Partie II : Cauchemars et dispute.

Chapitre 8 :

Charlie réussit à tenir sa promesse à Dumbledore durant quelques semaines. Mais peu avant le départ des élèves pour les fêtes de fin d'année Somers avait annoncé aux Serpentards que Gabrielle et lui étaient promis l'un à l'autre depuis leur plus jeune âge. La nouvelle avait vite fait le tour de l'école et était désormais de notoriété public, bien qu'ils ne s'affichaient pas ensemble. Gabrielle était sans cesse en train de livrer de violents combats verbaux avec lui. Mais ceux-ci ne duraient jamais longtemps en raison du flagrant manque de répartit de cet idiot.

L'annonce de la nouvelle n'avait pas enchanté Charlie, même s'il était déjà au courant. Entendre les commérages se répandre à travers tous le château ne l'aidait donc pas à mieux supporter la situation. C'était une manière bien trop directe de rendre cela réel. Et cela ne semblait pas non plus être du goût de Gabrielle qui avait affiché un air renfrogné tout le long du repas, tout en envoyant des regards assassins à quiconque osait la fixer trop longtemps.

Un peu plus tard ce même jour, Charlie avait quitté sa salle commune en compagnie de ses amis pour une balade dans le parc du château. La neige était intact par endroit et Mandy se fit une joie de retrouver son âme d'enfant en sautillant partout joyeusement. Lorsqu'avec un grand sourire et les joues rougies par le froid et l'excitation elle se tourna vers ses amis ils comprirent immédiatement qu'elle avait une idée derrière la tête.

-Et si on faisait un jeu ?! Proposa t-elle avec un large sourire.

-Oh non, on a passé l'age ! S'exclama Rayan, grelottant de froid. Je préférerais faire une partie de Quidditch.

-En plus on a deux attrapeurs, appuya Jason.

-Oh non ! Je pensait qu'on pourrait changer du Quidditch, tout en restant aussi...sportif, Mandy lança un clin d'œil complice dans la direction de Cassandra.

-Mandy ! Non ! N'y pense même pas espèce de ... commença t-elle avant de d'être interrompue par la première boule.

-Oh que si !

Cassandra secouait la tête en souriant avec tendresse devant l'esprit enfantin de sa meilleure amie tandis que les autres les regardaient amusés ou faussement consternés.

-Aller ! Je suis sur que vous avez envie, et puis quand on sera trempés, et frigorifié, on sera d'autant plus heureux de retrouver la cheminée de la salle commune.

-Une bataille de boule de neige. ?Dit Jason avec un sourire.

-C'est tellement enfantin, et puis on est bien assez frigorifiés comme ça ! Protesta Rayan.

-Et oui, mais moi je trouve que c'est une très belle manière de passer notre après-midi ensemble ! Répondit Mandy en lui faisant un clin d'œil amical.

Et la partie commença. Les garçons comptaient sur leur vitesse et leur précision pour atteindre les filles. Ces dernières étaient accompagnées par Lisa qui s'était facilement intégrée au groupe malgré les quelques rixes qu'elle avait entretenu avec Rayan. Ces confrontations s'étaient désormais changées en de simple taquineries amicales. De leur côté les filles avaient construit des petits murs derrières lesquels elles s'accroupissaient pour se protéger des attaques. Évidemment, l'une des principales règles étaient de ne pas utiliser la magie.

Les projectiles glacés fusèrent d'une extrémité du terrain à l'autre tandis que des rires amusés s'élevaient dans l'air froid. Charlie avait beau avoir de bons réflexes, il se sentit bientôt touchés par trois tirs simultanés qui l'atteignirent dans le dos et les jambes. Mandy, un peu plus loin s'amusait comme une petite folle. A la fois insouciante et concentrée sur le jeu. Charlie pensa en effet qu'il n'y avait pas meilleure manière de passer un après-midi d'hiver entre amis. La partie faisait rage, ils étaient maintenant tous bien trempés à force d'avoir reçu des boules de neige ou d'être tombés au sol pour éviter une attaque. Charlie se relevait tout juste après avoir glissé sciemment pour éviter le projectile de Cassandra que celle-ci fonçait sur lui aussi vite qu'une tornade et le propulsa au sol, l'accompagnant dans sa chute.

Lorsqu'il ouvrit de nouveau les yeux, il tomba face à face avec le regard de Cassandra. Il y eut une seconde de flottement durant laquelle il s'attendait à ce qu'elle se dégage pour lui permettre de se relever, mais elle ne le fit pas. Elle l'observait. D'une manière que Charlie n'avait jamais vu. Il mit quelques instant à comprendre et alors qu'elle rapprochait lentement son visage du sien. Il se traita d'idiot. Alors que plus aucun bruit ne provenait de la bataille de boule de neige il comprit que Cassandra était amoureuse de lui. Et alors que tous les regards de leur amis étaient posés sur eux, Charlie repoussa la jeune fille avant que leur lèvres ne se touchent.

Il aurait voulu que personne ne soit là. Que personne ne voit qu'il allait la repousser. Il avait honte de devoir lui faire de la peine. Surtout lorsqu'il croisa le regard mi-interrogatif, mi déçu de son amie. Il détourna le sien. Charlie l'avait toujours trouvé belle. Elle était gentille aussi, il aimait beaucoup être en sa compagnie mais il ne pouvait pas décemment accepté ses sentiments alors que lui-même ne l'aimerait jamais de la même manière.

Il se releva et lui tendit la main pour l'aider, mais, blessé par son rejet, elle ne la pris pas et se releva seule et lui fit face avec dignité. Charlie se gratta la nuque en réfléchissant à mille à l'heure pour trouver des mots qui ne soient pas maladroit. Mais il n'y arrivait pas. Il ne savait pas ce qu'il devait dire dans cette situation.

-Je suis désolé, Cassie. Je n'ai pas les mêmes sentiments que toi, tu es ma meilleure amie.

-Je sais, fit-elle dépitée. Mais j'avais envie d'essayer quand même.

Le plus surprenant c'est qu'elle ne semblait pas lui en vouloir alors que Charlie lui, s'en voulait terriblement. Mais il la connaissait assez pour savoir que, même si elle ne le montrait pas à cet instant, elle pleurerait à chaude larme sur l'épaule de Mandy lorsqu'elles seraient toutes les deux dans leur dortoir. Il savait aussi que cela n'entraverait pas leur amitié. Parce qu'il réalisait qu'elle avait était amoureuse de lui pendant toutes ses années et que cela ne les avaient pas empêcher de bien s'entendre, ou de se confier l'un à l'autre même s'il ressentirait désormais une certaine gêne devant elle.

Ils remontèrent tous ensemble vers la chaleur réconfortante du château. Ils se retrouvèrent dans une salle du hall d'entrée. Il s'agissait anciennement de salles de classes désaffectées que les professeurs avaient décidés de transformer en salle commune pour tous les élèves, maisons confondues. Afin de facilité les échanges et les amitiés entre les quatre maisons. Des élèves de Serdaigles faisaient leur devoir dans un demi-silence à une tables près d'une fenêtre. Charlie et ses amis en profitèrent pour s'installer dans des canapés confortables auprès d'un feu de cheminée. Jason et Lisa s'assirent dans des fauteuils côte à côte et il prit immédiatement la main de la jeune fille dans la sienne. Ils dégustèrent de délicieux chocolats chaud avec des petites pâtisseries apparues magiquement grâce aux elfes travaillant en cuisine. Ils riaient de bon cœur en se remémorant les moments les plus épiques de la bataille de boule de neige qu'ils venaient de faire. Les Serdaigles, qui entendaient leur conversation tellement ils parlaient fort, esquissaient des demi-sourires amusés. Les deux maisons entretenaient des relations cordiales et les érudits s'amusaient beaucoup des extravagances des Gryffondors.

