbes généreuses. Lorsqu'elle eut servit les sorciers bruyant accoudés au bar, elle se dirigea vers eux, non sans lancer un clin d'œil à Jason.

-Bonjour vous deux! Lança t-elle avec bonne humeur et un sourire aux lèvres. Qu'est-ce que je vous sert ? Une bièraubeurre dans une chope ? Proposa t-elle.

-Oui, je veux bien, répondit Jason.

-Et un chocolat chaud pour moi, dit Lisa lorsque le regard de Mme Rosmerta se tourna vers elle.

Ils regardèrent s'éloigner la tenancière et un silence gêné s'installa entre eux. Sans raison particulière aucun des deux ne parvenaient à fixer l'autre. Jason savait ce qui le perturbait à ce point. C'était une chose de ce voir entre amis à Poudlard. Mais cela prenait une toute autre dimension dans un pub remplit d'agitation tandis que leur amis étaient tous ensemble dehors. Cela ressemblait fortement à un rendez-vous et il dut avouer que c'est précisément à cela qu'il avait pensé quand il avait proposé à la jeune fille de venir ici.

Charlie avait du donné un coup de coude dans les côte de Rayan avant que celui-ci n'ajoute que c'était une très bonne idée. Tandis que Mandy et Cassandra avait immédiatement compris la manœuvre de leur ami et s'étaient contenté de sourire discrètement.

-Alors, commença t-il en se raclant la gorge. Tu vas faire quelque chose de spécial pour les fêtes de Noël ?

-Eh bien, par vraiment. Je vais simplement faire le réveillons avec mes parents. On invitera peut-être ma tante Isa. Elle a une fille de mon âge.

-Ah oui ? Et tu t'entend bien avec elle ?

-Oui, ça va. Nous n'avons pas vraiment les mêmes centres d'intérêts mais ce n'est que pour une soirée. Et puis elle est assez sympathique quand même.

Le silence fit son grand retour. Et Jason s'empêcha d'ouvrir la bouche juste au moment où il allait commenter l'agencement du bar pour la troisième fois depuis qu'ils étaient entré il y a dix minutes.

-Comment ce passe ta progression au poste d'attrapeuse ? Demanda-t-il avec un sourire, il se sentait très fier de sa question.

-Ça va, répondit-elle avec un sourire. Je me débrouille de mieux en mieux et je pourrais certainement battre Charlie lors du match qui opposera nos deux équipes.

-Je pense que je ne parviendrais pas à te soudoyer d'une quelconque manière pour obtenir des informations sur votre jeu, dit-il en baissant la voix et en se penchant vers elle ayant soudainement plus d'assurance.

Elle ouvrit des yeux stupéfait alors qu'elle se rendait compte qu'il la draguait. Mais il du se redresser lorsque Rosmerta revint avec leur commande. Elle posa les boissons chaudes devant eux et repartit en s'excusant presque du regard d'avoir interrompu quelque chose. Jason porta alors sa Bièraubeurre à sa bouche pour en avaler une gorgée. Il baissa les yeux sur la table et ne put manquer le tremblement des mains de Lisa.

-Tu as froid ? S'inquiéta t-il.

-Non, répondit-elle instantanément. Il fait très bon ici.

-Mais tu tremble, précisa t-il en montrant ses mains.

-Non, ce n'est rien, lui assura Lisa en baissant le regard et en cachant ses mains sous la table.

-C'est un tremblement de repos? demanda t-il alors que la lumière se faisait dans son esprit.

-Comment tu sais ça ? Demanda t-elle après être resté silencieuse un court moment.

-Hum, j'ai lu un livre sur le sujet. Stade 1 ?

-Ouais... fit-elle d'une toute petite voix.

-Tu ne veux pas en parler, n'est-ce pas ?

-Et pour dire quoi ? Que mes symptôme sont gérables et que c'est juste une sorte d'urgence ? Que je suis déprimée parce que j'ai une maladie dégénérative aigu à seize ans ? Au début, on a pensé que c'était un tremblement familial, mais ça n'a rien donné. Ensuite une maladie de Wilson. Et puis il y eut la période pendant laquelle ont a cru à une tumeur au cerveau. Mais non... ce n'était que ce bon vieux Parkinson.

Elle avait commencé sa phrase avec beaucoup d'ardeur et elle s'était fini avec un sanglot. Désormais, elle pleurait à chaudes larmes et Jason se traita d'abruti pour avoir pousser la jeune fille si loin dans ses retranchements. Il se leva, vint s'asseoir à côté d'elle, la prit dans ses bras et caressait son dos avec douceur pour la réconforter. Il s'excusa de sa curiosité mal placé et il se tut. La laissant se calmer. Ils restèrent là à se fixer, puis elle le remercia de l'avoir écouté, mais surtout de ne pas l'avoir jugé. Elle ne voulait pas que les gens aient pitié d'elle. C'est pour cette raison que personne en dehors du corps enseignant n'était au courant de sa maladie. Et c'est aussi pour cette raison que Rogue ne l'avait pas réprimandée au dernier cours de potion.

