L'habit fait le moine.
Léolio a découvert le nen par ses propres moyens, vivant ses aventures là où ses pas l'ont emmené. En ce moment, l'homme porteur de lunettes a jeté son dévolu sur un petit village et a décidé d'y faire une petite halte pendant quelques jours. Toutefois, la convivialité des habitants est si agréable que cet arrêt s'est prolongé depuis plusieurs mois. Désormais, le hunter vit le quotidien des résidents et ce train-train lui convient parfaitement. Il a même réussi à se faire embaucher dans l'une des rares boutiques du village dans laquelle sont vendus des vêtements. Bref, l'homme a visiblement trouvé un endroit où poser ses valises et pour l'heure, il n'envisage pas de reprendre la route.
Sept heures du matin, Leolio arrive dans la porte blanche du magasin dans lequel il exerce justement. Il glisse la clef dans la serrure, entre dans la pièce et traverse cette dernière pour se diriger vers le comptoir. Là, il se glisse derrière et prépare la caisse enregistreuse à affronter cette nouvelle journée. Toutefois, étant situé dans un petit village perdu de nulle part, le magasin ne connait pas une grande fréquentation question clientèle. Il arrive que certains après-midi, le garçon s'ennuie tellement qu'il peut poursuivre son entrainement concernant la manipulation de son nen sans que cela dérange qui que ce soit.
Néanmoins, son quotidien est appelé à changer car aujourd'hui, l'ami de Gon regrettera amèrement sa journée. Le voilà donc derrière son comptoir, fermant la partie supérieure de la caisse enregistreuse et s'apprêtant à patienter longuement. Soudain, la porte de la boutique s'ouvre et naturellement, Léolio tourne son visage vers l'issue. Lorsqu'il voit son client, l'homme se fige sur place, ignorant de quelle façon il doit agir. Quel est cet étrange individu qui ose mettre l'employé dans cet état ?
Ce dernier s'approche tranquillement du meuble de fonction et sans regarder Léolio, marche tranquillement vers une étagère supportant des pantalons pliés tout en lui adressant ces quelques mots.
« Je suis surpris de te voir ici, surtout que cela fait déjà un bon moment qu'on ne s'était pas croisé. »
L'être qui vient tout juste de lui parler est ce maudit joker de malheur : Hisoka. Celui-ci ne s'intéresse pas vraiment à Léolio car le membre de la brigade fantôme cherche à effectuer quelques emplettes. Il est désormais devant la fameuse étagère et commence à prendre un premier pantalon.
« S'il te plait Hisoka, comportes-toi comme un vrai client et ne saccage pas le magasin, il ne m'appartient pas, parviens à lui dire Léolio.
- Sois sans crainte mon ami, je suis juste ici car il m'arrive parfois de vivre comme un être normal. J'ai besoin d'un costume en fait.
- Un costume ? »
L'homme au visage maquillé se tourne vers Leolio et lui sourit.
« C'est exact. Nous envisageons de frapper un grand coup contre une organisation ennemie et nous avons besoin de tenues plutôt discrètes. Penses-tu pouvoir m'aider dans mes recherches ?
- Oui.
- Très bien. »
Et c'est froidement qu'Hisoka lui donne cet ordre.
« Active-toi !
- Désolé mon cher mais j'irais à la vitesse que je veux. Si tu n'es pas content, tu es libre de partir, je te reti… »
Le vendeur n'a pas le temps d'achever sa phrase qu'il sent un air frais mais bref lui caresser la joue gauche. Un objet se fige alors sur le mur se situant derrière lui tandis qu'une matière commence à couler sur son visage. Léolio porte alors ses doigts sur sa joie et les place sous ses yeux. C'est alors qu'il se rend compte que l'extrémité de ses phalanges est recouverte de sang.
« Incapable de te comporter comme un client normal.
- Un client normal n'attendrait pas aussi longtemps que maintenant. »
Le membre numéro quatre de la brigade vient de dire une vérité. Se rendant compte qu'il ne fait pas honneur à son boulot, Léolio quitte le comptoir derrière lequel il se trouvait pour exécuter la demande de ce client si spécial, sans prendre la peine de savoir ce qui s'est logé dans le mur. De toute façon, il connait déjà la réponse. Ce que Hisoka a utilisé pour le blesser à la joue doit-être une carte à jouer, cette arme si particulière à son cœur.
L'ancien compagnon de route de Gon disparait derrière une porte qui abritait l'arrière-boutique. L'employé en sort peu de temps après, tenant dans ses mains une tenue sombre glissée sous un film fin de plastique transparent. Une fois proche d'Hisoka, la toilette peut passer des mains du premier homme à celles du second. Celui-ci retire très vite le plastique et déplie complètement la tenue pour voir l'ensemble du travail. Là, l'humain maléfique siffle d'admiration.