Ensuite, le bruit de la conversation se calma et le petit groupe que formait les cinq Gryffondor et la seule Poufsouffle s'intéressèrent à la fois de l'approche de noël que du prochain match de Quidditch, qui aurait lieu après les vacances, tout en passant par leur prochain cours de transplanage vers le milieu de l'année.

L'arrivée bruyante de certains Serpentards de dernières années interrompit brusquement la conversation du groupe d'ami. A la vue du sourire mauvais des verts et argents, les garçons se tendirent immédiatement tandis que les filles observaient en silence et avec inquiétude la confrontation qui n'allait pas tarder de se dérouler entre les deux groupes.

Depuis la fondation de Poudlard, il était de notoriété publique que les élèvent de Gryffondors et ceux de Serpentards se détestaient cordialement. C'était devenue une sorte de tradition perpétuée sur des décennies de générations sans raison valable. A présent c'était une mauvaise habitude que les élèves des maisons concernés avait toujours pris un soin particulier de perpétuer. Et cela malgré les nombreux efforts du corps enseignant pour tenter de régler la situation.

Tyler s'avança suivit de deux autres élèves.

-Dégager de là les blaireaux ! On a pas envie de voir vos sale tronche ici.

-C'est bon Somers, il y a assez de place pour tout le monde, répondit Jason d'un ton las.

-Je t'ai pas sonné, Blakley ! Cracha Tyler.

Charlie vit du coin de l'œil Gabrielle lever les yeux au plafond. Il devina sans mal qu'elle était exaspérée par l'attitude de son camarade et sa remarque digne d'un élève de première année. Elle se tenait un peu en retrait des autres Serpentards, visiblement mécontente de se retrouver avec eux. La réaction de la jeune fille donna de la confiance à Charlie, et, voulant l'impressionner, il ricana désabusement afin d'attirer l'attention des Serpentards sur lui et finit par répliquer.

-Qu'est-ce que tu crois Somers ? Que la pièce t'appartiens exclusivement?! Si t'es pas content de voir des Gryffondors ici, retourne te terrer dans ton trou de serpent, finit-il par dire.

-Tu me parles sur un autre ton, Weasley ! Je suis préfet en chef et il me serait tellement facile de te rappeler les privilèges de ma position en retirant une cinquantaine de points à Gryffondor... et à Poufsouffle également, rajouta-t-il également en apercevant Lisa qui tenait toujours la main de Jason.

Charlie s'était déjà rendu compte à quel point le Serpentard pouvait se montrer bête. Mais de là à le menacer de lui retirer des points par sa position de préfet alors que Jason et Mandy étaient eux-même préfets et Bill le préfet en chef des Gryffondors. Comme si ces derniers ne pouvaient pas palier à un tel problème. Cela rendit le Serpentard encore plus ridicule que d'habitude. Cependant Charlie ne prit pas l'initiative de faire une réflexion là-dessus si ses deux amis ne prenaient pas la décision d'intervenir. Ne voulant pas les mêler à tout cela contre leur volonté. Car il était évident par la manière dont Somers avait voulu exclure Jason de la conversation qu'il ne s'en prenait qu'à lui.

-Oh?! C'est donc le seul moyen que vous avez trouvé pour remporter la coupe ? Tu me dira, avec votre QI inférieur à celui d'un strangulot ça ne m'étonne pas que vous soyez incapable de rapporter suffisamment de point. Qu'est-ce qu'il y a Somers ? Tu as à ce point peur de l'issue du match contre Poufsouffle que tu veux assurer tes arrières ?

Il entendit distinctement la protestation étouffée de Lisa dans son dos car sa réplique pouvait être comprise dans deux sens : celui ou il disait à Somers que Poufsouffle était facile à battre et l'autre ou il sous entendait qu'ils n'étaient pas assez bon pour le faire, mais décida de ne pas s'en préoccuper. Il venait de remarquer le petit sourire satisfait qu'affichait Gabrielle malgré le fait qu'il venait de déprécier son équipe devant elle.

Jason observa son meilleure ami du coin de l'œil. Il n'était pas dans les habitudes de Charlie de répondre ainsi aux provocations du Serpentard. Il était plutôt impassible et l'affrontement se terminait souvent rapidement. Mais il comprit bien vite le jeu de son ami et son envie d'impressionner Gabrielle. Il leva les yeux au plafond et le traita mentalement d'idiot. Jason espérait que cette rixe ne finirait pas en bagarre. Mais c'était sans compter le caractère impulsif de Rayan qui se joignit à la joute verbale.

-Ouais ! Sérieux Somers, tu fais pitié à toujours te cacher derrière ton insigne de préfet dans le seul but de te persuader toi-même de la supériorité que tu aimerais avoir.

Alors que les autres Serpentards qui l'accompagnaient exprimaient leur stupéfaction en formant avec leur bouche un « O » des plus parfait, Somers entra dans une rage folle et son visage se colora immédiatement de rouge. Tandis que Gabrielle alla jusqu'à hausser un sourcil intéressé et afficher un sourire satisfait. Charlie jugea bon de se mettre à rire tout en tapant dans la main que Rayan lui présentait. Il n'avait jamais été aussi fier du tempérament emporté de Rayan qu'à cet instant. Et lorsque Charlie ajouta une pique sarcastique à l'intention de l'intelligence sous développée des Serpentards, il reçu le coup de point enragé de Somers en pleine mâchoire. Transformant son rire en hoquet de douleur. Aussitôt, Rayan et Jason furent debout aux côtés de Charlie qui ripostait déjà en atteignant le Serpentard au ventre. Chacun oubliant qu'ils possédaient une baguette magique, la salle se remplissait de coups et de voix étouffées. Cassandra eut la présence d'esprit de sortir en vitesse pour aller chercher un professeur tandis que Mandy, Lisa et Gabrielle tentaient de faire cesser les combats.

Charlie se retrouva au sol sans vraiment comprendre comment c'était arrivé et il vit Somers amorcer un mouvement pour écraser son visage avec son pied. Il aperçut Gabrielle se précipiter sur Somers pour faire barrage de son corps et l'empêcher de le blesser.

-Ça suffit maintenant ! S'écria-t-elle avec fureur en écartant les bras.

-Dégage traînée, fit-il en la giflant si violemment qu'elle tomba au sol.

A ce moment-là Charlie vit rouge. Somers se détourna de lui et au moment où il levait la main sur Gabrielle, Charlie la vit se tendre instantanément et pâlir brusquement alors qu'elle plaçait ses bras devant elle par réflexe. Charlie se leva d'un bond et retint le bras de Somers au moment ou celui-ci entamait son mouvement faisant perdre l'équilibre à Charlie qui se sentit entraîné.

Il fut soudain soulevé et atterrit douloureusement la tête la première sur l'angle en pierre de la cheminée. Il sentit la douleur et surtout l'horrible brûlure au dessus de son œil gauche. Il laissa échapper une plainte qu'il ne réussi pas à étouffer. Et alors qu'une cavalcade résonnait dans les couloirs suivit de l'entrée du professeur McGonagall et du professeur Rogue. Charlie porta une main à son arcade et la retira couverte de sang. Il remarqua ensuite qu'il avait terriblement mal à la tête et qu'il sentait son crâne bourdonner.