-Si tu veux vraiment savoir, continua t-elle d'une voix enroué à cause des sanglots. Cette maladie a sauté quelques générations dans ma famille et vu que j'ai la chance d'être une sorcière, ajouta t-elle ironiquement. Les symptômes apparaissent plus tôt et plus rapidement que prévu. Tout ça à cause de la magie... Comme quoi, cela n'a pas que des avantages.

-C'est pour ça que tu aime tant tout ce qui est moldu... déclara t-il après quelques secondes de réflexions. Tu les envies, car sans la magie ta maladie ne ce serait peut-être pas développé.

-Tu es très intelligent, trop pour un Gryffondor. Dit Lisa après avoir acquiescer à sa dernière remarque. Tu es sur que le Choixpeau ne voulait pas t'envoyer à Serdaigle ? Demanda t-elle avec un léger sourire.

-Certain, affirma Jason.

Peu après, Charlie, Rayan, Mandy et Cassandra, les bras chargés de paquets entrèrent et vinrent s'installer avec eux. Et les conversations s'enchaînèrent joyeusement.

Puis, l'heure de retourner à Poudlard arriva et ils repartirent tous vers le château. Jason marchait à côté de Lisa sur le chemin du retour. Après avoir pris son courage à deux mains en se répétant qu'il était un Gryffondor, il glissa sa main dans celle de la jeune fille qui ne dit pas un mot à ce contact. Mais malgré la tombé de la nuit, Jason remarqua tout de même la légère rougeur qui était apparue sur ses joues et qui n'était pas due au froid.

Peu après le dîner, il sortit prendre l'air et marcha jusqu'au lac noir. Bien qu'il eut neigé dans l'après-midi, le ciel était à présent dégagé et des milliers d'étoiles s'y trouvaient. Il regarda alors son reflet dans l'eau, songeur. Il repensait à Lisa et à sa maladie. Il comprenait maintenant pourquoi elle avait fait des fautes lorsqu'elle avait joué de la guitare l'autre fois. Ses doigts avaient simplement tremblés. Comment une fille qui avait fait de la guitare depuis son plus jeune âge aurait-elle pu se tromper sur un morceau qu'elle maîtrisait aussi bien. Lors de leur rendez-vous le sujet de la maladie de Lisa avait rapidement été écarté, jugeant qu'il ne servirait à rien de s'attarder plus longtemps dessus si elle n'avait pas envie d'en parler. De toute manière, il n'y avait rien de plus à dire, Jason était suffisamment informé sur le sujet pour savoir qu'il n'existait aucun remède actuellement, que ce soit dans le monde des sorciers ou des moldus. Alors, Jason fit ce qu'il faisait à chaque fois qu'il se retrouvait devant une situation où il était impuissant, il décida de ne pas prendre en compte ce détail. Qu'il aviserait plus tard.

Il ne l'entendit pas approcher. Lisa vint se placer à côté de lui, elle murmura :

-Je t'ai vu sortir par la Grande Porte.

-J'aime beaucoup les alentours de Poudlard la nuit, dit-il simplement.

-C'est beau ! Fit-elle en posant son regard sur le reflet du lac. Si je savais dessiner je l'aurais reproduit. Je ne suis pas sur de trouver quelque chose d'aussi merveilleux.

-Moi si, répondit platoniquement le jeune homme en la regardant.

Étonnée, elle le regarda droit dans les yeux. L'interrogeant sur ce qu'il pouvait trouver de plus beau qu'une nuit pleine d'étoiles se reflétant dans une eau calme, dans un décor de boule à neige. Il murmura :

-Toi, devant ce même décor !

Il posa sa main sur sa joue. L'éclat dans les yeux de Lisa disparut lorsqu'elle ferma les paupières à son contact. Il l'entendit plus qu'il ne la vit soupirer. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, il y lut de l'envie. Probablement la même que celle qu'il éprouvait à cet instant. Elle posa une main sur sa joue qu'elle caressa. Et il baissa un peu la tête vers elle. Ils étaient si proche qu'il aurait pu donner le nombre exact de ses cils. Mais à la place il ferma les yeux et embrassa la jeune fille. Elle passa ses bras autour de son cou et il la serra contre lui pour être encore plus proche d'elle. Quand ils se séparèrent pour reprendre leur souffle elle baissa la tête et la posa contre son torse.

-Je t'aime Jason, murmura t-elle.

-Moi aussi. Répondit-il. Dès que je t'ai vu la première fois, lorsque tu te tenais devant nous si fièrement, j'ai su que tu me plaisais.

Ils repartirent main dans la main jusqu'au château, le sourire ne quittant pas leur lèvre sur lesquelles demeuraient encore la chaleur de l'autre.