« Splendide.
- Vraiment ? S'étonne Léolio.
- Oui. Cet ensemble est sobre, magnifique et je sais déjà qu'il m'ira très bien. La seule note négative que je peux relever est cette couleur si atroce. Moi qui aime la chaleur et les teintes vives, on ne peut pas dire que je nage dans le bonheur. Toutefois, comme je dois agir discrètement, je n'ai pas trop le choix. »
Il ne sera jamais content. C'est à ce moment que de nombreuses questions traversent l'esprit de Léolio et celui-ci est bien décidé à les poser à l'être qui se trouve près de lui.
« Puis-je connaître votre manœuvre concernant cette organisation ennemie ?
- Pourquoi pas. L'Araignée a un rival depuis plusieurs années qui se nomme le scorpion. »
Le vendeur cherche alors dans un coin de sa tête mais ce nom ne lui évoque rien.
« Jamais entendu parler.
- Normal. Pour connaître l'existence d'une telle équipe, il faut être une sacrée fripouille, comme moi d'ailleurs. Cette organisation est composée de quatorze membres comme l'était celle dans laquelle je suis rattachée. Hélas, étant au courant de la faiblesse numérique de notre brigade, ils ont décidé qu'une bonne leçon nous serait bénéfique.
- Et quel est leur leitmotiv ?
- La rumeur raconte que nous nous montrons snobs vis-à-vis de ces derniers, ce qui est totalement faux. Combien de fois notre leader leur a tendu la main pour que nos brigades fusionnent pour n'en faire plus qu'une et A chaque tentative, ils ont rejeté notre proposition.
- De peur de perdre leur liberté d'action ?
- Oui. Ce matin, nous avons reçu un message de leur part nous indiquant de les retrouver à un endroit bien particulier pour un ultime affrontement. Toutefois, nous avons su qu'ils allaient agir sur une autre zone en parallèle. »
Léolio s'éloigne d'Hisoka pour retrouver son comptoir derrière lequel il se glisse, répétant pour la seconde fois de la journée ce déplacement.
« Je pense que vous devriez vous concentrer uniquement sur les membres qui prendront part au combat. Si vous vous montrez à la hauteur de vos compétences respectives, vous parviendrez à affaiblir leur nombre.
- Certes mais j'ai oublié de te dire une chose l'ami. L'autre moitié qui compte opérer en parallèle envisage de ternir notre réputation et bien sûr, nous ne pouvons tolérer un tel acte. S'il y a des êtres autorisés à dégueulasser notre existence, c'est nous autre, membre de la brigade fantôme et non une seconde bande sortant de nulle part. En tout cas, ça va saigner ce soir. »
Indique Hisoka dans un magnifique sourire qui résume parfaitement l'état d'excitation dans lequel il se trouve en ce moment. C'est à ce moment qu'il remarque une seconde porte au fond de la pièce et cette issue attise sa curiosité.
« Est-ce la cabine d'essayage ?
- Tout à fait.
- Dans ce cas, je vais devoir te laisser quelques secondes.
- Je t'en prie. »
Tandis que le joueur de cartes se dirige vers cette pièce propice à l'essayage des vêtements, Léolio retire la carte logée dans le mur pour la poser sur son comptoir. Il compte bien la rendre à son propriétaire pour faire disparaître toute trace de son passage en ces lieux. Hisoka sort très vite de la cabine d'essayage et va se poster directement devant ce grand miroir vertical posé sur l'un des murs de la grande salle. Il vérifie si la tenue lui va bien et n'hésite pas à se tourner plusieurs fois pour pousser ce contrôle à son maximum.
« Parfait. »
Il fait des gestes rapides au niveau de ses bras et constate que le veston ne le gêne nullement dans ses mouvements.
« Très bien. Je ne pouvais pas tomber sur une meilleure tenue que celle-ci. Je vais me faire un plaisir de faire un maximum de victimes ce soir.
- Heureux de l'apprendre Hisoka. J'imagine que je n'ai pas à attendre un quelconque versement financier venant de ta part ?
- Pourquoi dis-tu ça ? Comme tu me l'as clairement fait comprendre tout à l'heure, je dois me comporter comme un client normal et c'est ce que je ferais. »
Même si Hisoka l'a précisé, Léolio ne peut s'empêcher de songer à l'inverse. Lorsqu'il se retrouve seul suite au départ du criminel, le vendeur se sent soulagé. Le clown a prit soin de partir avec son achat sous le bras tout en récupérant sa carte à jouer. De son côté, Léolio a dû glisser les nombreux billets dans la caisse enregistreuse afin de finaliser cet achat. Oui, pour une fois de sa vie, Hisoka a bien dit la vérité, ce qui reste vraiment surprenant.