Alors que les professeur ramenaient le calme, il sentit une caresse aérienne et agréable sur ses cheveux. Avant de perdre connaissance, il eut le temps d'apercevoir les cheveux blond de Gabrielle et de l'entendre murmurer son prénom d'une voix qui lui semblait inquiète.

Charlie n'ouvrit pas les yeux, cherchant à se remémorer pourquoi il avait si mal au crâne. Puis son cerveau se remit en marche lentement et les images des derniers événements refirent surface. Somers était venus les provoquer pour que lui et ses amis partent de la pièce et Charlie n'avait rien trouvé de plus intelligent à faire que de répondre à ses provocations. Il jura à voix haute quand il se rappela que c'était dans l'unique but d'impressionner Gabrielle. A cet instant, il aurait bien pris sa tête pour la balancer contre le mur le plus proche s'il ne craignait pas d'avoir encore plus mal au crâne. Puis la scène du combat se déroula avec plus de netteté dans son esprit que lorsqu'il s'y trouvait. Il put alors remarquer des détails auxquels il n'avait pas fait attention à ce moment là. Comme le fait qu'il avait oublié l'espace de quelques minutes qu'il possédait une baguette magique. Il se traita d'idiot. Ou comme le coup de poing que Jason avait reçu au visage, laissant probablement la marque d'un œil au beurre noir pour les prochains jours. Quant à Rayan, son adversaire lui avait retourné le poignet. Mais Charlie était sur que ce n'était rien de grave et que Madame Pomfresh avait arrangé cela en un rien de temps. Par contre, il se demandait bien ce que Lui faisait encore allongé sur un des nombreux lit de l'infirmerie. Il chercha Rayan et Jason des yeux mais aucun d'eux ne se trouvait dans la pièce. Ils étaient sûrement sortie après avoir été soigné par madame Pomfresh alors pourquoi était-il encore là ? Pourquoi n'avait-il pas été soigné aussi rapidement que ses amis ?

Quelques instant plus tard, il vit madame Pomfresh sortir de son bureau au fond de l'infirmerie suivit de Mandy. Elles s'avancèrent toutes deux vers lui, et lorsqu'il commença à se redresser, il se fit recoucher immédiatement par la main ferme de la maîtresse des lieux.

-Vous ne devez pas bouger, monsieur Weasley, lui ordonna t-elle.

-Mais je me sens bien, protesta le jeune homme.

-Tu as reçu un gros coup sur la tête, avança Mandy, mais je vois que tu va beaucoup mieux. Je suis soulagée. Nous avons tous eu très peur.

-Pourquoi ça ?

-Vous êtes resté inconscient deux jours, monsieur Weasley, expliqua Mme Pomfresh en faisant un examen rapide avec sa baguette magique. Vous vous êtes violemment cogné la tête lors de votre bagarre avec vos camarades. Je dois vous dire que je ne vous félicite pas. Votre état ne semblait pas trop grave mais nous ne pouvions pas être sur que vous soyez exempté de lésion tant que vous ne seriez pas réveillé. Mais vous semblez en pleine possession de vos moyens. Vous resterez néanmoins au lit cet après-midi.

-Il pourra se rendre dans la grande salle pour le dîner alors ?

-Oui, il pourra sortir ce soir. Il lui faut seulement encore un peu de repos.

-Je vais très bien, insista t-il encore une fois mais Madame Pomfresh fit semblant de ne rien avoir entendu.

Puis elle retourna dans son bureau après avoir déposé un pichet d'eau et un sandwich qu'elle avait conjuré sur la petite table de chevet jumelle à tous les lits de l'infirmerie. Charlie pensait que le repos que préconisait madame Pomfresh était superflu. Il ne se sentait plus du tout fatigué. Mais il savait qu'il ne servait à rien de s'opposer à l'infirmière. Il se décala pour faire une place à Mandy qui s'assit à ses côtés sur le lit qu'il occupait. Elle remplit un verre d'eau et commença à le porter à la bouche de Charlie mais il l'en empêcha.

-Tu sais, je pense que je suis capable de boire tout seul, dit-il, il esquissa un sourire et lui prit le verre des mains avant de boire de longue gorgées.

-Les autres sont venus te voir pendant que tu dormais, mais je suis la seule à ne pas avoir cours alors je suis restée.

-J'imagine que je ne devais pas être la plus agréable des compagnie.

-Oh ne t'inquiète pas, madame Pomfresh s'est trouvée être une compagnie très plaisante.

-Vraiment, fit-il en se retenant de justesse de pouffer de rire.

-Eh ! Ne te moque pas. Elle est très sympathique, nous avons beaucoup parler des études médicomagiques.

-Je comprend mieux pourquoi c'était intéressant alors. Mais je n'ai jamais vraiment compris pourquoi tu voulais poursuivre dans cette voie. Tu pourrais avoir une merveilleuse carrière de poursuiveuse et peut-être même que je voudrais de toi dans mon équipe de Quidditch.

-Pff, crétin ! Je n'accepterais jamais d'entrer dans une équipe de Quidditch avec un capitaine aussi imbu de lui !

-Eh ! S'indigna t-il. C'était pas sympa ça.

-Tu l'as bien cherché, répliqua-t-elle avec un clin d'œil.

-Bon très bien, je te concède ce point !

-Oui comme toujours, rajouta-t-elle avec un sourire amusé.

Ils continuèrent à se taquiner de la sortes pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que Charlie, hilare, se rende compte qu'il retrouvait doucement et avec plaisir la complicité de sa meilleure amie. Et cela lui avait beaucoup manqué. Comme si elle lisait dans ses pensés Mandy entama le sujet.

-Cela m'avait manqué de ne plus être comme ça avec toi, murmura t-elle avec un petit sourire.

-Moi aussi, répondit Charlie sur le même ton.

-J'ai l'impression que tu m'as un peu laissé de côté depuis cet été. Notamment depuis que tu as fait la connaissance de Gabrielle Foxter dans le train, ajouta-t-elle vicieusement.

-Je... Tu n'as pas perdu l'habitude d'être franche...

-Oh, je trouve que je suis restée très raisonnable de ne pas t'en avoir parlé plus tôt.

-Tu t'améliore en patience, c'est déjà un exploit, taquina t-il pour essayer de changer le sujet.

-Je vois très clair dans ton jeu, petit moineau, mais tu n'échappera pas à mon interrogatoire digne des plus grand Aurors.

-Non ! Tu te souviens de ce surnom débile, s'exclama t-il en riant franchement.

-Évidemment, comment j'aurais pu oublier cette chute mémorable ! Et puis à quoi, sept ans ? Tu étais déjà tellement obstiné. Pas fichu d'attendre d'avoir ton propre balais, il a fallu que tu vole celui de ton frère, finit-elle en rejetant la tête en arrière tellement elle riait.

-Mais arrête ! Je me suis fais mal cette fois-là, tenta t-il alors que lui même commençait à sourire démesurément.

-Tu plaisante, tu étais à trente centimètres du sol et tu es tombé sur les piles de foin. C'est ton ego déjà sur dimensionné qui s'est fait mal oui.

Leur fou rire continua plusieurs minutes. Charlie pensait qu'il avait réussi à détourner la jeune fille de la conversation qu'elle voulait avoir avec lui. Mais il ignorait que celle-ci n'avait rien perdu de la pleine détermination qui l'animait depuis qu'elle avait remarqué son manège avec Gabrielle. Depuis un certain temps en fait, mais elle n'avait jamais eu l'occasion de parler seul à seul avec lui. Charlie était toujours en compagnie de Rayan et de Jason ou seul et absorbé par ses pensés et elle même était toujours avec Cassandra car les garçons avaient tendances à les laisser à l'écart depuis le début de l'année. Après une heure de discussion ils en étaient à échanger les derniers potins de Poudlard. Non pas que Charlie s'intéressait vraiment aux cancans ,comme le groupe d'ami s'amusait à les appeler, mais il n'avait pas pu lui même suivre les derniers événements. Il voulait donc savoir ce qu'il avait manqué.

Mandy venait tout juste de commencer à lui expliquer que McGonagall et Rogue s'étaient entretenu pendant une longue demi-heure à leur sujet lorsque les portes de l'infirmerie s'ouvrirent sur l'aîné de la fratrie Weasley.

-Alors, comment va mon petit frère ? demanda le préfet en chef avec entrain.

-Comme tu le vois, j'ai survécu, fit Charlie avec un demi-sourire.

-Ouais, ben encore un coup comme ça et je donne pas cher de ta peau.

-Pourquoi ? S'inquiéta Charlie

-Parce que maman a envoyé une lettre hier... commença t-il avant de préciser. Une beuglante pour être exact et elle a raisonné dans toute la Grande Salle. Tous le monde à pu entendre à quel point maman aurait voulu te tordre le cou pour t'apprendre à ne pas utiliser ta baguette.

-C'est plutôt lourd comme dossier, s'amusa Charlie.

-Je tremblerais si j'étais toi, continua l'aîné sur le même ton.

Mandy ne pu étouffer son rire. Bill se tourna vers elle avec un sourire et Charlie vit les joues de son amie prendre une étonnante couleur rosé. Il haussa les sourcils quelques secondes le temps d'acheminer ses pensées jusqu'à la conclusion la plus probable. Il regarda l'un après l'autre Mandy et Bill et il remarqua que son frère ne semblait pas avoir remarqué le trouble qu'il provoquait chez sa meilleure amie.

-Alors, quand pourra sortir mon idiot de frère, jeune infirmière ?

-Ce soir, répondit-elle sans quitter Bill des yeux.

Puis elle détourna le regard en sentant celui de Charlie posé sur elle. Un soupçon de culpabilité passa dans l'expression de son visage et elle baissa les yeux sur ses mains.

-Madame Pomfresh n'a rien trouvé de plus grave que son coup sur la tête. Tu vas seulement avoir une jolie petite cicatrice à l'arcade.

-Je vais avoir une quoi ? S'exclama Charlie d'une voix inquiète.

-Eh oui, j'espère que ça te servira de leçon pour avoir fréquenté d'un peu trop près les Serpentards.

-Ben... Une cicatrice, continua Mandy sans prendre en compte l'intervention de Bill. Tu es tombé sur le bord de la cheminée je te rappel. Et il y a des blessures que mêmes la magie ne peut pas arranger.

-Pousse toi, laisse-moi me lever. Ordonna-t-il en essayant de faire bouger Mandy sans grand succès.

Alors il se rappela qu'il pouvait tout aussi bien quitter son lit de l'autre côté et c'est sans mal qu'il parvient à se lever. Sa tête lui tourna violemment et il fut prit de vertige qui le poussa à porter la main à sa tête.

-Ola, Charlie, doucement, fit son frère en le retenant d'un bras.

-Ouais, je me suis levé un peu trop vite.

Avec l'aide de son grand frère, Charlie parvint à marcher jusqu'à un miroir sur pied où il détailla son visage en silence. Rien n'avait vraiment changer. Il avait toujours les mêmes cheveux roux qui tombaient devant les mêmes yeux bleus si commun aux enfants Weasley. Mais désormais une discrète cicatrice blanche fendait son sourcil en deux. Il se traita d'idiot mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser que cela lui donnait un air cool. Il afficha même un petit sourire satisfait. Devant l'expression interrogatrice de son frère et de son amie, il leur fit part de sa réflexion et ils levèrent tout deux les yeux au ciel en tentant de réprimer un sourire amusé.

Bill finit par quitter l'infirmerie pour retourner en cours. Charlie s'était réinstallé dans son lit et Mandy avait cette fois tiré une chaise où elle s'était assise.

-Tu m'avais caché tes sentiments pour mon frère, commença Charlie.

-Je vois que tu es devenu perspicace, souligna t-elle sans développer la remarque de Charlie.

-Tu n'es pas la seule qui en soit capable.

-C'est vrai, il va falloir que je me fasse une raison, admit-elle.

-Tu sais, Bill est...

-En couple ! Oui, je sais. Avec une très gentille Gryffondor du nom d'Aurore, fit-elle avec dépit.

-Depuis combien de temps es tu amoureuse de lui ?

Elle le regarda l'espace d'un instant, semblant réfléchir à quand elle s'était rendu compte de ses sentiments. Avec un soupir elle répondit.

-Depuis aussi longtemps que je m'en souvienne. Je crois que ça à toujours été le cas. Seulement, je ne pouvais pas m'en rendre compte. J'étais trop petite.

-Je suis désolé, tu sais. J'aurais adoré que tu deviennes ma sœur, lui dit-il avec un sourire d'excuse auquel elle répondit joyeusement.

-Tu sais, ce n'est pas le seul frère que tu ai. Fit-elle avec un clin d'œil complice et Charlie fit semblant d'être offusqué. Et... pour te dire la vérité, je n'étais pas vraiment venu pour te parler de mes sentiments blessés. C'est au sujet de Gabrielle que je voulais te voir.

-Oui, je sais. Je ne m'approcherais plus d'elle. Bill me l'a assez fait comprendre, se renfrogna t-il immédiatement.

-Non, ce n'est pas exactement ce que je voulais te dire.

-Quoi ? Demanda Charlie abasourdi.

-C'est vrai. En fait, je trouvais ça un peu bizarre que tu ne sois pas venu nous voir Cassie et moi pour avoir des conseils en matière de fille.

Elle imita des guillemets avec ses mains pour souligner le mot fille. Charlie était étonné de voir que Mandy acceptait sans broncher les sentiments qu'il avait pour Gabrielle. Elle avait du se faire une raison. En plongeant dans le regard déterminé de sa meilleure amie, il devina qu'elle le comprenait et qu'elle suivait le même chemin impossible que lui en ce qui concerne les sentiments amoureux.

-Je n'y ai pas pensé, avoua t-il.

-C'est ce que je me suis dis. Et ensuite, j'ai réalisé que je ne pouvais pas vraiment te parler de Gabrielle si Cassie était avec moi, commença t-elle à expliquer avec hésitation. Et c'était souvent le cas. Je n'ai pas eu l'occasion de le faire avant aujourd'hui alors...

-Oui, je comprend. Ça n'aurait pas été facile pour elle de me conseiller à propos d'une autre fille alors qu'elle m'aime.

Il devait avoir une mine attristé, car Mandy posa une main sur son épaule.

-Eh, ça va, elle va s'en remettre, le consola t-elle.

-Oui, tout comme toi avec Bill, biaisa t-il d'une voix amer.

-Sauf que toi tu n'as jamais répondu à ses sentiments... ajouta Mandy dans un murmure.

-Quoi ? Comment ça ?

-Non rien, ne fait pas attention à ce que je viens de dire.

-Qu'est-ce que Bill à fait ?

-Rien... Rien de grave. Ça n'a pas d'importance, tenta-t-elle d'esquiver.

-Mandy !

Elle fit une moue dubitative avant d'accepter de répondre à Charlie. Mandy se lamenta mentalement en remarquant que Charlie réussissait toujours à détourner la conversation du sujet qu'elle tentait tant bien que mal d'aborder avec lui.

-C'était cet été, commença-t-elle et il l'encouragea du regard. Un soir, quand vous étiez tous en train de vous changez pour aller dormir. Je me suis assise sur la balançoire près de la grange et il s'est approché dans la pénombre. Quand je l'ai aperçu du coin de l'œil, j'étais en train de regarder les étoiles. Le ciel était tellement dégagé, j'ai tout de suite pensé que c'était romantique sans plus réfléchir. J'avais tellement espéré que quelque chose comme ça se produirait, que je n'ai pas pu pensé rationnellement.

Charlie l'écoutait sans rien dire. Il n'avait pas l'impression que cela puisse être arrivé. Il ne pouvait pas imaginer que Bill ne lui en ai pas parlé. Que Mandy ne lui en ai pas parlé. Et surtout que le reste des vacances ce soient passées sans que rien dans l'attitude de son frère ou de Mandy puisse laisser apparaître qu'il ce soit passé quelque chose entre eux.

-On a commencé à parler et il s'est rapproché. Il m'a embrassé contre la grange, dit-elle en baissant les yeux. Ça n'a duré que quelques minutes mais j'imaginais déjà le plus fou des scénarios... avant que ta mère ne l'appel et qu'il ne rentre dans la cuisine sans un regard en arrière, finit-elle d'une petite voix.

Elle se tut attendant que Charlie parle à son tour. Mais il ne sut pas quoi dire. Il était sous le choc d'une telle révélation, n'ayant jamais imaginé que son frère puisse se comporter de la sorte. Le silence semblait la gênée, comme s'il révélait un aveu qu'elle refusait de faire et qu'elle s'empressa de vouloir démentir.

-Mais ça ne fait rien, ce n'est pas grave, vraiment...

-Qui essaie-tu de convaincre ?! Demanda Charlie en prenant la main de Mandy dans la sienne. Je suis désolé pour le comportement de mon frère. Je réalise qu'il ne représente pas l'image parfaite que je me faisais de lui. Tu veux que je lui en parle ?

-Oh non surtout pas ! S'exclama t-elle en se figeant. Ne lui en parle pas. Tu sais, j'ai fait en sorte que ça devienne plus comme un rêve que j'ai fait que comme quelque chose qui soit vraiment arrivé. Alors... ne gâche pas mon effort.

-Comme tu veux.

-Et sinon, en ce qui concerne cette chère Gabrielle, reprit-elle avec bien plus d'entrain. Je pense que ce n'est pas une mauvaise idée que vous vous rapprochiez.

-Elle ne veut pas que l'on soit ami. Elle me l'a bien fait comprendre.

-Pourtant, elle semblait très inquiète lorsque tu es tombé.

-Je n'ai pas beaucoup de souvenir de ce moment là.

-Gabrielle était près de toi, elle t'appelait alors que tu perdais connaissance. Ça à lancé une drôle d'ambiance dans la pièce.

-Tu m'étonne ! Comme si on avait l'habitude de voir des Serpentards et des Gryffondors proches. Mais ça ne change rien, même Dumbledore ne veut pas que je l'approche.

-Tu es vraiment têtu ! Puisque je te dis qu'elle... Quoi ? Dumbledore ne veut pas que... Pourquoi ? Pourtant il est le premier à encourager les maisons à se mélanger.

-Il dit que Rogue et lui ont mis en place quelque chose pour l'aider, mais je ne sais pas quoi.

-Rogue est impliqué ? Demanda-t-elle avant de se fournir à elle-même la réponse à sa question. Oui bien sur, c'est le directeur des Serpentards, idiote. Mais bon, après son comportement de l'autre jour, tu devrais peut-être essayer de lui reparler et voir ce qu'il en est.

-Pour qu'elle m'envoie balader encore une fois ? Je ne suis pas sur d'en avoir envie.

-Oh Charlie, je t'ai connu plus combatif que ça, tu me déçois. Ne me dis pas qu'après toutes mes révélations tu n'as pas une toute petite envie de revoir cette jolie blonde qui te fait tourner la tête.

Charlie commença à esquisser un sourire et attrapa d'une main l'oreiller qui se trouvait derrière sa tête avant de l'envoyer sur Mandy.

-Je déteste quand tu fais ça ! S'exclama t-il en riant. Et puis d'abord tu ne m'as fait qu'une révélation.

-Ah oui ? Fit-elle semblant d'être étonnée. J'ai du oublier de préciser qu'elle est passé à l'infirmerie dans la mâtiné.

Il chercha, en vain à apercevoir un élève de Serpentard dans un des lit qui aurait pu rendre cette visite moins improbable. Mais il était le seul patient de Madame Pomfresh.

Charlie retrouva ses amis le soir venu lors du dîner. Le sourire ne quittant pas ses lèvres, il avait rassuré ses camarades sur son état. Tandis que Rayan racontait à des premiers années émerveillés les détails du combat pour la vingt-quatrième fois au moins, d'après Jason.

-A ce moment-là, ils se sont jetés à trois sur moi, quel bande de lâche ! J'ai réussi à les repousser tous les trois mais l'un d'eux à réussit à toucher Jason. Ce qui lui a valu sa blessure de guerre.

Et Rayan fit un mouvement théâtrale en direction du visage de son meilleur ami pour attirer l'attention de tout le monde sur l'œil au beurre noir de Jason. Juste après, Rayan invita Charlie à exposer son ressentit sur les événement ayant eu lieu pendant qu'il s'était battu. Certains s'enthousiasmèrent de son retour et le félicitèrent d'une accolade amicale dans le dos. D'autres, beaucoup plus curieux lui posèrent sans détour toutes les questions qui leur passaient par la tête. Après quelques explications les autres Gryffondors s'intéressèrent au repas et à leur vie respectives.

Depuis que Mandy lui avait dit que Gabrielle était passée le voir à l'infirmerie il avait l'impression de n'avoir jamais eut le cœur aussi léger. Il se sentait pleinement heureux mais préférait observer la jeune fille de loin pour le moment et ne pas l'approcher. Pour dire la vérité il avait peur que leur prochaine rencontre ne corresponde pas à ce qu'il espérait. Et depuis sa discussion avec Dumbledore il s'était rendu compte que son acharnement avait véritablement agacé la jeune fille. Charlie n'avait pas envie de lui être encore plus insupportable qu'avant.

C'est donc avec surprise que le groupe d'ami croisa la jeune fille en sortant de la Grande Salle. Elle s'avança hors de la pénombre alors qu'ils atteignaient le haut des marches de l'escalier de marbre.

-Charlie ? Appela-t-elle d'une voix douce et froide à la fois.

-Qu'est-ce que tu lui veux ? S'exclama aussitôt Cassandra avec une pointe de colère. Laisse-le tranquille, tu n'as pas l'impression d'en avoir assez fait ?

-Cassie, calme toi, intervint Mandy.

-Je veux te parler, continua Gabrielle en ignorant délibérément les remarques de Cassandra et Mandy.

-Et puis quoi encore, renchérit Cassandra en s'avançant de quelque pas menaçant vers elle. C'est ta faute s'il a été blessé. Il ne t'aurais pas protégé si tu ne t'étais pas insinuée dans sa vie.

-Je ne vois pas en quoi ça te concerne, finit par répondre Gabrielle en levant les yeux aux plafonds avant de s'intéresser enfin à Cassandra. Tu es quoi pour Charlie ? Sa petite amie ? Ce n'est pas l'impression que j'ai. Alors maintenant, au lieu de me casser les pieds tu vas le laisser lui-même s'exprimer sur ce qu'il a envie de faire ou de ne pas faire. Que cela te plaise ou non. Et s'il choisit de ne pas accepter de s'entretenir avec moi tu pourras me regarder avec un air supérieur et afficher un sourire satisfait pour épancher ta pseudo victoire sur une fille que tu considère comme ta rivale. Mais tu n'as pas à t'inquiéter chérie, tu n'as aucune chance de lui plaire... tu es bien trop orgueilleuse.

Les joues de Cassandra s'empourprèrent de honte et de colère contenu tandis que le reste du groupe restait bouche bée devant la scène. Il s'agissait de la réplique la plus longue que Gabrielle n'eut jamais prononcé en leur présence et Charlie n'avait jamais entendu quelqu'un se faire remettre à sa place de cette manière. Charlie savait que ce qu'avait dit Gabrielle était vrai. Personne n'avait réagit pendant l'échange qu'elles venaient d'avoir, trop curieux de voir comment la conversation évoluerait. Pour Charlie, c'était surtout parce qu'il s'agissait de la première fois que Gabrielle exprimait l'envie de lui parler de son plein gré.

-Ce qu'elle dit est vrai, commença par dire Charlie en descendant les marches qui le séparait des filles.

Le début d'un immense sourire éclaira le visage de Cassandra qui croyait que Charlie était en train de lui donner raison. Mais il fut bien vite effacé lorsque le garçon se tourna vers elle avec une expression sérieuse et qu'il déclara.

-Tu n'as pas le droit de me dicter ma conduite, Cassie. Je suis assez grand pour prendre mes décisions seul et surtout de choisir un chemin qui ne me mènera pas forcément à toi.

Lorsqu'il vit les larmes commencer à s'amonceler dans les yeux de Cassandra, il détourna les yeux, décidant de ne pas continuer à parler, jugeant qu'il l'avait suffisamment blessé aujourd'hui (ou durant la semaine qui venait de s'écouler). Il fit signe aux autres d'intervenir et Rayan et Mandy s'avancèrent pour prendre chacun Cassandra d'un côté et l'emmener dans leur salle commune. Avant de les suivre Jason lança un clin d'œil discret à Charlie puis s'éloigna à son tour avec Lisa. De nouveau seul Charlie hésita à se retourner, craignant que Gabrielle ne soit plus derrière lui. Mais elle était resté parfaitement immobile au milieu du hall d'entrée. Un silence gênant s'installa entre eux leur permettant de se concentrer sur le brouhaha provenant de la Grande Salle.

-Alors tu... commença t-il.

-Est-ce que tu va bien ? Demanda-t-elle en même temps.

-Oui, juste un petit coup sur la tête, rien de bien méchant.

-Malheureusement, je crains que cela nuise encore plus à tes capacités intellectuelles, fit-elle d'une voix taquine que Charlie ne lui connaissait pas.

-Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Répondit-il du tac au tac.

Il était vraiment surprit par le comportement de Gabrielle. Leur dernière conversation ne s'était pas très bien passé et de nombreuses choses avaient été révélé. L'un des mystères qui entourait la jeune sorcière avait été dévoilé et s'était pire que ce que Charlie avait pu imaginer. Elle se faisait battre par son père. Sa mère était morte à cause de lui dans des circonstances qu'il ignorait. Rogue et elle s'entretenaient pour des raisons professionnelles et secrètes mais non pas personnel comme il l'avait cru. Il lui avait ensuite avoué les sentiments qu'il avait pour elle et l'avait embrassé avant de se faire rejeter et d'apprendre qu'elle était fiancée à Somers. Et puis il y avait eut cette altercation avec les Serpentards quelque jours après que Dumbledore l'eut convaincu de la laisser tranquille. Il jugea qu'il avait alors une raison suffisante de s'interroger sur la situation actuelle. Il s'observèrent en silence. Charlie s'attendait à ce qu'elle dise quelque chose mais elle ne le fit pas. Des élèves commencèrent à sortir de la Grande Salle au moment où elle s'apprêtait à parler.

-Je te raccompagne à ta salle commune, proposa Charlie en observant les portes de la Grande Salle se refermer derrière des élèves de Poufsouffles.

Elle acquiesça en silence, ils n'avaient pas besoin d'attirer l'attention sur eux.

Ils se mirent en route en silence. Lorsqu'ils arrivèrent dans l'immense bâtiment destiné aux cours de potion et de métamorphose Gabrielle entama la conversation.

-Je voulais te remercier de m'avoir défendue l'autre jour, dit-elle sans le regarder.

-Il n'aurait jamais dû lever la main sur toi ! Répondit Charlie d'une voix dur.

-Ne t'inquiète pas, je n'ai pas peur de Somers.

-Nous savons tous les deux que c'est le cas. J'ai vu l'expression de ton visage à ce moment là. Je sais à qui tu as pensé.

-C'est bien ce que je dis. Tu ne comprend pas ! Continua t-elle avec le ton réprobateur que l'on emploi pour faire comprendre quelque chose à un enfant. Ce n'est pas de Somers dont j'ai peur...

-C'est de ton père, coupa Charlie en comprenant où voulait en venir la jeune fille. Son geste t'as fait penser à lui. Tu l'a vu à travers Somers et ça t'as paralysé.

-Je lui ai souvent tenu tête. Ce ne sont pas ses insultes qui m'impressionneront. Mais le fait que tu sois intervenu pour me venir en aide lui a donné une impression de puissance sur moi.

Elle avait prononcé ces mots en le fixant durement du regard.

-J'ai l'impression que c'est un reproche, déclara Charlie.

-En quelque sorte, avoua la jeune fille.

-Tu aurais sans doute préféré que je le laisse faire ? Commença t-il en haussant le ton.

Pour la première fois, c'est elle qui ne savait plus quoi répondre.

-Je ne sais pas, finit par dire Gabrielle d'une toute petite voix après un temps qui paru infiniment long à Charlie.

Le jeune homme devina qu'elle était partagée entre plusieurs émotions. Tout d'abord, par la reconnaissance qu'elle ressentait pour lui être venu en aide et qu'elle ne savait pas exprimer. Mais surtout par son orgueil qui refusait de le considérer comme un allié, quelqu'un capable de la défendre. Une personne sur laquelle elle pouvait se reposer. Néanmoins, Charlie voyait dans l'expression de son visage qu'il commençait à briser une à une, bien que lentement, les barrières que Gabrielle avait mis tant de soin à ériger autour d'elle.

Ils s'étaient enfoncés si loin dans les profondeurs des cachots qu'il faisait désormais froid et humide dans les couloirs. Charlie devina qu'ils avaient atteint la salle commune des Serpentards lorsque, comme pour confirmer ce qu'il pensait, la jeune fille s'arrêta devant un mur de pierre parfaitement lisse.

-C'est ici que tu t'arrête, Weasley, annonça t-elle en recouvrant une attitude distante.

-Très bien, ne trouva t-il rien d'autre à dire.

Lorsqu'il vit la jeune fille lui tourner le dos et s'éloigner de quelque pas, il ne put s'empêcher de laisser échapper ce qui le tracassait depuis qu'elle avait demandé à lui parler.

-C'est quand même ahurissant.

-Quoi donc, demanda t-elle en revenant vers lui.

-Qu'il suffise que je me blesse pour obtenir un peu d'attention de ta part, répondit-il avec un sourire amer.

-Tu es en train de tout gâcher, arrête, dit-elle d'une voix un peu triste.

-Gâcher quoi exactement ? Notre amitié naissante ? Gronda t-il. Tu m'as toi-même fait comprendre que ce n'était pas ce que tu voulais. Je suis quoi pour toi ? Une distraction ?

-Ce n'est pas moi qui venait te coller au basque à ce que je sache, répondit la jeune fille en s'énervant à son tour.

-C'est certain ! Reconnu le sorcier. Mais je me demande bien pourquoi tu le fais maintenant alors que je m'étais justement décidé à te laisser tranquille.

-Ah oui ?! Fit-elle véritablement surprise. Et peut-on savoir ce qui à fais changer d'idée une tête de mule comme toi ? Je suis vraiment curieuse d'en connaître la raison.

-Une simple conversation avec Dumbledore pour me dire d'arrêter de fourrer mon nez là où ça ne me regarde pas.

-Un homme extrêmement censé si tu veux mon avis, fit-elle avec désinvolture comme si ce n'était pas elle le sujet de la conversation.

-Ne te moque pas de moi, il m'a dit explicitement de te laisser tranquille et de ne pas chercher à en savoir plus sur tes entrevus avec Rogue.

-Qu'à t-il dit à ce propos ? Demanda Gabrielle soudainement inquiète.

-Rien ! Rien qui ne puisse me révéler de quoi il retourne.

-Parfait.

-Parfait ? Répéta t-il incrédule. En quoi trouve tu cela parfait alors que ton comportement des derniers jours m'incite à penser que tu n'es pas tout à fait honnête en affirmant vouloir que je m'éloigne de toi !

-Et qu'est-ce qui t'as fait penser le contraire ? Demanda t-elle hargneusement.

-Le fait que tu es voulu me parler pour me remercier de t'avoir aider. Et aussi parce que tu es venu à l'infirmerie lorsque j'étais inconscient.

Au vu de l'expression de son visage, elle ne s'attendait visiblement pas à ce qu'il ai connaissance de ce dernier point. Elle détourna le regard afin d'éviter le sien. Il sut qu'il avait gagné cette joute verbale mais il n'en était que très peu satisfait en vérité. A chaque fois qu'il se disputait avec Gabrielle il avait l'impression de rajouter lui-même cette distance qu'il voulait écarter.

-Je suis désolé.

-Non, tu as raison. Il n'appartenait pas à Dumbledore de prendre cette décision.

-Mais tu m'avais fais comprendre bien avant être de son avis.

-Même si je l'ai été, j'avoue que je commence à me demander si ma décision est la bonne.

Dire que Charlie était surpris été un euphémisme. Il ne pensait pas que Gabrielle reviendrait sur sa décision. Il s'aperçut qu'elle luttait intérieurement contre elle même afin de rajouter quelque chose.

-Depuis que tu t'es approché de moi, imaginer me retrouver seule, une situation pourtant habituelle avant me semble de plus en plus insupportable, finit-elle par avouer d'une voix si basse que Charlie ne fut pas sur d'avoir bien entendu.

Il l'invita du regard à répéter ce qu'elle venait de dire, mais elle lui fit clairement comprendre qu'elle ne le répéterait pas une deuxième fois.

-Je ne te promet pas de l'amitié ou quelque chose d'autre, mais je suis sensible à l'affection que tu as pour moi.

-Tu sais très bien que ça va plus loin qu'une simple affection, dit-il en lui prenant la main.

-Nous en avons déjà parlé, fit Gabrielle sans chercher à repousser sa main. Tu sais que je suis fiancée à Somers.

-Tu ne l'aime pas.

-Ce n'est pas une question d'amour.

-Peut-être devrait-il en être question, au contraire, répondit-il obstiné.

-Je suis désolée, je ne suis pas capable de plus pour le moment.

-Je m'en contenterais, finit-il par dire d'une voix un peu rauque.

-Bonne nuit, Charlie, dit Gabrielle d'une voix qui lui avait semblé irréelle.

Charlie remonta les étages du château d'un pas lent. Il ne savait pas encore très bien comment il devait se sentir après la conversation qu'il venait d'avoir avec Gabrielle. Il ressentait certes une joie certaine face à l'amélioration de leur relation mais il n'arrivait pas à déterminé s'il s'agissait d'amitié ou non. La seule chose dont il était certain c'est que Gabrielle l'avait finalement accepté.

Au détour d'un couloir du cinquième étage il ne remarqua pas Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard, en train de voltiger dans les airs en effectuant des pirouettes et en lançant des grossièretés aux tableaux qu'il accompagnait de grimace. La plupart d'entre eux se bouchaient les oreilles d'un air offusqué tandis qu'une petite vieille, dont le tableau représentait un salon avec un fauteuil confortable ainsi qu'une table sur laquelle reposait un matérielle de tricot et un chat, brandissait ses aiguilles en direction de Peeves en lui intimant de déguerpir. Charlie fut complètement indifférent à la scène qui se jouait devant lui jusqu'à ce que Peeves le remarque et que son visage se fendit d'un énorme sourire laissant voire une dentition aussi blanche qu'imposante. Il plongea sur le sorcier en lançant un hurlement de charge. Le Gryffondor sursauta et eut tout juste le temps de se jeter au sol pour éviter que Peeves ne le traverse. Il avait déjà eut l'opportunité de ressentir la désagréable impression de frisson glacé dans le dos lorsque l'on entre en contact avec un fantôme. Et plus il pourrait repousser cette prochaine occasion mieux il se porterait. Dans un grand éclat de rire Peeves s'éleva dans les airs en applaudissant bruyamment et s'exclama d'une voix criarde et sarcastique.

-Quelle cascade ! Mais quel talent pour un Gryffondor ! Ajouta l'esprit frappeur d'un air faussement impressionné. Alors Weasley, on est dans la lune ? Je voulais te rafraîchir les idées.

-Je vais passer outre ton mauvais jeu de mot et te répondre que je n'ai pas besoin de toi pour mettre de l'ordre dans mes pensés.

-Je crois que si au contraire. J'ai bien remarqué ce qui se trame entre la ptite Gabrielle et toi. Ce sont les mystères qui l'entoure qui tourmente ainsi ton minuscule misérable petit cerveau de Gryffondor ? Lança l'esprit frappeur d'une voix moqueuse, puis celle-ci changea immédiatement.

Peeves imita à la perfection un comédien dramatique lorsqu'il porta théâtralement son bras au niveau de sa tête et lança d'une voix faussement implorante.

-Non, je t'en prie ! Ne fait pas plus d'effort petit lion, il y a une horrible fumée grise qui sort de tes oreilles. J'ai peur que ta cervelle explose en un immense feu d'artifice et que cela éclabousse les murs. Quel dommage pour ce pauvre Rusard qui va devoir tout nettoyer, finit-il sa tirade d'une voix moqueuse.

-Pff ! Réagit Charlie que l'esprit frappeur amusait et avait même réussit à faire rire. Je ne pensais pas vivre assez longtemps pour t'entendre dire quelque chose de drôle. C'est bien tu progresse vite, taquina le jeune sorcier. Je me demande qu'est-ce qui a bien pu t'arriver pour que tu devienne aussi amer. Ta maman t'as obligé à empailler des oiseaux sur des pics et à porter ses robes ?

-Tu devrais pas te moquer de la souffrance des gens, répliqua Peeves d'un air faussement sinistre. Parce que moi je sais ce qui se trame entre Gabrielle et l'horrible, le détestable, l'incontestable terreur des cachots, fit Peeves en élevant la voix à chaque nouvel argument qu'il employait.

-Rogue ? Demanda Charlie avec une pointe d'excitation. Explique-toi !

-On dit s'il te plaît quand on est poli, chantonna Peeves de son ton le plus exaspérant.

-S'il te plaît ! Fit Charlie sans réussir à contenir son agacement.

-Tu m'as bien divertit ce soir, alors j'accepte de te le dire, caqueta Peeves.

-Et donc ?! S'impatienta Charlie puisque Peeves ne semblait pas disposé à continuer.

-Il s'agit en fait de ce que Rogue lui fait, déclara Peeves en prenant un malin plaisir à jouer avec les nerfs de Charlie.

-Mais de quoi tu parles, bon sang ?!

-Ça va, ça va j'y viens ! Pas la peine d'être désagréable, fit-il avec un large sourire satisfait. Pendant ces séances, Rogue fouille dans sa petite tête blonde.

-Il fouille dans sa tête ? Répéta Charlie incrédule

Il ne comprenait pas où l'esprit frappeur voulait en venir. Mais avant que Charlie ait eu le temps de lui demander plus de détail Peeves avait disparu dans un éclat de rire sonore et insupportable. En réduisant l'espace qui le séparait encore de la salle commune des Gryffondors, Charlie pensa que peut-être Gabrielle était malade et que Rogue faisait des tests médicomagiques sur la jeune fille. Mais alors pourquoi n'allait-elle pas directement à Sainte-Mangouste ?

Lorsqu'il franchit le portrait de la grosse dame après lui avoir donner le mot de passe, il fut soulagé de voir qu'il ne restait que Mandy dans la salle commune. Il venait tout juste de se rappeler la scène qui avait eut lieu avec Cassandra avant qu'il ne parte en direction des cachots avec Gabrielle et il avait espérer ne pas la revoir ce soir. Lorsqu'elle l'aperçut, Mandy lui offrit un sourire.

-J'attendais que tu arrives.

-Ah oui ? Fit Charlie, craignant que sa meilleure amie ne lui parle de l'état de Cassandra il détourna aussitôt les yeux sur la cheminée en s'asseyant sur le canapé.

-Elle va bien, elle n'a presque pas pleuré tu sais, répondit Mandy qui avait deviné les pensés de Charlie.

-Merci, je me sens beaucoup mieux maintenant, lui reprocha t-il.

-C'est bon, ça va finir par s'arranger. Cela fait des années qu'elle s'est faite une raison. C'est juste qu'elle n'avait pas encore été confronté à la réalité. Demain, elle ira déjà mieux.

-Si tu le dis, dit Charlie qui n'y croyait pas vraiment.

-Alors, avec Gabrielle ? Poursuivit-elle naturellement.

-Eh bien quoi ?

-Oh allez ! Je veux être au courant du moindre détail maintenant.

-Je crois... qu'elle veut me faire confiance, dit Charlie après un temps, il voulait choisir les bons mots. Je pense qu'elle commence à me considérer comme un ami.

-Tu es vraiment lent mon pauvre ! S'exclama t-elle mi-amusée mi-désespérée. Évidemment qu'elle te considères comme son ami, et cela depuis le début. Sérieusement, tu en connais beaucoup, toi, des personnes qui fréquente Gabrielle comme tu le fait ?

-Somers ! Lâcha t-il avec amertume.

-Sauf que lui, elle est obligée de le supporter, jugea t-elle important de préciser. Bref, c'est tout ?

-Non, je lui ai aussi donné le mot de passe de la salle commune.

-Tu as quoi ?! S'exclama Mandy d'une voix abasourdi. Tu vas avoir de gros problème toi, tu le sais ça ?! Ajouta-elle d'un air amusé, comme si elle considérait qu'il était fou.

-Ce n'est pas comme si tu allais le répéter à McGonagall, fit-il avec un sourire.

-Évidemment que non, tu le sais bien. Mais quand même Charlie ! Le réprimanda t-elle tout de même. J'espère pour toi qu'elle ne l'utilisera jamais. Imagine le scandale.

-Il n'y a pas que ça, ajouta t-il après une minute de silence.

-Je t'écoute, dit Mandy comme si elle s'attendait à une autre énormité.

-Tu te rappel quand je t'ai dis que Dumbledore et Rogue avait mit en place quelque chose pour l'aider ?

-Oui ?

-Peeves m'as dit que Rogue fouillait dans la tête de Gabrielle.

-Peeves ? Répéta t-elle étonnée. Mais pourquoi Peeves t'aurait dit quelque chose comme ça ?

-Je l'ai croisé en revenant des cachots, nous avons discuté.

-Discuté... Avec Peeves ? Tu as vraiment un don exceptionnelle Charlie Weasley ! Finit-elle par dire en riant. C'est impossible de discuter avec lui. Tu ne penses pas qu'il se moquait de toi, tout simplement ?

-Non, je ne crois pas, ce n'est pas l'impression qu'il donnait. J'ai pensé qu'il s'agirait peut-être de tests médicomagiques.

-Gabrielle est malade ? S'étonna Mandy.

-Pas que je sache, avoua t-il. Dans ce cas, pourquoi ne va t-elle pas à Sainte-Magouste pour se faire soigner ?

-Peut-être parce qu'elle est la fille d'un Mangemort et que l'hôpital ne veut pas la recevoir. Mais ça m'étonnerais beaucoup, il doit y avoir une autre raison.

Charlie pouvait voir les rouages de son cerveau fonctionner à toute allure pour tenter de comprendre le problème.

-Tu as sans doute raison, finit-il par dire.

-Tu as dit quoi tout à l'heure, que Rogue fouillait dans sa tête ?

-C'est-ça, confirma t-il en hochant la tête.

-Je ne sais pas à quoi Peeves fait allusion. Ça m'intrigue, j'irais voir à la bibliothèque demain si je peux trouver quelque chose qui correspond à ça. Maintenant va te coucher, il est tard, lui ordonna t-elle.

Charlie lui obéit sans opposer de résistance lorsqu'il jeta un œil à l'horloge accrochée au mur et qu'il se rendit compte qu'il était un peu plus de vingt-trois heure. Avec un bâillement il souhaita bonne nuit à Mandy alors qu'elle montait elle-même les marches de pierres menant aux dortoirs des filles. Charlie enfila son pyjama et se glissa entre les couvertures fraîche de son lit. C'est à ce moment seulement qu'il se rendit compte à quel point il était fatigué. Il frissonna. Il se remémora sa conversation avec Gabrielle dans les cachots et de leur proximité. A ce moment-là, elle n'avait pas retiré ses mains des siennes. C'était certainement parce que celles de Charlie étaient toujours chaude et douce et qu'elle avait voulu profiter de sa chaleur pour réchauffer son corps gelé.